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lundi 24 février 2020

Emmaüs installe les plus démunis dans la précarité

Emmaüs inaugure sa lavo’mobile pour "répondre à des besoins et réparer des injustices"

L'association accompagne-t-elle les plus démunis ou la gauche radicale?

Au lieu de combattre les causes de la pauvreté, la communauté d’Emmaüs aménage les conditions de vie des naufragés de la vie. Auxiliaire du pouvoir, elle gère la pénurie que les ministres des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, du Travail, Muriel Pénicaud, ou du Logement Julien Denormandie, ne mettent pas les moyens de résorber.

A Marseille, elle a inauguré sa lavo’mobile, pour rendre service aux plus démunis et les aider à se garder propres sur eux. Emmaüs à Marseille a en effet imaginé une voiture itinérante équipée d'une machine à laver séchante. 
La fierté se lit sur le large sourire de Kamel Fassatoui. Il vient, avec Eric et Bernard, deux compagnons de la communauté Emmaüs à Marseille, de garer sa lavo’mobile sur le parking d’une auberge de jeunesse de la Pointe-Rouge. Elle accueille des mineurs non accompagnés grâce à Médecins sans Frontières.

Les intentions politiques sont-elles vertueuses ?

Emmanuel Macron en MaraudeA trois semaines des élections municipales, la communauté d’Emmaüs souhaite interpeller sur les difficultés d’accès à l’eau pour les plus démunis à Marseille.
"Ça fait une vingtaine de jours qu’ils sont là, et à part la lessive à la main, ils n’ont pas pu laver leurs affaires", explique Romane, de l’association Just (Justice and Union toward Social Transformation) qui les encadre, soulignant du même coup les velléités gouvernementales sans se donner les moyens d'un accueil digneC’est pourquoi, pour la première fois, Kamel, le responsable d’Emmaüs, vient de garer son drôle d’engin à l’auberge de jeunesse à Marseille.
"Par transformation sociale, l'association Just entend "une démarche en profondeur qui prend en compte les dimensions morales, éthiques, sociales, politiques, économiques et méthodologiques des processus de transformations sociales." 
Marss (Mouvement et action pour le rétablissement sanitaire et social), depuis 2005, est à la fois une équipe de l'AP-HM composée d'une quinzaine de salariés et un mouvement de "citoyens volontaires" qui participent à différentes actions - comme l'ouverture d'un squat en 2007, dans la rue Curiol, rue du 1er arrondissement de Marseille à la sociologie très particulière, celui de la prostitution - ayant toutes pour objectif plus de justice sociale. Or, dans cette Rue Curiol précisément, une dizaine d'immeubles devront être évacués, quelques mois après l'effondrement des immeubles de la rue d'Aubagne, en juillet 2019, ce qui pose la question du sens des responsabilités de ce type d'associations qui exploitent le malheur de certains à des fins politiques inavouables. Ces citoyens vertueux accuseront pourtant le bailleur Marseille Habitat de "saccage d'immeuble" "pour décourager les retours" (!), sans considération de son souci de mettre les habitants en sécurité. En réaction et avec la spontanéité qu'on imagine, les membres du collectif 5 novembre occupèrent les locaux de Marseille Habitat, alors que fin 2019, les numéros 81 et 83 menaceront de s’effondrer. 
L'association Just, à Marseille 6e, exploite l'alibi d'un "lieu de répit pour les personnes sans chez-soi vivant une crise psychotique" et, loin de joindre ses efforts à ceux de l’Hôpital de la Conception, Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM), elle s'oppose aux protocoles mis en place par les urgences psychiatriques, jugeant "indispensable de lutter contre les privations de liberté en psychiatrie et d’instaurer les conditions d’une véritable démocratie sanitaire". Emanation de Marss, Just adresse les demandeurs vers des membres militants d'équipes d’accompagnement: "professionnels 'classiques' du sanitaire et du social (psychiatre, psychologue, éducateur…) mis à disposition par MARSS, volontaires du service civique, travailleurs-pairs ayant une expérience personnelle des troubles psychiques, de l’exclusion sociale, et bien avancés dans leur parcours de rétablissement." Des amateurs contrecarrent ainsi les soins des professionnels et formatent les esprits de personnes en situation de faiblesse.
Dans un fourgon qu’ils ont pu acquérir grâce à la fondation AG2R la mondiale, un organisme français, à but non lucratif, de protection sociale et ...patrimoniale, les compagnons ont installé deux machines à laver séchantes. Elles sont alimentées par un groupe électrogène, ainsi qu’un sur-presseur, et directement raccordées à deux grosses cuves installées sur une remorque, pour l’alimentation en eau et l’évacuation. "On a dû tout inventer nous-même", montre, pas peu fier, le bricoleur Eric.

