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mercredi 22 janvier 2020

Municipales: la circulaire scélérate de Castaner

Elle fait bondir les démocrates, de droite comme de gauche

La circulaire signée de l'ex-socialiste macronisé impose aux préfets d'attribuer une "nuance politique" aux listes des municipales

Résultat de recherche d'images pour "nuancier politique"Les représentants du gouvernement devront étiqueter les listes des communes de 9.000 habitants et plus et des chefs-lieux d’arrondissement aux prochaines municipales. Pour toutes les oppositions confondues, cette réglementation vise à favoriser la République en marche et à "maquiller" les résultats.

Les 11 pages de cette circulaire déclenchent un flot de protestations. Diffusée le 10 décembre et signée de la main du ministre de l'Intérieur, elle oblige les préfets à classer les candidats et leur liste par couleur politique et de manière discrétionnaire.
Pour la première fois, ce "nuancier politique" sera réservé aux communes de 9.000 habitants et plus, appelés à parrainer les prochains candidats à la présidentielle, ainsi qu'aux chefs-lieux d’arrondissement. 

Pour l'opposition, de la gauche à l'extrême droite, cette nouvelle règle fausse le jeu démocratique puisqu'elle encagoule les candidats des 33.869 communes de moins de 9.000 habitants, soit 96% des communes françaises et environ la moitié du corps électoral. Au point que LR comme RN ont décidé de déposer un recours devant le Conseil d'Etat, la formation d'extrême droite attaquant la circulaire pour excès de pouvoir. 

Quelle est l'intention cachée de ce "nuançage" imposé ?

Le cabinet de Christophe Castaner explique que ce classement a pour visée une analyse statistique. Ce "nuançage permet, d’une part, de présenter les résultats des élections de manière intelligible pour les citoyens, par grands blocs politiques, de l’extrême gauche à l'extrême droite, et d’autre part, de suivre l'évolution du paysage politique français sur de longues tendances." "Le travail d’attribution des nuances constitue une étape primordiale du travail de prévision et d’analyse électorale", raconte elle-même la circulaire, rendue publique.

La couleur politique des candidats et des listes est rendue publique seulement "au moment de la publication des résultats par le ministère de l’intérieur. Le nuançage n’a donc pas d’impact sur le vote des électeurs", assure le pouvoir. En somme, il ne s'agirait que d'un instrument d’analyse politique a posteriori pour le ministère de l’Intérieur, mais il permettrait également au grand public de visualiser la couleur politique du pays. 

La circulaire demande pourtant à chaque candidat aux municipales de déclarer son étiquette politique lorsqu'il s'enregistre. Il est également libre de ne pas en donner et de s'enregistrer comme "sans étiquette", comme par le passé. Et "l'administration est tenue de reprendre à l'identique l'étiquette choisie", précise le ministère de l'Intérieur.

Mais, en parallèle, les préfectures les classent par couleur politique. Cette "nuance" politique "doit procéder d’un faisceau d’indices objectifs : soutiens apportés à un candidat, déclarations officielles, appartenance politique, autres mandats électifs, etc.", détaille la circulaire envoyée aux préfets. Elle "est attribuée de manière discrétionnaire par vos services, à partir des grilles annexées à la présente circulaire. Il est tout à fait possible qu’elle soit différente de l’étiquette librement déclarée par le candidat."

Concrètement, Christophe Castaner propose 24 nuances numérisables "qui correspondent aux principales familles politiques", 1 pour l’extrême gauche, 7 pour la gauche - dont FI pour France Insoumise, VEC pour Europe Ecologie-les Verts ou encore GEN pour Génération.s -, 6 pour le centre – comme REM pour la République en Marche ou AGR pour Agir -, 2 nuances pour la droite et 3 pour l’extrême droite – qui intègrent dorénavant Debout le France (DLF). 
Enfin, 5 nuances sont réservées aux "courants politiques divers", tel que les animalistes (ANM), les régionalistes (REG) ou encore les Gilets Jaunes (GJ).

Il n'existe donc plus de catégorie "sans étiquette" ou "non inscrit", comme c'était déjà le cas auparavant, mais certains élus peuvent être classés dans la nuance DIV, pour divers, sans précision. Christophe Castaner martèle pour sa défense que cette option doit être limitée aux élus qui ne sont "rattachables à aucune sensibilité politique précise", autrement dit qui défendent des "opinions inclassables, catégorielles, apolitiques ou fantaisistes. Vous l’attribuerez avec discernement pour éviter qu’une multiplication de candidats classés DIV ne se traduise par une hausse inconsidérée des voix et des pourcentages de cette nuance qui serait susceptible d’altérer en partie le sens politique du scrutin en sous-estimant les principaux courants politiques."

