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jeudi 30 avril 2020

Bobigny: les 4.000 locataires de HLM n'auront finalement pas l'annulation de leurs loyers d'avril 

Le maire UDI n'avait pas les moyens de ce cadeau

Cette offre n'a pu se concrétiser: la situation financière de l’office HLM ne permet pas cette exonération !

Promesse de centriste proche de Lagarde. 
 Bobigny, le 22 novembre 2019. Stéphane de Paoli annonce qu’il ne se représentera pas aux municipales.Le 23 avril, la ville capitale de Seine-Saint-Denis gérée par un pion de Jean-Christophe Lagarde, Stéphane de Paoli - qui avait augmenté son indemnité de maire tout en conservant des allocations de Pôle Emploi, s’était engagée à annuler l’ensemble des loyers du mois d’avril pour les 4.000 locataires de son office public de l’habitat (OPH), évoquant une première en France pour "privilégier le pouvoir d’achat des familles. Malheureusement, cette offre généreuse du maire, élu en 2014 après un siècle de communisme, n’a pas pu aboutir, l’OPH (Office public ) ayant refusé cette suppression, rapporte France Bleu ce jeudi 30 avril.

Allez donc comprendre pourquoi le site de cet OPH arbore toujours ses belles intentions:
Réponse: le président de l'office HLM départemental qui gère 24.000 logements est aussi président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis et c'est Stéphane Troussel, un socialiste... Or, le département, qui crie toujours misère, avait été désigné  - par le pouvoir socialiste - pour accueillir les JO de 2014: une manne qu'il aurait vite engloutie dans des aides à la population accro à l'assistanat. Mais le Covid-19 en a décidé autrement... 

Selon la radio publique, les locataires des HLM de la commune ont reçu une lettre expliquant pourquoi il n’est plus possible de les exonérer de ce loyer. En effet, d’après l’OPH socialiste, d’une part cette suppression des loyers "ne repose sur aucune base légale" et d’autre part la situation financière de l’office HLM ne permet pas cette exonération. Cette dernière représenterait une perte financière évaluée à 1,6 million d’euros. Ceci même si la mairie centriste s’est engagée à rembourser 50% de la somme: le trou de trésorerie aurait malgré tout été trop important, estime Troussel.

"Une part conséquente de la population balbynienne est composée de bénéficiaires de minimas sociaux, de personnes sans-emploi ou de précaires tirant leurs revenus de ‘petits boulots’. Le covid-19 et le confinement ont donc eu des effets conséquents sur l’équilibre économique de nombreuses familles”, avait expliqué la mairie dans un communiqué pour justifier la suppression des loyers d’avril.

Ce à quoi Manuel Domergue, le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre avait réagi en affirmant que l’annulation des loyers est “une mesure un peu démesurée, dans le sens où la plupart des locataires n’ont pas de baisse de revenus". Il s’était toutefois dit favorable à un dispositif ciblé pour aider les personnes en difficulté.

Un tandem Lagarde-Paoli en outre accusé de s'être emparé de la ville PCF et de l'avoir gérée en pactisant avec des criminels et des religieux.

De graves accusations portées 
par une journaliste indépendante comme ils le sont à l'AFP, Eve Szeftel, dans un essai 'Le Maire et les barbares' (Albin Michel).

Il est une image du séparatisme islamiste en France
, où "en banlieue, le communautarisme et le clientélisme progressent à une vitesse folle," confirme la journaliste au bureau de l'AFP à Bobigny. 

L'Union des démocrates musulmans de France (UDMF) se lance discrètement mais voit grand. Elle n'a encore qu'un seul élu à Bobigny, d'ailleurs élu sur la liste du maire UDI Stéphane De Paoli, mais elle veut implanter des élus aux départementales puis espère réunir, un jour, les 500 signatures exigées pour pouvoir participer à une présidentielle.
Décrite comme islamiste par des analystes, tel Laurent de Boissieu, son fondateur Nagib Azergui situe l'UDMF à l'aile gauche de l'échiquier politique et se revendique de l'anti-impérialisme, de l'antisionisme et de l'anticolonialisme. Pour la journaliste Judith Waintraub, l'UDMF mise sur un discours victimaire pour séduire l'électorat musulman: du nanan en Seine-Saint-Denis.Pour la France, l'UDMF souhaite le développement du halal, l'instauration de cours d'éducation civique et de réflexion sur le droit au port du voile à l'école. Elle entend lutter contre tout ce qui ressemble de près à  l'islamophobie (et même de loin), notamment par l'instauration d'une directive européenne qui permettrait de dissoudre tout groupe ou media jugé raciste. Il milite également pour la sortie de la France de l'OTAN et pour le droit de vote aux étrangers.La revue du parti, Le Foulard déchaînédéfend Tariq Ramadan et compare son affaire sexuelle à... l’affaire Dreyfus " mais en pire".


vendredi 8 novembre 2019

Proposition de loi pour interdire les "listes communautaristes", déposée par Retailleau (LR)

Quand les sénateurs prennent l'initiative que refusent les députés de la majorité présidentielle

Les listes communautaristes vont devoir avancer voilées


Les parlementaires vont devoir se dévoiler.
Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a déposé une proposition de loi visant à interdire les "listes communautaristes" aux élections, a-t-on appris de son entourage, vendredi 8.

Déposée à quatre mois et demi des municipales, cette proposition de loi "tendant à assurer le respect des valeurs de la République face aux menaces communautaristes" avait été annoncée il y a quelques semaines par B. Retailleau, qui doit être reçu la semaine prochaine par le ministre apparent de l'Intérieur, Christophe Castaner.