"Plus que la quantité, l’objectif est d’être là" : une méthode pratiquée par les 'Frères musulmans'




Tout fonctionne et les jeunes peuvent faire tourner leurs machines à laver. "Ce sont des cycles d’une heure environ; le plus long, c’est le séchage. On peut faire quatre machines avant de devoir aller remplir le réservoir et évacuer les eaux usées. Mais l’objectif n’est pas la quantité, c’est surtout d’être là", prévient Kamel, qui ne précise pas d'où vient l'eau et où elle retourne.

Une permanence est organisée chaque vendredi matin de 9h à 11h30 aux Réformés, entre la Canebière et la gare Saint-Charles, là où Emmaüs sert déjà des petits-déjeuners. Et la lavo’mobile peut se rendre n’importe où. "Ça correspond à ce qu’on aime faire : répondre à des besoins, réparer des injustices et faire ce que ne font pas les autres. On ne résoudra pas le problème à nous seuls, mais on souhaite interpeller la ville sur les choses à faire. Laver son linge, s’habiller, ce sont des besoins naturels et pourtant il y a un cruel manque d’accès à l’eau pour les plus démunis à Marseille", regrette Kamel Fassatoui, responsable d'Emmaus Pointe Rouge, à plus de 8 km de là.
Son blog est hébergé par Mediapart.

Après une année de réflexion et de travail, les compagnons ont même pensé à installer un auvent. "Ça permet d’être à l’abri du temps et des regards. On sait que certaines personnes ne veulent pas utiliser le camion douche parce qu’ils ne veulent pas se montrer", explique Bernard. Au bout d’une heure, la machine est finie et le linge est propre.Même avec peu de moyens, Emmaüs prouve que les choses peuvent être bien faites.
En 2016, Emmaüs a eu les moyens d'ouvrir une nouvelle boutique dans le centre ville de Marseille, aux Cinq Avenues, dédiée à l'enfant (puériculture, livres enfants, vêtements, jouets).

Kamel Fassatoui n'est pas un simple GO social

Au lendemain de l'arrestation d'un compagnon sans-papier à Marseille, le Gentil Organisateur à Emmaüs a été placé en garde à vue et l'antenne de la Pointe-Rouge, perquisitionnée pour rechercher d'autres clandestins. Dénonçant une dérive, le mouvement fondé par l'Abbé Pierre a ainsi confirmé les soupçons de lutte politique en zone de non-droit se situant au-dessus des lois de la République. 
"Quand quelqu'un est à la rue, dans une situation d'urgence et de détresse, on ne va tout de même pas lui demander ses papiers !," s'insurge un bénévole capable de citer Nicolas Sarkozy, il y a 13 ans, en octobre 2007. Alors bénévole ou activiste ? Le JDD a choisit et assure que "ce grand principe d'accueil inconditionnel a été mis à mal" à Marseille
Un sans-papiers "baptisé" Hamid est interpellé dans le cadre d'un contrôle d'identité. Le lendemain, le responsable de l'antenne, Kamel Fassatoui, est logiquement convoqué par la police de l'Air et des Frontières (PAF). "Quand je suis arrivé dans les locaux, on m'a signifié ma garde à vue, raconte l'homme au JDD.fr. J'ai cru à une plaisanterie."
Interrogé par deux officiers, Kamel Fassatoui "doit répondre" sur le fonctionnement et le financement de sa communauté, rapporte le JDD. "J'ai eu l'impression qu'Hamid n'était qu'un prétexte", commente le militant, ensuite "sommé" (JDD) de donner les noms des éventuels compagnons de sa communauté qui seraient sans-papiers. Refus du responsable d'obtempérer. Les policiers, sur ordre du procureur, procèdent alors à la perquisition des locaux du mouvement. "Ils ont demandé les dossiers administratifs des compagnons portant des noms à consonance étrangère, hors espace Shengen", s'indigne Kamel Fassatoui, s'affichant en 'No Border', réseau transnational de collectifs et d'individus investis dans les luttes pour la liberté de circulation et l'abolition des frontières, ce que Emmaüs tolère parfaitement : groupement d'associations loi de 1901, elle est membre d'Emmaüs International. L'activiste sera libéré à l'issue de cette perquisition.

