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vendredi 25 octobre 2019

"Zone de non-droit" : des policiers visés par des tirs de projectiles

Nuit de tension dans la cité du Val Fourré à Mantes-la-Jolie: plusieurs blessés de part et d'autre 

Laurent Nuñez assure que la police "a été victime d'un véritable guet-apens organisé"
Résultat de recherche d'images pour "Mantes guet-apens Macron"

Les policiers qui s'étaient déplacés pour un véhicule en feu à Mantes-la-Jolie se sont retrouvés encerclés et visés par des tirs de projectiles. Lors de l'agression, deux blessés, dont upolicier, sont à déplorer, ainsi qu'un jeune, grièvement blessé à l’oeil par un tir d'origine non identifiée.  

Peu avant 23 heures, trois policiers sont appelés pour éteindre une voiture incendiée au Val-Fourré, quartier sensible de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, selon une source policière. Les fonctionnaires de police font leur devoir en se rendant sur les lieux à pied, habillés en civil. C'est alors qu'une centaine d'individus ont tiré de nombreux projectiles sur les forces de l'ordre, une trentaine, jeudi soir à Mantes-la-Jolie. 

Sur place, ils sont assaillis par "plusieurs dizaines" d'individus qui les visent avec des projectiles, des tirs de mortier d'artifice et des cocktails Molotov.
es affrontements durent une demi-heure. Les policiers appelés en renforts ont répliqué avec leurs moyens de défense, lanceurs de balles de défense (LBD), grenades de désencerclement et grenades lacrymogènes.

L'un des policiers a été légèrement blessé à la cuisse par un tir de mortier d'artifice. Un jeune agresseur de 20 ans a été touché à l'oeil et transporté au centre hospitalier de la ville. Il se pourrait qu'il en perde l'usage. Un autre, a également été admis pour une blessure aux testicules. 

Ce guet-apens n'a donné lieu à aucune interpellation pour l'instant. 
Deux enquêtes ont été ouvertes: une en flagrance pour violences avec guet-apens, arme et en réunion, participation à un groupement formé en vue de la commission de violences, et outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Une seconde a été confiée à l'IGPN sur les conditions d'usage des armes de défense par les policiers. 

D'autres violences concertées dans les Yvelines 

Au lendemain de ces événements,
le syndicat Alliance dénonce une "banalisation de ces guet-apens et de ces violences urbaines" dans le département des Yvelines.

"Dans la même soirée, une heure plus tôt, c'était le commissariat des Mureaux qui était attaqué à coup de jets de mortiers.

Quelques minutes après le traquenard de Mantes-la-Jolie c'est un véhicule de BAC sur Trappes qui était attaqué par une quinzaine d'individus avec des tirs de projectiles", révèle Julien Le Cam, secrétaire départemental Alliance dans les Yvelines. 

Ces affrontements "violents par le nombre de personnes qu’on avait en face de nous (...) sont assez inhabituels", a pourtant prétendu le patron de la Direction départementale de la sécurité publique, le contrôleur général Ludovic Kauffman, conseiller du préfet pour la sécurité et l'ordre public.
Un dispositif de maintien de l’ordre supplémentaire doit être mis en place à partir de vendredi soir
avec l’appui d’une compagnie de CRS.

En l'absence de Castaner,  Nuñez, son secrétaire d'Etat, a pris la parole:

Les policiers mettent en cause un manque d'effectifs et "un sentiment d'impunité des jeunes"
Est-ce "l'affaire" de Macron?

dimanche 20 octobre 2019

Municipales 2020 : les listes communautaristes sont-elles admissibles ?

Des voix s'élèvent pour demander leur interdiction

Faut-il les autoriser dès lors que la droite veut les barrer ?

C'était aux dernières législatives.
Et trois ans plus tard, les chercheurs ne voient toujours rien venir !
A six mois des municipales, la question est soulevée par au moins deux responsables politiques. Mais, à gauche, des "chercheurs" refusent de s'alarmer face à un "microphénomène". Le débat pose la question - pendant qu'il est encore temps - de l'obligation de vigilance et d'anticipation d'un risque grandissant.
Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) a soulevé le problème à la mi-septembre, demandant au gouvernement de prendre les dispositions pour interdire "qu'il y ait aux prochaines élections municipales des 'listes communautaristes' ".

"L'islam politique est en train de vouloir s'implanter", a-t-il mis en garde
, alors que le sujet des flux migratoires incontrôlés agite peu la classe politique. Sous la pression de l'opinion, un débat doit néanmoins avoir lieu à l'Assemblée nationale lundi.
La porte-parole LREM Aurore Bergé s'est elle aussi dite récemment "très favorable à l'idée qu'on les interdise. Ce sont des listes qui sont dangereuses pour la République".