En quoi ces règles du jeu clarifient-elles la situation ?
Les différentes nuances sont plus nombreuses que dans l'ancien système qui ne comptait "que" 17 catégories. Surtout, ces nuances ne concernent plus que les candidats des communes de plus de 9.000 habitants, ainsi que les chefs-lieux d’arrondissement. Les petites communes ne seront donc plus prises en compte dans les analyses statistiques, même lorsque les candidats y seront investis par un parti. Auparavant, ce nuançage était appliqué pour toutes les communes de plus de 1.000 habitants, seuil à partir duquel s'applique le scrutin de liste - en deçà, les candidats peuvent se présenter seuls.

Ce fichage a été mis en place par décret en 2001, selon la volonté de Jospin. 
A l'époque, les scrutins de liste n'existaient que dans les communes de plus de 3.500 habitants et les préfets enregistraient donc dans le fichier gouvernemental les "nuances" des candidats des communes françaises de plus de 3.500.

Résultat de recherche d'images pour "Vanik Berberian et Macron"
En 2013, de nombreuses voix se sont élevées pour s'opposer à l'extension de ce fichage, lorsque le seuil du scrutin de liste a été abaissé (de 3.500 à 1.000 habitants). Bien souvent, les candidats des petites communes sont en effet sans étiquette et ne souhaitent aucunement être affublé d'une quelconque couleur politique. L'Association des Maires Ruraux de France, présidée par Vanik Berberian, flatté ci-contre, rappelle qu'elle avait alerté le ministère de l'Intérieur sur "l’attribution et la divulgation d’étiquettes politiques imposées discrétionnairement par l’administration, ne correspondant aucunement à la réalité non partisane de listes 'sans étiquette' politique."

De nombreux élus ont tenté depuis de revenir à l'ancien système. Dès 2014, et la première application de cette nouvelle règle aux municipales, la question faisait débat au Parlement. "L’attribution par le préfet d’une nuance politique a été faite, dans certains cas, selon des critères discutables, voire subjectifs, se plaignait Yannick Vaugrenard, sénateur PS. La grille de nuances politiques de la préfecture compte dix-sept appellations. Elle dresse la liste des partis politiques qui définissent chaque nuance, mais ne comporte pas de catégorie 'sans étiquette' ou 'non inscrit', poursuivait l'élu de Loire Atlantique. Nous savons que, dans les petites communes rurales, les candidats ont parfois de grosses difficultés à constituer une liste ; c’est une réalité. Afficher une couleur politique peut, au bout du compte, les empêcher de mener à bien leur projet. Beaucoup mettent en avant des candidatures fondées sur une ambition locale, loin, il est vrai, des clivages traditionnels, et refusent de se voir classés à gauche, à droite ou au centre." 
La circulaire Castaner n'est donc pas faite non plus pour encourager les maires-sortants à se représenter, alors qu'on sait que 50% d'entre eux ne le souhaitent pas.

Plus récemment, en octobre dernier, lors de l’examen du projet de loi Engagement et proximité, les sénateurs ont adopté un amendement, pour interdire le nuançage d’office dans les communes de moins de 3.500 habitants. En novembre, c'était au tour du député LR des Ardennes, Jean-Luc Warsmann, de déposer une "proposition de loi visant à interdire le nuançage d’office pour les élus des communes de moins de 3.500 habitants".

C'est finalement le seuil de 9.000 habitants qui a été choisi par le gouvernement. "Lors des élections municipales de mars 2014, près de 82% des listes avaient été nuancées 'divers', 'divers gauche' ou 'divers droite' dans les communes de moins de 9 000 habitants, limitant l'utilité du nuançage au regard des objectifs précités", justifie le cabinet de Christophe Castaner, dont la ville de Forcalquier (04) comporte 5.000 individus.