"On sent bien qu'il y a une sorte d'acharnement sur ce public-là," estime Fassatoui.

Emmaüs Pointe-Rouge interpelle les candidats 
à la mairie de Marseille sur le logement et 
sillonne la ville avec cinq camions affichant 
les revendications de la Fondation Abbé Pierre 
signées par 29 associations marseillaises.
Les magasins Emmaüs du Sud-est de la France ont fermé en signe de solidarité. "Criminaliser des lieux d'accueil, qui ne font que leur travail, c'est cela qui nous choque le plus," explique, depuis Montreuil, Teddy Roudaut, un ex-assistant de publication pour la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) il y a 20 ans, et actuellement chargé de communication d'Emmaüs France, joint par leJDD.fr. 
La loi s'applique partout, qu'Emmaüs le veuille ou non.
En 2007, à Foulain (Côte d'Or), des policiers avaient procédé à des contrôles d'identité à l'intérieur même de la communauté Emmaüs locale, qui n'est, jusqu'à preuve du contraire, ni une mosquée, ni un quelconque sanctuaire. Un compagnon sans-papiers handicapé avait été arrêté alors qu'il se trouvait à la CPAM pour renouveler ses droits. "Le problème, c'est qu'on commence désormais à s'attendre à ce genre d'opérations. On sent bien qu'il y a une sorte d'acharnement sur ce public-là", accuse Teddy Roudaut.

Kamel Fassatoui s'étonne qu'un procureur puisse ordonner une perquisition. "C'est une décision politique, affirme l'activiste. Peut-être M. Besson [Nouveau ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, 2009-2010] veut-il marquer son arrivée et faire plus fort que M. Hortefeux, insinue-t-il, avant d'ajouter, passant à la généralisation: "Peut-être aussi est-ce de l'intimidation et un signal fort envers toutes les associations qui viennent en aide aux sans-papiers. Ce n'est certainement pas anodin," insinue-t-il, sous l'effet du syndrome de la victime. 
Emmaüs réfléchit désormais à une riposte, prévient le JDD. Le mouvement a déjà reçu le soutien d'associations telles que Médecins sans frontières, l'Armée du salut, la Cimade ou Ligue des droits de l'Homme, mais il faudrait également citer la nébuleuse d'associations communautaristes.  "On fera quelque chose de très très fort", menace Kamel Fassatoui.

*Détenu au centre de rétention du Canet, 'Hamid', qui réside en France depuis huit ans, dont les trois dernières années à Emmaüs, devait être expulsé dans les quinze jours, selon la décision du Tribunal de grande instance. Mais le mouvement, qui avait réclamé une assignation à résidence, devait faire appel.

vendredi 5 janvier 2018

"Apporter un toit à tous" : pourquoi Macron prend-il des engagements qu'il ne peut pas tenir ?

Macron sait qu'il ne peut réaliser sa promesse aux sans-abri


Il a pourtant réitéré sa volonté d'"apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri"

Le château de Chambord (Loir-et-Cher), photographié en avril 2017.
Anniversaire du président Macron au château de Chambord

En exprimant une résolution hors de portée, Emmanuel Macron a donné un faux espoir aux 4 millions de personnes de sans abri, mal logées ou sans logement personnel en France (SIPA), selon la Fondation Abbé Pierre
Lors de ses vœux, Emmanuel Macron a renouvelé son engagement "d'apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans-abri". Une promesse déjà formulée pendant l'été, quand le président avait déclaré ne plus vouloir d'ici à "la fin de l'année, avoir des femmes et des hommes dans les rues".  

