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mercredi 14 août 2013

Loi pénale: le torchon brûle entre Valls et Taubira

Hollande appelé à faire ce qu'il ne sait pas faire: arbitrer !

Valls fait du bourrage de crâne

Viens danser, sous le sunlight des tropiques,
on va s'aimer, on a toute la nuit pour s'aimer
Manuel Valls a adressé à François Hollande une lettre où il démonte la réforme pénale en préparation au ministère de la Justice et dans laquelle il demande au président de la République de désavouer Christiane Taubira. Telle est la méthode sournoise de Manuel Valls qui feint de la jouer collectif au micro de RTL. Face aux caméras, le ministre de l’Intérieur reprend la thématique de Matignon du "vivre ensemble," mais pour mieux attaquer dans la pénombre par surprise. Il insiste lourdement sur la bonne harmonie gouvernementale avec Christiane Taubira, mais sur le nécessaire et logique "débat", lorsque le courrier du faux-cul est publique.

Pour preuve de cette franche camaraderie socialiste, lors de son passage matinal sur RTL, mercredi 14 août, Manuel Valls répète à quatorze reprises le mot "ensemble" pour tenter de convaincre qu’il travaille en concertation avec sa collègue de la Justice, au risque de produire l'effet inverse.
VOIR et ENTENDRE un florilège du matraquage du "vivre ensemble" socialiste:


Manuel Valls : avec Taubira on travaille... par LeLab_E1

Les deux ministres n’ont de cesse de se tirer dans les pattes

Apprenti-sorcier, François Hollande a jeté l'huile de Valls à l’Intérieur  sur le feu de Taubira à la Justice: un homme politique d'expérience aurait pu prévoir que son homme de droite ne ferait pas bon ménage avec sa ministre la plus à l'ouest.  
Le Monde fait d'ailleurs savoir que le premier flic de France est allé jusqu’à écrire directement à François Hollande pour court-circuiter sa collègue.

Interrogé sur RTL, l'ambitieux ministre tente de calmer le jeu:
"Nous travaillons ensemble, avec Christiane Taubira", assure-t-il, froidement. "Nos équipes ont travaillé ensemble. Il y a un débat, ces notes n'ont pas à être publiques, je le regrette. C'est la procédure normale", insiste-t-il, sans sourciller.

La veille, le document révélé par Le Monde faisait état d'une demande d'arbitrage à François Hollande face à de nombreux "désaccords" avec le projet de réforme pénale défendu par la garde des Sceaux. Sans grande retenue, Manuel Valls avait taclé sa consoeure qui lui avait à son tour répondu sur le même ton.


Après son dernier coup bas,
Valls, a néanmoins assuré vouloir continuer à collaborer avec sa collègue de la Justice, malgré leurs désaccords sur le futur projet de réforme pénale. Il a rappelé sur RTL que "la Justice et l’Intérieur doivent travailler ensemble au service des Français, "car nous ne cessons de le marteler, pour être efficaces, il faut que les forces de l'ordre et les magistrats travaillent ensemble." Et de se féliciter de la mise en place "des zones de sécurité prioritaire qui marchent à Amiens, en Seine-Saint-Denis, à Marseille ou à Grenoble", selon lui, et de la "communication en Conseil des ministres sur un sujet qui préoccupe nos compatriotes, c'est-à-dire la récidive".

"L'écart entre nos analyses demeure trop important"
Le projet de loi pénale, très attendu a pris un peu de retard. Christiane Taubira entend notamment limiter le recours à la prison, entre autres par l'introduction d'une "peine de probation". Ce qui n’est pas du goût de son "camarade" de la place Beauvau, qui s’en est ému directement au chef de l’Etat. "J'attire votre attention sur les désaccords mis en lumière par le travail interministériel (...) autour du projet de réforme pénale présenté par le ministère de la justice", a écrit le ministre dans une note adressée fin juillet à la présidence, révélée par Le Monde.

"Tant pour des raisons de méthode que de fond, l'écart entre nos analyses demeure trop important et appelle une clarification de nos orientations politiques", écrit le ministre, qui souhaite "que nous définissions collectivement les principes directeurs de cette réforme autant que les modalités de son déploiement".