Quelles sont les listes démasquées par les deux responsables ? 
Une "chance pour la France"?
Xavier Bertrand cite notamment l'Union des démocrates musulmans français (UDMF) qui "se revendique anti-impérialiste, antisioniste, anticolonialiste," prévient-il.
Créée en 2012, l'UDMF revendique 900 adhérents. Elle a déjà recueilli 29.000 voix aux européennes, avec des pics dans certaines communes: 7,43% à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise) où l''Association Musulmane Antillaise (AMA) a son siège depuis janvier 2013, 6,77% à Mantes-la-Jolie (Yvelines), une commune connue pour plusieurs épisodes d'émeutes, dont celles de 1991 ou de novembre 2017 au Val Fourré, une "zone urbaine sensible" qui "souffre plus que d’autres d’une insécurité quotidienne et d’une délinquance enracinée" et "connaît depuis quelques années une dégradation importante de ses conditions de sécurité," selon les termes du ministère de l'Intérieur du gouvernement Jean-Marc Ayrault (PS)... A Poissy (PCF de 1947 à 1983, Yvelines), dans un bureau de vote, l'UDMF avait attiré 29,81% des voix : parmi la population d'origine étrangère extra-européenne, la proportion des Maghrébins est de 6,8 %.
Pour les municipales de 2020, l'UDMF a "une cinquantaine de listes en préparation", se félicite son président et fondateur  - en 2012 , il y a  seulement sept ans -  Nagib Azergui, qui réfute vigoureusement les "amalgames sournois" avec le communautarisme.
Le parti se présente sur son site comme "non confessionnel, laïc et profondément républicain". Mais "le musulman est un épouvantail qu'on resort à l'approche de chaque élection", soupire-t-il, 
suggérant l'islamophobie dont il accuse les Européens critiques, notamment l''instauration d'une directive européenne qui permettrait de dissoudre tout groupe ou media raciste. Or, il anime lui-même plusieurs sites web. Le journaliste à La Croix, Laurent de Boissieu, décrit l'UDMF comme islamiste.
Autre parti, issu lui de la communauté franco-turque, le Parti Egalité Justice (PEJ), 
Pas de photo de la candidate voilée ?
Si c'est son choix et sa liberté de femme indépendante !...
créé en 2015 à Strasbourg et pro-Erdogan, il a déjà présenté 68 candidats aux dernières législatives et donne à nouveau "rendez-vous en 2020 pour les municipales!" sur son site internet. Mais le PEJ, qui réclame "un moratoire sur la laïcité" et combat "l'enseignement de la théorie du genre", avait plafonné à 10.000 voix aux législatives de 2017. La plupart des immigrés turcs - les derniers sont des clandestins - n'ont aucun lien fort avec la France et ce sont des ruraux conservateurs, attachés à Erdogan, et des musulmans, notamment de la branche sunnite de l'islam, majoritaire en Turquie. Les pics de demandes d'asile sont  2009, 2012 et 2017. Selon les données d'Eurostat, en 2017, la France est le troisième pays qui accueille le plus de demandeurs d'asile turcs avec 1 290.
Le "micro-phénomène" représente la population de l'agglomération de Marseille, deuxième de France
Selon l’INSEE, en 2013, le nombre de Turcs est de plus de 216.000 (dont environ 102.000 femmes), c’est-à-dire 5 % de l’ensemble des étrangers vivant en France. P
our leur part, les consulats turcs de France comptent un peu plus de 611.000 Turcs et Franco-Turcs en France, 800.000 en incluant une estimation du nombre de personnes en situation irrégulière venues de Turquie. Toujours selon ces consulats, la diaspora turque en France est essentiellement concentrée à Paris (environ 270.000), à Strasbourg (environ 135 000), à Lyon (environ 130.000) et à Marseille (environ 62.000). Lors de l'élection présidentielle turque de 2018, 330.000 ressortissants turcs étaient inscrits sur les listes de l'ambassade de Turquie en France.
Des vigilants qui ne regardent pas dans leur dos.
Le champs sémantique est miné. 

"Personne ne se revendique comme ayant une 'liste communautariste': le terme n'est utilisé que pour discréditer d'autres personnes", observe le sociologue des discriminations, singulièrement éthno-raciales (et à l'école), Fabrice Dhume-Sonzogni, auteur de "Communautarisme. Enquête sur une chimère du nationalisme français". Il en va d'ailleurs de même du qualificatif discriminant de "populiste". 

Pour Vincent Tiberj, professeur à Sciences-Po Bordeaux, il ne faut pourtant pas surestimer un "microphénomène".

Image associée"Depuis les européennes de 2004 de telles listes essayent d'exister. Les résultats sont encore très faibles, quand elles réussissent à avoir des candidats et se présenter", note-t-il, en rappelant que l'UDMF "a fait 0,13% des voix aux européennes pour une population de 4 millions  de musulmans [électeurs inscrits sur les listes électorales] en France".

