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dimanche 22 septembre 2019

Convergence des mécontentements : soirée de tensions sur les Champs-Elysées samedi

Nouveau parti-pris de la presse contre les Gilets Jaunes, alors que trois manifestations se déroulaient à Paris ce samedi   

Les manifestants ne pouvaient être partout à la fois...
 

L’image contient peut-être : texte
L'Acte 45 des Gilets Jaunes s'est déroulé un samedi de toutes les contestations à la politique de Macron, ce 21 septembre : 16.000 personnes ont participé à la marche pour le climat et 6.000 autres ont défilé contre la réforme des retraites. Malveillant, Le Figaro parle pourtant d'un "acte incandescent" et de forces de l'ordre "sur le qui-vive" face aux Gilets Jaunes qui ont évalué leurs participants à 91.430.

A Paris, l'acte 45 des gilets jaunes "anesthésié par la force" : 
la liberté de manifester étouffée. 

Avec
un déploiement dans la capitale de forces de police et de gendarmerie équivalent à celui du 1er Mai dernier, les manifestants se sont vu opposer contrôles et verbalisations à tour de bras dès les premiers rassemblements du matin. Il n'est pas encore 9h15 sur une place de la Madeleine bunkerisée (la plupart des commerces sont fermés et calfeutrés) quand une cinquantaine de motos vrombissantes sont lâchées, surmontées d’une doublette policière sur le pied de guerre. A l’arrière, ces "voltigeurs" modèle 2019, le visage souvent masqué, exhibent leur équipement: matraques, lanceurs de balles de défense, caméras pour ceux chargés de filmer les visages des manifestants…
Manifestation des Gilets Jaunes devant la gare Saint Lazare
à Paris, le 21 septembre




Après un premier passage des motards de Castaner, vient un second pour impressionner la foule, et le ton est donné : celui d’un samedi où  les forces de l’ordre marquent les piétons à la culotte, parisiens ou touristes, d'ici et d'ailleurs, de quoi empêcher les commerçants de commercer. Les "quelques dizaines de manifestants" (selon Libération) – Gilets Jaunes et organisations altermondialistes – voient leurs velléités de "convergence des luttes" contrariées. A peine un attroupement se forme-t-il que les gendarmes mobiles se jettent sur eux pour rappeler l’interdiction préfectorale d’un rassemblement statique, enordonnant à tous de se disperser.







A la différence des touristes, les Franciliens ne sont même plus étonnés. 
"Ce genre de dispositif, on y a été habitués petit à petit depuis les défilés contre la loi travail en 2016, se souvient un vingtenaire. Depuis qu’on est arrivé à la gare Saint-Lazare ce matin, j’ai subi quatre contrôles d’identité, dont un où le policier m’a attrapé le sexe pour s’assurer que je ne dissimulais rien." 

Cette fébrilité du pouvoir et le contexte "anxiogène" créé par la presse aux ordres ne dissuade pourtant pas les Français de conviction de continuer à se mobiliser : "Ça fait longtemps qu’on espère que les luttes sociales et celle pour la justice climatique se rejoignent. Il faut un catalyseur." Une jeune femme craint toutefois que la "parade policière", qu’elle ressent comme "terrifiante", ne finisse par dégoûter les participants, une crainte prêtée à des anonymes isolés mais réitérée par les journalistes depuis que le mouvement existe. Arrivés au 45e samedi, ils n'affirment plus en revanche que le mouvement  s'essouffle... "Leur intimidation fonctionne, plein de gens ne sont pas venus à cause de ça", raconte un journaliste inconnu qui a vu la copine de l'homme qui a vu l'ours.

Rue barrée par un cordon de policiers postés devant l’église de la Madeleine avant la manifestation des Gilets Jaunes prévue l'après-midi.
"Dictature en marche !"
Une quinquagénaire irréductible explique que les Gilets Jaunes ont "la rage au ventre": "C’est pas normal d’être empêchés de défendre nos combats pour la justice sociale, le climat, et tout simplement la liberté." La vue des policiers lourdement équipés la fait hésiter à s'avancer vers le cordon policier, de peur d’être "nassée". "Je ne suis pas là pour casser, juste pour défendre un monde meilleur pour mes petites-filles", gronde-t-elle.