Le texte "repose sur un socle de légitimité fragile"

A l’Elysée, on se refuse naturellement à tout commentaire... 
Jean-Marc Ayrault a lui, téléphoné à son ministre de l'Intérieur et va appeler sa ministre de la Justice. Dans l’entourage de Manuel Valls, on regrette que cette missive ait fuité dans la presse. "Il y a un projet de loi gouvernemental et des travaux préparatoires (…) Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que l'Intérieur exprime et ait sa ligne dans ce cadre", toujours selon l'entourage du ministre. 
Hyperactif cet été, Manuel Valls critique notamment l'automaticité de certaines réductions ou aménagements de peine, et juge que le texte "repose sur un socle de légitimité fragile". 
Il déplore enfin "le bref délai dans lequel est conduite la réflexion sur un projet de loi, techniquement dense et politiquement sensible", soulignant qu'il n'a été transmis à son cabinet que le 12 juillet. 
Taubira avait suivi la même méthode à propos de la réforme du code civil introduisant le marigage entre personnes du même sexe.


Taubira se déclare  "surprise"

"Rien d’étonnant", assure l’entourage du ministre de l’Intérieur, sauf pour la garde des Sceaux. "Je ne peux que m'étonner qu'un tel document ne m'ait pas été communiqué", s'est indignée la ministre dans le Monde, "d'autant qu'il comporte des propositions de réforme du droit de la peine, domaine qui ne ressort d'aucune façon aux compétences du ministre de l'intérieur." 
Christiane Taubira est "d'autant plus surprise" qu'elle a téléphoné à Manuel Valls le 29 juillet - soit quatre jours après l’envoi de la lettre - et qu'il ne lui en a pas soufflé mot. 
François Hollande, actuellement en vacances, va devoir trancher à son retour.

Vacance du PS qui banalise par la voix d'un député 

"Une phase comme il en existe avant chaque projet de loi"

Alors qu'Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, continue de jouir de ses vacances, le président PS de la commission des lois de l'Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas,  est l'un des rares socialistes qui osent commenter la brouille ce mercredi matin. Selon lui, "nous sommes dans une phase comme il en existe avant chaque projet de loi où des ministres qui défendent des points de vue ont besoin de formaliser leur désaccord momentané". Mais "ce qui fait polémique, c'est que quelqu'un a cru bon de le donner» à la presse, regrette-t-il sur France Inter. Par ailleurs, Jean-Jacques Urvoas assure souhaiter que la réforme pénale soit adoptée avant les municipales du printemps 2014, "parce que sinon cela serait considérer que la situation que nous connaissons aujourd'hui est satisfaisante".

Les juges du Syndicat de la Magistrature prennent parti pour Taubira

Tandis que le pompier-pyromane 
tente bien ce mercredi matin d'éteindre l'incendie allumé mardi
 par ses critiques de Christiane Taubira, les juges rouges du SM politisent clairement les heurts entre les belligérants.
"Valls veut poursuivre la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy", lance le Syndicat de la magistrature. "Il y a eu les discussions, la conférence de consensus", défend la présidente du Syndicat de la magistrature, Françoise Martres, après les critiques du ministre de l'Intérieur sur la méthode du projet de réforme. Et "il a parfaitement été associé à tous ces débats-là", soutient-elle contre Valls, sur RTL. "Il est temps que cette loi voit le jour, s'impatiente la syndicaliste. "Car tant qu'elle n'est pas modifiée, les magistrats continuent à appliquer [mais plutôt à interpréter] les lois sécuritaires de Nicolas Sarkozy. [...] C'est vrai que ce n'est pas simple de trancher entre deux politiques, une politique sécuritaire qui consiste à dire 'y'a que la prison comme solution, construisons de nouvelles prisons' et une politique qui consiste à dire que cette politique-là est un échec, mais c'est plus compliqué à expliquer [mais surtout à remplacer] et c'est certainement moins porteur électoralement [le souci du syndicat de la justice politique]. Il faut en conclure qu'il veut poursuivre la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy", accuse-t-elle à nouveau la mono-maniaque, en juge partisane. La même cautionne le "mur des cons" (lien). 

