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mercredi 14 décembre 2011

Des syndicats manifestent pour leur autogestion des carrières de professeurs

Syndicats et presse taisent l'essentiel: une lutte d'influence



Faudra-t-il que les enseignants
fassent leur auto-critique,
avant auto-évaluation
et notation personnelle et individualisée ?



Le ministre veut modifier l'évaluation des enseignants

Deux réformes en une
Le ministre réforme un système archaïque et injuste de notation des professeurs et d'avancement de leurs carrières, donc de leurs "salaires".

Les enseignants appellaient eux-mêmes à une réforme
De fait, les syndicats auto-gèrent en effet les progressions de carrière au sein des commissions paritaires et les fonctionnaires "bien" syndiqués au syndicat dominant ont des carrières rectilignent, voire éclair. Les professeurs du second degrée (collèges et lycées) sont les plus concernés, ceux des écoles dans une moindre mesure, mais quoi qu'il en soit, il est de notoriété publique que les chefs d'établissement, qui pèsent d'ores et déjà pour 40% sur la notation finale, sont eux-mêmes syndiqués.

Leurs capacités administratives ne permettent en rien de préjuger des qualités pédagogiques et humaines des chefs d'établissement. Ce sont souvent des "comptables" recrutés préférentiellement parmi les enseignants de matière scientifique jugés mieux aptes aux calculs prévisionnels d'effectifs-élèves, de postes d'enseignement et d'horaires. Mais ce sont tout aussi souvent des professeurs en échec pédagogique qui se reconvertissent dans l'administration pour éviter le face-à-face quotidien avec leurs élèves.
Ce sont même parfois des personnes perturbées qui exercent soit un pouvoir totalitaire sur les professeurs qu'ils tiennent à leur merci, soit des individus déficients qui se coupent de la communauté éducative et exercent leur pouvoirs ou leur laxisme, retranchés dans le 'bunker' de leur bureau, au fin fond d'une suite de bureaux et de personnels terrorisés ou livrés à eux-mêmes. Certains cumulent ces déficiences et vont d'établissement en établissement.

Le système actuel de notation
Deux notes.
Actuellement, un professeur est noté par l'inspecteur pédagogique régional (IPR) et par le principal de son collège ou le proviseur de son lycée. Sur une heure, l'inspecteur qui assiste à un seul cours, doit apprécier à la fois les qualités pédagogiques et les connaissances du professeur dans sa matière et attribuer une note " pédagogique " sur 60 points.
Mais cette note est encadrée: une grille de notation établie paritairement par l'administration et les représentants syndicaux limite les variations de notation, aussi bien positives que négatives. La politique générale de nivellement par le bas n'affecte pas seulement les élèves: elle frappe aussi les professeurs et ne permet guère de distinguer "les bons", puisqu'elle est faite pour protéger "les mauvais".
Les carrières sont donc standardisées. De plus, l'inspecteur, qui est d'abord reçu par le chef d'établissement, est conditionné par l'avis oral et confidentiel du principal ou du proviseur. Le supérieur hiérarchique reçoit son collègue professeur dans son bureau, lui donne communication de sa note administrative portant sur sa ponctualité, sa participation au projet d'établissement, ses relations avec les parents et les élèves... pour un total de 40 points également définis par avance.

Trois rythmes théoriques d'avancement
En fonction de sa note, la carrière et le salaire d'un professeur progressent plus ou moins vite : lentement, " à l'ancienneté " (pour les notes les plus basses) ; plus rapidement, " au choix " (pour les notes correctes) et très vite, " au grand choix " (pour les notes les plus hautes). A la vérité, l'avancement est aussi tributaire du calendrier: un professeur n'est promouvable qu'à certaines périodes, après un certain délai dans l'échelon. Un fonctionnaire peut ainsi perdre trois ou quatre années et plusieurs fois dans une carrière, en dépit de sa valeur réelle. Sans compter que les inspecteurs ne sont pas toujours disponibles au moment opportun. On en a enfin observé que des professeurs qui avaient refusé tout contrôle de l'Etat payeur avaient progressé sans encombre jusqu'à la hors-classe...

