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lundi 24 février 2020

Emmaüs installe les plus démunis dans la précarité

Emmaüs inaugure sa lavo’mobile pour "répondre à des besoins et réparer des injustices"

L'association accompagne-t-elle les plus démunis ou la gauche radicale?

Au lieu de combattre les causes de la pauvreté, la communauté d’Emmaüs aménage les conditions de vie des naufragés de la vie. Auxiliaire du pouvoir, elle gère la pénurie que les ministres des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, du Travail, Muriel Pénicaud, ou du Logement Julien Denormandie, ne mettent pas les moyens de résorber.

A Marseille, elle a inauguré sa lavo’mobile, pour rendre service aux plus démunis et les aider à se garder propres sur eux. Emmaüs à Marseille a en effet imaginé une voiture itinérante équipée d'une machine à laver séchante. 
La fierté se lit sur le large sourire de Kamel Fassatoui. Il vient, avec Eric et Bernard, deux compagnons de la communauté Emmaüs à Marseille, de garer sa lavo’mobile sur le parking d’une auberge de jeunesse de la Pointe-Rouge. Elle accueille des mineurs non accompagnés grâce à Médecins sans Frontières.

Les intentions politiques sont-elles vertueuses ?

Emmanuel Macron en MaraudeA trois semaines des élections municipales, la communauté d’Emmaüs souhaite interpeller sur les difficultés d’accès à l’eau pour les plus démunis à Marseille.
"Ça fait une vingtaine de jours qu’ils sont là, et à part la lessive à la main, ils n’ont pas pu laver leurs affaires", explique Romane, de l’association Just (Justice and Union toward Social Transformation) qui les encadre, soulignant du même coup les velléités gouvernementales sans se donner les moyens d'un accueil digneC’est pourquoi, pour la première fois, Kamel, le responsable d’Emmaüs, vient de garer son drôle d’engin à l’auberge de jeunesse à Marseille.
"Par transformation sociale, l'association Just entend "une démarche en profondeur qui prend en compte les dimensions morales, éthiques, sociales, politiques, économiques et méthodologiques des processus de transformations sociales." 
Marss (Mouvement et action pour le rétablissement sanitaire et social), depuis 2005, est à la fois une équipe de l'AP-HM composée d'une quinzaine de salariés et un mouvement de "citoyens volontaires" qui participent à différentes actions - comme l'ouverture d'un squat en 2007, dans la rue Curiol, rue du 1er arrondissement de Marseille à la sociologie très particulière, celui de la prostitution - ayant toutes pour objectif plus de justice sociale. Or, dans cette Rue Curiol précisément, une dizaine d'immeubles devront être évacués, quelques mois après l'effondrement des immeubles de la rue d'Aubagne, en juillet 2019, ce qui pose la question du sens des responsabilités de ce type d'associations qui exploitent le malheur de certains à des fins politiques inavouables. Ces citoyens vertueux accuseront pourtant le bailleur Marseille Habitat de "saccage d'immeuble" "pour décourager les retours" (!), sans considération de son souci de mettre les habitants en sécurité. En réaction et avec la spontanéité qu'on imagine, les membres du collectif 5 novembre occupèrent les locaux de Marseille Habitat, alors que fin 2019, les numéros 81 et 83 menaceront de s’effondrer. 
L'association Just, à Marseille 6e, exploite l'alibi d'un "lieu de répit pour les personnes sans chez-soi vivant une crise psychotique" et, loin de joindre ses efforts à ceux de l’Hôpital de la Conception, Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM), elle s'oppose aux protocoles mis en place par les urgences psychiatriques, jugeant "indispensable de lutter contre les privations de liberté en psychiatrie et d’instaurer les conditions d’une véritable démocratie sanitaire". Emanation de Marss, Just adresse les demandeurs vers des membres militants d'équipes d’accompagnement: "professionnels 'classiques' du sanitaire et du social (psychiatre, psychologue, éducateur…) mis à disposition par MARSS, volontaires du service civique, travailleurs-pairs ayant une expérience personnelle des troubles psychiques, de l’exclusion sociale, et bien avancés dans leur parcours de rétablissement." Des amateurs contrecarrent ainsi les soins des professionnels et formatent les esprits de personnes en situation de faiblesse.
Dans un fourgon qu’ils ont pu acquérir grâce à la fondation AG2R la mondiale, un organisme français, à but non lucratif, de protection sociale et ...patrimoniale, les compagnons ont installé deux machines à laver séchantes. Elles sont alimentées par un groupe électrogène, ainsi qu’un sur-presseur, et directement raccordées à deux grosses cuves installées sur une remorque, pour l’alimentation en eau et l’évacuation. "On a dû tout inventer nous-même", montre, pas peu fier, le bricoleur Eric.

