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vendredi 7 décembre 2012

Florange: Hollande-Ayrault se font laminer par la presse

Exécutif et  Mittal associés sous la critique de leur liquidation de Florange
Le délégué CFDT E. Martin
 s'adresse à la presse,
à Florange le 6/12/ 2012

Le pouvoir PS et le groupe Mittal sont vendredi sous le feu des critiques
 
Leur gestion opaque de l'avenir des 600 salariés de Florange suscite une montée de la colère des métallos.

C'est l'annonce jeudi de difficultés techniques concernant ce projet de captage/stockage du CO2, qui pourrait naître en partie sur la base de l'un des hauts fourneaux de Florange, qui a ravivé la colère des syndicats et le flot de reproches adressés au gouvernement.

Les croissants de Montebourg
ont un goût amer

La Commission européenne a en effet annoncé qu'ArcelorMittal a retiré une première version d'Ulcos d'un appel d'offres pour obtenir des financements communautaires. Matignon comme l'industriel ont immédiatement tenté de déminer le terrain, affirmant qu'il ne s'agissait que d'un contretemps, prévu dans leur accord passé la semaine dernière.Après l'accablant rebondissement de l'anéantissement des espoirs Ulcos, plusieurs éditorialistes se sont lâchés contre l'exécutif, parlant d'une "déroute" du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et d'un "échec" du président François Hollande.


Tardivement jeudi soir, le chef de l'Etat s'est fendu de quelques paroles apaisantes, tentant d'enrayer la polémique en promettant que les engagements pris par ArcelorMittal envers le gouvernement seraient tenus. "J'en serai, avec le gouvernement, le garant", a insisté F. Hollande.

Le président a notamment promis de veiller à ce que l'industriel fasse en sorte que le projet expérimental Ulcos "voie le jour".



ArcelorMittal "sort le problème technique du chapeau

"Casus belli", "écoeurement",  
"trahison":
les mots sont durs, violents,
prononcés par E. Martin,  CFDT
Ulcérés par cette reculade, des métallos CFDT ont mené jeudi une action éclair devant les caméras au pied des hauts fourneaux.

Ils ont affirmé avoir "pris le contrôle de l'alimentation en gaz" des installations et promis qu'ils occuperaient réellement les lieux dès qu'ils seront alertés d'une consigne de la direction de couper le gaz permettant leur maintien en veille.

ArcelorMittal "n'a jamais mis sur la table les problèmes techniques d'Ulcos", s'est emporté vendredi matin Edouard Martin au micro de France Inter.

"On l'a mis au pied du mur. La France a dit chiche, on met 150 millions d'euros sur la table" pour Ulcos et l'Europe s'apprêtait à apporter son financement, et il "nous sort le problème technique du chapeau", a-t-il poursuivi.

"Il va être très difficile que Mittal respecte ses engagements. Ce n'est pas dans sa culture. Il n'en veut pas d'Ulcos, il n'en veut pas de la filière liquide de Florange", a assuré E. Martin.

A Florange, recouverte de neige vendredi matin, des réunions syndicales sont prévues pour décider d'éventuelles nouvelles actions à mener la semaine prochaine.
Des syndicalistes ont notamment l'intention d'installer "leur village gaulois" à proximité des hauts fourneaux lorrains.

Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a estimé la veille que tous les syndicats pourraient "appeler à occuper" les hauts fourneaux, à la suite de l'appel lancé par la CFDT du site. "Il faut bien comprendre cette réaction de colère. On nous a bananés [..."sa mère": escroqués]", a-t-il lancé.


L'opposition mêle  sa voix au concert des critiques à gauche.

Assez discuté !...
Jean-François Copé, président proclamé mais contesté de l'UMP, a déploré vendredi un "manque de visibilité" de la politique gouvernementale. 

L'ancienne ministre de la Justice
Rachida Dati (UMP) a regretté le "camouflet honteux" infligé par Mittal avec la "complicité" du gouvernement.
Lien PaSiDupes - "Ayrault a-t-il conclu un deal avec Mittal pour sa circonscription ": le Premier ministre nie tout conflit d'intérêts.

"Déroute" de l'exécutif

Plusieurs éditorialistes se désolidarisent du pouvoir.

Vendredi 7 décembre, ils ont rompu le contrat avec le président Hollande.
"Ce devait être le symbole de la rupture avec le sarkozysme. La marque d'une autre pratique politique", rappelle Vincent Giret  Eric Decouty dans Libération. Or "après avoir balayé la proposition de Montebourg, son ministre du Redressement productif, de nationaliser le site, après avoir affirmé que Mittal s'était plié aux volontés du gouvernement et après avoir fait la sourde oreille aux critiques syndicales justifiées, le Premier ministre a essuyé hier un revers cinglant", poursuit l'éditorialiste du journal de gauche. "La déroute du Premier ministre signe également l'échec du Président", assène-t-il.

