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jeudi 5 juin 2008

L’amère Royal : agir, c’est critiquer

Sa Cynique Majesté Royal casse les réformes du gouvernement
PaSiDupes avait annoncé une prise de parole vengeresse l'amère Royal: c’est fait !
La baisse du chômage aurait pu réjouir celle dont la cote de confiance plafonne : elle n’est pas à l’abri du chômage… Mais les réussites du gouvernement ne retiennent pas son attention!
Désirdavenir Royal a bien évidemment dénoncé ce qu’elle appelle –globalement et grossièrement- le "ratage généralisé" des réformes lancées par la droite. C’est sa méthode à chaque fois que des taux et sondages sortent qui démontrent l’efficacité du gouvernement.
Dans ses attaques en règle, elle cible tout particulièrement le nouvel assouplissement des 35 heures. Selon elle, le gouvernement serait coupable –excusez-la du peu– de "trahison de la parole syndicale" pour des raisons idéologiques.
Sur l'école, en spécialiste, Nicolas Sarkozy multiplie les ..."annonces intempestives", lorsqu'il ouvre le débat. C'est l'avis objectif de l'ancienne candidate socialiste malencontreuse à la présidentielle: elle l'a confié à une presse avide de polémique stérile, lors d'un briefing à son QG parisien, qui reste bien distinct du PS de la Rue de Solférino, comme si elle était encore en campagne. Comment peut-on être à la fois candidate au poste de premier secrétaire et méprisante de la rue de Solférino?
Portant des jugements à l’emporte-pièce sur des en-cours, et donc sans attendre les effets, elle décharge sa bile. Sa pudeur naturelle ne l'a pas tempérée.
"Ce à quoi on est en train d'assister aujourd'hui, c'est un ratage généralisé des réformes qui sont en cours. Il y a une accumulation des initiatives (...) comme si finalement ce qu'on cherchait c'est: plus on ouvre de fronts, plus on ouvre de conflits, plus on avance dans la déréglementation du pays", a estimé à priori la p’tite présidente de Poitou-Charentes. Ses craintes de déréglementation signent son conservatisme et souligne le caractère progressiste de la politique gouvernementale de modernisation du pays.
Pour la Charentaise parachutée qui n'est jamais parvenue à se faire élire maire , l'avant-projet de loi sur la démocratie sociale qui va plus loin sur les 35 heures que la "position commune" signée entre des syndicats et le patronat début avril est un "coup porté" au dialogue social en France. Serait-elle aussi candidate à un poste de premier secrétaire d’une centrale syndicale ?
"Les responsables syndicaux ont pris leurs risques, ce n'est pas évident de faire le premier pas" (sauf pour une candidate prête à tout, sous les fenêtres de Bayrou...) mais ils ont été "piétinés" par le ministre du Travail Xavier Bertrand, a estimé l’amère « piétinée » de 3 points par le suffrage populaire. Elle piétine d'ailleurs toujours devant la grille de la rue de Solférino...
S'épanchant encore sur le thème de ses sentiments personnels et impressions de spectatrice, elle a considéré que « cela décourage d'adhérer à un syndicat et rend compliquée toute réforme à venir avec les syndicats "dans un pays où on sait que ce n'est pas facile de faire des compromis sociaux". Le dialogue social consiste donc toujours pour elle à imposer son point de vue, à confier le pouvoir aux syndicats et à soumettre le gouvernement.
Sur le fond, "la question arithmétique des 35 heures est une question idéologique", a jugé la théoricienne socialiste. On ne doit jamais "isoler" les questions sur la durée du temps de travail de la "nature du dialogue social dans les entreprises". Ce qui reste à démontrer !
Elle n'a pas davantage répondu précisément à une question sur sa position personnelle sur la réduction du temps de travail - l'une des réformes emblématiques de la "gauche plurielle" à la fin des années 90, voulue par la Ch’tite Aubry, sa rivale au poste de Premier secrétaire du PS. Pendant la campagne présidentielle, Désirdavenir Royal avait pourtant ouvertement critiqué les conséquences négatives des 35 heures pour une partie des salariés.
Deux jours après le discours de Nicolas Sarkozy sur la réforme du lycée, l'ancienne sous ministre (déléguée) de l'Education scolaire (moins de trois ans, du 4 juin 1997 au 27 mars 2000) auprès du ministre de l'Éducation nationale Claude Allègre, a péremptoirement estimé que le chef de l'Etat était resté "très flou", tout en l’étant nettement plus : "un lycée plus souple, qu'est-ce que ça veut dire?" - et, plus globalement, n'avait pas "donné de sens aux réformes éducatives". Lire en diagonale les synthèses de ses collaborateurs ne remplace pas une écoute ou une lecture personnelle, attentive et … complète.

