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mardi 3 décembre 2019

Retraites: Blanquer humilie les grévistes du 5 décembre

"Certains sont en grève parce qu'ils ne comprennent pas tout", assène le pédagogue 

Macron veut passer par le test de la rue

Deux des arrogants de la macronie


Pour défendre la réforme des retraites qui mobilise contre elle une grande majorité des Français selon les sondages, à trois jours de la mobilisation contre la réforme, sur RTL lundi 2 décembre, le ministre démagogue de l'Education a assuré qu'il s'agit d'assurer "pour les générations à venir", une "retraite plus équitable et plus simple". 

"Si nous voulons assurer l'égalité et la simplicité (...), nous devons jouer sur un paramètre," a ajouté ce proche d'Alain Juppé.
"Les trois paramètres qui existent en matière de retraite, c'est le niveau de pension, le montant des cotisations et l'âge de départ à la retraite", a expliqué le ministre, qui s'exprimait au lendemain d'une réunion organisée à Matignon pour faire le point sur cette réforme contestée des retraites, à quelques jours de la journée de mobilisation du 5 décembre.

"Nous savons que nous ne voulons pas diminuer le montant de la pension. [Le peuvent-ils, et après eux leurs successeurs, puisque la valeur du point de retraite dépend du contexte économique]. C'est l'engagement vis-à-vis des Français (...). Nous ne souhaitons pas travailler sur l'augmentation des cotisations, parce qu'il y a déjà beaucoup de charges sociales sur les Français", a développé Blanquer, ex-recteur d'académie à Créteil, quand son ami Xavier Darcos fut lui-même ministre à son poste actuel.

"Toute la discussion porte sur l'âge", a indiqué le ministre, ajoutant que "ce point-là n'est pas encore défini", "il se discute", depuis 18 mois. A la question de savoir si tout le monde allait devoir travailler plus longtemps, le ministre a répondu - de manière biaisée -  qu'"indépendamment de la réforme, tout le monde a compris que dans un pays où on vit plus vieux et où il y a moins d'actifs, il est normal d'agir sur l'un des paramètres".

Les Français sont déconnectés... du gouvernement

Quant à ceux qui ont annoncé vouloir faire grève, "je pense que certains sont en grève parce qu'ils ne comprennent pas tout", a lâché le ministre à l'encontre des "gens qui ne sont rien", avant de se reprendre et d'ajouter qu'il appartient au gouvernement d'expliquer la réforme avant la grève du 5 décembre. 
D'autres "ont envie de faire valoir leur façon de voir, ce qui est tout à fait leur droit en démocratie", a poursuivi le ministre qui a maintenu l'élément de langage sur la volonté de dialogue [de sourds] du gouvernement en amont du mouvement social.

S'exprimant sur les retraites des enseignants, le ministre a expliqué que les primes - lesquelles n'existent que pour les hauts fonctionnaires  - seront "intégrées" dans le calcul des rémunérations. Aujourd'hui, les primes "ne sont pas très élevées", a-t-il concédé, avant d'assurer que le gouvernement "travaille sur cette inégalité", notamment en revalorisant les salaires. "Il y a des revalorisations en 2020 qui ont déjà été budgétées", a rappelé Blanquer, évoquant "850 millions d'euros pour le pouvoir d'achat des enseignants" en 2020, avant d'autres mesures en 2021.
"En même temps", en septembre 2018, le ministère a annoncé des suppressions de postes en 2019 : moins de postes pour plus de pouvoir d'achat. C'est de cette façon que le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a justifié la suppression, dans "le second degré et les services administratifs", de 1.800 postes cette année qui s'achève, dans un contexte global d'économie. Cela représente "0,2% des emplois du ministère", a précisé le ministre dans un entretien avec Le Figaro. 

mercredi 27 novembre 2019

Elabe et BFMTV, à l'offensive contre les grévistes du 5 décembre, au côté de Macron

Le soutien des Français à la mobilisation du 5 décembre serait en "net recul", selon  BFM

La paire BFM-Elabe aurait-elle pris la peine d'annoncer que la mobilisation est massivement approuvée ? 



L'entreprise de sondages Elabe, pilotée par BFM, a sondé par internet des Français sélectionnés (cookies ou adresse IP repérées) sur leur appréciation de la mobilisation du 5 décembre prochain. Et si les sondés sont encore majoritaires à soutenir les grévistes, ce soutien semble s'étioler au fil du temps, selon l'entreprise commerciale de sondages à la demande. 