Contrecarré dès son coup d’envoi, l’acte 45 des GJ se lance avec peine. 
Plusieurs tentatives de lancement de défilés sont improvisées dans les rues des VIIIe et IXe arrondissements, au cri de ralliement habituel du mouvement, "Ahou, Ahou, Ahou !". Boulevard Haussmann, une petite centaine de personnes tente de s’organiser en cortège, ne bloquant pas plus la circulation que les forces de police. Mais, très mobiles et autonomes - puisqu'elles n'attendent plus les ordres pendant dix minutes et se sont motorisées - , elles parviennent vite à le disperser, utilisant même quelques capsules de gaz lacrymogènes contre des éléments pacifiques. 
Sous les huées de la foule ("Honte à vous !", "Dictature en marche !"), les forces de police bloquent les principaux axes de circulation, empêchant les manifestants de se rassembler, mais aussi les commerçants de faire leurs affaires.

Un groupe de GJ venus du Morbihan pour défendre la "justice fiscale" et le "pouvoir d’achat" - ce que les marcheurs pour le climat font oublier -, arrivés à peine depuis dix minutes aux abords de la gare Saint-Lazare, ont les yeux rougis et humides par les lacrymos. "C’est de pire en pire, on n’a même plus le droit de manifester", soupire une femme. 
D’autres, des Alsaciens, ne décolèrent pas : "La police n’est plus là pour protéger les manifestants, comme le disait Macron, mais pour les empêcher de venir. C’est à cause de ça que les gens deviennent fous, on n’a plus de libertés."

Devant la gare Saint-Lazare, ce samedi 21


A midi, les services de la préfecture de police de Paris se félicitent déjà de 1.249 contrôles préventifs (certains manifestants  en ont subi jusqu’à 4 ou 5), 104 verbalisations et 90 interpellations. Des chiffres qui trahissent les consignes d’étouffement du mouvement social par la force du nombre. 
Quelques minutes plus tard, trois secouristes observent qu'en cette fin de matinée, ils n’ont pas encore eu à déballer leur kit de premiers secours : "Forcément, tout le monde est dispersé en quelques minutes…" Mais, bien qu'en t-shirts blancs reconnaissables et prêts à administrer les premiers soins aux manifestants, comme aux forces de l’ordre blessés, des "street medics", annoncent qu'on est en train de verbaliser deux de leurs collègues. "Pourtant, on n’a rien d’autre que notre matériel habituel, compresses et sérum physiologique", certifient-ils. 

Des heurts ont eu lieu dans la soirée sur les Champs-Elysées.
 
Les forces de l'ordre ont tenté de disperser des manifestants qui s'étaient introduits sur l'avenue, pourtant interdite aux manifestations ce samedi. 

VOIR et ENTENDRE ce qu'annonçait la veille le préfet de police de Paris dans un reportage de BFMTV:


lundi 18 mars 2019

Maître Mignard plaide pour l'interdiction des manifestations de Gilets jaunes

"Interdire ces manifestations est la seule solution raisonnable," selon ce proche des Segollande

L’avocat Jean-Pierre Mignard, ex-socialiste, parrain de deux enfants de Hollande et Royal, milite pour la limitation de la liberté de manifester 

Il serait préférable à un durcissement des affrontements, assure ce désormais proche d’Emmanuel Macron, après les violences perpétrées par l'ultra-gauche infiltrée dans le rassemblement de l'Acte XVIII des Gilets jaunes du samedi 16 mars 2019. Des Gilets jaunes sont accusés de  "radicalisation" et  qualifiés d' "ultra-jaunes" qui auraient fait leurs les méthodes violentes du Black bloc, parce qu'exaspérés par les attaques policières avec tirs au LBD...

En février, ce proche d’Emmanuel Macron sonnait le tocsin dans Libération contre la loi dite "anti-casseurs" : l’avocat Jean-Pierre Mignard jugeait  liberticide ce texte tentant de circonscrire les débordements en marge des rassemblements de gilets jaunes. Un mois plus tard, après un rebond de la participation multipliée par quatre à Paris et un nouvel accès de violence urbaine samedi 16 mars, cet opportuniste de la macronie se prononce en faveur d’une interdiction très encadrée des manifestations et réclame de nouvelles avancées économiques et sociales.

Comment analysez-vous les débordements de "l’acte XVIII" ?

Résultat de recherche d'images pour "Mignard Royal Hollande"Alors que depuis le début du mouvement des gilets jaunes nous avons connu des Champs-Elysées totalement fermés et des boutiques barricadées, cette fois ils sont restés ouverts. Même s’il était protégé, l’Arc de triomphe était accessible toute la journée en dépit de remontées du terrain qui étaient, semble-t-il, alarmantes. [On s'attendrait donc logiquement que ce rallié à Macron réclame des mesures fortes de re-structuration des forces de police]  Certains manifestants radicaux parlaient d’un "acte définitif", donc quel choix a été fait par le ministère de l’Intérieur en matière de maintien de l’ordre ? Des syndicats policiers attribuent l’embrasement aux consignes de modération sur l’usage des lanceurs de balle de défense (LBD) mais, enfin, entre le tout et le rien… Ou alors nous aurions tout essayé et serions au bout de nos moyens ?