Le texte vise notamment à empêcher le dépôt de listes ou le financement de candidats soutenant des revendications "fondées sur l'origine ethnique ou l'appartenance religieuse" et menant une "campagne communautariste", selon l'exposé des motifs.
Concrètement le matériel électoral devra bannir toute revendication communautariste, et le préfet pourra "faire procéder au retrait des affiches" contrevenant à ce principe, précise la proposition de loi. 
L'élu aura aussi "obligation de respecter les valeurs de la République". Ce qui semble être le minimum, mais qui valait d'être précisé.

Déposée avant LE dimanche 10, jour de la "marche contre l'islamophobie" dont sont accusés les mécréants blancs de France et les auteurs de "lois liberticides" contre les musulmans, selon l'extrême-gauche et les agitateurs de l'islam politique, cette proposition de loi attendue arrive, alors que le débat s'enflamme sur les sujets du port du voile et d'une certaine idée de la laïcité, revisitée par les musulmans intégristes

"Si la religion musulmane a naturellement toute sa place dans notre pays, le fondamentalisme islamique ne saurait en aucun cas trouver la sienne dans notre vie politique", détaille l'exposé des motifs.

Castaner devra recevoir B. Retailleau, accompagné du président de la région Hauts-de-France (ex-LR), le franc-maçon Xavier Bertrand qui a lui aussi appelé à interdire les listes de ce type.

Le texte s'inquiète de "l'essor de l'islam radical", projet "ouvertement sécessionniste" visant notamment "à isoler les musulmans du reste de la communauté nationale et à substituer des lois religieuses [la charia] aux lois de la République".

Retailleau a appelé le chef de l'Etat à "sortir de l'ambiguïté"

Suite au rejet de ses responsabilités par le chef de l'Etat qui s'est dédouané en ces termes : "ce n'est pas mon affaire !", le patron des sénateurs Les Républicains fait valoir, dans un entretien avec Le Figaro vendredi, qu"'il vaut mieux prévenir que guérir car lorsque nous aurons des listes communautaristes élues, il sera trop tard". 

Objets de toutes les inquiétudes, les listes communautaristes restent en France un phénomène marginal selon certains experts, dont on attend pas, semble-t-il, qu'ils soient vigilants. Ils estiment que personne ne revendique ce terme et que le risque n'existe donc pas... 
Ces "experts" anonymes inventés par la presse partisane (sous couvert du "secret des sources"?) ne peuvent pourtant pas ignorer que l'Union des démocrates [alors, tout va bien!] musulmans français, UDMF, se revendique anti-impérialiste, anticolonialiste et antisioniste, et souhaite le développement du halal, ainsi que le droit au port du voile à l'école, et on en passe et des meilleures (telles la PMA et la GPA) 

Ô surprise, l'UDMF réfute cette étiquette dont elle s'est affublée. Il reste que, dès sa création en 2012, ce parti a suscité une opposition radicale des différents partis de droite comme de gauche (lien PaSiDupes).

dimanche 20 octobre 2019

Municipales 2020 : les listes communautaristes sont-elles admissibles ?

Des voix s'élèvent pour demander leur interdiction

Faut-il les autoriser dès lors que la droite veut les barrer ?

C'était aux dernières législatives.
Et trois ans plus tard, les chercheurs ne voient toujours rien venir !
A six mois des municipales, la question est soulevée par au moins deux responsables politiques. Mais, à gauche, des "chercheurs" refusent de s'alarmer face à un "microphénomène". Le débat pose la question - pendant qu'il est encore temps - de l'obligation de vigilance et d'anticipation d'un risque grandissant.
Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) a soulevé le problème à la mi-septembre, demandant au gouvernement de prendre les dispositions pour interdire "qu'il y ait aux prochaines élections municipales des 'listes communautaristes' ".

"L'islam politique est en train de vouloir s'implanter", a-t-il mis en garde
, alors que le sujet des flux migratoires incontrôlés agite peu la classe politique. Sous la pression de l'opinion, un débat doit néanmoins avoir lieu à l'Assemblée nationale lundi.
La porte-parole LREM Aurore Bergé s'est elle aussi dite récemment "très favorable à l'idée qu'on les interdise. Ce sont des listes qui sont dangereuses pour la République".

