Les difficultés des entreprises font craindre des dérapages
Pétroplus, Goodyear, Renault, PSA, Sanofi, Florange et tous les autres...
Va-t-on vers un durcissement des conflits sociaux, au point d'en arriver à des violences sociales incontrôlées ?
En clair, les syndicats risquent-ils d'être débordés sur leur gauche ?
ECOUTEREmmanuel Cugny sur France Info, le 6 février 2013:
La question inquiète le gouvernement qui vient de demander aux services de renseignements de la police (ex-R.G.) de suivre au plus près les entreprises en difficulté. Ces craintes sont-elles fondées ?
La crainte du gouvernement se traduit par les mots du ministre de l'Intérieur. Manuel Valls estime que l' ''on assiste aujourd'hui moins à des mouvements sociaux qu'à des implosions ou explosions sociales''. Dans l'Humanité hier, une militante CGT l'exprimait avec ses propres mots : ''ce qu'on veut, c'est que notre rage passe''. La situation actuelle est encore loin des grands mouvements que l'on a connus dans la sidérurgie au cours des années 70 ou dans l'automobile dans les années 80 mais, plus que palpables, les tensions sont bien réelles.
Cela dit, ces tensions et déclarations ont toujours existé (!)
Il y a une trentaine d'années, chez Citroën à Aulnay, certains n'hésitaient pas à glisser des boulons dans les ailes des voitures haut de gamme (genre CX) pour se faire entendre. Ensuite, dans les années 2000, on a vu des employés de Metaleurop, ou Continental disposer des bouteilles de gaz dans leur usine menaçant de faire sauter leur outil de travail...
Aujourd'hui, ce sont les syndiqués modérés qui sont pris à partie et physiquement intimidés dans l'enceinte même des entreprises. Certains leaders syndicaux ne le cachent pas : ils craignent particulièrement le dérapage des jeunes très présents notamment dans la filière logistique. Des jeunes, exaspérés, pour qui l'incertitude en l'avenir est encore plus grande que pour leurs aînés.
Et quel est le regard des experts sociaux sur ces mouvements ?
Pour reprendre les propos de l'un d'entre eux, le climat social aujourd'hui est à l'épuisement, à la fatigue, au découragement mais pas à l'explosion. Aussi paradoxal que cela puisse paraître au regard de l'image que nous-mêmes, médias, en renvoyons chaque jour, les conflits du travail sont moins nombreux aujourd'hui qu'ils ne l'ont été [la hausse continue des chiffres du chômage dément cette volonté de banalisation].
Dans leur ensemble, ces experts constatent un affaiblissement revendicatif mais un renforcement de la radicalisation, corolaire selon eux de la baisse constante du taux de syndicalisation dans les entreprises (moins de 30% aujourd'hui en France). Quel est le rôle originel d'un syndicat si ce n'est de mobiliser, certes, mais aussi et surtout de canaliser le mécontentement, d'encadrer le mouvement et de calmer l'ardeur des plus fougueux.[La CFDT y parviendra-t-elle encore, maintenant qu'elle est associée au pouvoir socialiste dans l'esprit des salariés ?]
Ségolène Royal à Chatellerault
Ce schéma est en train d'évoluer et c'est ce qui inquiète nos dirigeants. Casser l'outil de travail n'a jamais été une démarche syndicale, c'est une démarche politique révolutionnaire. [Un distingo que les faits ne corroborent pas.
Mélenchon à Florange
Mieux, quand les salariés de l'équipementier automobile en liquidation judiciaire New Fabris à Chatellerault (Vienne) avaient menacé de faire sauter leur usine avec des bonbonnes de gaz, les manifestants (CGT majoritaire) avaient reçu le renfort de délégations de Continental notamment, et de quelques personnalités politiques de gauche (PS, PCF, Verts entre autres), aux cris de "Conti-Fabris, même combat".] Les gouvernements, quels qu'ils soient, n'ont aucun intérêt à voir passer de petits groupes sous contrôles de politiques extrémistes. Les anciens RG sont donc sur le qui-vive et considèrent la grande manifestation parisienne du 12 février prochain comme un thermomètre. Nous avons reçu le message: si des violences sociales éclataient, elles ne seraient pas syndicales... Et les responsables ne seraient pas politiques ?
Les socialistes ont refusé le labo régional de Ségolène Royal à Paris
Quand Sa Cynique Majesté Royal, présidente PS de région, faisait encore illusion comme ici, à Heuliez !
Le bilan provisoire des expériences Royal en région ne réjouit pas Rue 89
En Poitou-Charentes, les projets ambitieux de la candidate socialiste se heurtent parfois à la réalité.
Les électeurs de la prochaine législative se laisseront-ils éblouir ?
A La Rochelle, dont elle brigue maintenant le siège de députée, Désirdavenir Royal affirmait aux lecteurs de Rue89 : " Je veux être la présidente des solutions, des solutions justes et efficaces. " Un "pragmatisme flamboyant", selon Rue 89 en tout cas, qu'elle pratique déjà en Poitou-Charentes. Avec des résultats parfois mitigés, comme avec la reconversion de l'usine automobile New Fabris en pôle d'industries vertes. Un dossier-phare pour la " présidente des solutions "... mais plus compliqué qu'elle ne le pensait [et ne l'avoue !].
Juillet 2009. A Châtellerault (Vienne), l'équipementier automobile New Fabris ferme, laissant 366 salariés sur le carreau. La fin d'un conflit très médiatisé, au cours duquel les ouvriers sont allés jusqu'à menacer de faire sauter le site. Le projet "flamboyant": un site-modèle pour l'industrie verte... La suite, c'est Jean-François Macaire, vice-président du Conseil régional, qui la raconte dans 3 Elle l'a fait en région 3 (éditions Un Autre Reg'Art), un petit livre à la gloire de sa patronne : " Ségolène Royal refuse d'en rester là [...]. Elle l'annonce aux salariés qui ont quitté leur usine en pleurs : New Fabris vivra, on y fabriquera les nouveaux produits écologiques en émergence, à commencer par des véhicules électriques. " Deux ans plus tard, les ouvriers " en pleurs " attendent encore. Dans ce dossier, la méthode Royal a pourtant joué à plein. Une loi autorise en 2010 les collectivités à se lancer dans des activités industrielles, via des " sociétés publiques locales " (SPL) ? Pas d'hésitation : la socialiste s'empare de ce statut juridique tout neuf. Châtellerault est une ville de droite ? Peu importe : elle associe au projet le député-maire Nouveau Centre, Jean-Pierre Abelin. La région rachètera le site de New Fabris, et la communauté d'agglomération, une autre usine voisine. Ensemble, elles y installeront leur SPL, la " Nouvelle Fabrique écologique ". [Flamboyant!] Il faut y attirer des entreprises privées ? Pas de problème : trois mois après la fermeture de New Fabris, la présidente du Conseil régional annonce une première prise, le producteur d'énergie Solaire Direct, qui promet 11 millions d'euros d'investissement et 140 emplois. Solaire Direct sera suivi par Eco & Mobilité, un producteur − poitevin − de véhicules électriques. Deux beaux symboles pour la " présidente des solutions ".
Un site 'écologique' trop pollué pour être exploité Petit problème : la région a racheté le site New Fabris, pour 850 000 euros, sans exiger au préalable sa dépollution. Impossible, pour l'instant, d'y installer la Nouvelle Fabrique écologique (!). " Dépolluer prendra au moins un an ", estime un bon connaisseur du dossier.
La fine équipe Royal est-elle allée trop vite ?
Jean-François Macaire, le vice-président du Conseil régional, préfère relativiser les difficultés : " Nous pensions dépolluer progressivement, mais à cause du refus des autorités, nous n'avons pas pu échapper à la dépollution totale [...]. Ce qui est intéressant, c'est le symbole : on va remplacer une vieille industrie finissante par une éco-industrie émergente. "
La communauté d'agglomération, elle, sera bientôt prête à exploiter son site. Et à se lancer avant la région. " Ce ne seront pas forcément des activités vertes, prévient-on désormais au cabinet du maire de Châtellerault. Si elles sont créatrices d'emplois et pas trop polluantes, ça nous ira. " Que reste-t-il de la 'flambiyante' Nouvelle Fabrique écologique ?
