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mercredi 27 novembre 2019

Elabe et BFMTV, à l'offensive contre les grévistes du 5 décembre, au côté de Macron

Le soutien des Français à la mobilisation du 5 décembre serait en "net recul", selon  BFM

La paire BFM-Elabe aurait-elle pris la peine d'annoncer que la mobilisation est massivement approuvée ? 



L'entreprise de sondages Elabe, pilotée par BFM, a sondé par internet des Français sélectionnés (cookies ou adresse IP repérées) sur leur appréciation de la mobilisation du 5 décembre prochain. Et si les sondés sont encore majoritaires à soutenir les grévistes, ce soutien semble s'étioler au fil du temps, selon l'entreprise commerciale de sondages à la demande. 

A quelques jours de la grève du 5 décembre, l'homme d'affaires propriétaire de BFM a investi dans un sondage de complaisance envers la majorité, alors que les sondés ne savent rien, ni du projet flou de réforme, ni de l'ampleur et de la durée des grèves reconductibles annoncées. Alors que les salariés des transports et des services publics ont prévu une journée de mobilisation qui  s'annonce extrêmement suivie, de l'aveu même du premier ministre, ce jour, plusieurs syndicats, dont la CGT, FO, la FSU et Solidaires et quatre organisations satellites de la jeunesse (Unef, UNL, MNL et FIDL) ont également confirmé leur présence afin de s’opposer à la réforme des retraites voulue par le gouvernement. Sans compter une partie de la CFDT (Cheminots et RATP), menacée de scission. 

Ce mercredi, si, soulignant sa volonté de mener cette réforme jusqu'au bout sans transiger sur les régimes spéciaux, tout en assurant "en même temps" être "prêt à la discussion," le premier ministre Edouard Philippe a assuré qu'il n'est pas "tétanisé" par la grève interprofessionnelle qui s'annonce pourtant massive,  Macron la craint et la caricature d'avance. Plus offensif, il s'applique d'avance à la caricaturer, polémiquant sur la défense des acquis sociaux et des régimes spéciaux.

Elabe participe à la pression médiatique de l'Elysée sur l'opinion, mettant en oeuvre un nouveau sondage "L’Opinion en direct" publié ce mercredi. Sans surprise, il assure que les Français sont divisés sur cette grève comme sur les précédentes, mais que leur soutien est en net recul depuis la rentrée de septembre.

Un soutien "encore" (sic) majoritaire 

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A une semaine de la mobilisation, cette nouvelle enquête affirme, malgré une marge d'erreur non précisée, que 53% des Français interrogés approuvent la mobilisation contre la réforme des retraites. Un chiffre en baisse de 11 points en comparaison d'une étude datant de début novembre.
Seulement 30% s'y disent opposés, soit grosso modo les inconditionnels actuels du régime selon les sondages, voire hostiles (+6%), selon les sondages. 
Et 17% indifférents (+5%). 

Parmi les catégories socioprofessionnelles d'actifs interrogées, ce sont les ouvriers et les employés qui semblent les plus enclins à soutenir la mobilisation (66% et 64%) : ils sont aussi les plus vulnérables et exposé à la valeur accordée dans l'avenir au point de retraite. En revanche, les retraités semblent plus incertains puisque 48% la désapprouvent et 42% la soutiennent : ils ne semblent pas être directement visés et menacés. 

Selon leurs préférences politiques, les sympathisants semblent également dans l'expectative et la réforme des retraites "polarise les électorats de l’élection présidentielle de 2017", estime Elabe, dont la référence ne tient pas la route, qu'il s'agisse de l'électorat socialiste ou ex-UMP. Ainsi, l'approbation est plus forte parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (81%), de Marine Le Pen (65%) et de Benoît Hamon (64%), ce qui ne fait pas davantage sens en termes de pourcentages. 
En revanche, elle est minoritaire chez les sympathisants de Macron (31%) président apprécié de la "société civile" et des privilégiés et de François Fillon (32%). Cette dernière identification semblant dépassée depuis des années : que les sondés s'en réclament paraît plus que suspect et jette un peu plus le discrédit sur Elabe.

