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vendredi 6 juin 2014

Laxisme: les députés votent une réforme favorable aux délinquants et à la récidive

Les députés approuvent une nouvelle peine sans emprisonnement

L
a "contrainte pénale" voit le jour de nuit
En trois jours et à la faveur de la nuit de jeudi à vendredi, la majorité socialo-écolo-communiste a bouclé l'examen de cette réforme pénale qui abroge les "peines plancher", emblématiques du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais est néanmoins présentée comme "tendant à renforcer l'efficacité des sanctions pénales"... 
Cette nouvelle peine de probation, portée par la ministre de la Justice Christiane Taubira et combattue par la droite qui y voit un danger pour la société, doit être effectuée hors de prison moyennant un contrôle donnera lieu à un vote solennel mardi. 

Auparavant, et conformément à la promesse de François Hollande, la majorité de gauche avait voté la suppression des "peines plancher" pour les récidivistes et auteurs de violences aggravées, à l'inverse de l'UMP qui s'était faite de nouveau porte-parole de la population qui accuse la gauche de vouloir "vider les prisons".

La ministre de la Justice et la gauche ont maintenu leur jugement accusant les peines plancher d'inefficacité à contrer la récidive et à l'origine d'un allongement de la durée des peines ainsi que d'une surpopulation pénale accrue.

Un examen de projet miné

Les débats ouverts mardi se sont déroulés sans incident majeur jusqu'à ce que Christiane Taubira provoque un clash.
Responsable de la banalisation des faits divers et incivilités qui pourrissent la vie des Français, la garde des Sceaux  s'en est prise à l'UMP leur clôture jeudi en fin de journée. "Voilà deux ans que vous me faites des procès insupportables", a-t-elle lancé. 

Dans la soirée, la tension est encore montée d'un cran à propos du traquenard tendu à la majorité présidentielle sur la portée à donner à la contrainte pénale. Les griefs de l'opposition ont ainsi trouvé un fort écho à gauche. Alors que le projet de loi prévoyait son application aux délits sanctionnés de 5 ans de prison maximum, la commission des Lois de l'Assemblée en avait aggravé la portée en l'étendant il y a dix jours à l'ensemble des délits, jusqu'aux peines de 10 ans de prison, avec l'approbation silencieuse de Taubira, ce qui lui avait valu les foudres du chef de l'Etat.  
Thierry Mandon, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, avait admis que "paradoxalement, ce texte donne un mauvais signal en termes de laxisme." Même un Pascal Popelin, député PS de Seine-Saint-Denis et proche de Manuel Valls, s'oppose à Christiane Taubira : "Je n'ai pas voté l'amendement visant à étendre la contrainte pénale à tous les délits car, si on veut qu'elle réussisse, il ne faut pas en multiplier les opportunités. Cinq ans de prison, c'est la voie de la sagesse. Je suis pour que l'on conserve l'équilibre du texte." Idem pour Cécile Untermaier, députée PS de la Saône-et-Loire: "J'ai voté en faveur de cet amendement, mais s'il est incompréhensible pour l'opinion, il faudra y revenir", affirme cette élue, visiblement mal dans ses godillots.

Les députés ont voté jeudi soir, mais non sans mal, un compromis du rapporteur (PS) du texte, Dominique Raimbourg, repoussant cette extension surprise au 1er janvier 2017, pendant la campagne des prochaines présidentielles. Les écologistes et le Front de gauche ont pointé la bombe à retardement du gouvernement, tandis que l'UMP a dénoncé une "comédie" entre la garde des Sceaux et ses complices de l'hémicycle.

Les annexes de la réforme pénale

Détention suspendue pour les femmes enceintes. La justice devra prendre "toutes les dispositions utiles afin qu'aucune femme enceinte ne puisse être placée ou maintenue en détention au-delà de la douzième semaine de grossesse", en vertu d'un amendement des radicaux de gauche adopté.

Les députés ont en outre voté le possible aménagement des peines de moins d'un an de prison dès leur prononcé, contre deux ans actuellement (un an pour les récidivistes). Cette dernière mesure, qui paraît plus répressive que ce que prévoit la loi pénitentiaire de 2009, a été désapprouvée par les écologistes et radicaux de gauche. L'UMP l'a aussi contestée au motif que la réforme pénale applique souvent le même régime aux récidivistes et non-récidivistes.

