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mardi 26 février 2013

Sans-papiers: Besancenot au panier à salade

Valls fait embarquer Olivier Besancenot

Manifestants anti-français
Tunis, 16 février 2013
Le meneur du parti trotskiste NPA (Nouveau parti anticapitalistique) manifestait au côté de membres d'un collectif de défense des immigrants illégaux près du ministère de l'Intérieur ce matin à Paris. 
L'ex-candidat à la présidentielle a été embarqué dans un fourgon de police peu après 11h00, après avoir participé à une action du Collectif "Faut-il mourir pour avoir des papiers", un rassemblement spontané place des Saussaies (VIIIe) qui se trouve aux abords du ministère de l'Intérieur et non loin de l'Elysée. 
A quoi serviraient-ils à des clandestins morts d'avoir des papiers ?
Ce collectif est né cet hiver dans la région parisienne en soutien aux sans papiers de Lille engagés dans une grève de la faim sur le parvis de l’église Saint Maurice de Lille. Avec le soutien du Comité des sans papiers 59 (CSP 59), ils réclamaient le droit de déposer leurs dossiers de régularisation.
Leurs soutiens ?
NPA, Droits Devant !, Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), Parti des Indigènes de la République (PIR), Union des Travailleurs Immigres Tunisiens (UTIT), Femmes plurielles, Sortir du Colonialisme (SDC), FTCR, Fédération des Travailleurs Africains en France (FETAF), Fédération SUD ÉducationFASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique, PCF), l’Union syndicale Solidaires, comité de soutien marseillais aux grévistes sans papiers Lillois, Collectif de soutien aux sans-papiers de Figeac, La Marmite aux Idées (Calais), MRAP.

Selon Besancenot, les manifestants et lui devaient être emmenés rue de l'Evangile dans le XVIIIe arrondissement...
Les manifestants réclamaient "la régularisation et l'installation de tous les sans-papiers", en France plutôt qu'en Tunisie, Algérie ou Turquie. En janvier, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a prévenu qu'il exclut toute régulariseration de sans-papiers sous la pression.

Une provocation donc des communistes révolutionnaires.
Et le droit de vote aux étrangers ?

Emploi, impôts: Hollande a promis à tort et à travers

Le pouvoir socialo-écolo est impuissant à atteindre ses objectifs sur l'emploi et les impôts 

Moins d'un an après son élection,
 Hollande prépare l'opinion 
à une marche arrière 
sur ses principales promesses

La récession, conséquence d'options idéologiques

Pour avoir provoqué la récession avec une croissance proche de zéro cette année, l'exécutif doit revoir ses objectifs de baisse du chômage et de pression fiscale.
Après une lenteur à l'allumage lourde de conséquences et une dispersion sociétale irresponsable, l'urgence presse Hollande de désormais s'attaquer   en priorité aux économies dans les dépenses publiques.

D'autant que le simple maintien du niveau des recettes imposera de trouver 6 milliards d'euros nouveaux en 2014, a annoncé le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, ce qui présage des débats houleux avec le patronat et l'opposition de droite qui avait prévenu que les hausses d'impôts de 2012-2013 étoufferaient l'investissement des entreprises et la consommation des ménages, et de nouveaux sacrifices de la part des plus défavorisés pourtant déjà confrontés à des hausses de toutes parts et donc à une sévère baisse de leur pouvoir d'achat:outre la bière et le tabac, les tarifs du gaz et de l'électricité augmentent respectivement de 2,4 % et de 2,5 %, la SNCF relève ses prix de 1,9 %, le timbre "rouge" passe de 0,60 à 0,63 euro, a redevance télé augmente de 6 euros pour la métropole (131 euros) et es assurances augmentent de 2 à 7 %. La liste est longue et les charges lourdes.

Les annonces qui tuent

La compassion des branquignols du gouvernement est une insulte aux travailleurs
Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, aurait pu se dispenser de déclarer lundi qu' "en matière de fiscalité, les Français peuvent avoir le sentiment que l'on va loin et parfois trop loin", car les Français veulent du réalisme et non du sentimentalisme. D'autant que Moscovici promet encore et toujours malgré ses renoncements en matière d'impôts et d'emploi. 
Il recommence à endormir son public sur i>télé en déclarant qu' "à l'avenir, nos ajustements devront se faire essentiellement par des économies".
"Je ne dis pas qu'il n'y aura pas ici ou là tel ou tel prélèvement s'il est nécessaire", a-t-il cependant ajouté, comme s'il ne savait pas que la nécessité commande.

Désir H. est chargé des mauvaises nouvelles

Le premier secrétaire du Parti socialiste n'a pas exclu une hausse des prélèvements sociaux pour redresser les comptes de la sécurité sociale.
"Je crois qu'il faut (...) ne pas rajouter de nouveaux prélèvements", a-t-il estimé sur RTL, bien qu'il ne soit pas économiste. 
Cela dit, le patron du PS désigné par Hollande précise qui sont les prochaines victimes: "Après, il y a des discussions spécifiques qui vont avoir lieu pour les retraites, pour la protection sociale, là c'est aux partenaires sociaux d'en décider," car la majorité, à l'instar de la "gauche molle" de l'Elysée, ne prend aucune décision qui serait impopulaire.

