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vendredi 3 novembre 2017

Les députés godillots votent la réduction des aides au logement de leurs électeurs

Les oppositions de gauche et de droite accusent le gouvernement de mettre en péril le  logement social français

Les députés ont adopté le budget du ministère de la Cohésion des territoires, en quatre heures

Résultat de recherche d'images pour "aides au logement"
L'Etat se désengage : les bailleurs sociaux
seront les bâtisseurs de demain
La majorité présidentielle fait chuter de 1,7 milliard d'euros les financements que le budget du ministère de la Cohésion des territoires alloue aux aides au logement (APL) dès l'an prochain. Ce ministère est au nombre des grands perdants du projet de loi de Finances pour 2018.
Adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, en première lecture, ce budget contraint les politiques du Logement, de l'Aménagement des territoires et de la Ville qui vont chuter de 9,8% pour passer de 18,3 milliards d'euros en 2017 à 16,5 milliards en 2018.

Paradoxalement le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, a soutenu que le gouvernement veut "réinterroger l'efficacité de notre politique en matière d'aides personnelles au logement et de soutien à la construction".
"Nous avons, face à un investissement d'environ 40 ou 41 milliards d'euros, quatre millions de nos concitoyens qui sont mal-logés", a-t-il fait valoir pour assurer qu'une réduction de crédits crée du logement.

Ainsi la "réforme des aides au logement" prévue dans l'article 52 du projet de loi doit-elle "conduire à une réduction des dépenses de l'Etat de 1,7 milliard d'euros en 2018", dans un "dialogue constant avec les bailleurs sociaux," a prévenu Mézard, sourd aux avertissements de ces organismes qui exigent un moratoire sur une économie budgétaire qu'ils jugent "mortifère".

Une réforme "improvisée"

Résultat de recherche d'images pour "aides au logement"
Contesté, un amendement déposé par le gouvernement qui doit permettre une "mise en oeuvre progressive" de cette ponction financière, n'a pas été soumis au vote.
Il instaure une baisse progressive des loyers du logement social de 800 millions d'euros en 2018, 1,2 milliard en 2019, puis 1,5 milliard par an à compter de 2020, pour compenser une baisse des APL équivalente.

Mais l'économie budgétaire annuelle de 1,5 milliard d'euros visée par le gouvernement sera atteinte dès l'an prochain grâce à une hausse, en parallèle, de la cotisation versée par les bailleurs sociaux à la Caisse de garantie du logement locatif social (CGLLS).
"Le gouvernement fera des propositions visant à préciser ce mécanisme", a indiqué Mézard.

Objet d'une douzaine d'amendements de suppression, tous rejetés, l'article 52 a "fait l'unanimité contre lui, tellement il est profondément injuste," a affirmé l'ex- ministre du Logement Sylvia Pinel (PRG), stigmatisant "l'improvisation et l'impréparation" de la réforme. 

La seconde partie des discussions concernant le PLF doit avoir lieu ce vendredi matin

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Pour Clémentine Autain, de la France insoumise, cet article 52 "orchestre la mise en péril de tout le système du logement social, avec une perte de recettes considérable" des bailleurs sociaux.
"On va casser un modèle HLM que beaucoup nous envient", a estimé Stéphane Peu (PCF), député-journaliste (comme Pierre Dharrréville) ex-président de Plaine commune Habitat, Saint-Denis (93), fustigeant une "politique mûrement réfléchie, cohérente, visant à affaiblir le secteur HLM et renforcer le secteur privé". "Partout en Europe où une telle politique a été menée, elle a été une catastrophe."

"Réformer, pourquoi pas ? Mais vous imposez des mesures inadéquates comme la suppression de l'APL accession qui solvabilise les ménages modestes", a jugé de son côté Thibault Bazin (LR).
Un "consensus s'est dégagé" dans l'Hémicycle en faveur du rétablissement de l'APL accession, a-t-il souligné, , un dispositif qualifié de "marqueur important" par le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, ingénieur du génie rural, des eaux et des forêts.
Mais ce proche du président Macron (et d'Ismaël Emelien, conseiller spécial du président, qui ont créé une start-up à trois), a semblé juger prématuré le rétablissement de l'APL succession, cette aide publique étant "un élément de la discussion en cours avec les bailleurs sociaux", a-t-il dit. Huit amendements en ce sens ont été rejetés et un 9e a été retiré par son auteure, Stéphanie Do (LREM).
Les APL accession, qui facilitent l'emprunt immobilier aux ménages aux revenus modestes, devraient être supprimées dès le 1er janvier 2018.
Vers deux heures du matin, après 4h30 de débats, la séance a été suspendue. La discussion sur la seconde partie du projet de loi de Finance devait reprendre à 9h30 vendredi matin.