L’exécutif parle de nouvelles "réponses fortes" à apporter en matière de maintien de l’ordre, que recommandez-vous ?

Le climat politique et social est très lourd en France depuis quatre mois, mais on peut se résoudre à y répondre sans nouvelle loi. Il existe une jurisprudence constante du Conseil d’Etat qui fait de la liberté de manifester le principe, sauf lorsque les risques sont trop élevés et que les pouvoirs publics motivent cette décision après avoir épuisé tous les moyens existants pour permettre l’exercice de ce droit. Ce serait la seule solution raisonnable.

Vous êtes un défenseur des libertés publiques, une telle décision ne vous choquerait pas ?

Ce qui est inquiétant, c’est d’entendre certains policiers dire que l’étape suivante, c’est "d’aller au contact" et donc de prendre le risque de beaucoup de blessés, voire pire, parmi les manifestants [esquive l'avocat]. Si on ne peut empêcher que les mobilisations se terminent par des incidents graves, violents, voire meurtriers, on est alors fondé à les interdire. Ce qui est au cœur de telles interdictions - qui doivent être solidement motivées sur le fond -, c’est la question de la proportionnalité entre le droit fondamental de manifester et les dommages objectivement prévisibles de l’exercice de ce droit. C’est la position du Conseil d’Etat et de la Cour européenne des droits de l’homme. Vu le niveau de violence redouté, la restriction de la liberté est un dommage moins grave que ceux éventuels lors d’une manifestation qui dégénère et que l’on ne pourrait pas empêcher. [Mignard ne répond pas à l'interrogation concernant sa flexibilité morale et politique]

Existe-t-il des solutions non sécuritaires ?

Résultat de recherche d'images pour "Mignard Segolene Royal"Nous sommes dans une crise sociale gravissime, dans une atmosphère de haine sociale qui ne s’apaise pas [le pourrait-elle quand Castaner, Darmanin et Macron lancent des accusations injustes et injurieuses : les Gilets jaunes en lutte pour la défense de leur pouvoir d'achat et contre la fiscalité sont-ils des "factieux" et des "assassins", mêmes potentiels, des porteurs de "peste brune" ou la mise en garde du président contre la "lèpre nationaliste" et un retour aux années 1930, sans parler de BHL qui voit réapparaître les ligues du 6 février 34], qui n’est pas sans rappeler le mouvement chartiste au Royaume-Uni au XIXe siècle, quand des artisans, petits patrons et employés se sont organisés contre les élus, les élites, pour la justice fiscale et contre les inégalités… [Une évocation qui occulte encore la ruralité, notamment frappée par la sur-fiscalité sur les carburants]. Toute doctrine de maintien de l’ordre la plus raffinée soit-elle ne peut pas venir à bout d’un mouvement social et il n’est pas question de multiplier les textes de loi indéfiniment. Une crise politique et sociale se résout sur le plan politique et social [pontifie Mignard].

Vous réclamez donc de nouveaux gestes ?

Résultat de recherche d'images pour "racoleuse transgenre"
Les Marianne sont apparues dans les rues de Paris 
lors de l'acte X des Gilets jaunes du 15 décembre 2018, 
contre les violences sécuritaires faites aux manifestants
On ne peut pas dire que rien n’a été fait. Certaines mesures annoncées cet hiver sont justes et efficaces, comme la suppression d’une partie de la hausse de la CSG frappant les retraités [seulement les plus démunis d'entre eux, et alors que  la désindexation des pensions de retraite frappe toujours la totalité d'entre eux, faut-il le rappeler à ce converti tendancieux au macronisme ?]. 
Il y a eu beaucoup de débats de qualité dans les mairies [assure Mignard bien qu'il s'agisse d'un entre-soi dont sont exclus les Gilets jaunes] et cela aura des répercussions sur l’administration communale et la gestion des finances locales [les participants qui ne refusent pas leur participation à cette mascarade sont pris en charge à l'hôtel]. 
Mais on a peu parlé de salaires et de revenus. Il faut maintenant, comme le réclame la CFDT, un Grenelle social [c'est l'ancien socialiste qui parle], une conférence nationale sur les salaires. Les manifestants veulent de l’Etat, toujours plus d’Etat. Je pense que c’est au tour des entreprises d’entrer dans le jeu de l’apaisement [sic]. Elles ne peuvent pas se contenter de verser une prime exceptionnelle. Les gens qui descendent dans la rue depuis mi-novembre - qu’on soit d’accord ou pas avec eux - veulent sortir de l’aléatoire. C’est compréhensible et c’est juste.