"Plus que la quantité, l’objectif est d’être là" : une méthode pratiquée par les 'Frères musulmans'




Tout fonctionne et les jeunes peuvent faire tourner leurs machines à laver. "Ce sont des cycles d’une heure environ; le plus long, c’est le séchage. On peut faire quatre machines avant de devoir aller remplir le réservoir et évacuer les eaux usées. Mais l’objectif n’est pas la quantité, c’est surtout d’être là", prévient Kamel, qui ne précise pas d'où vient l'eau et où elle retourne.

Une permanence est organisée chaque vendredi matin de 9h à 11h30 aux Réformés, entre la Canebière et la gare Saint-Charles, là où Emmaüs sert déjà des petits-déjeuners. Et la lavo’mobile peut se rendre n’importe où. "Ça correspond à ce qu’on aime faire : répondre à des besoins, réparer des injustices et faire ce que ne font pas les autres. On ne résoudra pas le problème à nous seuls, mais on souhaite interpeller la ville sur les choses à faire. Laver son linge, s’habiller, ce sont des besoins naturels et pourtant il y a un cruel manque d’accès à l’eau pour les plus démunis à Marseille", regrette Kamel Fassatoui, responsable d'Emmaus Pointe Rouge, à plus de 8 km de là.
Son blog est hébergé par Mediapart.

Après une année de réflexion et de travail, les compagnons ont même pensé à installer un auvent. "Ça permet d’être à l’abri du temps et des regards. On sait que certaines personnes ne veulent pas utiliser le camion douche parce qu’ils ne veulent pas se montrer", explique Bernard. Au bout d’une heure, la machine est finie et le linge est propre.Même avec peu de moyens, Emmaüs prouve que les choses peuvent être bien faites.
En 2016, Emmaüs a eu les moyens d'ouvrir une nouvelle boutique dans le centre ville de Marseille, aux Cinq Avenues, dédiée à l'enfant (puériculture, livres enfants, vêtements, jouets).

Kamel Fassatoui n'est pas un simple GO social

Au lendemain de l'arrestation d'un compagnon sans-papier à Marseille, le Gentil Organisateur à Emmaüs a été placé en garde à vue et l'antenne de la Pointe-Rouge, perquisitionnée pour rechercher d'autres clandestins. Dénonçant une dérive, le mouvement fondé par l'Abbé Pierre a ainsi confirmé les soupçons de lutte politique en zone de non-droit se situant au-dessus des lois de la République. 
"Quand quelqu'un est à la rue, dans une situation d'urgence et de détresse, on ne va tout de même pas lui demander ses papiers !," s'insurge un bénévole capable de citer Nicolas Sarkozy, il y a 13 ans, en octobre 2007. Alors bénévole ou activiste ? Le JDD a choisit et assure que "ce grand principe d'accueil inconditionnel a été mis à mal" à Marseille
Un sans-papiers "baptisé" Hamid est interpellé dans le cadre d'un contrôle d'identité. Le lendemain, le responsable de l'antenne, Kamel Fassatoui, est logiquement convoqué par la police de l'Air et des Frontières (PAF). "Quand je suis arrivé dans les locaux, on m'a signifié ma garde à vue, raconte l'homme au JDD.fr. J'ai cru à une plaisanterie."
Interrogé par deux officiers, Kamel Fassatoui "doit répondre" sur le fonctionnement et le financement de sa communauté, rapporte le JDD. "J'ai eu l'impression qu'Hamid n'était qu'un prétexte", commente le militant, ensuite "sommé" (JDD) de donner les noms des éventuels compagnons de sa communauté qui seraient sans-papiers. Refus du responsable d'obtempérer. Les policiers, sur ordre du procureur, procèdent alors à la perquisition des locaux du mouvement. "Ils ont demandé les dossiers administratifs des compagnons portant des noms à consonance étrangère, hors espace Shengen", s'indigne Kamel Fassatoui, s'affichant en 'No Border', réseau transnational de collectifs et d'individus investis dans les luttes pour la liberté de circulation et l'abolition des frontières, ce que Emmaüs tolère parfaitement : groupement d'associations loi de 1901, elle est membre d'Emmaüs International. L'activiste sera libéré à l'issue de cette perquisition.