vendredi 19 octobre 2012

La presse allemande applaudit à la victoire de Merkel sur Hollande

Union bancaire: la presse de François Hollande parle de compromis
La presse socialiste tente de lui sauver la face

L'Express : "Paris et Berlin trouvent un compromis sur l'union bancaire". "La France et l'Allemagne ont toutes deux lâché du lest. Les mécanismes de supervision bancaire en zone Euro seront mis en oeuvre dans le courant de l'année 2013 [et non pas en 2014], et cette supervision s'appliquera aux 6000 banques de la zone euro, pas seulement aux plus importantes." 
Le compromis porte sur un sujet qui empoisonnait les relations entre Paris et Berlin depuis des semaines et permet de mettre en oeuvre dès 2013 -et non pas à la Saint-Glin-glin, comme le souhaitait la "gauche molle" - la supervision des banques de la zone euro, étape-clé dans leur stratégie de sortie de crise.

Libération : "Banques : alliance de raison entre France et Allemagne"
"Le système de supervision sera mis en place progressivement, comme le voulait Berlin, et étendu à toutes les banques de l'UE, comme le demandait Paris." "Pour la supervision bancaire, "l’objectif est d’avoir un accord sur le cadre législatif d’ici le 1er janvier 2013. Le travail pour la mise en oeuvre opérationnelle aura lieu dans le courant de l’année 2013", selon les conclusions du conseil européen. Lors du sommet de juin, qui avait débouché sur des avancées pour tenter de sortir de la crise de l’euro, les Européens s'étaient mis d’accord pour "examiner" les propositions de la Commission sur ce sujet d’ici fin 2012."

Derrière cet affrontement sur une date, les enjeux sont lourds : alors que les dettes bancaires sont trois fois supérieures aux dettes souveraines, la supervision bancaire est une première étape vers l' " union bancaire " européenne, avec des mécanismes de solidarité communs, ce qui explique la réticence allemande et l'impatience de Hollande qui se sait demandeur en sursis de solidarité bancaire européenne. De surcroît, le président socialiste ne souhaite pas que l'Europe mette le nez dans son projet de loi de finances 2013 (PLF).

Match nul ?

Die Welt, de Hambourg, est moins catégorique avec son titre  clair: "1 à 1 dans le duel entre Hollande et Merkel ". "A la fin, les deux peuvent se déclarer vainqueur " explique le quotidien, qui insiste cependant : " Hollande a lâché du lest au milieu du chemin. " 

Le Berliner Zeitung et le Frankfurter Rundschau (qui ont la même rédaction nationale) constatent eux aussi que la soirée a contenté tout le monde et titre : " deux chefs d'Etat, deux histoires de vainqueurs. " 

L'hebdomadaire Die Zeit, sur son site Internet, se montre déçu et parle d'un " petit pas vers l'union bancaire. "


Fermeté de la chancelière face aux velléités de François Hollande



Les Echos : "L'union bancaire provoque des étincelles entre Paris et Berlin"
"Jeudi, les dirigeants français et allemands ont laissé éclater au grand jour leur différend."

"Ce n'est pas un sommet sur l'union budgétaire, mais sur l'union bancaire ", avait lancé François Hollande, vers 13 heures en réaction aux propos de la chancelière, le matin même devant le Bundestag. Face à son parlement, la chancelière avait balayé l'idée de mettre en place rapidement l'union bancaire. Elle avait, en revanche, repris l'idée défendue par son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, à savoir la nécessité de confier au commissaire européen aux Affaires économiques un droit de veto sur les budgets nationaux des Etats membres."


Outre-Rhin, la presse insiste sur le succès enregistré par Angela Merkel face à François Hollande.

"Merkel extorque à Hollande un compromis "
, se félicite ainsi Der Spiegel qui parle d'une " négociation à succès " pour la chancelière. " 

Angela Merkel est demeurée ferme et a imposé son calendrier "
, ajoute la correspondante bruxelloise de l'hebdomadaire. 
Malgré le recul de Berlin sur le périmètre de l'union bancaire, Der Spiegel estime que la stratégie de la chancelière est gagnante. " Le calcul de Merkel, c'est que l'aide bancaire du MES ne sera lancé qu'après les élections fédérales ", conclut l'hebdomadaire.