Selon Bruno Dive (Sud-Ouest), protecteur du président et xénophobe, c'est avant tout le fusible Ayrault qui sort "laminé" de cet exercice. "On a connu des Premiers ministres conspués par la rue, d'autres secoués par une canicule, d'autres encore - et tout récemment - piétinés par un hyperprésident", souligne-t-il. "Mais jamais encore on n'avait vu de Premier ministre humilié à ce point par un grand patron, qui plus est étranger".

Le Gandrange de François Hollande

C'est un véritable "coup de pied de l'âne qui a été administré, hier, par ArcelorMittal au gouvernement", renchérit Jacques Camus (La République du Centre), parlant d'un "cinglant camouflet pour l'exécutif". "Florange est en train de devenir le Gandrange de François Hollande", ajoute-t-il et il est "grand temps" que le président "se mette vraiment aux fourneaux".
Sans parler de Vilvorde, un précédent occulté par les media qui ménagent Jospin.
Le 7 juin 1997, Libération titrait : "Jospin n'a pas de 'solution industrielle' pour Vilvorde" (lien)


Pour le Premier ministre actuel Jean-Marc Ayrault, Florange "est en train de tourner au chemin de croix de Lorraine, chaque jour contredisant la version de la veille et renforçant les doutes sur la fiabilité du sidérurgiste indien", considère également Hervé Favre (La Voix du Nord), indulgent pour le pouvoir. Mais la véritable question, selon lui, est de "savoir combien de temps François Hollande pourra rester en retrait derrière son Premier ministre?", suggérant de casser le thermomètre pour juguler la fièvre.

Puisque Jean-Marc Ayrault est "grillé sur le dossier ArcelorMittal", il "doit donc s'effacer et laisser la main" à François Hollande, qui 
pourtant n'en veut visiblement, selon Jean-Michel Servant (Le Midi Libre). "Pour stopper cette spirale infernale, le chef de l'État n'aura bientôt plus qu'un seul choix : se séparer plus tôt que prévu du locataire de Matignon. Et en confier les clés à l'un de ses pugnaces ministres : Valls le droitier ou Montebourg le gauchiste". Ce qui permettrait peut-être, espère l'éditorialiste de "connaître, enfin, la direction que souhaite prendre ce gouvernement socialiste."


B. Tapie veut tout: La Provence et Marseille

Reprise de La Provence: Tapie peine à convaincre qu'il ne vise pas plus


Bernard Tapie s'allie à la famille Hersant pour refinancer des journaux du groupe, dont La Provence

Le tribunal de commerce de Paris a donné jusqu'à samedi pour valider l'offre Hersant-Tapie de reprise des quotidiens du groupe en PACA, aux Antilles et en Guyane.
"C'est plié !", affirme déjà Me Michel Pezet, conseiller général PS et ancien président de la Région. "Et comme il va de soi que ce rachat n'est pas économiquement intéressant, il le fait forcément dans un autre but".

Le quotidien La Provence
est né en 1997 de la fusion des deux quotidiens anciennement dénommés Le Provençal (PS) et Le Méridional (droite), rachetés à Gaston Defferre. Dans la région PACA, dont le président de Région est le socialiste Michel Vauzelle, ce quotidien ancré à gauche rayonne sur le département des Bouches-du-Rhône (présidé par ...Jean-Noël Guérini), de Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence. 

Début octobre, l'ancienne incarnation de la réussite sociale des années 80 avait démenti un "retour en politique" à l'occasion des municipales de 2014.
"C'est ridicule, ça n'a pas de fondement", avait déclaré l'acteur de théâtre, ancien ministre de la Ville (4 mois) de Mitterrand, élu député en 1989 à Marseille pour la gauche et âgé aujourd'hui de 70 ans en janvier. Le 21 novembre, il qualifiait encore l'hypothèse de "triple connerie" au micro de France Bleu.

Tapie veut revenir sur le devant de la scène

Tapie bouleverserait les plans de la gauche.
Alors que la presse met le paquet pour discréditer le maire, le sénateur  UMP Jean-Claude Gaudin, la 4e ville portuaire d'Europe, agitée par les voyous,  et pour préparer le retour de la gauche. 
"Personne n'est dupe: Tapie aux commandes de 'La Provence', c'est un premier pas vers un retour sur la scène politique provençale en général et marseillaise en particulier", estime le député Patrick Mennucci, l'un des prétendants à la mairie dans les rangs socialistes.
"Si M. Tapie avait l'intention d'être candidat à la mairie, il me trouverait sur sa route", prévient-il, se disant "ni inquiet, ni pas inquiet".