Avec en revanche l'appui des écolos, l'Assemblée a introduit à l'initiative du gouvernement un nouveau chapitre sur la "justice restaurative", qui vise à permettre, sur la base du volontariat, à des victimes et auteurs d'infractions de se rencontrer.

Des députés réclament plus de laxisme 

Le projet de loi suscite nombre de débats à gauche, où  certains voudraient aller plus loin que le gouvernement et contre les arbitrages de l'Elysée remontant à l'été dernier, et qui n'est que mollement défendue par Mme Taubira.

Jeudi soir, des élus socialistes, menés par Mathias Fekl, écologistes et du Front de gauche ont défendu la suppression de la rétention de sûreté, instituée en 2008 pour les criminels condamnés à au moins 15 ans de prison et jugés dangereux une fois leur peine purgée. Pointant une "loi honteuse", ils ont rappelé que François Hollande était favorable à son abrogation. "Une nécessité" également pour Mme Taubira, qui a cependant renvoyé la mesure à plus tard. Fekl a été chargé par l'ex-premier ministre Jean-Marc Ayrault d'un rapport sur le séjour des étrangers et l'immigration en France.

De même dans la nuit de mercredi à jeudi, divers membres de la majorité avaient tenté d'abroger les tribunaux correctionnels pour mineurs créés en 2011, comme s'y était engagé François Hollande. Un débat lui aussi repoussé.

Les députés ont refusé de voter certains amendements du gouvernement
L'un d'entre eux ramenait de 10% à 8% la "sur-amende" qu'avait créée la commission des Lois pour financer les associations d'aide aux victimes.

mercredi 11 septembre 2013

Loi anti-récidive: "Tous les délinquants n'ont pas vocation à sortir"

Le père d'une victime dénonce "un nouveau permis de tuer"

Le texte porté par la garde des Sceaux est dangereux: 
"tous les délinquants n'ont pas vocation à sortir",
Anne-Charlotte Schmitt

estime, dans un entretien du 19 juillet 2013 avec Le Figaro, le père d'une victime tuée en 2007.
Mobilisé contre le projet de réforme pénale, Philippe Schmitt est le père d'Anne-Lorraine, une étudiante de 23 ans poignardée à mort par un délinquant sexuel récidiviste, en novembre 2007 dans le RER D.
Thierry Devé-Oglou, un manutentionnaire d'origine arménienne de 46 ans lors de son procès, donnait pleine satisfaction à son employeur et vivait chez ses parents au moment des faits. Quand son casier judiciaire est brièvement abordé, on constate qu'il porte la trace d'une condamnation de cinq ans de prison -dont deux avec sursis- prononcée le 14 février 1996: un an auparavant, dans ce même RER D, il avait violé une jeune femme sous la menace d'une arme. Cette première affaire avait d'ailleurs relancé la polémique sur les délinquants sexuels en état de récidive. Il se sera finalement condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans.

Quel regard portez-vous sur le contenu de la réforme pénale qui se profile?Elle promet malheureusement du sang et des larmes pour de nombreuses familles. Christiane Taubira me semble vivre dans le monde des Bisounours. Avec un groupe de parents de victimes, nous avons participé à une réunion préparatoire à la conférence de consensus. Je suis sorti au bout d'une heure car je ne pouvais plus supporter les propos entendus. Nous avions face à nous des idéologues. Ils nous ont reçus pour servir d'alibi mais tout était joué d'avance. Ce n'est pas en remettant plus rapidement en liberté des gens dont la cruauté et la perversité ne font aucun doute qu'on va régler le problème de la récidive.
Contre quelles dispositions vous élevez-vous particulièrement?
La ministre de la Justice piétine les avancées arrachées de haute lutte ces dernières années, comme les peines planchers ou la rétention de sûreté [placement dans un centre socio-médico-judiciaire de prisonniers ayant exécuté leur peine mais présentant un risque très élevé de récidive en raison de leur dangerosité], qu'elle espère supprimer. Sans rétention de sûreté, rien n'empêchera des personnes au profil du meurtrier de ma fille de recommencer à leur sortie de prison. C'est ahurissant, tout comme la remise en liberté conditionnelle automatique après avoir effectué deux tiers de sa peine. Quand je vois que la sortie de prison sous conditions de l'homme qui a tué Anne-Lorraine n'a pas été remise en cause alors que ce condamné pour viol ne suivait pas ses soins et ne se présentait jamais à son contrôle judiciaire… Tout cela, c'est l'ouverture au grand n'importe quoi, à la remise en liberté de gens extrêmement dangereux à qui on va donner un nouveau permis de tuer. C'est totalement irresponsable. Il faut admettre que tous les criminels n'ont pas vocation à sortir.