Pas d'emploi sans croissance, admet désormais le pouvoir
Des hausses d'impôts et de taxes ont déjà été annoncées pour 2014, notamment le relèvement des deux taux de TVA, à 20% et 10%, pour contribuer à financer le crédit d'impôt compétitivité. La fiscalité écologique doit quant à elle augmenter d'au moins trois milliards d'euros d'ici 2016.

A 0,1% prévu par la Commission européenne, le niveau de la croissance en France devrait en effet être cette année très inférieur à celui à partir duquel le chômage baisse, estimé au minimum à 1%.

Le chômage, qui a augmenté de 10% l'an dernier, continue de progresser  François Hollande n'a pas pris les mesures permettant d'atteindre l'objectif qu'il s'est lui-même fixé de le faire reculer d'ici la fin de l'année: ce président parle plus qu'il n'agit.
"C'est vrai qu'avec une croissance faible, l'année 2013 sera marquée par une progression du chômage", a reconnu samedi François Hollande. "En 2014, nous serons sur une reprise. À partir de là, nous pouvons commencer à créer de l'emploi," a ajouté le magicien.
"SI nous arrivons à accélérer la reprise, à anticiper la reprise, cet objectif peut être atteint", a-t-il osé rêver à voix haute.

La Commission européenne prévoit que le taux de chômage continuera d'augmenter pour atteindre 10,7% cette année et même 11,0% en 2014.

Les rêveurs de l'exécutif espèrent; l'Europe

Pierre Moscovici pourrait aussi brûler des cierges: il a dit espérer que la France fasse "mieux" cette année que la croissance de 0,1% prévue par la Commission. Le chef de l'Etat a pour sa part espéré une croissance supérieure à la prévision de la Commission "au moins en 2014" (+1,2%).

La semaine dernière, le gouvernement a admis qu'il ne pourrait pas réduire comme prévu le déficit à 3% du PIB cette année. Il doit donc présenter de nouveaux objectifs dans son programme de stabilité en avril.
Il maintient pour l'instant  l'objectif de parvenir fin 2017 à l'équilibre structurel - c'est-à-dire hors impact de la conjoncture - des comptes publics: "toutes choses égales par ailleurs", comme dit ce pédant de Cahuzac.

L'ensemble de la trajectoire prévisionnelle du quinquennat va devoir être revue
Pour parler un peu clairement parfois, Hollande doit repartir à Zayrault  zéro et tout remettre sur la table. La dernière loi de programmation des finances publiques paraît bien optimiste aux économistes: elle prévoyait une croissance de 2% chaque année de 2014 à 2017...

Les Européens doivent pour leur part entériner le report d'un an
La France a demandé du temps pour atteindre son objectif de 3%. Le commissaire aux Affaires économiques monétaires, Olli Rehn, a ouvert la porte à un tel report sous conditions.
"Si nos prévisions de printemps montraient que l'ajustement budgétaire structurel dépassait 1% par an en moyenne sur la période 2010-2013 et si des événements économiques négatifs et inattendus ayant des conséquences défavorables majeures pour les finances publiques se produisaient, alors le pacte de stabilité et de croissance permettrait de repousser à 2014 l'échéance pour ramener le déficit public nettement en dessous de 3%", a-t-il dit vendredi.

lundi 25 février 2013

Hollande veut nous prendre encore 6 milliards en 2014

Cahuzac n'a pas assez de recettes pour faire face aux dépenses de Hollande 

Le ministre du Budget avoue devoir compenser la disparition de rentrées fiscales exceptionnelles prévues cette année.

Hollande n'en a jamais assez

Le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac va devoir trouver "6 milliards d'euros de recettes" supplémentaires en 2014 pour conserver "la stabilité fiscale", tout en refusant de parler d'augmentation d'impôts sur Europe 1 lundi. "Si nous ne faisons rien de plus en matière de fiscalité, l'année prochaine, il y aurait 5 à 6 milliards d'euros d'impôts de moins", a découvert Cahuzac.
Il s'est aperçu qu' en 2013, c'est pour près de 5 à 6 milliards d'euros d'impôts qui ont été levés et qui ne le seront pas en 2014, car ces impôts ne pouvaient l'être qu'une seule année".

VOIR et ENTENDRE les explications du sous-ministre de Ayrault:
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La situation est grave, mais pas désespérée...

"La situation budgétaire de la France ne nous permet malheureusement pas de nous priver de 6 milliards d'euros de recettes", a-t-il affirmé. 
Donc "à partir du moment où, en 2014, nous n'aurons pas, toutes choses égales par ailleurs, 6 milliards d'euros d'impôts que nous avons eus en 2013, il faudra évidemment, en 2014, obtenir cette recette". "Ce qui veut dire que, à tout le moins, la "stabilité" [?] fiscale [pour le budget de l'Etat] impose de trouver 6 milliards d'euros de recettes supplémentaires [dans les poches des Français, ceux qui paient l'impôt: ceux qui donnent et non ceux qui reçoivent...]", a-t-il poursuivi, s'efforçant d'éviter de traumatiser son auditoire avec le terme politiquement incorrect d' "impôt". 

Le socialiste a également esquivé les questions sur la façon dont le gouvernement envisage de trouver ces recettes, admettant que les "prélèvements obligatoires sont déjà très élevés en France".