Homme de réseaux, maître Jean-Pierre Mignard sert Macron en mobilisant des soutiens. 
Mais il se défend de vouloir "créer une tendance" au sein du parti du président, il y a un pas que cet ex-socialiste ne franchit pas. Il s'en explique :"Ce n'est pas Emmanuel Macron qui en a eu l'idée, c'est moi. J'ai eu un bref entretien avec le président de la République, qui ne m'en a pas dissuadé..."

S'agit-il d'organiser des courants à l'intérieur de La République en Marche (LREM) ?
Résultat de recherche d'images pour "racoleuse"
Mignard veut plutôt contribuer à agréger des familles politiques, "dans le sens de ce qu'a accompli Emmanuel Macron depuis des années". Il précise :"La question n'est pas de réunir des personnalités connues pour leur engagement à gauche. C'est comment le débat démocratique peut avoir lieu au niveau de La République en Marche, de ses électeurs, de ses adhérents, de ses élus. Le débat doit se déployer pour que ce parti joue pleinement son rôle." Agrégateur, plutôt que débaucheur: c'est plus flatteur...

L'avocat proche de François Hollande souhaite un élargissement de la majorité.
"La question, c'est quelle famille politique voulons-nous construire dans la durée ? Je défends depuis longtemps la thèse selon laquelle la structuration de La République en Marche correspond à une séquence de la recomposition politique en cours. Sa vocation est de s'élargir afin de constituer un grand arc allant des socialistes jusqu'aux républicains sociaux. Je vais militer en ce sens."
Sur son compte Twitter, Mignard explique : "les socialistes pro-européens devraient, en tant que tels, devenir une composante majeure de la majorité présidentielle".

vendredi 14 avril 2017

Macron voudrait porter atteinte au fonctionnement des méthodes de communication moderne

Macron fait-il marche arrière sur le chiffrement bout en bout ? 

Le chiffrement bout en bout utilisé par WhatsApp, Facebook, Telegram, est depuis quelques jours dans le viseur d'Emmanuel Macron

Le candidat d'En Marche a beaucoup dérangé, jusqu'à ses fans en appelant à une grande conférence de négociations entre Etats et sociétés de l'Internet pour permettre à la police d'accéder aux données chiffrées des utilisateurs de ces réseaux et son directeur de campagne la joue En Marche arrière.  
Le candidat Macron pointe les applications grand public comme WhatsApp, Facebook Messenger ou encore Telegram dont le développement rapide est surtout dû à leur offre de chiffrement des conversations bout en bout. 

Le problème, c'est qu'on est en 2017, et plus précisément en pleine campagne présidentielle. Et que dans le contexte actuel de risque terroriste, la tentation de surenchère sécuritaire est forte parmi les candidats. 
Or, le candidat trentenaire semble être tombé dans le piège : le candidat d'En Marche a ainsi déclaré qu'il souhaite que cette grande conférence de négociations entre Etats et sociétés de l'Internet recherche un moyen d'accéder aux données chiffrées des utilisateurs de ces applications. 

Une proposition irréalisable, pour peu que l'on sache que les clés de chiffrement sont généralement possédées par l'utilisateur. La justice aurait ainsi beau demander à Facebook, Telegram et consorts de déchiffrer les conversations d'utilisateurs qu'elles ne pourraient techniquement pas satisfaire la demande à l'heure actuelle. C'est le principe même du chiffrement qui rend l'idée insensée. 

Deux autres tentations dangereuses 
s'offrent au candidat

D'une part, l'introduction de portes dérobées, comme l'a apparemment fait le FBI avec Windows 10, avec les résultats désastreux que l'on connaît. WhatsApp et Facebook ne devraient pas casser leur chiffrement si Macron était élu.

D'autre part, la découverte d'un moyen de casser ce chiffrement, voire de l'interdire, ce qui au choix fragiliserait la sécurité des communications, ou se révélerait irréalisable, sauf à réduire internet à un espèce d'intranet hexagonal. 

Mardi soir, Mounir Mahjoubi le directeur de campagne de Macron a donc publié une tribune.

ll y revient sur les élucubrations du candidat, pour assurer qu'il n'est finalement pas dans les intentions d'Emmanuel Macron de porter atteinte aux principes de fonctionnement des méthodes de communication moderne basées sur le chiffrement. 
Mais il poursuit en expliquant qu'il faut appliquer aux "opérateurs des obligations de coopération et de traitement des demandes", et aligner le statut des applications à celui des opérateurs de téléphonie, sujet sur lequel est justement en train de plancher la Commission européenne. 
Dans le cadre du chiffrement bout en bout, la trahison consisterait à livrer les métadonnées de l'échange (correspondants, heure des messages, localisation, etc.) sur requête judiciaire. 