lundi 2 juin 2008

FO ne se satisfait pas d’une journée d’action le17 juin

Comme la LCR, elle réclame le grand chambardement, tout de suite
Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière (FO-CGT), a annoncé lundi que son syndicat, après consultation de sa commission exécutive, n'appelle pas à participer à la journée d'action du 17 juin sur les retraites et les 35 heures.

Interrogé sur le fait que la CGT et la CFDT, signataires de la position commune sur la représentativité syndicale, ne voulaient pas revenir sur leur décision de poursuivre leur harcèlement, Jean-Claude Mailly a estimé sur LCI que "FO a décidé de ne pas appeler au 17 juin. Une manifestation de plus, ce n'est pas ça qui fera changer le gouvernement" sur les retraites, a estimé ce partisan du grand soir, maintenant. Il a rappelé que FO, pour sa part, avait proposé sans succès aux autres organisations syndicales "une journée de grève interprofessionnelle" dans le public ET le privé.

Le front uni syndical se plisse…
Mailly a souligné la désunion syndicale en observant que c'était "chacun ses responsabilités. Dans ces conditions-là, on ne veut pas être complice de ce genre de situation, donc Force Ouvrière a décidé de ne pas appeler au 17 juin".
"Il faut savoir ce que l'on veut. Si on veut bloquer le gouvernement, ce n'est pas en faisant des manifestations, même avec un million de personnes dans la rue, qu'on y arrivera", a-t-il estimé, reprochant toujours à la CGT et la CFDT d'avoir donné un "feu vert" au gouvernement en acceptant de "parler du temps de travail". FO ne s'arrête pas au feu rouge.

FO s'en prend à la CGT, à la CFDT et au monde entier
"Sur la durée du travail, ce que nous avons confirmé hier (dimanche, lors d'une réunion des instances de FO), c'est qu'il ne fallait pas mettre le doigt dans la porte", a-t-il déclaré à propos de la polémique sur les 35 heures.
Pour FO, la CGT et la CFDT ont en effet "donné un feu vert" en signant leur "position commune" avec le patronat sur la représentativité syndicale, qui comportait un assouplissement expérimental des 35 heures, et "le gouvernement s'est engouffré là-dedans".
"Elles ont accepté des concessions graves pour les salariés" et "la manière d'en sortir, c'est que ces organisations retirent leurs signatures", a-t-il dit, répétant une demande déjà formulée la semaine dernière, à laquelle la CGT et la CFDT avaient répondu par la négative.

FO, ultra radicale
Les deux organisations syndicales "ont accepté des concessions qui sont graves pour les salariés", a reproché M. Mailly. FO poursuivra néanmoins sa mobilisation, car il faut "taper plus fort", et ce, avant les vacances, a-t-il assuré.
Dans un communiqué publié après l'intervention de M. Mailly, la commission exécutive de FO, qui s'est réunie dimanche, indique en outre qu'elle propose aux autres organisations syndicales "de boycotter la réunion, à l'initiative du gouvernement, de la Commission nationale de la négociation collective du 5 juin consacrée à ce projet de loi".



Déclaration solennelle de la Commission exécutive du dimanche 1er juin 2008
OFFENSIVE ET CLARTÉ01/06/2008 -
Se donner toutes les chances de faire reculer le gouvernement sur la question des retraites, en particulier sur la durée de cotisation et le niveau des retraites et pensions, nécessite une action commune d’envergure. C’est pourquoi, à l’occasion des deux réunions inter confédérales qui se sont tenues cette semaine, Force Ouvrière a proposé un appel commun à une journée de grève interprofessionnelle concernant le public et le privé, l’appel commun lui donnant une ampleur importante.