A droite, l'hypothèse d'une candidature de "Nanard" dérange aussi.

"S'il doit se confirmer, ce retour sera le signe inquiétant du niveau zéro de morale en politique", glisse un élu UMP.

Les députés Guy Teissier et Valérie Boyer ont même interpellé le gouvernement, cette semaine, sur le rachat des titres de la PQR dans le Sud-Est par le prédateur des sociétés en dépôt de bilan pour un franc symbolique (Manufrance, des piles Wonder et de bien d’autres entreprises, tels les fixations Look, les balances Terraillon, ou les magasins alimentaires biologiques La Vie Claire), souhaitant que l'Etat "exerce une vigilance extrême sur les conditions de ces transactions".

G. Teissier, candidat, parmi d'autres, à la succession de Jean-Claude Gaudin si celui-ci renonce à briguer un quatrième mandat de maire, avait été l'adversaire (heureux puis malheureux) de B. Tapie aux législatives en 1988 et 1989.

Rénovation de Marseille,
entreprise par Gaudin,

avec Iosis Conseil
L'homme d'affaires fut ensuite battu par J.-Cl. Gaudin, qui le qualifia alors de "pilleur d'épaves déguisé en pêcheur de voix communistes", aux élections régionales de 1992, dans le cadre d'une triangulaire avec le FN.


Réélu député à Gardanne en 1993, puis élu conseiller général en 1994, Tapie fut pressenti pour conduire la liste de gauche à Marseille aux municipales de 1995, avant que ses ennuis judiciaires dans l'affaire de corruption VA-OM (1993, matchs truqués impliquant Jacques Mellick, le maire socialiste de Béthune (Pas-de-Calais), ne mettent fin à sa carrière politique.

Nanard lorgnerait toujours du côté de l'OM

Bernard Tapie était devenu président l'OM en 1986, qui lui avait apporté gloire et popularité parmi les Marseillais.
"Ce beau jeune homme au nez de taureau m'a avoué son rêve de reprendre l'OM", avait raconté à l'époque Edmond Charles-Roux, veuve de l'ancien maire Gaston Defferre. "Je l'ai présenté à Gaston. En vingt-quatre heures, c'était fait".
"L'OM a connu alors une série de bons résultats et Tapie s'est implanté localement, dans une image positive", se souvient Michel Pezet.

Après la prison et une reconversion artistique, Bernard Tapie fit un bref retour à l'Olympique de Marseille en 2001-2002. Mais, comme pour la mairie, il a démenti vouloir y remettre un pied à la faveur d'un rachat de La Provence.

Or, une violente polémique entre l'un de ses fils, Stéphane, et le président du club, Vincent Labrune, alimente aussi la rumeur sur les intentions cachées du père. "Les actions en cours permettront de déterminer les motivations précises de Stéphane Tapie et de son entourage", soulignait l'OM la semaine dernière en annonçant avoir engagé des poursuites pour injures contre l'intéressé.


jeudi 6 décembre 2012

Florange : Hollande s'engage à tenir les engagements

Alors que les syndicats durcissent le ton, Hollande sort de sa réserve

Jeudi, Fos-sur-Mer bloqué, appel à la grève à Basse-Indre, menaces à Florange


Le conflit se radicalise et s'étend. Les salariés de l'une usine ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) bloquent l'entrée des camions approvisionnant le site, en solidarité avec leurs collègues de Florange, a constaté un huissier.  Par ailleurs, un appel à la grève pour lundi prochain a été lancé sur le site de Basse-Indre (Loire-Atlantique). Et les métallos de Florange (Moselle) vont occuper les hauts fourneaux du site sidérurgique lorrain, a annoncé jeudi 6 décembre le syndicaliste CFDT Edouard Martin devant la presse. "A partir d'aujourd'hui, on prend possession de l'usine, on va dans les hauts fourneaux", a déclaré le leader syndical, visiblement ému, entouré d'une quinzaine de militants. "Il n'y en a pas un qui touchera aux vannes de gaz", qui permettent de maintenir les installations en veille, a-t-il ajouté.
"Nous avons maintenant deux ennemis : le gouvernement et Mittal", a tonné Edouard Martin de la CFDT, syndicat pourtant réformiste et proche du PS. 

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L'annonce par la Commission européenne qu'ArcelorMittal a retiré une première version du projet expérimental Ulcos a mis le feu aux poudres. Le gouvernement fondait de grands espoirs de salut du site sidérurgique. "On est tous écoeurés, on a été trahis", a réagi Edouard Martin, fer de lance de la lutte syndicale des ouvriers de Florange. "On a deux ennemis: on va se battre contre Mittal et contre le gouvernement", a poursuivi le syndicaliste, qui a appelé François Hollande à reprendre "le dossier en main".