" Victoire aux points "

Même ton du côté du HandelsblattProche du The Wall Street Journal de Rupert Murdoch, un eurosceptique convaincu, le quotidien économique titre : " Merkel impose un départ tardif de l'union bancaire. " 

La Süddeutsche Zeitung, libéral de gauche, affirme que " Merkel freine Hollande sur l'union bancaire. " Là aussi, le quotidien munichois insiste sur le succès allemand : l'union bancaire ne débutera pas le 1er janvier 2013 comme le voulait Paris. 

La très influente et populaire Bild Zeitung constate enfin
la " victoire aux points " d'Angela Merkel.

Et l'union budgétaire ?

Wolfgang Schäuble a mis en avant une union budgétaire forte. 
L'Allemagne se refuse en effet actuellement d'être la vache à lait des pays méditerranéens de l'Union européenne.
Le ministre allemand des Finances était donc franchement sorti du bois mardi en proposant une vraie union budgétaire pour l'Europe avec un commissaire capable de refuser des budgets nationaux et un parlement européen doté d'un vrai droit de décision sur les finances de chaque Etat membre.


Van Rompuy appelle à une solidarité "limitée"

Le président de l'UE a présenté vendredi 12 octobre un rapport sur le renforcement de l'union économique et monétaire. il préconise que la zone euro se dote d’un budget propre et "mutualise certains outils de financement".Aujourd’hui, les 27 Etats reversent 1% de leur PIB à l’Union européenne, qui est ainsi doté d’un budget annuel de 130 milliards d’euros. Ces fonds servent à financer notamment la Politique agricole commune et quelques projets d’infrastructures paneuropéens. Ce n’est pas suffisant selon Herman Von Rompuy.

Herman Van Rompuy ne veut pas d’un budget de la zone euro dont le but serait le même que le Mécanisme européen de stabilité, le pare-feu de la zone euro qui vient d'entrer en vigueur. Ce ne doit pas être comme le MES "un instrument de gestion des crises", explique le président de l’UE, mais un outil à même de "faciliter les réformes structurelles qui améliorent la compétitivité et le potentiel de croissance".

Alors, dans une phase transitoire, le président de l’Union européenne propose la possibilité pour les Etats de la zone euro de passer des contrats individuels avec les institutions européennes. Chaque membre rendrait compte à la structure avec laquelle il a un accord de ses efforts pour soutenir la croissance et l'emploi, et obtiendrait en échange des "incitations financières limitées, ciblées, temporaires et flexibles".


mercredi 17 octobre 2012

Cinq mois de Hollande et de gouvernement cacophonique

Une suite sans fin de "couacs" et de recadrages


"Il y a quelques erreurs, c'est vrai, et il faut les reprendre"


Le gouvernement Ayrault ressemble à une réunion d'Europe Ecologie-les Verts dans un train fantôme

Jean-Marc Ayrault, le premier ministre virtuel de Hollande, l'a admis mardi 16 octobre, à propos des dysfonctionnements de son gouvernement du changement. Tirant sans cesse les oreilles de ses ministres, le professeur logé à Matignon a ajouté, sur Europe 1, à leur attention : "On n'est pas là pour se faire de la publicité pour soi-même, on n'est pas là pour faire des débats de société, on est là pour défendre son ministère (...) et la politique du gouvernement." Il se pose un peu là !

Près de cinq mois après sa nomination, Z-Ayrault est pointé pour son manque d'autorité et de réactivité. Les "couacs" partent de partout au fond de son gouvernement et le professeur d'allemand, c'est "normal",  est accusé de ne pas tenir sa classe
Lire l'article de Le Monde: Au gouvernement, les couacs s'accumulent depuis cinq mois (seulement accessible aux riches abonnés du journal socialiste)

Le 2 septembre, le premier ministre rappelait déjà qui est le chef
Il avait en effet déjà dû effectuer un recadrage en règle des membres du gouvernement, intervenant après trois mois émaillés de conflits, petits et grands, entre plusieurs ministres. "Si ça devait continuer, je dirais que chacun devra prendre ses responsabilités. C'est clair, c'est net", affirmait-il alors, dans un mouvement de menton. Mais depuis, les agités, épris de pouvoir, se sont vu pousser des ailes... 

Revue de détails des désaccords qui se sont multipliés ces dernières semaines, avant même que le projet de loi de finances (PLF) pour 2013  ne soit débattu en séance publique à l'Assemblée nationale.

