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samedi 21 janvier 2012

L'américaine Standard and Poor's milite-t-elle pour la déstabilisation de l'Union européenne ?

La décision de S & P risque de renforcer les divisions au sein de la zone euro

La zone euro pourrait traverser une nouvelle période de fortes turbulences après la dégradation par Standard & Poor's des notes de crédit de la moitié des Etats de la zone euro.
Outre que la France décroche de l'Allemagne, l'Italie risque de s'enfoncer davantage dans la crise.
Moody's et Fitch, les deux autres agences de notation, n'atteignent pas ce niveau d'acharnement sur l'Europe dans la crise de la dette, de part et d'autre de l'Atlantique.

Nivellement par le bas
Le 5 août 2011, l'agence de notation abaissa la note des États-Unis, attribuée à la dette publique à long terme, de " AAA ", le maximum, au niveau immédiatement inférieur (" AA+ "). L'agence américaine n'a pas tardé à aligner l'Europe sur l'administration Obama qui promettait tant, mais a peu réussi dans la crise...

L'acharnement de S & P sur l'Europe
L'Europe du Sud est particulièrement visée

La dégradation de la note de la France et de celles de huit de ses voisins européens porte un nouveau coup, sévère, à la zone euro.
Standard & Poor's aurait pu dégrader uniformément l'ensemble de la zone euro.
Elle a choisi, vendredi, d'accorder un traitement différencié à chacun, prenant le risque d'accroître un peu plus les tensions politiques et financières au sein de la zone euro.

Ses conséquences pour les marchés " sont pires qu'une dégradation pour l'ensemble de la zone euro, en raison des querelles politiques croissantes qu'elle va impliquer, des débats en cours sur le montant des pare-feu et de l'inquiétude des investisseurs ", estiment les économistes de Royal Bank of Scotland (RBS), qui n'est pas membre de la zone euro et se réjouit sous cape. La décision de S&P est pourtant motivée, pour l'essentiel mais selon elle, par l'" insuffisance " des réponses apportées à la crise par " les dirigeants européens " au cours des dernières semaines, notamment à l'occasion du sommet européen du 9 décembre. " L'environnement politique dans la zone euro n'a pas été à la hauteur des défis croissants engendrés par la crise », a déclaré Moritz Krämer, en charge de l'Europe chez S&P. Les appréciations de S & P sont donc maintenant clairement politiques.


Diviser pour régner: Berlin est conforté dans son leadership

L'agence dénonce aussi un " diagnostic incomplet " des causes de la crise
et assure " qu'un processus de réformes basé sur le seul pilier de l'austérité risque d'aller à l'encontre du but recherché ". Or l'Allemagne, qui porte autant que les autres pays de la zone euro - sinon plus en tant que "moteur" - la responsabilité de cette stratégie européenne, n'est pas mise en garde par S&P. Elle est même le seul pays de la zone euro à conserver à la fois son triple A et une " perspective stable ". Au sein des institutions européennes comme dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, le revers infligé aux Etats par S&P confirme l'incompréhension persistante vis-à-vis du programme de travail engagé par la zone euro. "
L'Allemagne est le grand gagnant de cet exercice et voit sa puissance de négociation renforcée " , souligne en tout cas RBS.
" Berlin est seul dans le cockpit ", commentait, samedi, l'ancien ministre de l'Economie de Raffarin et Villepin, Thierry Breton.

Première conséquence de ce favoritisme au profit de Berlin, la France, qui avait déjà du mal à convaincre son partenaire de s'impliquer davantage dans le sauvetage de la zone euro, aura encore moins d'atouts en main pour le convaincre de prendre en charge une part croissante de la solidarité. Les Etats-Unis n'en seront pas contrariés... Si, comme cela se profile, la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF) est alignée sur celle de la France et de l'Autriche, il n'y aura qu'une alternative : soit les Européens accepteront une réduction de la capacité de prêt du Fonds (d'environ 170 milliards d'euros, selon RBS), soit les pays triple A devront accroître leurs garanties, ce qui est improbable au regard des résistancesd'Angela Merkel, proclamées samedi.
Or ce pare-feu est pour l'instant la seule digue existante -avec les interventions ponctuelles de la BCE -contre la contagion de la crise à l'Italie qui, selon Moritz Krämer, doit faire face à des besoins de financement de 130 milliards d'euros d'ici à avril et de 300 milliards sur toute l'année.