L'exécutif joue la montre


Le président Hollande est sorti de sa retraite pour parler jeudi soir.
 

Concernant l'avenir des hauts fourneaux, le chef de l'Etat, en marge d'un déplacement chez Emmaüs, a fait "la promesse" de faire en sorte que "ce qui a été engagé aussi pour faire que (le) projet Ulcos voit le jour auprès de l'Europe s(oit) mené à bien".

"Le gouvernement a pris des décisions, elles ne sont jamais faciles, ce sont des décisions courageuses qui permettent d'éviter un plan social à Florange, d'obliger l'actuel industriel Mittal à faire des investissements qui n'ont que trop tardé et à engager un plan Ulcos qui doit permettre qu'il y ait un avenir pour la filière chaude", a déclaré François Hollande visiblement impuissant

"Je peux dire ici que ces engagements seront tenus et j'en serai, avec le gouvernement, le garant", a-t-il certifié soulignant qu'il connaîit "les inquiétudes, les doutes". "Compte tenu du passé, des manquements, j'ai vu la détresse et la colère, j'en mesure aussi les causes", a-t-il encore polémiqué, après sept mois de pouvoir.

Et de poursuivre sur le ton empathique des déclarations redondantes et creuses: "Mais ma responsabilité est de faire qu'il y ait un avenir pour Florange et tous les engagements qui ont été pris seront tenus. Ce qui a été engagé aussi pour faire que ce projet Ulcos voie le jour auprès de l'Europe sera mené à bien, j'en fais ici la promesse", a assuré le président potiche.

Venu avec des élus de Lorraine rencontrer à Matignon le premier ministre sur l'accord passé avec Mittal sur Florange, le député PS Michel Liebgott (Moselle), lui a dit jeudi de son sentiment de se "faire entuber" par le groupe sidérurgiste.
Matignon et le groupe sidérurgique ont affirmé qu'il ne s'agissait que d'un contretemps, expliquant qu'Ulcos n'est pas mûr pour demander un financement européen. 

VOIR et ENTENDRE le député socialiste local accabler Mittal pour épargner le pouvoir PS:



Ils confirment qu'ils cherchent à gagner du temps. 
Ils affirment en effet que cela était prévu dans leur accord passé la semaine dernière sur l'avenir de Florange. Le compromis entre ArcelorMittal et le gouvernement prévoit que les installations de la filière liquide (ou chaude) -dont les hauts fourneaux nécessaires à la réalisation d'Ulcos- ne soient pas démontés pendant six ans et mis "sous cocon". Et dans six ans, Hollande repasserait le mistigri au suivant...

76% des Français ne font pas confiance au gouvernement pour obtenir les engagements pris par ArcelorMittal, ajoute un sondage Opinion Way-LCI.

Florange: Ayrault est-il complice du retrait de Ulcos ?

Mittal retire le projet Ulcos de stockage de CO2, selon l'UE

Le groupe ArcelorMittal a retiré le projet Ulcos pour le captage et le stockage du CO2 à son site de Florange en Moselle, "à cause de difficultés techniques", a annoncé jeudi Isaac Valero, porte-parole de la Commissaire en charge du Climat Connie Hedegaard à la Commission européenne.

"La Commission a toujours été prête à considérer un cofinancement de ce projet dans le cadre du programme NER300", a-t-il ajouté.
"Ulcos pourrait concourir au prochain appel d'offres qui sera lancé l'an prochain", a-t-il encore précisé.

Qu'est-ce qu'Ulcos ?

C'est le nom du projet pilote de captage et de stockage du CO2
porté par un consortium de 48 entreprises de l'UE. Il devait être mis en oeuvre sur les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal à Florange (nord-est de la France), actuellement à l'arrêt.

Ce projet constituait la clef de voûte de l'accord passé vendredi soir entre le gouvernement français de Jean-Marc Ayrault et Lakshmi Mittal, patron d?ArcelorMittal pour sauver le site de Florange.


Ulcos était en tête de liste des projets pouvant bénéficier de cofinancements du budget de l'Union européenne (UE) après le retrait des projets p-résentés par les Britanniques.
Le dossier devait être examiné le 13 décembre par les représentants des Etats membres au sein du comité "changement climatique" et la décision finale de la Commission européenne devait intervenir une semaine après, autour du 20 décembre.

Le principe du programme NER300 est de monétariser 300 millions de tonnes de quotas de CO2 prélevés sur une réserve destinée aux nouvelles entreprises dans le système d'échange de quotas instaurés par l'UE pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Le programme NER300 co-finance les projets pour 50% de leur coût, le reste étant assuré par les investisseurs privés ou les Etats.