Le projet de loi sur la démocratie sociale doit être présenté, au lendemain de la journée d'action, le 18 juin en Conseil des ministres, a indiqué lundi matin le ministre du Travail Xavier Bertrand.
La négociation par le dialogue, c’est pour les autres…
FO, c’est le dialogue par la force !

jeudi 29 mai 2008

Financement des syndicats et pouvoir d’achat

Les syndicats coûtent cher aux plus défavorisés aussi
La hausse du prix des matières premières ne doit pas faire oublier que les cotisations et subventions aux syndicats participent aussi de la baisse du pouvoir d’achat …
Or, les actions syndicales ne trouvent pas leur public. L’opinion les désapprouvent : ni les lycéens, ni les enseignants, ni la fonction publique ne sont suivis.

L’effet libertaire de Mai 68 ?...
Les Français ne se reconnaissent pas dans le syndicalisme qu’on leur propose.
Seulement 8% des actifs sont membres d’un syndicat, soit 4% de la population totale.
Ce taux est en moyenne de 6% dans le secteur privé, 15% dans la fonction publique et jusqu’à 25% dans l’éducation nationale, les transports ou les hôpitaux publics.
Autoritarisme
Une démocrate radicale, Sa Cynique Majesté Royal
, a proposé dans le journal Les Échos du 18 mai 2006 l'adhésion obligatoire à un syndicat de son choix : cette proposition a fait la quasi unanimité contre elle… Lien LesEchos
Les Français ne se reconnaissent pas dans le syndicalisme qu’on leur propose.
Seulement 8% des actifs sont membres d’un syndicat, soit 4% de la population totale.
Ce taux est en moyenne de 6% dans le secteur privé, 15% dans la fonction publique et jusqu’à 25% dans l’éducation nationale, les transports ou les hôpitaux publics. Lien : Liberté Chérie

Les syndicats coûtent aux Français
Le financement des syndicats est de la responsabilité de leurs adhérents
Chaque salarié ayant le choix de son représentant syndical, c’est à lui de choisir lequel il désire financer pour assurer ses intérêts.
Lorsque l’Etat finance par l’impôt un syndicat dans lequel peu de salariés se retrouvent, il les force à financer une organisation dont ils ne veulent pas.
Le montant des cotisations en France est le plus bas de l’Europe occidentale :
190 M€ en France, contre 900 M€ en Suède et 1300 M€ en Allemagne.
Pourquoi si peu en France ?
. Ces subventions publiques visent à financer certaines activités syndicales. Ainsi, la formation des élus prud'hommes ou la formation syndicale qui en 2000 représentait 213 millions de francs (32,47 millions d'euros)
Les syndicats d’activistes pèsent sur le pouvoir d’achat de tous les Français
Le financement des syndicats de salariés en France est une question récurrente dans le syndicalisme français et a été médiatisé par la découverte en 2007 d'une importante caisse noire d'une organisation patronale, l'
UIMM.
Les subventions publiques étaient estimées en 2000 à « au moins 600M de francs » (Lien Le Nouvel Observateur)
En fait, PLUS DE 900 MILLIONS POUR LE DIALOGUE SOCIAL (en millions de francs)
Subventions des ministères:283
Réductions d'impôts: 290
Gestion des organismes sociaux:340
TOTAL: 913

Le "principe" des 35 heures demeure, réaffirme Christine Lagarde

35h : Qui gouverne ? Les syndicats ou le gouvernement ?

Les syndicats, ce sont 4% de la population totale…
Les garanties qu’ils promettent aux salariés sont-ils à la hauteur des perturbations qu’ils créent dans nos vies et des pertes pour l’économie nationale et le pouvoir d’achat des Français ?

