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mardi 13 juin 2017

Assistants parlementaires du MoDem: Le Canard Enchaîné révèle un nouveau cas douteux au MoDem

Bayrou faisait travailler sa secrétaire particulière pour Sarnez

Le Canard Enchaîné ajoute un épisode au feuilleton Bayrou

En 2010, la secrétaire particulière de François Bayrou était devenue assistante parlementaire locale  à temps partiel de Marielle de Sarnez, à Bruxelles. Sauf que personne ne se souvient de son travail au Parlement européen.  On comprend désormais pourquoi François Bayrou, ministre de la Justice et garde des Sceaux, n'apprécie pas les enquêtes journalistiques.

Plusieurs révélations dans les media ces derniers jours jettent l'opprobre sur l'organisation du MoDem, le parti qu'il préside depuis sa création en 2007. Quelques jours après l'enquête de FranceInfo publiée le 8 juin, montrant qu'une dizaine de collaborateurs du parti ont été rémunérés entre 2009 et 2014 par le Parlement européen comme assistants parlementaires présumés fictifs, Le Canard Enchaîné, à paraître mercredi 14 juin, révèle la curieuse histoire de la secrétaire personnelle de François Bayrou. 
Alors salariée depuis plusieurs années du MoDem, en tant que secrétaire particulière de François Bayrou, chargée de la gestion de son agenda, Karine Aouadj a signé en 2010 un avenant à son contrat de travail pour devenir, à temps partiel, l'assistante parlementaire locale de Marielle de Sarnez, apprend-on du journal anarchiste. Karine Aouadj a d'abord commencé à mi-temps au Parlement européen, puis aux deux-tiers. Ainsi, deux-tiers de son salaire était payé par le Parlement européen et un tiers par le MoDem. 

Or, comble d'infortune, personne ne se souvient de son travail pour le Parlement européen, rapporte Le Canard Enchaîné. "Elle n'a jamais travaillé pour l'Europe", assure l'un de ses proches, cité dans les colonnes du journal. 

La police judiciaire a ouvert une enquête préliminaire 

Ces révélations sur la confusion entre salariés du parti et du Parlement européen viennent s'ajouter au témoignage de Matthieu Lamarre, ex-collaborateur du MoDem, qui a fait, le 7 juin, un signalement à la Justice, dans lequel il affirme avoir été en partie rémunéré en 2011 sur l'enveloppe parlementaire de l'ex-eurodéputé du Sud-Est, Jean-Luc Bennahmias, alors qu'il avait été recruté en CDI pour travailler au sein du parti centriste. Or, Matthieu Lamarre affirme n'avoir jamais travaillé pour Jean-Luc Bennahmias, mais uniquement au siège du parti. 

Une enquête préliminaire pour "abus de confiance et recel" a été ouverte sur son cas et sur la dizaine d'autres dans le collimateur de la justice. 

Alors qu'il est en charge de la grande loi pour la moralisation de la vie publique, François Bayrou, pourrait devenir un ministre encombrant pour Emmanuel Macron, s'il est avéré que le parti qu'il préside a utilisé des fonds européens pour rémunérer des salariés travaillant pour le MoDem. 

En un mois, Macron traîne déjà plusieurs casseroles
Quatre autres membres MoDem du gouvernement sont également éclaboussés par les affaires:
 
Marielle de Sarnez, bénéficiaire de quatre mandats de députée européenne qui contreviennent à la règle de non-cumul des mandats exigée par le MoDem pour l'investiture des autres candidats, a pourtant été nommée par Macron ministre des Affaires européennes. Or, celle qui soutient la loi de moralisation de vie publique, comme bras droit de Bayrou, ministre de la Justice, est sous le coup d'une enquête préliminaire du parquet de Paris pour "abus de confiance" lorsqu'elle était eurodéputée.
D'après Le Parisien, c'est le contrat de Philippine Laniesse qui pose problème. Cette assistante basée en circonscription étant par ailleurs élue locale, "sa situation a été déclarée et vérifiée par le Parlement européen", a ajouté Mme de Sarnez, qui assure que le travail en question "a été accompagné de rapports d'activité réguliers et consultables".
Sylvie Goulard, ministre des Armées. 
Cette dernière aurait employé comme assistant parlementaire local le responsable de la formation des élus du MoDem, Stéphane Thérou, 49 ans qui est directeur de son cabinet de maire de Pau et président de l'Agglo.