La menace est réelle, car non seulement Macron est fermement décidé à contraindre les opérateurs, mais il est déterminé à étendre les pouvoirs des juges. Ce que le directeur de campagne de Macron présente comme une petite nuance n'est pas qu'une simple bourde de campagne. 
En mettant un coup d'arrêt au développement du chiffrement, l'ex-ministre de l'Économie et du ...Numérique de Manuel Valls entend véritablement contrôler nos communications privées,  Macron portant ainsi atteinte à notre liberté fondamentale d'expression et de communication.

jeudi 24 juillet 2014

Hollande, en route vers la censure d'Internet

Les socialistes veulent limiter notre liberté d'expression

Une séparation des pouvoirs, à la façon des pays totalitaires
Les libertés seront surveillées et le pays des Lumières va s'enfoncer dans une nouvelle ère obscurantiste. Valls compte en effet mettre peu à peu en place un système de blocage administratif des sites web, sans intervention de la justice.
Mardi soir, en commission des Lois, les députés de la majorité ont voté le blocage administratif de sites faisant l'apologie du terrorisme, et sans que la justice puisse contrôler les éventuels abus. L'Assemblée devra se prononcer en séance plénière mi-septembre sur l'ensemble du projet de loi de lutte contre le terrorisme. Si le but est apparemment louable, dans l'esprit des blocages prévus pour lutter contre la pédopornographie, la mesure socialiste fait peser une deuxième menace contre les libertés. La France de Hollande ambitionne de s'aligner sur la Tunisie de Mongi Marzouk, qui annonça en septembre 2012 que le gouvernement travaille à mettre le réseau Internet sous contrôle, lui aussi pour des raisons de sécurité.

Quelques heures avant le vote, une commission spécialisée avait pourtant durement contesté le projet du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Dans sa recommandation, cette commission de réflexion sur le droit et les libertés à l'âge du numérique, créée en février pour éclairer les parlementaires sur ces questions, rappelle que "le préalable d'une décision judiciaire apparaît comme un principe essentiel, de nature à respecter l'ensemble des intérêts en présence, lorsqu'est envisagé le blocage de l'accès à des contenus illicites sur des réseaux numériques".

Co-présidée par le député socialiste de la Nièvre, à la gauche du PS, Christian Paul et l'avocate Christiane Féral-Schuhl, la commission oppose notamment le problème de faisabilité, le blocage des sites étant très difficile à mettre en oeuvre. Mais le projet est bien parti pour être validé en septembre, d'autant qu'il est très cher au Premier ministre Manuel Valls, qui avait déjà fait un pas dans cette direction lorsqu'il était Place Beauvau. Aujourd'hui, comme pour tous les projets de loi concernant les libertés sur Internet (Hadopi, Loppsi 2, Loi de programmation militaire, etc.), quelques députés de tous bords qui ont compris le fonctionnement d'Internet semblent d'abord déterminés à s'opposer à l'éternel fantasme de contrôle d'Internet, mais finissent par s'aligner: les apparences d'un débat sont sauvegardées...

Contournable en un clic

Comme dans des pays hautement démocratiques comme la Chine, Cuba ou la Libye qui pratiquent déjà la censure d'Internet, la commission craint un contournement facile du blocage. L'utilisation par les internautes de réseaux privés virtuels (VPN), par exemple, leur permet - en quelque sorte - de se connecter de façon chiffrée via le réseau d'un autre pays et donc d'échapper aux blocages décidés par un État ou par un autre. Ces services, qui coûtent quelques euros par mois et rapportent gros à leurs créateurs, sont souvent étrangers, et parfois fournis par des réseaux mafieux. Leur utilisation a explosé en France depuis la mise en place du gendarme du piratage, la Hadopi.


Les outils destinés aux cyber-dissidents, comme l'excellent Tor, permettent aussi d'échapper à la censure, gratuitement et en un clic. L'utilisation de Tor explose dans les grandes démocraties, de plus en plus adeptes de la cybercensure. Il devient ainsi plus difficile de repérer les activités illégales. Lors d'un précédent projet de censure des sites terroristes en 2013 déjà voulu par Manuel Valls, le juge antiterroriste Marc Trévidic avait expliqué que c'est justement grâce aux imprudences des terroristes sur Internet que la police peut les repérer et les arrêter...