L'opposition

"La preuve que leur entente est un leurre", selon Michèle Alliot-Marie
Celle qui a exercé les deux fonctions de ministre de l’Intérieur et de la Justice, estime sur Europe 1 que cette dissonance est "un couac de plus dans la gestion gouvernementale! C’est la preuve que les opérations de communication qui tendaient à faire croire que l’un et l’autre s’entendaient bien ne sont qu’un leurre"
L'ancienne ministre fustige également "l'inexistence du Premier ministre" face à cette querelle Valls-Taubira

Concernant la
suppression des peines planchers pour les récidivistes et la multiplication des alternatives à la prison, Michèle Alliot-Marie affirme que "l’action de Taubira s’inscrit dans un esprit de revanche qui consiste à vouloir supprimer tout ce qui a été fait auparavant, même si cela commençait à donner des résultats. [...] Je pense que la sécurité des Français implique qu’il y ait une continuité dans l’action. Je sais que les socialistes sont complètement hermétiques à ce qu’est la réalité quotidienne de la délinquance. Lionel Jospin avait fini par reconnaître qu’ils étaient naïfs. On est dans la même chose. Pour les socialistes, il n’y a pas de faute individuelle, tout est de la faute de la société", déplore-t-elle encore.

Bruno Beschizza : "Valls et Taubira sont dans l'imposture".
 
Le secrétaire national de l'UMP, Bruno Beschizza, a fustigé «l’imposture» que jouent selon lui les ministres de l'Intérieur et de la Justice. Au micro de RTL, le conseiller régional d’Île-de-France regrette que cette dernière aille «voir des détenus jouer au basket» quand Manuel Valls «demande aux gendarmes et aux policiers de toujours mieux s’occuper des victimes, des délinquants et des voyous», accuse-t-il. François Hollande, quant à lui, «ne va pas trancher, car il a entretenu cette imposture. [...] Depuis un an, la gauche dit du Valls et fait du Taubira» et le président de la République «a fait ce choix, en conscience, de cultiver cette ambiguïté».

Christian Estrosi : "Valls est un ministre placebo" 
Invité d'i-télé, le député-maire UMP de Nice n'y est pas aller de main morte au sujet du ministre de l'Intérieur. "Il a d'abord cautionné et maintenant, face au désastre, il se dévoile", avait-il déjà accusé dans Le Figaro avant de le qualifier ce mercredi matin de "ministre placebo". 
Quant à François Hollande, "on le connaît le Président, il pratique la politique de l'autruche", lance-t-il au sujet d'une éventuelle réaction du chef de l'Etat.

Luc Chatel : "Ce nouveau couac est un résultat de la politique voulue par Hollande"
Selon l'ancien ministre ministre UMP de l'Éducation nationale, "Valls fait de la communication". Au fond, "ce nouveau couac entre Valls et Taubira est un résultat de la politique voulue par François Hollande: une répartition contradictoire des rôles", déplore-t-il sur BFMTV. "Le président de la République doit choisir son camp: ce n'est pas en relâchant les détenus qu'on obtiendra de meilleurs résultats. [...] Nous n'avons pas de politique pénale ferme mais du laxisme à tous les étages. Les chiffres de l'insécurité augmentent mois après mois", assure-t-il. Une politique qui fait le jeu de Marine Le Pen et du Front National.

VOIR et ENTENDRE Luc Chatel souligner que Valls est totalement dans la communication:

Alain Cadec ‏: "On atteint des sommets" 
Selon le député européen et conseiller général des Côtes d'Armor, "Taubira est un peu la nouvelle Ségolène. Elle est convaincu d'être investie d'une mission divine". Quant à Valls, "lui, est aveuglé par l'ambition", tweete Alain Cadec. "On atteint des sommets en matière de cohérence gouvernementale: pas de chef et des ministres qui s'étripent", insiste-t-il sur le réseau social.



SONDAGE. Trois quarts des Français estiment que la justice n'est pas assez sévère avec les mineurs

Selon un sondage Ifop pour Le Figaro, auquel une majorité de sympathisants de droite a répondu (les personnes se disant sympathisantes de l'UMP et du Front national représentent 39% des sondés), 62% des Français estiment que les peines ne sont pas assez sévères en matière de petite délinquance. Un score qui grimpe à 74% en ce qui concerne la justice des mineurs.