"On sent bien qu'il y a une sorte d'acharnement sur ce public-là," estime Fassatoui.

Emmaüs Pointe-Rouge interpelle les candidats 
à la mairie de Marseille sur le logement et 
sillonne la ville avec cinq camions affichant 
les revendications de la Fondation Abbé Pierre 
signées par 29 associations marseillaises.
Les magasins Emmaüs du Sud-est de la France ont fermé en signe de solidarité. "Criminaliser des lieux d'accueil, qui ne font que leur travail, c'est cela qui nous choque le plus," explique, depuis Montreuil, Teddy Roudaut, un ex-assistant de publication pour la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) il y a 20 ans, et actuellement chargé de communication d'Emmaüs France, joint par leJDD.fr. 
La loi s'applique partout, qu'Emmaüs le veuille ou non.
En 2007, à Foulain (Côte d'Or), des policiers avaient procédé à des contrôles d'identité à l'intérieur même de la communauté Emmaüs locale, qui n'est, jusqu'à preuve du contraire, ni une mosquée, ni un quelconque sanctuaire. Un compagnon sans-papiers handicapé avait été arrêté alors qu'il se trouvait à la CPAM pour renouveler ses droits. "Le problème, c'est qu'on commence désormais à s'attendre à ce genre d'opérations. On sent bien qu'il y a une sorte d'acharnement sur ce public-là", accuse Teddy Roudaut.

Kamel Fassatoui s'étonne qu'un procureur puisse ordonner une perquisition. "C'est une décision politique, affirme l'activiste. Peut-être M. Besson [Nouveau ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, 2009-2010] veut-il marquer son arrivée et faire plus fort que M. Hortefeux, insinue-t-il, avant d'ajouter, passant à la généralisation: "Peut-être aussi est-ce de l'intimidation et un signal fort envers toutes les associations qui viennent en aide aux sans-papiers. Ce n'est certainement pas anodin," insinue-t-il, sous l'effet du syndrome de la victime. 
Emmaüs réfléchit désormais à une riposte, prévient le JDD. Le mouvement a déjà reçu le soutien d'associations telles que Médecins sans frontières, l'Armée du salut, la Cimade ou Ligue des droits de l'Homme, mais il faudrait également citer la nébuleuse d'associations communautaristes.  "On fera quelque chose de très très fort", menace Kamel Fassatoui.

*Détenu au centre de rétention du Canet, 'Hamid', qui réside en France depuis huit ans, dont les trois dernières années à Emmaüs, devait être expulsé dans les quinze jours, selon la décision du Tribunal de grande instance. Mais le mouvement, qui avait réclamé une assignation à résidence, devait faire appel.

dimanche 31 décembre 2017

Sans-abri : Castaner raconte que Macron a tenu sa promesse

Les faits le contredisent, selon les associations

Macron n'a pas trahi son engagement de ne plus avoir de sans-abri dans les rues "d'ici la fin de l'année", claironne  Christophe Castaner.

"Des hommes et des femmes refusent d'être logés", explique sans rire le bouffon qui sert de patron de La République en marche. 
"Je veux partout des hébergements d'urgence. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus", avait promis Emmanuel Macron en juillet dernier, lors d'un discours sur l'accueil des migrants. Et Castaner est content...
Les associations jugent que l'engagement du chef de l'Etat était "impossible" à tenir sans moyens supplémentaires. En effet, de nombreux sans-abris affrontent pourtant encore un froid glacial à quelques heures de l'échéance et du passage à 2018. Or, le ravi de la crèche provençale placé  par Macron à la tête du parti La République en marchea assuré le contraire. 

