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lundi 27 août 2012

Histoire: Retour sur la légende Guy Môquet

De la précocité des héros fabriqués...
Pacte germano-PCF "Nous ne ferons rien pour vous, mais rien contre vous…" (extrait de l’argumentaire (lien PaSiDupes) destiné aux autorités d’occupation saisi par la police française sur une militante communiste arrêtée à Paris le 20 juin 1940)
Un montage de mensonges


Après la légende Aubrac et malgré Le Chambon-sur-Lignon, la légende Guy Môquet !

Lorsque ce fils de député communiste est arrêté, en octobre 1940, l’Allemagne hitlérienne et l’URSS sont alliées, complices même, car la signature du Pacte germano-soviétique (en août 1939) assure la paix à Hitler sur ses frontières de l’Est, lui laissant tout loisir d’envahir l’Ouest de l’Europe, donc notre pays.

Toutes les belles actions du jeune homme ne concernent que le Parti communiste, la lutte contre le capitalisme et la défense du prolétariat. Nulle mention de patriotisme, de résistance, de défense nationale…

Le jeune homme, porteur de son étoile rouge communiste, a indubitablement été la victime d'un retournement historique d'alliances.
Lorsque Guy Môquet et ses camarades sont exécutés, en octobre 1941, cela fait juste six mois qu’Hitler a lancé l’opération Barbarossa contre l’URSS. Une agression qui devait évidemment mettre fin à l’idylle germano-soviétique et classer les communistes au même rang que les autres opposants à l’Allemagne.

La France a ses martyrs ; l’histoire, parfois, a su en faire des héros. Mais les politiques n’ont jamais su créer autre chose que des mythes historiques et l’élévation du jeune Guy Môquet au rang de héros national est du nombre, au point qu’on ne saurait voir en lui qu’un nouveau Joseph Bara… a indubitablement été la victime d'un retournement d'alliances: lorsque Guy Môquet et ses camarades sont exécutés, en octobre 1941, cela fait juste six mois qu’Hitler a lancé l’opération Barbarossa contre l’URSS. Une agression qui devait évidemment mettre fin à l’idylle germano-soviétique et classer les communistes au même rang que les autres opposants à l’Allemagne.
La France a ses martyrs ; l’histoire, parfois, a su en faire des héros. Mais les politiques n’ont jamais su créer autre chose que des mythes historiques et l’élévation du jeune Guy Môquet au rang de héros national est du nombre, au point qu’on ne saurait voir en lui qu’un nouveau Joseph Bara…
Pour ceux qui partagent la relative déception et l’embarras que cause la lecture de la lettre du jeune militant communiste que le président Sarkozy souhaitait faire lire à nos scolaires au début de chaque année, certains préfèrent saluer la rescapée du régime soviétique et compositeur (en russe) et interprète de la "Marseillaise de la Résistance", intitulé le  “Chant des partisans”, Anna Betoulinski, dite Anna Marlychanteuse et parolière née durant la Révolution russe au cours de laquelle son père fut fusillé, qui ut émigrer en France, puis s'engagea dans les Forces françaises libres.

Un intéressant commentaire trouvé sur ce site de passionnés d’histoire, Historia Nostra, inspire ce qui suit.
En effet, tout émouvante qu’elle soit (jusqu’à l’empoignade sur Wikipedia !) et bien-intentionné le choix présidentiel, la-dite lettre ne contient guère que l’adieu d’un fils à sa mère et ne mentionne ni la Résistance ni même la France.
Et, comme le rappelle le site en question, le jeune militant ne fut  pas arrêté (par la police française en octobre 40) pour fait de résistance, mais pour la distribution de tracts communistes qui appelaient, non pas à la résistance à l’ennemi allemand, mais, Pacte germano-soviétique oblige (rompu seulement en juin 41), au… défaitisme révolutionnaire pro-nazi, autrement dit au sabotage de l’effort de guerre ! 
La guerre civile en Algérie connut des procédés identiques, alors que de jeunes hommes tombaient sous les balles des rebelles.