Résultat de recherche d'images pour "Nathalie Griesbeck"
La députée du Grand Est, Nathalie Griesbeck, 61 ans, a ainsi employé à mi-temps comme assistante parlementaire la standardiste du parti, et ce pendant cinq ans. Nathalie Griesbeck le justifie en assurant qu’elle "avait besoin de quelqu’un pour lui prendre des contacts et gérer ses rendez-vous lorsqu’elle venait à Paris". Plusieurs témoins qui ont souhaité garder l’anonymat ont pourtant mis en cause cette version. La députée européenne admet que cette standardiste "ne s’occupait pas du fond des dossiers"...

Jouaient-ils à touche pipi ?
Le député Robert Rochefort a, lui, employé deux salariés du service communication du parti sous un statut d’assistant "local". Ils sont censés aider le député dans sa circonscription. Robert Rochefort est élu de la circonscription du Sud-Ouest. Or, les deux assistants travaillaient à Paris.
Au cours de l'été 2016, cet économiste a en outre été signalé par un agent de sécurité du magasin Castorama de Vélizy-Villacoublay pour, selon le journal Libération, s'être masturbé "à proximité d'enfants". Il a été interpellé le 31 août pour exhibition sexuelle...

Le Parlement européen peut-il se laisser tromper par des eurodéputés MoDem en bande organisée sans réagir ?

mardi 30 mai 2017

MoDem: Bayrou, Goulard, Arthuis ou Cavada ont couvert l'affaire de l'assistant parlementaire de Sarnez

Visée par une enquête, Sarnez porte plainte

L'actuelle ministre des Affaires européennes de Macron au gouvernement Philippe est suspectée par le Parquet de Paris

A la différence de Richard Ferrand qui bénéficie de protections au plus haut niveau, le bras droit de François Bayrou est soupçonnée d'"abus de confiance" lorsqu'elle était eurodéputée. Après l'opération immobilière de Richard Ferrand, c'est la ministre Marielle de Sarnez qui se trouve au coeur d'une enquête préliminaire. Actuellement ministre des Affaires ...européennes, elle  se défend farouchement de toute irrégularité.

Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes du gouvernement Philippe voulu par le président Macron (En marche!), est soupçonnée par la justice française d'emploi fictif concernant son ex-attachée au Parlement européen rémunérée par l'UE pour un travail supposé pour son parti, le MoDem. 
Selon Le Parisien, celle qui se flatte de soutenir la loi de moralisation de vie publique est visée depuis le 22 mars par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour "abus de confiance". Et pourtant nommée ministre du gouvernement...
De son côté, la ministre dément tout délit. Sur Twitter, elle a d'ailleurs annoncé avoir «saisi le procureur de la République d'une plainte en dénonciation calomnieuse contre Mme Sophie Montel [l'eurodéputée FN qui a signalé son cas]".



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D'après le quotidien, la ministre est la cible emblématique d'une enquête, comme 18 autres eurodéputés français, au même titre que des eurodéputés du Front nationale inquiétés pendant la campagne présidentielle de leur candidate, Marine Le Pen.

L'enquête intervient à la demande de l'eurodéputée Front national Sophie Montel

Cette élue frontiste a demandé à la justice de se saisir du cas de 19 eurodéputés de droite, de gauche et écologistes
, parmi lesquels Marielle de Sarnez, et d'une trentaine d'assistants. 
Une enquête similaire vise déjà certains des 24 eurodéputés FN, dont Marine Le Pen, accusés par le Parlement européen d'avoir versé frauduleusement des salaires d'un montant de près de cinq millions d'euros à des assistants parlementaires entre 2012 et 2017.

Dans un communiqué, M. de Saint Just confirme le SMS 
(qu'il date de 2013) saisi par le Parlement , disant l'intention de FN de faire des économies, mais en conteste l'interprétation et dénonce "une très grave diffamation".