Le chef de l'Etat a estimé que le gouvernement "s'était beaucoup engagé" sur le sujet. Mais ses affirmations  lui valent à chaque fois les critiques des associations qui lui reprochent son manque d'action en la matière. 

Dimanche soir, devant les Français, il a reconnu qu'il y avait "beaucoup à faire". En effet, son engagement est borderline de la provocation pour les 4 millions de mal-logés

Première donnée : le nombre de sans-abri fixe augmente en France, depuis huit mois qu'il pérore. 
"En 2012, l'Insee recensait déjà plus de 140.000 personnes sans domicile. Aujourd'hui, après 5 ans de socialisme, elles sont plutôt autour de 200.000.  
Et surtout, beaucoup de personnes défavorisées sont à la frange, hébergées soit chez des tiers, soit dans la famille. De la marge, ils peuvent se retrouver à la rue et "arriver au 115", explique Eric Pliez, président du Samu social. 

Le profil des personnes mal logées a également changé

Le mal-logement sévit partout
"On note une augmentation de la proportion des familles avec enfants qui appellent le 115", observe Florent Guéguen, directeur-général de la Fédération des acteurs de la solidarité, avant de poursuivre : "C'est un changement majeur du visage de la grande exclusion, puisqu'on est clairement sorti du modèle assez classique d'une personne sans abri comme un homme seul, isolé et un peu âgé. 

Défaillance du système d'hébergement d'urgence 
Le 22 décembre dernier, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, soulignaient l'action du gouvernement pour venir en aide aux plus démunis. Ainsi, 9.000 places supplémentaires en hébergement d'urgence ont été ouvertes dans le cadre du plan hivernal, soit 13.000 de plus que l'an dernier à la même période, précisaient les deux ministres.
Le parc d'hébergement d'urgence s'élève au total à 140.000 places, auxquelles viennent s'ajouter 80.000 places réservées aux demandeurs d'asile. 

Insuffisant, répondent les associations. "On est très loin d'avoir un système capable de proposer une place à toute personne qui sollicite un hébergement et qui est en situation de détresse. Au mois de novembre, sur des grandes villes comme Paris, Lyon ou Lille, on a constaté qu'entre 60 et 80% des demandes d'hébergement qui sont formulées au 115 n'obtiennent pas de solutions d'hébergement", explique ainsi Florent Guéguen.

Le président du Samu social dresse le même constat : "Il manque au moins 3.000 places en Ile-de-France", révèle-t-il.
Il estime que les places créées pour l'hiver "devraient être pérennisées". Dans le dispositif actuel, les personnes qui sont hébergées cet hiver vont se retrouver de nouveau à la rue au 31 mars, date qui marque la fin du plan hivernal.


"Il y a un deuxième problème : la fluidité. C'est un système dont on ne sort pas. On a des gens qui restent bloqués: autour de 25% de travailleurs pauvres se trouvent dans les hébergements, alors qu'ils devraient être dans des logements", analyse-t-il encore.
Là aussi, le changement du profil des personnes qui se retrouvent sans abri joue. Sur les places disponibles en hébergement d'urgence, "l'immense majorité est dédiée aux hommes seuls et aux couples sans enfants, alors qu'il y a de plus en plus de familles. Cela interroge sur l'inadaptation du parc d'hébergement" à la nouvelle réalité du terrain, note le directeur-général de la Fédération des acteurs de la solidarité. 


La promesse du "zéro SDF" sera-t-elle à Macron ce que l'inversion de la courbe du chômage a été pour Hollande ? 

Ces faits soulignent l'irresponsabilité de l'engagement pris par Emmanuel Macron, comme celui de son mentor socialiste, le 9 décembre 2012. A savoir, inverser la courbe du chômage "d'ici un an". "Je n'en dévierai pas. Non par obstination, mais par conviction. C'est l'intérêt de la France", avait lancé l'ancien président socialiste. Une promesse ambitieuse et au-dessus de ses forces.