Les partenaires privés s'interrogent Le retard pris par la région fait chanceler le projet. Eco & Mobilité, de guerre lasse, est partie s'installer à l'autre bout de la Vienne, à Mazerolles. Un déménagement provisoire, assure la région. " Notre métier n'est pas de déménager ", expliquait pourtant en juillet le PDG, embarrassé, dans le quotidien local La Nouvelle République. Fin septembre, la société a été placée en redressement judiciaire.
Solaire Direct, à son tour, lâche le projet
Pas à cause du retard pris par la région, mais à cause de l'Etat, assure son PDG Thierry Lepercq. En décembre 2010, le gouvernement a suspendu pour trois mois le rachat d'énergie solaire par EDF et, depuis, « la filière connaît un certain trouble ». Le patron de Solaire Direct le promet : c'est un retrait provisoire, et il n'a pas renoncé à s'implanter à Châtellerault.
Les anciens de New Fabris, eux, continuent à souffrir
" On est trop vieux, on est bon à rien ", s'insurge Dominique Duval, ancien délégué FO, qui coordonne un Réseau de solidarité des privés d'emploi : sur ses 80 membres, dix seulement auraient retrouvé un emploi durable.
Dominique Duval rit jaune : " Merci à Pôle Emploi, merci à M. Estrosi [ministre de l'Industrie lors de la fermeture, ndlr], merci à M. Abelin... " Et madame Royal ? Dominique Duval se félicite, en revanche : " Le Conseil régional a toujours été à notre écoute. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour rapporter des emplois à Châtellerault, mais ils ne peuvent pas faire plus que les autres. " Bilan de cette écoute ?
Il est imprudent de se faire passer à la fois pour la " présidente des solutions " et pour celle des résultats.
De nos jours, on sait ce qui se passe réellement dans les provinces...L'esbroufe locale finit par se savoir à Paris.
Pourtant, Madame Royal s'envole vers d'autres cieux Elle prend la fuite en organisant maintenant son propre déménagement
Le PS - qui ne pourra pas dire qu'il ne savait pas - permet à la coquecigrue du marais poitevin de faire ses paquets pour aller sévir au perchoir de l'Assemblée nationale ! Qui va désormais rouler les travailleurs de New Fabris dans la farine ?
Elle trace son sillon, telle la « paysanne » Merkel de Mélenchon
Spectacle de la Cartoucherie, Ariane Mnouchkine
Elle avait disparu des écrans radar; elle réapparaît sur la TNT Consciente d'avoir saturé les media nationaux, la femme blessée était allée lécher ses plaies loin des regards. Marie-sEGOlène s'était recentrée sur la sauvegarde de son unique mandat en s'impliquant dans les régionales. Mais la quinqua ne craint rien tant que la retraite à soixante ans: elle aura 59 ans en 2012... Travailler encore à 64 ans en 2017 n'est pas un obstacle !
Ainsi donc, Sa Cynique Majesté Royal n'a pas encore arboré son sourire attrape-tout que déjà la presse nous la recommande dimanche sur France 5. On nous dit que parce que celle qu'on désigne charitablement comme l'ex-candidate PS à la présidentielle est passée en mode veille, la candidate battue de la gauche est apaisée. Mais celle qui nous avait pourtant assuré "J'ai cicatrisé ma blessure", dans Paris Match en septembre 2007, en 2008 s'en prend à son vainqueur, en toute objectivité, assurant qu' « il est là, les bras ballants ». Et encore un an plus tard, celle qui n'a pas non plus jonché le congrès de Reims de pétales de rose, accuse de vol Martine Aubry. Si elle a cicatrisé sa blessure, sa blessure n'a pas cicatrisé.
On nous dit aussi que parce que la candidate battue en 2007 est au plus bas des sondages, celle qui n'est plus que présidente de région aurait appris ce qu'est sa juste valeur.
=> Aussitôt réélue, la tempête Xynthia, colère céleste et dépression météorologique, a balayé la région dans la nuit du 27 au 28 février 2010 et une partie de la journée du 28. Le 1er mars, le président de la République Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo et le secrétaire d'état aux transports Dominique Bussereau se rendirent en Charente-Maritime et en Vendée. Alors la laborantine du marais poitevin se rebella contre ce châtiment divin: 12 victimes dans le département de la Charente-Maritime, en Poitou-Charentes, ne pouvaient laisser indifférente leur compassionnelle mais néamoins populiste présidente de région. La meilleure défense étant l'attaque, elle mouilla donc son chemisier dans la défense des victimes de la tempête Xynthia qui avait durement frappé ceux qui avaient bafoué les règles élémentaires de prudence en zone inondable et la réglementation. La demande de permis de construire est déposée en mairie et le dossier est examiné par le service d'urbanisme de la commune ou par les services préfectoraux. - =>Dans l'affaire Heuliez, l'efficacité de son action médiatique trouva encore sa juste récompense. Elle tempêta en défilant avec les salariés et en accusant les pouvoirs publics. Tant et si bien qu'elle fit fuir les repreneurs potentiels. Son bilan ? Le vendredi 21 mai 2010, le tribunal de commerce de Niort a validé la demande de reconnaissance de cessation de paiement de la société Heuliez New World. Lors des élections régionales en Poitou-Charentes, la présidente socialiste sortante avait eu le front de soutenir, à Poitiers face à son concurrent, qu'une «grande entreprise mutualiste de Niort» anonyme avait l'«intention d'entrer au capital d'Heuliez». Interrogée à la sortie du débat, l'élue n'avait pas souhaité dévoiler le nom de l'entreprise mutualiste concernée. Elle a disparu sans laisser de traces...
«Depuis que la région a décidé d'entrer dans le capital d'Heuliez, j'ai toujours dit qu'il faudrait élargir le pacte d'actionnaires», avait-elle simplement ajouté. Des 5 millions promis par la région, on ne sait pas à quoi ils ont été employés et si même ils ont été versés ! Sur les quatre repreneurs annoncés, il n'est pas certain que seulement deux seraient encore en lice. D’un côté, le fonds d’investissements asiatique Delamore and Owl Group Company prêt à investir 25 millions d’euros et à reprendre la société dans sa globalité. De l’autre, une association d’investisseurs franco-allemande qui veut éclater la société sans précisions supplémentaires.
Ce qu'on sait pour sûr, c'est seulement qu'Emile Brégeon, délégué CFDT d’Heuliez, et Guy Eyermann, délégué CGT de New Fabris, se sont compromis sur la liste de la sortante pour les élections Régionales... "Je tiens à remercier Madame Royal d’avoir permis à un ouvrier comme moi d’être sur sa liste", a expliqué Eyermann. Les travailleurs doivent-ils les remercier ?
On nous dit enfin que
parce que l'amère de Melle nous a donné un peu de repos à tous, ses rapports avec Martine Aubry seraient les meilleurs du monde. L'éternel candidate battue ne se rendra pourtant pas samedi à la convention nationale socialiste sur le nouveau modèle de développement. Selon son porte-parole, par la poste et par courtoisie, le phare socialiste du marais poitevin a envoyé une contribution "à la lumière de son action en Poitou-Charentes sur la sociale-écologie". Tant que le phare d'Alexandrie à l'échelle picto-charentaise (en ruine depuis le 14e siècle) reste en marge du PS, ses rapports avec la première secrétaire Martine Aubry sont "complètement normalisés". Elle a cependant rencontré son ex-rivale en avril et en catimini, puis la semaine dernière, mais la presse politique n'en a rien laissé filtrer, sauf que "c'est l'entente cordiale". Deux monstres socialistes qui se donnent rendez-vous dans Paris sans qu'on n'en sache rien, est-ce pensable ? Les media dévots ont dû pratiquer l'auto-censure militante qu'inspire le respect de la déontologie professionnelle et des lecteurs. Elles auraient compris leur intérêt à ne "pas s'agresser" et les 'décrypteurs' vertueux auraient acquiescé...