Que pensez-vous des peines de probation, qui doivent devenir la principale alternative à la prison pour personnes condamnées à de courtes peines?

Je ne dis pas qu'il faut emprisonner quelqu'un qui a volé une Mobylette, mais il faut bien savoir où placer le curseur et ne pas laisser passer les violences aux personnes, la dangerosité physique. Le meurtrier de ma fille n'a même pas effectué deux ans de prison pour un viol commis dans les années 1990. À l'avenir, avec les lois que l'on nous prépare, serait-il laissé dehors, pour de tels faits? Pour moi, outre cette fausse croyance que tout le monde est réinsérable dans la société, les alternatives à l'incarcération comme les peines de probation constituent juste un moyen de lutter contre la surpopulation carcérale car l'État ne peut pas construire suffisamment de nouvelles prisons faute de moyens.

Christiane Taubira vient pourtant d'annoncer le recrutement de 300 conseillers d'insertion et de probation pour assurer l'efficacité de sa réforme…

Cela ne me rassure pas vraiment. Beaucoup sont atteints du syndrome de Stockholm. Ils oublient pour quelle raison la personne a été condamnée et envisagent seulement comment la remettre en liberté. Il faudrait surtout que les juges d'application des peines assument enfin leurs responsabilités quand ils libèrent des récidivistes. Aujourd'hui, tout le monde se renvoie la balle comme dans le cas du meurtre d'Agnès Marin dont la famille envisage de poursuivre l'État pour faute.

Que peuvent les faits contre les idéologies ?
Christiane Taubira et Hollande n'ont-il d'autre ambition que d'attacher leurs noms à une loi qui porte en elle de nouveaux drames humains ?

Lorsqu'Anne-Lorraine a été agressée, ses parents l'attendaient pour la messe. 
C'était le jour de la fête du Christ-Roi. Elle a été poignardée au cœur, comme le fut une autre jeune fille, Lindalva Justo de Oliveira, assassinéepar l'un des pensionnaires de l'Abri pour lesquels elle se dévouait, pour avoir défendu sa virginité. C'était en 1993, le Vendredi saint. Lindalva vient d'être béatifiée à Salvador de Bahia, le 25 novembre, jour de la fin tragique d'Anne-Lorraine.

Sur le cercueil de sa fille, le courageux père avait fait la promesse d'être digne de son enfant et s'y tient depuis sa mort, lancé à corps perdu dans un combat contre "les aberrations du système judiciaire" conçu par les hommes. En juin 2010, l'Institut pour la justice lui a confié la présidence de son comité d'orientation, avec pour mission de sensibiliser l'opinion publique aux aberrations de la machine pénale et de tirer la ficelle susceptible d'éviter "une accumulation croissante de textes inapplicables et inappliqués". 

Le détricotage n'est-il pas une spécialité de Hollande ?
"À la disparition de sa fille, il s'est dit qu'il fallait qu'il se batte à son tour, témoigne Damien Theillier, directeur des études à l'Institut et professeur de philosophie.  Alors, un peu comme on se porte volontaire pour le front, Philippe Schmitt a ouvert avec les parlementaires de tout bord  "un dialogue poli mais difficile". "Pourquoi ne pas voter la suppression des délais de prescription dans les affaires criminelles, rendus caduques grâce aux progrès de l'ADN ? Pourquoi ne pas offrir aux parties civiles le droit de faire appel d'un verdict ? Pourquoi lui refuse-t-on les tribunes pour "expliquer aux gens qu'un accusé condamné à dix-huit ans de réclusion n'en fera que neuf", qu'"un criminel odieux peut quand même sortir" ? 