Les élus des petites communes renâclent; les oppositions grondent.
Sans surprise, l'association des maires ruraux de France se frotte les mains. "Nous nous en félicitons s’agissant des villages et des communes rurales, dont la vie politique relève d’une pratique bien différente et peu comparable aux enjeux partisans des villes", a-t-elle déclaré, mais l'AMRF qui réunit les élus des communes de moins de 3.500 habitants souhaiterait aller plus loin : "l’AMRF poursuit sa démarche et propose que la case 'sans étiquette politique' figure sur le formulaire administratif, parmi les choix de 'nuançage' possible", indique-t-elle.

Un avis que les communes rurales ne partagent pas toutes. Pour beaucoup de représentants politiques de l'opposition, exclure la moitié du corps électoral de ce comptage fausse le jeu. 

Christian Jacob, le président des Républicains (LR), pointe une magouille. 
Il dénonce le fait que "le gouvernement tente de dissimuler l’absence totale d’ancrage local de LREM et leur défaite prochaine aux municipales", dénonce  au Figaro, où il qualifie la réforme de "scandale démocratique".
Et, dans les colonnes du Monde, le député LR Olivier Marleix renchérit de son côté : "le gouvernement présentera des résultats tronqués". "La France rurale va disparaître des radars, c’est totalement sidérant."

Au Parti socialiste, l'annonce ne satisfait personne.
"C’est une médiocre manœuvre politique, a réagi André Laignel, premier vice-président de l’Association des maires de France. C’est vrai que La République en marche risque d’avoir des résultats qui ne sont pas vraiment brillants aux élections municipales et ils essaient tout simplement de les masquer. Ce n’est pas très fair-play, ni très sérieux."

La République en marche devrait y gagner.
En ne prenant en compte que les grandes villes, l'objectif de LREM et ses alliés est de gonfler les scores de la République en Marche dans les données du ministère de l'Intérieur. Prenez le cas des Européennes. La chaîne de télévision publique France 2 - alors que les radios du service public sont aujourd'hui en grève depuis plusieurs mois - s'est laissé aller à comparer les résultats nationaux et ceux se limitant aux communes de plus de 9.000 habitants. En mai dernier, le Rassemblement National est arrivé en tête avec 23,3% des suffrages contre 22,4% pour le parti présidentiel. Mais, en occultant les résultats des petites villes et des villages, c'est le parti du gouvernement qui pointe en tête (24,2%), avec 5 points d'avance sur le parti de Marine Le Pen (19,4%).

L'opposition accuse également le parti présidentiel de vouloir s'arroger des candidats, sans leur accord. 
Que se passera-t-il par conséquent lorsqu'un élu sera soutenu par plusieurs partis ? "Lorsqu’un candidat, notamment tête de liste, bénéficie de l’investiture de plusieurs partis politiques, la nuance qui lui est attribuée est fonction de la nuance la plus proche de son étiquette déclarée (!), a prévu la circulaire. Par exemple, un candidat investi à la fois par le MoDem et la République en Marche et se déclarant MoDem se verra attribuer la nuance MDM", (soit Modem).

Mais les choses peuvent se compliquer. La nuance DVC, divers centre, sera attribuée à des listes d'union avec l’investiture conjointe de plusieurs partis dont LREM ou le Modem. Mais elle "a également vocation à être attribuée aux listes de candidats qui, sans être officiellement investies par LaREM ou le MoDem, ni par l’UDI, seront soutenues par ces mouvements".
Un cochon n'y retrouverait pas ses petits.


jeudi 23 novembre 2017

Le président Macron, hué et sifflé au Congrès des maires de France

Le chef de l'Etat s'est fait conspuer pendant une vingtaine longues secondes 

Les maires veulent que Macron entende leurs problèmes et leurs inquiétudes

Le président de la République est donc attendu au coin du bois, alors qu'il doit prononcer un discours au Congrès des maires de France à ParisIl a finalement pris la parole peu après 16h30 devant les quelque 15.000 maires réunis Porte de Versailles à Paris, après plusieurs discours.

Emmanuel Macron présente jeudi 23 novembre ses projets pour les collectivités territoriales, notamment sur la compensation de l'exonération de la taxe d'habitation. Or, les maires restent plus que sceptiques sur ce qu'il peut leur annoncer pour rétablir la confiance entre l'État et les collectivités : ils sont majoritairement hostiles, puisque les élus du parti du président n'ont pas d'implantation locale.

Le vice-président de l'Association des maires de France lui a adressé de nombreuses critiques dans un discours très applaudi.
 