Fin des notes ?
Luc Chatel, ministre de l'Éducation, assure une évaluation, tous les trois ans
Il en confie l'entière responsabilité aux chefs d'établissements et les syndicats vivent mal cette mise à l'écart qui contribue à déserrer l'étau syndical sur l'administration de l'Education nationale.
Mais c'est là où le bât blesse encore, malgré la reprise du pouvoir par le ministère, compte tenu des possibles comportements de chefs d'établissement inadaptés et des pressions intérieures, du fait des syndicats, des fédérations de parents d'élèves et des organisations d'élèves, mais aussi extérieures, du fait des municipalités et conseils territoriaux.


Les syndicats défendent leurs prérogatives usurpées

La FSU exerçait une véritable dictature sur l'Administration

Du ministère aux conseils d'établissement des écoles, collèges et lycées, en passant par les rectorats et les inspections d'académie, la FSU et, dans une bien moindre mesure, la CFDT, dictaient leur loi.

Le noyautage était total
D'actions syndicales en blocages, la nébuleuse socialo-communiste FSU (SNES, SNE-Sup et SNU-ipp, principalement) a placé le Ministère sous tutelle.
Le ministre délègue et les professeurs se tournent, non pas vers les services de l'Education nationale, mais vers la FSU (PS-PCF-SUD et CGT), syndicat totalitaire effectivement dominant et le SGEN (CFDT) pour la gestion de leur carrière. C'est ainsi que c'est par exemple la FSU qui informe les enseignants d'un changement d'échelon.
Le secrétaire national de la FSU était donc chez lui au Ministère où il gérait en maître avant 2007.
Ainsi Bayrou prenait-il l'avis de Mme Monique Vuaillat avant toute mesure. Monique Vuaillat Secrétaire général de la FSU pendant 15 années à compter de 1999, elle dû faire face à des attaques personnelles reposant sur des rumeurs et des calomnies: on l'accusa d'avoir eu des relations privées avec l'ancien ministre de l'Education nationale, François Bayrou, entre autres.
La FSU fit même la guerre au socialiste Claude Allègre, ministre de l'Education nationale en 1997, au motif qu'il voulait "dégraisser le mamouth", et dressa les enseignants du second degré contre le gouvernement de gauche mené par Lionel Jospin.
A sa retraite en 2001 et jusqu'en 2008, Monique Vuaillat sera maire-adjointe de Grenoble, sur la liste conduite par Michel Destot (PS).


Les enseignants sont appelés à faire grève pour défendre la main mise des syndicats

Le "syndicat dominant" orchestre la peur d'un changement du déroulement des carrières
Aujourd'hui, la propagande syndicale relayée par les media accuse le ministre de faire avancer la carrière de tous les profs au rythme le plus lent. Seule variable : ils peuvent ponctuellement gagner des mois s'ils sont bien vus de leur chef d'établissement. Ce qui était vrai dans le passé le resterait à l'avenir, mais sans partage ni contre-poids et à l'initiative exclusive de l'Administration.
Les "petites crevures" pourraient donc donner toute leur mesure et la brosse à reluire gâterait la sérénité des rapports, comme la justesse des appréciations. Comment mettre équitablement en balance l'expérience d'un professeur chevronné et le charme d'une jeune enseignnante ?

Profs vent debout
Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, soutient que " le système actuel a des carences, mais comment un chef d'établissement va-t-il pouvoir juger la construction d'une leçon ? " Un ex-professeur de sciences physiques est-il apte à évaluer un collègue enseignant le droit des entreprises ?
Pascal Rougé, professeur de philosophie, stigmatise les chefs d'établissement, estimant qu' " il sera facile pour le supérieur hiérarchique de sanctionner un prof en ralentissant la progression de son avancement. "
Or, il faut bien dire que Pascal Rougé n'est pas un professeur aussi anonyme qu'il y paraît dans la presse. Il est en effet connu autour de Rennes pour son engagement politique auprès des clandestins.
Les syndicats radicaux qui refusent le dialogue exigent le retrait " pur et simple" du projet soumis à discussion avec les partenaires syndicaux. En revanche, le Sgen-CFDT ne participe pas au mouvement de grève et accepte de négocier avec Luc Chatel.