Une grève reconductible ? 

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Le syndicat CFDT-Cheminots a annoncé, jeudi 21 novembre, qu'elle déposera un préavis de grève reconductible à partir du 5 décembre
La durée de la mobilisation est une inconnue qu'Elabe et ses sondés ne semblent pas prendre en compte, relativisant donc ainsi l'intérêt de cette commande par BFM.
Les Français interrogés sont une très large majorité à penser subjectivement que le mouvement va s'inscrire dans la durée (73%), un chiffre en nette hausse, +7%, en comparaison de l'enquête Elabe du 7 novembre pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne, danseuses médiatiques de Bernard Arnault, l'homme d'affaires propriétaire de LVMH, groupe de luxe
A l'inverse, ils sont 26% à estimer que la mobilisation sera courte.

L'enquête à huit jours de la mobilisation est tendancieuse, voire fallacieuse, puisque fondée sur des a priori et des ressentis et motivée par la volonté de manipuler les Français. 
Elabe prend toutefois des précautions. Le clivage "semble" s'estomper, puisque pour une très large majorité des électeurs de l'élection présidentielle de 2017, comme si le paysage politique n'avait pas été profondément bouleversé, le mouvement sera le début d'une mobilisation d'ampleur dans le temps: 85% (+11) des électeurs de Benoît Hamon, 84% (+6) de ceux de Jean-Luc Mélenchon, 77% (+15) de ceux de François Fillon (faut-il dire à Elabe que le spectre de Fillon ne fait peur à personne et que LR n'est pas son enfant ?), 71% (=) de ceux de Marine Le Pen et 65% (+12) de ceux du banquier Macron.

Macron et son gouvernement pointés du doigt 

La réforme des retraites est un puissant levier de la contestation sociale du régime.
Résultat de recherche d'images pour "réforme des retraites"
Sur le fond de la mobilisation, les Français ne font pas confiance à Macron qui, pour 42% des sondés, est l'unique responsable du conflit social provoqué par sa réforme des retraites. 
Ils sont en revanche 24% à estimer que la responsabilité (de la mobilisation ?!) est imputable aux syndicats de salariés et 34% à penser que la responsabilité est partagée, bien qu'ils n'aient rien demandé. Elabe doit relire sa copie !

Et - pendant qu'on en est à intoxiquer l'opinion - cette ambiguïté se retrouve quand on interroge les sondés sur la cause de cette mobilisation. En effet, ils sont à l'évidence nombreux (46%) à penser que la journée du 5 décembre est en réalité une mobilisation globale d'opposition à la politique menée par Macron et le gouvernement (et non par les syndicats ou les partis comme suggéré par les questions précédentes du sondeur).

Ils ne sont que 29% à estimer que cette grève est organisée "avant tout pour défendre les régimes spéciaux" et 24% seulement à penser que cette mobilisation est organisée "contre l'ensemble de la réforme des retraites prévue par le gouvernement." Le mécontentement est donc profond, au-delà même du sujet hyper-sensible des retraites.

Toujours sur le fond de la mobilisation, 7 Français sur 10 se disent pessimistes sur les effets réels de la phase de "concertation" bilatérale du gouvernement avec les parties ces dernières semaines, puisque, selon eux, "tout est déjà décidé" et cette phase "ne sera pas prise en compte." Un chiffre en augmentation, +9%, depuis la précédente étude.
A l'inverse, ils ne sont que 30% (les macroniens) à croire que cette phase de concertation sera prise en compte (-8%).  La défiance des Français grandirait-elle ?