Redevance audiovisuelle : Cahuzac mouché 

Le premier ministre a déclaré mardi sur Europe 1 que la contribution à l'audiovisuel public ne sera pas étendue aux résidences secondaires. Non, mais ! Un recadrage en règle du ministre délégué au budget, le sympathique Jérôme Cahuzac, qui , haut et fort, s'était dit "favorable" à cette extension de la redevance, proposée par les députés PS et qui aurait rapporté quelque 110 millions d'euros en 2013.

"Non, ce n'est pas la position du gouvernement", a soutenu Ayrault. "Le gouvernement est favorable à cet amendement parlementaire, d'origine parlementaire", avait pourtant affirmé dimanche le très cassant Cahuzac.
Lire Le Monde si on en a les moyens:  Ayrault désavoue Cahuzac sur la redevance audiovisuelle (zone de non-droit pour les non-abonnés)

Mariage homo : coup sur le bec de Touraine

Ayrault a répété mardi que le projet de loi sur le mariage de personnes du même sexe se limitera à l'adoption pour les couples homosexuels, tout en reconnaissant que "le débat parlementaire" aurait lieu ensuite: c'est la concertation socialiste ! "Le projet du gouvernement, celui qui sera présenté en conseil des ministres par Christiane Taubira [le 31 octobre], c'est à la fois le mariage pour tous et l'adoption. Et il sera limité à cette proposition", a déclaré le Chef.

Or, dimanche, la ministresse de la Santé et des affaires sociales, Marisol Touraine s'était déclarée "personnellement favorable" à  la procréation médicalement assistée (PMA) accessible à tous. Cette dernière, qui fait figure de rivale pour la succession à Matignon et qui avait critiqué ouvertement la discrétion estivale de son professeur Ayrault, avait en fait soutenu l'initiative du chef de file des députés PS frondeurs. Bruno Le Roux avait clamé vendredi qu'il souhaite voir déposer un amendement sur la PMA dans le projet sur le mariage homosexuel. Il avait alors cru qu'il était le chef au Palais Bourbon.

Cannabis : Peillon et Duflot appelés au sevrage


Pourquoi Peillon
est-il donc 
en pétard ?
Panne de gel ?



Ayrault a confirmé mardi avoir rappelé à l'ordre le ministre de l'Education, Vincent Peillon, qui a suscité un tollé à droite et a mis la majorité dans l'embarras en se déclarant dimanche en faveur d'un débat sur la dépénalisation du cannabis pour lutter contre les trafics dans les cités. Le président Hollande et le premier ministre sont pourtant opposés à tout infléchissement de la législation."Vincent Peillon m'a appelé hier matin pour reconnaître son erreur parce qu'il a fait effectivement une erreur. (...) Les choses sont rentrées dans l'ordre. Maintenant tout le monde est au travail", a assuré le premier ministre.

"Les ministres ont à se concentrer sur la mission qui est la leur. (...) Et rien d'autre, nous ne sommes pas des commentateurs", avait-il déjà lancé sèchement la veille: silence dans les rangs !
"Très colère" après cette énième expression divergente de l'un de ses ministres, François Hollande, président de la "gauche molle" incohérente, avait demandé à Ayrault, lundi matin, "de faire respecter l'ordre au sein du gouvernement".
Lire (si possible) Le Monde : L'embarrassante sortie de route de Vincent Peillon sur le cannabis (zone VIP des abonnés)

Simple épisode d'un interminable feuilleton... 
S'exprimant en tant que secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, la ministre azimutée du Logement, Cécile Duflot, avait - elle aussi- défendu début juin la légalisation du cannabis : un défi à F. Hollande qui s'y était déclaré opposé pendant la campagne présidentielle. Les propos de la ministre avait échauffé les oreilles de l'adjudant-chef Ayrault, qui avait affecté le mépris, affirmant qu'elle s'était engagée à titre personnel. Le chef de l'Etat avait alors rappelé qu'il restait hostile au projet évoqué par Duflot, qui n'a pas demandé son reste.

Education : Peillon, humilié 

En cinq mois, c'est la troisième fois que Son Excellence Vincent Peillon se fait recadrer par le chef du gouvernement. 

1 - Le 17 mai, jour de son entrée au ministère de l'Education, il avait annoncé de manière intempestive le retour de la semaine de cinq jours à l'école pour la rentrée 2013, alors même que le Premier ministre virtuel avait demandé à ses troupes discrétion et cohésion. Ayrault l'avait recadré fermement, rappelant qu' "il y aura une concertation (...) avec tous ceux qui ont leur mot à dire et puis (...) il y aura un arbitrage, JE le prendrai, pour que l'objectif principal soit respecté".