André Laignel (PS) lui a notamment reproché "une avalanche de décisions défavorables aux collectivités locales prises depuis l'été", "sans concertation", comme d'habitude.
Le socialiste a observé que "l'autonomie fiscale n'existera plus" avec "des contrats léonins imposés pour contrôler a priori nos budgets", une "réduction imposée du nombre de fonctionnaires" locaux ou encore "la suppression brutale d'emplois aidés".
"Tout ceci est inacceptable et j'espère que le président de la République reviendra sur ses dispositions", a-t-il martelé. Les maires sont "sacrifiés" et "la décentralisation est en danger", a conclu A. Laignel, sous une ovation.

François Baroin, réélu président de l'AMF, a dénoncé pour sa part des contrats "léonins", "obligatoires et assortis de sanctions" pour l'encadrement des dépenses des collectivités locales.

Résultat de recherche d'images pour "Macron Congres AMF"Le gouvernement veut en effet que quelques centaines de plus grandes collectivités signent avec l'Etat des "contrats" pour limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2% par an sur 5 ans, assortis de sanctions financières, si la limite est dépassée.  
Les collectivités qui ne signeraient pas ces "contrats" auraient les mêmes sanctions, a rappelé F. Baroin. "Sans liberté, ce ne sont pas des contrats", a-t-il souligné. 

VIDÉO. Congrès des maires de France : Macron hué et sifflé à son arrivée
Avec cette hausse, la réduction des dépenses des collectivités sur 5 ans "sera proche de 20 à 21 milliards d'euros"plutôt que les 13 milliards annoncés par le gouvernement, a-t-il grondé.
"Cher Emmanuel", lui a lancé F. Baroin, "vous avez dit la confiance, c'est l'autre, mais l'autre, c'est nous, et on a encore un peu de travail à faire", a-t-il insisté.


mardi 7 avril 2015

Un sénateur socialiste a mis fin à ses jours avant de comparaître devant le tribunal

La mort guettait l'ex-maire PS de Tours? Poursuivi en justice dans l'affaire des "faux mariage chinois"

Jean Germain a été retrouvé sans vie près de son domicile
L'ex-élu socialiste avait disparu en laissant deux lettres d'adieu, l'une dans sa voiture, l'autre à son domicile. Le sénateur PS devait comparaître comme accusé ce matin au procès des "mariages chinois" qui s'ouvrait ce matin. Le procès a été immédiatement suspendu.

Dans la lettre, lue par son avocat, Jean Germain, avait écrit notamment: "Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à ceux qui m'aiment, mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement, quotidiennement".
Il fut directeur de cabinet d’André Laignel qui, à propos de l'inconstitutionnalité des nationalisations du président Mitterrand, assura en octobre 1981 que le raisonnement du député Jean Foyer, ancien garde des Sceaux, avait basculé du juridique au politique, commentant ainsi: "De ce fait, il a juridiquement tort, car il est politiquement minoritaire"... 
Inspecteur général de l'Éducation nationale (IGEN) jusqu'en 2010, Germain était délégué national du PS auprès de François Hollande, chargé de l'Éducation et des Universités et proche d'André Laignel qui nia son homosexualité à une époque où elle n'était pas un titre de gloire.

Ex-maître de conférences en droit public, ce juriste de 67 ans devait comparaître pour "complicité de prise illégale d'intérêts et détournement de fonds publics", dans le cadre de l'organisation de simulacres de mariages pour touristes chinois que le maire de Tours célébrait ceint de son écharpe tricolore entre 2007 et 2011.

Terre radicale, l'Indre-et-Loire, département qu'a présidé la ministre Marisol Touraine et dont Jean Germain était sénateur, a basculé à droite aux dernières départementales, obtenant 52,59 % (UDI-UMP) contre 26,43 % au binôme du Parti Socialiste.

mardi 26 novembre 2013

Réforme des rythmes scolaires: les instits repartent en grève le jeudi 5 décembre

Le syndicat d'enseignants du primaire demande à Peillon de renoncer à généraliser sa réforme

Le SNU-ipp appelle à la grève nationale le 5 décembre.

"La priorité au primaire ne peut pas se résumer à une réforme des rythmes mal pensée et contestée", souligne jeudi 21 ce syndicat de la FSU, suiveur de la CGT. "Pendant ce temps-là, la nécessaire transformation de l'école reste à quai et ce d'autant que l'investissement budgétaire ne se traduit pas encore par une vraie 'priorité au primaire'".