Xavier Bertrand a eu beau annoncer mercredi dans "Les Echos" que la loi permettra aux partenaires sociaux de négocier l'aménagement du temps de travail au-delà du simple dépassement du contingent d'heures supplémentaires, entreprise par entreprise, les commentaires partiaux pleuvent. Cette déclaration déclenche les interprétations de la presse partisane, téléguidée par les partis et les syndicats.
La presse fait campagne : Les agences de presse et la pensée unique
A*P
suggère de mauvaises intentions: "35h: le gouvernement déterminé à passer outre l'avertissement des syndicats". Seulement quelques heures plus tôt, l'agence de presse n'avait pas reçu de consignes et était moins incisive.
A* exprime un a priori : "35 heures: le gouvernement va passer outre l'avertissement de la CGT et de la CFDT"
R****** accuse: "Le gouvernement vide les 35 heures de leur substance"
Tous les titres sont négatifs. Pourquoi l’opinion ne le serait-elle pas, par conséquent ? La presse laisse-t-elle une chance aux Français de penser différemment ? Sa fonction est-elle de dénigrer ? Son rôle consiste-t-il à s’opposer au gouvernement ? Ce choix partisan du soutien des thèses de la gauche et de l’immobilisme, politique et syndical, est-il un service rendu au pays?

Le ministre met les syndicats face à leurs responsabilités
Xavier Bertrand estime en effet que les partenaires sociaux n'ont "visiblement (...) pas voulu se saisir" du sujet du temps de travail. "Nous avions prévenu les partenaires sociaux que nous irions plus loin et aujourd'hui, nous l'assumons pleinement en le faisant dans une clarté totale", souligne le ministre du Travail dans un entretien au journal "Les Echos" de mercredi.
La mauvaise foi des syndicats et donc d’une certaine presse
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a prétendu que c’est "un affront ou un défi, en tout cas une provocation". Il estime en effet dans un entretien publié jeudi sur lemonde.fr que "le gouvernement choisit de s'affronter à la CFDT et la CGT, qui plus est sur un sujet identitaire pour la CFDT, celui du temps de travail. » Selon ce partisan de l’auto-gestion, « il organise la fin des 35 heures dans la réalité". En conséquence, "l'élargissement de la mobilisation sur les retraites à la question du temps de travail est clairement posé", déclare-t-il, prévenant que "le gouvernement nous amène à réagir simultanément sur le temps de travail et les retraites. Cela nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté y compris dans la CFDT".

Les intermédiaires syndicaux sont-ils représentatifs ?
Dans une mise en garde commune adressée au gouvernement lundi, François Chérèque et le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, évidemment suivis par Solidaires (SUD, non représentatif), rappelaient que la position commune négociée en avril entre les partenaires sociaux permettait "à titre expérimental de dépasser le contingent conventionnel d'heures supplémentaires", et que cela excluait "toute autre disposition". Ils prévenaient que le non-respect de cette règle et "l'adoption en catimini" de "mesures de déréglementation" ouvrirait "une nouvelle période dans les relations sociales". Le ‘catimini’ sur la place publique, c’est nouveau !

Les syndicats opposés à la démocratie directe en entreprises
A défaut de propositions, le Parti socialiste a réagi en dénonçant "avec force" le "contenu de l'avant-projet de loi sur la démocratie sociale que vient de présenter Xavier Bertrand".
"Il est inacceptable que le gouvernement se permette de dénaturer le texte de la position commune des partenaires sociaux sur la représentativité et la durée du travail, ce à quoi s'opposent l'ensemble des organisations syndicales, au mépris des grandes déclarations du Président de la République sur le respect des accords collectifs", a interprété le PS dans un communiqué. Les socialistes s'opposeront "totalement à toute nouvelle remise en cause de la durée du travail". La semaine dernière, le chef de l'Etat avait désavoué le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian, qui avait demandé "le démantèlement définitif du dispositif des 35 heures".

DuponD, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a violemment accusé Nicolas Sarkozy : il "a menti en disant la main sur le coeur qu'il ne toucherait pas à la durée légale du travail en France". Le nostalgique conservateur socialiste poursuit dans l’esprit à l’ancienne de la co-gestion : "Au point où les choses vont, il n'y aura plus de protection des salariés et il y aura une très grande disparité d'une entreprise à une autre". Le libéralisme, c’est oui ou c’est non ?