2 - Un mois plus tard, V. Peillon avait récidivé, en promettant l'allongement à deux semaines des vacances de Toussaint. Et une fois encore, Ayrault avait fait baisser la température de son ministre. 
Voyez la chance que vous avez de lire Le Monde: Le professeur Ayrault reprend une nouvelle fois l'élève Peillon

3 - Fin septembre, Peillon a aussi annoncé le recrutement de 40 000 enseignants dès 2013. Cela en opposition avec les consignes de F. Hollande, qui avait demandé à ses ministres de ne pas faire d'annonces budgétaires avant le vote du projet de loi de finances pour 2013.
Les privilégiés peuvent lire : Vincent Peillon, un habitué de l'annonce choc

Contrôles d'identité et droit de vote aux étrangers : Valls s'impose

"Convaincu" par son ministre de l'intérieur, Manuel Valls,  Ayrault a entériné le 28 septembre l'abandon de récépissé après contrôle d'identité. Le 30e "engagement pour la France" du candidat Hollande pour lutter "contre le délit de faciès dans les contrôles d'identité par une procédure respectueuse des citoyens" n'évoquait pas explicitement les récépissés. 
Mais le 1er juin, le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait semblé ouvrir la voie à ce dispositif du "reçu", expliquant qu'il s'agissait d'un"engagement" de campagne du président Hollande. Mais Manu Valls a fait part de son scepticisme à plusieurs reprises...

Le 17 septembre, le soliste de la place Beauvau a également fait entendre sa petite musique sur le droit de vote des étrangers aux élections locales. Alors que 77 députés de la majorité lançaient, dans les colonnes du Monde, un appel à François Hollande pour qu'il n'oublie pas de faire appliquer cette promesse de campagne, Valls a assuré que cette mesure, promise par la gauche depuis trente ans, n'est pas "une revendication forte de la société française". "Ça n'a pas la même portée qu'il y a trente ans. Aujourd'hui, le défi de la société française est celui de l'intégration", avait-il lancé.

Banque des PME : Moscovici et Montebourg priés de se calmer

Un autre "tandem" a défié Ayrault : l'attelage entre Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et Pierre Moscovici, ministre de l'économie. Le 2 septembre, le premier ministre a rappelé à leur devoir de discrétion les deux ministres, qui se sont livrés à un bras de fer sur la Banque publique d'investissement (BPI), sur fond de soupçons de conflit d'intérêts en faveur de la concubine Pulvar. Cause de cette tension : le choix de désigner la banque Lazard comme conseil du gouvernement pour créer la future BPI qui sera chargée de financer les entreprises.

Les deux ministres ont démenti tout coup bas et abus de pouvoir, mais Nono Montebourg a critiqué ce choix sur le fond. P. Moscovici avait réagi en marquant son territoire, affirmant que le dossier lui revenait à lui seul, et que c'était lui qui prenait les décisions, assurant au Monde que le choix de cette banque est issu d'un appel d'offres. Et ajoute, à destination de Montebourg : "Quand on appartient à un gouvernement, il vaut mieux la jouer solidaire". M. Ayrault, qui avait recadré M. Montebourg, était apparemment du même avis.
Dommage, peut-être, que nous ne puissions pas tous lire dans Le Monde: Banque des PME : Moscovici recadre Montebourg

Nucléaire : Montebourg recadré 

Fin août, Jean-Marc Ayrault avait dû déjà rappeler à l'ordre Arnaud Montebourg, qui avait suscité la colère des écologistes en déclarant le 26 août qu'il ne faut pas"abandonner le nucléaire", qui "est une filière d'avenir". Le gouvernement prévoit pourtant de réduire l'énergie produite par le nucléaire de 75 à 50 %.

Invité sur France 2, le premier ministre a démenti tout changement de cap : "J'ai parlé avec Arnaud Montebourg et la position du gouvernement, elle est très claire : ce sont les engagements que le président de la République a pris devant les Français, c'est le mix énergétique."

Z-Ayrault avait rappelé qu'il s'agissait de faire passer d'ici à 2025 la part de l'électricité produite par le nucléaire "de 75 % à 50 %" en développant les économies d'énergie et les énergies renouvelables. Prié de dire s'il avait recadré M. Montebourg, le premier ministre avait répondu : "Je lui ai rappelé la position du gouvernement, il en a parfaitement convenu".