Avec ce retrait du projet Ulcos, le leader syndical Edouard Martin (CFDT) a estimé que le "compromis" entre le gouvernement et le groupe industriel "a enfumé tout le monde".


Cette annonce de l'U.E. signe "l'arrêt de mort de la filière liquide"


Les hauts fourneaux lorrains en font partie, a ajouté E. Martin, à sa sortie de réunion avec le Premier ministre.
"Merci à Ayrault, c'est la signature de la trahison", a -t-il ajouté, mais .
"Ce n'est pas la fin du combat", a-t-il menacé
Il  assure que le retrait du dossier sur Ulcos ne signifie pas l'abandon du projet par ArcelorMittall: le syndicaliste CFDT assure  "sa volonté de poursuivre le projet de recherche".

De son côté, Ayrault clame qu'ArcelorMittal,  s'était "engagé à poursuivre les travaux liés au projet Ulcos", "à la demande du gouvernement", et que l'accord passé avec Mittal vendredi sur Florange était "toujours valable".
"La première conception" du projet Ulcos "rencontre de réelles difficultés technologiques, mais nous avons obtenu d'ArcelorMittal qu'il ne soit pas abandonné", ont ajoutcertifié les services de Matignon.

Fraude fiscale: Cahuzac nie et Mediapart maintient

Le compte en Suisse a-t-il été transféré à Singapour ?

Le site Mediapart a révélé l'existence d'un compte Cahuzac en Suisse

Le ministre du Budget de Hollande s'est défendu devant l'Assemblée nationale, assurant que le compte bancaire suisse mentionné mardi par Mediapart "n'existe pas". Le gouvernement français a manifesté mercredi sa solidarité avec  Jérôme Cahuzac.
"Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de comptes à l'étranger ni maintenant, ni avant", avait déclaré Jérôme Cahuzac lors de la séance des questions au gouvernement.

Le ministre du Budget a saisi la justice pour se défendre d'accusations
"J'ai saisi la justice d'une plainte en diffamation car ce n'est que devant la justice, hélas, que les accusateurs doivent prouver les allégations qu'ils avancent", a-t-il ajouté, devant ses collègues figés.


Reportages :  Jérôme Cahuzac à l’Assemblée : "je... par LCP

Mais le site trotskiste d'information a mis en ligne un enregistrement

Dans ce
document, accessible à titre payant sur le site commerçant, un homme présenté comme le ministre évoque au téléphone en 2000 un compte suisse qu'il aurait à la banque suisse UBS.

Cet enregistrement recèle une "conversation [avec] un chargé d'affaires", aux conditions d'enregistrements assez rocambolesques :
Après avoir appelé un interlocuteur pour lui dire qu’il avait obtenu du ministre de l’Intérieur de l’époque, Daniel Vaillant, qu’il vienne inaugurer un commissariat dans le Lot-et-Garonne, Jérôme Cahuzac, alors député de ce département et candidat aux municipales de mars 2001 à Villeneuve-sur-Lot, commet l'erreur de rappeler par mégarde, alors qu'il discute encore avec une autre personne.
Mediapart explique que "le répondeur téléphonique de son correspondant" enregistre alors la conversation de la pièce, que le site d'Edwy Plenel diffuse en intégralité ce mercredi 5 décembre, contre monnaie sonnante et trébuchante. 

Dans un extrait exploité par Mediapart, Jérôme Cahuzac s'exclame : "
Moi, ce qui m’embête, c’est que j’ai toujours un compte ouvert à l’UBS, mais il n'y plus rien là-bas, non ? La seule façon de le fermer, c’est d’y aller ?"

Une affaire d'Etat
Le Premier ministre a néanmoins réitéré sa "confiance" en son ministre.
"Il ne s'est pas exprimé n'importe où aujourd'hui, il s'est exprimé dans l'enceinte de l'Assemblée nationale", a-t-il fait valoir sur France 2. "Et il a déclaré que toutes ces allégations étaient infondées".

Les révélations de Mediapart 
Le site précise que   Jérôme Cahuzac a jugé prudent de se mettre en règle, juste avant de prendre  la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale: ouvert auprès de la banque UBS, ce compte illégal en Suisse a été fermé début 2010.

Des placements immobiliers

Mediapart mentionne aussi une note de l'agent du fisc à la retraite qui sert les informations sur un plateau au site trotskiste d'investigations toutes cuites. Rémy Garnier fait état de l'existence d'une villa à Marrakech et d'une résidence à La Baule, mais Jérôme Cahuzac a parlé sur RTL "d'accusations délirantes".