Une fuite
Le ministre avait engagé la réflexion sur l'évaluation il y a plusieurs mois. En novembre, le projet a fuité. C'est dire à quel point le ministère est infiltré et que la FSU n'est jamais prise par surprise. Luc Chatel a fait valoir alors qu'il n'avait pas de texte prêt à discuter sur son bureau. Lorsque le dialogue peut s'ouvrir sur une base précise, les syndicats totalitaires se refusent à la concertation.
Le ministre a pourtant fait une concession : " Je ne souhaite pas que le chef d'établissement évalue seul. ". Il pourra appeler l'inspecteur, ce qui est certes raisonnable, mais encore flou. Mais il maintient sa volonté de " donner des responsabilités, ce qui n'est pas un gros mot, de management aux chefs d'établissements ".

dimanche 30 janvier 2011

Luc Chatel veut réveiller nos petites cellules grises

Le ministre préconise 15 minutes de calcul mental par jour...

Le sursaut d'orgueil du ministre français de l'Education nationale

Suite à la publication, le 8 décembre 2010, du baromètre Pisa (Programme international pour le suivi des acquis) de l'OCDE qui classait la France 27e sur 65 pays pour la culture scientifique, et 22e pour les mathématiques, le ministre a pris le mors au dents. Lien PaSiDupes

Einstein, vu par Tullio Pericoli (aquarelle, 1987)


Luc Chatel a décidé que, n'en déplaise à Philippe Meirieu
(gourou de Jospin et fossoyeur de notre Education nationale et aujourd'hui élu Europe Ecologie ), notre autosatisfaction devrait désormais se justifier au-delà de nos frontières où, disait-on, on nous envierait notre système éducatif français issu de l'autogestion de la FSU.
Lien PaSiDupes: Meirieu gagnerait à être ignoré

Le plan de Luc Chatel vise moins à révolutionner la manière d'enseigner les sciences qu'à redonner le goût d'en faire. A défaut de faire rêver, il veut donc réconcilier les élèves avec les sciences et les mathématiques en encourageant notamment la pratique du calcul mental.
VOIR et ENTENDRE Olivier Besancenot évalué sur son niveau en calcul mental:

Olivier Besancenot, combien font 9 fois 8 ? envoyé par BFMTV.

«Plan sciences»

Puisque la science ne fait plus rêver, un «plan sciences» est annoncé pour lundi. Pour redonner du contenu à ces disciplines, Luc Chatel compte sur deux leviers : un travail sur les fondamentaux et des initiatives d'ouverture.
« Je vais m'attaquer à 'l'innumérisme', c'est-à-dire l'incapacité à réaliser les calculs de la vie courante », a déclaré Luc Chatel dans un entretien au Journal du dimanche.
«Il faut s'assurer que tous les automatismes sont bien en place par un entraînement quotidien aux calculs élémentaires: récitation des tables de calcul et pratique quotidienne du calcul mental en classe », dit-il, préconisant « 15 à 20 minutes de calcul mental par jour ».

«Pour les sciences, j'encourage le déploiement d'un enseignement fondé sur l'expérimentation et l'investigation, qui motive les élèves», explique-t-il.

Quelques 400 collèges vont mettre en place l'enseignement intégré des sciences et technologies pour les classes de 6ème et 5ème. Les élèves n'auront plus trois enseignants : un pour la physique, un autre pour les sciences de la Vie et de la terre et un troisième en technologie mais un seul pour un grand cours de " sciences et technologie". Lancée en 2006 et aujourd'hui en place dans 50 collèges, l'opération va être étendue à huit fois plus d'établissements.
Chaque collège sera par ailleurs amené à produire un projet sciences. Un programme collectif et transversal, en partenariat avec un scientifique.

Au cœur d'une série d'initiatives pour redorer les mathématiques, l'opération MathC2+ se distingue par ses visées. L'inspection générale de mathématiques a élaboré ce projet pour détecter les talents au sein d'un nouveau public et encourager les carrières scientifiques. Grâce au financement d' entreprises comme EADS, CASIO, le Crédit Mutuel ou Microsoft, des jeunes de la 4ème à la 2nde vont se voire offrir une semaine de stage durant les petites vacances. Pour faire des maths autrement, avec des chercheurs ou des ingénieurs. 13 académies se lancent dès cette année et toutes pourraient être couvertes en 2013.

Pour en finir avec l'échec scolaire, Luc Chatel veut développer le jeu d'échecs.
« Cette pratique développe le raisonnement logique et peut aider par ce biais ludique les élèves qui éprouvent des difficultés scolaires ». Un accord a d'ailleurs été signé avec la Fédération françaises d'échecs pour renforcer la présence des échiquiers en classe, a précisé le ministre.