Qu'il peine à se projeter dans un futur proche ou qu'il préfère se voiler la face, il se félicite dans la foulée qu'on soit loin du scénario de "Soumission", le roman de 2015 où Michel Houellebecq imaginait l'élection d'un président musulman en France. 

Pour V. Tiberj, sociologue éclairé du politique à la pointe de ses chaussures, docteur en science politique de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris où il est chargé de recherche et chercheur au Centre Emile Durkheim à Bordeaux, "la notion de vote musulman est à relativiser". Ils "votent surtout à gauche" car, pour eux, "l'agenda religieux n'est pas premier", estime ce métis de 44 ans, sur la base de son idéologie propre.
Le chercheur n'a pas toutes les clés et son positionnement manque de fondements, puisqu'il observe qu'il est difficile de dénombrer précisément les listes en partance pour la conquête des communes de France. Pas de thermomètre - ce qui est embarrassant pour un expert -, donc pas de poussée de fièvre...

Reste qu'en cette période de pré-municipales et hors des bureaux de recherche et de statistiques, le poids de l'immigration n'est pas indifférent aux électeurs, singulièrement les contribuables parmi eux, ni le risque qu'une communauté exogène prenne l'ascendant sur les indigènes, malgré les mise en gardes renouvelées et pressantes d'Eric Zemmour, caricaturé en fasciste islamophobe et vilipendé par principe, par les idéologues de la gauche radicale, qui ne le lisent ni ne l'écoutent, forts de leurs certitudes humanistes et vertueuses.


La validation par le gouvernement, en la personne de l'ex-socialiste Castaner, de la liste de l'UDMF avait été critiquée par plusieurs figures LR, en mai déjà, avant les européennes. 

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avait attiré l'attention des responsables politiques sur "la montée du communautarisme islamiste qui gangrène notre société".

L'actuel ministre des Comptes publics n'est pas cité parmi les veilleurs de la République. Gérald Darmanin avait pourtant estimé qu'il fallait "que la République se défende" face à ces listes. Difficile néanmoins de l'accuser de toutes les infamies contre les musulmans, puisque Moussa , son deuxième prénom, est petit-fils de Juif maltais par son père et de tirailleur algérien et harki par sa mère. Est-il en outre moins informé que Vincent Tiberj parce qu'il est homme de terrain, comme maire (2014-2017), puis premier-adjoint  de Tourcoing depuis qu'il est au gouvernement ? Sa commune est dotée de quatre mosquées pour 97.000 habitants? 38 % de la population étrangère de Tourcoing (45 % à Roubaix, à 3,5 kms) est d'origine maghrébine.

"S'il y avait eu la moindre virgule de travers, on nous aurait, à juste titre, interdits", se défend N. Azergui, lequel assure par ailleurs que l'UDMF est un mouvement "citoyen". 


Le droit permet de dissoudre un groupe incitant à la discrimination raciale.

Le défi de l'islam politique est clair : 
une musulmane voilée au Palais Bourbon...


Mais l'amalgame religion-race est osé ! Et manifester une appartenance à une religion "n'est pas un élément de nature à priver une personne de la possibilité d'être candidate", insiste Romain Rambaud, professeur de droit public à l'université de Grenoble et spécialiste du droit électoral. Un expert qui n'a pourtant pas l'expérience des listes communautaristes en droit français, puisque le phénomène est nouveau. Il s'appuie sur le "droit de suffrage" et "la liberté d'expression", lesquels atteignent ici leurs limites. Comme l'âge pénal, ils ont l'un et l'autre besoin d'une sérieuse mise à jour.

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau va déposer une proposition de loi pour interdire les "listes communautaristes" aux élections
.
L'objectif  dans les jours qui viennent est de "contrer ce qui est une forme de sécession"puisque ces listes veulent privilégier une partie de la population alors que notre République est 'indivisible', rappelle-t-il dans le JDD, notamment aux chercheurs.. Lesénateur n'est pourtant pas un proche du président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) qui a demandé au gouvernement de prendre les dispositions dans le même sens.

Il propose notamment d"interdire tout financement public d'un mouvement communautariste
, qui ne respecterait pas les principes de souveraineté nationale et de laïcité, et de prohiber, sous le contrôle du juge administratif, les candidatures et la propagande électorale communautaristes".

Ces mesures de sauvegarde impliqueront 
"l'interdiction de signes religieux comme le voile sur les affiches ou les professions de foi".
"Nous souhaitons aussi que les élus, dans l'exercice de leur mandat, soient désormais tenus à une stricte neutralité, comme c'est le cas pour les fonctionnaires, lorsqu'ils représentent la collectivité, notamment lors des cérémonies officielles ou des réunions des assemblées territoriales", précise B. Retailleau. En effet, aujourd'hui, la jurisprudence de la Cour de Cassation n'est pas adaptée : elle n'élargit pas aux conseillers municipaux le devoir de neutralité religieuse des agents publics. Le sénateur estime en outre que "si la révision constitutionnelle arrive à son terme, il faudra aussi préciser notre définition de la laïcité". 