Quant à sa mise à mort un an plus tard, elle s’inscrit dans la série d’exécutions d’otages (814 en quelques mois) qui ont suivi l’attentat du 21 août 1941 (consécutif au pacte germano-soviétique, donc) où le militant communiste Pierre Georges (futur “colonel Fabien”, qui a donné son nom à la place où se dresse le blockhaus du PCF ) abat au hasard un militaire allemand au métro Barbès.

Pour autant, faut-il crier à la supercherie ?
Certes, Guy Môquet est effectivement loin de la légende dorée de la Résistance, mais on pourrait s'étonner de l'amalgame d'Aragon qui associera une autre victime de cette même féroce répression, le “premier martyr de la France Libre”, Honoré d’Estienne d’Orves aux Môquet, Péri et Dru dans sa liste des quatre dédicataires de son fameux poème “La Rose et le réséda”  et même… Lucie Aubrac !

Mais, il faut surtout rappeler que le jeune Môquet n’avait que 16 ans lors de son arrestation, ce qui en fait au minimum un martyr de la barbarie nazie et donc, sinon un modèle de l’action résistante, du moins un symbole d’une France martyrisée …

Et que dire encore de l'exploitation de la mort à 12 ans du jeune Joseph Bara, révolutionnaire tué par les Vendéens, récupéré par la propagande de Robespierre et immortalisé par le peintre officiel David et Chénier, le poète guillotiné (Le Chant du départ: “De Barra, de Viala le sort nous fait envie Ils sont morts, mais ils ont vaincu”) …?


Alix Ducret

Historia Nostra (22-05-2007)

mercredi 30 décembre 2009

François Mitterrand, vu par Patrick Delpy

De quoi inspirer les Cambadélis, Huchon et autres Frêches et Royal
Le président François Mitterrand et Deng Xiaoping,
président de la République populaire de Chine (1978-1992)

En janvier 2006, Patrick Delpy (né en 1965) est vice-président (Asia Pacific) Alcatel-Lucent, Shanghai – Chine., nous livrait cet entretien sur son blog (Le Monde) :

Petit entretien avec moi-même sur François Mitterrand

Lu dans le Monde un entretien avec Marie Darrieussecq. Je reprends les questions de Raphaelle Bacqué et Ariane Chemin à Marie que j’adapte très légèrement et je me les pose:

Vous aviez 15 ans le 10 Mai 1981. Quels souvenirs en avez-vous gardé?
J’étais assis dans un fauteuil vert un peu en biais face à la télé en noir et blanc. Je me souviens de Jean-Pierre Elkabach à 20h00. C’était la première fois que l’informatique donnait les résultats d’une élection présidentielle en quelques secondes. Ma mère était là aussi. On retenait notre souffle. Lorsque les premier carrés gris sont apparus en haut de l’écran il était encore impossible de savoir si ce crane chauve était celui de VGE ou de Mitterrand. Puis on a vu: ma mère était accablée mais au même moment, dans la rue, sortis du silence on a commencé à entendre des hurlements de joies puis se furent les klaxons des voitures. C’était comme si tout avait basculé d’un coup.

Vous avez gardé les 2 images de ce jour – la liesse de la gauche, et la peur de la droite?
Pas exactement dans ces termes. J’ai plutôt compris la soudaine confrontation de 2 France qui se détestaient. Je me souviens des petits minets des jeunesses giscardiennes à la télé gesticulant et tapant du mocassin sur l’estrade avec leurs pulls lambswool en V sur les épaules. Je revois aussi la foule à la télé se dirigeant vers la Bastille. Mais ce que je garde vraiment en mémoire, c’est d’une part Mitterrand avec sa rose entrant dans un Panthéon désert, les commentaires ultra complaisants des journalistes et une certaine solennité puis le départ à pieds de VGE de l’Elysées sous les hurlements d’une foule enragée.
Ni peur, ni liesse, mais une France de salon qui à droite ruminait une défaite et promettait des lendemains de misère et une France de rues, haineuse, qui à gauche promettait de tout renverser.