A quelques jours de la grève du 5 décembre, l'homme d'affaires propriétaire de BFM a investi dans un sondage de complaisance envers la majorité, alors que les sondés ne savent rien, ni du projet flou de réforme, ni de l'ampleur et de la durée des grèves reconductibles annoncées. Alors que les salariés des transports et des services publics ont prévu une journée de mobilisation qui  s'annonce extrêmement suivie, de l'aveu même du premier ministre, ce jour, plusieurs syndicats, dont la CGT, FO, la FSU et Solidaires et quatre organisations satellites de la jeunesse (Unef, UNL, MNL et FIDL) ont également confirmé leur présence afin de s’opposer à la réforme des retraites voulue par le gouvernement. Sans compter une partie de la CFDT (Cheminots et RATP), menacée de scission. 

Ce mercredi, si, soulignant sa volonté de mener cette réforme jusqu'au bout sans transiger sur les régimes spéciaux, tout en assurant "en même temps" être "prêt à la discussion," le premier ministre Edouard Philippe a assuré qu'il n'est pas "tétanisé" par la grève interprofessionnelle qui s'annonce pourtant massive,  Macron la craint et la caricature d'avance. Plus offensif, il s'applique d'avance à la caricaturer, polémiquant sur la défense des acquis sociaux et des régimes spéciaux.

Elabe participe à la pression médiatique de l'Elysée sur l'opinion, mettant en oeuvre un nouveau sondage "L’Opinion en direct" publié ce mercredi. Sans surprise, il assure que les Français sont divisés sur cette grève comme sur les précédentes, mais que leur soutien est en net recul depuis la rentrée de septembre.

Un soutien "encore" (sic) majoritaire 

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A une semaine de la mobilisation, cette nouvelle enquête affirme, malgré une marge d'erreur non précisée, que 53% des Français interrogés approuvent la mobilisation contre la réforme des retraites. Un chiffre en baisse de 11 points en comparaison d'une étude datant de début novembre.
Seulement 30% s'y disent opposés, soit grosso modo les inconditionnels actuels du régime selon les sondages, voire hostiles (+6%), selon les sondages. 
Et 17% indifférents (+5%). 

Parmi les catégories socioprofessionnelles d'actifs interrogées, ce sont les ouvriers et les employés qui semblent les plus enclins à soutenir la mobilisation (66% et 64%) : ils sont aussi les plus vulnérables et exposé à la valeur accordée dans l'avenir au point de retraite. En revanche, les retraités semblent plus incertains puisque 48% la désapprouvent et 42% la soutiennent : ils ne semblent pas être directement visés et menacés. 

Selon leurs préférences politiques, les sympathisants semblent également dans l'expectative et la réforme des retraites "polarise les électorats de l’élection présidentielle de 2017", estime Elabe, dont la référence ne tient pas la route, qu'il s'agisse de l'électorat socialiste ou ex-UMP. Ainsi, l'approbation est plus forte parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (81%), de Marine Le Pen (65%) et de Benoît Hamon (64%), ce qui ne fait pas davantage sens en termes de pourcentages. 
En revanche, elle est minoritaire chez les sympathisants de Macron (31%) président apprécié de la "société civile" et des privilégiés et de François Fillon (32%). Cette dernière identification semblant dépassée depuis des années : que les sondés s'en réclament paraît plus que suspect et jette un peu plus le discrédit sur Elabe.

Une grève reconductible ? 

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Le syndicat CFDT-Cheminots a annoncé, jeudi 21 novembre, qu'elle déposera un préavis de grève reconductible à partir du 5 décembre
La durée de la mobilisation est une inconnue qu'Elabe et ses sondés ne semblent pas prendre en compte, relativisant donc ainsi l'intérêt de cette commande par BFM.
Les Français interrogés sont une très large majorité à penser subjectivement que le mouvement va s'inscrire dans la durée (73%), un chiffre en nette hausse, +7%, en comparaison de l'enquête Elabe du 7 novembre pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne, danseuses médiatiques de Bernard Arnault, l'homme d'affaires propriétaire de LVMH, groupe de luxe
A l'inverse, ils sont 26% à estimer que la mobilisation sera courte.

L'enquête à huit jours de la mobilisation est tendancieuse, voire fallacieuse, puisque fondée sur des a priori et des ressentis et motivée par la volonté de manipuler les Français. 
Elabe prend toutefois des précautions. Le clivage "semble" s'estomper, puisque pour une très large majorité des électeurs de l'élection présidentielle de 2017, comme si le paysage politique n'avait pas été profondément bouleversé, le mouvement sera le début d'une mobilisation d'ampleur dans le temps: 85% (+11) des électeurs de Benoît Hamon, 84% (+6) de ceux de Jean-Luc Mélenchon, 77% (+15) de ceux de François Fillon (faut-il dire à Elabe que le spectre de Fillon ne fait peur à personne et que LR n'est pas son enfant ?), 71% (=) de ceux de Marine Le Pen et 65% (+12) de ceux du banquier Macron.