Les Français trinqueront de toute façon
"Des économies dans la dépense publique sont inévitables, nous avons commencé à en faire, nous continuerons à en faire, non seulement au sein du budget de l'État mais au sein des opérateurs, au sein des différentes politiques publiques. (...) Tout ceci a commencé à être évalué (il était grandement temps] et il faut dégager des économies à la suite de ces évaluations", a-t-il relevé, appelant à ne pas confondre les deux sujets. 

Cahuzac n'est pas franc du collier
Les économies sur le budget de l'Etat, toutes choses égales par ailleurs ?, suffiront pas. "Il y a ces évaluations qui doivent générer des économies et, par ailleurs, on ne peut se permettre d'avoir 6 milliards d'euros de recettes en moins par rapport à 2013. Il faudra donc les compenser", a-t-il martelé.

Demi-part fiscale pour les étudiants: pas encore de décision

Par ailleurs, le ministre a été interrogé sur la suppression de la demi-part fiscale pour les parents d'étudiants de moins de 25 ans, envisagée par sa collègue de l'Enseignement supérieur: "normal", puisque le candidat Hollande avait promis de donner la priorité aux jeunes...
"La suppression de la demi-part fiscale n'est pas, à ma connaissance, d'actualité. Ca ne veut pas dire qu'elle est récusée a priori", a répondu M. Cahuzac. Comprend qui peut !

Il parle et parle encore, mais ...toutes choses égales par ailleurs !
"Ce qui est envisagé, c'est une allocation autonomie pour les jeunes (...)", ajoutant qu'"aucune décision n'est prise". "Il faut tenir l'engagement de permettre aux jeunes d'être autonomes. Soit c'est un effort qui se fait via leur famille, c'est la demi-part fiscale, soit (...) directement en leur faveur et on ne peut maintenir les choses en l'état", a-t-il relevé.

Ayrault a par ailleurs évoqué la possibilité de rétablir les IPES

Parfait, mais les IPES, jadis obtenus soit sur concours en première année soit par admissibilité à l’ENS à bac +2, sont des sortes de bourses au mérite. Or, si ces Instituts Préparatoires à l’Enseignement du Second Degré ont constitué un véritable vivier de professeurs jusqu'en 1978, ils ont un coût pour la collectivité. Par conséquent,  cette "piste" généreuse est-elle de nature à favoriser le financement de cette allocation d'autonomie et à compenser le déficit de rentrées fiscales exceptionnelles prévues pour 2013: ce n'est plus une rallonge de 6 milliards d'impôts de recettes qui est nécessaire, mais combien alors ?

 

Les Femen ont-elles été victimes d'une agression de Berlusconi?

En Italie, des féministes se jettent seins nus sur Berlusconi 

Les media entreront-ils dans leur jeu de victimes ?
Voyez comme on la brutalise !...

Basta, les Femen !


Trois féministes d'extrême gauche se sont livrées à leur numéro préféré de femmes brutalisées: elles se sont lancées seins nus vers Silvio Berlusconi à Milan, alors qu'il s'apprêtait à voter dans son bureau de vote  aux élections générales italiennes où il est lui-même candidat.

Ces "démocrates" hystériques, qui portaient inscrit dans le dos le slogan "Basta Berlusconi" (Berlusconi, ça suffit), ont été immédiatement interpellées et le Cavaliere a pu procéder au vote avec son sourire habituel devant une nuée de photographes et cameramen.

Les para-militaires  se sont précipitées pour  sauter par-dessus les barrières avant de se ruer, sans l'atteindre, sur l'ex-chef du gouvernement.
La scène quelque peu chaotique, entre cris des manifestantes et des électeurs surpris ajoutés aux pleurs des enfants apeurés, s'est terminée rapidement avec l'interpellation des activistes.

Dans l'après-midi, le mouvement Femen a revendiqué l'opération: "trois sextremists (sic) ont mené une attaque contre cet idiot [sic] de Berlusconi alors qu'il se préparait à voter", a indiqué le groupe sur son site web. Pour ces démocrates, "l'Italie ne doit pas voter pour quelqu'un qui devrait être en prison". Quant à la législation sur l'attentat public à la pudeur, elle n'est pas mieux respectée en Italie qu'en France.

Les Femen sont connues depuis 2010 pour leurs actions violentes en Europe, de Russie à Londres, en passant par l'Ukraine. 

Ces féministes radicales d'un nouveau genre militent contre tout ce qui se présente: ce sont des anarcho-révolutionnaires.
A Paris, elles ont installé en septembre 2010  "le premier camp d'entraînement" au "nouveau féminisme" dans le XVIIIe arrondissement, dont le maire est un ancien ministre de l'Intérieur de Jospin, Daniel Vaillant (PS). 

Caroline Fourest s'est rangée à côté des auteures de la mascarade

La journaliste a participé à l'un de leurs happenings de rue contre la manifestation de "La Manif pour tous" opposée au simulacre de mariage offert par Hollande aux personnes du même sexe. 

Les bombes lacrymogènes sont celles des artistes révolutionnaires


Le sac est visiblement vide

et la bombe appartient à l'amazone
déguisée en nonne
Les "sextrémistes" ont mené une action au ministère de la Justice, sous les fenêtre de Christiane Taubira, place Vendôme, le lundi 15 octobre dernier

Lien PaSiDupes - " Le féminisme nouveau est arrivé: révolutionnaire et souriant " ; Travestissement médiatique de la vérité sur le féminisme



Les pseudo-agresseurs sont des compères

Lien PaSiDupes:

Notre-Dame de Paris porte plainte contre les Femen



Le 13 janvier dernier, elles s'étaient déshabillées sur la Place Saint-Pierre pendant l'Angelus du pape afin de protester contre l'opposition du Vatican au mariage gay.