C'est le contrat de Philippine Laniesse qui pose problème. 

Un contrat de travail validé par ...le Parlement, selon Sarnez



Marielle de Sarnez, députée MoDem d'Ile-de-France jusqu'à sa nomination au gouvernement, a affirmé lundi soir sur Twitter que le contrat de travail de son assistante parlementaire a été, "
comme celui de tous (ses) assistants, validé et approuvé par le Parlement européen, encadré par des règles européennes bien plus strictes que les règles en vigueur en France".


Cette assistante européenne basée en circonscription étant par ailleurs élue locale, conseiller régionale du MoDem, "sa situation a été déclarée et vérifiée par le Parlement européen", a ajouté Mme de Sarnez, qui assure que le travail en question "a été accompagné de rapports d'activité réguliers et consultables", rapporte Le Parisien. 

Philippine Laniesse, élue du 19e arrondissement de Paris, est née à Landerneau où son don d'ubiquité va faire du bruit... Située à 1.000 kms de Strasbourg et 10 heures de route, cette commune du Finistère est dans le département de Jean-Jacques Urvoas et ...Richard Ferrand.
 
Agée de 28 ans, elle est d'ailleurs la promesse du renouvellement de la vie publique, selon Macron et son allié Bayrou, patron du MoDem

Marine Le Pen ne fait que contre-attaquer dans l'affaire des assistants parlementaires

Au lendemain de la présidentielle, le Front national a engagé deux procédures distinctes auprès de l'Olaf (Office européen de lutte contre la fraude) et du Parquet national financier (PNF). Cette démarche concerne une quarantaine d'assistants parlementaires associés à une trentaine d'eurodéputés français représentant divers courants politiques.

L'objectif du FN est de faire respecter le "principe d'égalité de traitement". 
Le parti de Marine Le Pen souhaite que des "enquêtes préliminaires", des "perquisitions" et des "convocations d'élus" soient réclamées, au même titre que les procédures engagées à son encontre. De manière discriminatoire, la présidence du parlement européen avait en effet alerté l'Olaf et la justice française après avoir jugé que la fonction d'assistant parlementaire européen est incompatible avec d'autres fonctions hors du parlement. "En toute logique, le même traitement devrait s'appliquer à l'ensemble des députés," espère-t-on au FN.

Convoquée par la justice, Marine Le Pen - en campagne présidentielle - avait refusé de se rendre séance tenante à la convocation du juge et proposé de le rencontrer plus tard, après les élections, au nom de son immunité parlementaire de députée européenne. Elle avait fait valoir qu'elle n'avait pas à se soumettre au calendrier judiciaire en pleine période électorale.

Par leur silence, les élus du MoDem se sont rendus complices

"Il faut lever le doute sur cette dénonciation du FN calomnieuse", juge Castaner
Alors que le président Macron a fait notamment campagne sur le thème de la moralisation de la vie politique, cette affaire est très commentée.
Sur LCI, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a cherché à minimiser cette enquête visant Marielle de Sarnez. Mais il souhaite que la justice aille au bout. "Il faut évidemment lever le doute sur cette dénonciation du FN, dont je suis convaincu qu'elle est calomnieuse", a-t-il préjugé. Bien que le FN qui en est à l'origine, soit lui-même visé pour les mêmes motifs par une enquête, "c'est quand même le Front national qui fait une lettre, s'est-il insurgé, avant d'évoquer, aussi  classiquement que facilement,  une époque lointaine, où "on avait des lettres anonymes; là au moins, elle est signée", notant aussi qu'à la suite de cette lettre "immédiatement, la justice européenne étudie cette demande", ce qui est "légitime", juge le porte-parole du gouvernement qui n'a pas hésité à rappeler, jugeant la démarche des juges démocratique, que la présidente du FN ne s'était pas rendue à leur convocation lancée en pleine campagne présidentielle. "Si Marielle de Sarnez était convoquée, elle s'y rendrait; c'est la vraie différence avec le FN", s'est-il risqué à avancer a priori, sans consulter l'intéressé. 