Joignant cette semaine l'intérêt électoraliste à la défense de la laïcité républicaine,
le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu a appelé à "des fronts républicains locaux" pour faire barrage à d'éventuelles listes communautaires lors des municipales de mars 2020 : LREM n'a pas d'assise locale et se sent aussi isolé que démuni en candidat(e)s. 

Bruno Retailleau propose encore "d'inscrire dans la Constitution que
'nul ne peut se prévaloir de sa religion pour se soustraire à la règle commune' ", ce qui, selon lui, "réglera tous les débats sur les horaires différenciés de piscine, par exemple".

Ainsi Bruno Retailleau n'a-t-il ni une vision à courte vue,  ni le même problème d'implantation et de visibilité territoriales et sa crainte d'un "islam politique [qui] tente de construire une contre-société à visée séparatiste et antirépublicaine" est dégagée de tout souci immédiat. Ce qui le crédibilise lorsqu'il déplore que "face à cela, Emmanuel Macron est d'une formidable ambiguïté".

vendredi 26 juillet 2019

Lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie : l’IGPN blanchit les policiers qui les ont humiliés

L’enquête de l’IGPN classée sans suite, malgré une scène rappelant "les heures sombres de notre Histoire"

Oubliées les "années 30" fustigées par Macron et la "peste brune", par Darmanin

Scène filmée en France, le 6 décembre 2019 :
des lycéens interpellés sont mis à genoux face à un mur
Certains y avaient vu des propos appelant au devoir de mémoire, d'autres à un bourrage de crâne, mais aucun organe de presse ne stigmatise l'IGPN. Avec son classement sans suite des mesures disproportionnées et humiliantes de la police de Macron contre des mineurs de Mantes-la-Jolie, la coupe est pleine. 
Il fait suite en effet aux blanchiments de deux comportements de François de Rugy comme président de l'Assemblée qui fait bombance entre amis, lequel a pourtant récidivé comme ministre d'Etat. Point commun de ces trois jugements : ils sont prononcés par des instances qui sont juges et parties, puisque des députés ont statué sur des dépenses somptuaires du premier des leurs et la "police des polices", sur des humiliations imposées par ses collègues. 

Ces organismes de contrôle, IGPN ou commission d'enquête parlementaire, toutes agissent en interne. 
Ils ne servent visiblement qu'à dédouaner leurs pairs (leur président, des repas "professionnels" qui ont eu lieu à l’hôtel de Lassay lorsqu’il était au perchoir de l’Assemblée nationale. Concernant les travaux effectués dans son appartement, c'est Matignon qui diligente une enquête sur les dépenses de son numéro 2, ministre d'tat, mais nous sommes toujours dans le même cas de figure.
La tendance à la déresponsabilisation des acteurs politiques au sommet de l'Etat est pareillement à l'oeuvre avec des instances comme la CRE (Commission de régulation de l'énergie), l'ARCEP (autorité de régulation des communications électroniques et de postes) ou le CSA. A l'instar de Macron, nos responsables politiques n'ont qu'un mot à la bouche "j'assume", ce qui n'a aucun sens dans la mesure où ils se défaussent sur ces autorités et autres commissions qu'on dit "indépendantes", mais qui ont à leur tête des président désignés ou recommandés par l'Elysée ou Matignon...
     
Une vidéo de la rafle de 151 lycéens en décembre dernier avait fait scandale

On voyait ces adolescents à genoux, mains sur la tête, encerclés de policiers.

A l'IGPN, le malaise est passé...
Enquête classée sans suite, le 26 juillet, jour de grands départs en vacances estivales. La conclusion de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après les investigations lancées au sujet, non pas de la vidéo, comme l'écrit une certaine presse, mais des faits choquants qu'elle révèle. 
Le document montre l'arrestation le  6 décembre ...2018 de dizaines de lycéens à Mantes-la-Jolie (commune UMP-LR des Yvelines, depuis 1995) par des militaires en armes. Les adolescents - dont le plus jeune avait 12 ans - étaient filmés à genoux, encerclés par les forces de l'ordre casquées, équipées de matraques et de boucliers.

Le syndicat lycéen association lycéenne UNL, puis dix mineurs, avaient déposé plainte, notamment pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle, violences volontaires par dépositaire de l'autorité publique ainsi que pour diffusion illégale de l'image de personnes.

Violences urbaines plus graves qu'ailleurs ?

L'enquête avait été ouverte le 12 février et concernait 12 plaintes. Ce vendredi 26 juillet, la procureure de Nanterre, où a été dépaysé le dossier a conclu que " le fait de retenir les personnes interpellées en position à genoux ou assise, entravées pour certaines d'entre elles, apparaît justifié par le contexte exceptionnel de violences urbaines graves et le nombre de personnes devant être conduites dans les locaux de police, nécessitant une organisation matérielle incompressible".