Lien PaSiDupes - " Mettre les para-militaires de FEMEN hors d'état de nuire " : Les FEMEN ou "femhaines" enchaînent les provocations violentes antichrétiennes

Peillon voudrait rogner les vacances scolaires d'été

"Six semaines de vacances l'été, c'est suffisant"

Les légendaires deux mois de vacances scolaires d'été, de l'histoire ancienne ?

Le ministre de l'Education souhaiterait réduire la durée des congés d'été dans l'Hexagone. 
Ce dimanche, sur BFMTV, Vincent Peillon a lancé un défi: "Nous devons être capables d'avoir un zonage l'été, deux zones, et nous devons être capables d'avoir six semaines, c'est suffisant", a déclaré V. Peillon.

Objectif : 37 ou 38 semaines de cours par an, contre 36 actuellement
Au sujet des rythmes, et  plus globalement l'organisation du reste de l'année scolaire, le ministre recommande "sept semaines de cours, au plus", suivies de "deux semaines de vacances".

Vincent Peillon a réaffirmé que son objectif est d'"aller progressivement" vers 37 à 38 semaines de cours durant l'année, contre 36 semaines, voire 35 avec les ponts à l'heure actuelle, alors qu'il y a 40 semaines de cours en Allemagne. Il a souligné qu'il fallait "d'abord monter la première marche" de la réforme des rythmes scolaires hebdomadaires à l'école primaire, puis au collège et au lycée. "Nous commençons par l'école, il faudra continuer avec les collèges et lycée et puis il faudra faire l'année scolaire", a-t-il dit. "Ca va nous obliger à revoir les examens, et en particulier le fameux baccalauréat, qui occupe les locaux d'un certain nombre d'établissements très tôt dans le mois de juin", a ajouté le ministre en relevant que certains élèves, notamment des collégiens étaient à l'extérieur des établissements scolaires dès le 10 juin.

VOIR et ENTENDRE la déclaration intempestive de Vincent Peillon sur les six semaines de vacances et deux zones:


Une réforme plus "difficile" que celle du "mariage" pour tous ?
Bravant le mécontentement attendu sur cette réforme des rythmes scolaires, Vincent Peillon affirme assumer pleinement ce choix : "Il y a deux types de réformes : les faciles, qui voient par exemple la création de nouveaux postes. Et les autres, plus difficiles, comme celle des rythmes scolaires. Mais il faut être capable de s'atteler collectivement à un sujet difficile", a-t-il insisté.
Peillon a bien vite nuancé ses propos dans l'émission de BFMTV
"Je n'ai jamais dit que je voulais réduire les vacances à six semaines, c'est le modèle idéal", a-t-il souligné, expliquant que le projet ne sera pas discuté avant 2015. "ll faudra une très longue concertation", a-t-il admis. Les services du Premier ministre ont d'ailleurs "confirmé, comme l'a indiqué Vincent Peillon, que cette piste n'est pas à l'ordre du jour actuellement et qu'elle sera peut-être évoquée après 2015".

Peillon fait l'unanimité contre ses diktats

La FCPE avait déjà battu des mains !
Jean-Jacques Hazan a avoué etre l'instigateur: c'est le retour de la co-gestion de l'Education. 
Le président de la FCPE, l'organisation dominante de parents d'élèves, s'est félicité lundi sur France Info de cornaquer le ministre. "On est très satisfait, c'est nos demandes", a exulté ce directeur de la restauration scolaire du XIIe arrondissement de Paris (quartier Picpus et Bercy, maire PS Michèle Blumenthal, ancien professeur d’histoire-géographie), dans un français approximatif. "Cinq heures de classe par jour à l'école, pas plus de six heures au collège, jamais plus de sept au lycée. [Très cartésienne, cette progression de l'effort!] 90 minutes garanties à tous le midi, jamais plus de sept semaines de classe d'affilée, jamais moins de deux semaines de congé et une réduction des vacances d'été, parce que c'est une demande sociale réelle, qui rejoint le besoin pédagogique, a-t-il comptabilisé.
VOIR et ENTENDRE Hazan considérer l'Education nationale comme une garderie d'enfants:

Les industries du tourisme sont en revanche inquiètes d'une concentration des congés scolaires:



Pas de chance, Peillon a lui-meme rétropédalé
Le journaliste de RMC, Jean-François Achilli a tendu la perche à Peillon, en 3e partie d'émission, le temps pour l'entourage du ministre de procéder à une mise au point. Au début de l'After, soit 40mn après la déclaration controversée, Achilli a donc fourni à Peillon l'occasion de nuancer une partie de ses propos. 
"Je n'ai jamais dit que je voulais réduire les vacances à six semaines, c'est le modèle idéal". Du côté du Premier ministre, à Matignon, on a d'ailleurs cassé l'annonce, affirmant que "cette piste n'est pas à l'ordre du jour actuellement et qu'elle sera peut-être évoquée après 2015".