Autre conséquence de l'ingérence de l'agence américaine
Berlin pourra en outre se prévaloir de sa notation pour continuer à imposer à ses partenaires une réponse purement " budgétaire " à la crise. Ce week-end, Angela Merkel a demandé que le pacte budgétaire, actuellement en négociation, soit mis en oeuvre " rapidement ". " Et il ne s'agit pas d'essayer de l'adoucir partout où l'on peut, mais de donner des garanties de finances solides pour l'avenir ", a-t-elle averti.

mercredi 18 janvier 2012

Borloo veut porter plainte contre les agences de notation

Standard & Poor's ne représente qu'elle-même
Il faut évaluer les agences de notation,
pour les réformer


"Standard & Poor's, ils sont très gentils, mais ce sont deux types en France", s'est indigné l'ex-ministre.

L'ex-ministre et président du Parti radical Jean-Louis Borloo travaille sur une "action judiciaire" devant les tribunaux français contre les agences de notation pour leur aveuglement en 2006-2007 face à l'arrivée de la crise des subprimes, a-t-il annoncé mardi. "Je travaille à un dossier de mise en cause judiciaire des agences de notation pour les erreurs gigantesques qu'elles ont faites quand elles nous ont dit qu'un certain nombre de paquets de subprimes étaient trois A", a-t-il déclaré.


Jean-Louis Borloo a évoqué une démarche individuelle

"Je suis un vieil avocat." "C'est la seule activité qui peut se permettre de se tromper à ce point sans aucune responsabilité", a-t-il accusé, évoquant une loi américaine sur la presse américaine qui protège la liberté d'opinion.

Leur influence excessive s'exerce sans contrôle, ni contrepoids. Et influence les esprits faibles.
Lien PaSiDupes : "François Hollande défaitiste sur le triple A des agences de notation "

J.-L. Borloo oublie au passage les psychologues et les psychiatres qui, outre les journalistes, exercent un pouvoir démentiel qu'ils ne maîtrisent pas.

Il veut "les dommages et intérêts pour les dégâts qu'elles ont produits", a-t-il expliqué, soulignant qu'en 2006-2007, les agences encourageaient des investissements qui se sont avérés risqués. "Standard & Poor's, ils sont très gentils, mais ce sont deux types en France", a ajouté le député de Valenciennes. "Pour juger de l'avenir de notre modèle économique et social, cela me paraît un peu court", conclut-il.

lundi 16 janvier 2012

Désaccord des agences de notation: Moody's confirme le triple A de la France

Les analyses des agences de notation sont-elles politiques ?

L'agence de notation Moody's a maintenu le triple A de la France

Notre pays conserve donc la meilleure note possible
, et prolonge son examen de
la perspective, actuellement "stable"
, a-t-elle indiqué lundi dans un rapport publié sur son site consacré au pays.

La décision de Moody's tranche avec celle de Standard & Poor's

Standard & Poor's vient en revanche de dégrader la France: décision politique ?
Cette agence a en effet privé vendredi soir la France du triple A, la reléguant à AA+.
Lien PaSiDupes : "Standard & Poor's est-elle suspecte de malveillance politique ?"

Mais Moody's s'était donné, mi-octobre, trois mois pour évaluer la perpective de la note de la France et, au terme de cette période d'analyses,
elle maintient sa confiance à la politique de la France.

Est-ce la mort de François Hollande ?
Pour une fois, le candidat socialiste s'est un peu emballé: sous l'effet du punch d'accueil ?
Samedi, le socialiste a fait sa déclaration à la presse depuis son siège de campagne, à Paris : "Ce n'est pas la France, c'est une politique qui est dégradée."
Gérard Longuet n'a pas tardé à le harponner.
Le ministre de la Défense a en effet comparé ce lundi matin le candidat PS au capitaine du paquebot Costa Concordia qui s'est échoué sur les côtes italiennes. "Il y a des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leurs bateaux sur les récifs", a déclaré le ministre sur LCI. "Je trouve que François Hollande côtoie et tutoie les déficits publics avec beaucoup de complaisance". Interrogé ensuite sur France Inter sur ces déclarations, Gérard Longuet a concédé en sourinat que cette "formule" n'est "peut-être pas la meilleure".

Et ce matin sur France Info, son ex-concubine, Désirdavenir Royal, a confondu vitesse "juste" et précipitation haineuse, car Moody's ne partage pas les "trois raisons" de la dégradation par S & P's selon la "tête à claques": "500 milliards d'euros de dépenses inconsidérées (...) L'absence de relance économique et l'absence de réforme bancaire, réforme indispensable pour que les banques cessent de commander et fassent avant tout leur travail, prêter aux entreprises qui se développent". La candidate de la gauche laminée en 2007 est cette fois dégradée par Moody's. C'est ballot !
François Fillon a d'ailleurs suggéré à Hollande de soumettre son programme à l'agence de notation: Standard & Poor's, of course...

samedi 14 janvier 2012

Standard and Poor's est-il suspect de malveillance politique ?