En revanche, Xavier Bertrand fait de la pédagogie
Il explique que, transposant la position commune, le projet de loi sur la "démocratie sociale fera une large place à la négociation dans l'entreprise et à la simplification, notamment sur les contingents d'heures supplémentaires et les repos compensateurs qui pourront être fixés librement".
"L'aménagement du temps de travail sur tout ou partie de l'année comme les forfaits en jours ou en heures pourront être négociés plus facilement dans les entreprises", souligne-t-il. "En l'absence d'accord, le cadre réglementaire s'appliquera". N’est-ce pas une garantie ? Ou un prime à l’obstruction ?

Les députés UMP saluaient mercredi la position de Xavier Bertrand. "Tout cela va exactement dans le bon sens", a déclaré leur président Jean-François Copé.

jeudi 1 mai 2008

Révolution interne à la CGT ; et au PCF, c’est pour quand ?

Mutation cégétiste de la révolution à l'art du compromis
Au siège de la CGT, le 16 avril, Bernard Thibault provoqua l’hilarité en lançant : «Jean-Claude Mailly vient de m'appeler pour voir ce que nous pourrions faire ensemble La rupture dans la gauche syndicale, c’est la réunification de la CGT et de FO ! En plus d’un possible rapprochement entre la CGC et l'Unsa, laquelle cherche à devenir ‘représentative avec la complicité –à ses risques et périls- de la CGC, le surréalisme est à son comble…

A l’issue d’une réunion d’étude du texte sur la représentativité syndicale bouclé une semaine plus tôt avec l'ensemble des partenaires sociaux, Bernard Thibault sort quelques instants pour donner à la presse la position des 54 membres du comité exécutif : c'est «oui» à l'unanimité : un «gouvernement» soumis dit rarement non à son «président» totalitaire. Mais le «Parlement» de la CGT, la ‘base’. Et bien, Thibault a convié les fédérations et les unions départementales (UD) à assister aux débats. Les échanges furent animés : «Quelques-uns [des corporatistes], notamment dans la banque, s'interrogeaient sur les conséquences de ce texte dans leur secteur, explique un participant, parce qu'ils redoutent de ne plus avoir leur mot à dire dans les négociations avec les directions.» Du coup, des rumeurs ont circulé faisant état d'un vote des fédérations et des UD différent de celui de la commission exécutive. Du jamais vu ! … Au final, avec du doigté, Thibault –à l’école privée de Xavier Bertrand– arrache la ratification du texte : 19 fédérations pour, 7 contre. Une belle victoire pour Thibault et qui confirme la lente transformation que le leader cégétiste impose depuis neuf ans à sa centrale.

De Bernard Thibault, on connaît peu de chose. Il a 49 ans, mesure plus d'un mètre quatre-vingt, a toujours sa coiffure à la Mireille Mathieu pour masquer ses oreilles de Jumbo, ne se déplace jamais sans ses gardes du corps, a déjà grimpé les marches du Festival de Cannes… Pour le reste, le «Sphinx» -c'est son surnom en interne- cultive le mystère. «Personne ne sait jamais ce qu'il pense. Il ne se prononce pas, comme s'il n'en avait pas le droit. Et, par rapport aux autres leaders, il a beaucoup de collaborateurs directs», déplorent des syndicalistes d'autres organisations. D'où des relations plus compliquées et plus lointaines avec les autres patrons des grandes centrales. Avec Mailly, le patron de FO, le courant ne passe d’ailleurs pas bien. «En fait, c'est plus simple quand ces centrales discutent non pas entre numéros 1 mais entre numéros 3 !» s'amuse un syndicaliste qui estime que ses prédécesseurs étaient plus bon enfant, plus spontanés. Pense-t-il à Krasucki ? (se délecter avec la video dans PaSiDupes- cf. libellé)