Carrière scientifique
Pour ce faire, le ministre va missionner dans chaque département un inspecteur de l'Education nationale pour les mathématiques et un autre chargé des sciences.

Parmi les mesures envisagées, le gouvernement veut favoriser les sciences dès le recrutement des professeurs des écoles, actuellement titulaires à 75% de diplômes en lettres, en langues ou en sciences humaines.

Une autre piste vise à encourager les filles à embrasser une carrière scientifique.

Le ministre ne peut guère compter sur les professeurs de l'E.N.

Avant les enseignants, la FCPE a aussitôt marqué son opposition.
Cette batterie de mesures ne suscite évidemment pas l'enthousiasme de Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves). Selon lui, Luc Chatel met la charrue avant les boeufs : « Tout ça est très bien mais ça n'a pas de sens quand nos enseignants ne sont plus formés à la pédagogie et à la psychologie de l'enfant ».

Rappelons
donc à la FCPE le temps des maîtres auxiliaires qui n'avaient ni l'une ni l'autre et celui des IUFM où les stagiaires faisaient de la pédagogie théorique, mais aucune psychologie, ni de l'enfant, ni de l'ado et qu'il conviendrait que Hazan nous raconte des bobards. Les stages en responsabilité servaient précisément à pallier tous ces manques, que les jeunes professeurs débutants (aujourd'hui tout juste à la retraite pour certains) comblaient à force de travail et grâce à leur force de caractère: la génération précédente n'était pas assistée et les élèves obtenaient des résultats qui n'auraient pas fait honte à la France.
Et le président d'association de prôner plus de moyens alloués à l'éducation, comme si l'abondance compensait le courage et le travail personnel. « En France, nous avons un enseignant pour 20 élèves. Dans les pays où l'éducation est distinguée, c'est un enseignant pour 11 élèves. Il n'y a pas de secret ! ».
Mais Hazan ne publie pas, ou n'a aucune idée, des effectifs de trois à six en classes de latin ou de langue régionale et de 14 dans les classes dédoublées de langues vivantes, par exemple, sans compter encore les travaux dirigés de sciences...
En 2008, Xavier Darcos n'exagérait donc pas en comptant en moyenne "un professeur pour onze élèves". En effet, dans le secondaire (collège et lycée), il y avait, à la rentrée 2007-2008, 5 371 368 élèves et 511 485 enseignants en collège et lycée (chiffres du ministère), soit un ratio de 10,5 élèves par professeur.

Les syndicats FSU et SUD-éducation appellent les fonctionnaires de l'Etat au boycottage des évaluations nationales.
Les Gribouille craignent la mise en concurrence des élèves, des enseignants et des écoles sur le territoire nationale, mais, tandis qu'ils craignent de se mouiller et bloquent le processus, l'OCDE s'occupe de les évaluer !

Ils pensaient faire tomber la fièvre scolaire en cassant le thermomètre, mais l'OCDE les a démasqués. Et après tout, si les syndicalistes de la FSU et de SUD apprenaient à compter les manifestants, ils seraiet un peu moins ridicules et déconsidérés par la population.

Pourvu que cette génération ait encore assez de temps pour les jeux video, la télévision et l'apprentissage de la lecture et de l'écriture
, sinon il faudra lui apprendre à compter en anglais...

mardi 12 janvier 2010

Holdup de la CFDT dans les caisses du CCE d'Air France

La presse parle d'erreurs de gestion: elle est trop bonne !...

PaSidupes reproduit cet article du Figaro en date du 11 janvier, bien qu'il soit évidemment disponible -gratuitement- sur le site internet.
Mais, certains documents ont une fâcheuse tendance à disparâitre oppotunément. De nombreuses videos ne sont plus accessibles sur Dailymotion et des articles essentiels disparaissent prématurément de Wikipedia, tel celui sur l'Affaire de la MNEF (renommée LMDE). Ils ont en commun de gêner le PS. Est-ce la preuve par P+S que les media sont muselés par la majorité ? Ou faut-il y voir une saine auto-censure par ceux-la même qui revendiquent par ailleurs impertinence journalistique et décryptage des informations pour les masses laborieuses ? L'éthique professionnelle, c'est donc çà ?
PaSiDupes restera à cet égard un recours.


CCE d'Air France : un trou de 20 millions d'euros

INFO FIGARO - Un audit accablant des comptes du comité central d'entreprise de la compagnie doit être publié ce lundi. Il doit mettre en lumière un trou de plus de 20 millions d'euros dans les comptes, et des dépenses non justifiées. «Nous allons regarder ça de très près et demander des explications au président d'Air France», a réagi le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau.