Forages en Guyane : Nicole Bricq limogée 

Le 14 juin, la ministre de l'écologie et de l'énergie, Nicole Bricq, a annonçait qu'elle souhaite une "remise à plat" complète des permis d'exploration pétrolière, qui autorisent les compagnies à pratiquer des forages, en attendant une réforme du code minier. Une décision qui contrarie fortement plusieurs compagnies, dont Shell, qui avait plusieurs forages prévus pour l'été.

Mais la ministre est rapidement désavouée. Les parlementaires guyanais font pression pour que les forages aient lieu. Le lendemain de sa décision, son ministère annonce qu'il n'est "pas envisagé de remettre en cause les permis déjà octroyés pour la recherche de pétrole et de gaz conventionnel". Tollé chez les écologistes et dans les associations, qui dénoncent une volte-face. A l'issue des législatives, Mme Bricq perd son portefeuille, qui va à Delphine Batho. Une occasion de défaire le tandem que constituait cette dernière avec la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, et qui ne fonctionnait pas du tout, selon plusieurs échos de presse.Mutualisez vos ressources pour lire Le Monde: Comment le pétrole de la Guyane a eu raison de la ministre de l'écologie

Financement de la télé publique : Filipetti et Cahuzac remis en place 

Autre rivalité entre membres du gouvernement: celle entre Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, qui n'a de cesse de s'opposer à son homologue du budget, Jérôme Cahuzac. Dès les débuts du gouvernement, la ministre se heurte à la rigueur budgétaire imposée par   Cahuzac, un psycho-rigide à forte poitrine  fort ego, qui lui refuse toute rallonge budgétaire.

La première tension survient alors que le gouvernement réfléchit à rétablir la publicité à la télévision publique, supprimée par Nicolas Sarkozy au prix d'une perte de recettes forte, mais contraignant à une gestion rigoureuse. Pour retrouver des financements sans remettre en place les écrans publicitaires, Aurélie Filippetti évoque début juillet la possibilité d'une taxe sur les écrans d'ordinateur pour financer le service public. Hors de question, trancha J. Cahuzac. 
Après d'autres échanges dans les media entre les deux ministres, il avait finalement fallu l'intervention de Jean-Marc Ayrault – qui avait demandé à ses ministres de "garder [leur] calme" –  et d'enterrer la hache de guerre.
Les défavorisés peuvent en faire leur deuil. L'article de Le Monde est discriminatoire et s'adresse aux riches : Ayrault rappelle ses ministres à l'ordre sur la télévision publique

Mais qui n'a pas donc pas encore été envoyé au coin ?

Est-ce parce qu'il a déjà les oreilles décollées, que Benoît Hamon se les protège ? Tout de même, comment occupe-t-il son temps ? 
Si le ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire et à la Consommation est désoeuvré, il va falloir que le Chef du gouvernement fasse pointer ses membres et les passe tous aux  35 heures.

jeudi 11 octobre 2012

Ayrault, le p'tit chef du gouvernement, est un teigneux

Ombrageux, le professeur d'allemand est jaloux de son autorité

Quand le premier ministre est dépassé par les événements, tout le monde en prend pour son grade : Bercy se voit accuser d’avoir buggé grave sur le dossier "pigeons", Valls se fait  recadrer grave, et la "bande des quatre" ministres est tournée en ridicule. 

Voici le  portrait au couteau consacré à Louis XIV  au Premier ministre par Le Nouvel Obs, ce jeudi 11 octobre.

1- Trois vacheries en un seul entretien

Ne vous fiez surtout pas à son agenda - évidemment partagé en live sur les réseaux sociaux - annonçant une bien inoffensive inauguration de mairie, dans la banlieue nantaise, ce jeudi 11 octobre dans la soirée – à Basse-Goulaine, paisible bourgade de 7.995 habitants, lors du dernier recensement de 2009 :
Non.

- Suite à plusieurs critiques, parfois exprimées ouvertement, y compris par des ministres, sur son autorité,
- Après sa quasi-disparition sur plusieurs sujets clefs de l’agenda médiatique, début octobre
- Jean-Marc Ayrault, est pleine phase d'"affirmation de soi".

C’est notamment ce qu’apprend un portrait très autorisé du Premier ministre, publié, sur une double page, dans Le Nouvel Observateur, ce jeudi 11 octobre, et qui comporte quelques remises au point signées Jean-Marc Ayrault himself, passées, jusqu’à présent, relativement inaperçues. 