Pour répondre à cette note, qui soulève des doutes sur le financement de l'acquisition d'
un appartement parisien,
le ministre a publié le plan de financement sur son blog, précisant qu'il avait réalisé un apport personnel de 15% du total, "un montant assez banal".

Voici le document mis en ligne dans un billet intitulé "Soyons clairs !", qui prend grand soin de ne jamais citer directement Mediapart, qui détaille l'achat de cet appartement d'un million d'euros, de 1994 et se veut une preuve de sa bonne foi : 
Prié de dire s'il envisage de mettre ses fonctions entre parenthèses pour se défendre, il a indiqué: "Absolument pas, pas une seconde !"

Mediapart persiste et signe

Le parc immobilier du ministre socialiste

Interrogé sur Europe 1, l'avocat du ministre, Gilles Auguste, a assuré que ses biens immobiliers se limitent à [sic, l'A*P] un appartement avenue de Breteuil à Paris [l'agence de presse française omet de préciser qu'il s'agit du très huppé VIIe arrondissement où Hollande et Royal s'enorgueillissaient de posséder tout un immeuble en commun, La Sapinière (cf. libellé PaSiDupes), en société civile immobilière (SCI), et une maison en Corse héritée de ses parents, mais qu'il n'en posséde - en nom propre - "ni à la Baule, ni à Marrakech, ni de compte en Suisse". En plus de son domicile de Villeneuve-sur-Lot.


Toujours sur Europe 1, le journaliste Fabrice Arfi, de Mediapart, a assuré: "Dans un dossier comme celui-là, Mediapart ne peut pas se permettre de se tromper et si nous affirmons qu'il a détenu un compte à l'UBS, c'est que nous avons les preuves". Avec son confrère Fabrice Lhomme, F. Arfi (cf. libellé PaSiDupes) est déjà à l'origine de nombreuses révélations sur l'affaire Woerth-Bettencourt ou sur l'affaire de Karachi.

Site événementiel, Mediapart est un exploiteur de rancunes personnelles
Aujourd'hui à la retraite, Rémy Garnier, entendu par le site, reconnaît avoir un "contentieux". 
L'agent du fisc a déclaré sur RTL qu'il a reçu d'un dénonciateur (ou "aviseur" !) en 2006 une information faisant état d'un compte suisse de Jérôme Cahuzac. "J'en ai référé à ma hiérarchie en précisant que l'examen du dossier ne permettait ni de confirmer ni d'infirmer, que seul un examen approfondi de la situation fiscale aurait permis d'y voir plus clair", a-t-il ajouté, soulignant avec rancoeur que ses supérieurs en ont "décidé autrement".

Sur i>TELE, le député UMP Laurent Wauquiez a pressé Jérôme Cahuzac d'apporter des preuves pour se disculper.
"Il y a quelques mois, toute info de Mediapart était considérée par la gauche comme information établie", a observe, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, non sans ironie.

Quid d'un compte Cahuzac à l'UBS de Singapour ?


Peillon promet une formation à 20.000 jeunes "décrocheurs"

Education: se décharger sur les entreprises


70.000 à la fin du quinquennat, grâce à l'alternance et au service civique

Le ministre socialiste de l'Education s'inscrit dans la "continuité" de  la politique de droite.
Mais  "nous allons changer de dimension", s'exclame  Vincent Peillon, lors du séminaire national de lutte contre le décrochage à l'Ecole nationale supérieure de chimie de Paris. 
En six mois, il y aurait "aujourd'hui un résultat qui est déjà de 9.500" jeunes raccrochés, a-t-il affirmé, fixant "un objectif raisonnable de 20.000 jeunes "décrocheurs" (...) à qui nous pourrions [conditionnel inquiétant] proposer d'ici la fin de l'année 2013 une solution [flou artistique]". 

Echec du collège unique
Il a appelé à la "mobilisation" pour atteindre l'objectif fixé par François Hollande de diviser le décrochage par deux sur le quinquennat. Le ministère évalue à 140.000 le nombre de jeunes affectés chaque année.

Absentéistes pour la plupart, des jeunes quittent le système scolaire sans diplôme ni qualification
-sauf dans l'économie souterraine - et sont majoritairement issus de milieux populaires -voire clandestins-, orientés dans des filières professionnelles sans l'avoir choisi - en fonction de leur aptitude à parler, écrire, lire et compter - et surtout à comprendre la langue commune.

Concrètement, les "décrocheurs" seront "appelés un par un" par les 360 plateformes d'appui et de suivi des "décrocheurs" à partir de début décembre, donc dès maintenant: en avez-vous des exemples ? Après entretien et évaluation de leur niveau scolaire, ils se verront "proposer" -et ça devrait mener à janvier - un parcours personnalisé de retour en formation dans le cadre d'un contrat "objectif formation-emploi", c'est-à-dire en entreprise, et seront accompagnés par un tuteur. 