Des élus du CCE d'Air France ont eu l'ivresse des sommets.
Selon nos informations, un audit des comptes doit être dévoilé ce lundi aux dirigeants de ce super-comité d'entreprise qui regroupe les huit comités d'établissement de la compagnie (voir ci-dessous). Il y aurait un trou inexpliqué de 21 à 24 millions dans les caisses imputable à l'équipe en place de mars 2007 jusqu'au 3 novembre dernier, ainsi que des dépenses fastueuses dont la justification n'a pas été prouvée.

Dominique Bussereau a d'ores et déjà fait savoir lundi matin que le gouvernement allait demander des explications à la direction de la compagnie, dans le capital de laquelle, l'Etat n'est plus majoritaire. «C'est le moment où nous souhaitons que le transport aérien reparte et ce n'est pas le moment de mettre sur la place publique ce genre de choses. S'il y a un problème, il faut qu'il soit réglé rapidement», a ajouté le secrétaire d'Etat.
Cinq ans après le scandale qui a éclaboussé le comité d'entreprise d'EDF, il semblerait que celui d'Air France s'apprête à vivre des heures difficiles. «Depuis plusieurs années, le million d'euros est l'unité de base, explique une source proche du dossier. Des millions ont été dépensés sans justification. Nous essayons de comprendre à quoi de telles sommes ont pu servir.»

L'affaire a éclaté en interne cet été lorsque le secrétaire général du CCE, François Cabrera de la CFDT [ci-contre], décide de contracter un prêt hypothécaire de 17 millions d'euros pour finir l'année et payer les salaires des 1.000 salariés du CCE. Débouté par son conseil d'administration, il décide de se tourner vers la compagnie aérienne et sollicite une avance de trésorerie. Un procédé fréquent depuis plusieurs années. En décembre 2008, Air France a déjà consenti une avance de 10 millions d'euros. La compagnie accepte à nouveau de mettre au pot à hauteur de 10 millions en novembre dernier pour éviter à son CCE de se retrouver en cessation de paiement.

«Des sommes fictives dans les comptes 2008»

Alertés, les syndicats décident de désavouer le bureau du CCE. François Cabrera (ci-contre) et son équipe sont démis de leur fonction le 3 novembre lors d'une session extraordinaire du conseil d'administration du CCE. Cabrera est remplacé par un pilote, Jean-Yves Quinquenel du Syndicat national des pilotes de ligne, réputé pour son honnêteté et sa fine connaissance des arcanes du CCE.

Le nouveau bureau est également constitué d'élus de la CGT, de la CGC et de FO. «Jean-Yves Quinquenel a prévenu qu'il n'acceptait cette mission que de manière temporaire, afin de permettre à une société indépendante de réaliser un audit des comptes», explique un proche du dossier.

La nouvelle équipe dirigeante découvre [sic] alors que la «comptabilité d'engagement» du CCE, qui comptabilise les recettes et les dépenses dès leur facturation, a été détruite. Elle reçoit également chaque jour de nouvelles factures qu'elle doit payer alors que celles-ci n'étaient ni prévues ni provisionnées. Quant aux factures des dépenses déjà réalisées, il en manque une bonne partie. «Nous avons même découvert que des sommes fictives avaient été injectées dans les comptes 2008 pour masquer un résultat négatif», explique un membre de la nouvelle équipe dirigeante du CCE. Pendant ce temps, un cabinet d'audit, la société INA, épluche les comptes et constate de nombreuses irrégularités. «
Il y a un trou de 21 à 24 millions d'euros, avoue abasourdi un observateur. 95% proviennent d'une mauvaise gestion et 5% d'un possible enrichissement personnel.»

Pour Noël 2008, le CCE a ainsi commandé treize représentations au cirque Pinder. Trois auraient été revendues à moindre prix pour les enfants des salariés d'Air France et dix auraient été revendues à des associations. Le problème, c'est que le produit de ces ventes n'est jamais arrivé au CCE. Plusieurs logements de fonction auraient également été loués par le CCE pour les élus syndicaux habitant en province. «
Nous n'avons pas encore réussi à avoir les baux ou même l'adresse de certains appartements», admet un proche du dossier. L'audit n'a pas non plus réussi à clarifier la totalité des opérations des cartes de paiement mises à la disposition de membres du CCE. Certains comptes sont débités à hauteur de 3.000 euros par mois pour des achats de «draps de bain et d'écrans de télévision». De même, un voyage aux États-Unis à 28.000 euros aurait été financé par le CCE au frère de l'un des dirigeants du comité central d'entreprise. Des vœux auraient été organisés au Bourget et facturés 30.000 euros.