Vous appartenez très exactement à la “génération Mitterrand”. Vous votez pour lui en 1988?
J’avais voté pour la liste de Lionel Jospin à Paris pour les législatives de 1986. Il me semblait que la stabilité des institutions imposaient, quoi qu’il en coûte, une nécessaire assemblée du même bord que le président. En 1988, je ne vote pas pour les présidentielles. J’avais déjà quitté la France. J’étudiais et je travaillais aux États-Unis. A ce moment là, en France, il n’y avait pas encore un seul ordinateur dans les écoles ni dans les universités. Aux US, les salles d’ordinateurs de tous les campus, étaient ouvertes 24/24. C’est exactement à ce moment là que j’ai pris conscience que la France avait décroché sur le plan économique et qu’on en reprenait pour 7 ans.

Et vous portiez la petite main des potes en pin’s…
Euh pas vraiment… Rien contre cependant mais tout simplement pas pour moi.

Naïf ou manipulé?
Justement ni naïf ni manipulé. C’est bien pour ça que je ne portais aucun signe extérieur d’appartenance à quoi que ce soit ni à qui que ce soit: ni un parti, ni une association, ni un club de foot.

Votre première déception a rencontré, en somme, l’évènement qui, “politiquement” vous a “ fait”.
Oui c’est vrai. J’ai été sidéré de voir qu’autour de moi, les vieux (c’est à dire les + de 50ans en 89) s’imaginaient, comme à Berlin ou Prague, que les soviétiques allaient intervenir avec les chars. Et donc, Mitterrand comme beaucoup d’autres français de sa génération sont restés prostrés face à la rapidité des évènements: je pense en fait qu’ils craignaient et les soviétiques en souvenir de la guerre froide et les allemands réunifiés en raison de la seconde guerre mondiale. Alors que pour tous les jeunes de ma génération “Mitterrand”, on parlait allemand, langue apprise en 2nde langue, on recevait des camarades allemands en échanges linguistiques dans nos classes et on avait appris à aimer énormément l’Allemagne (et les allemandes…) alors on a tous su, lorsque le mur s’est écroulé sous les marteaux des jeunes comme nous, que tout ça, devenait irréversible, que l’Allemagne redevenait une et que les soviétiques ne bougeraient pas.

Quelles ont été les autres déceptions?
L’absence complète de politique, la nomination d’Edith Cresson au poste de 1er ministre. Elle était maire de Chatellerault, c’est dire si je la connaissais, ayant vécu de 70 à 83 dans cette ville: une nullité notoire démontrée par la suite. Je crois qu’elle fut la cause de tous les effondrements qui ont suivi. Puis finalement une France en roue libre.
Mais comme pour Marie, c’est vrai que la photo à été la preuve des ambiguïtés de l’homme.

Vous faites allusion à la photo avec le secrétaire général de la police de Vichy. René Bousquet?
Oui. En fait ce n’est pas tant la photo qui me gêne. J’imagine que dans cette France marécageuse de la défaite de 1940 et des années noires, plus personne ne savait vraiment ou était le bien et le mal. Il fallait sauver sa peau. Mais là avec Mitterrand et sa francisque, il avait carrément franchi la ligne jaune. J’ai compris à ce moment là que tout son socialisme n’était que de circonstances, que tout était politique et que finalement c’était le sommet du pouvoir qu’il voulait, quel que soit le prix, quel que soit le chemin, quels que soient les moyens. Il a été un très grand homme politique parce qu’il n’a toujours eu que le pouvoir en tête. Le reste relevait de la stratégie de conquête.

Et vous avez pris vos distances…
Du recul plutôt sur l’homme mais aussi les politiques en général et le président de la république en particulier.