Quelles sont les listes démasquées par les deux responsables ? 
Une "chance pour la France"?
Xavier Bertrand cite notamment l'Union des démocrates musulmans français (UDMF) qui "se revendique anti-impérialiste, antisioniste, anticolonialiste," prévient-il.
Créée en 2012, l'UDMF revendique 900 adhérents. Elle a déjà recueilli 29.000 voix aux européennes, avec des pics dans certaines communes: 7,43% à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise) où l''Association Musulmane Antillaise (AMA) a son siège depuis janvier 2013, 6,77% à Mantes-la-Jolie (Yvelines), une commune connue pour plusieurs épisodes d'émeutes, dont celles de 1991 ou de novembre 2017 au Val Fourré, une "zone urbaine sensible" qui "souffre plus que d’autres d’une insécurité quotidienne et d’une délinquance enracinée" et "connaît depuis quelques années une dégradation importante de ses conditions de sécurité," selon les termes du ministère de l'Intérieur du gouvernement Jean-Marc Ayrault (PS)... A Poissy (PCF de 1947 à 1983, Yvelines), dans un bureau de vote, l'UDMF avait attiré 29,81% des voix : parmi la population d'origine étrangère extra-européenne, la proportion des Maghrébins est de 6,8 %.
Pour les municipales de 2020, l'UDMF a "une cinquantaine de listes en préparation", se félicite son président et fondateur  - en 2012 , il y a  seulement sept ans -  Nagib Azergui, qui réfute vigoureusement les "amalgames sournois" avec le communautarisme.
Le parti se présente sur son site comme "non confessionnel, laïc et profondément républicain". Mais "le musulman est un épouvantail qu'on resort à l'approche de chaque élection", soupire-t-il, 
suggérant l'islamophobie dont il accuse les Européens critiques, notamment l''instauration d'une directive européenne qui permettrait de dissoudre tout groupe ou media raciste. Or, il anime lui-même plusieurs sites web. Le journaliste à La Croix, Laurent de Boissieu, décrit l'UDMF comme islamiste.
Autre parti, issu lui de la communauté franco-turque, le Parti Egalité Justice (PEJ), 
Pas de photo de la candidate voilée ?
Si c'est son choix et sa liberté de femme indépendante !...
créé en 2015 à Strasbourg et pro-Erdogan, il a déjà présenté 68 candidats aux dernières législatives et donne à nouveau "rendez-vous en 2020 pour les municipales!" sur son site internet. Mais le PEJ, qui réclame "un moratoire sur la laïcité" et combat "l'enseignement de la théorie du genre", avait plafonné à 10.000 voix aux législatives de 2017. La plupart des immigrés turcs - les derniers sont des clandestins - n'ont aucun lien fort avec la France et ce sont des ruraux conservateurs, attachés à Erdogan, et des musulmans, notamment de la branche sunnite de l'islam, majoritaire en Turquie. Les pics de demandes d'asile sont  2009, 2012 et 2017. Selon les données d'Eurostat, en 2017, la France est le troisième pays qui accueille le plus de demandeurs d'asile turcs avec 1 290.
Le "micro-phénomène" représente la population de l'agglomération de Marseille, deuxième de France
Selon l’INSEE, en 2013, le nombre de Turcs est de plus de 216.000 (dont environ 102.000 femmes), c’est-à-dire 5 % de l’ensemble des étrangers vivant en France. P
our leur part, les consulats turcs de France comptent un peu plus de 611.000 Turcs et Franco-Turcs en France, 800.000 en incluant une estimation du nombre de personnes en situation irrégulière venues de Turquie. Toujours selon ces consulats, la diaspora turque en France est essentiellement concentrée à Paris (environ 270.000), à Strasbourg (environ 135 000), à Lyon (environ 130.000) et à Marseille (environ 62.000). Lors de l'élection présidentielle turque de 2018, 330.000 ressortissants turcs étaient inscrits sur les listes de l'ambassade de Turquie en France.
Des vigilants qui ne regardent pas dans leur dos.
Le champs sémantique est miné. 

"Personne ne se revendique comme ayant une 'liste communautariste': le terme n'est utilisé que pour discréditer d'autres personnes", observe le sociologue des discriminations, singulièrement éthno-raciales (et à l'école), Fabrice Dhume-Sonzogni, auteur de "Communautarisme. Enquête sur une chimère du nationalisme français". Il en va d'ailleurs de même du qualificatif discriminant de "populiste". 

Pour Vincent Tiberj, professeur à Sciences-Po Bordeaux, il ne faut pourtant pas surestimer un "microphénomène".

Image associée"Depuis les européennes de 2004 de telles listes essayent d'exister. Les résultats sont encore très faibles, quand elles réussissent à avoir des candidats et se présenter", note-t-il, en rappelant que l'UDMF "a fait 0,13% des voix aux européennes pour une population de 4 millions  de musulmans [électeurs inscrits sur les listes électorales] en France".

Qu'il peine à se projeter dans un futur proche ou qu'il préfère se voiler la face, il se félicite dans la foulée qu'on soit loin du scénario de "Soumission", le roman de 2015 où Michel Houellebecq imaginait l'élection d'un président musulman en France. 

Pour V. Tiberj, sociologue éclairé du politique à la pointe de ses chaussures, docteur en science politique de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris où il est chargé de recherche et chercheur au Centre Emile Durkheim à Bordeaux, "la notion de vote musulman est à relativiser". Ils "votent surtout à gauche" car, pour eux, "l'agenda religieux n'est pas premier", estime ce métis de 44 ans, sur la base de son idéologie propre.
Le chercheur n'a pas toutes les clés et son positionnement manque de fondements, puisqu'il observe qu'il est difficile de dénombrer précisément les listes en partance pour la conquête des communes de France. Pas de thermomètre - ce qui est embarrassant pour un expert -, donc pas de poussée de fièvre...

Reste qu'en cette période de pré-municipales et hors des bureaux de recherche et de statistiques, le poids de l'immigration n'est pas indifférent aux électeurs, singulièrement les contribuables parmi eux, ni le risque qu'une communauté exogène prenne l'ascendant sur les indigènes, malgré les mise en gardes renouvelées et pressantes d'Eric Zemmour, caricaturé en fasciste islamophobe et vilipendé par principe, par les idéologues de la gauche radicale, qui ne le lisent ni ne l'écoutent, forts de leurs certitudes humanistes et vertueuses.


La validation par le gouvernement, en la personne de l'ex-socialiste Castaner, de la liste de l'UDMF avait été critiquée par plusieurs figures LR, en mai déjà, avant les européennes. 

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avait attiré l'attention des responsables politiques sur "la montée du communautarisme islamiste qui gangrène notre société".