Des mesures "disproportionnées" et "inefficaces"
La commission craint par ailleurs les blocages de contenus par erreur, c'est-à-dire l'inscription sur la liste noire de sites n'ayant rien à voir avec le terrorisme ou la pédo-pornographie, comme cela a été prouvé, par exemple en Australie. Le "retrait du contenu auprès des hébergeurs doit être privilégié sur le blocage lorsque ces derniers sont coopératifs", estime la commission.

Plusieurs autres voix se sont élevées contre le projet de loi socialiste.
Reporters sans frontières (RSF), qui n'a pas pour habitude de critiquer la France, n'y va pas de main morte. Selon son communiqué, le texte "pourrait engendrer un recul de la liberté d'information puisqu'il (...) prévoit le blocage administratif de sites internet et augmente les mesures de surveillance". 


Comment autoriser des rassemblements politiques à risques, tels les défilés pro-palestiniens, et interdire des lieux d'expression sur l'Internet? "C'est un test majeur pour la défense des droits et libertés contre l'instauration de mesures très graves de police préventive de l'intention, contournant le judiciaire au nom de la lutte contre le terrorisme", dénonce pour sa part le collectif citoyen La Quadrature du Net. "L'ensemble de ce projet de loi instaure un état d'exception permanent d'Internet, contournant largement le juge pour s'orienter vers des solutions policières et administratives, non contradictoires, disproportionnées et pour la plupart inefficaces", poursuit l'association.


Un revirement incohérent
"L'adoption de ce projet de loi par une majorité qui avait autrefois combattu ces dispositions inspirées du programme de Nicolas Sarkozy illustre l'acceptation générale par la classe politique d'un abandon du pouvoir judiciaire au profit de la police et de la généralisation des mesures d'exception. Citoyens et organisations de la société civile doivent se mobiliser pour lutter contre la banalisation des atteintes aux libertés fondamentales !" explique Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

Des concessions inutiles

Tenant compte en partie des critiques, le rapporteur du texte, Sébastien Pietrasanta (PS), un professeur auteur d'une thèse sur "Bergery, Déat et Doriot et l’encadrement de la jeunesse", a fait adopter un amendement prévoyant que "la demande de blocage d'un site devra obligatoirement être précédée par une demande adressée à l'éditeur du site ou, à défaut, à son hébergeur de retirer le contenu illicite". "Ce n'est qu'en l'absence de retrait dans un délai de vingt-quatre heures que l'autorité administrative pourra faire procéder au blocage du site par les FAI", précise-t-il.

Un autre amendement de S.Pietrasanta prévoit de confier à une personnalité qualifiée, désignée par la CNIL, "la mission de vérifier que les contenus dont l'autorité administrative demande le retrait ou que les sites dont elle ordonne le blocage sont bien contraires aux dispositions du Code pénal sanctionnant la provocation au terrorisme, l'apologie du terrorisme ou la diffusion d'images pédo-pornographiques". Cette personnalité pourrait, si l'autorité administrative ne suit pas sa recommandation, saisir la juridiction administrative.

L'État, bientôt promoteur des sites terroristes
Mais ce contrôle des sites bloqués impliquerait la publication de la liste noire, ou du moins sa circulation dans des cercles qui, s'ils sont restreints, ne resteront pas étanches au fuitage. L'État offrira alors une publicité inespérée aux sites qu'il souhaite bloquer, car à l'ère des WikiLeaks et autres Edward Snowden, la diffusion de la liste ne sera qu'une question de temps. C'est ce qu'on appelle sur Internet l'effet Streisand : quand on veut à tout prix étouffer quelque chose, on finit par le promouvoir. Dans ce cas, l'État aura gentiment constitué les marque-pages du parfait petit terroriste pornographe amateur.
Les députés godillots seront-ils en soudaine capacité de reprendre leurs esprits d'ici l'examen en hémicycle mi-septembre, et de considérer enfin Internet comme un espace sur lequel il suffit d'appliquer les lois existantes, sans en créer de nouvelles ?... Une évidence qui échappe aux bons petits soldats du PS qui, dans le même temps, votent le projet de simplification la vie des entreprises: plus les socialistes parlent de cohérence, plus elle leur échappe.

samedi 1 juin 2013

Des dérives islamistes embrasent Istanbul, aux portes de l'Europe

Violents affrontements à Istanbul entre forces de l'ordre et manifestants

Suite à la violente répression d'un rassemblement dirigé contre un projet d'urbanisation controversé
, 
Des manifestants, vendredi sur la place Taksim, 
dans un nuage de gaz lacrymogènes  
des milliers de Stambouliotes ont passé la nuit de vendredi à samedi dans la rue à défier le pouvoir et les grenades lacrymogènes de la police. 