Sondage Elabe réalisé pour BFMTV sur un échantillon de 1006 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 26 et 27 novembre 2019.

vendredi 20 décembre 2013

Plainte du MRAP classée: Manuel Valls n'est pas un "factieux"

Valls n'a pas pu se rendre coupable de provocation à la haine raciale et à la discrimination

La plainte déposée par le MRAP 
a été classée sans suite

Sainte-nitouche 
"Il faut dire la vérité aux Français." 
Seule une minorité de Rom veut s'intégrer en France, avait considéré Manuel Valls, qui ajouta que les autres ont "vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie". Le ministre de l'Intérieur a fait cette déclaration le mardi 24 septembre sur France Inter. 
Selon le ministre, il n'y a "pas d'autre solution que de démanteler ces campements progressivement et de reconduire [ces populations] à la frontière".
"Pour cela, poursuit Manuel Valls, il faut que l'Union européenne, avec les autorités bulgares et roumaines, puisse faire en sorte que ces populations soient d'abord insérées dans leur pays." 

D'après le locataire de la place Beauvau, "cela passe aussi par la fin de cette aide au retour qui a créé un véritable appel d'air. Nous y avons mis fin, et je constate aujourd'hui que les populations d'origine rom ne viennent plus en France, parce qu'elles savent parfaitement aujourd'hui qu'il y a une politique particulièrement ferme, républicaine, respectueuse des personnes, mais particulièrement ferme".

Ni intégration, ni insertion
"C'est illusoire de penser qu'on règlera le problème des populations Roms à travers uniquement l'insertion", a-t-il encore insisté. "Il y a évidemment des solutions d'intégration (...) avec des villages d'intégration, (...) mais il faut trouver des communes qui peuvent accueillir ces villages d'insertion et de toute façon, ils ne concernent que quelques familles."

Cette plainte du MRAP est une première à l'encontre d'un ministre de gauche.


Le Mouvement contre la racisme et pour l'amitié entre les peuples l'a 
déposée le 12 novembre devant la Cour de justice de la République, seule instance habilitée à juger un ministre pour son action dans le cadre de ses fonctions.


Selon le MRAP, Manuel Valls avait nié le droit à la liberté de circulation  aux membres de ce groupe ethnique particulier parmi les ressortissants roumains et bulgares, bien qu'ils en disposent en tant que ressortissants de l'Union européenne.

"Ce faisant, Manuel Valls crée un sentiment de rejet à l'encontre des Rom. Il exhorte à la violence, à la haine et à la discrimination raciste", écrivait l'association dans sa plainte.


Pour Valls, une majorité de Roms n'a pas "vocation" à rester en France

Les Roms sont des "populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation"
, avait expliqué le ministre sur France Inter le 24 septembre.



"J'aide les Français contre ces populations, ces populations contre les Français", avait-il ajouté, jugeant que les Roms ont vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie.


Les propos du ministre socialiste sur les Rom auraient été condamnés  pour quiconque sauf pour lui. D'autres associations antiracistes avaient mis en évidence leur proximité avec le  Parti socialiste, refusant de s'associer aux poursuites judiciaires du Mrap. 
Côté PS, SOS Racisme avait déploré que le ministre de son gouvernement ait "franchi la ligne rouge de l'acceptable", tandis que EGAM, mouvement anti-raciste européen lancé en 2010 à l'initiative de SOS Racisme, lui reprochait simplement de participer à "une exclusion des Rom de la sphère républicaine".
Le ministre socialiste du Redressement productif, Arnaud Montebourgavait quant à lui condamné les propos "excessifs" de son homologue de l'Intérieur Manuel Valls sur le manque de volonté d'intégration des Roms méritaient d'être "corrigés".
Mais l'association d'extrême gauche, proche du PCFavait appelé la gauche - à la différence de la la CJR - à "cesser de se placer sur le terrain de la droite où la bêtise le dispute souvent à l'ignorance".
La ministre EELV qui squatte le ministère du Logement, Cécile Duflot, avait accusé son homologue de l'Intérieur d'être allé "au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain"Aux journées parlementaires de son parti, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), la ministre du Logement était même allée jusqu'à mettre en cause "la responsabilité du président de la République". 