Le jeu de massacre semble en effet programmé par les agences


... mais pour Hollande, et à point nommé,
alors qu'il se faisait remonter dans les sondages !


Un vendredi 13, à 100 jours de l'échéance présidentielle...

Des agences de notation suspectes de complot

Depuis le début de la crise de la dette, le calendrier des annonces des agences de notation financière suscite régulièrement la colère des dirigeants de la zone euro, dont certains n'hésitent pas à parler de "complot".
La décision de Standard & Poor's (SP) de dégrader la note de sept (et non neuf pays) de la zone euro, dont la France privée de son triple A, est venue des Etats-Unis, ce vendredi 13, au moment où l'Union monétaire voyait poindre une accalmie, avec des Bourses stabilisées et une détente sur les taux obligataires.

"
Je reste étonné du moment choisi par l'agence Standard and Poor's et sur le fond, de son évaluation qui ne prend pas en compte les progrès actuels", a pointé samedi dans une déclaration le très modéré commissaire européen aux Services financiers, Michel Barnier.

Le Premier ministre François Fillon est également perplexe
Il estime en effet que la dégradation de la note de la France arrive "à contre-temps au regard des efforts engagés par la zone euro, des efforts que les investisseurs d'ailleurs commencent à reconnaître".

Un commissaire européen exprime de sérieux doutes, le premier
Chargé des Affaires économiques, Olli Rehn avait été le premier à monter au créneau dès vendredi pour "regretter la décision aberrante" de S&P. Ironique, il a assuré avoir auparavant "vérifié que le moment n'a pas été choisi au hasard", vendredi 13 oblige ! Pour l'anecdote, le calendrier 2012 en compte deux autres à venir, en juillet, mais dès avril, justement, au profit de François Hollande.


Ces agences sont-elles inféodées à l'administration démocrate d'Obama ?

Dès 2008, les agences de notation furent critiquées pour leur manque d'indépendance et leur incapacité à anticiper la crise.


S'il y a rarement de bons moments pour annoncer les mauvaises nouvelles, le fait est que les annonces de S&P, ou de ses rivales Moody's (américaine) et Fitch (sous le contrôle du holding français Fimalac, à Londres) sont particulièrement mal tombées pour la zone euro au cours des derniers mois.

Standard & Poor's avait déjà jeté un froid le 5 décembre, en annonçant la mise sous surveillance de 15 des 17 pays membres de la zone euro (qui a abouti à a décision de vendredi) à trois jours d'un sommet européen présenté par de nombreux observateurs comme vital pour la survie de la monnaie unique.

Après cette annonce, plusieurs personnalités politiques avaient d'ailleurs évoqué un "complot" contre la zone euro.
A la différence de Aubry et Hollande, le chef de file des socialistes au Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, avait jugé en décembre "étonnant que de tels avertissements soient toujours publiés avant les sommets européens et semblent rendus publics de manière calculée". "Cela est très suspect", avait-il jugé.

Une dizaine de jours plus tard, le 16 décembre, Fitch a menacé d'abaisser la note des dettes souveraines de six pays, dont l'Italie, au moment même où Rome remportait un important vote de confiance ouvrant la voie à un plan d'austérité drastique pour tenter de redresser ses finances publiques.
En France, l'annonce de la perte du triple A de S&P est tombée à 100 jours pile du premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril.
Moody's, Standard & Poor's et Fitch, les trois grandes agences de notation mondiales surnommées les "Big Three", ont à de nombreuses reprises été conspuées pour leur rôle dans les crises économiques à travers le monde depuis leur création au début du siècle dernier.


Cette succession de semonces est-elle le fait de l'internationale socialiste ?
Etrangement, les suspicieux de l'opposition n'expriment aucun soupçon...

Le milliardaire Marc de Lacharrière qui détient la société financière Fimalac et par conséquent Fitch est serein.

Or, il a versé son bonus Fimalac d'un million d'euros à sa fondation Culture et Diversité (2006), gérée par sa fille, Eléonore.
Aux soirées de la fondation au Théâtre du Rond-Point (dont il est partenaire), Ladreit de Lacharrière rayonne. Quant à Jamel Debbouze et les slammeurs, ils sont à l'abri du besoin.

dimanche 10 mai 2009

Les blocages d’université ne donnent pas droit à "des licences ès-grève"

Diplômes universitaires : pas de braderie de printemps pour le gouvernement

La chienlit des universités

Encore en pointe de la contestation le 5 mai
, Aix-Marseille-I, Bordeaux-III, Paris-IV et Toulouse-II Le Mirail étaient bloquées ou en grève quasi-totale. D'autres sont en grève partielle, les cours y étant perturbés dans certaines facultés, souvent de lettres ou sciences humaines: Amiens, Artois, Besançon, Caen, Dijon, Lille-I, II et III, Lyon-II, Lorient, Orléans, Paris-III, VIII, X et XII, Poitiers, Toulon, Toulouse-III et Tours.