Ses conseillers en marketing tentent de faire remonter le désir
Celle qui promet "aujourd'hui", de n'être plus candidate à la présidence de la République, bien qu'elle ait "la légitimité"que confère un première tentative déçue, ne devrait pas dévoiler davantage ses intentions. M. Garot laisse entendre qu'après avoir pris six points dans la vue en 2007 elle n'est "pas dans l'obsession présidentielle". Et pourtant, si "elle est complètement immergée dans la réflexion local/global', « elle veut [aussi] travailler sur le fond, continue à tracer son sillon", assure son entourage.
Alors, la revoilà ! Dimanche, la présidente de Poitou-Charentes doit "expliciter certaines positions, sur les retraites et le plan de rigueur, d'austérité que prépare le gouvernement", a expliqué son porte-parole, Guillaume Garot, député-maire de Laval.
Son service de presse maintient le lien par communiqués réguliers sur les retraites, le Grenelle 2, ou sur le voile intégral. Son dernier long entretien sur une télévision nationale remonte au 25 mars avec "A vous de juger" sur France 2. Malgré un record de bourdes dans sa précédente campagne, cette lumière préfère "s'exprimer sur des sujets de fond, apporter son éclairage fondé sur son action d'élue de terrain et son analyse de la situation économique et internationale", raconte Garot.
Son cas n'est pourtant pas net
Selon un sondage IFOP pour Paris Match, la picto-charentaise aurait gagné six points à 15% en dormant: elle ravirait ainsi la deuxième place à Mme Aubry derrière DSK, des rivaux PS pour 2012.
E n revanche, selon le récent palmarès Ipsos-Le Point des personnalités politiques, la battue de 2007 ne recueille plus que 50% (-10 points) d'avis favorables chez les sympathisants socialistes et 32% (-5 points) sur l'ensemble.Lire PaSiDupes sur la haute opinion qu'elle a des sondages Le plaisir solitaire de la politique
Fidèle à sa démocratie participative en vase clos, elle a récemment lancé sur le site de son associationune "consultation populaire" sur mesure, à propos des retraites et de la fiscalité. Repère d'inconditionnels, cette association peine à jouir d'une audience critique et constructive: fondés sur le principe du clonage, ce ne sont que des répliques à l'infini des désirs de l'animatrice, une dérive totalitaire de l'idée de parti.
=>Vice-présidente de l'Internationale socialiste par la grâce de Titine Aubry (qui pensait se sentir mieux en la sachant loin), l'éternelle aspirante à l'Elysée se délocalisera à New York en juin pour la tenue du Conseil. Une boîte à savon pour s'exprimer sur la crise financière, la mondialisation et les outils de régulation.
=>Contrainte à faire de la politique autrement, le 4 juillet, aux frais de Sa Région, l'asociale instrumentalisera le malheur des autres en faisant la fête: elle organisera un apéro géant "champêtre et solidaire du littoral durement touché par la tempête", à Rochefort: tenue de deuil de rigueur ? La journée aura commencé dans la joie et la bonne humeur: sa 10e "université populaire participative" portera sur la "crise et l'accélération du temps", avec le philosophe Paul Virilio. Ses co-listiers, Emile Brégeon, délégué CFDT d’Heuliez, et Guy Eyermann, délégué CGT de New Fabris, sont-ils de la fête ? Au programme également, une AG de son association qui revendique quelque 10.000 adhérents (combien, selon la police: trois fois moins ?), lesquels seront invités à cracher au bassinet: le multi-milliardaire Pierre Bergé ne veut plus contribuer; les plus défavorisés vont devoir financer la lutte des pauvres contre les riches...
=> Autre opération de financement, sa troisième "Fête de la Fraternité" aura lieu à la Cartoucherie de Vincennes les 11 et 12 septembre, "grâce à Ariane Mnouchkine". Traduire: "offert", et non pas par la metteuse en scène, mais par tous les Français, qu'ils le veuillent ou non, puisque son Théatre du Soleil est subventionné par le ministère de la Culture et les contribuables !
=> => Enfin, Madame prépare un Dictionnaire Royal de la politique.
Les portes de l'Académie française s'ouvriront-elles sur la 'bravitude' ?
Estrosi doit rassurer les repreneurs qu'elle dissuade
Sa direction tire vers le fossé
Royal fait capoter la voiture électrique
Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a observé jeudi la présidente de région, Désirdavenir Royal, de "faire peur" au lieu de rassurer les investisseurs éventuellement intéressés par l'équipementier automobile Heuliez, dans un entretien à Radio Classique. "Mme Royal est en train de faire peur et d'inquiéter", a déclaré M. Estrosi, répondant à des attaques dont il avait été lui-même la cible peu auparavant de la part de la présidente PS de Poitou-Charentes.
Heuliez "n'est pas une entreprise publique », rappelle Estrosi
« Que le ministère de l'Industrie se soit autant mobilisé - avec l'ensemble du gouvernement, sur ce dossier - on n'a pas toujours vu ça par le passé », a souligné Christian Estrosi. Lire PaSiDupes "Je dis à Mme Royal : prenez de la hauteur. Soyez une responsable d'une présidence de région qui soit digne de ce nom, qui démontre que les 5 millions d'euros qu'elle a promis sont bien au rendez-vous, en même temps que les 10 millions d'euros de l'Etat, et qu'ensemble nous apportions une attitude rassurante à un certain nombre d'industriels et d'investisseurs potentiels", a-t-il dit. Peu auparavant, Sa Cynique Majesté Royal avait mené une campagne de dénigrement partout où on a accepté de la recevoir. Comme à son habitude, elle s'est dédouanée de toute responsabilité. Elle a accusé le ministère de l'Industrie de "se moquer des salariés d'Heuliez", sur RMC et BFM TV.
Le ministre n'accepte pas plus que le PS de la subir
Mme Royal "n'a cessé de tricher, de mentir, sur ce dossier", lui a rétorqué Christian Estrosi. "Moi je n'ai jamais rien promis. Le problème c'est qu'elle, elle a promis, (...) c'est que Mme Royal s'est promenée bras dessus, bras dessous dans des assemblées générales avec (l'ex-repreneur potentiel Louis) Petiet, qui n'a jamais apporté un million d'euros à Heuliez", a-t-il fait observer. Lire PaSiDupes sur les fanfaronnades de l'amère de Melle.
Avec respect La présidente de région continue à se pavaner, faire illusion et accuser l'autre.
Désirdavenir Royal n'a pas présenté ses condoléances
Ils étaient bien seuls les 150 ex-salariés présents à "l'enterrement de leur outil de travail".
L'équipementier automobile New Fabris a mis fin à ses jours, lors de la vente aux enchères du stock, à Châtellerault, en Poitou-Charentes. Dans le vaste atelier de l'usine et dans le froid, environ 400 personnes, des ex-salariés, acheteurs professionnels ou curieux, circulaient au milieu des lots en attendant le début de la vente publique. Des industriels de toute la France et même d'Allemagne lorgnaient les 1.101 numéros ont été classés, de la chaise de bureau au petit outillage jusqu'aux machines-outils et centres d'usinage pour pièces automobiles. Quand le commissaire priseur demanda le silence et lança la première enchère, il fut interrompu par Dominique Duval, ex-syndicaliste FO. "Nous demandons la vente du lot pour un euro symbolique par salarié, soit au total 366 euros. C'est notre travail, notre sueur que vous vendez", hurla-t-il, applaudi pour se baroud d'honneur dérisoire qui conclut une lutte syndicale surtout destinée à faire monter les enchères des indemnités de licenciements et autres avantages compensatoires (photo ci-dessous).
Les ex-ouvriers, visages fermés, assistent en retrait à la dispersion de leur ancien outil de travail. "Le 31 juillet, c'était la mort de New Fabris, aujourd'hui, c'est l'enterrement. C'est un crève-coeur de voir ce gâchis", lâche Christine, agent de production, 34 ans de maison. Les lots partent sans difficulté. "J'ai réalisé une bonne affaire. J'ai obtenu pour 800 euros du petit matériel qui vaut cinq à six fois plus", avoue un patron d' entreprise de mécanique de précision.