L'actuel ministre des Comptes publics n'est pas cité parmi les veilleurs de la République. Gérald Darmanin avait pourtant estimé qu'il fallait "que la République se défende" face à ces listes. Difficile néanmoins de l'accuser de toutes les infamies contre les musulmans, puisque Moussa , son deuxième prénom, est petit-fils de Juif maltais par son père et de tirailleur algérien et harki par sa mère. Est-il en outre moins informé que Vincent Tiberj parce qu'il est homme de terrain, comme maire (2014-2017), puis premier-adjoint  de Tourcoing depuis qu'il est au gouvernement ? Sa commune est dotée de quatre mosquées pour 97.000 habitants? 38 % de la population étrangère de Tourcoing (45 % à Roubaix, à 3,5 kms) est d'origine maghrébine.

"S'il y avait eu la moindre virgule de travers, on nous aurait, à juste titre, interdits", se défend N. Azergui, lequel assure par ailleurs que l'UDMF est un mouvement "citoyen". 


Le droit permet de dissoudre un groupe incitant à la discrimination raciale.

Le défi de l'islam politique est clair : 
une musulmane voilée au Palais Bourbon...


Mais l'amalgame religion-race est osé ! Et manifester une appartenance à une religion "n'est pas un élément de nature à priver une personne de la possibilité d'être candidate", insiste Romain Rambaud, professeur de droit public à l'université de Grenoble et spécialiste du droit électoral. Un expert qui n'a pourtant pas l'expérience des listes communautaristes en droit français, puisque le phénomène est nouveau. Il s'appuie sur le "droit de suffrage" et "la liberté d'expression", lesquels atteignent ici leurs limites. Comme l'âge pénal, ils ont l'un et l'autre besoin d'une sérieuse mise à jour.

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau va déposer une proposition de loi pour interdire les "listes communautaristes" aux élections
.
L'objectif  dans les jours qui viennent est de "contrer ce qui est une forme de sécession"puisque ces listes veulent privilégier une partie de la population alors que notre République est 'indivisible', rappelle-t-il dans le JDD, notamment aux chercheurs.. Lesénateur n'est pourtant pas un proche du président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) qui a demandé au gouvernement de prendre les dispositions dans le même sens.

Il propose notamment d"interdire tout financement public d'un mouvement communautariste
, qui ne respecterait pas les principes de souveraineté nationale et de laïcité, et de prohiber, sous le contrôle du juge administratif, les candidatures et la propagande électorale communautaristes".

Ces mesures de sauvegarde impliqueront 
"l'interdiction de signes religieux comme le voile sur les affiches ou les professions de foi".
"Nous souhaitons aussi que les élus, dans l'exercice de leur mandat, soient désormais tenus à une stricte neutralité, comme c'est le cas pour les fonctionnaires, lorsqu'ils représentent la collectivité, notamment lors des cérémonies officielles ou des réunions des assemblées territoriales", précise B. Retailleau. En effet, aujourd'hui, la jurisprudence de la Cour de Cassation n'est pas adaptée : elle n'élargit pas aux conseillers municipaux le devoir de neutralité religieuse des agents publics. Le sénateur estime en outre que "si la révision constitutionnelle arrive à son terme, il faudra aussi préciser notre définition de la laïcité". 

Joignant cette semaine l'intérêt électoraliste à la défense de la laïcité républicaine,
le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu a appelé à "des fronts républicains locaux" pour faire barrage à d'éventuelles listes communautaires lors des municipales de mars 2020 : LREM n'a pas d'assise locale et se sent aussi isolé que démuni en candidat(e)s. 

Bruno Retailleau propose encore "d'inscrire dans la Constitution que
'nul ne peut se prévaloir de sa religion pour se soustraire à la règle commune' ", ce qui, selon lui, "réglera tous les débats sur les horaires différenciés de piscine, par exemple".

Ainsi Bruno Retailleau n'a-t-il ni une vision à courte vue,  ni le même problème d'implantation et de visibilité territoriales et sa crainte d'un "islam politique [qui] tente de construire une contre-société à visée séparatiste et antirépublicaine" est dégagée de tout souci immédiat. Ce qui le crédibilise lorsqu'il déplore que "face à cela, Emmanuel Macron est d'une formidable ambiguïté".

samedi 11 mai 2019

Européennes : un parti religieux, l'Union des démocrates musulmans français, s'invite par surprise

Que fait l'Union des démocrates musulmans français dans la campagne ? 

Maintenant qu'ils sont français, il faut faire avec...

L'Union des démocrates musulmans français (UDMF) a formé une liste.
Nagib Azergui, tête de liste 'Une Europe au service des peuples', élections européennes du 26 mai 2019
Elle  a finalement été retenue par le ministère de l'Intérieur pour la conquête du Parlement européen à Strasbourg, s'ajoutant donc aux 33 autres. Ce repêchage a été réalisé par le ministre des Cultes, Castaner, et accentue un peu plus le record pour ce type de scrutin. Cette liste, déposée avec du retard a toutefois été autorisée après avis du Conseil d'Etat. 