Philippe Schmitt aimerait que toutes les femmes et jeunes femmes, "puissent aller et venir, tranquillement, sans tomber sur un repris de justice". Il rêverait que les politiques soient "humbles et courageux", qu'ils "admettent que, pour certains individus, il n'y a plus rien à faire". En attendant, il tremble avec sa femme dès lors que Béatrice et Bénédicte, les jumelles de la fratrie décapitée, envisagent le moindre déplacement. Le couple confesse une légère paranoïa et dit s'en vouloir un peu. Mais "ça arrive tellement vite, vous savez...". 

Pour sa "thérapie", sa lutte "sans haine ni vengeance", Philippe Schmitt continue de préférer "l'action au cimetière". En douze mois, une chapelle a été érigée dans un bidonville colombien grâce aux dons spontanément versés à la famille d'Anne-Lorraine. L'édifice a été baptisé Saint-Anne. Pour la plus grande fierté du colonel, qui "ne [voyait] pas l'intérêt d'accumuler les fleurs".

vendredi 7 mars 2008

Mises au point de Sarkozy : halte aux ragots de la gauche

Ni plan de rigueur, ni grand remaniement
Les attaques de la gauche sont ainsi démenties par Nicolas Sarkozy interrogé dans le Figaro du 6 mars 2008.
Fillon est le meilleur à son poste
Ces derniers jours, on évoquait un simple "réajustement" de l'équipe ministérielle. Nicolas Sarkozy le confirme. Le président de la République affirme qu'il n'y aura "pas de grand remaniement après les municipales". Selon lui, le Premier ministre François Fillon est "le meilleur pour mettre en oeuvre" sa politique, dit-il. Pourtant, l'écart qui se creuse dans les sondages entre les deux hommes, avec un avantage historique en faveur du chef du gouvernement alimente les spéculations sur une tension au sommet de l'exécutif.
Pas de plan de rigueur
A quatre jours des municipales, Nicolas Sarkozy affirme également qu'il n'y "aura pas de plan de rigueur" après ces élections. Il répond ainsi à son opposition de gauche qui affirme que l'exécutif n'aura pas d'autre recours que d'augmenter les prélèvements pour combler les déficits.
Les réformes
Le chef de l'Etat confirme ses projets de réformes économiques et sociales et assure que le pouvoir d'achat est un "objectif central" de sa politique. Il répète que le Smic ne sera pas augmenté au-delà du minimum légal, que les aides aux entreprises seront conditionnées à des discussions salariales et que les chômeurs qui refuseront deux offres "acceptables" d'emplois verront leurs allocations baissées ou supprimées.
Pour augmenter le pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy veut développer l'intéressement des salariés aux bénéfices des entreprises, qui fera l'objet d'un texte de loi en juin, et compte sur des mesures déjà mises en oeuvre comme les heures supplémentaires exonérées de charge et d'impôts, le monétisation des RTT et la libération de la participation. Selon le président de la République, "le contexte international doit même nous encourager à accélérer les réformes. Si demain il y a avait 10% de croissance aux Etats-Unis, il faudrait malgré tout aménager notre droit du travail et notre fiscalité."
Retraites
Concernant les retraites, le chef de l'Etat renvoie l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein à la future "discussion" prévue avec les partenaires sociaux, tout en rappelant que la loi de 2003 prévoit le passage progressif de 40 à 41 ans "sauf décision contraire fondée sur des éléments nouveaux".
Fonctionnaires