"C'est l'enterrement de New Fabris.Certains commencent aujourd'hui leur deuil", déplore Guy Eyermann, ex-délégué syndical CGT. "Moi, il y a longtemps que je l'ai fait", dit Jean-Claude Vannier, 45 ans, "écoeuré par autant de gâchis". L'argent récolté, "entre 500.000 et un million d'euros », a estimé avant la vente le commissaire priseur, ira au liquidateur judiciaire pour payer les créanciers.
Rappel des luttes syndicales
Cet été, les 366 salariés de l'entreprise, placée en liquidation judiciaire, avaient menacé de faire sauter l'usine avec des bonbonnes de gaz s'ils n'obtenaient pas une prime de 30.000 euros chacun. Fin juillet, ils acceptaient 12.000 euros. Aujourd'hui, une trentaine seulement a retrouvé un travail, les autres sont en formation ou au chômage, selon les syndicats.
La présidente de la région Poitou-Charentes ne s'est plus déplacée: des photos seraient préjudiciables à sa carrière. Imaginez si elles se rendrait dans le 9.3...Mercredi, les ex-salariés devront aller à elle, retranchée dans son palais, sans désabusés. Le Conseil régional fait croire qu'il serait intéressé "par le rachat du bâtiment pour maintenir la vocation industrielle du site, chargé de mémoire". Avant les régionales, la vague promesse d'un musée dédié aux luttes syndicales et àl'amère la « mère » des New Fabris. VOIR et ENTENDRE
La présidente habillée aux frais de son Conseil Régional Ni fleurs, ni couronnes, aujourd'hui
6 juillet 2009, 14h30 : des syndicalistes de New Fabris avaient pris le contrôle de la salle Jean Monnet où se déroulaient les séances du Conseil régional Poitou-Charentes. Syndicalistes remontés, revendicatifs, mécontentement exacerbé, banderoles criardes. Dans un climat insurrectionnel, Sa Cynique Majesté Royal se résolut à céder la parole aux représentants syndicaux et leur promit le soutien de leurs revendications.Ils savent depuis ce que valent ses promesses, il est vrai arrachées sous la pression.
Les sacrifiés de Fabris sous protection Royal
Quels sont les effets bénéfiques de la propagande de l'époque: « La maison Poitou-Charentes appartient à tous, y compris aux salariés de New Fabris... Ségolène Royal fit preuve d'une grande générosité en permettant à ces sacrifiés économiques de témoigner devant le plus haut représentant de l'État en Région, qui ne cesse de faire des allers et venues avec l'Elysée. »Rien de moins ! Mais rien de plus... Paroles, paroles.Et récupération politicienne .
François Bayrou avait proposé un «arc central» pour l'alternance
Se posant en Chaban-Delmas du XXIe siècle,si ce n'est en Charles de Gaulle, le patron autocratique du Modem a déclaré dans son entretien au Figaro du 4/12/2009: « pour moi, des gaullistes aux socialistesouverts, en passant par les écologistes, il n'y a aucune exclusive. Je ne vois pas dans ces courants des adversaires : j'y vois des concitoyens qui ont les mêmes inquiétudes que les nôtres, et je suis sûr qu'un jour ils peuvent devenir partenaires. Chaque fois que le général de Gaulle a assumé la charge de rebâtir le pays à partir des fondations, il a réuni les grands courants démocratiques du pays. » Le Béarnais fait facilement don de sa personne, puisqu'il a donné les voix du MoDem à la maire de Lille pour la maintenir au beffroi mais brame aussi bien du côté de sa rivale, l'amère Royal. «Pas de limite au dialogue », assure ce platonicien.
Bayrou a-t-il des cordes à son arc 'central' ? « Quand j'écoute attentivement les responsables de ce grand «arc central» que j'appelle de mes vœux, je ne vois rien dans les valeurs fondamentales qui les séparent irrémédiablement. Socialistes ou Verts, écologistes, droite sociale, républicains, tous quand on parle avec eux sont préoccupés par l'endettement du pays, tous ont le souci de la question sociale et environnementale. Tous veulent une économie vivante, une démocratie restaurée.» C'est que tous ne veulent pas de lui Il le dit lui-même: « il y a des nuances plus que des divergences et quand il y aura des divergences, c'est le pays qui les tranchera au premier tour des grandes élections. » Ainsi, ce responsable politique est la nuance qui fait obstacle. D'ailleurs, le patron du MoDem ne fait la loi qu'à l'intérieur de son parti-peau de chagrin, mais ne se sentirait pas capable de trancher, en cas de divergences avec ses alliées de circonstance, après mars prochain...
La « flèche » Royal d'un arc débandé détendu
La présidente de région en sursis profite de l'opportunité du congrès du MoDem à Arras ce week-end pour saisir l'organe du MoDem.
Elle garantit qu'une alliance de premier tour aux Régionales assurerait «cinq places éligibles» en Poitou-Charentes. Mais elle compte bien rester le maître-archer de «l'arc central». Sa Cynique Majesté Royal n'aurait rien à perdre, tout à y gagner. «Il a raison, il faut faire cet arc central», insiste la fine mouche. « Pourquoi attendre les prochaines élections ? », a-t-elle piaffé.
L'agitée du marais poitevin a enduit sa flèche de miel La mielleuse souligne en effet que «cinq places permettront de pouvoir constituer un groupe à la région». « Permettre », d'une part, et « pouvoir », de l'autre, en français, ça fait même une double couche … « Permettre de constituer un groupe à la région » n'aurait donc pas suffi ?
La présidence de Poitou-Charentes vaut bien une messe
La responsable régionale, qui a indiqué avoir fait cette proposition d'alliance au MoDem local, dit espérer que «le Modem central donnera son aval à cette innovation politique», pourtant déjà vue pour conserver la mairie à Martine Aubry... Mais la sortante n'a d'yeux que pour son fauteuil.
Un projet qui tient en quatre mots ne peut diviser
Elle assure que le projet du MoDem aux régionales a des «points communs» avec le sien (et non l'inverse ! Mais lesquels ? Ce ne serait pourtant pas long à nous expliquer...) : « éducation, valeurs, développement durable, identité », a-t-elle simplement listé. Ce projet brossé en quatre coup de pinceau est en tout état de cause plus riche, mais moins rassembleur que celui de Bayrou qui déclare: «Le premier enjeu, au-delà des régionales, c'est le projet, avec deux mots clés «humanisme » et «réformisme»...
Nouvelle sérénade sous le balcon en perspective
L'ancienne candidate à l'Elysée s'est par ailleurs dite «prête à rencontrer le président François Bayrou», comme à l'entre-deux tours de la Présidentielle, quand Bayrou ne lui avait pas donné son digicode. Les Français ne ont pareillement refusé de lui signer un chèque en blanc.
Elle insiste pour faire de sa région « un laboratoire du rassemblement, des altermondialistes au MoDem ». Que ne l'a-t-elle pas fait plus tôt ? Et comment Bayrou réussira à lui fourguer les gaullistes qu'il ne s'est pas encore ralliés, l'avenir le dira...
Tous ensemble, tous ensemble, non, non !
«Il faut se rassembler, j'ai fait cette proposition aux partenaires de gauche, aux communistes, à un certain nombre de Verts, à la société civile», a poursuivi la présidente et candidate, dans son escalade. Elle en est à grimper aux murs.
La présidente sortante a indiqué qu'il y aurait un ouvrier de Fabris, équipementier automobile de Châtellerault «en place éligible dans la Vienne». Pour faire du gadget social un symbole fort, proposons que l'élu du fond soit d'origine maghrébine.
Mais «Le compte n'y est pas» !
Cinq places : «C'est tout ?»
Interrogé, François Bayrou n'a pas voulu réagir dans l'immédiat sur les propos de la présidente de Poitou-Charentes.
«C'est tout ?», a en revanche déclaré un autre responsable du MoDem, Jean-Luc Bennahmias de Marseille.
