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lundi 20 février 2012

Etude coloniale pour les manichéens moralisateurs fourvoyés

Clemenceau, pas vraiment opposant à Jules Ferry

"Un chapitre du livre de Jean-Pierre Rioux me chagrine, celui relatif à Jules Ferry (p. 25-32). Il a raison de remarquer que dans son Rapport sur l'Algérie, de 1892, Ferry "fut donc souvent soucieux, in extremis, de réformes et de politique indigène" (p. 29).

Mais il accorde une plus-value morale à Clemenceau à propos de la formule "races inférieures". En réalité, les deux hommes partagent la même vision de l'humanité selon les paradigmes anthropologiques de l'époque. La rivalité n'est que tactique et politique. D'ailleurs, si on prend le soin de lire l'intégralité du discours de Clemenceau, on verra que sa protestation véhémente à l'évocation des "races supérieures" s'accommode chez lui-même d'un usage du mot "race". La "race jaune" est dite compétente en matière de diplomatie ; la "race française" est dite avoir du génie...

En réalité, le discours de Clemenceau du 30 juillet 1885 révèle des appréciations qui relativisent son "anticolonialisme" et la profondeur de son désaccord avec Ferry :

- certes, sa condamnation du distinguo "civilisations supérieures/civilisations inférieures" est nette ; mais s'adresse-t-elle vraiment à Jules Ferry ? Celui-ci utilise la distinction sans hétérophobie, sans penser qu'il y a, par essence, des peuples supérieures et d'autres, par essence, inaptes au progrès, voire même à éliminer pour cette raison ;

- le député républicain radical partage, avec Ferry et beaucoup d'autres, une vision du développement de la civilisation inévitablement inégalitaire, processus dont il faut tempérer les effets par l'action morale et politique : "il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu'à mesure que nous nous élevons dans la civilisation, nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit" ;

- dans sa critique de l'abus de la force, il établit lui-même une démarcation hiérarchique entre la "civilisation scientifique" et les "civilisations rudimentaires" ;

- enfin, on connaît sa réplique : "mon patriotisme est en France" ; ce qui autorise à penser son désaccord avec les républicains opportunistes (Ferry, Paul Bert...) en termes de conflit d'opportunité justement : "avant de me lancer dans des expéditions militaires, qui sont la caractéristique de votre politique, M. Jules Ferry, j'ai besoin de regarder autour de moi. (...) N'est-ce pas triste de penser que c'est en 1885, quinze ans après 1870, que nous sommes obligés de venir rappeler ces choses à la tribune française." Mais Ferry et Clemenceau ne sont ni racistes ni anti-racistes au sens du pathos qui domine la pensée française depuis plus de vingt ans.

Au final, Jean-Pierre Rioux reste accroché à la corde historienne même si l'on aurait pu souhaiter qu'il eût été un peu plus virulent avec ceux qui tentent de rabattre l'histoire sur une morale, sur une virulence mémorielle concurrentielle et communautariste.
"

Michel Renard

mercredi 7 juillet 2010

Plenel: la liberté de la presse aurait la primauté sur la personne

Les journalistes « indépendants » de France 2 prennent parti

Voici l'article publié le 07/07/2010 à 17h00 par des journalistes du SNJ-CGT de France 2
Titre:
« Médiapart contre l'UMP »

L'agresseur se dit agressé

Bien que l'une des assertions d'Edwy Plenel publiées sur son site estime qu'il est victime d' «une attaque concertée, non pas de la majorité (...) mais de la garde rapprochée du président", France 2 commence ainsi:

« Le fondateur de Médiapart, Edwy Plenel, va porter plainte pour diffamation contre Xavier Bertrand. Lien PaSiDupes
Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, avait accusé mardi le site d'information, qui a publié les enregistrements de l'affaire Bettencourt, d'user de "méthodes fascistes".
Les propos de Xavier Bertrand ont été approuvés par plusieurs ministres.