En période de reprise de la croissance, la promesse "zéro SDF" devrait devenir accessible, quand la crise économique et financière de 2008 en fit soudain une chimère.
Lors de la campagne présidentielle de 2002, Lionel Jospin bénéficiait de circonstances favorables et avait fixé, comme ligne de mire, la fin du quinquennat. Un engagement qui était rapidement devenu un "objectif idéal", qu'il n'aura finalement jamais eu l'énergie de mettre en œuvre.
En 2007, Nicolas Sarkozy était tout aussi sincère sur le même type de promesse. "Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid", avait-il ainsi déclaré. Trois ans plus tard, la crise avait frappé et 141.500 personnes étaient sans domicile fixe en France métropolitaine début 2012, soit une progression de près de 50 % sur 11 ans, selon les chiffres de la Fondation Abbé Pierre.
Or, en 2017, même si la France est à la traîne des pays européens, le contexte économique a changé et Macron a ses promesses sociales à réaliser. Le début de quinquennat est le moment idéal à saisir...


"On n'a pas vu vraiment sur le terrain de concrétisation de ce type de grande déclaration", commente Florent Guéguen, 

La ministre du Logement
était écologiste


avant de poursuivre : "Avec la déclaration du président, on est un peu dans le même processus. Ce qui est dommageable, c'est qu'il y a un vrai décalage entre la parole présidentielle et les décisions qui sont prises." En effet, dans le projet de loi de finances pour 2018, le gouvernement a réduit le budget dédié au logement social de 1,7 milliard d'euros, passant de 18,3 milliards en 2017 à 16,5 milliards d'euros en 2018. Et sa majorité de députés godillots issue de la "société civile" n'a pas manqué de la voter sans état d'âme.
Ce qui autorise même Castaner
, chef de ce parti présidentiel, d'assurer, contrairement aux associations, que Macron a tenu sa promesse.

mardi 30 décembre 2014

Vague de froid : comment donner un peu de chaleur humaine à un sans-abri ?

Rendre leur visibilité aux sans-abri

Voici les recommandations des associations
face à une personne dans la rue en plein froid hivernal. 

Tous les jours, nous la croisons, panier chargé, au coin de notre rue et aux abords des magasins d'alimentation. Avec le froid qu’il fait, nous nous demandons comment bien faire pour aider un SDF. Vaut-il mieux donner de l’argent ou de la nourriture ? Appeler le 115 ou donner directement une couverture ?
Alors que cinq  SDF sont morts de froid depuis ce week-end, Europe1 a posé la question à Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. 

Communiquer

"C’est fondamental", explique Christophe Robert. "Les gens dans la rue nous disent souvent : 'le pire, c’est d’être invisible' ", raconte-t-il. "Parfois, les gens sont inquiets à l’idée d’engager la conversation avec un SDF, ils se disent : ‘qu’est-ce qui va se passer si je lui parle ?’ Mais la question de la relation humaine est essentielle", souligne-t-il.

Discuter vous permettra d'évaluer les besoins de la personne et de la renseigner au mieux. Celle-ci ne connaît pas forcément, par exemple, l’existence du 115 ou des points de distribution de repas gratuits.

Ne cherchez pas toutefois à entrer en contact à tout prix avec une personne en état de crise (quelqu’un qui crie, qui est fortement alcoolisé…). Dans ce cas, si cela est nécessaire, appelez les secours.

Offrir un bol de soupe ou un café

"Bien sûr, cela ne résout pas le problème de la personne, mais tout témoignage de chaleur humaine est le bienvenu", relève le délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

Appeler le 115

Christophe Robert recommande de demander régulièrement aux SDF que vous croisez s’ils ont besoin que vous appeliez le 115 pour eux. Si, à cause de la fatigue, du froid ou de l’alcool, la personne n’est plus en état de sentir le froid n’hésitez pas à appeler le 115 de votre propre chef. "Le numéro est là pour cela", insiste Christophe Robert.  

Donner une couverture ou des gants

Est-ce utile de donner une doudoune, un bonnet, une couverture ou un sac de couchage alors qu’il y a des maraudes régulières dans votre quartier ? Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre encourage ce genre de gestes car "c’est une manière d’engager la conversation". 
Et si la personne vous dit qu’elle aurait davantage besoin d’un sandwich que de gants, vous saurez comment vous rendre utile...