«C'est Thibault qui a rénové la CGT» et les faits parlent d'eux-mêmes. Lors du 46e congrès, en 1999, qui marque le début de son premier mandat (il en est à son troisième et à deux quinquennats, bientôt), il énonce ce qui pourrait être la nouvelle devise de la CGT : «Contester, mobiliser, proposer, négocier». Ainsi tournait-il la page de la vieille doctrine marxiste-léniniste de l'avant-garde du prolétariat : «un scénario où 650 000 clairvoyants apporteraient la lumière à 58 millions d'aveugles n'a aucune chance de succès», lance-t-il à l'époque.
Avec Thibault, la CGT enraye la chute de ses effectifs, adhère à la réformiste Confédération européenne des syndicats (CES) et à la Confédération syndicale internationale
, «ces deux démons, bras armés des États-Unis contre la patrie du syndicalisme», selon l'expression ironique de Dominique Andolfatto, maître de conférences à l'université de Nancy.
Autre preuve de son évolution,
la CGT a appris, comme la CFDT, à nouer des liens avec les patrons des grandes entreprises du CAC 40. « Ses cadres réformistes, notamment le secrétaire de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou, multiplient les opérations de charme depuis quelques années, note un syndicaliste. Elle envoie les plus urbains, les plus modernes, les plus diplomates pour montrer aux entreprises qu'elle a changé et qu'elle peut être un partenaire intéressant avec lequel il faut discuter. En clair, elle fait du lobbying.» Pour rentabiliser ses locaux de Montreuil, elle loue même des salles à des organismes qui n'ont rien à voir avec la centrale. La misère fait loi.

Une rénovation qui ne s'est pas faite sans heurts
Le PS pourrait en prendre de la graine.

Le référendum sur la Constitution européenne a bien failli coûter cher à Bernard Thibault. En 2005, la direction confédérale expliqua alors pourquoi il ne fallait pas donner de consigne de vote. Mais la commission exécutive vota le rejet du texte (74 pour, 37 contre et 5 abstentions). On n’est pas habitué à la CGT.
Plus inquiétant encore : le numéro un de la CGT est désavoué par la Fédération cheminots, dont il est pourtant issu. On parle alors d'un congrès anticipé qui finalement ne verra pas le jour. Début 2006, il retrouve une tête de cochon déposée devant son domicile et son chat aurait été égorgé : drôles de mœurs ! Et puis il y a cette sciatique qui le handicape terriblement : la rumeur affirme alors qu'il en a «plein le dos» ! En fait, c'est le conflit du CPE qui lui retire une gros bec de perroquet dans les lombaires et qui le relancera sur les rails, en lui permettant de changer de voie et de resserrer ses troupes sur de nouvelles revendications.

Outre évidemment la chute du mur de Berlin, qui marque l'entrée de l'organisation dans une ère nouvelle avec la fin du communisme et l’affaiblissement des ‘grands frères’ soviétique et français, c'est paradoxalement l'élection du Président Sarkozy qui accélère le processus de «transformation» de la CGT, alors que le PS galère toujours. Une réforme à ajouter à son bilan, mais que le PS de l’amère Royal n’est pas prêt de lui créditer.
«D'emblée, analyse Dominique Andolfatto, le président de la République affiche un copieux et ambitieux agenda de réformes sociales et va chercher à faire des syndicats des interlocuteurs privilégiés. Dans un premier temps, il semble plutôt cibler la CFDT et FO. Mais, très vite, la CGT paraît constituer un partenaire plus intéressant, compte tenu, notamment, de ses implantations dans les entreprises publiques où des réformes d'abord celles des régimes spéciaux de retraite doivent intervenir, sans parler de la solide notoriété que conserve le syndicat dans l'opinion.» Ainsi, le petit automne chaud de 2007 tourne-t-il court très vite, alors que les lycéens cornaqués en avril 2008 par la FSU font leur show. Bernard Thibault appelle à la négociation après une seule journée de grève. Ce qui déroute certains militants prêts à en découdre. Au final, le gouvernement rogne les privilèges des régimes spéciaux sans les supprimer pour obtenir l’accord sur l’essentiel, permettant à chacun de s'en tirer honorablement et à Bernard Thibault d'apparaître comme un conciliateur par rapport aux durs de son entourage…