Dans Istanbul, de violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ont marqué la nuit de vendredi à samedi

Dans plusieurs quartiers du centre de la mégapole, de nombreux groupes de manifestants ont déambulé jusqu'à l'aube armés de casseroles pour battre la chamade contre le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, et souvent encouragés par les riverains depuis leurs balcons et leurs fenêtres. 

Après la place Tahir, la place Taksim
En tenue anti-émeute, bouclier au poing, et des véhicules blindés équipés de canons à eaux, la police d'Erdogan, ancien maire d'Istanbul, a vidé la place Taksim, lieu de concentration des affrontements,au centre d'Istanbul.

Par défi, certains manifestants avancent dans les rues bière à la main. 
"Ils veulent transformer ce pays en un Etat islamiste, ils veulent nous imposer leur vision en prétendant respecter le cadre démocratique", s'insurge une autre manifestante, une femme d'une trentaine d'années qui refuse de donner son nom, mais dit travailler dans le cinéma. 

Soulèvement populaire spontané

Dans d'autres quartiers comme Beyoglu et Besiktas, toujours au centre européen d'Istanbul, la confrontation avec les forces de l'ordre est plus musclée. Massivement déployée, la police y fait un usage immodéré de grenades lacrymogènes, auxquelles les manifestants répondent par des jets de pierre. Dans le ciel, un hélicoptère de la police observe les mouvements des manifestants. 
Les rues sont jonchées de pavés et de douilles de grenades. Quelques allées sont obstruées par des barricades de fortune. Les locaux d'un syndicat servent de refuge à des centaines de manifestants entre deux opérations coup de poing. Des médecins y ont installé un service de premiers soins, qui traite principalement les irritations cutanées et respiratoires occasionnées par le gaz lacrymogène. 
Des militants y ont constitué une cellule de crise.
"Nous essayons d'envoyer des avocats quand il y a des arrestations, de fournir un soutien médical, de réunir des informations", explique Me Can Atalay, un avocat du barreau d'Istanbul.

Sur un tableau, un activiste note les dernières informations sur les déplacements de troupes de la police, les manifestations dans d'autres quartiers et d'autres villes, des cités balnéaires de la mer Egée (ouest) aux communes des montagnes kurdes (est), ou encore les adresses e-mail où témoigner de violences policières. 


 Un parallèle s'impose avec la répression musclée menée par Valls contre les anti-mariage pour tous à Paris. 
Lien PaSiDupes: " Manif pour tous : des pratiques policières qui interpellent " : Policiers hors-la-loi ?"


Amnesty International évoquait plus d'une centaine de manifestants blessés au cours de ses affrontements vendredi.


Erdogan incarne la menace islamiste 

Issu de la mouvance islamiste, le premier ministre  Erdogan est régulièrement accusé de vouloir "islamiser" la société turque et de dérives autoritaires.
Erdogan défend les nouvelles restrictions sur l'alcool 
L'Assemblée nationale turque a adopté vendredi un projet de loi limitant la consommation, la vente et la publicité des boissons alcoolisées. "L'alcool est la source de nombreuses affections" a plaidé le Premier ministre turc pour jusitfier les nouvelles contraintes à la population turque. La nouvelle loi interdit en efet la vente d'alcool au détail dans les commerces entre 22h et 6h du matin, ainsi qu'à toute heure à proximité des établissements scolaires et des mosquées. "Cette disposition n'est pas une interdiction, elle ne vise pas les modes de vie", s'est-il défendu face aux accusations d'islamisation la société turque. 

La presse libérale et une partie de la population dénoncent une atteinte à la liberté individuelle. Selon une récente étude de l'Institut national de la statistique turc (TurkStat), 85% de la population turque ne consomme pas d'alcool ! Une volonté de réduire la résistance d'une petite minorité de mécréants ?


Erdogan prétend que la Turquie moderne est une république démocratique.

La Turquie est officiellement candidate depuis 1963 à l'entrée dans l'actuelle Union européenne (UE), avec qui elle a conclu un accord d’union douanière en 1995, en vigueur depuis 1996. Des négociations pour l'entrée de la Turquie dans l'UE sont en cours depuis 2005. 