VOIR et ENTENDRE les ambiguïtés de Manuel Valls sur les Rom (2010-2013)
  
Le jugement de la Cour de justice de la République doit maintenant faire jurisprudence

Selon les magistrats de la commission des requêtes,
"il n'apparaît pas (que ces propos) excèdent les limites admissibles de la liberté d'expression". En conséquence, "en l'absence d'éléments de nature à caractériser le délit dénoncé, la plainte doit être classée".

Nathalie Kosciusko-Morizet est ainsi justifiée dans sa dénonciation de "tous ces cris d’orfraie d’une certaine gauche, depuis le début de la semaine, ont quelque chose d’assez absurde, parce qu’au mois de mars dernier, j’ai entendu Manuel Valls, ministre de l’Intérieur qu’on dit de gauche, nous dire : les Rom dans les camps autour de Paris ne veulent pas s’intégrer". Et d'en déduire que "les Parisiens auront le choix l’an prochain entre une ligne NKM, à laquelle manifestement Manuel Valls adhère et la ligne Hidalgo-Taubira, qui est celle d’un certain laxisme". L'ancienne ministre et députée UMP de l'Essonne propose de rétablir les arrêtés anti-mendicité agressive, de "doubler" au moins le nombre de caméras de vidéo-surveillance et de remettre "sur le terrain" des personnels "autour d'une forme de police de quartier".


Entre factieux de droite et de gauche, la justice socialiste ne balance pas, elle tangue

5.000 euros d'amende pour une image de réthorique

Le président d'honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, a été condamné jeudi à plusieurs milliers d'euros d'amende pour une image sur les Rom. A la manière pourtant de François Hollande dans l'affaire du "sale mec" Sarkozy, Valls leur avait attribué cette phrase: "Nous, nous sommes comme les oiseaux, nous volons naturellement".

Cette décision "met fin à une polémique stérile et à des accusations insupportables à l'encontre de Manuel Valls"
, a-t-on estimé au ministère de l'Intérieur. "Cette affaire est judiciairement terminée", a-t-on insisté au ministère, soulignant qu'une décision de classement par la commission des requêtes de la CJR n'est pas susceptible d'appel.  
Mais les censeurs du MRAP et ses semblables ne peuvent plus désormais faire obstacle à la censure de la libre expression des citoyens.



jeudi 10 mai 2012

Trierweiler reconduit Dray à la frontière du QG de Hollande

Trierweiler, cerbère officieux du premier cercle hollandien

Révélation du journal Le Parisien  jeudi:
la presse aux ordres avait occulté...

Valérie Trierweiler a sommé le député socialiste de quitter le QG du prince

Les nouveaux puissants y avaient organisé un pot pour fêter la fin de la campagne.
L'omniprésente concubine du président-élu règle des comptes
Les investigations de la journaliste se sont révélées très superficielles et quand la presse ne bénéficie pas de fuites, elle est fort démunie... 


Dominique Strauss-Kahn était ...rue St Denis
où il régalait ses camarades défavorisés


Trierweiler n'a pas pardonné d'être tombée dans le panneau dressé par Julien Dray, avec la complicité de Dominique Strauss-Kahn, entraînant ceux qu'elle est suppposée protéger. Le coup monté par l 'élu de l'Essonne consistait  en effet à prétendre qu'il fêtait son anniversaire samedi 28 avril au bar-club J’ose, rue Saint-Denis, dans le 2e arrondissement de Paris. Il a donc invité  les élus et sympathisants socialistes en grand nombre et les parasites se sont pressés au raoût avec la famille, comme ce fut le cas de Sa Cynique Majesté Royal accourue avec sa fille.
Mais le nombre de people  au mètre carré intrigua le voisinage qui en informa la twittosphère, éventant le secret. Mais quelle ne fut pas la surprise des  pique-assiettes  quand ils comprirent que l'hôte n'était autre que l'obsédé sexuel, Dominique Strauss-Kahn, poursuivi en justice, ici et là, sur deux continents.

Le guet-apens était grossier, mais ils se sont tous précipités dedans.