Sa Cynique Majesté Royal devra revoir sa copie, sinon, Bayrou fera l'aveu de la faiblesse du MoDem.
Des syndicats qui poussent à bout, dans le privé et le public Le problème du suicide en entreprise se pose-t-il avec la même acuité dans les pays européens qu'en France ? En France, le taux de suicide est de 16,2 pour 100 000 habitants. Parmi les pays de l'OCDE, les taux de suicide sont les plus forts au Japon et en France (de 15 à 20 pour 100 000) et les plus faibles en Italie, Grande-Bretagne et aux États-Unis. En Suède, on se suicide 30% moins qu'en France. La situation sociale du travailleur (isolement, solitude, chômage) appartient aux facteurs secondaires sur lesquels on peut faiblement agir, et qui n'ont en soi qu'une faible valeur prédictive, sauf associés à des facteurs primaires, lesquels sont les antécédents personnels (tentatives de suicide précédentes, troubles de l'humeur), les antécédents familiaux (si des proches se sont suicidés, cela peut prendre une valeur d'« exemple ») et les troubles psychiatriques avérés (schizophrénie, toxicomanie, alcoolisme, etc.). L'incitation au suicide par l'exempleest singulièrement notable parmi les adolescents et les détenus.Mais il apparaît que le monde de l'entreprise est exposé au même phénomène. L'exemple est un des facteurs sur lesquels on peut agir et l'apparition de cas a une valeur d'« alerte ». Or, les pouvoirs publics se mobilisent, mais les syndicats s'en émeuvent-ils ou s'en servent-ils comme moyen de lutte ?
Les catégories sociales exposées
La propagande qui se développe avec la rentrée sociale ignore souverainement, mais intentionnellement les facteurs primaires, tels le divorce ou l'alcoolisme, et se focalise cyniquement sur les problèmes professionnels, comme s'ils étaient seuls en cause. Dans les restructurations de filières à l'échelon national ou international, les groupes ne prennent pas suffisamment l'avenir de salariés en considération. Face aux restructurations, les délocalisations et les licenciements se multiplient. Or, les syndicats n'ont pas intégré l'idée que leur rôle de soutien ne consiste pas uniquement à obtenir les indemnités les plus avantageuses, mais assurer un soutien psychologique. La dramatisation des conflits conduit aussi bien à la tragédie. Le jusqu'au-boutisme est à double tranchant.
Agir pour prévenir le suicide n'est pas entré dans la culture des syndicats. Après une tentative, il est essentiel de permettre une prise en charge adaptée et d'assurer un suivi pour aider à la reprise du travail. La société exige d'un professeur qu'il soit un fin psychologue sans formation, mais n'a pas ce type de revendication à l'égard des délégués syndicaux.
Les suicides de détenus sont sortis de l'actualité
La presse en mal de copie se penche sur leur cas en période estivale, quand l'actualité tourne au ralenti et que ce sujet classique peut satisfaire les stagiaires inoccupés. Chaque jour, 3 tentatives de suicide ont lieu en prison (donc 90 tentatives par mois), et 3 débuts de grève de la faim par jour. On compte un passage à l'acte tous les trois jours. Depuis les années 80, le nombre de suicides survenus en détention a considérablement augmenté, passant de 39 en 1980 à plus de 100 par an de façon régulière, en 20 ans, selon un rapport de 2003. Or, les organisations syndicales dénoncent les silences de l'Administration Pénitentiaire, mais en quoi participent-elles à la prévention des suicides de détenus ?
Les suicides d'adolescents n'intéressent plus.
Ils constituent, juste derrière les accidents de la route, la deuxième cause de mortalité chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans. (lien ), avec 1 000 décès par an. Selon une étude de l’INSERM, 8% des filles et 5% des garçons font une tentative de suicide à l’adolescence. On compte environ un décès pour 80 tentatives. Le facteur déclenchant ( une dispute, une mauvaise note, etc.) ne doit jamais être interprété comme la raison même de l’acte. Il n’est que le minuscule sommet d’un arbre qui a pris racine depuis bien longtemps.
Le suicide d'enseignant n'a jamais retenu l'attention
Leur déprime est chronique et sa suite logique, le suicide, dans l'ordre des choses. Si, avec les vacances qu'ils ont, ils mettent fin à leurs jours, c'est qu'ils sont inadaptés, dit-on. Serait-ce de l'eugénisme ?... Les enseignants, en particulier les instituteurs, paraissent «fragilisés par de mauvaises conditions de travail et des relations conflictuelles avec les publics qu'ils rencontrent, malgré un niveau de diplômes élevé»: 39 pour 100 000. (source L'Express, 2003 )
L'instrumentalisation des suicides en entreprise Conflits sociaux et relation au travail sont souvent cités dans les facteurs de risque de la crise suicidaire. L'actualité a récemment mis en lumière de nouvelles tragédies sociales qui commencent par la faillite d’une société, son rachat par un groupe en quête de redressement, le licenciement des 2/3 de ses salariés, leur révolte qu'ils expriment dans la multiplication d'actes de violence en tout genre avant de la retourner contre eux-mêmes. Les stratégies économiques de crise font peu cas du facteur humain, entraînant des drames en cascade qui se soldent par des dépressions, des tentatives de suicide ou des suicides avérés... (source
Le délit de provocation au suicide est-il à jour ?
Jean Améry (de son vrai nom Hans Mayer) publie un livre, en 1976, sur le suicide où il défend la thèse selon laquelle le suicide représente l'ultime liberté de l'humanité. Il se suicide deux ans plus tard. À la suite de la publication du livre co-écrit par Yves le Bonniec et le communiste libertaire, Claude Guillon (1952), Suicide, mode d'emploi, a été créé en 1987, le délit de « provocation au suicide » (art. 223-13 à 223-15-1 du Code pénal), ayant pour conséquence l'interdiction de publication de l'ouvrage.
Le suicide comme moyen de pression syndicale
Au cours de ces dernières années, à mesure que les syndicats ont perdu de leur repésentativité, les conflits sociaux se sont radicalisés. La séquestration du patron de Sony France par les salariés de l'usine de Pontonx-sur-l'Adour n'est qu'exemple de plus.
En Juillet 2000, la fermeture de l'usine Cellatex à Givet (Ardennes) inaugure le retour des conflits sociaux violents. Les ouvriers, désespérés par leur licenciement collectif, avaient menacé de faire sauter leur usine et de déverser de l'acide dans la rivière voisine.
Les salariés de l'usine Daewoo coréenne de Mont Saint-Martin (Meurthe et Moselle) dans l'ancien bassin sidérurgique de Longwy, ont eux aussi recours à la menace à la pollution en 2002 pour lutter contre le dépôt de bilan de leur entreprise. Implantée grâce à des aides publiques, l'entreprise sud- coréeenne dépose le bilan en 2002. Les salariés ont menacé de déverser dans la Chiers des produits chimiques tels qu'acide chlorhydrique ou acide fluorhydrique. A cette menace s'est ajoutée une séquestration de dirigeants.
A Toul, une dizaine de salariés de Michelin décidèrent en février 2008 de prendre en otage deux cadres de la direction.
->Les responsables syndicaux nationaux, qui naviguentr entre la compréhension des salariés et une certaine retenue, ne manquent pas de souligner le caractère non radical de ces actions, à l'image de Bernard Thibault (CGT) qui a parlé "d'épiphénomène" et estimé que les salariés savent qu'il n'est pas dans leur intérêt d'avoir recours "à des formes d'actions qui leur seraient préjudiciables". Ce n'est pas l'avis du « rapace » Besancenot, porte-parole politique du NPA, qui effectue des raids sur le terrain syndical, avec l'appui de SUD.