70% des Français estiment que la justice fonctionne mal et 72% considèrent que les moyens sont insuffisants. Les personnes interrogées semblent plutôt favorables aux alternatives à l'emprisonnement, comme le bracelet électronique (79% se déclarent pour), mais réclament également la construction de nouvelles prisons (81% plébiscitent cette mesure). 

La garde des Sceaux ne semblent pas pâtir des imperfections qui sont pourtant sous sa houlette depuis plus d'un an : 51% et 53% des sondés la jugent respectivement «compétente» et «juste».

(Sondage réalisé par l'Ifop pour Le Figaro. Etude réalisée du 8 au 13 août 2013 sur un échantillon de 1003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus).


Il ne se trouve bientôt plus d'élus de gauche à prétendre parler au nom des Français...

mercredi 30 janvier 2013

" Mariage pour tous" : Jérôme Lambert (député PS) s’oppose au projet de loi

Pavés dans la mare Taubira: les langues se délient 

Jérôme Lambert, député PS de Charente, confirme son rejet des projets de "mariage pour tous" et d’adoption pour les "couples" homosexuels.

Le petit-neveu de l’ancien Président de la République, François Mitterrand,  l'a annoncé dans un courrier à l'un des électeur de sa circonscription. 

Élu de Jarnac depuis 1986, il " refuse la conséquence d’une double filiation père-père ou mère-mère qui résultera du texte de loi ". 

"J’avais déjà exprimé, sous réserve de connaître le texte effectif de la Loi, ma réticence quant à une telle proposition. Le texte m’a conforté dans mon opposition "
" Je refuse que l’on parle d’égalité à tort et à travers sur des sujets où c’est la diversité des sexes qui crée la vie… Tout en reconnaissant qu’un lien doit être créé entre un enfant et le compagnon ou compagne de son parent ".

Il y a quelques jours, Jérôme Lambert appelait François Hollande à abandonner ce projet de loi 

" François Hollande a lui-même déjà abandonné au moins trois de ses promesses: la non-ratification du Traité européen, la non-augmentation de la TVA et le droit de vote pour les étrangers non communautaires aux élections locales…! "

Alain Rousset réclame une " clause de conscience"

Le projet de " mariage pour tous " divise le PS plus qu'on ne le dit 
De nombreux élus de gauche  avouent discrètement leur hostilité à ce texte, mais n’avouent pas publiquement, par crainte de subir les foudres du lobby LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans !) et les menaces sur leur prochaine investiture.

Alain Rousset, député et président du Conseil régional d’Aquitaine, communique ses réserves sur le projet Taubira

de ses vœux à la presse le jeudi 17 janvier, Alain Rousset a évoqué la nécessité d'une " clause de conscience ", avant de préciser qu’à ses yeux, l’adoption et la procréation médicale assistée (PMA) réclament un " vrai débat de société ".

Bartolone a objecté que "la clause de conscience n'est pas prévue dans la loi".

Ont-ils autant débattu qu'ils le disent, à commencer entre eux ?
Rousset a d'ailleurs déclaré que l'adoption et la procréation médicale assistée "réclament un vrai débat de société


mercredi 17 octobre 2012

Cinq mois de Hollande et de gouvernement cacophonique

Une suite sans fin de "couacs" et de recadrages


"Il y a quelques erreurs, c'est vrai, et il faut les reprendre"


Le gouvernement Ayrault ressemble à une réunion d'Europe Ecologie-les Verts dans un train fantôme

Jean-Marc Ayrault, le premier ministre virtuel de Hollande, l'a admis mardi 16 octobre, à propos des dysfonctionnements de son gouvernement du changement. Tirant sans cesse les oreilles de ses ministres, le professeur logé à Matignon a ajouté, sur Europe 1, à leur attention : "On n'est pas là pour se faire de la publicité pour soi-même, on n'est pas là pour faire des débats de société, on est là pour défendre son ministère (...) et la politique du gouvernement." Il se pose un peu là !