Par ailleurs, les plaignants "placés en garde à vue ont bénéficié des droits légaux attachés au régime de la garde à vue", souligne-t-elle, comme si le respect de la loi était chose extraordinaire. 

Les "violences aggravées" dénoncées par quatre mineurs "ne sont corroborées, ni par leurs déclarations ou les observations de leurs conseils, ni par les examens médicaux des médecins légistes, ni lors de leur présentation à un magistrat dans le cadre de la prolongation de leur garde à vue."
Conclusion : il ne s'est rien passé, ni usage du LBD, ni mutilations physiques...

Une "non-enquête"

Des lycéens interpellés par les forces de l'ordre jeudi 6 décembre 2018 à Mantes-la-Jolie (Yvelines)
Des adolescents traités comme des résistants sous l'Occupation
L'affaire n'est pas close pour autant. 
Cette décision du Parquet placé sous l'autorité du ministère de Nicole Belloubet  "n'a pas de sens, ni factuel, ni juridique, et elle est sans conséquence sur l'enquête qui se mène", a réagi Me Arié Alimi, avocat des familles et de l'UNL. 

Me Alimi a indiqué qu'une vingtaine de nouvelles plaintes a été déposée et qu'un juge d'instruction va être saisi du dossier.
L'avocat a en effet déposé, dès le 6 mai, une plainte avec constitution de partie civile , qui doit aboutir prochainement à l'ouverture d'une information judiciaire. Au milieu de l'été, "cela ressemble plus à des effets d'annonce qu'à des annonces", a-t-il estimé. 
Seules "4 victimes" ont été entendues, a précisé l'avocat, qui parle d'une "non-enquête".

"Là encore, il n'y a pas de surprise", a déclaré Yessa Belkhodja, dont le fils est scolarisé au lycée Jean Rostand, porte-parole du Collectif de défense des jeunes du Mantois . Elle évoque elle aussi la saisine prochaine d'un juge. "Concernant les enquêtes préliminaires, la police qui enquête sur la police, on n'y croit pas vraiment".

Une vidéo choc

Le 6 décembre dernier, comme plusieurs villes en France, Mantes-la-Jolie est le théâtre de manifestations lycéennes contre la réforme de l'université. Ce jour-là, le blocus du lycée Saint-Exupéry suscite l'interpellation de 151 adolescents par la police de Macron et Castaner.
Une vidéo de l'arrestation, filmée par un auteur dont on ignore l'identité, est postée sur les réseaux sociaux. On y voit des lycéens à genoux, certains face au mur, les mains sur la tête. D'autres ont les bras attachés dans le dos. "Voilà une classe qui se tient sage", lance une voix moqueuse derrière la caméra.

L’auteur de la vidéo, un "fonctionnaire de police, fait l’objet d’une procédure de sanction administrative, et une action disciplinaire est sollicitée auprès du procureur général de Versailles", a précisé vendredi  26 la procureure de Nanterre. 
En revanche, la personne ayant diffusé la vidéo n’a pas été identifiée, "le site hébergeur refusant de répondre à la réquisition judiciaire, au nom de la protection des “droits et libertés des utilisateurs” ".

Dans cette affaire, deux autres enquêtes ont été ouvertes. 
Une enquête administrative a conclu à l’absence de "faute" ou de "comportements déviants de la part des policiers"à la mi-juin, selon Brigitte Jullien, la patronne de l’IGPN depuis janvier 2019. 
L’enquête du Défenseur des droits, qui s’est lui-même saisi du dossier, est quant à elle toujours en cours.

samedi 11 mai 2019

Européennes : un parti religieux, l'Union des démocrates musulmans français, s'invite par surprise

Que fait l'Union des démocrates musulmans français dans la campagne ? 

Maintenant qu'ils sont français, il faut faire avec...

L'Union des démocrates musulmans français (UDMF) a formé une liste.
Nagib Azergui, tête de liste 'Une Europe au service des peuples', élections européennes du 26 mai 2019
Elle  a finalement été retenue par le ministère de l'Intérieur pour la conquête du Parlement européen à Strasbourg, s'ajoutant donc aux 33 autres. Ce repêchage a été réalisé par le ministre des Cultes, Castaner, et accentue un peu plus le record pour ce type de scrutin. Cette liste, déposée avec du retard a toutefois été autorisée après avis du Conseil d'Etat. 