Elle apparaît par surprise dans Le Journal officiel de ...vendredi, au lendemain de la révélation de cette information par France Info. Intitulée "Une Europe au service des peuples" - car il faut croire que le peuple de France n'est plus Un - elle réunit 79 candidats, tous membres de "l'Union des démocrates musulmans français" - sans être pour autant musulmans - l'UDMF, autour de Nagib Azergui, un formateur en nouvelles technologies originaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui a pris la tête de cette liste.
LISTE N° 34 : UNE EUROPE AU SERVICE DES PEUPLES
1. M. Nagib AZERGUI
2. Mme Fatiha ZAKARI
3. M. Bassam TAHHAN
4. Mme Samira SIDHOUM
5. M. Farid AZIBI
6. Mme Sandra FOURASTIE
(cf. photo ci-dessous)
7. M. Jean-Claude ANTAKLI
8. Mme Karima ZÉROUALI
9. M. Mokdad SALEM
10. Mme Nacéra OUACHEK
11. M. Khalid BAJJOUJ
12. Mme Nafissa MENHOUR
13. M. Nordine SAADALLAH
14. Mme Farida TABANI
15. M. Jean Gaston Joseph PREAU
16. Mme Delphine PETERS
17. M. David BOUSSION
18. Mme Jamila SERSOU
19. M. Christian FAGET
20. Mme Donia CHABBAH
21. M. Brahim BENKHABCHECHE
22. Mme Fadoua HACHIMI
23. M. Hichame BOUSHABA
24. Mme Najia JENNANE
25. M. Mohammed KSOUROU
26. Mme Anissa MAHIOUF
27. M. Mustapha BELHOUARI
28. Mme Nawal DERBALI
29. M. Drice BENAMA
30. Mme Fatima YOUSFI
31. M. Eric BERLINGEN
32. Mme Wassila DAHMANI
33. M. Karim AKASBI
34. Mme Amira GHAZOUANI
35. M. Rachid OULD RABAH
36. Mme Sorya HANIFI
37. M. Chrif BOUZID
38. Mme Fatma SIDHOUM
39. M. Miloud HAJJI
40. Mme Mélissa DJILLALI
41. M. Nadir BENHABASS
42. Mme Odile AMOUGOU
43. M. Christophe LHUISSIER
44. Mme Ouerdia MAHIOUF
45. M. Chokri AMRI
46. Mme Elhame AÏT-SERHANE
47. M. Betahar BELOUFI
48. Mme Naziha BOUZID
49. M. Fethi BOUSHABA
50. Mme Leïla HIZAM
51. M. Karim MAJERI
52. Mme Audrey D'AIETTI
53. M. Adil REGHAI
54. Mme Jihane GHAZOUANI
55. M. Faouzi NISIRI
56. Mme Nadia KARAR
57. M. Kamel ELAHIAR
58. Mme Wafaa KSOUROU
59. M. Ismaïl BAJJOUJ
60. Mme Nejma HIZAM
61. M. Saadi Mohamed FREYMONT
62. Mme Aldjia MAHIOUF
63. M. Mickaël OLIVIER
64. Mme Anissa BOUSHABA
65. M. Aniss KHAMLICH
66. Mme Majda BAJJOUJ
67. M. Mehdi HIZAM
68. Mme Nadia LAHZAZI
69. M. Morad ZAKARI
70. Mme Fairouz BAJJOUJ
71. M. Franck TREMEREL
72. Mme Sanaa HACHIMI
73. M. Nabil KSOUROU
74. Mme Souhila MAHIOUF
75. M. Michel TAHAN
76. Mme Soumaya HARCHI
77. M. Franck KOTERBA
78. Mme Samira ZÉROUALI
79. M. Mehdi COSMA.


Résultat de recherche d'images pour "Sandra FOURASTIE"Ce mouvement fondé en 2012 conteste tout communautarisme.

Un parti musulman en France ? 
Ce n'est pas tout à fait nouveau dans le paysage politique, l'UDMF ayant été fondée en 2012. Accusée de communautarisme par certains responsables politiques, elle assure au contraire vouloir "s'adresser à tous". 

Mais l'Union des démocrates musulmans français le dit elle-même sur son site Internet : son existence "suscite des réactions contrastées et souvent hostiles". Et de lister les différentes déclarations de responsables politiques à son sujet. L'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, par exemple, évoquait en 2015 une "expression du communautarisme, à l'envers de l'esprit de la République française" et Nicolas Dupont-Aignan, le risque d'une "libanisation" de la France.

Un parti fondé pour lutter contre la stigmatisation de l'islam

L'
UDMF a choisi de se préoccuper de religion plutôt que de citoyens.

La création du parti musulman agite la classe politique
S'ils ne sont pas tous musulmans, ils ne collent pas non plus
à l'idée qu'on se fait de bouddhistes...
Le parti musulman rappelle qu'il s'est lancé en novembre 2012, quelques mois après la présidentielle, en réponse à la "politique identitaire" de la France que poursuivait François Hollande... L'UDMF n'hésite pas à accuser ainsi les formations politiques traditionnelles "d'exploiter les musulmans" et la question de l'islam à des fins politiques, citant notamment le débat sur l'identité nationale de 2010 et le silence des autorités face aux actes islamophobes. "Et à un problème politique, nous avons décidé de répondre par une réponse politique", assurait la semaine dernière encore son leader Nagib Azergui, sur le site francophone ...tunisien, Le Muslim Post. Libération en est d'ailleurs fort marri...



Une formation française et laïque... 
qui veut favoriser la finance ...islamique

Ce parti des musulmans de France assure toutefois ne pas être confessionnel 
Le sigle de l'UDMF évoque celui de l'UDF...

et souhaite convaincre l'ensemble des Français, "sans distinction de couleur, d’âge, ni de religion". L'UDMF estime que le doute n'est pas permis sur sa "laïcité", mais il se compare pourtant   au Parti chrétien-démocrate fondé par Christine Boutin et dirigé aujourd’hui par Jean-Christophe Poisson. 
Il est toutefois cocasse d'observer que l'UDI a servi de rampe de lancement à N. Boucharda (UDMF) et qu'elle s'est formée sur le modèle de l'ancienne UDF qui soutenait la candidature de François Bayrou à l'élection présidentielle de 2002 et qui suspendit Christine Boutin lorsque celle-ci annonça sa propre candidature en juin 2001... L'UDMF cite aussi l’Union chrétienne-démocrate (CDU) longtemps dirigée par Angela Merkel en Allemagne. C'est dire que les vieilles démocraties européennes sont dans le viseur des musulmans en Europe.
La laïcité de l'UDMF a des limites étroites. 
Cette formation a en effet porté dans son programme des mesures spécifiquement liées à l'islam, en préconisant notamment "la finance islamique" qui permettrait, selon elle, de relancer la croissance française. 
Elle propose notamment le développement de la filière halal. Elle se prononce aussi contre la loi interdisant le port du voile à l'école. La charia n'est pas loin...