Que la centrale reconnaisse de plus en plus la négociation, c'est bien là la nouveauté.
Il y a encore peu, elle préférait s'inscrire dans un rapport de force alors qu'aujourd'hui, la négociation a une valeur en soi. «D'ailleurs, ajoute Guy Groux, directeur de recherche à Sciences Po et spécialiste du syndicalisme, au dernier congrès, la CGT a été très près d'admettre la notion de compromis.» Lors du discours de clôture, Éric Aubin, membre de la commission exécutive confédérale, osa lancer aux militants que «quand la négociation s'appuie sur la mobilisation et l'action, le compromis n'est jamais la compromission». Les vieux militants confirment ce lent changement de culture. Un vieil adhérent depuis 1963 estime qu'«avant, ils allaient jusqu'au bout, maintenant ils arrivent à signer même si l'accord n'est pas complet.» A 85 ans, Denise, adhérente de 1948 à 1979, observe que l'organisation est «beaucoup moins agressive qu'avant et c'est une bonne chose. Elle est plus pédagogue vis-à-vis de ses syndiqués et du gouvernement d'ailleurs». Et d'ajouter : « Bernard Thibault n'est pas un révolutionnaire, il est prêt à discuter, à faire des compromis. C'est bien qu'en novembre il soit allé discuter avec le ministre du Travail au bout d'une seule journée de grève. Il a eu raison. Avant, l'intérêt de la CGT était de faire mousser les choses et de mener des grèves qui n'en finissaient pas.»

La signature de l'accord sur la représentativité marque bel et bien une nouvelle étape supplémentaire et décisive dans la mue de la centrale. Le texte vise à redistribuer les cartes de la démocratie sociale en France, dont les règles n'ont pas bougé d'un iota depuis 1966. Alors que les plus «petits» en terme de nombre d'adhérents ne souhaitaient pas ouvrir le débat sur un sujet qui aurait pu remettre en question leur place dans le paysage syndical, les deux géants que sont la CFDT et la CGT, de l'autre côté, appelaient depuis longtemps cette refonte de leurs vœux. Ce qui fait d'ailleurs dire à certains observateurs que le texte a été bouclé entre les deux grosses centrales et le Medef dans une sorte d'«alliance» de circonstance. Au terme de l'accord, chaque section syndicale devra recueillir au moins 10 % des suffrages du personnel pour participer à des négociations avec l'employeur. Le texte stipule également qu'un accord ne pourrait pas être validé sans l'aval d'au moins 30 % du personnel représenté par un ou plusieurs syndicats. C'est un premier pas vers l'accord majoritaire cher à la CGT. Même si quelques secteurs seront perdants, le patronat ne pourra plus contourner la centrale de Bernard Thibault en concluant des accords minoritaires. Et la signature d'une majorité de fédérations montre qu'en interne aussi on a accepté de perdre du terrain dans certaines entreprises pour sauvegarder l'essentiel dans l’ensemble.


Ultime révolution née de l'accord sur la représentativité : la centrale ne paraphe que très rarement des accords nationaux. C'est seulement le troisième texte interprofessionnel qu'elle signe en… trente-huit ans. Mais le mouvement s’accélère. La dernière fois remonte à 2003 avec l'accord sur la formation professionnelle. Avant, il faut remonter à 1970. Selon Guy Groux : «Cette signature est d'autant plus significative que la CGT le fait d'habitude dans une unanimité syndicale. Or, cette fois-ci, elle est la seule avec la CFDT et, côté patronal, avec le Medef et la CGPME. Elle a donc accepté d'être face à eux. Désormais elle devient un syndicat d'engagement puisqu'elle rompt avec la contestation. Elle fait un pari et témoigne d'une bonne volonté dans une démarche totalement inédite.» C'est sûr, la CGT a fait sa révolution, même si elle profitera du défilé du 1er mai pour protester contre l'allongement de la durée de cotisation pour financer les retraites.


L’évolution de la CGT ringardise aussi les partis politiques non gouvernementaux. Or, on dit que les trotskistes de Lutte Ouvrière et de la Ligue Communiste Révolutionnaire se montreraient moins sectaires. Le petit facteur Besancenot (LCR) se ‘pipolise’ et se rendrait à l’invitation de France 2, dans la très bourgeoise émission du BCBG révolutionnaire (!) Michel Drücker.