Donner de l’argent

Vaut-il mieux donner régulièrement des pièces ou un petit billet d’un coup ? Pour Christophe Robert, apporter une aide financière à un SDF est positif, mais "il n’y a pas de règle" sur la façon de procéder. "On est face à une telle diversité de situations entre le clochard à la rue depuis des années, le jeune SDF, celui qui vient de perdre son logement…", explique-t-il.

Il y a aussi la possibilité de faire un don aux associations qui viennent en aide aux SDF. "La fondation Abbé Pierre vit grâce à la générosité publique", rappelle Christophe Robert. 

Beaucoup d’associations organisent des maraudes auprès des SDF avec des degrés d’engagement variable en termes de temps. C'est le cas d'Emmaüs Solidarités, de la Croix-Rouge, des Restos du cœur… Prenez contact avec l'antenne locale de l'association de votre choix, ils vous y renseigneront.

Héberger un sans-abri ?

D’une manière générale, il n’est pas recommandé de loger un SDF chez soi. Mais Christophe Robert, estime, lui, qu’"il ne faut rien s’empêcher".
"Tout est une question de bon sens", explique-t-il, "si quelqu’un avec qui vous avez établi un lien se retrouve à la rue, vous n’allez pas vous interdire de le loger". Mais, rappelle-t-il, "la question du logement ne règle pas tout". D’où l’importance de toujours chercher à mettre la personne démunie en contact avec des associations qualifiées ou des institutions de réinsertion. 

jeudi 2 février 2012

Hollande paie son refus des gardes du corps de la République

Hollande n'est pas bien sûr...


Hollande naturellement poivre et sel:
une teinture jais ruinée;
encore du faux !

Le candidat socialiste est vulnérable

Probablement habitué des scènes de ménage, François Hollande a voulu dédramatiser l’agression physique dont il a fait l'objet, de la part d'une admiratrice, le 1er février. "Ce sont les risques du métier ! " a estimé cette bonne pâte ! Alors que le candidat socialiste à la présidentielle était en train de signer le contrat social de la Fondation Abbé Pierre contre le mal-logement , une "pâtissière" lui a lancé un sac de farine à la tête...

La ménagère de moins de 50 ans, Claire Seguin, est connue à ...Lille.


Chandeleur à risques


Le 14 décembre 2011, elle a perturbé en direct la matinale de France Inter qui se tenait dans la ville en présence de Martine Aubry. D'où l'idée machiavélique qui aurait point, selon certains, dans l'esprit pervers de l'amère de Lille, spécialiste des complots en tous genres.
Le 29 décembre 2011, la Lilloise a remis cela lors de l’hommage lillois à Pierre Mauroy pour sa retraite politique. Cette quadragénaire tient un blog dans lequel elle se dit victime d’un harcèlement et dénonce des atteintes à sa vie privée, assurant notamment être " reconnue " lorsqu’elle voyage à l’étranger. Des propos pas toujours cohérents, comme ceux qu’elle a tenus hier après son interpellation. Le PS fait déjà passer la brave dame pour folle...

La manifestante a laissé un petit tract
Voici ce qu’on y lit : " Une vie détruite sur la base de calomnies répandues par une intelligentsia corrompue. Déni de justice à Lille : jusqu’où iront les Sarkobry ? ". La plaignante, qui se dit professeur de lettres, se déclare " victime " d’ "atteintes à la vie privée et aux libertés."


Hollande est entouré d'amateurs

Comme la gouvernance d'un pays, la protection des politiques est un exercice difficile.
" Ce qui s’est passé est anormal, commente un policier anonyme du service de protection des hautes personnalités (SPHP). Sur une estrade, un candidat doit être à l’abri d’une attaque comme celle-là. Sur les images, on voit que l’escorte est trop loin et mal placée, d’où une réaction ferme, mais tardive. "
Lien PaSiDupes:"Hollande discrimine les policiers étiquettés à droite"
" Les candidats n’aiment pas une présence trop massive et trop rapprochée de policiers, cela nuit à leur image [et à leur intimité], mais il faut parfois leur imposer nos méthodes et bien répartir les rôles entre policiers et gardes du corps privés ", poursuit un membre du SPHP.