Vous vous êtes éloigné de François Mitterrand, mais pas des socialistes. (…)
J’ai de très bons amis socialistes. Et des membres de ma famille aussi. La conviction de certaines idées “socialistes” me fascinent. Fumantes mais fascinantes. Tous les progrès en France sont socialistes. Mais à quel prix!
Vous pouvez y aller, tous les intellectuels, les cinéastes, les acteurs et auteurs, les artistes en général, tout ce qui crée, tout ce qui a de la couleur et du reflet, tout ce qui a du buzz et qui fait rire, qui fait trembler les coeurs et arrache des larmes, tout ce qui est folie dans ce pays vient presque toujours du coté gauche. C’est comme ça. Et on en a besoin. Bon évidemment, il ne faut pas trop regarder la note, salée! Parce que le problème de fond, c’est qu’on voudrait que ça tombe du ciel. C’est parce que je ne crois plus au père Noël que je me suis éloigné des socialistes.
Car au même moment, quand les cigales chantaient en France, Margaret Thatcher reconstruisait l’Angleterre, Helmut Kohl faisait une grande Allemagne, Gorbatchev défaisait l’URSS presque en douceur, Reagan redonnait confiance à toute l’Amérique et Juan Carlos à toute l’Espagne. Alors Mitterrand à coté d’eux, c’est qui, dites-moi? Il a fait quoi de grand?

L’abonné du gaz que vous êtes s’est épanoui dans la fiction, comme beaucoup de votre génération…
Il faut une part de rêve mais hélas, la fiction je la laisse à Marie.. Elle est trop forte pour moi! Bisous Marie…

Pas d’envie de philosophie?
Si tous les jours. Dans mon business, on me dit souvent que je suis un intellectuel, voire même parfois que je suis un philosophe. Dans la jungle où j’évolue, je crois que la façon dont on me le dit me laisse penser que c’est perçu plutôt comme un défaut, mais ça me donne le recul nécessaire pour réfléchir et essayer de prendre de meilleures décisions. A tout prendre et avec le business en perspective je préfère être un “philosophe” qu’un “tueur”.

La “génération Mitterrand” serait une génération plus modeste que celle qui l’a précédée?
Cette “génération Mitterrand” dont j’ai la chance immense de faire partie est la première génération de toute l’histoire de France, depuis 2000 ans, à n’avoir jamais connu la guerre! Ce n’est pas rien… Celle juste avant la mienne mordait sur la fin de la seconde guerre mondiale, la guerre d’indochine et la guerre d’Algerie. Pour les autres: se référer à l’histoire de France. Alors au-delà de tous les discours philosophiques, au delà de toutes les littératures, au-delà de tous les progrès sociaux et la facture abyssale de toutes nos folies, la “Génération Mitterrand” est la première génération de Paix. Alors peut-on dire que ma génération est plus modeste parce que moins guerrière et moins ambitieuse dans ces combats? Est-ce modeste d’avoir gagné la paix? Alors oui Marie, tu as raison, sauvons l’histoire mais surtout Marie je t’en supplie, sauvons la Paix.

Vous vous souvenez de la mort de François Mitterrand?
Tout le monde attendait sa mort et en même temps on commençait à croire qu’il était immortel. Depuis longtemps déjà, il avait tout quitté mais son masque de cire semblait le protéger de tout.
Je ne me souviens pas du tout du jour ni du moment où la nouvelle fut annoncée. Ce jour là, j’étais totalement isolé sur une île paumée de l’Océan indien, sans télé, sans téléphone et sans journaux. Je pense que la nouvelle m’est parvenue plusieurs jours après sa mort. Quand je suis revenu en France, il était déjà enterré. En revanche je me souviens très bien de la messe à Notre-Dame avec tous les chefs d’état qui avaient fait le déplacement. C”est lors d’un moment comme celui-là que l’on comprend que la France reste encore un très grand pays très présent dans le cœur des hommes et l’âme des états et qu’elle sait encore toucher le ciel.

Au fond, avez vous de la sympathie pour François Mitterrand?
Non. Beaucoup de morts troubles entourent sa vie, beaucoup de coups tordus et machiavéliques l’ont fait accéder au pouvoir puis l’y ont maintenus.
L’homme ne m’est absolument pas sympathique. Mais demande-t-on à un chef d’état d’être sympa? Je ne crois pas qu’un chef d’État soit dans le business de la Sympathie. On n’est pas à Dysneyland! Et nous les abonnés du gaz, on n’est pas naïfs!