Attaque numéro 1 : Bercy a foiré sur le PLF, et il ne fallait pas intervenir sur les #geonpi
Jean-Marc Ayrault y fait par exemple porter la responsabilité du bug dit des pigeons - ces entrepreneurs qui ont contraint le gouvernement à une marche arrière sur le stratégique budget 2013 quatre jours après sa publication – sur Bercy.

"Des entrepreneurs nantais m’avaient alerté du problème.
Nous aurions pu corriger cette anomalie par amendement lors du débat parlementaire, tout était prêt … […]
’étude d’impact de cette mesure n’a pas été préalablement réalisée par Bercy."

Oui oui, vous n’avez pas rêvé : en plus du recadrage des ministres de Bercy, Jean-Marc Ayrault se permet une double réponse … à François Hollande soi-même.
Le chef de l’Etat avait en effet légèrement moqué son trop fort attachement à Nantes … et, surtout, sur le fond, c’est bien l’Elysée qui est responsable la réponse précipitée à la grogne des entrepreneurs.

Attaque numéro 2 : Non, mes ministres ne m’ont pas débordé à Solférino

Jean-Marc Ayrault recadre également les quatre ministres dits "de la bande des quatre", réputés, voire revendiquant avoir eu une influence décisive dans l’accession d’Harlem Désir à la tête de Solférino.
Le coup est asséné avec violence, cette fois, le premier ministre usant d’une métaphore toute germanique :
"Je les ai obligés à rentrer dans le rang et à se rallier à la motion présidentielle que j’ai conçue avec Martine Aubry", revendique l'adjudant de quartier.

Attaque numéro 3 : Je décide,  Valls, mon 'collaborateur', exécute

Son hyper-activité vaut à Manuel Valls d'être sacré "vice-président" par Le Nouvel Observateur et donné comme remplaçant possible à un Ayrault en chute libre dans les sondages. Il est donc lui aussi sérieusement moqué par le Premier ministre, qui affirme son autorité sur le locataire de la Place Beauvau : 
"Nous avons une réunion hebdomadaire le lundi matin, pour parler de la politique de sécurité.
C’est moi qui lui ai demandé de se rendre à Amiens, après les émeutes du mois d’août.
Je l’ai aussi convié à une réunion à Marseille avec Christiane Taubira pour que les politiques de sécurité et de justice soient étroitement coordonnées. "

Enfin, affichage de l'homme qui murmure à l'oreille du président, pour se rassurer

Le dernier exemple n’est pas une attaque, mais l’affirmation d’une proximité, d’une complicité, même, tant que Valérie Trierweiler n'en prend pas ombrage.

Toujours dans ce portrait de l’Obs, Ayrault revendique une relation tellement forte avec le chef de l’Etat, qu’il évoque même, entre les lignes, des échanges … quasi-télépathiques :
"Nous nous comprenons sans avoir besoin de fournir de longues explication," insiste La Voix de son Maître.
Le 17 septembre, France 2 diffusait justement un reportage excessivement mis en scène autour de cette relation. Une commande ?

jeudi 1 octobre 2009

Crise: un déficit budgétaire record pour soutenir la croissance

La France fait plutôt mieux que la moyenne des pays de l'OCDE

Une partie de la presse admet que Nicolas Sarkozy a été l'homme de la crise, mais elle attend maintenant de lui qu'il en sorte le pays .

Nicolas Sarkozy a vu juste
Sous son autorité, la présidence française de l'Union européenne au second semestre 2008 fut un succès en pleine tourmente. Son choix d'une relance par l'investissement public, d'inspiration keynésienne, pour gérer la plus grave récession mondiale aura finalement été peu contesté. La gauche a évidemment jugé insuffisant le soutien à la consommation. Mais ses critiques ont perdu de leur acuité avec les mesures décidées au sommet social du 18 février pour aider les foyers les plus fragilisés.

Au coup pour coup
Cet été une nouvelle période s'est ouverte, tout aussi délicate : celle d'une sortie de crise atypique.
La hausse surprise (+ 0,3 %) du produit intérieur brut (PIB) dès le deuxième trimestre, l'augmentation de la production industrielle depuis le mois de mai, la stabilisation des effectifs de l'intérim, cet indicateur avancé de l'emploi constituent de bonnes nouvelles.
D'autres le sont moins.
Les niveaux d'activité restent bas. La consommation des ménages, moteur de la croissance, a donné des signes de fragilité en juillet et en août. Mais l'industrie automobile nationale reprend le dessus, Peugeot surtout, mais aussi Renault. L'épargne de précaution s'accroît. Le chômage risque d'augmenter tout au long de 2010. En somme, la crise financière s'éloigne ; la crise économique n'est pas achevée, résume l'Elysée.