En juin dernier, Nicolas Sarkozy avait été pris à partie lors d’un déplacement à Agen (Lot), mais au cours d'un bain de foule auquel le Chef de l'Etat s'était prêté. Bien que la proximité n'ait cette fois rien de commun, " là encore, l’escorte était trop loin et il y avait un élu entre les membres de la sécurité et le président ", considère un policier, qui ajoute : " Hier c’était de la farine, mais cela aurait été de l’acide, c’était pareil. "


Le 16 juin 2006, sur le parvis de la gare de ...La Rochelle,
la Cynique Majesté Royal s'était, quant à elle, faite éclaircir le teint
et les idées à la crème ...Chantilly !


Le PS nous fait prendre des vessies pour des lanternes
Si le gaspillage de nourriture, aussi minime soit-il, est certes malheureux dans l'enceinte d'Emmaüs, l’entourage de Hollande ne le minimise pourtant pas.
" Cet incident doit être pris comme une alerte sérieuse ", assure après coup Nacer Meddah, ancien préfet, secrétaire général de la campagne du socialiste et ...spécialiste de la prévention !

Hier, deux hommes du SPHP assuraient la sécurité du Bien-aimé.
Selon la comm' du candidat Hollande, ce duo, en place depuis quelques semaines, devait être justement renforcé… aujourd’hui, comme par hasard. Les douze autres personnes qui doivent compléter le dispositif ont été reçues hier au QG de campagne. " Je venais de les accueillir", assure Nacer Meddah, "mais ils ne seront effectifs que ce jeudi. Hollande les vaut bien et la République a les moyens."

Le PS et la CGT sont hostiles aux CDD saisonniers





L'équipe Hollande est peu réactive


Le soupçonneux Hollande avait repoussé du pied l'offre de personnels du SPHP par Claude Guéant
(lien PaSiDupes)

C’est finalement Daniel Vaillant, ancien ...ministre de l’Intérieur, qui s'est résolu à conduire les discussions avec la Place Beauvau
pour choisir ce groupe, dirigé par une femme commandant et deux capitaines: du lourd ! " Cette montée en puissance de la sécurité était prévue depuis longtemps, explique un proche, on attendait que François Hollande s’habitue à avoir une sécurité de proximité. " Aujourd’hui la nouvelle équipe tient sa première réunion d’organisation. Elle doit aussi se coordonner avec le service d’ordre du PS qui suit également les déplacements de Hollande. Hier, ce dernier est, selon son entourage, resté assez " serein ". Il a assuré qu’il ne changerait pas de comportement et qu’il continuerait à " aller à la rencontre des Français ". Et les Français à la sienne ?

Le spécialiste des entartages est un dénommé Jonathan ...Joly !
Gro-Eva Joly, la candidate d’Europe Ecologie-les Verts, est passée directement dans la cours des grands. A la place d'un "enfjordage" (dérivé de l'entartage, consistant à balancer ou écraser du yaourt Fjord), "notre bi-nationale" franco-norvégienne a reçu en janvier plusieurs courriers menaçants dont un contenant une balle de revolver. Elle est protégée actuellement par un binôme de sécurité éco-certifié.
La politique sera féminine ou ne sera pas ?
L'émotion se répand sur la politique...
En France, strong> Noël Godin, alias Le Gloupier, a été condamné à diverses amendes, mais jamais à la prison. Ni à l'internement en hôpital psychiatrique.

Mais, s'en prendre à la gauche sera passible de privation de liberté
L'attaque "à la farine" d'un favori des sondages vaudra à Claire Séguin, une gauchiste de 45 ans, d'être placée mercredi soir à l'infirmerie psychiatrique de la police... Il a suffi qu'elle souffre "apparemment, de troubles psychologiques": avis à tous les amateurs d'extrême gauche, révolutionnaires anars et trotskistes en tous genres.
Ainsi, le très "social" Hollande a-t-il trouvé un toit à cette une "mal-logée" vivant à ...Lille.

mardi 29 juillet 2008

Christine Boutin mobilise pour le logement

Les associations militantes campent sur leurs positions

Après des mois de préparation, Christine Boutin, la ministre du Logement, présentait en Conseil des ministres hier mercredi son projet de loi de « mobilisation pour le logement ». La ministre a également l'intention «organiser à la rentrée des débats citoyens avec les Français pour les faire réagir à son projet. En l'espace de cinq ans, 5 lois ont déjà été votées sur le logement et aucun n’a jamais recueilli l’approbation des partis et donc des associations satellites. Pourtant, selon la ministre, le nouveau projet marquera une véritable « rupture ».