La réaction de Médiapart

Edwy Plenel
, ancien directeur de la rédaction du Monde [est-ce un titre de gloire considérant pourquoi et comment il en est parti ?], voit dans [le marc de café] ces déclarations une "attaque concertée, non pas de la majorité (...) mais de la garde rapprochée du président" [tout au plus une contre-attaque]. "Cette garde rapprochée, au bout de trois semaines de révélations [ce ne sont que des allégations quand il ne s'agit que de supputations "plausibles"], manifeste un mépris profond de la démocratie et de la justice dans sa mauvaise foi", a affirmé le journaliste [se livrant à la manière de Plenel - cf. l'article précédent de PaSiDupes - à un élargissement à l'ensemble de la profession, incitation sournoise à la mobilisation]. "Je trouve que François Fillon a été beaucoup plus modéré à l'Assemblée", a-t-il estimé.

[Ensuite -conséquence d'habitudes de paresse et des 35h dans le service public ! - France 2 recopie presque mot pour mot le texte de son confrère Mediapart]
"Eric Woerth est mis par ses amis dans la pire situation parce qu'Eric Woerth sert de bouclier au président de la République. Tout cela est assez indigne, on devrait laisser la justice travailler", a-t-il dit [ou commenté ?]

"Il y a eu une décision de justice qui a été rendue il y a une semaine, par une vice-présidente du tribunal de Paris qui dit que les informations de Mediapart sont légitimes et d'intérêt public, que nous avons fait notre travail de manière rigoureuse. Elle déboute Mme Bettencourt et son chargé d'affaires, qui voulaient que nous enlevions nos informations", a-t-il ajouté. [Pour moins de désinformation, lire l'article précédent de PaSiDupes pour savoir ce qu'il faut penser de ces interprétations d'une saisine reportée sine die. ]

Les attaques de[s] ministres

[Xavier Bertrand]: "Quand certains médias notamment un site qui utilise des méthodes fascistes à partir d'écoutes qui sont totalement illégales (...) mais dans quel monde on est, dans quel monde on est !", s'est exclamé
[c'était de l'indignation] le secrétaire général du parti majoritaire, mardi soir, au Raincy (Seine-Saint-Denis). [Il aurait pu tout aussi bien évoquer les écoutes téléphoniques d'Edwy Plenel ordonnées par le Président Mitterrand - cf. PaSiDupes] "Ah, parce que c'est plausible, on se permet de mettre en accusation un ministre de la République et le président de la République", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Industrie
"Christian Estrosi
a comparé ce site internet à "une certaine presse des années 30". "Qui a apporté une preuve ?" contre Eric Woerth, s'est-il insurgé, visant Médiapart dont, selon lui,
"l'un de ses responsables, Fabrice Lhomme (ndlr: a dit): 'Nous n'avons aucune preuve mais ça paraît plausible'". "J'ai en mémoire Clémenceau [NDLR: qui s'était retiré de la politique dans les années 20], Salengro, plus proche de nous Bérégovoy [NDLR: qui se sont suicidés]. Est-ce qu'on peut continuer à accepter ce type de pratiques et on salit un homme de cette manière?", a-t-il encore ajouté.

De son côté, la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a durci ses attaques qualifié contre le rôle de la presse. Elle dénonce des "méthodes fascistes de sites internet" et une "collusion politico-médiatico-trotskyste". Quant au PS, "avant il était inutile, maintenant il devient nuisible. Quand on utilise ces méthodes de chasse à l'homme on n'est pas digne d'être un parti de gouvernement", a-t-elle ajouté. La ministre avait déjà qualifié Médiapart de
"site de ragots, de déclarations anonymes".

Quant au ministre de la Défense, Hervé Morin (Nouveau centre), il a dénoncé "une compétition effrénée entre la presse médiatique classique et internet" où "plus rien n'est contrôlé", "où on ne prend plus le temps, un seul instant, de vérifier simplement l'information qui vous est donnée". "Où est l'Etat de droit, la présomption d'innocence, ou est le contradictoire, le droit de la défense ?", a-t-il lancé. [Alors que ces mêmes sites Internet, de plus en plus payants et chargés de publicité commerciale, viennent tout juste de mener une campagne stigmatisant les blogueurs anonymes. D'ailleurs, les journalistes de la presse écrite, tel le Canard Enchaîné signent-ils tous leurs articles. Et Marianne ?]

Lors d'un entretien sur RFI mardi matin, le ministre de l'Immigration, Eric Besson, s'est interrogé sur la méthode du "goutte-à-goutte" [ou supplice chinois ] de Mediapart [qui est par ailleurs contre la torture] dans l'affaire Woerth/Bettencourt. "Si Mediapart a tout le dossier, pourquoi il ne le met pas clairement et complètement sur la place ? Qu'est-ce que c'est que cette façon d'égrainer ?", a-t-il demandé. [Comme à Paris Match - mais en plus propre, évidemment - , ça fait vendre depuis 3 semaines !]