Nicolas Sarkozy confirme le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite l'an prochain dans la fonction publique d'Etat. "Chacun doit comprendre qu'il n'y a pas d'alternative en France à la réduction des dépenses publiques."
Loi sur la rétention de sûreté
Contre les récidivistes, Nicolas Sarkozy dit vouloir "aller jusqu'au bout". Le chef de l'Etat fait cette déclaration alors que le conseil constitutionnel a partiellement censuré la loi instaurant la rétention de sûreté pour certains criminels jugés dangereux à l'issue de leur peine. Cette censure partielle, au nom de la non-rétroactivité, fait que cette disposition devient largement inapplicable avant 2023, puisqu'elle vise les condamnés à au moins 15 ans de prison.
Laïcité
Autre loi, autre polémique. Nicolas Sarkozy promet dans cette interview publiée de ne pas toucher la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat pour ne pas déclencher une "nouvelle guerre" en France mais évoque tout de même des "modifications techniques", notamment "sur le statut fiscal de telle ou telle association".
Les sondages
Le chef de l'Etat affirme qu'il ne se laissera pas "distraire par les péripéties" des sondages. "Pendant six ans, j'ai connu des sondages à leur zénith", observe le chef de l'Etat. "Et mes adversaires expliquaient que cela ne signifiait rien. Aujourd'hui, après deux mois de baisse, les mêmes expliquent que la situation est très grave". "Bien sûr", commente le chef de l'Etat, "les bons sondages facilitent les réformes et les mauvais les compliquent". "Le rôle du chef de l'Etat, c'est de garder une certaine distance par rapport au quotidien. Il n'a pas le droit de céder à l'agitation", observe-t-il.
Société Générale
A propos d'un éventuel rachat de la banque, le président estime que les pouvoirs publics doivent être vigilants sur une éventuelle prise de contrôle par un groupe étranger. "Je ne suis pas protectionniste. Mais il n'est pas possible que les pouvoirs publics ne soient pas vigilants quand un grand acteur bancaire français est menacé", déclare le chef de l'Etat.
Union pour la Méditerranée
Nicolas Sarkozy apporte plus de précisions sur la forme que prendra l'Union pour la Méditerranée. Elle sera "co-présidée par un président de la rive du nord et un président de la rive du sud", des présidences réservées "aux riverains" de cette mer. "Il y aura une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement tous les deux ans. Les décisions seront prises ensemble". "Tous les pays membres de l'Union pourront participer au processus", dit encore Nicolas Sarkozy à propos de ce qui est un de ses grands projets de politique étrangère.
UIMM et Medef
Le chef de l'Etat réaffirme son soutien à la présidente du Medef Laurence Parisot dans sa volonté de réorganiser l'UIMM. "C'est une affaire interne du Medef. De surcroît, il y a une procédure judiciaire qui suit son cours. Cela dit, je comprends la position de Laurence Parisot", déclare le chef de l'Etat. "Elle souhaite que les chefs d'entreprise donnent une bonne image. La France en a besoin", ajoute-t-il.
EADS Pour le chef de l'Etat, le réchauffement des relations entre la France et les Etats-Unis a rendu possible la signature du contrat géant entre EADS associé à Northrop Grumman et l'armée de l'Air américaine. "Peut-on penser une minute que le contrat qu'a gagné magnifiquement EADS pour les avions ravitailleurs aurait été signé dans le climat de tension qu'on a connu entre les Américains et les Français ?", lance-t-il.
Source TF1