Dans une dizaine d'universités au moins la tenue des examens est incertaine ou encore non programmée : Aix-Marseille-I, Bordeaux-III, Lille-III, Paris-III, IV, VIII et XII, Toulouse-II et III. L'incertitude sur les examens est complète à Toulouse-II Le Mirail où "la plupart des cours n'ont pu se dérouler" depuis le début du blocage le 4 mars, selon son président, Daniel Filâtre.

A Toulouse, bastion de la contestation, l'intersyndicale appelait encore enseignants et autres personnels "à ne pas organiser les examens jusqu'à satisfaction des revendications", à l'instar de l'appel lancé la semaine dernière par la Coordination nationale des universités (CNU)...

Dans un autre bastion, Paris-IV Sorbonne, enseignants lundi 4 mai, étudiants et autres personnels mardi 5 ont reconduit la grève. La direction a affirmé qu'elle ferait malgré tout le "maximum" pour organiser les examens d'ici juillet mais, si ce n'était pas possible, elle "neutraliserait" le deuxième semestre.

Les blocages radicaux

  • A Bordeaux-III (arts, lettres, langues), après un vote lundi 4 reconduisant le blocage, le président Patrice Brun a menacé de fermeture administrative : ce serait, selon lui, "la fin des cours, la fin des examens".
  • A Lille-III (lettres), la présidence n'avait pas encore pris de décision sur les examens mais les enseignants grévistes avaient décidé de ne pas tenir les examens tout en instituant la "note politique" : la même pour tous, entre 15 et 20 ! Ca fait sérieux et responsable ?
  • Quant à Paris-XII Val-de-Marne, où une AG était prévue jeudi 7, une enseignante (représentative ?) a affirmé qu'un "certain nombre" (intox irresponsable!) d'enseignants de lettres et sciences humaines ou de sciences et technologie avaient décidé de ne pas tenir les examens. Du flou artistique...

    A l'inverse, des bastions du mouvement ont choisi de reprendre les cours, comme Rennes-II ou Montpellier-III.
    Et d'autres universités ont décidé de décaler les examens, entre fin mai et début juillet, pour qu'ils puissent se tenir: Amiens, Artois, Besançon, Evry, Grenoble-II et III, Le Mans, Lille-II, Lorient, Montpellier-III, Nantes, Pau, Poitiers, Nice, Paris-I, VII, XI et XIII, Rennes-II et Tours.

    Alors que nombre d'étudiants s'inquiètent pour les examens, la Confédération étudiante appelle à la reprise des cours et à l'organisation des examens avant l'été, estimant que ce sont encore "près de 300.000 étudiants" qui n'ont pas cours et "aucune idée de ce qui va se passer d'ici fin juin".

    La ministre de l’Université garde le cap de la fermeté.

    Elle a réaffirmé mardi 5 mai à l’Assemblée Nationale son refus de diplômes au rabais, même si le temps manque pour rattraper le retard pris du fait de la contestation étudiante.
    "J'ai une responsabilité vis-à-vis de l'image de l'université française et de la qualité des diplômes nationaux. Je le dis solennellement, nous serons intransigeants : pas de diplômes bradés, pas de diplômes sans rattrapage".

    Le ministre de l’Education sur la même longueur d'onde

    A son tour, ce lundi à RTL à propos du blocage de certaines universités, le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos a assuré "qu'il n'y aura pas de licence ès-grève".
    "On ne donnera pas de diplôme à ceux qui font en sorte que l'Université de fonctionne pas", a-t-il affirmé, précisant que 28 des 85 universités sont "en partie troublées par quelques dizaines d'individus qui bloquent les cours", des blocages qui "nuisent aux étudiants les plus fragiles".

    Alors que des mouvements minoritaires de protestation font peser des incertitudes sur la tenue des examens et, partant, sur la validation de l'année universitaire, le ministre de l'Education s’est résolument placé du côté de la majorité des étudiants pris en otages. Pour cela, il a prévenu les extrémistes : "Je le dis aux bloqueurs, méfiez-vous, l'opinion se retourne", ajoutant qu'il n'y aura pas de licence es-grève, de master en pétition ou de doctorat en blocage".

    Lire les résultats du sondage CSA dans un précédent article de PaSiDupes.