VOIR et ENTENDRE
  le ministre de Hollande en pleine reculade, niant malhonnetement (video 2 ci-dessus) et appelant 
piteusement Luc Chatel à la rescousse :
Ce document est un montage de l'AFP qui a coupé ce qui dérange de la déclaration de Peillon sur BFMTV... L'original, dans sa continuité, est devenu difficilement inaccessible sur le coup de 10h00 ce matin !


Bruno Le Maire, UMP, lundi sur Canal + 

"C'est un récidiviste de la gaffe. Il avait déjà fait une gaffe absolument surréaliste sur la dépénalisation du cannabis, il en refait une sur les jours de vacances. Il parle trop vite et sème la confusion. J'ai quatre enfants, je suis comme n'importe quelle famille, quand j'apprends que, tout d'un coup, on va modifier les vacances d'été, ce ne sont pas de sujets légers, ce sont des sujets qui concernent toutes les familles françaises, tous les enfants. On n'a même pas encore réglé la semaine de quatre jours et demi, qui pose des difficultés majeures à toutes les familles et à toutes les communes. Il ne va pas effacer ses difficultés sur les quatre jours et demi en mettant en chantier la question des semaines de vacances d'été." La réduction des vacances d'été serait donc un rideau de fumée sur la réforme des rythmes scolaires au primaire: de la basse politique politicienne.

Xavier Bertrand UMP, lundi sur France Info  
"Monsieur Peillon a quand même le chic pour mettre un désordre sans pareil dans l'Education nationale. Et je le dis au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault: il faut qu'il recadre sérieusement d'urgence Vincent Peillon. 
Ce n'est pas le premier dérapage de Vincent Peillon. Dés le début de sa prise de fonction, quelques heures à peine, pris d'une fébrilité sans pareille, il avait indiqué la semaine de quatre jours et demi. Concertation : zéro. Ensuite il voulait le débat sur la légalisation du cannabis. Pour un ministre de l'Education c'est insupportable. Pour moi il aurait dû partir. La réforme des quatre jours et demi est complètement bloquée. Et là, il cherche par une pirouette à sortir du débat. Un ministre de l'Education ne peut pas travailler s'il n'a pas la confiance des enseignants."


François Fillon, UMP, dimanche sur TF1 
L'ancien Premier ministre a villipendé la méthode du ministre de Hollande. "Sur la méthode, c'est vraiment la caractéristique de ce gouvernement ; c'est l'improvisation, l'absence totale de concertation". Selon lui, le sujet "mérite d'être discuté avec [toutes] les associations de parents d'élèves". Après "le désordre autour de la semaine de quatre jours ou de quatre jours et demi, maintenant c'est les vacances d'été, tout ça mériterait un peu plus de concertation, un peu plus de recul et un peu moins de précipitation."


Harlem Désir, PS, lundi sur RTL, glose, un sourire en coin, sur les paroles du ministre
"Vincent Peillon a voulu indiquer qu'une réflexion pourrait être ouverte en 2015, à partir de 2015. Il s'agit d'une piste de réflexion pour l'avenir, il n'y a aucune décision dans ce domaine. On a toujours le droit d'ouvrir des réflexions, on ne doit pas être fermé. La réforme des rythmes scolaires dont il est question, c'est celle de la semaine, celle de la journée, celle des quatre jours et demi."



Bernadette Groison, présidente de la FSU,  fédération hégémonique de l'Education, lundi sur France Info) 
"Les rythmes scolaires méritent qu'on ait une réflexion globale sur l'ensemble du calendrier de l'année. Il faut que le ministre commence une large concertation s'il souhaite avancer sur la question des rythmes scolaires. Là, c'est prendre le problème à l'envers, c'est créer une polémique inutile. On a besoin de sérénité et de concertation. Si on rallonge de manière importante le temps d'enseignement, il faudra pouvoir dire aux enseignants qu'il va y avoir des contreparties, vous comprenez bien qu'aucun salarié ne va accepter que l'ont modifie son temps de travail sans qu'on regarde ses conditions de travail."
VOIR et ENTENDRE la chronologie des faits et des reculades avec Le Point: 

Matignon a désavoué son ministre, un homme pressé et qui parle trop vite, assurant que son voeu n'est pas à l'ordre du jour et a enfoui le projet: il "sera peut-être évoqué après ...2015".



dimanche 24 février 2013

Valls dénonce "un fascisme islamique" en Tunisie

Ghannouchi déclare son pays "insulté"  

La France est "le pays qui comprend le moins l'islam et les Tunisiens" 
Les Tunisiens se sont sentis "insultés" par les propos du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, a assuré le chef du parti islamiste tunisien Ennahda. "La relation entre la Tunisie et la France est complexe. La France est un pays si proche de nous. Malgré cela, la France est le pays qui comprend le moins l'islam et les Tunisiens", a déclaré au Journal du Dimanche Rached Ghannouchi.

Le chef du parti islamiste tunisien Ennahda a vécu en exil à Londres du début des années 1990 jusqu'à son retour en Tunisie à la suite de la révolution tunisienne de 2011, mais est passé par la France où il a suivi des cours gratuits de perfectionnement de la langue française pour les étrangers à l'Alliance française. Là, il débute son activisme parmi les étudiants arabes et musulmans et rejoint la Jamaat Tabligh, mouvement religieux qui préconise de suivre à la lettre les codes et préceptes du droit islamique. Bien que cette mouvance islamique soit accusée de prêcher des croyances erronées, il est alors prédicateur de l'organisation dans les quartiers peuplés d'immigrés nord-africains.