Est-ce un bon personnage de roman?
Fabuleux! Bien sur que oui et mille fois oui. Un homme qui est à la fois: un grand bourgeois, un grand catholique, un homme de combat, un ancien prisonnier de guerre évadé en plein hiver, un homme de tous les pouvoirs: d’extrême droite, de gauche, d’alliance avec les communistes, du centre pour finir par s’ancrer dans le socialisme, le chef de l’État Français resté le plus longtemps au pouvoir depuis Napoléon III, un amant prodigieux (soi-disant…), un bigame avec Mazarine en legs pour les générations futures, un homme de tous les secrets, de toutes les écoutes, de tous les pouvoirs, un écrivain et un homme qui portait si bien le chapeau noir… est un immense personnage de roman.

Vous éprouvez une forme de nostalgie?
Aucune. Revenir en arrière? Vous imaginez l’horreur? Se reprendre des années de cohabitation? Edith Cresson? Les nationalisations? Le contrôle des changes?
Si il y a quand même un truc que je regrette et que Mitterrand faisait très bien: il construisait la France ( on ne regarde pas la note!): les autoroutes, les lignes TGV, le grand Louvre, les colonnes Buren, la TGB, Bercy, l’Opéra Bastille (je n’aime pas mais bon affaire de goût…), la grande Arche. Ça fait beaucoup et j’en oublie! Mais finalement beaucoup moins que Napoléon III en juste 6 ans de moins…

Pas un homme pour le XXIème siècle?
Pour moi, Mitterrand, c’est plutôt un personnage digne d’Alexandre Dumas, voire de Chateaubriand…
Et vous vous proposez qui pour le XXIème siècle?

Et en juillet 1940, qui Cambadélis et Huchon auraient-ils proposé, après la débâcle de juin, à la place du
vice-président du Conseil dans le gouvernement de Paul Reynaud, démissionnaire, le maréchal Pétain ?

Ajoutons quelques éléments sur le mythe résistancialiste

Ce mythe a été développé surtout par les gaullistes et les communistes, selon lesquels les Français auraient unanimement et naturellement résisté depuis le début de la Seconde Guerre mondiale.

La fameuse lettre de Guy Môquet illustre bien ce mythe : Guy Môquet, fils d’un député communiste emprisonné après la déclaration de guerre à l’Allemagne, est arrêté en octobre 1940, alors qu’il distribue des tracts clamant « Nous avions raison ! » ou encore « Libérez Môquet ! ». En effet, à l'automne 1940, le pacte germano-soviétique n’est pas rompu et les communistes français réclament aux autorités allemandes l’autorisation de faire reparaître L’Humanité qui avait été interdit par le gouvernement français en 1939. Guy Môquet est fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941, en représailles après l’assassinat d’un commandant allemand. Mais cela ne fait pas de lui un résistant… Lire PaSiDupes
Pourtant, après la guerre,
le parti communiste français, qui veut faire oublier le pacte germano-soviétique, transforme Guy Môquet en héros de la résistance française. Lire PaSiDupes

lundi 22 octobre 2007

Lettre de Guy Môquet aux lycéens qui en seront privés

La gauche revendique son sectarisme
Des enseignants, militants de gauche, refusent la lecture recommandée par le Président de la République d'une lettre qui, comme son auteur, appartient au patrimoine historique français. (LIRE un libellé précédent de PaSiDupes)

Des enseignants -qui enseignent l'histoire, mais ne sont pas pour autant des historiens- démontrent que leur enseignement est politisé. Par les IUFM, les partis de gauche et les ouvrages scolaires. Pour être historien, il faudrait que les profeseurs réfractaires acquièrent un minimum de sens critique et d'autonomie; qu'ils ne regurgitent pas sans analyse critique des cours tendancieux, mal assimilés. Qu'ils s'ouvrent à des études contradictoires. Combien se soumettent à cette rigueur, avant de s'emballer, sous la pression des activistes de salles des profs?

Pour pallier cette appropriation, et de la lettre et de l'enseignement, par les cogestionnaires de l'Education nationale, voici le texte de la lettre du jeune communiste Guy Môquet adressée à sa famille le 22 octobre 1941, avant d'être fusillé, à 17 ans, par les Allemands à Châteaubriant (Loire-Atlantique) avec 26 otages exécutés en représailles du meurtre d'un officier allemand.