Florian Philippot ne cachait d'ailleurs pas sa satisfaction sur Europe 1. "Nous disons que ces cas ne sont pas illégaux, comme les nôtres ne le sont pas", a défendu le n°2 du FN, soulignant que "les foudres de la justice du parlement européen ne s'étaient abattues que sur le Front national". "Cela, a ajouté Philippot, ne préjuge pas du tout d'une culpabilité. Il n'y a rien d'illégal à faire travailler des militants comme assistants parlementaires. C'est même beaucoup plus sain".

Les collègues eurodéputés de l'élue MoDem ne pouvaient ignorer.
Sylvie Goulard (passée depuis à En marche!) était au MoDem au moment des faits reprochés. Elle est aujourd'hui ministre des Armées (et non de la Défense);Nathalie Griesbeck (qui supplée Jean-François Kahn qui lui cède sa place)
Jean-Luc Bennahmias;

Jean Arthuis est eurodéputé depuis 2004;
Jean-Marie Cavada siège aussi à Strasbourg depuis  2004;
Robert Rochefort : au cours de l'été 2016, Robert Rochefort est signalé par un agent de sécurité du magasin Castorama de Vélizy-Villacoublay pour, selon le journal Libération, s'être masturbé "à proximité d'enfants". Il est interpellé le 31 août pour exhibition sexuelle, condamné après avoir reconnu les faits reprochés, mais la peine n'est toutefois pas rendue publique...

Si la moralisation est en marche au MoDem, elle encore du chemin  à parcourir...

jeudi 6 mars 2014

Municipales: l'UDI et le MoDem font le jeu de la gauche

L'UDI et le MoDem restent divisés dans 19 des 25 plus grandes villes

L'Alternative, mouvement censé rapprocher les partis de Borloo et Bayrou il y a quatre mois, remplit-il son office ?

Jean-Louis Borloo et François Bayrou enterraient la hache de guerre devant les caméras après onze ans de divorce. Signée début novembre 2013, la charte actant cette union se voulait même très claire : "Nous nous présenterons ensemble à toutes les élections, nationales, régionales et européennes". Pour les élections municipales, en revanche, des exceptions étaient déjà envisagées.
Or, quatre mois plus tard, les exceptions s'avèrent bien plus nombreuses que prévu. L'UDI et le MoDem défendront des positions divergentes dans dix-neuf des vingt-cinq plus grandes villes, là où l'attention médiatique est la plus forte. Car sur le terrain, les consignes nationales se heurtent bien souvent à de fortes résistances locales.

Les cas les plus compliqués sont sans doute à Strasbourg, Toulouse et Angers
Le MoDem préfère soutenir, dès le premier tour, le candidat UMP, plutôt que la liste UDI ! 

Dans d'autres villes, comme à Dijon ou à Tours (ville de Jean Royer de 1959 à 1995), le parti de François Bayrou a choisi de rouler pour le Parti socialiste plutôt que pour la liste UMP-UDI. Or, l'élection de François Rebsamen à Dijon relancerait la contestation de la loi sur le non-cumul des mandats à laquelle il est opposé. Quant à Jean Germain, il  est pourtant mis en examen dans l'"affaire des mariages chinois" de  Tours pour complicité de prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics.

Troisième cas de figure : le MoDem présente une liste autonome, mais sans le soutien de l'UDI, comme à Grenoble (où la droite se cherche) ou à Nantes (ville de Jean-Marc Ayrault, premier ministre annoncé sur le retour en Bretagne)

Enfin, il arrive bien souvent que les consignes nationales du MoDem ne sont pas respectées par les instances locales : c'est le cas à Paris, Marseille, Lille, Montpellier, Amiens, Saint-Etienne

Légende: position commune en vert; désaccords UDI-MoDem en rouge
Tout va bien à Pau et Valenciennes...

Le MoDem assume officiellement ces positions divergentes et n'y voit aucun problème majeur  

Pour justifier les alliances à géométrie variable du mouvement de François Bayrou, le vice-président du parti, Robert Rochefort, assure qu' "au niveau local, les lecteurs votent plus pour une personnalité et un projet que pour une étiquette politique." "Dans la plupart des cas, les municipales sont des élections locales", soutient-il, n'appelant visiblement pas à un vote sanction de la politique gouvernementale de surfiscalisation et de chômage.