Cheval de Troie de l'islam en Europe
Parallèlement, la Turquie continue d'entretienir des liens privilégiés avec les pays à population majoritairement musulmane comme elle, ainsi qu'avec le Moyen-Orient et l'Asie centrale en participant notamment à l'Organisation de la conférence islamique qui regroupe en Arabie saoudite 57 états, dont la Palestine, la Syrie, le Soudan ou l'Iran.



samedi 8 décembre 2012

Egypte: les anti-Morsi s'opposent au président islamiste

Les démocrates exigent le report du référendum scélérat
Autour du palais présidentiel gardé par l'armée

Environ 10 000 opposants au président Morsi
ont crié leur colère 
devant le palais présidentiel

Le pouvoir pourrait reporter le référendum sur un projet de Constitution qui divise profondément le pays, mais des milliers de manifestants maintenaient  la pression sur les Frères musulmans, vendredi soir au Caire.

Des opposants ont franchi sans incidents des barbelés déroulés près de la présidence, envahissant le périmètre de sécurité établi la veille par l'armée mais sans pouvoir entrer dans le complexe sur place.

En début de soirée, plus de 10.000 personnes s'étaient rassemblées aux abords du palais. Des chars étaient stationnés à proximité mais les soldats n'ont fait aucun geste en direction des protestataires, dont certains sont montés sur les blindés pour fraterniser avec les militaires.
Certains ont tagué des graffitis sur les murs extérieurs du palais, situé dans le quartier d'Héliopolis, dans la banlieue du Caire, proclamant "Dégage" à l'encontre du président islamiste.
Aucune violence n'avait toutefois lieu entre manifestants qui se sont répandus autour du site protégé par un mur d'enceinte et les forces de sécurité, malgré les fortes tensions de ces derniers jours dans ce quartier.

Des manifestants ont brocardé M. Morsi un "mouton" inféodé aux Frères musulmans. D'autres ont scandé "A bas le pouvoir du guide", en référence à Mohammed Badie, guide suprême de la confrérie dont le président est issu.
Dans le même temps, 2.000 islamistes étaient rassemblés dans une mosquée à quelques kilomètres de là, scandant "Nous sommes tous avec le président" et "Morsi, nous t'aimons" !
"Nous n'irons au palais présidentiel que s'ils (les anti-Morsi) cherchent à y entrer par la force", a certifié un manifestant membre des Frères musulmans, Ayman al Sawwah.

"Carton rouge"

Des manifestations hostiles au président ont aussi eu lieu sur la place Tahrir (photo) dans le centre du Caire, à Hourghada, sur la mer Rouge, et à Qena, dans le sud, selon des témoins. Alexandrie, la grande ville du nord du pays, était pour sa part le théâtre de rassemblements islamistes.

L'opposition avait intitulé cette journée "Vendredi du carton rouge" pour dénoncer le décret du 22 novembre par lequel le président Morsi a étendu ses pouvoirs et mis ses décisions à l'abri de tout recours en justice, ainsi que le projet de Constitution, accusé d'ouvrir la voie à une extension de la loi islamique et d'offrir peu de garanties pour les libertés.

Le président Mohamed Morsi met des conditions

Il "pourrait accepter de reporter le référendum" prévu le 15 décembre, a déclaré le vice-président Mahmoud Mekki, à condition que l'opposition ne se serve pas de ce report pour saisir la justice.

Le vice-président Mekki a toutefois expliqué que M. Morsi serait prêt à envisager un report du référendum si l'opposition garantit qu'elle ne mettra pas en cause le chef de l'Etat au motif que le scrutin doit se tenir, selon la loi, deux semaines après la présentation du texte au président.

Signe supplémentaire d'un possible report global du référendum, le vote des Egyptiens de l'étranger, qui devait débuter samedi, a été reporté à mercredi.

Mohammed El-Baradei, l'une des figures de proue de l'opposition, a toutefois réaffirmé vendredi qu'un dialogue avec M. Morsi reste conditionné au report du référendum constitutionnel mais aussi à l'abandon du décret du 22 novembre.
"Il peut faire cela immédiatement, cette nuit", a déclaré M. El-Baradei, prix Nobel de la Paix et ancien chef de l'agence atomique de l'ONU, qui dirige le Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition libérale et de gauche.

La persistance des tensions politiques fait craindre de nouvelles violences
Le président fracture le pays.
Des heurts entre pro et anti-Morsi ont fait sept morts et des centaines de blessés dans la nuit de mercredi à jeudi près de la présidence.

Dans un discours au ton offensif jeudi soir, M. Morsi avait maintenu son décret et le référendum, tout en appelant l'opposition à un dialogue samedi. "Nous respectons la liberté d'expression pacifique, mais nous ne laisserons jamais personne participer à des meurtres et à des actes de sabotage", avait prétendu l'aspirant dictateur.