Image associéeSur un sujet aussi humainement sensible, Castaner n'hésite pas à jouer sur les mots. 
"La promesse de l’Etat, c’est de garantir des places d’accueil, et vous avez encore des places d’accueil disponibles en Ile-de-France et dans les grandes villes, à l’heure où je vous parle. Peut-être pas assez, il faut un peu de temps pour améliorer cela", s'est contredit, vendredi sur BFMTV, le secrétaire d'Etat pour qui gouverner, ce n'est pas prévoir. 

"Il y a des femmes et des hommes qui refusent aussi, dans le cadre de maraudes, d’être logés," dénonce le délégué général du parti présidentiel. 

"La responsabilité de la réponse publique, c’est d’offrir des capacités d’accueil, au chaud dans de meilleures conditions que celles qu’ils connaissent dans la rue, se défend Castaner. C’était ça l’engagement du président de la République au nom de l'action publique, explique-t-il. Et il tente de convaincre : "parce que vous savez bien que ce n'est pas le Président qui gère ça tout seul."

Castaner met d'ailleurs les autres en accusation.
"Ce sont tous les acteurs : les collectivités locales, les associations...", a conclu Christophe Castaner.  

Mais les associations s'inscrivent en faux contre la déclaration satisfaite du responsable macronien

Résultat de recherche d'images pour "sans abri dessin"Le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité dénonce une "continuité dans l'échec." "On a soutenu cette volonté forte" explique Florent Gueguen, , "mais sur le terrain, il n'y a rien de nouveau, pas de mobilisation particulière.
"Il faut mettre fin à cette gestion du thermomètre", insiste Gueguen, consistant à adapter la capacité d'hébergement aux baisses de température. 

"Il manque 3.000 places d'hébergement d'urgence", selon Eric Pliez, président du Samu Social. Car, chaque soir, le 115 est saturé. En novembre, avant les grands froids, le baromètre du 115 révélait que sur 35.380 demandes d'hébergement, soit des appels passés par 5.900 personnes, seules 25% ont abouti.

Le président d'Emmaüs France, Thierry Kuhn estime que la promesse est "impossible à tenir à ce jour," car "aucune mesure sérieuse n'a été prise", a-t-il souligné vendredi matin au micro de RFI. 

Lundi, le DAL (Droit au logement) a manifesté sous les fenêtres du ministère de la Cohésion des territoires, en charge du logement. Le porte-parole de l'association, le militant radical Jean-Baptiste Eyraud, a appelé les ministres Jacques Mézard et Julien Demormandie à la démission, "parce qu'ils ont failli à la mission que leur a donnée le président". 

Association qui vient en aide aux étrangers, la Cimade, pointait également le nombre de personnes encore à la rue, dans une vidéo postée sur son compte Twitter, le 21 décembre. "On fait le constat que la parole présidentielle n'est pas suivie d'effets", a déclaré Jean-Claude Mas, secrétaire général de l'association. 

Le ministère de la Cohésion des territoires a répliqué vendredi  

Résultat de recherche d'images pour "sans abri dessin"
Il affirme que 9.000 places d'hébergement d'urgence ont été ouvertes cet hiver. En 2016, 10.000 places avaient été ouvertes, selon Florent Gueguen. Au total, 140.000 places sont disponibles sur tout le territoire "soit 13.000 de plus que l'an dernier", selon le ministère. En plus de ces places, 80.000 sont destinées aux demandeurs d'asile. 

"La différence importante est que cette année, le gouvernement ne s'est pas engagé à pérenniser des places", dénonce Gueguen. La Fédération demande ainsi à l'exécutif de "pérenniser au moins 5.000 places" en 2018. Le gouvernement a donc redit son intention de lancer en 2018 un "plan quinquennal pour le logement d'abord", déjà annoncé en septembre par Emmanuel Macron. Il vise à développer "des solutions pérennes de retour au logement". 
Un tel flou peut-il réussir  à réchauffer les coeurs ? Castaner en est sûr...

vendredi 4 novembre 2016

600 policiers mobilisés à déplacer les 3.000 clandestins de Paris-Est

82 autobus participent à l'évacuation du campement du Nord-Est de Paris

Hollande a lancé la "bataille" de Stalingrad contre les milliers de clandestins récidivistes 