Une analyse que ne partagent absolument pas les amis de Jean-Louis Borloo. Vice-président de l'UDI, le député François Sauvadet déplore "un problème de positionnement politique" du MoDem et "un problème de leadership" de François Bayrou au sein de son propre mouvement. 
Porte-parole de l'UDI, le député Jean-Christophe Lagarde assure néanmoins que ces bisbilles "n'empêcheront pas l'UDI et le MoDem de faire campagne commune aux européennes". Mais "à la sortie de cette séquence, il faudra faire le bilan", ajoute-t-il : "A ce moment-là, soit le MoDem clarifiera sa règle et on poursuivra l'aventure, soit on arrêtera là". Voilà François Bayrou prévenu.
Les électeurs tentés par le MoDem savent qu'ils voteront pour l'incertitude.

lundi 30 septembre 2013

MoDeM vs UDI: Bayrou va-t-il absorber Borloo ?

UDI-Modem, recomposition à hauts risques au centre 

Au centre
, l'état des forces est à l'avantage de Jean-Louis Borloo et de l'UDI. 
Mais François Bayrou n'hésitera pas à lancer une OPA. 

Fin août, le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, a estimé sur TF1 que la famille centriste va parvenir à se réunir, en citant le président du Modem François Bayrou, "le dernier qui manque" à l'approche des élections européennes et municipales. Depuis, après des années de dénigrements réciproques, les deux centristes se gardent bien de toute déclaration susceptible de compromettre leurs Pacs. Pour l'heure,  Bayrou nie toute animosité envers Borloo.

L'alliance promet d'être belle avant de virer à l'aigre, car François Bayrou entend bien prendre l'ascendant sur Borloo. Pour sortir de son  mortel isolement, le Béarnais a une carte à jouer et il entend bien la jouer. Il a déjà entamé un marathon politique qui laisse  Jean-Louis Borloo sur place

"Je n'ai pas une mentalité de force d'appoint," a prévenu Bayrou 
"Tu as une occasion en or de réaliser une OPA sur le centre !" glissa Robert Rochefort au président du MoDem, en août, et François Bayrou se déclara désormais "critique à l'égard du gouvernement". Il venait d'engager  avec Borloo une partie de poker menteur. "Un excellent joueur de poker comme lui ne peut penser qu'à ça, juge Maurice Leroy, son porte-parole aux présidentielles de 2002 et de 2007 - et son sparring-partner sur les tapis verts.
La captation de la totalité de l'héritage centriste vise à servir une nouvelle, et certainement dernière, candidature, en 2017. 

La présidentielle, "l'unique élection qui permette de changer le pays"
, a toujours été son ultime horizon. "Il veut y aller, quitte à devenir le Laguiller du centre !" renchérit Leroy, ex-bayrouiste, aujourd'hui borlooiste.
Selon le député UDI Yves Jégo, l'ancien ministre de l'Education nationale  relativise ses échecs successifs: "il a quelque chose que personne n'a chez nous : 5 millions de Français qui ont voté pour lui". 

Sarnez conteste déjà la légitimité de Borloo: "On a la marque et Bayrou est l'incarnation du centre." Si Bayrou assure s'être défait de cette obsession élyséenne, il sait aussi que les centristes de toutes obédiences auront besoin de se mettre d'accord sur un candidat et d'inscrire dans le marbre son mode de sélection. 
Le multirécidiviste Bayrou tient la corde. "Je n'ai pas une mentalité de force d'appoint", lâche le président du MoDem, dans un instant de franchise qui en dit long sur ses intentions: "truster" le centre et le représenter -sans partage- dans quatre ans. Bayrou n'a jamais supporté de ne pas être n°1.

Il a imaginé la forme d'une primaire à la sauce béarnaise
Réunir les militants dans un grand stade et compter les mains levées. L'agrégé de lettres y trouvera sans risque la consécration d'un sacre, si populiste soit-il... Aux premières réunions de projet de la "joint-venture" centriste, il a proposé de la baptiser "Udem". Plus MoDem qu'UDI. 