Dans le "peuple de  gauche" caviar, ventre affamé n'a point d'oreilles.
Personne n'avait remarqué que,  le 5 mars 1955, Julien Dray avait passé la date d'un mois et qu'avril est en vérité le mois de naissance de ...DSK, né le 25 avril 1949.


Manuel Valls, le directeur de la communication de Hollande,
comme Moscovici ou Le Guen,
était au nombre des présents
à la soupe populaire socialiste


La favorite du "ré-enchanteur" a sanctionné le tour de magie de Juju Dray
Ni épouse, ni élue, la journaliste se substitue pourtant à Hollande qui n'a pas le courage de prendre certaines décisions, comme celle de s'aliéner certains camarades en déclarant DSK  persona non grata au PS...

Certes, Julien  Dray n'a pas eu la courtoisie de prévenir ses invités qu'il n'était qu'un leurre, mais il ne pouvait éventer le truc, dès l'instant où il s'y prêtait non sans malice.

Morale de l'histoire
Les camarades s'adorent et adorent faire des coups, derrière les rideaux de l'Assemblée nationale ou dans les rues chaudes de Pigalle. Quant aux responsables de la campagne de François Hollande, ils ne sont guère perspicaces, ce qui ne laisse rien augurer de bon pour les cinq années à venir.

jeudi 9 décembre 2010

Hortefeux: «L'immigration illégale doit baisser et elle baissera»

Ce serait bon pour le trou de la sécu ou le niveau scolaire !

Dans un entretien au Figaro, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux annonce notamment que la procédure de délivrance des visas sera durcie.


LE FIGARO. - Dans quel état d'esprit retrouvez-vous le ministère de l'Immigration ?
Brice HORTEFEUX - J'avance avec trois principes simples et justes. La France, comme tous les pays, a le droit de choisir qui elle veut et qui elle peut accueillir sur son territoire. De plus, un étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d'origine, sauf situation politique, humanitaire, religieuse ou sanitaire particulière. Enfin, un étranger en situation légale, et respectant nos règles, doit bénéficier, pour l'essentiel, des mêmes droits économiques et sociaux que les Français. C'est en luttant contre l'immigration illégale que nous réussirons l'intégration des étrangers qui respectent nos règles communes. Ma mission est claire : poursuivre, conforter et amplifier la nouvelle politique d'immigration voulue par le président de la République.

Les constatations d'infractions à la législation sur les étrangers ont baissé de 10 % en un an, les reconduites à la frontière diminuent… Ces résultats vous inquiètent-ils ?
L'immigration illégale doit baisser et elle baissera. Depuis 2007, près de 106 000 immigrés clandestins ont été éloignés. Ils sont 25 500 depuis le début de l'année. Nous combattons avec vigueur les passeurs, les mafieux, tous ces esclavagistes modernes qui exploitent la misère humaine : depuis janvier, 156 filières ont été démantelées, contre 126 l'an dernier. C'est donc un progrès record. Enfin, nous surveillons mieux nos frontières, puisque ceux qui tentent d'entrer sans visa ont été près de 100 000 à être refoulés depuis trois ans.

Mais les demandes d'asile augmentent…
J'observe que le système d'asile subit une forte pression à l'échelon européen. Depuis 2008, les demandes d'asile ont augmenté de 18 % en Allemagne, 24 % en Autriche et même 40 % en Belgique. La France n'échappe pas à ce mouvement, puisque nous sommes passés de 35 520 demandeurs en 2007 à 47 686 en 2009, avec une nouvelle hausse de 8 % sur les dix premiers mois de l'année. Notre pays est la troisième destination au monde pour les demandes d'asile, après les États-Unis et le Canada. Et la première en Europe.

Mais doit-on s'en satisfaire ?
Non, car du fait de l'augmentation du nombre de demandes, les délais d'instruction s'allongent jusqu'à dix-neuf mois. Ce n'est pas acceptable. Nous devons mieux distinguer les vrais réfugiés politiques, en danger dans leur pays, des fraudeurs clandestins, qui n'ont rien de combattants de la liberté. Notre politique de l'asile ne doit pas être dévoyée, j'y serai attentif.