Les trottoirs entre les stations Jaurès et Stalingrad du métro aérien sont actuellement dégagés par le gouvernement Valls. 
L'opération d'éradication du plus grand bidonville de France (depuis la dispersion des immigrés clandestins de Calais) a commencé dans le calme vendredi matin, avec le concours d'associations, assure la presse. C'est environ la 30e évacuation menée à Paris depuis un peu plus d'un an par les pouvoirs publics.
Évacué à plusieurs reprises, avec notamment deux évacuations record ces derniers mois, le 26 juillet (près de 2.500 mises à l'abri) et le 16 septembre (près de 2.100), le campement de Soudanais, Afghans et Érythréens s'était reconstitué rapidement - sans cesse alimenté par des arrivées depuis la Méditerranée et des aller-retours entre la capitale et Calais - au cours des dernières semaines, disséminé sur plusieurs centaines de mètres,  près du canal Saint-Martin et surtout sur le terre plein de l'avenue de Flandres. Il y a quelques jours, "une cinquantaine de cas suspects de varicelle" avaient été signalés selon la préfecture.
Avec la collaboration d'Emmaüs

Plusieurs centaines d'Afghans ont été triés et regroupés peu avant 06h00, leur paquetage à la main, derrière un cordon de gendarmes, quai de Jemmapes, dans leur partie du campement. 
Des bus scolaires doivent ensuite les emmener dans la matinée vers des centres d'hébergement (CAO) en Ile-de-France. 



La ministre du Logement s'arrange avec la réalité


"On emmène les gens où ? A Paris ou en province ?" s'inquiète Abderrahmane, 19 ans, Guinéen.
"
Je n'ai aucune idée de où on va. A Paris, à côté, ça me va. L'important pour moi, c'est d'avoir des papiers. Ca fait un mois que j'étais ici dans une tente, c'est bien de partir", explique Khalid, 28 ans. C'est dire aussi que les voeux des "réfugiés" ne sont nullement pris en compte, malgré les déclarations gouvernementales devant les media.
Les policiers portent des masques sanitaires...
Sur place, la ministre du Logement a dû avouer que la presse diffuse des chiffres a minima. En réalité, l'évacuation concerne "entre 3.000 et 3.500 migrants", a-t-elle déclaré. 

Emmanuelle Cosse n'a pas hésité à affirmer "On a les places pour héberger tout le monde (...) Ca se passe bien; il y a peu de familles", a-t-elle précisé.

Or, en vérité, les 74 CAO de la région ne sont pourtant pas tous en capacité d'accueillir les migrants en situation irrégulière. Dans l'attente que les centres spécifiques annoncés soient opérationnels, des gymnases sont réquisitionnés et "privatisés" pour les "mettre à l'abri".


Le ministère de l'Intérieur est visiblement mieux informé que Cosse
"On estime à peu près 3.800 personnes présentes sur l'ensemble du campement (...) Si tout se passe bien, on espère avoir terminé en début d'après midi", a  précisé le directeur de cabinet du préfet d'Ile-de-France, Patrick Vieillescazes
Aux alentours de 08h00, environ un millier de "personnes" avaient déjà 
 été évacuées, selon lui.

Une dizaine de gymnases a été mobilisée sur l'ensemble de l'Ile-de-France
, soit environ 2.000 places (gymnases et hébergements temporaires) sur les 3.800 déplacés, dont 270 places en gymnases à Paris. "Les premiers gymnases vont être libérés dès lundi", a assuré P. Vieillescazes. Rentrée scolaire, mercredi, oblige.
"On avait 2.855 places disponibles; on en cherche à l'heure qu'il est". Le problème sera résolu par la fuite de migrants...

Le pouvoir socialiste compte pouvoir déplacer 2.500 personnes dans la journée.
Ce soir, à Stalingrad, ils seront encore 1.300.




samedi 6 février 2016

Les "No Border" de Calais, une "poignée" de militants "décriés" ?

Tolérance pour les anarcho-révolutionnaires, intolérance pour les patriotes, dans Le Monde 

Le journal Le Monde fait croire à un 
"tir groupé"  des autorités contre les 'No Border'.
 