"Ma petite maman chérie,
"Mon tout petit frère adoré,
"Mon petit papa aimé,
"Je vais mourir! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose.
"Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas!
"J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour.
"A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman bien des peines, je te salue une dernière fois.
"Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
"Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
Dix-sept ans et demie (sic), ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michel.
"Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon coeur d'enfant. Courage!
"Votre Guy qui vous aime.
"Guy"

samedi 20 octobre 2007

Le SNES-FSU manipule les parents d'élèves

Les parents d'élèves se laisseront-ils guider leur conduite?
La FSU refuse la lecture de la lettre de Guy Môquet à ses parents aux parents de nos élèves!
Le texte d'intimidation concocté par le syndicat totalitaire fut publié le 16 octobre 2007 à l'adresse des militants de la FSU, pour qu'ils fassent pression sur les parents de leurs élèves.
En voici la teneur:
Lettre de Guy Môquet :
s’adresser aux parents d’élèves avant le 22 octobre
LE SNES a appellé l’ensemble de la communauté éducative des établissements concernés à construire collectivement le refus de cautionner l’entreprise commémorative du 22 octobre, décidée par le seul chef de l’exécutif. Partout où ce refus collectif est organisé, il est nécessaire de l’expliciter auprès des parents d’élèves, afin de lever tout malentendu. Nous vous proposons pour cela un exemple d’adresse possible aux parents d’élèves.
Nous, professeurs du lycée ne lirons pas la lettre de Guy Môquet le 22 octobre 2007
Guy Môquet fait partie des figures historiques marquantes de la Résistance par son engagement, par l’histoire de son arrestation et par la fin tragique qu’il a connue, ainsi que ses 26 camarades livrés en tant qu’otages aux nazis, car membres du parti communiste pour la plupart d’entre eux, tous fusillés le 22 octobre à Châteaubriant. La lettre émouvante qu’il laisse à sa famille, juste avant de mourir, alors qu’il a dix-sept ans, témoigne de ce drame. Que notre pays fasse œuvre de mémoire, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sur les hommes et les femmes qui se sont engagés pour la liberté contre la barbarie nazie est légitime. De même, il est important que les programmes d’histoire nous permettent d’étudier cette période, de comprendre le sens de l’engagement de ceux et celles qui ont choisi la Résistance, comme de comprendre aussi pourquoi la France fut dramatiquement divisée pendant ces années d’occupation. À ce titre, nombre de lettres de fusillés sont présentes dans les manuels d’histoire des élèves et étudiées depuis des années.
Alors pourquoi refusons-nous de lire la lettre de Guy Môquet le 22 octobre aux lycéens ?
Parce que faire de l’histoire en classe n’est pas accomplir un devoir de mémoire, c’est construire une réflexion rationnelle sur le passé. Notre travail d’enseignant n’a rien à voir avec une démarche qui vise à susciter l’émotion sans distance critique, sans replacer un témoignage, aussi poignant soit-il, dans son contexte historique. Or, la lettre de Guy Môquet, que certains semblent découvrir, ne dit rien de son engagement, elle n’évoque que son amour de la patrie, de ses parents, de sa famille et son sens du devoir. L’histoire de la Résistance, des hommes et des femmes qui l’ont faite, ne se confond pas avec une commémoration officielle décidée par le seul chef de l’exécutif. Parce que transformer les lycées en lieu où s’exprime l’ « Union Sacrée » de la nation à travers son Président et sa jeunesse est contestable. Imposée aux chefs d’établissement cette commémoration vise à organiser une sorte de « communion » nationale entre le chef de l’État et les lycéens, qui devront s’y soumettre. Véritable « fait du prince », elle apparaît avant tout comme un outil de moralisation des jeunes qui serait suscitée par ce moment d’émotion collective. Outre le fait que le « zapping commémoratif » est certainement contre-productif quant aux effets recherchés, après cette journée-ci, à combien d’autres commémorations faudra-t-il se plier ?
Évidemment, nous ne « boycottons » ni la mémoire de Guy Môquet ni celle de la Résistance.
C’est justement parce que nous distinguons l’histoire et la mémoire, l’enseignement et la morale, la raison et l’émotion, que nous refusons de participer à cette commémoration imposée au mépris de toute considération pédagogique.
C’est aussi parce que nous avons le souci, en tant que citoyens, en tant qu’ enseignants, de préserver l’école de toute tentative d’ instrumentalisation dont elle pourrait faire l’objet à des fins partisanes. C’est là le sens de notre conception de l’école républicaine et laïque.
'Il est nécessaire de l'expliciter auprès des parents d'élèves':
sont-ils des demeurés?
L'allégeance de la FSU au PCF est claire et manifeste. Nos enfants comme leurs parents sont donc menacés d'endoctrinement.
Il faut réagir et savoir pour qui ont vote réellement aux élections de parents d'élèves. Si c'est trop tard cette année, n'oubliez pas l'année prochaine que la FCPE est inféodée à la FSU et par conséquent au PCF. Qu'on se le dise...