Elle apparaît par surprise dans Le Journal officiel de ...vendredi, au lendemain de la révélation de cette information par France Info. Intitulée "Une Europe au service des peuples" - car il faut croire que le peuple de France n'est plus Un - elle réunit 79 candidats, tous membres de "l'Union des démocrates musulmans français" - sans être pour autant musulmans - l'UDMF, autour de Nagib Azergui, un formateur en nouvelles technologies originaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui a pris la tête de cette liste.
LISTE N° 34 : UNE EUROPE AU SERVICE DES PEUPLES
1. M. Nagib AZERGUI
2. Mme Fatiha ZAKARI
3. M. Bassam TAHHAN
4. Mme Samira SIDHOUM
5. M. Farid AZIBI
6. Mme Sandra FOURASTIE
(cf. photo ci-dessous)
7. M. Jean-Claude ANTAKLI
8. Mme Karima ZÉROUALI
9. M. Mokdad SALEM
10. Mme Nacéra OUACHEK
11. M. Khalid BAJJOUJ
12. Mme Nafissa MENHOUR
13. M. Nordine SAADALLAH
14. Mme Farida TABANI
15. M. Jean Gaston Joseph PREAU
16. Mme Delphine PETERS
17. M. David BOUSSION
18. Mme Jamila SERSOU
19. M. Christian FAGET
20. Mme Donia CHABBAH
21. M. Brahim BENKHABCHECHE
22. Mme Fadoua HACHIMI
23. M. Hichame BOUSHABA
24. Mme Najia JENNANE
25. M. Mohammed KSOUROU
26. Mme Anissa MAHIOUF
27. M. Mustapha BELHOUARI
28. Mme Nawal DERBALI
29. M. Drice BENAMA
30. Mme Fatima YOUSFI
31. M. Eric BERLINGEN
32. Mme Wassila DAHMANI
33. M. Karim AKASBI
34. Mme Amira GHAZOUANI
35. M. Rachid OULD RABAH
36. Mme Sorya HANIFI
37. M. Chrif BOUZID
38. Mme Fatma SIDHOUM
39. M. Miloud HAJJI
40. Mme Mélissa DJILLALI
41. M. Nadir BENHABASS
42. Mme Odile AMOUGOU
43. M. Christophe LHUISSIER
44. Mme Ouerdia MAHIOUF
45. M. Chokri AMRI
46. Mme Elhame AÏT-SERHANE
47. M. Betahar BELOUFI
48. Mme Naziha BOUZID
49. M. Fethi BOUSHABA
50. Mme Leïla HIZAM
51. M. Karim MAJERI
52. Mme Audrey D'AIETTI
53. M. Adil REGHAI
54. Mme Jihane GHAZOUANI
55. M. Faouzi NISIRI
56. Mme Nadia KARAR
57. M. Kamel ELAHIAR
58. Mme Wafaa KSOUROU
59. M. Ismaïl BAJJOUJ
60. Mme Nejma HIZAM
61. M. Saadi Mohamed FREYMONT
62. Mme Aldjia MAHIOUF
63. M. Mickaël OLIVIER
64. Mme Anissa BOUSHABA
65. M. Aniss KHAMLICH
66. Mme Majda BAJJOUJ
67. M. Mehdi HIZAM
68. Mme Nadia LAHZAZI
69. M. Morad ZAKARI
70. Mme Fairouz BAJJOUJ
71. M. Franck TREMEREL
72. Mme Sanaa HACHIMI
73. M. Nabil KSOUROU
74. Mme Souhila MAHIOUF
75. M. Michel TAHAN
76. Mme Soumaya HARCHI
77. M. Franck KOTERBA
78. Mme Samira ZÉROUALI
79. M. Mehdi COSMA.


Résultat de recherche d'images pour "Sandra FOURASTIE"Ce mouvement fondé en 2012 conteste tout communautarisme.

Un parti musulman en France ? 
Ce n'est pas tout à fait nouveau dans le paysage politique, l'UDMF ayant été fondée en 2012. Accusée de communautarisme par certains responsables politiques, elle assure au contraire vouloir "s'adresser à tous". 

Mais l'Union des démocrates musulmans français le dit elle-même sur son site Internet : son existence "suscite des réactions contrastées et souvent hostiles". Et de lister les différentes déclarations de responsables politiques à son sujet. L'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, par exemple, évoquait en 2015 une "expression du communautarisme, à l'envers de l'esprit de la République française" et Nicolas Dupont-Aignan, le risque d'une "libanisation" de la France.

Un parti fondé pour lutter contre la stigmatisation de l'islam

L'
UDMF a choisi de se préoccuper de religion plutôt que de citoyens.

La création du parti musulman agite la classe politique
S'ils ne sont pas tous musulmans, ils ne collent pas non plus
à l'idée qu'on se fait de bouddhistes...
Le parti musulman rappelle qu'il s'est lancé en novembre 2012, quelques mois après la présidentielle, en réponse à la "politique identitaire" de la France que poursuivait François Hollande... L'UDMF n'hésite pas à accuser ainsi les formations politiques traditionnelles "d'exploiter les musulmans" et la question de l'islam à des fins politiques, citant notamment le débat sur l'identité nationale de 2010 et le silence des autorités face aux actes islamophobes. "Et à un problème politique, nous avons décidé de répondre par une réponse politique", assurait la semaine dernière encore son leader Nagib Azergui, sur le site francophone ...tunisien, Le Muslim Post. Libération en est d'ailleurs fort marri...