150 migrants clandestins prennent un ferry d'assaut,
à Calais le 24 janvier 2016
"Depuis plusieurs jours, les autorités ont pris pour cible ces militants qui luttent pour l’abolition des frontières", estime Le Monde, le journal officieux du PS, mais c'est vraiment peu dire. Est-ce d'ailleurs vrai ? S'ils luttaient pour une noble cause, qui ferait consensus, et dans le respect des lois du pays, sur lequel ils mènent des raids, le journal serait justifié.


Or, ces "militants" sont des activistes de l'espèce non pas "normale" mais violente et la région de Strasbourg (lien PaSiDupes: "Vandales anti-OTAN à Strasbourg - Un militant UNSA-police accuse sa hiérarchie") , à défaut de la journaliste Enora Ollivier, qui tient un blog sur ...Mediapart, a gardé les séquelles des violences des Black Blocs" à l'occasion du sommet de l'Otan. Dans Le Monde, elle prétend que les autorités accuseraient ces "activistes radicaux sans frontières" (selon L'Obs), "entre autres griefs, d’instrumentaliser les migrants présents à Calais et de favoriser les confrontations avec les forces de l’ordre". Le vocabulaire rend peu compte de la réalité: ces militants sont des activistes pour qui "personne n’est illégal"
VOIR et ENTENDRE un autre descriptif de ces activistes "d'extrême gauche" qui "encadrent" les illégaux et "orchestrent ces assauts", selon France 2, en octobre 2015 :

Calais: l'extréme gauche instrumentalise les migrantsEurotunnel à Calais:des 'No border", groupes violents d'extrême gauche, encadrent les intrusions mettant en danger la vie de migrants
Posté par Pasidupes-blog Pasidupes sur dimanche 4 octobre 2015
Le Monde pointait Xavier Bertrand, président Les Républicains (LR) de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie qui, selon Mlle Ollivier, n’a pas eu, de mots assez durs, le mercredi 3 février sur France Info, contre ceux qu’il a qualifiés "d’agitateurs" et de "provocateurs". L’ancien ministre a réclamé que soient "mis hors d’état de nuire" ces militants qui "viennent activer les migrants et parfois (...) dire à certains 'attaquez les CRS' "

La maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), a confirmé, en jugeant nécessaire, dans un entretien au Monde, au lendemain de la manifestation de soutien aux migrants du 23 janvier, qu’on éloigne [de la ville] ceux qui doivent l’être. Y compris les No Border et les activistes". "Il faut que l'armée intervienne", a-t-elle insisté, lors de la visite d'Alain Juppé, alors qu'on attend toujours François Hollande.

"Week-end sous tension à Calais, poudrière de la crise migratoire", titra sobrement Le Monde
Choix d'illustration du Monde
Le gouvernement cherche notamment à éviter que les violences du weekend des 23 et 24 janvier ne se reproduisent: ce jour-là, après une manifestation de migrants (ci-contre), en présence de représentants politiques, comme l’ex-candidat d'extrême gauche à l’élection présidentielle, Philippe Poutou (NPA, trotskiste), ou la députée européenne écologiste (EELV) Karima Delli (ci-dessous placée sous la protection d'Eva Joly),

 une cinquantaine de migrants avait réussi à s’introduire dans un ferry en partance pour l’Angleterre.
Six illégaux et deux No Border, qui sont également montés sur le bateau, doivent être jugés pour ces faits le 22 févrierSur les quelque 150 personnes qui étaient parvenues à pénétrer dans l’enceinte du port, plusieurs dizaines ont réussi à monter à bord du navire. Les anarchistes titrèrent "La manif en soutien aux migrants part à l’abordage d’un ferry.
Vers 20 h 30, après plus de trois heures de blocage et la fermeture provisoire du premier port de voyageurs de France, les clandestins ont été évacués par la police, qui a dû avoir recours à une passerelle mobile pour faire la jonction avec le bateau. Selon la préfecture du Pas-de-Calais, 24 migrants et 11 militants de l’association No Border (réseau d'activistes anti-européens qui profitent de la détresse des migrants) ont été interpellés sur le ferry et emmenés dans les locaux de la Police de l’air et des frontières (PAF).
Les six migrants et les deux militants de No Border qui devaient être jugés lundi 25 janvier en comparution immédiate pour "infraction au code des transports" ont vu leur procès reporté au 22 février. Ils risquent une amende de 3.750 euros et six mois de prison. 