Quels sont vos objectifs en matière de contrôle de l'immigration ?
Pour faire baisser la pression de l'immigration clandestine, il faut appliquer concrètement le pacte européen que j'ai fait adopter à l'unanimité en 2008. L'Europe n'est pas une passoire. Elle doit se doter de nouveaux gardes-frontières pour mieux contrôler les frontières extérieures. Parallèlement, je souhaite poursuivre le dialogue avec les pays sources. C'est le meilleur moyen de maîtriser l'immigration, notamment avec le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Une quinzaine d'accords ont, d'ores et déjà, été signés.

Quel est votre calendrier ?
Je prends trois initiatives. Dès lundi prochain, je réunirai tous les préfets pour les mobiliser à nouveau sur la lutte contre l'immigration clandestine. J'ai déjà donné des instructions aux quinze préfets qui n'ont pas atteint leurs objectifs. Dans les prochaines semaines, je les réunirai avec les consuls pour leur fixer mes priorités dans l'attribution de visas et leur demander d'être plus vigilants dans la délivrance des visas de court séjour qui ne doivent pas être des «passeports pour la clandestinité». Enfin, lors du premier semestre 2011, je souhaite réunir les ministres en charge de l'immigration des cinq pays qui concentrent 80 % des flux migratoires vers l'Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie, en plus de la France) mais aussi ceux de Malte, de la Grèce et de Chypre, qui constituent les principaux points d'accès de l'immigration en Europe. Parallèlement à ces initiatives, je veux que nous disposions de nouveaux instruments juridiques. Un projet de loi, préparé sous l'autorité de François Fillon, a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Il prévoit d'étendre la durée de rétention administrative de 30 à 45 jours. Les sénateurs en débattront en janvier. Cette idée fait l'unanimité en Europe.

Votre politique à l'égard des campements illicites va-t-elle se poursuivre ?
Il n'est pas question de stigmatiser telle ou telle communauté. Mais j'entends naturellement continuer à démanteler les campements illicites. Réprimer n'est pas un gros mot. Depuis août dernier, 490 implantations illégales ont été évacuées, sur les 600 recensées.

Peut-on chiffrer le coût des opérations de reconduite aux frontières ?
Lorsque j'étais déjà ministre de l'Immigration, entre 2007 et fin 2008, des estimations fantaisistes et grossières avaient circulé, faisant état d'un coût de 2 milliards d'euros. Selon le rapport de l'inspection générale de l'administration établi à la fin 2009, le coût global est de 232 millions d'euros. Ce montant intègre la totalité des charges, l'hébergement, les frais de transport et les frais de personnels mobilisés. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les économies importantes réalisées grâce à un meilleur contrôle de l'immigration. Croyez-moi, cela coûterait beaucoup plus cher d'ouvrir nos frontières à tout vent !

Pourquoi l'identité nationale a-t-elle disparu de l'intitulé de vos fonctions ministérielles ?
Le débat courageusement mené par mon prédécesseur, Éric Besson, n'a pas été compris. Mais au-delà des mots, sous l'autorité du président de la République, ma mission est de permettre la cohésion de notre société et le respect de nos valeurs républicaines.