Macron et son gouvernement pointés du doigt 

La réforme des retraites est un puissant levier de la contestation sociale du régime.
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Sur le fond de la mobilisation, les Français ne font pas confiance à Macron qui, pour 42% des sondés, est l'unique responsable du conflit social provoqué par sa réforme des retraites. 
Ils sont en revanche 24% à estimer que la responsabilité (de la mobilisation ?!) est imputable aux syndicats de salariés et 34% à penser que la responsabilité est partagée, bien qu'ils n'aient rien demandé. Elabe doit relire sa copie !

Et - pendant qu'on en est à intoxiquer l'opinion - cette ambiguïté se retrouve quand on interroge les sondés sur la cause de cette mobilisation. En effet, ils sont à l'évidence nombreux (46%) à penser que la journée du 5 décembre est en réalité une mobilisation globale d'opposition à la politique menée par Macron et le gouvernement (et non par les syndicats ou les partis comme suggéré par les questions précédentes du sondeur).

Ils ne sont que 29% à estimer que cette grève est organisée "avant tout pour défendre les régimes spéciaux" et 24% seulement à penser que cette mobilisation est organisée "contre l'ensemble de la réforme des retraites prévue par le gouvernement." Le mécontentement est donc profond, au-delà même du sujet hyper-sensible des retraites.

Toujours sur le fond de la mobilisation, 7 Français sur 10 se disent pessimistes sur les effets réels de la phase de "concertation" bilatérale du gouvernement avec les parties ces dernières semaines, puisque, selon eux, "tout est déjà décidé" et cette phase "ne sera pas prise en compte." Un chiffre en augmentation, +9%, depuis la précédente étude.
A l'inverse, ils ne sont que 30% (les macroniens) à croire que cette phase de concertation sera prise en compte (-8%).  La défiance des Français grandirait-elle ?

Sondage Elabe réalisé pour BFMTV sur un échantillon de 1006 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 26 et 27 novembre 2019.

mardi 26 novembre 2019

Grèves du 5 décembre : Le Monde accuse les gauches d'en faire une mobilisation anti-Macron

L’opposition veut faire de la journée du 5 décembre une mobilisation contre la personne du président

Le Parti socialiste, La France insoumise, les écologistes et le Parti communiste voient dans la manifestation du 5 décembre l’occasion d’unir toutes les formations.
De gauche à droite, Pierre Laurent (Parti communiste), Eric Coquerel (La France insoumise), Eliane Assassi (Parti communiste), Patrick Kanner (Parti socialiste) et Olivier Faure (Parti socialiste), donnent une conférence de presse contre la privatisation d’ADP, le 12 novembre à Paris. 

A quatre mois des élections municipales, le large front de mécontentement contre la politique sociale du gouvernement, peut servir les intérêts de l’opposition de gauche, selon le journal Le Monde, propriété de deux hommes d'affaires, des affidés du banquier Macron.

Alors que le 5 décembre, la journée d’action contre la réforme des retraites s’annonce massive et que viennent s’y agréger une série de colères sociales – école, hôpital, police, étudiants… –, les différentes forces de la gauche politique ont décidé d’appuyer la mobilisation, marquant leur réprobation  de l'ensemble de la politique de Macron.

A gauche, la journée d’action syndicale fédère tout le monde : Macron fait l'unanimité contre lui. Il y avait déjà eu la bataille pour un référendum contre la privatisation d’ADP, qui réunit depuis des mois les anciens adversaires. Cette fois, toutes les formations de gauche et les écologistes, tout aussi radicaux, se retrouvent pour se joindre aux défilés syndicaux.

Macron favorise "convergence des "colères" et des "luttes"

Pour la première fois depuis bien longtemps, le Parti socialiste a ainsi solennellement appelé ses militants et sympathisants à se joindre aux manifestations dans une résolution adoptée à l’unanimité lors de son conseil national, samedi 23 novembre à Paris : "Le PS apporte son soutien à la manifestation du 5 décembre pour dénoncer une vision de la société qui se résume à la loi du premier de cordée", explique le texte.

Les socialistes veulent ainsi défendre le modèle social et les services publics mis à mal par l'ancien ministre de Hollande et voient dans la mobilisation du 5 plus qu’un rassemblement de défense des retraites : "C’est un moment de cristallisation sur les politiques antisociales du gouvernement et une volonté commune de ne pas laisser détruire ce qu’on a mis tant de temps à construire", insiste Olivier Faure. Le premier secrétaire se prend même à espérer, avec des accents de radicalité qu’on ne lui connaissait pas, "un mouvement de convergences des colères contre ce nouveau monde qui ne peut être le nôtre".