Pas dupe, l'équipe Borloo a dit niet... 

Pour l'heure, le MoDem fait encore pâle figure face aux milliers d'adhérents de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), à sa soixantaine de parlementaires et à son aisance financière. Le parti est contraint de louer la moitié de son siège dans le VIIe arrondissement de Paris, de licencier le chauffeur historique de son président, et n'a quasiment plus d'élus. 
Mais le David a un gros avantage pour se transformer en Goliath: "On a la marque et François est l'incarnation du centre". Marielle de Sarnez, fidèle de la première heure, a lâché le morceau, tandis que Borloo, par contraste, n'a jamais été clair dans son orientation. "Ce ne sont pas les mêmes, souligne un ami de Bayrou. L'un est constant et tenace ; l'autre, cyclothymique et velléitaire."

Reconstitution de ligue dissoute
 
Les premières universités d'été de l'UDI, à Poitiers, à la mi-septembre, n'ont pas clarifié les lignes. "C'était un bon Borloo le samedi, un très mauvais le dimanche", soupire un sénateur déconcerté du Nouveau Centre. Les ralliés de l'ancien maire de Valenciennes restent perplexes. Ses volte-face à la présidentielle et à la mairie de Paris l'ont privé d'allégeances indéfectibles. "Ce rapprochement est possible parce que beaucoup, à l'UDI, veulent un vrai chef et que François a l'étoffe d'un leader", soutient une proche de Bayrou. Certains de ses anciens compagnons de route esquisseraient volontiers un rapprochement avec lui, à la recherche d'une stabilité.
Certes, pour avoir choisi Hollande, Bayrou devra affronter les blâmes, mais il pense avoir trouvé la parade : "Entre le premier tour et le second, des millions de Français ont fait comme moi." 

Hervé Morin a déjà laissé de côté rancune et reproches. "On s'est revus et on s'est reparlé comme si on s'était quittés la veille. Il y avait de la curiosité et du plaisir", raconte le président du Nouveau Centre. Une même passion équestre a été le prétexte à un appel de Bayrou en plein coeur de l'été. Et Morin, tout à sa volonté de ne pas se faire doubler par Borloo, n'a pas abrégé la conversation...

Voici déjà Bayrou au centre du jeu. 

Reconstitution de ligue dissoute.
 
Les deux hommes fixent ensemble des éléments de langage pour la "clarification", que l'ex-député colporte ici et là en gage de sa bonne foi de converti : Bayrou est désormais un opposant à François Hollande, qu'on se le dise. Dans les faits, après sept ou huit entretiens avec le président - c'est son propre décompte - il ne lui a plus parlé "depuis quatre mois". 
Hervé Morin, qui n'excluait pas une nouvelle tentative en 2017, ne voit dorénavant rien de "dramatique" à soutenir François Bayrou. Tout, plutôt que d'envisager son ennemi juré Jean-Christophe Lagarde, député maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), en porteur d'un flambeau élyséen. 
Il n'a évidemment pas échappé à Bayrou que ce petit monde se déteste cordialement et qu'il pourrait en tirer un avantage certain jouer de ces rivalités. "Je les ai tous vus, se félicite-t-il, à l'exception de Jean-Christophe Fromantin." La précision n'est pas anodine : le député maire de Neuilly (Hauts-de-Seine) caresse aussi un rêve présidentiel. Bayrou a identifié tous ses rivaux, y compris les moins nuisibles, pour mieux les neutraliser. 

A Pau, Bayrou n'a pas le droit de caler au démarrage
Il pourrait gagner par KO ou par abandon, aussi. Mercredi 11 septembre: devant quelques convives, Jean-Louis Borloo se présente en berger d'un centre enfin réunifié, l'aboutissement d'une "mission" qu'il s'est assignée en fondant l'UDI. A 62 ans, va-t-il passer la main? "Cela ne signifie pas que j'aie la tentation de Venise", précise-t-il. Si l'exil n'est pas imminent, la lassitude perce, selon les partisans de Bayrou qui assurent que le retour de Bayrou, à 62 ans également, serait une opportunité pour lui de laisser une boutique qu'il n'aurait plus envie, selon eux, de tenir. L'avocat serait débarrassé d'un marigot de jeunes ambitieux qu'il ne parvient pas à dompter et dont Bayrou aurait vite fait de régler leurs comptes. 