Près de cinq mois après sa nomination, Z-Ayrault est pointé pour son manque d'autorité et de réactivité. Les "couacs" partent de partout au fond de son gouvernement et le professeur d'allemand, c'est "normal",  est accusé de ne pas tenir sa classe
Lire l'article de Le Monde: Au gouvernement, les couacs s'accumulent depuis cinq mois (seulement accessible aux riches abonnés du journal socialiste)

Le 2 septembre, le premier ministre rappelait déjà qui est le chef
Il avait en effet déjà dû effectuer un recadrage en règle des membres du gouvernement, intervenant après trois mois émaillés de conflits, petits et grands, entre plusieurs ministres. "Si ça devait continuer, je dirais que chacun devra prendre ses responsabilités. C'est clair, c'est net", affirmait-il alors, dans un mouvement de menton. Mais depuis, les agités, épris de pouvoir, se sont vu pousser des ailes... 

Revue de détails des désaccords qui se sont multipliés ces dernières semaines, avant même que le projet de loi de finances (PLF) pour 2013  ne soit débattu en séance publique à l'Assemblée nationale.

Redevance audiovisuelle : Cahuzac mouché 

Le premier ministre a déclaré mardi sur Europe 1 que la contribution à l'audiovisuel public ne sera pas étendue aux résidences secondaires. Non, mais ! Un recadrage en règle du ministre délégué au budget, le sympathique Jérôme Cahuzac, qui , haut et fort, s'était dit "favorable" à cette extension de la redevance, proposée par les députés PS et qui aurait rapporté quelque 110 millions d'euros en 2013.

"Non, ce n'est pas la position du gouvernement", a soutenu Ayrault. "Le gouvernement est favorable à cet amendement parlementaire, d'origine parlementaire", avait pourtant affirmé dimanche le très cassant Cahuzac.
Lire Le Monde si on en a les moyens:  Ayrault désavoue Cahuzac sur la redevance audiovisuelle (zone de non-droit pour les non-abonnés)

Mariage homo : coup sur le bec de Touraine

Ayrault a répété mardi que le projet de loi sur le mariage de personnes du même sexe se limitera à l'adoption pour les couples homosexuels, tout en reconnaissant que "le débat parlementaire" aurait lieu ensuite: c'est la concertation socialiste ! "Le projet du gouvernement, celui qui sera présenté en conseil des ministres par Christiane Taubira [le 31 octobre], c'est à la fois le mariage pour tous et l'adoption. Et il sera limité à cette proposition", a déclaré le Chef.

Or, dimanche, la ministresse de la Santé et des affaires sociales, Marisol Touraine s'était déclarée "personnellement favorable" à  la procréation médicalement assistée (PMA) accessible à tous. Cette dernière, qui fait figure de rivale pour la succession à Matignon et qui avait critiqué ouvertement la discrétion estivale de son professeur Ayrault, avait en fait soutenu l'initiative du chef de file des députés PS frondeurs. Bruno Le Roux avait clamé vendredi qu'il souhaite voir déposer un amendement sur la PMA dans le projet sur le mariage homosexuel. Il avait alors cru qu'il était le chef au Palais Bourbon.

Cannabis : Peillon et Duflot appelés au sevrage


Pourquoi Peillon
est-il donc 
en pétard ?
Panne de gel ?



Ayrault a confirmé mardi avoir rappelé à l'ordre le ministre de l'Education, Vincent Peillon, qui a suscité un tollé à droite et a mis la majorité dans l'embarras en se déclarant dimanche en faveur d'un débat sur la dépénalisation du cannabis pour lutter contre les trafics dans les cités. Le président Hollande et le premier ministre sont pourtant opposés à tout infléchissement de la législation."Vincent Peillon m'a appelé hier matin pour reconnaître son erreur parce qu'il a fait effectivement une erreur. (...) Les choses sont rentrées dans l'ordre. Maintenant tout le monde est au travail", a assuré le premier ministre.

"Les ministres ont à se concentrer sur la mission qui est la leur. (...) Et rien d'autre, nous ne sommes pas des commentateurs", avait-il déjà lancé sèchement la veille: silence dans les rangs !
"Très colère" après cette énième expression divergente de l'un de ses ministres, François Hollande, président de la "gauche molle" incohérente, avait demandé à Ayrault, lundi matin, "de faire respecter l'ordre au sein du gouvernement".
Lire (si possible) Le Monde : L'embarrassante sortie de route de Vincent Peillon sur le cannabis (zone VIP des abonnés)

Simple épisode d'un interminable feuilleton... 
S'exprimant en tant que secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, la ministre azimutée du Logement, Cécile Duflot, avait - elle aussi- défendu début juin la légalisation du cannabis : un défi à F. Hollande qui s'y était déclaré opposé pendant la campagne présidentielle. Les propos de la ministre avait échauffé les oreilles de l'adjudant-chef Ayrault, qui avait affecté le mépris, affirmant qu'elle s'était engagée à titre personnel. Le chef de l'Etat avait alors rappelé qu'il restait hostile au projet évoqué par Duflot, qui n'a pas demandé son reste.