La réforme des rythmes scolaires voulue par Peillon remet en place une demi-journée de classe supplémentaire, supprimée en 2008, afin d'alléger des journées surchargées peu propices aux apprentissages. Mais la gauche socialo-écolo cherche à retablir son ascendant sur les familles en reprenant en mains l'encadrement des enfants à des fins de rééducation.

Il dénonce des mesures "décevantes" pour la direction et le fonctionnement de l'école 
Peillon, clairement,
a un problème...
Ainsi pointe-t-il une "formation continue en panne" et des effectifs dans les classes qui resteraient chargés, malgré les créations de postes qui creusent la dette publique. Le budget 2013, voté le 20 décembre 2012 par le Parlement prévoit 10.000 créations de postes (sur 30.000) pour le secondaire, dont 8.781 pour l'Education nationale. Ce sont des contrats aidés, donc des contrats précaires, de vingt heures par semaine et d'une durée de deux ans maximum. La "gauche sociale" renoue ainsi avec les CDD, dont les perspectives d'emplois en bout de course sont très incertaines...  

Le primaire se sent lésé, car les quelque 8.000 postes qui sont prévus au budget 2013, seront affectés à des enseignants du secondaire.
 
Un gros renfort apparent, mais en personnels précaires, donc, pour agir temporairement sur les chiffres du chômage chez les jeunes, dont la gauche nous certifie qu'ils baissent... Mais combien de ces nouveaux emplois seront pérennes? Ces postes précaires n'ajoutent pas grand chose sur le long terme aux 60.000 postes de fonctionnaires annoncés sur le quinquennat. 
Quelque 500 nouveaux emplois sont également prévus pour les auxiliaires de vie scolaire, les personnels administratifs et médico-sociaux. Des créations de postes donc, mais moins sensationnelles que ce que le ministre a voulu laisser croire…

A l'heure actuelle,
 seulement 
quelque 4.000 communes (soit 20% des élèves) appliquent la réforme des rythmes scolaires qui signe le retour à la semaine de 4,5 jours. Le pouvoir fait valoir que plus de 80% de ces communes pionnières se déclarent satisfaites de son application, selon une enquête menée par l'Association des maires de France.  
Mais il ne précise évidemment pas que ce sont les plus miltantes, que le président e l'AMF est un UMP accommodant, mais que le premier vice-président délégué est André Laignel, membre du Parti socialiste. Ce maire vertueux est d'ailleurs l'auteur en 1981 de ce merveilleux aphorisme sanctionnant un démocrate, Jean Foyer, à propos des nationalisations: " il a juridiquement tort, car il est politiquement minoritaire."

Une réforme lourde à gérer, même par les maires godillots

Acculturation de la jeunesse
du Tibet par la Chine
La majorité des "pionniers" se plaint de "la grande complexité de mise en œuvre de la réforme" et de son coût pour les finances locales. Une grande surprise, sachant que Peillon assure avoir appliqué la méthode de concertation du gouvernement...

77% des communes volontaires admettent avoir des difficultés à financer la mise en œuvre
de ces nouveaux rythmes. Plus de six sur dix estiment dépenser entre 100 et 200 euros par enfant et par an. Soit un coût médian de 150 euros, calcule l'AMF. Une somme non répercutée sur les familles, puisque 80% des communes concernées ont opté pour la gratuité des activités périscolaires, mais qui vont comprendre pourquoi leurs impôts locaux montent en flèche. Dans le détail, moins de 15% des communes disent dépenser moins de 100 euros et 10%, en revanche, plus de 300 euros.

La plupart des communes moyennes et petites 
rencontrent les plus grandes difficultés à embaucher des animateurs compétents pour les activités périscolaires. Alors que plus de la moitié des villes ayant appliqué la réforme déclarent en avoir recruté, 40% disent avoir eu des difficultés dans leur démarche. Un constat moins vrai en milieu rural, où beaucoup de maires expliquent avoir été "seuls sur leur secteur" à appliquer la réforme. 
De leur côté, les enseignants ne participent  à ces activités que dans 20% des communes. Une proportion qui grimpe à 55% dans les villes de plus de 30.000 habitants. La moitié des communes ont aussi rencontré "des problèmes de taille des locaux" pour l'exercice de ces activités qui, dans 90% des cas, ont lieu dans les écoles. 
Façonnage précoce des esprits
à la théorie du genre
Les maires doivent faire appel aux associations locales et les MJC participent à l'effort militant, mais avec un taux d'encadrement proche de la prise de risques. Il se trouve que Hollande a justement promis de développer la participation des réseaux associatifs dans la vie publique et d'augmenter les aides : il a simplement mis la charrue avant les boeufs... 