Pour les élections européennes, le projet défendu fait une trentaine de pages. 
Il y est notamment question de relever les défis de "l'écologie", "des libertés individuelles" ou du "combat contre la haine". Parmi les propositions : la mise en place d'un Smic européen, le droit de vote des étrangers non-communautaires aux élections locales, la volonté d'imposer un traité pour "mettre fin à la pollution plastique des océans" ou la création d'un comité d'éthique pour "contrôler l'indépendance de la presse". Une mise sous tutelle de la presse peut apparaître un sort enviable : la Tunisie se classe au 97e rang, l'Iran, 165e, l'Arabie saoudite, 168, et la Syrie 177e.

Des débuts logiquement timides d'abord, lors des précédents scrutins

La création du parti musulman agite la classe politique
S'ils ne sont pas tous musulmans, ils ne collent pas non plus
à l'idée qu'on se fait de bouddhistes...
L'UDMF n'en est pas à ses premières élections. Elle a obtenu un élu aux municipales de 2014, à Bobigny, communiste de 1944 à 2014 (Seine-Saint-Denis), en s'alliant à l'UDI Stéphane de Paoli, qui devint maire de la commune. Mais elle a commencé à réellement agiter la classe politique lors des départementales de mars 2015. A l'époque, certains y voyaient alors le début de ce qu'écrivait Michel Houellebecq dans Soumission, en imaginant un président en 2022 à l'Elysée issu d'un parti politique musulman.

Ce parti n'y est pas encore, mais progresse à grands pas, avec l'aide des vertueux. Aux départementales, où l'UDMF visait "sept ou huit cantons" en France, il n'y avait finalement pas eu de candidat, le parti dénonçant un "déferlement médiatique malsain" et des "pressions". Aux régionales de décembre 2015, la formation avait finalement réussi à se lancer, mais avait récolté 0,4% des voix (environ 12.500) en Ile-de-France, avec un pic de près de 6% à Mantes-la-Jolie (Yvelines).
L'UDMF avait de nouveau échoué à présenter un candidat à la présidentielle de 2017, faute de parrainages, et avait tenté sa chance dans 6 des 577 circonscriptions aux législatives suivantes. Son meilleur score fut obtenu à Mayotte, avec plus de 5% des voix, et elle récolta également 2% dans la première circonscription des Hauts-de-Seine.

L’Union des démocrates musulmans français (UDMF) est un parti politique français fondé en novembre 2012 par Nagib Azergui et Emir Megherbi. 
Nizarr Bourchada
Lors des élections régionales de 2015, l'UDMF a présenté une liste en Ile-de-France, menée par Nizarr Bourchada (tête de liste et chef de fil du Val de Marne, photo ci-contre). Le parti a obtenu 12.528 voix, avec notamment 5,9 % dans la commune de Mantes-la-Jolie, commune classée à droite, mais où, en 2003, Alexandre del Valle considère la Grande mosquée comme "centre de l'islam fondamentaliste en France". L'ex-iman, Mohamed Rabiti était membre du mouvement Tabligh - société de prédication musulmane revivaliste, donc prosélyte et puritaine de type Wahhabite, comprendre salafiste - et qualifié de recruteur au Val-fourré, où 80 % des habitants du quartier sont musulmans. Le Canard enchaîné publia, en 2016, un article sur le cas de cette mosquée qualifiée "d'intégriste".

Candidat UDI aux municipales de 2015 pour permettre l’élection de Stéphane de Paoli, à Bobigny en Seine-Saint-Denis, en l'échange d'un premier siège de conseiller UDMF, le conservateur Nizarr Bourchada est le chef de file de cette formation politique lancée en 2012 qui souhaite à nouveau constituer des listes en Ile-de-France. "Nous ne sommes pas religieux", se défend-il face aux accusations de communautarisme.
Nizarr Bourchada, 34 ans, conseiller municipal d'opposition à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) mais qui vota le budget municipal socialiste, est en marche. Le trentenaire avait été en capacité de déposer en préfecture une liste de 209 noms lui permettant de se présenter aux élections régionales de 2015 en Ile-de-France, sous la bannière de l'Union des démocrates musulmans français (UDMF), qui a déjà fait polémique lors des élections départementales de mars 2017. Hasard du calendrier, Michel Houellebecq venait de publier 'Soumission', qui imagine justement l'arrivée au pouvoir d'un parti musulman. Face à la pression médiatique, l'aventure avait tourné court. Il n'y eut qu'un seul candidat étiqueté 'Union des démocrates musulmans français' (UDMF) contre sept à huit annoncés, mais le parti musulman y obtint près de 13.000 voix en Ile-de-France et réalisa ses meilleurs scores en banlieue parisienne, avec notamment 5,9% des suffrages à Mantes-la-Jolie.
En 2015, lors de la première réunion publique à Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne, une soixante de personnes avait participé. "Des gens qui d'habitude ne votent pas car ils n'étaient pas représentés par l'offre politique", se félicite Nizarr Bourchada. Si l'audience était restreinte, le candidat voit grand: "le second tour". Soit plus de 10% des voix.