Sur le papier, le plan prévoit "la désignation d'un référent en charge de la lutte contre le décrochage" prioritairement dans les lycées les plus touchés, et "la mobilisation des places disponibles dans les formations menant à des métiers ayant des besoins de recrutement". Le ministère évoque ainsi 40.000 places en lycée professionnel, dont deux tiers dans la production industrielle. 

Parmi les solutions proposées, l'apprentissage, la formation continue, ou une nouvelle solution mixte service civique-formation et éventuellement un retour dans un lycée classique. 

Sur les 30.000 jeunes qui feront un service civique en 2013, au moins 10% des places seront réservées aux "décrocheurs", a annoncé Martin Hirsch, président de l'Agence du service civique. Ils pourront par exemple mettre en oeuvre une politique "zéro gâchis, zéro déchets", dans les cantines ou aider des personnes âgées à se distraire dans des maisons de retraite tout en suivant une formation et en touchant une indemnité, dont le montant n'a évidemment pas été chiffré. 
"En se rendant utiles au moins 24 heures par semaine" "nous savons qu'ils reprendront confiance", a expliqué le ministre philosophe. 

Autres possibilités


Des structures innovantes comme le micro-lycée, le lycée de la nouvelle chance, le pôle innovant lycéen, ou le lycée-chantier René Char d'Avignon, où une dizaine de "décrocheurs" ont repris confiance en bâtissant l'année dernière une jardinière en pierres sèches placée sur un rond-point.

En termes d'innovation, la formation professionnelle continue (FPC) existe depuis 1971...


L'ONISEP lancera de nouveaux services, d'abord sur internet, puis sur smartphone. Avec leur code postal, les jeunes verront apparaître les structures d'accueil les plus proches: si ils veulent, ils n'auront plus qu'à se lever avant l'heure de fermeture. De même, ils pourront dialoguer par "chat" avec des conseillers de l'ONISEP, en gardant l'anonymat, s'ils le souhaitent. 

Ni les Onisep, ni les autres structures d'accueil n'ont encore sourcillé sur le manque d'effectifs et de crédits: seront-ils retranchés de l'enveloppe budgétaire que les lycées et collèges devront se partager ?  

Il s'agit d'aider dans un premier temps ceux qui sont sortis du système sans qualification, en attendant les résultats de politiques de lutte contre l'échec qui prendront du temps, comme la priorité au primaire -qui est moins prioritaire que les décrocheurs- et le principe du "plus de maîtres que de classes", a souligné V. Peillon. 

Car les difficultés des "décrocheurs" ont commencé "très souvent dès la grande section, le CP, le CE1", a-t-il souligné. 

"Certains éprouvent de la difficulté, nous transformons cette difficulté en échec, ces échecs finissent par être de l'exclusion", a-t-il déploré, après d'autres ministres avant lui.

Conclusion: les "décrocheurs" sont fichés
Alors que les "livrets scolaires" sont vidés des informations qui pourraient éclairer les professeurs, un nouveau fichier, le SDO – “suivi de l’orientation” – sera mis en place dans les collèges et lycées, via une application nationale dénommée SCONET-SDO. 
Il s’agit cette fois d’un fichage des “décrocheurs”. " Un outil de plus pour lutter contre le décrochage, qui est avec l’absentéisme, un fléau majeur de notre société ", a déclaré Jean Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire au Ministère de l’Education. 
Le dispositif vise à collecter des informations sur les 100 à 150 000 élèves qui abandonnent chaque année. La fiche d’un “décrocheur” devrait comporter son parcours scolaire, le motif du décrochage, ainsi que des commentaires libres. L’utilisation de ces contenus inquiète. Le ministère affirme que ces informations ne seront pas transmises à d’autres administrations, mais les parents d’élèves et les enseignants sont très sceptiques (…). On notera – la circulaire le fait remarquer – que l’article L.313-7, introduit au code de l’Éducation (…), a instauré l’obligation pour les établissements d’enseignement de transmettre les coordonnées de leurs décrocheurs à des personnes et organismes désignés par le préfet ainsi qu’à la mission locale. 
On remarquera d’autre part que le dispositif mis en place sera complété puisqu’une deuxième partie du SDO, un fichage de l’orientation complète de l’élève, devrait voir le jour.

mercredi 5 décembre 2012

La région Ile-de-France veut s'offrir un somptueux hôtel particulier

Pour l'essentiel, la région socialiste fait payer les autres

Huchon refuse de financer le tarif unique du "pass Navigo" à 62 euros
Le Palais Huchon
S’il a été absolument impossible de connaître avec exactitude le montant de ce que va coûter cette mesure , Jean-Paul Huchon a revanche assuré qu'elle sera payée par les entreprises seules, via le Versement Transport, un impôt spécifique à l’Ile-de-France qu'elles versent dès qu'elles ont plus de 9 salariés. Un impôt qui pénalise les PME et les incite à ne pas embaucher. "Je me suis engagé à ne pas augmenter la part des usagers et des collectivités locales, pour que celles-ci puissent continuer à investir", s'est défendu le président PS de Région.