lundi 3 mars 2008

Rétention de sûreté: les Français approuvent

La gauche coupée de la France profonde
Sa Cynique Majesté Royal se consacre exlusivement aux handicapés. Parfait! On peut toutefois s'interroger de savoir si son intérêt pour eux n'a pas quelque peu flanché, hors caméras...
La politique de peur et de haine morales motivent plus évidemment Sa Sereine Majesté. Développée par la presse -non moins républicaine et morale, à la façon du magazine Marianne-, cette politique s'avère contreproductive: critiquer systématiquement et sans analyse, c'est s'exposer au désaveu des Français. Car la population a besoin que ses soucis et ses angoisses soient partagés. Le Président de la République répond à cette attente de sécurité dans le pays.
Le Président Sarkozy est sur la même longueur d'onde que les familles de victimes dans sa volonté de faire appliquer rétroactivement la loi sur la rétention de sûreté pour les criminels jugés les plus dangereux, et cela malgré la censure du Conseil constitutionnel sur le point particulier de la rétroactivité.
L'agité de l'Elysée, que des media militants caricaturent et que des responsables politiques à l'ancienne et partisans de l'immobilisme critiquent sans fondement, n'ont pas pris la mesure de sa capacité d'écoute de la population. Il ne se déplace pas pour se montrer ni faire campagne pour lui, mais pour prendre le pouls des Français.
Nicolas Sarkozy a demandé le 25 février au président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, de lui faire des propositions "d'adaptation de notre droit" susceptibles de réduire les risques de récidive de certains condamnés.
Cette demande faisait suite à la décision du Conseil constitutionnel qui avait partiellement censuré la loi sur la rétention de sûreté, qui "ne saurait être appliquée à des personnes condamnées avant la publication de la loi" ou "pour des faits commis antérieurement" à cette publication. Lui, il est inviolable!... Le principe de non-rétroactivité des lois est bientôt aussi vieux que notre droit français. Bizarrement, il ne s'est pas appliqué aux retraités au moment de la réforme de l'âge de la retraite: la loi Fillon avait frappé les travailleurs qui s'étaient engagés, à certaines conditions, il y avait 38 et 40 ans de cela…
L'initiative de M. Sarkozy a suscité un tollé dans l'opposition et certains milieux judiciaires, qui l'ont accusé de chercher à s'affranchir de la décision du Conseil constitutionnel. Leur coupure des réalités du monde actuel apparaît aujourd'hui à la lumière crue des témoignages de satisfaction des victimes confiantes dans la volonté présidentielle d'entendre leur appel et d'y répondre.
La Constitution de la V° République date de 1958. Elle doit être respectée et le Conseil Constitutionnel est dans son rôle. Il conviendrait cependant que Jean-Louis Debré et ses collègues ne mettent pas plus de zèle que nécessaire à contrecarrer laction du Président et tiennent aussi compte des besoins de la société actuelle. Les cas de récidive liée à l'abolition de la peine de mort et au laxisme des tribunaux se multiplient. Dès lors que les magistrats sont plus attentifs aux criminels qu'à leurs victimes, le droit aurait besoin d'être "revisité". L'idéal serait d'ailleurs plutôt que les magistrats appliquent le droit plutôt que de l'interpréter.

Le président Nicolas Sarkozy a d'ailleurs reçu le soutien d'associations de victimes dans sa volonté de faire appliquer rétroactivement la loi sur la rétention de sûreté pour les criminels jugés les plus dangereux, malgré la censure du Conseil constitutionnel sur ce point.
Il s'est personnellement entretenu -et non ses conseillers- pendant une heure avec des représentants de l'Association pour la protection contre les agressions et les crimes sexuels (Apacs), de l'association Victimes en série (VIES) ainsi que des victimes et familles de victimes.
Il a évoqué la mission qu'il a confiée au premier président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, après la décision du Conseil constitutionnel il y a 10 jours de refuser l'application de la loi aux détenus condamnés à sa promulgation.
"Il nous soutient totalement, nous le soutenons aussi; on est complètement sur la même longueur d'onde", a déclaré à la presse le président de l'Apacs après l'entretien. "C'est une mesure complètement logique, qui est appliquée ailleurs et je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas en France". La gauche française serait-elle plus conservatrice qu'ailleurs et que dans les pays socialistes européens en particulier? C'est vrai de nombreux sujets. Jean-Pierre Escarfail a dénoncé la "franchouillardise" des détracteurs de la loi, "alors qu'on a des exemples en Europe et au Canada de méthodes qui ont fait leurs preuves".