Pendant le rassemblement, le groupe aurait également tagué d'un 

"Nik la France" la statue du Général De Gaulle et d'Yvonne de Gaulle, érigée dans le centre-ville.

A son tour, mercredi 3 février, le ministre de l’Intérieur,
Bernard Cazeneuve, a dénoncé "l’irresponsabilité" et le "cynisme" des militants de No Border. Il a annoncé l’interdiction temporaire à Calais de toutes les manifestations " susceptibles d’occasionner des troubles à l’ordre public".

"Ils n’ont jamais été plus d’une trentaine," minimise Le Monde

Difficile de décrire cette "mouvance" (sic; en fait, un mouvement d'ultra-gauche)  dont les membres fuient la presse, comme se dissimule la journaliste Enora Ollivier (ci-contre). "Nous préférons nous exprimer nous-mêmes, avec nos propres mots, plutôt que d’être médiatisés et édités par des journalistes", écrivent-ils sur leur blog, en anglais et en arabe, et rejettent tout positionnement politique, raconte la journaliste pour ne pas admettre que la clandestinité est fondamentale dans le mode opératoire de la subversion.
"Etiquetés 'altermondialistes' ou 'anarchistes' "(synonymes, comme les "pacifistes" du réservoir de Sivens?), ils réclament par la force et la violence la fin des frontières, qui empêchent de fuir les victimes de la guerre menée par les rebelles et les islamistes de l'Etat islamique (Daesh)  contre les forces régulières, singulièrement en Syrie, mais aussi en Irak et en Lybie, déstabilisés par les Frères musulmans.

Les No Border avouent leur infiltration de la "jungle de Calais" depuis juin 2009, où ils vivent au plus près des clandestins. Leur propagande s'étale sur leur site :
"Nous réalisons un ensemble d’activités variées qui a pour but de construire la résistance face aux agressions policières, d’éveiller les consciences sur la situation calaisienne, de montrer notre solidarité avec les migrants, et tout simplement d’essayer de rendre la vie des gens un peu plus facile."
En novembre, la préfecture du Pas-de-Calais comptait "entre quarante et cinquante" No Border en semaine à Calais, un chiffre pouvant "doubler le week-end", de l'aveu du ministère de l'Intérieur. Les révolutionnaires de ce réseau transnational de collectifs et d'individus incontrôlables prétendent être "beaucoup moins de cinquante".

L'associatif Philippe Wannesson, décrit par le Secours populaire comme un militant des droits de l'homme, participe à la désinformation en estimant qu' "ils n’ont jamais été plus d’une trentaine". Ce militant estime que, depuis plusieurs mois, "on met derrière le terme 'No Border' beaucoup de gens, y compris des Belges et des Britanniques, qui sont sur le terrain, dans le bidonville, sans qu’ils aient forcément de liens avec le mouvement", ce qui reste à démontrer. Comme chacun sait depuis les attentats de novembre 2015, on peut être Belge et terroriste, voire islamiste.
Pour cet acteur du chaos de la jungle de Calais, les deux Français poursuivis pour l’intrusion sur le ferry le 23 janvier auraient même "découvert l’existence de No Border en garde à vue". D’ici  leur procès, les six migrants "seront maintenus en détention", a précisé le président du tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer.

Une manière pour les autorités de "détourner le regard"

Activiste manifestant contre les frontières
(Calais, 9-9-2015)
Contrairement aux associatifs, les élus dénoncent les agitateurs politiques qui squattent des logements et attisent les réactions d'habitants excédés et de groupes de patriotes. Le 14 décembre 2015, le tribunal de Boulogne-sur-Mer a d'ailleurs relaxé un activiste No border de 20 ans, originaire de Saint-Jean d’Angély en Charente-Maritime et porteur d'une carte d'étudiant, poursuivi pour provocation à la rébellion, jets de pierre sur les forces de l’ordre. Le rebelle a en revanche été condamné pour avoir refusé de se soumettre à un test d’ADN et de donner ses empreintes.