vendredi 19 octobre 2007

Des professeurs en résistance : ils font taire Guy Môquet

Colère d’Henri Guaino, suite à leur refus de lire sa lettre
Croire que les professeurs font taire leurs préférences politiques personnelles en présence de leurs élèves, nos enfants, qui le croit encore ? Ca continue dans l’école de la république laïque et respectueuse des convictions de tous ! Leurs devoirs de réserve et d’impartialité sont une nouvelle fois pris ouvertement en défaut. Le conseiller spécial du président a d’ailleurs justement dénoncé «l’attitude politicienne» de ceux des professeurs de lycées qui ne liront pas la lettre du jeune résistant communiste.

Tout fait l’objet de polémique auprès des co-gestionnaires de l’Education nationale et le ministre est contrecarré. Henri Guaino a donc rejoint la mêlée. «Je ne comprends pas. L'école, ce n'est pas un self-service» : le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy n’a pas dissimulé son indignation vendredi matin devant les caméras de Canal+ face au choix par certains enseignants militants -et surtout sectaires- de ne pas lire la missive de l’adolescent fusillé en 1941 par les nazis.

Il a souligné que les professeurs étaient «libres d'analyser la signification du texte, le contexte historique dans lequel il s'inscrit». Liberté d'analyse du texte ou liberté usurpée de commenter l'initiative du chef de l'Etat? Encore un parent qui ne sait pas à quel endoctrinement sont soumis les élèves... Mais «il y a des gens qui préfèrent une fois de plus en tirer l'argument de la division (...) je trouve ça très, très triste», a estimé Henri Guaino pour qui le sujet est sensible.
Ce commentaire est la deuxième réaction du rédacteur des discours du président, en moins de 48 heures. Jeudi déjà, celui qui avait été l’auteur du discours de Marseille du candidat Sarkozy, dans lequel le nom du résistant apparaissait aux côtés de Jaurès et Blum, n’avait pas mâché ses mots contre les enseignants rebelles. Il avait dénoncé sur les ondes de RTL une «attitude purement politicienne et une prise en otage corporatiste et idéologique d’un moment d’émotion collective ». Leur refus constitue un problème éthique. « Cela amène à s'interroger sur ce que doivent être les devoirs d'un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants», avait avancé Henri Guaino. Il fallait le dire, mais faudra-t-il le répéter encore longtemps ?

De son côté Xavier Darcos, qui n'est pas maître de son ministère, avait signé en début de semaine une tribune dans Le Monde critiquant un débat « à des fins cocardières », a tenté d’apaiser le débat vendredi. Il a assuré vendredi sur RTL qu’il ne « fliquerait » pas les professeurs réfractaires. « Je leur ai dit qu'ils devaient le faire 'à leur manière' [si bon leur semble... la cogestion!...], que si vraiment ça heurtait à ce point leur conscience d'exalter la résistance, qu'ils ne le fassent pas » a déclaré le ministre de l’Education, non sans ironie, soulignant les contradictions d’une partie du corps enseignant !