Une formation française et laïque... 
qui veut favoriser la finance ...islamique

Ce parti des musulmans de France assure toutefois ne pas être confessionnel 
Le sigle de l'UDMF évoque celui de l'UDF...

et souhaite convaincre l'ensemble des Français, "sans distinction de couleur, d’âge, ni de religion". L'UDMF estime que le doute n'est pas permis sur sa "laïcité", mais il se compare pourtant   au Parti chrétien-démocrate fondé par Christine Boutin et dirigé aujourd’hui par Jean-Christophe Poisson. 
Il est toutefois cocasse d'observer que l'UDI a servi de rampe de lancement à N. Boucharda (UDMF) et qu'elle s'est formée sur le modèle de l'ancienne UDF qui soutenait la candidature de François Bayrou à l'élection présidentielle de 2002 et qui suspendit Christine Boutin lorsque celle-ci annonça sa propre candidature en juin 2001... L'UDMF cite aussi l’Union chrétienne-démocrate (CDU) longtemps dirigée par Angela Merkel en Allemagne. C'est dire que les vieilles démocraties européennes sont dans le viseur des musulmans en Europe.
La laïcité de l'UDMF a des limites étroites. 
Cette formation a en effet porté dans son programme des mesures spécifiquement liées à l'islam, en préconisant notamment "la finance islamique" qui permettrait, selon elle, de relancer la croissance française. 
Elle propose notamment le développement de la filière halal. Elle se prononce aussi contre la loi interdisant le port du voile à l'école. La charia n'est pas loin...

Pour les élections européennes, le projet défendu fait une trentaine de pages. 
Il y est notamment question de relever les défis de "l'écologie", "des libertés individuelles" ou du "combat contre la haine". Parmi les propositions : la mise en place d'un Smic européen, le droit de vote des étrangers non-communautaires aux élections locales, la volonté d'imposer un traité pour "mettre fin à la pollution plastique des océans" ou la création d'un comité d'éthique pour "contrôler l'indépendance de la presse". Une mise sous tutelle de la presse peut apparaître un sort enviable : la Tunisie se classe au 97e rang, l'Iran, 165e, l'Arabie saoudite, 168, et la Syrie 177e.

Des débuts logiquement timides d'abord, lors des précédents scrutins

La création du parti musulman agite la classe politique
S'ils ne sont pas tous musulmans, ils ne collent pas non plus
à l'idée qu'on se fait de bouddhistes...
L'UDMF n'en est pas à ses premières élections. Elle a obtenu un élu aux municipales de 2014, à Bobigny, communiste de 1944 à 2014 (Seine-Saint-Denis), en s'alliant à l'UDI Stéphane de Paoli, qui devint maire de la commune. Mais elle a commencé à réellement agiter la classe politique lors des départementales de mars 2015. A l'époque, certains y voyaient alors le début de ce qu'écrivait Michel Houellebecq dans Soumission, en imaginant un président en 2022 à l'Elysée issu d'un parti politique musulman.

Ce parti n'y est pas encore, mais progresse à grands pas, avec l'aide des vertueux. Aux départementales, où l'UDMF visait "sept ou huit cantons" en France, il n'y avait finalement pas eu de candidat, le parti dénonçant un "déferlement médiatique malsain" et des "pressions". Aux régionales de décembre 2015, la formation avait finalement réussi à se lancer, mais avait récolté 0,4% des voix (environ 12.500) en Ile-de-France, avec un pic de près de 6% à Mantes-la-Jolie (Yvelines).
L'UDMF avait de nouveau échoué à présenter un candidat à la présidentielle de 2017, faute de parrainages, et avait tenté sa chance dans 6 des 577 circonscriptions aux législatives suivantes. Son meilleur score fut obtenu à Mayotte, avec plus de 5% des voix, et elle récolta également 2% dans la première circonscription des Hauts-de-Seine.

L’Union des démocrates musulmans français (UDMF) est un parti politique français fondé en novembre 2012 par Nagib Azergui et Emir Megherbi. 
Nizarr Bourchada
Lors des élections régionales de 2015, l'UDMF a présenté une liste en Ile-de-France, menée par Nizarr Bourchada (tête de liste et chef de fil du Val de Marne, photo ci-contre). Le parti a obtenu 12.528 voix, avec notamment 5,9 % dans la commune de Mantes-la-Jolie, commune classée à droite, mais où, en 2003, Alexandre del Valle considère la Grande mosquée comme "centre de l'islam fondamentaliste en France". L'ex-iman, Mohamed Rabiti était membre du mouvement Tabligh - société de prédication musulmane revivaliste, donc prosélyte et puritaine de type Wahhabite, comprendre salafiste - et qualifié de recruteur au Val-fourré, où 80 % des habitants du quartier sont musulmans. Le Canard enchaîné publia, en 2016, un article sur le cas de cette mosquée qualifiée "d'intégriste".