Les No border nuisent aux illégaux et aux associations traditionnelles

D'autres témoignages ont aussi resurgi dans la presse, ces derniers jours. Des associatifs se désolidarisent des No Border, les qualifiant de "nuisance" ("ils essaient d'endoctriner les migrants, qui veulent juste aller en Grande-Bretagne", expliquait à l'Obs Dominic, un adhérent de l'association l'Auberge des Migrants), d'agités pleins de haine qui "essaient d’endoctriner les migrants" ou d’étudiants intermittents "tranquilles dans leurs universités" quand ils y réapparaissent et "qui viennent s’encanailler ici pendant les vacances".

"On agite tout l’imaginaire existant autour de l’ultragauche", feint de soupirer Wannesson, en attendant que la presse cesse de ressortir la vérité du terrain. Il craint en revanche pour de vrai que le coup de force du gouvernement "suscite des mesures qui touchent l’ensemble des bénévoles, des témoins sur le terrain" et brise la connivence entre "les associations d’ici qui seraient les gentils et les méchants qui viennent de l’extérieur".

Les extrémistes conservent le soutien des associations qui ont préservé leur image de modération malgré leur communauté de vues. Le très peu ambigu Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France, ci-contre, a choisi son camp. Selon lui, la focalisation actuelle des autorités, tant locales que gouvernementales, sur les No Border ne serait qu’une manière pour les autorités de "détourner le regard" "On voudrait faire croire que les criminels, ce sont quelques militants qui essaient de mettre la lumière sur une situation intenable pour six mille migrants. C’est incompréhensible et inacceptable. La responsabilité, c’est le gouvernement qui la porte."
L’association fondée par l’abbé Pierre a rompu le dialogue avec le gouvernement sur la situation calaisienne en septembre 2015. Elle estime qu’il faut « entendre ce que disent les No Border » et plaide pour une ouverture des frontières entre la France et la Grande-Bretagne, ainsi que pour une renégociation des accords du Touquet. Signés en 2003, après la fermeture de Sangatte, ces accords ont renforcé les contrôles pour réguler le nombre de migrants cherchant à se rendre au Royaume-Uni via la France, et ont notamment permis à des agents britanniques de procéder à des vérifications à Calais. 

vendredi 13 septembre 2013

Hollande appelle les réfugiés syriens à venir en France

En pleine récession, Fabius veut accueillir des réfugiés syriens

Alors qu'une intervention militaire occidentale en Syrie n'est plus à l'ordre du jour
Famille de réfugiés syriens à la frontière 
avec le Liban, le 31 août 2013
La France va prendre des mesures pour faciliter l’accueil des réfugiés syriens et en accueillir davantage, a annoncé hier le chef de la diplomatie, Laurent Fabius. Non imposable, Thomas Fabius leur fait déjà un peu de place dans l'appartement du VIIe arrondissement dont il est propriétaire.

Plusieurs associations font pression pour que les Français les prennent en charge

Le lobby HCR avait appelé l'Europe en crise à faire des efforts
Ces associations parmi lesquelles Amnesty international, CCFD-Terre solidaire, Emmaüs France, le Secours catholique-Caritas France, le Secours islamique-France et la Cimade, veulent charger la mûle française. 

Elles ont rappelé que le conflit religieux de Syrie a, semble-t-il, fait plus de 100.000 morts et plus de deux millions de réfugiés à absorber et que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a appelé les États de l'Union européenne à prendre leur part dans cet effort d'accueil.

Les associations stigmatisent les Français
"Contrairement à d'autres États européens, la France n'a pas répondu à cet appel [ou pression] et n'indique pas vouloir y répondre", déploraient les associations.
Mieux, elles dénoncent la France qui "a au contraire instauré des visas de transit qui rendent plus difficile pour les réfugiés syriens l'accès à son territoire et à celui d'autres États". 

Les réfugiés syriens affluent par le Liban
650 Syriens avaient déposé une demande d'asile auprès de l'Ofpra en 2012, outre les 700 demandeurs d'asile Syriens attirés par le système de protection sociale français depuis janvier.
"Nous allons aller vers un accueil plus large de toute une série de familles qui ont une attache avec la France", a affirmé Fabius, l'un des neuf ministres (plusieurs fois) millionnaires de Hollande.

L’
OFPRA accueille aujourd’hui "positivement 95 % des demandes d’asile" (), a précisé le ministre. 

La république laïque a entendu la prière du pape François...