Bayrou n'est pas homme à s'encombrer. 
Il ne fera pas grand cas des réserves des quelques gauchisants du MoDem, Christophe Madrolle et Jean-Luc Bennahmias. Rien, en revanche, ne sera possible s'il perd la bataille de Pau, en mars 2014. "Je n'ai pas le droit de me planter", disait-il au début de l'été. Après quelques hésitations, il devrait se présenter, ne serait-ce que pour marquer un peu plus sa différence avec un Borloo rétif au combat. 

Pour cette bataille municipale, François Bayrou a été très sensible au soutien public d'Alain Juppé. Pas seulement parce qu'il partage avec lui un voisinage aquitain et une amitié de longue date, mais parce qu'il a déjà bâti dans un coin de cerveau une suite à sa main-mise sur le centre : à défaut de l'emporter en 2017, s'imposer en Premier ministre
Il a espéré ce lot de consolation avec Hollande, il veut y arriver avec Juppé à l'Elysée. Quand on évoque l'hypothèse, Bayrou ricane, regard fuyant, et ne veut rien "confirmer", "infirmer", ni "valider". Plus tacticien que stratège, il manoeuvrera à vue, au gré des flots.

  

lundi 6 août 2012

Bayrou, prêt à collaborer avec François Hollande et le gouvernement Zayrault

Rochefort: le MoDem est prêt à travailler avec le gouvernement
Robert Rochefort, fait une véritable déclaration d'amour à François Hollande
Interrogé par La Croix ce 6 août, le vice-président du MoDem se dit prêt à travailler avec le gouvernement socialiste, engageant la parole de son parti avec lui "Nous sommes la première pièce politique disponible pour un élargissement [du gouvernement]".

"Hollande doit exorciser sa peur de mécontenter Mélenchon" 

Si François Bayrou 
s'est peu exprimé depuis sa tranchée , gardant la posture de celui qui ne se compromet pas, le battu du premier tour de la présidentielle  bientôt défait aux législatives,
 envoie son numéro 2 au MoDem, Robert Rochefort au front pour faire bouger les lignes. Ce 6 août dans La Croix, celui-ci a pour mission d'adresser des signaux forts à François Hollande.

Le vice-président du parti en appelle à un gouvernement d'ouverture où le MoDem aurait la première place : "Il y a suffisamment de questions importantes pour trouver des points de rencontre. C'est dans l'intérêt de la France que François Hollande élargisse son équipe.Nous sommes la première pièce politique disponible pour son élargissement. (...)

"Il faut juste qu'il exorcise sa peur de mécontenter Jean-Luc Mélenchon. 
Tout au long de l'entretien, Robert Rochefort loue les premiers mois du mandat Hollande: son sens de la "justice sociale", le climat instauré "avec les partenaires sociaux" et sa "posture plus productive sur les questions internationales". 

Petit bémol pour la crédibilité : la politique menée "sur le redémarrage de la croissance économique". Le MoDem aimerait apporter sa vision du"produire en France".

L'eurodéputé sort la boite à compliments

"[Hollande] est dans la foulée de Lionel Jospin pour son côté techno, énarque qui comprend aisément tous les aspects techniques des dossiers.
"De François Mitterrandil a hérité l'habilité dans le dosage des courants politiques.

Depuis qu'il s'est prononcé en faveur de François Hollande au second tour de l'élection présidentielle, François Bayrou ne s'était pas encore positionné sur une participation au gouvernement, ne cessant de répéter que son soutien était "sans contrepartie."

Bayrou roucoule sans vergogne sous le balcon de François...
Alors qu'il s'était refusé à Ségolène !
Les buissons politiques commencent à bruire de rumeurs. ;-))
Valérie Trierweiler va nous faire une nouvelle crise de tweets