Le chef de l'Etat maintient sa ligne,
face à l'ambivalence de ce début de reprise.
Avec Christine Lagarde et Eric Woerth, il dit non à la rigueur qui compromettrait les chances de la croissance et se révélerait, accessoirement, impopulaire. Ce choix trouve sa traduction concrète dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2010 présenté, mercredi 30 septembre, par les ministres de l'économie et des comptes publics, Christine Lagarde et Eric Woerth. "2009 était un budget de gestion de la crise, a rappelé ce dernier ; 2010 est un budget de gestion de la sortie de crise par la croissance, par la compétitivité et par l'emploi. Nous sommes dans une année charnière : la reprise reste fragile, et nous devons tout faire pour réussir non seulement à la consolider, mais à renouer durablement avec la croissance."

Conforté par le G20 de Pittsburgh, les 24 et 25 septembre, le gouvernement va donc continuer à soutenir l'activité, en tablant sur une croissance encore faible en 2010 (+ 0,75 %).
  • La mission "Relance" va être dotée de 4,1 milliards d'euros qui iront à l'investissement et à l'emploi (exonération de charges pour les très petites entreprises qui embauchent...).
  • Les crédits de l'emploi seront renforcés de 700 millions d'euros par rapport au budget triennal. Les entreprises pourront continuer à se faire rembourser immédiatement le crédit d'impôt-recherche (CIR).
  • Surtout, elles bénéficieront de la réforme de la taxe professionnelle (5,6 milliards d'allégement en régime de croisière) et de la restitution exceptionnelle de 7,4 milliards de trop-perçu au titre de 2009. Leur trésorerie en sera soulagée. L'Elysée a choisi de ne pas étaler la réforme pour donner un vrai ballon d'oxygène aux entreprises.

    Laisser jouer les stabilisateurs

    Un autre choix lourd a consisté à ne pas compenser les pertes de recettes pour laisser jouer à plein les stabilisateurs économiques et le dynamisme des transferts sociaux. "Nous pensons qu'il est trop tôt pour corriger le déficit. Si nous le faisions, nous nous exposerions à une forte rechute de la croissance", estime l'Elysée.

    En 2009, sous l'effet de l'augmentation des dépenses liées au plan de relance (40 milliards d'euros au total) et de la chute spectaculaire des recettes fiscales (- 53 milliards), le déficit public (Etat, collectivités locales et Sécurité sociale) atteindra le niveau historique de 8,2 % du PIB.
    En 2010, il pourrait passer à 8,5 % du PIB en raison du surcoût temporaire de la réforme de la TP l'année où elle est lancée. La dette publique atteindra, quant à elle, 84 % du PIB, soit "un niveau inférieur à la moyenne de l'OCDE (100 %) et de la zone euro (86 %)", a précisé M. Woerth. Cela n'empêche pas une partie de la majorité, rejointe par les socialistes, de s'inquiéter du poids considérable de la dette.

    Le gouvernement réaffirme en outre sa volonté de ne pas alourdir la fiscalité dans ce contexte tendu et dans un pays classé cinquième au monde pour le niveau de ses prélèvements obligatoires.
  • La création de la taxe carbone entraînera néanmoins des charges accrues pour certains ménages.
  • Par ailleurs, un certain nombre de hausses sont prévues pour limiter le dérapage des comptes de la Sécurité sociale déficitaires de 31 milliards d'euros.
  • Côté dépenses, le gouvernement condamne la rigueur mais revendique la "maîtrise" : 34 000 postes de fonctionnaires seront supprimés ; les dépenses de l'Etat et ses concours aux collectivités locales, hors plan de relance, ne progresseront pas plus vite que l'inflation (+ 1,2 %).

    Ayant fait le pari d'accompagner la reprise en 2010, le gouvernement renvoie à 2011 la réduction du déficit.
    Tandis que l'opposition n'évalue pas la crise économique internationale à sa juste valeur, le pouvoir table sur une croissance économique de 2,5 % et une progression des dépenses publiques limitée à + 1 % en volume. A cette double condition, difficile à remplir, le déficit public serait ramené à 6 % en 2012. Très loin des 3 % du pacte de stabilité et de croissance.