-> Pour Jérôme Pélisse, sociologue et maître de conférences à l’Université de Reims, cette radicalité témoigne du vide du dialogue social en France. « Ce n’est pas tant une radicalisation à laquelle on assiste qu'à une mise en scène de la radicalité à destination des médias. Les séquestrations en mars avril, et maintenant les menaces d’explosion de l’outil de production, par Nortel et New Fabris par exemple, ce sont deux séquences spectaculaires, organisées par les salariés et les syndicats qui les représentent pour faire bouger les lignes quand les négociations sont bloquées. »
Les organisations syndicales sont coupées de la base Jérôme Pélisse souligne que « les confédérations sont mal à l’aise face à cette montée de la radicalité pour les primes. Elles n’ont pas la mainmise sur ce qui se passe au niveau local dans les usines, même si les syndicalistes et secrétaires de comités d’entreprises sont parties prenantes dans ces conflits. » Cette coupure des syndicats est-elle assimilable à celle des grands patrons des multinationales ?
Le suicide a été utilisé dans l’histoire comme un acte politique d’opposition et de contestations Mais a-t-on jamais vu un dirigeant du MEDEF ou de la CGT, de FO ou de SUD se suicider? Pourquoi les militants sont-ils plus exposés, si ce n'est qu'ils sont instrumentalisés?Sur le terrain des luttes sociales, ils ne sont pas soutenus, mais poussés à bout par les délégués syndicaux. Ils refusent le dialogue et se voient persuadés que le salut est dans le conflit. La radicalisation des mouvements syndicaux fait son lit sur l'anxiété des salariés entretenue par le contexte actuel de crise économique internationale. Ainsi a-t-on vu des salariés brandir la menace de pollution de rivières et de nappes phréatiques par des polluants chimiques et d'autres placer des bombonnes de gaz sur le toit de leur usine. Lorsque des responsables syndicats et politiques -telle Sa Cynique Mjesté Royal- déclarent condamner ces actions mais les comprendre, quand ils ne les justifient pas, l'étape suivante dans la désespérance n'est-elle pas le suicide?
-> Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a dit "comprendre" la réaction des salariés de Molex et d'autres entreprises, qui "font pression y compris en utilisant la médiatisation", c'est-à-dire le chantage et la violence. C'était sur France-2, alors que la situation était toujours explosive à l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne). "Chez Molex comme dans les autres entreprises ...nous soutenons les salariés (...), ils sont à bout", a déclaré le responsable de FO, sans évaluer le risque mortel.
->En juillet 2009, les salariés de l'équipementier automobile New Fabris menaçaient de faire sauter leur usine s'ils n'obtenaient pas une prime de 30.000 euros. Dominique Duval, représentant de Force Ouvrière, prévient: "S'il faut donner l'exemple en France, on donnera l'exemple. On nous pousse à bout. Depuis mercredi dernier, on n'a aucune nouvelle ! Il faut arrêter de nous prendre pour des moutons de Panurge." Lors de la manifestation de Chatellerault, les manifestants ont reçu le soutien de quelques personnalités de gauche, dont l'ex-premier ministre Edith Cresson. Le 6 juillet, au Conseil Régional, la présidente de Poitou-Charentes exacerba les tensions :"Nous, nous ne nous tairons pas et les salariés ont raison de ne pas se taire !" A la mi-juillet, les New Fabris mettait le feu à une machine à commande numérique qui servait à fabriquer des pièces pour Renault. C'est la neuvième machine de l'usine de Châtellerault (Vienne) détruite depuis le début du conflit social et la liquidation, le 16 juin... Après l'outil de travail, l'opérateur, si les politiques et les syndicats n'y prennent garde.
->La candidate socialiste à la Présidentielle a une "responsabilité particulière". Elle a plaidé en faveur de l'indulgence contre les auteurs du saccage mardi de la préfecture de Compiègne et d'une partie de l'usine de pneumatiques Continental à Clairoix. "La violence ne résoud rien, mais en même temps (...) je ne confonds pas les voyous et les casseurs avec des salariés parce qu'ils sont d'abord maltraités, ensuite parce qu'ils ont peur de perdre leurs emplois, et basculer dans la pauvreté, voire dans la misère", a déclaré la tragédienne sur RTL.
->Jugement de la CFDT François Chérèque après une réunion des partenaires sociaux à l'Elysée, enfonce des portes ouvertes: "Notre objectif de syndicalistes, c'est d'éviter au maximum ce type d'affrontement. Mais dans toutes les entreprises où ça arrive, il y a eu un manque de dialogue". Mais le secrétaire général de la CFDT peut aussi se montrer plus perspicace."On en parle beaucoup trop" "Il n'est pas bon que les responsables politiques fassent des polémiques sur ces sujets-là". La démagogue picto-charentaise aura-t-elle reçu le message ?
Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a réagi en accusant Bernard Thibault d'avoir marqué "un but contre son camp". Selon lui, "en justifiant les séquestrations, et en légitimant des méthodes méprisant la personne humaine, M. Thibault donne vraiment une piètre image du syndicalisme, alors même qu'il dénonce, à juste titre, en période de crise, certaines pratiques irrespectueuses du droit de la part de certaines entreprises".
France Télécom est l'entreprise actuellement ciblée par le chantage au suicide
Tout en se faisant les chantres du dialogue social, après les séquestrations et les menaces de pollution ou d'explosion, l'opposition vertueuse continue son escalade du chantage. Créé en 2007, l’Observatoire du stress s’inquiète des conditions de travail àFrance Télécom où l’on recense 17 suicides ou tentatives depuis quinze mois. Frédéric Sahut, le délégué du personnel CGT, explique que, contraint à un changement de poste à … France Télécom, il s'est plié à une formation intense pour intégrer le … Centre client Orange (CCOR), service ...privilège. Un immense bouleversement. « C'était comme si j'apprenais un nouveau métier avec les bases de l'ancien. Le changement de méthode de travail a été radical. L'objectif, louable au départ, était de mieux servir le client, mais la complexité du système a compliqué la nôtre et, forcément, le résultat n'a pas été celui escompté », explique-t-il, pour tenter de faire compatire le lecteur de Sud-Ouest. Du fait de l'incitation par l'exemple et suite à la vague de suicides de salariés à France Télécom, le PDG du groupe et le ministre du Travail ont recherché le 15 septembre des solutions pour enrayer le phénomène. « La première urgence est d'arriver » à arrêter la « contagion », a déclaré Didier Lombard, PDG de France Télécom, après cette rencontre avec Xavier Darcos. Et les syndicats ? Ils s'indignent et dénoncent en attendant la prochaine victime.
« L'État se contente de déclarations incantatoires mais ne préconise aucune mesure concrète », accuse FO? Pierre Dubois (CFDT) se dit « déçu » : « On se demande ce qui changera si on ne s'attaque pas aux réorganisations. » « Le PDG est encore loin de percevoir le mal-être », prétendent les radicaux de SUD. « Les mesures sont nécessaires mais insuffisantes », selon Sébastien Crozier (CGC-UNSA), pour qui « les salariés demandent un projet collectif pour effacer leur sentiment d'inutilité sociale ».
C'est une façon d'endiguer la vague... Mais les propositions syndicales tardent à venir.
Témoignages sur le site LePost:
Olivier
raconte le quotidien de son épouse, qui travaille à France Télécom depuis 9 ans. "Ma femme n'a jamais été fonctionnaire donc elle n'a pas eu à subir de problème d'adaptation. Seulement, dans son service, on passe son temps à la changer de chef, de sur-chef, de responsable, on l'envoie à Lannion pour s'occuper de personnes de son secteur (elle travaille à Paris) pendant que des gens de Lannion s'occupent des Parisiens (dans la même branche, pourtant).""On lui donne des objectifs parfaitement irréalisables ce qui permet de pouvoir incendier ceux qu'on veut casser à l'entretien de progrès. Ah oui, n'oublions pas qu'avec tout cela, il y a les chefs qui rappellent continuellement que sur l'équipe de 10-15, deux doivent virer avant la fin de l'année.""J'ai fait quelques boîtes, j'ai des amis qui en ont fait aussi et raconté nos expériences, aucune n'arrive à la cheville de FT en matière de mauvais traitements."