La lecture de la lettre, lors de la journée hommage de lundi prochain, 22 octobre, à l’adolescent, passe mal. Certains enseignants et historiens (neutres ?), mais aussi le PS, voient dans cette circulaire ministérielle, non obligatoire, « une instrumentalisation de l’histoire ». Sa Cynique Majesté Royal s'était faite tuyautée par Juju Dray sur les exploits d'Olympe de Gouges, mais il n'aurait pas fallu lui en demander trop sur cette illustre inconnue...
Faut-il recevoir l'agrément de la gauche pour avoir le droit de citer des textes du patrimoine national ? Cette gauche conservatrice a décidemment un sentiment exacerbé du droit de propriété ! Mais de quel droit des textes historiques seraient-ils réservés à un usage exclusif de la gauche.
PS et PCF sont-ils favorables à la censure ?

mercredi 16 mai 2007

Le 16 mai 2007 de Nicolas Sarkozy

Premières cérémonies protocolaires mais symboliques
Après un déjeuner privé à l'Elysée, le Président Sarkozy a remonté les Champs-Elysées, saluant la foule de la main, debout dans une Peugeot décapotée escortée de motards et de chevaux de la Garde républicaine. Sous l'Arc de Triomphe, il a déposé une gerbe et ravivé la flamme de la tombe du Soldat inconnu. Nicolas Sarkozy a serré la main d'anciens combattants, échangeant quelques mots avec certains, avant de se livrer à son premier bain de foule.

Le nouveau président a ensuite descendu l'avenue, escorté uniquement de motards cette fois. Au Rond-Point des Champs-Elysées, il a déposé une gerbe au pied de la statue de Georges Clemenceau - le "Tigre" avait été ministre de l'Intérieur avant de devenir président du Conseil en 1906.
Il en a déposé une autre devant celle du général de Gaulle, après avoir brièvement discuté avec l'amiral Philippe de Gaulle, le fils de l'ancien chef d'Etat.


Nicolas Sarkozy s'est à nouveau avancé vers la foule massée pour serrer des mains avant de prendre la direction du Bois de Boulogne pour l'hommage aux 35 jeunes résistants qui y furent fusillés par les Nazis le 16 août 1944 à la Grande cascade. Après une sonnerie aux morts et une "Marseillaise" entonnée a capella, l'historien Max Gallo a lu un discours rappelant l'agonie de "ces 35 héros" d'origines sociales et de sensibilités politiques différentes. Il a énuméré les noms de ces jeunes Français qui avaient pour la plupart moins de 25 ans.
Après la lecture de la lettre de Guy Môquet par une lycéenne, poussant M. Sarkozy à écraser une larme, le chef de l'Etat a pris la parole, annonçant que sa première décision serait de demander au futur ministre de l'Education que cette lettre "soit lue en début d'année à tous les lycéens de France". "Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé", a confié le président, qui en avait souvent cité des extraits lors de ses meetings de campagne. "Un jeune homme de 17 ans qui donne sa vie à la France, c'est un exemple non pas du passé mais pour l'avenir", a-t-il ajouté.
Jeune militant communiste, Guy Môquet a été fusillé le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Atlantique) parmi 50 otages exécutés en représailles au meurtre d'un officier allemand. Avant d'être fusillé, il a écrit à ses parents une lettre dans laquelle il dit notamment: "Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose (...) 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous".

Le 4 mai dernier, deux jours avant d'être élu, il s'était rendu au plateau des Glières (Haute-Savoie), haut lieu de la Résistance pendant la Seconde guerre mondiale dont il a alors choisi d'en faire son lieu de pèlerinage annuel s'il venait à être élu. Il avait notamment lancé à "la jeunesse" que si elle pouvait voter aujourd'hui, c'était grâce au "sacrifice" de ceux qui s'y étaient battus voici 60 ans.
Mercredi, il a de nouveau jugé "essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français", "de leur montrer à travers le sacrifice de quelques-uns de ces héros anonymes dont les livres d'histoire ne parlent pas, ce qu'est la grandeur d'un homme qui se donne à une cause plus grande que lui".