«Plus de vacances pendant deux ans»

L'ensemble de l'audit doit être remis cet après-midi à la commission économique du CCE et demain un CCE extraordinaire doit se tenir chez Air France pour informer l'ensemble des représentants syndicaux de la situation. Mais Dominique Bussereau a d'ores et déjà fait savoir lundi matin que le gouvernement allait demander des explications à la direction de la compagnie, dans le capital de laquelle, l'Etat n'est plus majoritaire. «C'est le moment où nous souhaitons que le transport aérien reparte et ce n'est pas le moment de mettre sur la place publique ce genre de choses. S'il y a un problème, il faut qu'il soit réglé rapidement», a ajouté le secrétaire d'Etat.

Le 8 décembre dernier, l'équipe dirigeante de transition a demandé à être reçue par Jean-Cyril Spinetta, l'ancien patron d'Air France, président du conseil d'administration depuis deux ans. Ce dernier a remis la rencontre en janvier après la publication du rapport d'audit. «Il voulait des preuves», explique un membre de la nouvelle équipe dirigeante. Dans la foulée, les membres de l'ancienne direction du CCE ont été reçus un à un par le cabinet d'audit pour s'expliquer. François Cabrera s'est présenté mercredi dernier dans la matinée sans qu'aucune information ne filtre sur la nature des échanges. «Des divergences politiques sont apparues mais en aucun cas un scandale», explique un proche de François Cabrera.

Une certaine gêne est perceptible au siège de la compagnie. «La direction ne pouvait pas ne pas savoir», assure un proche du dossier. Contactée par Le Figaro, la direction d'Air France indique de son côté que «les comptes du CCE ont été certifiés et qu'elle n'est pas au courant d'un quelconque déficit».

Selon nos informations, les responsables de la nouvelle direction du CCE attendent la réunion d'aujourd'hui pour porter plainte. Ils chercheraient toutefois à éviter de laver leur linge sale en famille. «C'est au commissaire aux comptes qui a certifié les exercices précédents de porter plainte s'il veut se couvrir, explique un observateur. Nous attendons qu'il prenne position sur le sujet pour prendre une décision.»

Les élus ont également un autre dossier épineux à régler rapidement : trouver un nouveau secrétaire général. Jean-Yves Quinquenel a fait savoir qu'il quittait ses fonctions le 20 janvier, sa mission d'encadrement de l'audit ayant été réalisée. «Personne ne convoite le poste, expliquait mardi dernier un responsable syndical à l'issue d'une réunion qui s'est tenue sur le sujet. À un an des prochaines élections, personne ne veut annoncer aux salariés qu'il n'y aura plus, pendant deux ans, de vacances et d'activités subventionnées par le CE.»


Fabrice Amedeo

jeudi 29 mai 2008

Le "principe" des 35 heures demeure, réaffirme Christine Lagarde

35h : Qui gouverne ? Les syndicats ou le gouvernement ?

Les syndicats, ce sont 4% de la population totale…
Les garanties qu’ils promettent aux salariés sont-ils à la hauteur des perturbations qu’ils créent dans nos vies et des pertes pour l’économie nationale et le pouvoir d’achat des Français ?

Xavier Bertrand a eu beau annoncer mercredi dans "Les Echos" que la loi permettra aux partenaires sociaux de négocier l'aménagement du temps de travail au-delà du simple dépassement du contingent d'heures supplémentaires, entreprise par entreprise, les commentaires partiaux pleuvent. Cette déclaration déclenche les interprétations de la presse partisane, téléguidée par les partis et les syndicats.
La presse fait campagne : Les agences de presse et la pensée unique
A*P
suggère de mauvaises intentions: "35h: le gouvernement déterminé à passer outre l'avertissement des syndicats". Seulement quelques heures plus tôt, l'agence de presse n'avait pas reçu de consignes et était moins incisive.
A* exprime un a priori : "35 heures: le gouvernement va passer outre l'avertissement de la CGT et de la CFDT"
R****** accuse: "Le gouvernement vide les 35 heures de leur substance"
Tous les titres sont négatifs. Pourquoi l’opinion ne le serait-elle pas, par conséquent ? La presse laisse-t-elle une chance aux Français de penser différemment ? Sa fonction est-elle de dénigrer ? Son rôle consiste-t-il à s’opposer au gouvernement ? Ce choix partisan du soutien des thèses de la gauche et de l’immobilisme, politique et syndical, est-il un service rendu au pays?