Jean-Pierre Escarfail, père d'une victime du tueur en série Guy Georges, souhaite que la loi "soit adaptée de manière à permettre, pour ceux qui sont extrêmement dangereux et qui sortent en ce moment, de trouver un moyen de les soigner et pas seulement de les laisser sortir comme ça."
Le président de l'Apacs a assuré qu'il ne s'agissait pas de "rétention à vie" ou de "perpétuité déguisée". "C'est n'importe quoi, quand on parle de perpétuité déguisée. Il s'agit de soigner des gens", a-t-il fait valoir. "Alors peut-être qu'il y en a qui ne sont pas soignables. C'est comme les cancers, vous avez des cancers qui sont soignables et d'autres qui ne le sont pas et à ce moment-là, forcément ça peut durer un certain temps, pas forcément à vie."
Dahina Le Guennan, présidente de VIES et ancienne victime de Michel Fourniret qui va être jugé le 27 mars, souhaite aussi que la rétention de sûreté soit "applicable tout de suite". Elle a déploré, sans les nommer, que "beaucoup de partis politiques et d'associations des droits de l'homme font beaucoup pour les auteurs et assez peu pour les victimes".
"Si cette loi avait existé, on aurait évité au moins huit victimes" parce que la dangerosité de Michel Fourniret aurait été prise en compte "et on ne lui aurait pas laissé le droit de sortir et de tuer impunément", a-t-elle expliqué. Faut-il encore huit autres victimes à la sortie des pervers dangereux qui ne sont pas guéris?
"Je ne pense pas que tout le monde soit soignable ni que tout le monde soit réinsérable. La castration chimique, ça n'empêche pas de penser", a ajouté Dahina Le Guennan, qui a été violée par Michel Fourniret en 1982.
"Il a été arrêté en 1984, il avait fait 17 agressions, il est jugé en juin 1987, il prend sept ans de prison, il sort en octobre 1987, il commence à tuer en décembre 1987", a-t-elle rappelé. "Ça, c'est un exemple concret."
"On se serait rendu compte de sa dangerosité, on ne lui aurait pas laissé le droit de sortir et de tuer impunément", a insisté Mme Le Guennan. Effectivement. La rétention de sûreté n'aurait pas pu être appliquée dans ce cas puisque la loi ne permet pas que les personnes condamnées à quinze ans de réclusion et plus soient concernées. C'est dire combien cette loi est modérée et ne couvre pas tous les risques pour la population des femmes et des enfants.
Parmi les personnes reçues par Nicolas Sarkozy figurait Cynthia Sardou, journaliste, fille du chanteur Michel Sardou et auteur d'un livre "Faut-il que je sois encore violée ?", qui a été victime de trois agresseurs dont deux multirécidivistes.
"La plupart de ces multirécidivistes ne sont quasiment pas ou peu réinsérables dans notre société", a-t-elle déclaré. "Cette réunion a été porteuse d'espoir. La magistrature française que je dénonce a déjà fermé trop souvent les yeux", a souligné pour sa part Cynthia Sardou. Les idéologues de la gauche et de la magistrature resteront sourds à ce cri de victime, comme à leur habitude. Ils ne pouvaient déjà pas entendre les appels à l'aide de Cynthia Sardou quand elle fut victime de ce viol en réunion en décembre 1999. Près de dix années plus tard, le rouleau compresseur de l'idéologie fera-t-il taire ces victimes? L'injustice passera-t-elle aussi sur leur douleur?

"Le président a affirmé que nous aurons des résultats et que les résultats seront appliqués", a-t-elle ajouté. "Il a également été dit que si un criminel refuse de se faire soigner, il restera en prison à vie, en tout cas il ne sortira pas."
La délégation comprenait aussi Christian Cremel, mari de Nelly Cremel, assassinée par Patrick Gateau en juin 2005, Françoise Scharsch, mère de Julie Scharsch, assassinée par Pierre Bodein en juin 2004, ou encore les parents de Fabienne Leroy, assassinée par Michel Fourniret en août 1988.
Nicolas Sarkozy leur a donné rendez-vous dans quelques semaines pour faire le point, sur l'application notamment du volet sanitaire, avec l'ouverture prévue des deux hôpitaux-prisons, un à Fresnes en septembre et un deuxième à Lyon l'année prochaine"a déclaré le porte-parole de l'Elysée, David Martinon. Voilà du concret de la part du'un gouvernement dont on dit et écrit qu'il ne fait rien.
Le président a déclaré qu'on "allait continuer à travailler sur le sujet, avec la cour de Cassation, pour trouver des moyens constitutionnels", a-t-il ajouté après une réunion de travail d'une heure avec le président et la garde des Sceaux Rachida Dati.
"Le président a dit qu'il voulait mettre les victimes au coeur de tout", a-t-il ajouté.
Que le gouvernement continue à s'agiter longtemps comme ça et les nuisibles seront mis hors d'état de nuire.