Une « rupture » qui s'articule autour de quatre axes
:

1- construire plus de logements,

2- favoriser l'accession des plus modestes à la propriété,

3- permettre l'accès au parc HLM à plus de personnes

4- et lutter contre l'habitat indigne.


Ce vaste programme, qui correspond aux besoins, comme aux revendications, ne parvient pourtant pas à faire l'unanimité
en ces temps de contestation systématique et de crise. Vent debout, le collectif des associations unies (France Terre d’asile, Fondation Abbé-Pierre, ATD-
Quart-Monde... ) ou les Enfants de Don Quichotte estiment que ce projet est une « régression » et réclament son retrait. Pas de détail ! C’est aussi leur raison d’être qui est en jeu.


La facilitation de l'accession à la propriété concerne les quatre axes de lutte

Sur l’ensemble de 26, un article en particulier concentre la polémique, au détriment du reste: celui qui permet un assouplissement de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain), la fameuse disposition votée sous Lionel Jospin en 2000, obligeant les communes de plus de 3.500 habitants à avoir 20 % de logements sociaux. Cette obligation, louable dans les débats télévisés et à la tribune des meetings, est apparue irréaliste sur le terrain, ne serait-ce que pour des raisons de prix du foncier sur certaines communes.

Le projet de loi prévoit que l'accession sociale à la propriété pourra être comptabilisée dans ces 20 % sociaux. N’est-il pas en effet cohérent que les logements construits afin d’aider les Français modestes à devenir propriétaires, soient eux aussi pris en compte ? Cela colle à la logique d’une « France de propriétaires » promise par le candidat Nicolas Sarkozy et à laquelle le Chef de l’Etat reste attaché. Mais ce n'est pas du goût de tout le monde. « Les ménages les plus modestes ne sont pas en mesure d'accéder à la propriété », s'emporte le collectif des associations. Quant à Jean-Luc Laurent, vice-président MRC du Conseil Régional d'Ile-de-France, qui redoute probablement leur embourgeoisement, il assure, sans excès ni preuve, que le gouvernement organise « le démantèlement du logement social ». Déjà en 2006 la majorité avait présenté un amendement en ce sens mais, face au tollé, avait dû faire machine arrière.


Autre problème en ces temps de disette budgétaire: la question du financement.

Pour mener à bien son projet Christine Boutin veut récupérer 800 millions d'euros des caisses du 1% logement (l’argent versé par les entreprises et qui représente une manne de 4 milliards d’euros). Ces sommes serviront pourtant à financer la réhabilitation et la construction de logements. Or, les partenaires sociaux qui gèrent ce budget ne souhaitent pas qu’une partie de leurs ressources soit employée tout aussi utilement par le gouvernement, que l’on sache clairement à quoi et sans leur avis. L’intérêt bien compris des mal-logés n’est donc pas un argument en soi suffisant. Les partenaires sociaux ne désirent pas partager leurs prérogatives, lesquelles s’exercent sur des fonds dont ils n’assurent pourtant pas la constitution.


La maison à 15 euros par jour
est la mesure la plus emblématique des 26 articles que comporte le projet de loi et elle a d’ailleurs déjà été mise en oeuvre. C’est du concret sur lequel les associations garde le silence. Christine Boutin s’emploie à en vendre 10.000 en 2009.


La ministre souhaite par ailleurs mettre un terme à cette situation inadmissible des locataires dont la situation a évolué et ont désormais des revenus qui ne justifient plus leur présence en HLM : ils devront donc quitter leur logement d'ici trois ans. Considérant la situation que d’aucuns jugent préoccupante, les plafonds de revenus seront abaissés pour prétendre à un logement social. Objectif: s'assurer que ce sont bien ceux qui en ont le plus besoin qui ont accès à une HLM. Toutes ces mesures visent à supprimer les occupations abusives de logements sociaux et à fluidifier un marché saturé. 1,3 million de Français et de sans papiers sont en attente d’un logement.