Vers la fin des années 1960, Ghannouchi rentre en Tunisie où le président Habib Bourguiba a pris des mesures tendant à la laïcisation de la société. Ghannouchi commence alors à prêcher dans les écoles secondaires, les universités et les mosquées avec un groupe de jeunes.

L'un des fondateurs,  avec Rached Ghannouchi, du Mouvement de la tendance islamique (MTI, 1981), devenu Ennahda en 1989, Salah Karker a reconnu que l'organisation a commandité un coup d'État pour le 8 novembre 1987 en infiltrant l'armée. Condamné à mort par contumace, il décide alors de quitter clandestinement la Tunisie et obtient l'asile politique en France en 1988, grâce à Pierre Joxe, ministre de l'Intérieur des gouvernements Rocard de François Mitterrand.

En 1991, il s'installe dans la banlieue chic de Londres, et obtient le statut de réfugié politique, alors qu'àTunis, le tribunal militaire le condamne par contumace pour complot contre le président.

Dans les années 2000, chef d'Ennahdha, il prône l'opposition frontale au régime de Ben Ali. En 2011, il regagne la Tunisie après la chute du régime de Ben Ali. Jusqu'à la victoire d'Ennahda aux élections, il déclare ne pas être candidat à la présidentielle, mais en juillet 2012, on le retrouve président du nouveau bureau exécutif quand Moncef Marzouki devient président de la République,
Roland Jacquard fait de Rached Ghannouchi un "inspirateur " d'actes violents commis au nom de l'islamisme qui refuse de se déclarer ouvertement : « Selon la plupart des services de renseignement occidentaux, ces prédicateurs, qui inspirent la conduite de la nébuleuse islamique, mais qui refusent de s'affirmer en tant que chefs, sont aujourd'hui au nombre de six : Omar Abdul Rahmane, Mohamed Hussein Fadlallah, Rachid Ghannouchi, Gulbulddine Hekmatyar, Hassan Al-Tourabi et le mollah Omar "
Valls amis en garde contre la montée d'un "fascisme islamique" dans les pays du Printemps arabe, Libye, Tunisie et Egypte

C'était au lendemain de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, tué par balles le 6 février à Tunis. Chokri Belaïd, gauche marxiste et panarabe, avait vivement critiqué la poussée de l'islam intégriste en Tunisie, s'en prenant aux promoteurs d'un "projet salafiste servant un plan de déstabilisation américano-qatari-sioniste" et reprochant au parti Ennahda au pouvoir sa complaisance à l'égard de ces mouvements extrémistes.
"Ennahda, les Frères musulmans, Al-Qaïda: Manuel Valls a mis tout le monde dans le même sac et, ce faisant, a montré qu'il ne comprenait rien à l'islam. À l'inverse, les Allemands, les Britanniques, les Américains y parviennent et savent que l'islam n'est pas uniforme et comporte des radicaux, des modérés, et que nous sommes à la tête des composantes modérées", a déclaré M. Ghannouchi.
"Oui, nous nous sentons insultés. Il suffit de se promener pour constater que la mosquée est ouverte, que les bars et les plages sont ouverts", a-t-il ajouté.
Les propos de M. Valls avaient suscité l'indignation des partisans d'Ennahda, illustrée par le slogan "France dégage" lors de dernières manifestations pro-islamistes.
VOIR et ENTENDRE le ministre de l'Intérieur de F. Hollande:

Ghannouchi a par ailleurs estimé que le nouveau chef du gouvernement tunisien, l'islamiste Ali Larayedh, est un "militant connu pour sa modération  [autant que peut l'être Ennahda] et ses bonnes relations avec toutes les composantes de la classe politique".
 "Je pense que la Tunisie est entrée depuis vendredi dans une nouvelle ère pour la réalisation des objectifs de la révolution", a-t-il assuré. "Nous prévoyons pour cette année la rédaction d'une nouvelle loi électorale, d'une nouvelle Constitution, l'élection d'une nouvelle Assemblée, d'un nouveau président. Il se peut que les élections se tiennent à l'automne prochain", a-t-il dit.
Les tractations se poursuivent pour la composition d'un nouveau gouvernement en Tunisie
Le pays est toujours enlisé dans une grave crise politique et sociale, aggravée par l'assassinat de Chokri Belaïd. Le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh, islamiste "modéré", a été désigné vendredi après la démission d'Hamadi Jebali, dont la proposition de former un gouvernement de technocrates indépendants avait été rejetée par son propre parti Ennahda, toujours.
La vie politique est quasiment paralysée depuis des mois, faute de consensus à l'Assemblée nationale constituante sur la future Constitution, en cours de rédaction depuis 16 mois.

Nouveau scandale alimentaire: il y a du porc dans le DSK

Le Monde se penche sur le bout de surimi des hommes de pouvoir 

La couverture de Time après l'arrestation de DSK. Déjà le porc a mauvaise presse.

"C’est parce que tu étais un porc que je suis tombée amoureuse de toi."