L'ancien cadre du PS évoque ensuite une probable entente [plausible ?] entre la rédaction d'Edwy Plenel et la rue de Solférino. "Je suis quand même frappé par la façon dont les choses sont distillées et effectivement parfaitement reprises le jour-même par le Parti Socialiste. Ca donne, de l'extérieur, l'idée d'une très grande concertation mais je n'ai pas les preuves." [Eric B. a peut-être des informations de première main, du temps où il fréquentait les cafards de la Rue de Solférino ?]

Une "véritable attaque en règle contre la profession"

Pour le syndicat CGT des journalistes [lequel a un nom (SNJ) et ne représente pas toute la profession...] les propos de Mme Morano sont une "véritable attaque en règle contre la profession". [Reprenant à leur compte le procédé de Plenel consistant à impliquer la profession, les syndiqués CGT du service public ajoutent:] "Au-delà de sa haine pour les journalistes faisant leur métier d'investigation et ne se contentant pas de relayer la communication gouvernementale ou sarkoziste [mais ils font le copié-collé des agences R****** ou de l'A*P], comment une ministre peut-elle mentir à ce point ?", s'interroge le syndicat dans un communiqué [n'hésitant pas à diffamer].

[Même pas "plausible]

"Oui Mediapart est un site d'information [le partage avec la désinformation est parfois incertain] ; oui ses journalistes sont titulaires de la carte d'identité des journalistes professionnels [sont-ils issus d'une école de journalisme digne de ce nom ? La fac de Montpellier où enseigne Plenel, par exemple?]; oui ils ont vérifié leurs sources, recoupé les propos tenus par l'ex-comptable de Lilianne Bettencourt [affirmation 'plausible' qui demande donc à être vérifiée]", poursuit le syndicat." [qui prend des risques, puisqu'on dit que Claire T., la comptable, a disparu: la pression médiatique aurait-elle été trop forte ? Des menaces peut-être ?]

[Au total, trois fois NON ! Lien PaSiDupes: ceux qui devront rendre compte]

L'article est 'signé' par FTV (avec A*P): encore un floutage de France Télévisions.

samedi 16 janvier 2010

France: Zemmour stigmatise le pacifisme obsessionnel

La défaite de 1940 et l'esprit de Vichy,
conséquences de la pensée unique de l'entre-deux-guerres


Les victimes des cours d'Histoire -revue et corrigée par les profs de la FSU et de la CGT-Educ'action- tomberont des nues. Interpellés dans leurs certitudes, ils accuseront aussi sec Zemmour de révisionnisme. Il est en effet de ces journalistes impertinents qui revendiquent le droit à ré-éduquer les Français, mais à la manière qui dérange l'intelligentsia formatée par l'Education Nationale et la pensée unique.

Lire absolument ce qui suit, paru ce samedi 16 janvier dans Le Figaro Magazine, que vous ne lirez dans aucun livre d'histoire agréé par les syndicats de gauche.



1939-1940, une défaite annoncée


La défaite de 1940 et l'esprit de Vichy sont aussi la conséquence du pacifisme obsessionnel de la France de l'entre-deux-guerres, restée traumatisée par l'ép reuve de 1914-1918.

Vichy avait raison. De chercher et de désigner des responsables de la défaite de juin 1940. Vichy avait raison d'accuser la classe politique de la IIIe République, qui usa toute son énergie dans des luttes picrocholines d'un régime parlementaire dévoyé, et s'avéra incapable - à quelques exceptions près, comme un Barthou, malheureusement assassiné en 1934 - de définir avec réalisme une politique qui contienne l'appétit de revanche allemand. Raison de remettre en cause le climat d'avant-guerre, et surtout ce pacifisme devenu obsessionnel depuis l'hécatombe de 1914, véhiculé par la littérature [Romain Rolland -prix Nobel de ou Roger Martin du Gard -prix Nobel de littérature... dont France 2 a fait de Les Thibault une télésuite en 4 épisodes de propagande grand public], le cinéma [La Grande Illusion, film de Jean Renoir], et les instituteurs, relayé par la plupart des politiques, de Briand [prix Nobel de la Paix] à Laval [socialiste, comme le précédent]. Lire PaSiDupes Raison d'accuser l'état-major, incapable d'abolir la primauté de la défense, le souvenir fétichisé de la Marne, l'arrogance naïve de la ligne Maginot ; incapable de comprendre les intuitions du jeune colonel de Gaulle sur l'utilisation massive des chars attaquant en meute avec le soutien de l'aviation. Raison enfin de vouer aux gémonies « l'allié » anglais qui, aidé par les Américains de Wilson, qui ne nous portait pas dans son cœur, avait refusé à Clemenceau toutes les garanties géostratégiques (rive gauche du Rhin) et économiques (réparations et industrie de la Ruhr), nécessaires pour casser les reins de la machine de guerre allemande.