Le ministre met les syndicats face à leurs responsabilités
Xavier Bertrand estime en effet que les partenaires sociaux n'ont "visiblement (...) pas voulu se saisir" du sujet du temps de travail. "Nous avions prévenu les partenaires sociaux que nous irions plus loin et aujourd'hui, nous l'assumons pleinement en le faisant dans une clarté totale", souligne le ministre du Travail dans un entretien au journal "Les Echos" de mercredi.
La mauvaise foi des syndicats et donc d’une certaine presse
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a prétendu que c’est "un affront ou un défi, en tout cas une provocation". Il estime en effet dans un entretien publié jeudi sur lemonde.fr que "le gouvernement choisit de s'affronter à la CFDT et la CGT, qui plus est sur un sujet identitaire pour la CFDT, celui du temps de travail. » Selon ce partisan de l’auto-gestion, « il organise la fin des 35 heures dans la réalité". En conséquence, "l'élargissement de la mobilisation sur les retraites à la question du temps de travail est clairement posé", déclare-t-il, prévenant que "le gouvernement nous amène à réagir simultanément sur le temps de travail et les retraites. Cela nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté y compris dans la CFDT".

Les intermédiaires syndicaux sont-ils représentatifs ?
Dans une mise en garde commune adressée au gouvernement lundi, François Chérèque et le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, évidemment suivis par Solidaires (SUD, non représentatif), rappelaient que la position commune négociée en avril entre les partenaires sociaux permettait "à titre expérimental de dépasser le contingent conventionnel d'heures supplémentaires", et que cela excluait "toute autre disposition". Ils prévenaient que le non-respect de cette règle et "l'adoption en catimini" de "mesures de déréglementation" ouvrirait "une nouvelle période dans les relations sociales". Le ‘catimini’ sur la place publique, c’est nouveau !

Les syndicats opposés à la démocratie directe en entreprises
A défaut de propositions, le Parti socialiste a réagi en dénonçant "avec force" le "contenu de l'avant-projet de loi sur la démocratie sociale que vient de présenter Xavier Bertrand".
"Il est inacceptable que le gouvernement se permette de dénaturer le texte de la position commune des partenaires sociaux sur la représentativité et la durée du travail, ce à quoi s'opposent l'ensemble des organisations syndicales, au mépris des grandes déclarations du Président de la République sur le respect des accords collectifs", a interprété le PS dans un communiqué. Les socialistes s'opposeront "totalement à toute nouvelle remise en cause de la durée du travail". La semaine dernière, le chef de l'Etat avait désavoué le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian, qui avait demandé "le démantèlement définitif du dispositif des 35 heures".

DuponD, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a violemment accusé Nicolas Sarkozy : il "a menti en disant la main sur le coeur qu'il ne toucherait pas à la durée légale du travail en France". Le nostalgique conservateur socialiste poursuit dans l’esprit à l’ancienne de la co-gestion : "Au point où les choses vont, il n'y aura plus de protection des salariés et il y aura une très grande disparité d'une entreprise à une autre". Le libéralisme, c’est oui ou c’est non ?

En revanche, Xavier Bertrand fait de la pédagogie
Il explique que, transposant la position commune, le projet de loi sur la "démocratie sociale fera une large place à la négociation dans l'entreprise et à la simplification, notamment sur les contingents d'heures supplémentaires et les repos compensateurs qui pourront être fixés librement".
"L'aménagement du temps de travail sur tout ou partie de l'année comme les forfaits en jours ou en heures pourront être négociés plus facilement dans les entreprises", souligne-t-il. "En l'absence d'accord, le cadre réglementaire s'appliquera". N’est-ce pas une garantie ? Ou un prime à l’obstruction ?

Les députés UMP saluaient mercredi la position de Xavier Bertrand. "Tout cela va exactement dans le bon sens", a déclaré leur président Jean-François Copé.