Candidat UDI aux municipales de 2015 pour permettre l’élection de Stéphane de Paoli, à Bobigny en Seine-Saint-Denis, en l'échange d'un premier siège de conseiller UDMF, le conservateur Nizarr Bourchada est le chef de file de cette formation politique lancée en 2012 qui souhaite à nouveau constituer des listes en Ile-de-France. "Nous ne sommes pas religieux", se défend-il face aux accusations de communautarisme.
Nizarr Bourchada, 34 ans, conseiller municipal d'opposition à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) mais qui vota le budget municipal socialiste, est en marche. Le trentenaire avait été en capacité de déposer en préfecture une liste de 209 noms lui permettant de se présenter aux élections régionales de 2015 en Ile-de-France, sous la bannière de l'Union des démocrates musulmans français (UDMF), qui a déjà fait polémique lors des élections départementales de mars 2017. Hasard du calendrier, Michel Houellebecq venait de publier 'Soumission', qui imagine justement l'arrivée au pouvoir d'un parti musulman. Face à la pression médiatique, l'aventure avait tourné court. Il n'y eut qu'un seul candidat étiqueté 'Union des démocrates musulmans français' (UDMF) contre sept à huit annoncés, mais le parti musulman y obtint près de 13.000 voix en Ile-de-France et réalisa ses meilleurs scores en banlieue parisienne, avec notamment 5,9% des suffrages à Mantes-la-Jolie.
En 2015, lors de la première réunion publique à Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne, une soixante de personnes avait participé. "Des gens qui d'habitude ne votent pas car ils n'étaient pas représentés par l'offre politique", se félicite Nizarr Bourchada. Si l'audience était restreinte, le candidat voit grand: "le second tour". Soit plus de 10% des voix.

Laïc, mais choqué par "l'augmentation des actes islamophobes", exclusivement

Le nom de la formation communautariste déclenche toujours des controverses. 
La vice-présidente des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet critiqua ce parti qui va à "l'envers de l'esprit de la République française". Wallerand de Saint-Just, le candidat du Front national en Ile-de-France a lui aussi dénoncé "la vision communautariste de la région" entretenue par l'UDMF.

Nizarr Bourchada doit déminer : "Nous ne sommes pas religieux, nous comptons parmi nous des non-musulmans". "Nous sommes défenseurs d'une laïcité qui ne serait pas utilisée comme un outil pour combattre les religions"... Malgré l'intitulé de son mouvement, l'élu assure vouloir... "déislamiser les débats". Et embraie aussitôt pour regretter que l'on "parle d'islam tout le temps". 
Surtout, il est choqué par "l'augmentation des actes islamophobes" dont "personne ne s'indigne" et qui l'a justement poussé à s'engager auprès de l'UDMF. "Un silence de la classe politique qui vaut comme une caution", estime-t-il, ulcéré, en dépit de la menace terroriste islamiste permanente.

samedi 15 décembre 2018

Prison ferme pour un lycéen armé face aux forces de l'ordre

Le lycéen n'a donc pas été incarcéré 

Un jeune majeur de 18 ans a été condamné de six mois de prison ferme pour sa participation à des violences lors d'une manifestation lycéenne

Oise : un lycéen condamné à six mois de prison ferme après une manifestationlundi 10 décembre. 
La justice n'a toutefois pas émis de mandat de dépôt.

Cet élève du lycée Lavoisier de Méru dans l'Oise a été sanctionné de dix mois de prison, donc quatre avec sursis, a-t-on appris vendredi 14 décembre. En début de semaine, le jeune homme avait pris part à une mobilisation contre la réforme du baccalauréat et de l'entrée à l'université. Il avait été arrêté à la suite d'un affrontement avec les gendarmes aux abords du lycée.

Le jeune homme détenait une arme au moment de son interpellation. Il a été reconnu coupable de "participation avec arme à un attroupement en dissimulant son visage", "violence et outrage sur une personne dépositaire de l'autorité publique" et "détention de substance ou produit explosif". 

Malgré la gravité des charges, aucun mandat de dépôt n'a été émis. 
Le jeune homme est donc reparti libre, mais a obligation de suivre un stage de ...citoyenneté et il n'a plus le droit désormais de se déplacer avec ...une arme !

Deux autres individus, soupçonnées d'avoir participé aux violences lors des manifestations, doivent comparaître devant le tribunal correctionnel de Beauvais les 26 décembre et 11 janvier prochains.


Depuis le début du mois, lycéens et étudiants se mobilisent à travers tout le pays pour réclamer le retrait de la réforme du bac. En marge de cette mobilisation, 150 jeunes, âgés de 12 à 21 ans, avaient été interpellés jeudi 6 décembre près d'un lycée de Mantes-la-Jolie (Yvelines) après des incidents. La vidéo de leur arrestation, genoux au sol et mains sur la tête, avait provoqué un tollé.