"Cela a été l’expérience la plus poétique, la plus dense, la plus cruelle, la plus belle, la plus puissante de ma vie ». [Les enfants, allez vous coucher] Pour avoir écrit ces lignes dans un ouvrage qui fait scandale, « Belle et bête » (Stock), présenté en bonnes feuilles dans Le Nouvel Observateur de jeudi, la philosophe Marcela Iacub se retrouve au pilori des médias. L’Express, outragé, n’hésite pas à écrire le 21 février : « Marcela Iacub, folle d’un «cochon » a donc écrit un livre de « truie ».» Beaucoup de journaux lui reprochent d’avoir jeté sa vie sexuelle en pâture pour se faire de l’argent - les mêmes qui encensaient les confidences de l'autofiction. DSK lui-même, dans une lettre ouverte auNouvel Observateur, parle d’« une atteinte méprisable à ma vie privée et à la dignité humaine », et reproche à l’écrivaine de l’avoir « séduit », pour tout déballer ensuite (l'homme a donc du sentiment).

Que nous dit Marcela Iacub qui fait tant de bruit ? 
Il y a du porc en DSK, comme du cheval dans les beafsteaks des grandes surfaces. Ce n'est pas un scoop. C’est parfois évoqué sur un ton de midinette - de «sainte » écrit-elle (certains extraits rappellent les émois effarouchés de l’héroïne de l'harlequinade « Cinquante nuances de Grey » devant son cruel amant). Des journalistes disent qu'il s'agit d'un non-événement. C'est vrai. Ces confidences érotiques, qui font parfois penser au film de Patrice Leconte «Ridicule» (ces récits à la fois dramatiques et futiles des moeurs des puissants avant la Grande Révolution), semblent bien dérisoires en ces temps de grave crise sociale et de chômage chronique - un tel décalage de préoccupations entre les élites médiatiques et le peuple est révélateur de l'époque (annonçant sans doute de puissantes frictions). Cependant, si leNouvel Observateur se vend comme des petits pains, ceci expliquant sans doute cela, Marcela Iacub dit deux ou trois choses intéressantes sur les paradoxes de l'amour, la sexualité et sur le droit démocratique (elle est juriste).

La philosophe avoue d'emblée : « Tu étais égoïste, tu étais brutal et tu n’avais aucune culture. Et j’étais folle de toi ». [De quoi épater le bourgeois !] Elle nous raconte là une vieille histoire. Elle n’est pas la première, ni la dernière, à aimer une brute. Tant d’autres femmes l’ont fait avant elle, l’ont écrit, regretté, adoré, chanté. Souvenons-nous de Billie Holiday (puis d'Edith Piaf), saisi par le blues de l’amour fatal dans « It’s my man » : «Has he two or three girls. That he likes as well as me. But I love him. I don't know why I should. He isn't true. He beats me, too. What can I do ? It’s my man». [Il fallait comprendre que ce n'était pas de la littérature] Marcela Iacub nous rejoue cette partition, sur le mode de l'auto-fiction. Elle le reconnaît, l’animal sexuel DSK l'a bouleversée, violentée, elle a voulu comprendre cette fascination en écrivant le livre. Car, dit- elle, pour l'écrivain seule l’écriture pense, creuse la falaise. [Il n'est plus possible de fantasmer sur une chanson: aujourd'hui, les textes éclaboussent les berges de nos rues et les flaneurs plongent de gré ou de force dans le sturpe;  les enfants en restent tout songeurs...]


Après les déclarations
contradictoires de Me N. Diallo.
"La bonne de DSK, une pute"
Nous savons tous ce qui se joue de joie et de plaisir trouble dans des relations de tension entre les sexes et de masochisme amoureux (s’il faut parler avec ces catégories). Nombre d'écrivains, Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle d’Adam, Swinburne ont décrit ces tourments noirs, la part sombre et jouissive de la passion - sans oublier Baudelaire, qui écrit dans « Fusées » : « L’homme et la femme savent de naissance que dans le mal réside toute volupté. » Marcela Iacub nous redit cette vérité trouble - toujours dérangeante, qui a tant inquiété les féministes. Elle a aimé que DSK soit «un chien», de ces clébards qui aiment « toutes les chiennes en chaleur sans distinction ». Elle a aimé être sa chienne, comme certaines femmes disent dans un lit parfois (et comme chante Léo Ferré dans « Le chien » ). Elle a aimé qu’il lèche son mascara, qu’il soit dégoûtant (d’aucunes diraient : «qu’il soit un bon coup » ?). 


Ce n’est pas un scoop de rappeler qu’il y a de l’animal et de la brutalité dans le sexe, chez l’homme et la femme qui roulent sur un matelas, ni que DSK comme d’autres soit « mi homme-mi cochon », mais le plus surprenant est que Marcela Iacub soit attaquée parce qu’elle défend cette vérité compliquée, tourne autour, la réfléchit - «on sait que la plupart des humains n'aiment le sexe que dans certaines conditions. Qu'ils cherchent que l'objet de leurs désirs ait des beautés qui rachètent un acte qui peut être dégoûtant autrement» -, qu'elle la répète depuis l’affaire du Sofitel, comme dans son essai «Une société de violeurs ? » (Fayard, 2012). Pour elle, la plupart des médias, en France et plus encore aux Etats-Unis, tout comme une partie des féministes et des intellectuels ont fait preuve d’un acharnement bien-pensant contre l’homme politique déchu en condamnant sa vie sexuelle débridée, ses parties carrées ( « La double vie effarante de DSK » titrait L'Express en septembre 2012), en l’assasinant au fond de l’ambulance, ou encore en le traitant de « malade » (comme Michel Onfray), alors, rappelle-t-elle, qu’à ce jour aucune condamnation pour viol n’a été retenue contre lui - le doute ne profite pas au cochon.