L'organisation du temps scolaire est inégalitaire
La participation aux activités péri-scolaire est volontaire. Selon l'AMF, "plus de la moitié des communes déclarent que le taux de fréquentation dépasse 85%", surtout sur la plage médiane du déjeuner. 15% des villes signalent une fréquentation inférieure à 50%.
 
Les prestations sont très diverses et de qualité souvent médiocre, d'une municipalité à l'autre. Entre les activités périscolaires de 45 minutes quatre fois par semaine, après la scolarité, et celles qui sont intercalées en début d'après-midi, toute la palette des formules est expérimentée. Outre qu'il n'est pas rare que les activités proposées soient improvisées et fantaisistes, dy type atelier vernis à ongles pour les garçons, et haïkido pour les filles, et rythmes africains pour tous, "le modèle initialement présenté par l'Éducation nationale de répartition du temps libéré en tranches de 45 minutes sur quatre jours n'est finalement retenu que par une commune sur deux", commente l'association.

Le SNU-ipp confirme les difficultés de financement.

Vincent Peillon est-il justifié par conséquent à dénoncer "la petite délinquance civique" des 55 premiers maires, étiquettés de droite ou sans étiquette, regroupés au sein du "Collectif contre la réforme des rythmes scolaires", qui refusent d'appliquer la réforme des rythmes scolaires, alors que parents et enseignants poursuivent leur fronde, avec une grève nationale prévue le jeudi 5 décembre, après les premières séries de deux jours de mobilisation les 12, 13, 14 et 20 novembre, qui ont peu mobilisé les parents d'élèves en premier, les instits et les personnels municipaux ensuite. Lien PaSiDupes
Le mardi 12 novembre, les animateurs de la Ville de Paris ont commencé l'opération. L'UNSA et de la CGT demandaient une "amélioration des conditions de travail" et une "juste rétribution". Et le 13 novembre encore à Paris, un rassemblement était organisé devant l'Hôtel de Ville, avant un défilé vers le ministère. Mercredi également, des collectifs de parents ont contesté la réforme appellant sur Facebook à ne pas mettre les enfants à l'école et à bloquer les établissements. Jeudi, d'autres sections du SNUipp-FSU appellaient à la grève. CGT, FO, Sud et Faen, minoritaires dans l'éducation, appellaient en même temps à une grève nationale pour l'abrogation du décret. La CGT et Sud appellaient aussi les animateurs et Atsem (aides en maternelle) à la grève nationale: la cantine et autres activités périscolaires ont puêtre perturbées. Sud, minoritaire, appellait à faire grève contre une journée de rattrapage du lundi de la rentrée.
La grève a été suivie au niveau national par 25% des enseignants des écoles et par 50% à Paris, mais c'est selon le ministère.
Les participants du 5 décembre seront-ils mal notés et stigmatisés comme "factieux" ?

mercredi 9 octobre 2013

Pénibilité: menaces de viols sur 2 professeurs du lycée Bécquerel de Tours

Un climat électrique réchauffe la "douceur angevine"  

Atmosphère tropicale hier au lycée professionnel Henri Becquerel de Tours.
 

Les enseignants ont cessé le travail ce jeudi suite à des tags injurieux à l'encontre de deux professeurs du lycée des métiers de l'électricité. "Ce sont des faits graves, violents qu'il faut dénoncer publiquement" admet Antoine Destrée, le directeur académique d'Indre-et-Loire. 
A Tours, Jean Germain, le maire PS, est un ancien maître de conférences en droit public que François Mitterrand a fait inspecteur général de l'Education nationale... et il a également été le directeur de cabinet du très rose André Laignel (1988-1991). Il est toujours également sénateur, président de la Communauté d'agglomération de Tours et premier vice-président du Conseil régional du Centre. Ce cumul au détriment des administrés n'est-il pas excessif à 66 ans ? 

Les enseignants ont cessé le travail dès 8h après la découverte de tags injurieux visant deux professeurs à l'extérieur de l'établissement. Il y avait même des menaces de viols.