Education : Peillon, humilié 

En cinq mois, c'est la troisième fois que Son Excellence Vincent Peillon se fait recadrer par le chef du gouvernement. 

1 - Le 17 mai, jour de son entrée au ministère de l'Education, il avait annoncé de manière intempestive le retour de la semaine de cinq jours à l'école pour la rentrée 2013, alors même que le Premier ministre virtuel avait demandé à ses troupes discrétion et cohésion. Ayrault l'avait recadré fermement, rappelant qu' "il y aura une concertation (...) avec tous ceux qui ont leur mot à dire et puis (...) il y aura un arbitrage, JE le prendrai, pour que l'objectif principal soit respecté".

2 - Un mois plus tard, V. Peillon avait récidivé, en promettant l'allongement à deux semaines des vacances de Toussaint. Et une fois encore, Ayrault avait fait baisser la température de son ministre. 
Voyez la chance que vous avez de lire Le Monde: Le professeur Ayrault reprend une nouvelle fois l'élève Peillon

3 - Fin septembre, Peillon a aussi annoncé le recrutement de 40 000 enseignants dès 2013. Cela en opposition avec les consignes de F. Hollande, qui avait demandé à ses ministres de ne pas faire d'annonces budgétaires avant le vote du projet de loi de finances pour 2013.
Les privilégiés peuvent lire : Vincent Peillon, un habitué de l'annonce choc

Contrôles d'identité et droit de vote aux étrangers : Valls s'impose

"Convaincu" par son ministre de l'intérieur, Manuel Valls,  Ayrault a entériné le 28 septembre l'abandon de récépissé après contrôle d'identité. Le 30e "engagement pour la France" du candidat Hollande pour lutter "contre le délit de faciès dans les contrôles d'identité par une procédure respectueuse des citoyens" n'évoquait pas explicitement les récépissés. 
Mais le 1er juin, le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait semblé ouvrir la voie à ce dispositif du "reçu", expliquant qu'il s'agissait d'un"engagement" de campagne du président Hollande. Mais Manu Valls a fait part de son scepticisme à plusieurs reprises...

Le 17 septembre, le soliste de la place Beauvau a également fait entendre sa petite musique sur le droit de vote des étrangers aux élections locales. Alors que 77 députés de la majorité lançaient, dans les colonnes du Monde, un appel à François Hollande pour qu'il n'oublie pas de faire appliquer cette promesse de campagne, Valls a assuré que cette mesure, promise par la gauche depuis trente ans, n'est pas "une revendication forte de la société française". "Ça n'a pas la même portée qu'il y a trente ans. Aujourd'hui, le défi de la société française est celui de l'intégration", avait-il lancé.

Banque des PME : Moscovici et Montebourg priés de se calmer

Un autre "tandem" a défié Ayrault : l'attelage entre Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et Pierre Moscovici, ministre de l'économie. Le 2 septembre, le premier ministre a rappelé à leur devoir de discrétion les deux ministres, qui se sont livrés à un bras de fer sur la Banque publique d'investissement (BPI), sur fond de soupçons de conflit d'intérêts en faveur de la concubine Pulvar. Cause de cette tension : le choix de désigner la banque Lazard comme conseil du gouvernement pour créer la future BPI qui sera chargée de financer les entreprises.