mercredi 14 novembre 2007

D’accord sur la forme, la CGT ne l’est pas sur le fond

A la différence de la CFDT…
La CGT a saisi la perche tendue par le gouvernement, à savoir l'organisation de discussions tripartites mais dans chaque entreprise concernée, pour sortir au plus vite de la crise. Mais les choses sérieuses ne font que commencer : le gouvernement refuse de revenir sur les 40 annuités, alors que les conducteurs peuvent encore actuellement prendre leur retraite dès …50 ans ! Même dans l’armée, c’est 55 ans…
Pour sortir de la crise, Bernard Thibault a effectué un pas chassé dès mardi soir. Il a donc accepté des négociations entreprise par entreprise (SNCF, RATP, EDF et GDF) sur chaque régime spécial, à la condition sine qua non que l'Etat y participe. Jusqu'alors, le patron de la CGT réclamait une négociation globale tripartite, par conséquent avec l'Etat.
Mercredi le gouvernement a donc accepté à son tour de faire un pas et de déléguer un représentant aux négociations. C'est une "opportunité" pour "trouver une issue au conflit", a jugé Nicolas Sarkozy, qui suit le dossier, en laissant François Fillon et Xavier Bertrand au contact. C'est d'ailleurs Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, son plus proche collaborateur, qui a annoncé son accord à la CGT dans "Le Monde": "On a accepté".
Le ministre du Travail Xavier Bertrand est d'ailleurs venu à l’Elysée rendre compte à la mi-journée de ses entretiens avec la CGT et l'UNSA mardi soir, puis avec la CFTC, la CFDT, FO et la CGC mercredi. "Les choses progressent, le dialogue progresse", a-t-il confirmé. "Ça avance", a également assuré François Fillon.

A propos du cadre des négociations, plusieurs questions restaient en suspens, à commencer par la durée des négociations. La CGT a demandé qu'elles durent "au moins un mois", délai compatible avec le souhait du gouvernement d'aboutir avant la fin de l'année.
Il reste au ministre du Travail à préciser le contenu encore conflictuel des discussions. D'accord sur la forme -des négociations à trois dans chaque entreprise- le gouvernement et les syndicats ne le sont pas du tout sur le fond. Alors que les principales fédérations de la SNCF ou de la RATP exigent une modification des principes mêmes de la réforme, le gouvernement a confirmé qu’il ne transigera pas sur ce point.
"Il y a trois sujets qui (...) ne peuvent pas faire l'objet de négociations:
- les 40 annuités de cotisation en 2012 (alors que tous les autres en seront arrivés à 45…);
- l'indexation des pensions sur les prix comme pour les autres régimes;
- et le principe d'une décote et d'une surcote", a répété dans l'après-midi François Fillon, au risque de refroidir l’atmosphère. Manière, aussi, pour le Premier ministre d'envoyer un signal de fermeté à son électorat et à ses troupes, comme aux négociateurs.
"Il faut tenir le cadre de la réforme", a d'ailleurs averti le député UMP villepiniste Hervé Mariton, vigilant ces dernières semaines sur l’équité entre salariés et la fermeté envers les privilégiés . Si cette réforme "était mise au placard", "toutes les réformes seraient compromises ", a convenu Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.
"Tout le reste" est "négociable" au niveau des entreprises, a poursuivi F. Fillon, répétant ce qu'il dit depuis plusieurs jours. Il a de nouveau cité

- les salaires,
- les conditions de travail,
- la pénibilité
- et l'aménagement des fins de carrière.

Reçu mardi à l'Elysée, le président de la RATP Pierre Mongin a ainsi proposé d'"adapter la grille des salaires" et "de rajouter un échelon de rémunération supplémentaire pour les salariés" en fin de carrière. Sachant qu'il est envisagé d'accordé un calcul des retraites sur la base du dernier bulletin de salaire, et non pas des 25 dernières années (comme dans le privé), ni des six derniers mois (comme dans le public). Va-t-on vers le remplacement des avantages acquis obsolètes par de nouveaux, revisités et plus avantageux que dans d'autres professions?...

Pas de quoi satisfaire les syndicats conservateurs et Sud Rail, qui, non repésentatif mais prêt à tout, n'a pas été convié à participer aux négociations. "Je ne suis pas là pour négocier des mesures d'accompagnement", a sèchement répliqué Didier Le Reste, patron de la fédération CGT-cheminots, qui roule des mécaniques à l'attention de sa base, au moment de bénéficier pourtant de nouveaux avantages inéquitables, mais pour qui "tous les sujets doivent être sur la table".


Dans ces conditions, les préavis de grève ont été reconduits à la RATP et à la SNCF pour la journée de jeudi. Et vogue la galère! Car l’opinion est hostile au maintien des inégalités : la première journée a été fortement suivie, mais moins que prévu et encore moins que celle du 18 octobre.