En revanche, exprestataire FT raconte son passage à France Télécom, où il a été prestataire. "En tant qu'informaticien travaillant pour une SSII, je peux comparer l'ambiance chez France Télécom ou j'ai bossé de mai 2006 à février 2009 avec d'autre entreprises.Franchement je regrette de ne plus bosser chez FT aujourd'hui car l'ambiance y était bien plus cool qu'ailleurs, aussi bien sur le site d'Orléans qu'à Marseille. Ca n'est pas le stress au travail qui m'a le plus marqué de mon expérience chez FT, très franchement.""J'avais plutôt l'impression parfois de ne pas vivre sur la même planète qu'eux, car la plupart de mes collègues de travail étaient fonctionnaires, avec des comportement de fonctionnaires habitués à un certain confort, que n'ont pas la plupart des salariés en France, confrontés au chômage et à la précarité."
Ministère de la Justice: la directrice de la PJJ se jette du 3ème étage
Vendredi 18/9, c'est un syndicat du ministère de la Justice qui a confirmé la tentative de suicide d'une employée de 52 ans, sur son lieu de travail dans le XVIIIème arrondissement de Paris survenue mardi, en pleine réunion, vers 10 heures du matin, alors que son service est en pleine restructuration. Il s'agit de la directrice départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), la direction du ministère qui emploie les éducateurs encadrant les mineurs délinquants ou en danger. Or, ce syndicat de la PJJ est le SNPES-PJJ, affilié à la FSU. La FSU, qui se charge de cette annonce morbide, est de toutes les manifestations de rue, mais semble moins active en matière de prévention. La fonctionnaire est saine et sauve, après une chute de 7 mètres… Le passage à l'acte a eu lieu en pleine réunion, en présence de syndicalistes vigilants.Les participants de la FSU auraient-ils manqué de … cette vigilance élémentaire qu'ils exigent des administrations et des cadres d'entreprises? Difficile désormais de porter des accusations contre les personnels de prisons qui ne sont pas dans chaque cellule au moment des tentatives de suicide. Il faut donc créer des postes de surveillants, mais aussi augmenter le nombre de décharges de service en faveur de délégués syndicaux.
Les restructurations perturberaient-elles d'autant plus qu'on a connu un parcours de travailleur privilégié ?... Le suicide est un fléau que les syndicats et la gauche radicale ne sont pas prêts à éradiquer.Si leur volonté de dialogue était avérée, et s'ils ne reportaient pas systématiquement la faute sur les patrons et le gouvernement, nous serions moins enclins à penser qu'ils trouvent cyniquement leur compte dans les suicides.
Dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD), le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, veut compenser l'abandon des salariés sinistrés par la région et a redonné de l'espoir aux 366 employés de New Fabris, qui ont accepté vendredi de partir avec 12.000 euros, soit une rallonge de plus de 1000 euros, en plus de leurs indemnités, après avoir réclamé une prime de 30.000 euros et menacé de faire sauter leur usine, placée en liquidation judicaire.
Les efforts de solidarité sociale Les impôts locaux augmentent sans que la population discerne à quoi ils sont employés. Elle conteste les arbitrages opérés et les mesures démagogiques destinées à faire parler de la région et de sa présidente. Ainsi, à France Info, la correspondante de la Charente-Maritime est-elle sollicitée plus souvent qu'à son tour...
Le ministre s'engage en revanche à créer 400 emplois à l'automne. «La page New Fabris ne s'est d'ailleurs pas tournée hier. Je prends l'engagement de me rendre à la rentrée à Châtellerault (là où était implanté l'équipementier automobile) pour leur parler avenir. Je travaille à ce que des activités s'implantent là-bas dans six à huit mois», annonce le maire de Nice. Un reclassement qui passera sans doute par des formations et des nouveaux métiers pour les salariés. Une contribution de la région Poitou-Charentes -administrée par Désirdavenir Royal- est-elle prévue? Ou la région devra-t-elle être assistée ? Dame D. Batho , la députée par procuration, a-t-elle des assurances à donner, pour changer de ses agressions verbales coutumières ?
L'escalade sociale Le ministre de l'Industrie, qui refuse d'«entrer dans une course à la prime», s'est engagé à œuvrer au reclassement des salariés de l'équipementier. Estrosi veut aussi se battre pour la reprise de Molex et le maintien des sites Sanofi menacés. «Au XXIe siècle, chacun aura deux, trois professions au cours de sa vie», rappelle le ministre. «Le monde du travail est en évolution, il faut s'y adapter et innover par un travail de reconversion», pointe-il.
«La crise est peut-être un prétexte»
Molex Cependant le ministre reconnaît également que «certaines entreprises profitent sans doute de la crise pour licencier». «La crise est peut-être un prétexte pour les dirigeants de Molex», qui souhaite délocaliser en Slovaquie, avance Christian Estrosi. «Ils ne peuvent pas brader cette entreprise. Je vais tout faire pour qu'ils acceptent de céder l'activité à l'un des deux repreneurs déjà en lice», garantit le ministre de l'Industrie.
Christian Estrosi promet la même fermeté sur le dossier Sanofi-Aventis. Le groupe pharmaceutique a annoncé vouloir fermer ses quatre sites français, malgré d'importants profits. Le maire de Nice a annoncé au JDD «avoir obtenu du PDG de Sanofi France que le site de Porcheville, dans les Yvelines, sur lequel pesait les plus gros risques, ne fermera pas». «Quant aux trois autres sites, j'y travaille et j'ai bon espoir».
D'ailleurs, prévient le ministre, malgré un front social tendu et la hausse des plans sociaux, le gouvernement «n'entrera pas dans une course à la prime». «Ce n'est pas à nous d'exiger une somme minimale de prime de licenciement aux entreprises», tranche le ministre. «Je comprends le désarroi de certains salariés» assure Christian Estrosi «mais mon boulot c'est de leur dire ‘Allez les gars, relevez le défi ! Et je vous aiderai à vous en sortir'».
La candidate socialiste à la présidentiellele n'a fait que téléphoner Les employés de l'équipementier automobile en liquidation ont accepté vendredi 31 l'ultime proposition d'une prime supplémentaire de licenciement de 12.000 euros nets par employé, en plus de leurs indemnités, alors qu'ils tentaient d'obtenir 30.000 euros pour chacun des 366 licenciés. Les salariés de New Fabris ont ainsi mis un terme vendredi à un conflit d'un mois, lourd de chantage, puisqu'ils menaçaient de "faire sauter leur usine" à Châtellerault (Poitou-Charentes) le 31 juillet.
Ces conflits embarrassent les syndicats républicains
Les délégués des syndicats représentatifs pratiquent l'accusation et le déplacement des responsabilités, mais aussi le double langage. C'est ainsi que les syndicalistes majoriotaires cégétistes, aspirés par la spirale de la menace du fait de la rivalité de FO, ont été désavoués par la n°2 de la CGT, Maryse Dumas qui tente de sauver la face. Bien que tardifs, ses propos sont responsables sur le fond, mais pour le moins ambigus: "Ce sont des modalités d'action que je ne conseillerais pas aux salariés parce qu'elles conduisent à des impasses. En même temps, lorsqu'ils les décident démocratiquement, la CGT est avec les salariés".
Un vote à bulletin secret et démocratique dans l'usine du sous-traitant automobile occupée de Châtellerault (Vienne) a permis la prise de décision dans un climat pesant. Les salariés avaient un temps menacé de faire sauter à l'aide de bonbonnes de gaz. Ce conflit, fortement médialtisé par la presse engagée était devenu emblématique de la crise dans l'industrie.
L'amertume est d'autant plus profonde
Le bras de fer s'est donc achevé dans un climat désabusé, car la prime de 12.000 euros proposée par le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, est loin des 30.000 euros demandés par les salariés. Tout bien considéré, cette prime annoncée par le ministre constitue néanmoins une rallonge par rapport aux 11.000 euros pris en charge par les constructeurs automobiles. Cette proposition a donc été finalement acceptée par 204 des 366 salariés. Vingt quatre ont voté contre, il y a eu sept bulletins nuls ou blancs et 131 salariés n'ont pas participé au scrutin.