Les deux ministres ont démenti tout coup bas et abus de pouvoir, mais Nono Montebourg a critiqué ce choix sur le fond. P. Moscovici avait réagi en marquant son territoire, affirmant que le dossier lui revenait à lui seul, et que c'était lui qui prenait les décisions, assurant au Monde que le choix de cette banque est issu d'un appel d'offres. Et ajoute, à destination de Montebourg : "Quand on appartient à un gouvernement, il vaut mieux la jouer solidaire". M. Ayrault, qui avait recadré M. Montebourg, était apparemment du même avis.
Dommage, peut-être, que nous ne puissions pas tous lire dans Le Monde: Banque des PME : Moscovici recadre Montebourg

Nucléaire : Montebourg recadré 

Fin août, Jean-Marc Ayrault avait dû déjà rappeler à l'ordre Arnaud Montebourg, qui avait suscité la colère des écologistes en déclarant le 26 août qu'il ne faut pas"abandonner le nucléaire", qui "est une filière d'avenir". Le gouvernement prévoit pourtant de réduire l'énergie produite par le nucléaire de 75 à 50 %.

Invité sur France 2, le premier ministre a démenti tout changement de cap : "J'ai parlé avec Arnaud Montebourg et la position du gouvernement, elle est très claire : ce sont les engagements que le président de la République a pris devant les Français, c'est le mix énergétique."

Z-Ayrault avait rappelé qu'il s'agissait de faire passer d'ici à 2025 la part de l'électricité produite par le nucléaire "de 75 % à 50 %" en développant les économies d'énergie et les énergies renouvelables. Prié de dire s'il avait recadré M. Montebourg, le premier ministre avait répondu : "Je lui ai rappelé la position du gouvernement, il en a parfaitement convenu".

Forages en Guyane : Nicole Bricq limogée 

Le 14 juin, la ministre de l'écologie et de l'énergie, Nicole Bricq, a annonçait qu'elle souhaite une "remise à plat" complète des permis d'exploration pétrolière, qui autorisent les compagnies à pratiquer des forages, en attendant une réforme du code minier. Une décision qui contrarie fortement plusieurs compagnies, dont Shell, qui avait plusieurs forages prévus pour l'été.

Mais la ministre est rapidement désavouée. Les parlementaires guyanais font pression pour que les forages aient lieu. Le lendemain de sa décision, son ministère annonce qu'il n'est "pas envisagé de remettre en cause les permis déjà octroyés pour la recherche de pétrole et de gaz conventionnel". Tollé chez les écologistes et dans les associations, qui dénoncent une volte-face. A l'issue des législatives, Mme Bricq perd son portefeuille, qui va à Delphine Batho. Une occasion de défaire le tandem que constituait cette dernière avec la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, et qui ne fonctionnait pas du tout, selon plusieurs échos de presse.Mutualisez vos ressources pour lire Le Monde: Comment le pétrole de la Guyane a eu raison de la ministre de l'écologie

Financement de la télé publique : Filipetti et Cahuzac remis en place 

Autre rivalité entre membres du gouvernement: celle entre Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, qui n'a de cesse de s'opposer à son homologue du budget, Jérôme Cahuzac. Dès les débuts du gouvernement, la ministre se heurte à la rigueur budgétaire imposée par   Cahuzac, un psycho-rigide à forte poitrine  fort ego, qui lui refuse toute rallonge budgétaire.

La première tension survient alors que le gouvernement réfléchit à rétablir la publicité à la télévision publique, supprimée par Nicolas Sarkozy au prix d'une perte de recettes forte, mais contraignant à une gestion rigoureuse. Pour retrouver des financements sans remettre en place les écrans publicitaires, Aurélie Filippetti évoque début juillet la possibilité d'une taxe sur les écrans d'ordinateur pour financer le service public. Hors de question, trancha J. Cahuzac. 
Après d'autres échanges dans les media entre les deux ministres, il avait finalement fallu l'intervention de Jean-Marc Ayrault – qui avait demandé à ses ministres de "garder [leur] calme" –  et d'enterrer la hache de guerre.
Les défavorisés peuvent en faire leur deuil. L'article de Le Monde est discriminatoire et s'adresse aux riches : Ayrault rappelle ses ministres à l'ordre sur la télévision publique

Mais qui n'a pas donc pas encore été envoyé au coin ?

Est-ce parce qu'il a déjà les oreilles décollées, que Benoît Hamon se les protège ? Tout de même, comment occupe-t-il son temps ? 
Si le ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire et à la Consommation est désoeuvré, il va falloir que le Chef du gouvernement fasse pointer ses membres et les passe tous aux  35 heures.