La défaite de 1940 était inscrite dans le traité de Versailles, comme l'avait tout de suite compris l'historien Jacques Bainville, mais aussi Foch ou Mangin. C'est que «l'allié » anglais était lui aussi obsédé par le passé, mais pas le même, non pas la guerre de 1914, mais les guerres de l'Empire, celui de Napoléon. L'Angleterre fut soucieuse avant tout d'empêcher le grand retour de la domination française sur le continent. Elle fut pressée de redonner son ancienne vigueur à l'Allemagne, afin qu'elle contienne l'éternel «militarisme français».

Lorsque Hitler remilitarisa la Rhénanie, en 1936, en violation du traité de Versailles, le président du Conseil, Albert Sarraut, tonna qu'il ne laisserait jamais Strasbourg à portée des canons allemands. L'état-major de Hitler savait qu'alors l'armée française était supérieure ; certains complotaient déjà contre Hitler. Un coup de fil du Premier ministre anglais calma les ardeurs guerrières de Sarraut. L'Angleterre ne voulait pas re voir le drapeau tricolore flotter sur le Rhin. Les Français s'inclinèrent. Hitler respira. La France avait perdu la guerre.

Une nouvelle guerre de Trente Ans de 1914 à 1945. Une guerre que les Français n'avaient pas su gagner en 1918, en signant l'armistice trop tôt sans pousser leur avantage, envahir l'Allemagne, prendre des gages territoriaux, entrer dans Berlin. L'ennui, pour Vichy, est que le maréchal Pétain incarnait justement cet état-major timoré et pusillanime, qui ne jurait que par la «couverture». C'est Pétain qui avait arrêté les offensives de Mangin et Nivelle en 1917 (malheureusement très meurtrières, mais pas moins que la défense sur la Marne). C'est ce qui lui valut sa popularité auprès des «anciens combattants». C'est Pétain qui refusa les innovations stratégiques, après-guerre, et couvrit de son prestige l'immobilisme de l'état-major. C'est enfin Pétain qui attira à Vichy tous les pacifistes, de droite et surtout de gauche, séduits par sa position attentiste et faussement neutraliste.

C'est donc par l'intermédiaire de Pétain qu'après l'entrevue de Montoire les pacifistes devinrent collaborateurs. La France se jeta dans les bras de Pétain, comme soulagée, alors même que, durant la campagne de France de mai-juin 1940, et contrairement à la légende répandue depuis, les soldats français s'étaient valeureusement battus. Cent mille morts, pendant trois semaines de combats, c'était le « taux » qu'on avait connu lors de la Première Guerre mondiale. La démographie française, déclinante depuis la fin du XIXe siècle, ne pouvait pas se permettre de poursuivre sur ce rythme.

Les Français et les Anglais font toujours les choses en sens contraire. Dans les années 1920 et 1930, quand la France essayait de s'arracher aux tentations du pacifisme et du renoncement, les Anglais se vautrèrent dans le soutien à l'Allemagne, la fascination de son establishment, jusqu'au roi, pour Hitler et le nazisme, puis la politique d'appeasement. Les choses changèrent avec l'arrivée de Churchill. Personnage fantasque, hors du commun, qui descendait à la fois d'ancêtres français et du célèbre Marlborough qui vainquit les armées de Louis XIV, Churchill était un Anglais atypique, qui admirait Jeanne d'Arc («Parfois, j'entends les voix de Jeanne, disait-il, elle me parle») et Napoléon («Rien de plus grand n'a été fait ici-bas», dit-il à de Gaulle, en visitant le tombeau des Invalides).