Laïc, mais choqué par "l'augmentation des actes islamophobes", exclusivement

Le nom de la formation communautariste déclenche toujours des controverses. 
La vice-présidente des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet critiqua ce parti qui va à "l'envers de l'esprit de la République française". Wallerand de Saint-Just, le candidat du Front national en Ile-de-France a lui aussi dénoncé "la vision communautariste de la région" entretenue par l'UDMF.

Nizarr Bourchada doit déminer : "Nous ne sommes pas religieux, nous comptons parmi nous des non-musulmans". "Nous sommes défenseurs d'une laïcité qui ne serait pas utilisée comme un outil pour combattre les religions"... Malgré l'intitulé de son mouvement, l'élu assure vouloir... "déislamiser les débats". Et embraie aussitôt pour regretter que l'on "parle d'islam tout le temps". 
Surtout, il est choqué par "l'augmentation des actes islamophobes" dont "personne ne s'indigne" et qui l'a justement poussé à s'engager auprès de l'UDMF. "Un silence de la classe politique qui vaut comme une caution", estime-t-il, ulcéré, en dépit de la menace terroriste islamiste permanente.

mardi 17 février 2015

Elections départementales: le parti "démocratique" des musulmans recule pour mieux sauter

L'explosion de l'islamisme au grand jour contrecarre l'infiltration musulmane

L'UDMF avait déclaré des candidats dans sept ou huit cantons.

blog -UDMF-bandeau patriotique
Ce parti - inconnu mais tellement patriotique- qui devait présenter sept à huit candidats aux ex-cantonales n'en présentera finalement qu'un seul, les 22 et 29 mars, à Marseille, là "où la dynamique est énorme", indique Najib Azergui, le fondateur (ou rénovateur) du "mouvement". Annoncée jeudi, la campagne de l'Union des démocrates musulmans français (UDMF) aux élections départementales connaît donc déjà un sérieux revers. "Face aux pressions de l’extérieur ou des proches, certains ont préféré arrêter", regrette Najib Azergui, le fondateur de l’Union des démocrates musulmans français. "Aujourd'hui, dans un contexte dramatique comme celui que nous connaissons, nous avons davantage besoin d'entendre nos voix trop longtemps noyées dans le silence", explique un candidat, Khalid Majid, dans sa profession de foi, publiée sur internet. "C'est un combat essentiel pour lutter contre les stigmatisations et amalgames dangereux qui associent terrorisme et islam". 

800 nouveaux adhérents 

Mais ce parti confidentiel, lancé, selon certains sympathisants, en 2012 seulement, ferait de plus en plus d'adeptes. Depuis la série d'agressions par des islamistes d'abord qualifiés de "déséquilibrés" jusqu'aux attentats djihadistes meurtriers contre "Charlie Hebdo" et Hyper Cacher de Paris et du centre culturel de Copenhague, plus de 200 nouvelles recrues se seraient engagées à l'UDMF, comme Khalid Majid. Aujourd'hui, le parti enregistre près de 900 adhérents et les fondateurs assurent compter 8.000 sympathisants en France. Une mère de famille, qui connaît le parti, se dit intéressée. "Je me retrouve dans ce qu'ils proposent, notamment sur le vivre-ensemble, glisse-t-elle. Mais je ne suis pas sûre qu'en France les gens [Quels gens ? Ceux du Front de gauche et du NPA ?] soient prêts à voter largement pour un parti musulman." L'UDMF veut pourtant croire en ses chances. "Les gens se rendent compte qu'un parti comme le nôtre est une évidence aujourd'hui dans le paysage politique", affirme Najib Azergui. En revanche, Ali et Michel, deux retraités, tiquent en disant leur peur du repli communautaire, "des musulmans qui ne parleraient qu'aux musulmans". Des clients en moins pour Mélenchon, Laurent et Besancenot qui n'en ont pas à revendre...

Les attentats djihadistes serviraient-ils davantage les musulmans que le FN ?Najib Azergui assure qu'il avait préparé "(ses) équipes à ce genre de choses mais, face aux pressions de l'extérieur ou des proches, certains ont préféré arrêter". Ainsi, à Lyon (Rhône) le représentant local a quitté l'UDMF et à Bagneux (Hauts-de-Seine), le candidat annoncé s'est retiré. Le parti musulman compte un seul élu, Hocine Hebbali, candidat sous l'étiquette UDMF sur la liste UDI de Stéphane de Paoli à Bobigny et du député de la circonscription, Jean-Christophe Lagarde, arrivée en tête lors des municipales de mars 2013, battant la communiste Catherine Peyge, qui milite pour l'installation des Rom, malgré les critiques d'une grande partie de la population de la commune. Conseiller municipal délégué à l'histoire locale et aux mémoires, Hocine Hebbali s'est vu confier le projet d'un musée de l'histoire de la colonisation française. Cette liste s'était appuyée sur le vote de la communauté musulmane pour battre les communistes, implantés depuis 1919.

La polémique autour de ce parti a fait fuir des mécènes et des candidats potentiels

blog -vote musulman de FranceCe parti affiche sa volonté de  promouvoir le hallal et autoriser le voile à l'école. L'UDMF prétend simplement vouloir donner une voix à une partie de la population qui ne se retrouve pas dans les partis traditionnels et qui a envie d'agir. Comment ? Pas en "islamisant la société ni en installant la charia en France", se défend d'emblée ce Français d'origine marocaine, qui travaille dans la formation informatique.