Les artificiers de la CGT crient victoire
C'est à croire que les syndicats CGT et FO ne comptaient pas même sur les 12.000 euros, mais faisaient de l'animation sociale, voire politique. "Vous pouvez être fier de vous. On pourra se balader à Châtellerault, en France et partout avec la tête haute. On ne s'est pas fait virer comme des merdes", a exhorté le délégué CGT, Guy Eyermann, pour orienter le vote des employés. En annonçant les résultats, il a encore lancé: "Je demande que la minorité respecte le vote des 204 personnes. Je déclare aujourd'hui, 31 juillet 2009, la fin de la CGT Fabris. Je souhaite la bienvenue au comité des 'privés d'emplois' Fabris."
Le chantage syndical La menace de faire exploser des bouteilles de gaz disposées sur les toits, lancée après la liquidation en juin, n'était que virtuelle, car ces bonbonnes étaient vides, a-t-on appris dans l'usine. L'affaire a confirmé la radicalisation insensée des salariés, manifestée depuis le printemps par des séquestrations de cadres et, plus rarement, par des menaces de destruction. Selon un sondage OpinionWay ! IFOP publié vendredi par le journal ...communiste L'Humanité, 62% des personnes interrogées disent comprendre les séquestrations, 23% les approuvent, 50% comprennent les menaces de destruction et 16% les approuvent.
En s'accrochant à des réflexes archaïques de lutte sociale qui ignore la crise économique internationale, certains media partisans jouent un rôle néfaste. La presse n'a pas eu le courage de fustiger les débordements. La crise économique est en effet une aubaine politique pour les journalistes engagés. En ne jouant aucun rôle régulateur, les organes de presse portent une lourde responsabilité dans ce fiasco.
Les réactions d'après vote
Menés en bateau par les syndicats CGT et FO, les ouvriers étaient pour certains en pleurs. D'autres avaient quitté l'usine avant l'annonce. "C'était 12.000 euros ou rien et, aujourd'hui, rien, on ne peut pas se le permettre", a encore lancé Dominique Duval, le délégué FO, syndicat en rivalité, qui fait de la surenchère. Selon lui, "beaucoup ont voté oui parce qu'ils étaient obligés de le faire, tellement ils sont dans la mouise". Il oppose aussi les jeunes aux anciens: "Un salarié qui a 30 ans d'ancienneté touchera effectivement en plus 17.500 euros d'indemnité légales", a-t-il ajouté. "Mais un autre avec 10 ans d'ancienneté repartira avec moins de 3.000 euros en plus des 12.000 euros de prime. Les disparités sont très grandes contrairement à ce que sous-entend Christian Estrosi".
"C'est le dialogue social qui a gagné (...) L'arrêt de toute forme de violence et de menace sera toujours le préalable incontournable aux discussions et aux propositions", a observé Christian Estrosi dans un communiqué, après le vote.
Des indemnités de licenciement conséquentes
-> La prime finale exceptionnelle est supérieure de 1.480 euros à la précédente proposition, formulée le 22 juillet (11.000 euros bruts). Elle sera financée en partie par le rachat des stocks par Renault et PSA, ex-clients de la société.
->Elle s'ajoutera aux indemnités légales obligatoires, qui oscillent entre 17.500 et 19.000 euros en moyenne selon l'ancienneté, selon les calculs du ministère. Beaucoup de salariés toucheront en fait des sommes très inférieures.
->Les salariés pourront conserver 95% de leur salaire pendant un an avec un contrat de transition professionnelle.
-> Est aussi concédée une allocation spéciale pour 23 salariés de plus de 56 ans, tandis qu'un fonds de revitalisation du bassin de Châtellerault sera doté de 1,5 million d'euros.
Sa Cynique Majesté Royal a appelé le gouvernement au secours
Si les syndicats pratiquent le double langage, Sa Cynique Majesté Royal n'est pas de reste. Peu réactive, elle n'a pas pour autant la langue ballante et exige ou supplie tour à tour et bien tardivement.
A une semaine de la date d'exécution de la menace d'explosion, le vendredi 24 à Poitiers, «la présidente de la région Poitou-Charentes exige[a] que les constructeurs Renault et Peugeot paient le juste prix du stock [aux salariés de New Fabris]. Cela permettrait de satisfaire les revendications légitimes des salariés qui verraient reconnaître leur dignité», prétend un communiqué de la région. Niant l'économie pour la région, le texte assurait que «cela ne constituerait en aucun cas un cadeau, mais une transaction économique équilibrée et permettant une sortie favorable pour tous» Elle a «exigé» que Renault et PSA paient à leur « juste valeur » le stock qui menacent de, s'ils n'obtiennent pas une prime de ... 30.000 euros.
Elle aura été stimulée par la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, proche de Dany-le-Rouge et de l'affreux Jojo Bové. Dans un communiqué, son parti, les Verts, avait en effet annoncé que les New Fabris recevraient son soutien, le lendemain samedi 25 juillet, sur les terres sinistrées de la candidate Royal...
De passage en région -de nouveau en fin de semaine, le vendredi 30 juillet , la veille de l'exécution de l'ultimatum, "Ségolène Royal a eu aujourd'hui un entretien téléphonique avec le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, pour l'appeler à faire un geste supplémentaire en direction des salariés de New Fabris", indique son service de presse, dans un communiqué. Elle a estimé que "le conflit social qui dure depuis un mois et demi peut connaître demain une issue satisfaisante et digne pour les salariés si un effort financier supplémentaire est fait par l'Etat et les constructeurs automobiles".
L'amère de Melle surfe sur l'actualité Les salariés de Nortel France ont inspiré la présidente picto-charentaise et les syndicats en décidant, mercredi 15 juillet, de retirer de leur site de Châteaufort (Yvelines) les bonbonnes de gaz qu'ils menaçaient de faire exploser pour obtenir de meilleures indemnités de licenciement. En Poitou-Charentes, New Fabris n'imite pas Obama, mais Nortel.
Dans son souci de débat 'juste', elle ne rend à aucun moment justice à l'action du préfet de région Poitou-Charentes, Henri de Richemont.
Le jeudi 30 juillet, des manifestants ont participé jeudi à un défilé de soutien aux salariés licenciés, à la veille de l'expiration de leur ultimatum.
Les patrons des principales centrales syndicales et des principaux partis politiques brillaient par leur absence. Le 'rapace' Olivier Besancenot, représenté par le responsable du NPA dans l'Est, Yvan Zimmermann, et Marie-George Buffet (PCF), officiellement en congé, ont expédiéun message aux ouvriers, tout comme Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts qui a rendu visite aux New Fabris le samedi suivant. Le parti était représenté par Jean Desessard, sénateur Verts de Paris venu pour "soutenir un combat politiquement et socialement juste".
Quant à la présidente PS de la région Poitou-Charentes, l'amère Royal ne s'est pas mêlée aux travailleurs et n'a pas participé au défilé. A la foule, elle avait préféré une délégation de syndicalistes le lendemain.
Dans le cortège du jeudi 30 juillet figurait en revanche Edith Cresson. Encore à contre-temps, l'ancien maire de Châtellerault et ex-Premier ministre s'est dite "révoltée": "Le jour où il y aura une reprise de l'activité économique, j'aimerais qu'on me dise avec quoi on va travailler si on perd des outils de production remarquables et modernisés. Si on veut tout délocaliser à l'étranger, autant le dire tout de suite".
La tête de gondole régionale a remué les lèvres. Et puis après?
La présidente de région aura tenté de faire sa propre promotion pour un coût de 5 millions d'euros (sur plus de 30) en faveur d'Heuliez, mais elle n'a rien laché, ni pour la CAMIF, ni pour New Fabris. Fait-il bon vivre en Poitou-Charentes où on défile et manipule volontiers le gaz. La crise sociale y est en effet une des plus rudes en France. Depuis que Désirdavenir Royal se consacre davantage à sa Région à l'approche des Régionales 2010, qu'a donc fait la négligente pour retenir la région partie à vau-l'eau ?
En mars dernier, Rocky Martin interpellait ici Sa Cynique Majesté Royal sur la situation des salariés de la SNECMA