Churchill tenta par un ultime effort de pousser les Français à se battre encore. Il défendit tant qu'il put le général de Gaulle contre le mépris américain. Il engagea une guerre totale contre Hitler - qu'il finit par gagner -, au prix de la destruction de la machine économique de son pays et de la ruine de sa domination sur le monde.

A lire :
L’Impardonnable Défaite. 1918-1940, de Claude Quétel, JC Lattès, 410 p., 20 €.
Les Coups tordus de Churchill, de Bob Maloubier, Calmann-Lévy, 268 p., 15 €.

Histoire «1940 : l’impardonnable défaite ?» - C’est la question que Michel Field et Eric Zemmour poseront à leurs invités, Claude Quétel, François Kersaudy et Bob Maloubier, sur la chaîne Histoire, dans « Le Grand Débat », dimanche 17 janvier, à 18 h. Toutes les rediffusions sur www.histoire.fr

En quelques mots, cet article ouvre des pistes de réflexion pour ceux et celles qui souhaiteront vérifier ce que l'endoctrinement ne laisse pas paraître dans les media et les ouvrages scolaires et/ou militants.

mercredi 16 mai 2007

Le 16 mai 2007 de Nicolas Sarkozy

Premières cérémonies protocolaires mais symboliques
Après un déjeuner privé à l'Elysée, le Président Sarkozy a remonté les Champs-Elysées, saluant la foule de la main, debout dans une Peugeot décapotée escortée de motards et de chevaux de la Garde républicaine. Sous l'Arc de Triomphe, il a déposé une gerbe et ravivé la flamme de la tombe du Soldat inconnu. Nicolas Sarkozy a serré la main d'anciens combattants, échangeant quelques mots avec certains, avant de se livrer à son premier bain de foule.

Le nouveau président a ensuite descendu l'avenue, escorté uniquement de motards cette fois. Au Rond-Point des Champs-Elysées, il a déposé une gerbe au pied de la statue de Georges Clemenceau - le "Tigre" avait été ministre de l'Intérieur avant de devenir président du Conseil en 1906.
Il en a déposé une autre devant celle du général de Gaulle, après avoir brièvement discuté avec l'amiral Philippe de Gaulle, le fils de l'ancien chef d'Etat.


Nicolas Sarkozy s'est à nouveau avancé vers la foule massée pour serrer des mains avant de prendre la direction du Bois de Boulogne pour l'hommage aux 35 jeunes résistants qui y furent fusillés par les Nazis le 16 août 1944 à la Grande cascade. Après une sonnerie aux morts et une "Marseillaise" entonnée a capella, l'historien Max Gallo a lu un discours rappelant l'agonie de "ces 35 héros" d'origines sociales et de sensibilités politiques différentes. Il a énuméré les noms de ces jeunes Français qui avaient pour la plupart moins de 25 ans.
Après la lecture de la lettre de Guy Môquet par une lycéenne, poussant M. Sarkozy à écraser une larme, le chef de l'Etat a pris la parole, annonçant que sa première décision serait de demander au futur ministre de l'Education que cette lettre "soit lue en début d'année à tous les lycéens de France". "Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé", a confié le président, qui en avait souvent cité des extraits lors de ses meetings de campagne. "Un jeune homme de 17 ans qui donne sa vie à la France, c'est un exemple non pas du passé mais pour l'avenir", a-t-il ajouté.
Jeune militant communiste, Guy Môquet a été fusillé le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Atlantique) parmi 50 otages exécutés en représailles au meurtre d'un officier allemand. Avant d'être fusillé, il a écrit à ses parents une lettre dans laquelle il dit notamment: "Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose (...) 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous".

Le 4 mai dernier, deux jours avant d'être élu, il s'était rendu au plateau des Glières (Haute-Savoie), haut lieu de la Résistance pendant la Seconde guerre mondiale dont il a alors choisi d'en faire son lieu de pèlerinage annuel s'il venait à être élu. Il avait notamment lancé à "la jeunesse" que si elle pouvait voter aujourd'hui, c'était grâce au "sacrifice" de ceux qui s'y étaient battus voici 60 ans.
Mercredi, il a de nouveau jugé "essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français", "de leur montrer à travers le sacrifice de quelques-uns de ces héros anonymes dont les livres d'histoire ne parlent pas, ce qu'est la grandeur d'un homme qui se donne à une cause plus grande que lui".