Bien sûr, l’éthique politique peut reprocher au politicien à un poste de responsabilité de ne penser qu'à ça et de se mouiller avec des souteneurs - avec le risque de conflit d'intérêt et de dépendance au chantage que cela implique -, mais dès lors qu’il est retiré des affaires ? Doit-on reprocher, demande Marcela Iacub, à l’homme redevenu un quidam de découcher, fréquenter des prostituées ou de participer à des orgies ? Ne faut-il pas dans une société démocratique, laisser aux hommes le droit de mener leur vie cochonne « sans qu’un juge leur demande des comptes » ? [La réponse est dans la question, mais est-ce le sentiment de l'épouse, Anne Sinclair, en l'espèce ?] Sans qu’une loi condamne les clients des prostituées, comme le veulent les féministes socialistes. Sans qu’on les traite comme des cas pathologiques ? Sans qu'on parle de violence faite aux femmes quand le désir devient féroce (« Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny. Moi j'aime l'amour qui fait boum ! » chantait Magali Noël). Quand elle défend ce droit à la part maudite de chacun, tout comme quand elle refuse qu'on victimise les prostituées indépendantes, Marcela Iacub fait preuve d'un certain courage - elle interpelle le moralisme ambiant. Là voilà partout décriée. 

Depuis quelques années, on entend beaucoup que la nouvelle maladie d’époque serait la dépendance sexuelle. En novembre 2011, le siteNewsweek-Daily Beast parlait d’une véritable «épidémie » dans le monde occidental. Grâce aux tabloïds, nous connaissons toutes les célébrités atteintes, Michael Douglas, Tiger Woods, David Duchovny… et DSK. Tous des porcs - des dépendants. Aux Etats-Unis, une société de thérapeutes estimait fin 2011 que 3 à 5% de la population est atteinte, soit 9 millions de gens - cela fait beaucoup, va-t-il falloir mettre des policiers et des caméras à tous les carrefours ? Les symptômes ? Chercher sans cesse des nouveaux partenaires. Éprouver une envie permanente de plaisir sexuel. Regarder beaucoup de pornographie sur Internet (où elle d'accès libre et gratuit). Fréquenter des personnes faciles et des prostituées. Ne jamais s’arrêter, quitte à mettre en danger sa famille ou sa réputation. Ce «trouble hypersexuel» et cette «nymphomanie» hypermodernes viendraient de la combinaison fatale de la sexualisation des tenues féminines (on sait que cette critique a jeté des "sluts walks", des "marches de salopes" revendiquées dans 150 villes autour du monde), la prolifération des « escorts» indépendantes, l’accès libre aux sites pornos et l’effondrement des valeurs familiales.


Tout comme Marcela Iacub, un psychologue clinicien américain, David J. Ley, a dénoncé cette " imposture" et cet excès de pudibonderie dans son essai « Le mythe de la dépendance sexuelle » (ed. Rowman, Mars 2012). Selon lui, la prétendue addiction sexuelle a existé de tout temps, mais elle est devenue un fromage pour les milliers de psys qui la repèrent et la traitent, souvent à prix d’or (5000 $ par jour pour Tiger Woods). Ce sont certains d'entre eux, organisés en lobby, qui publient des statistiques fantaisistes visant à transformer tout époux volage, femme « adultère » ou client de prostituée en « malade », confondant à dessein l'impulsion du désir et la quête érotique - le dionysiaque dans l'homme - avec la compulsion sexuelle incontrôlée. Ils développent une pernicieuse entreprise de moralisme conjugal pour faire valoir leur profession, essaimer des sentiments de honte (comme si la honte pouvait fonder une morale), amplement relayée par les médias people dénonçant les frasques des personnalités - n'oublions pas qu'aux Etat-Unis, un écart de conduite conjugal est fatal au politicien. 


Ces psys, selon David J.Ley, s'appuient sur un concept vague de dépendance sexuelle, non reconnu en psychiatrie clinique. Dans les faits, remarque-t-il, aucun « dépendant sexuel » n’est encore mort d’une overdose de sexe. Quant à la corrélation entre le visionnage de pornographie et le viol, après maintes recherches, sur des années, elle n’est toujours pas avérée - des études faites auprès de 688 jeunes couples Danois, femmes et hommes, menées en 2008 par le sociologue Neil Malamuth montrent même que la pornographie contribue souvent à une vie sexuelle plus inventive*. Finalement, pour David J.Ley, ces psychologues refusent d’admettre le libre-arbitre d’une vie libertine, tout comme la réalité des plaisirs hors-mariage, les associant bien rapidement à des phénomènes compulsifs, auto-destructeurs ou asociaux. Laissons un psychanalyste français plus subtil le mot de la fin, Samuel Lepastier, qui déclarait dans Elle le 22 février, à propos de la sombre popularité de DSK : « Il existe en chacun de nous une part de désir sauvage, d’animalité refoulée en permanence. Un homme célèbre comme DSK, accusé de toutes les turpitudes, nous permet de projeter sur lui notre part d’ombre. C’est la logique du bouc émissaire. On lui fait endosser des désirs, des fantasmes qu’on n’ose pas s’avouer à soi-même. »

* http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10508-007-9212-1