Les députés ont voté pour "l'enseignement moral et civique" en mars

Cet "enseignement moral et civique", une notion chère au ministre de l'éducation nationale Vincent Peillon mais, depuis le vote du vendredi 15 mars dernier à l'Assemblée nationale, elle est restée à l'état de notion.
Son dispositif "vise notamment à amener les élèves à devenir des citoyens responsables et libres, à se forger un sens critique et à adopter un comportement réfléchi", annonce le texte voté. Grâce à lui, l'école "fait acquérir aux élèves le respect de la personne, de ses origines et de ses différences, de l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que de sa laïcité".

Les vertueux s'en étaient gargarisés.
 
"Dans une République digne de ce nom, l'école a une fonction libératrice", s'est exclamé le député-maire socialiste de Gonesse Jean-Pierre Blazy, un agrégé d'histoire. Dans sa commune du Val-d'Oise, Mohamed, lycéen de 20 ans aux "Marro", l'un des trois quartiers sensibles, est mort le 3 juillet sous les coups de batte de base-ball ou de barre de fer de plusieurs jeunes de Saint-Blin. Une lame de couteau lui a sectionné l'artère fémorale.
Le 8 juillet, Blazy a réagi ("fortement", selon Le Monde, mais après cinq jours): il a pris un arrêté municipal (temporaire: jusqu'au 15 septembre) interdisant les attroupements sur les places des deux quartiers qui sont les lieux de rendez-vous des jeunes, malgré la prévention de sa police. "En limitant les attroupements, j'espère éviter un engrenage", s'était justifié l'intellectuel. Or, depuis le meurtre de Mohamed, la population inquiète vit dans l'attente des représailles : une attaque aux Marronniers est toujours suivie par une autre à Saint-Blin. "On sent une peur des habitants", témoigne un habitant...

Sa collègue PS Sandrine Mazetier
 se félicitait du vote "d'un des grands articles de ce projet de loi".
Elle est députée de Paris, vice-présidente de l'Assemblée nationale et s'illustre toujours dans la lutte contre le Front National et d'éventuelles alliances avec la droite, alors que le PS et les Verts radicaux d'Europe Ecologie-les Verts appellent à voter pour l'UMP à la cantonale de Brignoles, Var, depuis leur élimination dès le 1er tour. Michel Sapin, Vincent Peillon , Montebourg et Harlem Désir ont tour à tour vivement encouragé les électeurs, tandis que Jean-Luc Mélenchon, lui, met en cause la politique de François Hollande. "Nous appelons à voter contre le FN, pour le candidat républicain. Il n'y a pas besoin de prendre des circonvolutions", a déclaré sur iTélé, Michel Sapin, ministre posté au Travail. Il voit également dans ce score "une souffrance des Français par rapport à une crise dont ils ont le sentiment qu'elle perdure."
Lors de la primaire socialiste, Mazetier avait apporté son soutien à Martine Aubry, une militante active du communautarisme musulman, puis en juillet 2011, avait intégré son équipe de campagne pour l'élection présidentielle de 2012, chargée avec El Mouhoud Mouhoud de la thématique ..."Immigration". 
En féministe illuminée, Mazetier va toujours à l'essentiel: dans une question écrite de décembre 2012, elle interpella son gouvernement sur l'appellation de l'école maternelle, estimant que "cette dénomination institutionnelle [...] laisse entendre que l'univers de la petite enfance serait l'apanage des femmes et véhicule l'idée d'une école dont la fonction serait limitée à une garderie". Elle proposait donc de renommer l'école maternelle en "première école". Depuis Mohamed a été assassiné et ses camarades enseignantes sont menacées de viol.

Les tags qui visaient un homme et une femme ont été inscrits à l'extérieur de l'établissement, ce qui change tout ! Les faits ont débuté mercredi et se sont poursuivis jeudi.
Le directeur académique s'est enfin rendu sur place pour témoigner de sa solidarité envers les enseignants.

Idée du grand-maître du Grand Orient, que proclame la charte de la laïcité à l’école ?
Et qu'en fait-on, maintenant ?

Les cours vont reprendre ce matin, mais ils débuteront par un quart d'heure d'explication civique. Un courrier va également être adressé aux parents d'élèves. 
Najat Vallaud-Belkacem va-t-elle se rendre à Tours pour dispenser sa bonne parole de ministre des Droits des femmes dans la "république du respect" ?