L'angle d'attaque est plus biaisé: les cours d'éducation civique et de philosophie pour "faire réfléchir et débattre les jeunes". Affirmant que certains "épisodes tragiques" de l'Histoire de France sont "passés sous silence" dans les programmes scolaires, il milite d'ailleurs pour l'enseignement de la guerre d'Algérie ou la colonisation et pour celui de la langue arabe, "injustement bannie" du secondaire. 
Et l'axe social, cher aux Frères musulmans, n'est pas négligé: l'UDMF tient au développement du hallal pour... créer de l'emploi et le déploiement de la finance islamique pour assainir l'économie. La Charente libre écrit à ce sujet: "Pourfendeur de "l'austérité", l'UDMF entend promouvoir la finance islamique, conçue comme une alternative "éthique" à la finance traditionnelle et un moyen d'enrayer de futures crises. Il souhaite aussi faire de la France un des "leaders mondiaux" sur le marché de l'alimentation 'hallal'." 
Quant au respect de la laïcité, il signifie, dans leur interprétation de la loi, la tolérance des religions... et donc le droit de porter le voile à l'école. Ce que la loi française interdit justement ! Ces musulmans dont les candidatures ont été accueillies et enregistrées par Marianne veulent ainsi imposer aux Français, par des voies démocratiques, la primauté du Coran sur les lois républicaines.
Au Front national, tout en jugeant que cette apparition "très emblématique" s'inscrit comme "la suite logique de tout ce que nous vivons", Louis Aliot souligne que le projet de ce parti musulman concernant le voile se réfère à des interdits. Il y voit aussi une "base communautariste contraire, selon lui, à l'unité et l'indivisibilité de la république". Le vice-président du FN estime que la décision "appartient désormais au ministre de l'Intérieur". Il estime aussi que ce parti, dans beaucoup de villes, handicapera l'UMP et le PS appuyés, à ses yeux, sur des «minorités clientéliste très ciblées". Invitant les autorités à vérifier la légalité et les statuts de l'UDMF, Louis Aliot croit que les Français musulmans doivent trouver leur place dans les partis traditionnels. Il critique une "dérive très claire" et une "américanisation de notre vie politique." 
Karim Ouchikh, le président du SIEL (parti proche du Front national), se dit pour sa part «hostile, par principe, à tout parti politique à vocation confessionnelle.» L'UDMF est selon lui "frappé du sceau du communautarisme" et il estime que ses revendications en faveur du halal ou du voile à l'école "n'ont pas lieu d'être" dans la République. "Le dernier roman-fiction de Michel Houellebecq, évoquant la possibilité pour un président de confession musulmane d'accéder à l'Elysée, est prophétique", ajoute-t-il. Par le biais d'une "formation", d'un "mouvement" (selon la presse qui ne parle pas de "parti") baptisé du doux nom de "Fraternité musulmane", dans la fiction. 

La controverse a fait fuir donateurs et potentiels candidats. 
"On ne rentre plus dans nos frais. Nous avions calculé qu'il fallait entre 11.000 et 25.000 euros selon la région pour financer une candidature aux départementales. Rien qu'à Bobigny (93, Seine-Saint-Denis), notre estimation avoisinait les 17.000 euros", précise le fondateur.

L'exaltation communautariste a fait place à l'amertume

blog -parti des musulmans-candidats de Marseille aux départementales-fev2015
Bobigny, Seine-Saint-Denis (9.3):
Shérazade Benhaddad et Khalid Majid

"On est déçus, mais c'est le jeu, surtout lorsqu'on est un nouveau parti comme le nôtre", réagit encore Najib Azergui qui se réjouit toutefois du nombre d'adhérents depuis les attentats: ils seraient 1.700, soit 800 de plus, en quelques jours. L'effet Charlie ? 

A 36 ans, ce cadre commercial SNCF d'origine marocaine, père de 3 enfants, devait être le candidat de l'Union des démocrates musulmans français (UDMF) avec une militante associative et secrétaire de la section locale du parti, Shérazade Benhaddad, 34 ans, pour le canton de Bobigny (Seine-Saint-Denis) aux élections départementales des 22 et 29 mars. Le binôme avait déposé sa candidature aux élections départementales, mais  Khalid Majid et Shérazade Benhaddad, l'ont retirée... 

Il n'y aura qu'un seul candidat étiqueté "Union des démocrates musulmans français (UDMF) contre sept à huit annoncés à Bagneux (Hauts-de-Seine), aux Mureaux (Yvelines), à Marseille, Lyon, Nice, Avion (près de Lens, dans le Pas-de-Calais) et possiblement à Strasbourg. 

France Télévisions, service public d'information fait de la désinformation 

"Après un premier élan d'enthousiasme, les membres de l'Union des démocrates musulmans français (UDMF) sont contraints de revoir leurs ambitions à la baisse," sympathise le groupe de service public.  France télévisions compatit même: "La nouvelle structure politique a souffert, selon elle, de la médiatisation et des polémiques survenues ces dernières semaines." Et d'écrire noir sur blanc que "l'UDMF a choisi de redimensionner ses objectifs afin de consacrer l'ensemble de ses forces sur le premier canton de Marseille." 

Pour cette fois, ne reste que la paire marseillaise. 
Mais encore est-elle confinée dans son étui: l'identité des candidats semble confidentielle et la presse d'investigation n'a toujours pas percé ce mystère. Pas plus que le commun des mortels, elle n'a accès au site local et ni Le Monde, ni Mediapart n'aurait reçu un coup de fil à faire fuiter... Faut-il interroger l'imam?

Mais l'Union démocratique des Musulmans de France ne renonce pas. L'UDMF a un précédent historique, le Parti des musulmans de France, créé en 1997 à Strasbourg. Son président, Mohamed Latrèche, avait obtenu 0,92% des voix aux législatives de 2007.