D’autre part, "nous estimons que 50% des voyages en Ile-de-France sont effectués pour des raisons professionnelles. Or, les entreprises paient 40% du coût total des transports. Donc nous pouvons aller jusqu’à 50%, soit 700 millions d’euros".


Mais si le Versement Transport est un impôt, il ne peut pas être augmenté sans l’aval de l’Assemblée Nationale:
les députés de la majorité devront se rendre complices de la région.


Grand Paris Express: un surcoût de 10 milliards d'euros


Le projet de
super-métro automatique Grand Paris Express est destiné à désengorger un réseau vieillissant, saturé et passant systématiquement par le centre de la capitale. Cette estimation prépare l'annonce par le gouvernement d'un étalement des travaux sur un projet à la fois urgent et prioritaire.

Pour ce projet voulu par l'ancien président Nicolas Sarkozy, Huchon a parlé d'un surcoût "qui risque d'être de l'ordre de 30 milliards au lieu de 20 milliards" prévus dans l'accord-cadre signé en janvier 2011 entre la région et l'Etat.Egalement président du STIF, l'autorité territoriale organisatrice de transports en Ile-de-France qui a en charge la maîtrise d'ouvrage d'une partie du projet, Jean-Paul Huchon a mis en cause la Société du Grand Paris (SGP), la structure ad hoc créée par le gouvernement Fillon.

Opposante au projet quand elle était chef de file des écologistes au conseil régional d'Ile-de-France en dénonçant un coût sous-estimé, C. Duflot a désormais la charge de ce projet structurant de la région capitale. Elle n'a eu de cesse de dire que l'Etat poursuivrait ce chantier de supermétro, qui doit voir le jour à l'horizon 2025 et créer de l'emploi.

Mais le président PS de région peut financer le "Palais Huchon"

Logement social d'élus socialo-écolos
Un rassemblement a eu lieu mercredi matin devant le Conseil régional pour dénoncer le projet  du socialiste J.-P. Huchon de faire acheter un somptueux hôtel particulier par la région. Il souhaite faire payer le contribuable francilien pour ce sublime hôtel particulier estimé à ...20 millions d’euros (18 354 € le m2), appartenant à l'État et situé au 29 rue Barbet de Jouy, voisin du n°33 déjà propriété du Conseil régional d'Île-de-France, dans le 7ème arrondissement de Paris, l’un des quartiers les plus huppés de la capitale.

Avec l’argent public, le
 Président de région veut y installer, non pas des sans-abri, mais ses vice-présidents,comme les rois distribuaient des seigneuries aux gens de cour afin de s’assurer de leur fidélité.

Les Conseillers Régionaux, Geoffroy Didier, Pierre Yves Bournazel, et Géraldine Poiraul-Gauvin, se sont réunis devant le palace en question, pour dire leur désaccord avec cette transaction scandaleuse et irresponsable.


On connait le goût du luxe de Jean-Paul Huchon, qui lui aura valu différentes condamnations par la justice, notamment pour " prise illégale d’intérêts ". Ce cadre du parti symbolise parfaitement les dérives socialistes : utilisation des collectivités territoriales comme de baronnies, comportement des élus locaux comparable à celui des seigneurs féodaux qui arrosaient abondamment, avec l’argent du contribuable afin de conserver leurs positions. Quitte à accuser l’État de mauvaise gestion des fonds publics.


Des choix politiques réactionnaires qui vont à l'encontre des théories du PS en campagne. Alors que la Région demande aux PME de contribuer à sa gloire et que le gouvernement stigmatise les riches, Huchon affiche un luxe ostentatoire aux frais des franciliens qui subissent des prix du logement effarants et qui, avec Duflot, avait promis de résoudre la crise du logement dans la région. A voir les photos du bien convoité par la région, on comprend qu’on est bien loin des logements sociaux et de la crise du logement !


Evoquant le 'palais Huchon', Valérie Pécresse, chef de file de l'oposition UMP à la région, a ajouté: "alors même que tous les ministères déménagent et que l'Etat [...] va vendre 5 hôtels particuliers dans le VIIe, c'est le moment où la région devrait vendre, pour aller dans un endroit pas cher". La ministre suggère que la Région "devrait s'installer à Aubervilliers".