La France insoumise, qui sera présente le 5 décembre, veut profiter de la mobilisation pour pousser pour "son contre-projet de réforme". Elle attend elle aussi beaucoup de la mobilisation à venir. Le mouvement "populiste" - c'est Le Monde qui l'ecrit - de gauche espère une convergence des luttes, prémices d’une "fédération populaire" qu’il appelle de ses vœux. "En France, le 5 décembre pourrait être ce moment si spécial qui partout fut déclencheur d’une vague de fond, écrit Jean-Luc Mélenchon sur son blog. Le nombre des arrêts de travail annoncés est extrêmement élevé. Nombre d’entre eux sont reconductibles. Ce point nous fait devoir."

Et le député parachuté sur les Bouches-du-Rhône d’espérer créer l’union avec la manifestation des Gilets Jaunes, prévue le 7 décembre : "Ce serait un cinq à sept en quelque sorte. (…) Je crois que le besoin impérieux est celui d’un mouvement ample impliquant toutes les catégories de population disponibles, salariées ou non."

"Nous voulons aussi montrer au gouvernement, et aux forces syndicales, que d’autres propositions sont sur la table. "

Le Parti communiste sort du bois. Fabien Roussel, le secrétaire national, veut ainsi saisir l’occasion de la mobilisation pour construire la riposte au gouvernement. Il organise le 11 décembre un meeting où il fera tribune commune avec les autres chefs de parti à Saint-Denis. "Nous appelons à manifester mais nous voulons aussi montrer au gouvernement, et aux forces syndicales, que d’autres propositions sont sur la table et portées par les forces politiques de gauche et écologistes", a ainsi lancé F. Roussel sur RTL.

Europe Ecologie-Les Verts soutient aussi la mobilisation du 5 et participera au meeting initié par le PCF. "On a été invité, on ira. On est pour ce mouvement social", répond David Cormand, le secrétaire national sortant. Pour autant, D. Cormand émet des réserves. "On ne doit pas rester dans une stratégie défensive. L’idée n’est pas de se tenir chaud tous ensemble et d’encaisser les coups. Ce qu’il faut, c’est la convergence des buts", estime-t-il. Il ajoute cependant : "On doit faire coaliser la lutte contre la privatisation d’ADP, contre la suppression des emplois aidés, contre la réforme de l’assurance chômage… les attaques sont partout."

samedi 23 novembre 2019

Grèves du 5 décembre : le PS appelle ses partisans à descendre dans la rue

Avec sa réforme des retraites, Macron ravigote le  PS...

Les socialistes réagissent au flou 
de Macron et à la caricature de la mobilisation  

Le Conseil national du parti socialiste a appelé à l'unanimité ses sympathisants à manifester le 5 décembre.
"Le Parti socialiste apporte son soutien à la manifestation du 5 décembre (contre le projet de réforme des retraites) et appelle ses sympathisants à se joindre aux cortèges", à Paris et en province, indique la résolution du  Conseil national réuni samedi à Paris.

Olivier Faure, premier secrétaire du parti, a répondu à Macron qui a réduit cette manifestation à la défense des régimes spéciaux : "il n'y a qu'un régime spécial que les manifestants veulent abolir, tout de suite, celui des grandes fortunes", qui sont "renforcées", selon lui, par la politique du président.

"Le président de la République et le gouvernement méprisent les craintes légitimes de nos concitoyens" en entretenant volontairement le flou sur une réforme qui semble conçue uniquement dans une logique comptable au détriment du niveau des pensions et de la solidarité collective, affirme la résolution du PS.

"Nous réaffirmons notre attachement à un système de retraite qui place en son cœur la solidarité par la répartition, qui prend pleinement en compte la pénibilité du travail, qui reconnaît les carrières longues et le droit à une retraite progressive, et qui assure à tous les retraités un revenu juste et décent", ajoute-t-on. 

Faure s'est enfin demandé "jusqu'où le PS (était) prêt à s'ouvrir". 

O. Faure a également rappelé que le PS participerait au meeting organisé par le PCF, le 11 décembre à Saint-Denis, pour avancer "des contre-propositions", au projet du gouvernement sur les retraites.

"Jusqu'à LREM ? Non, non et non"
, a-t-il répondu sous les applaudissements. "Il arrive que le parti du président soutienne quelques-uns d'entre nous (aux municipales). Qu'il nous soutienne tous et toutes, nous avons les meilleurs candidats! Mais le soutien n'est pas réciproque", a-t-il insisté.

Des syndicats de la RATP et de la SNCF ont annoncé une grève reconductible le 5 décembre et ont été rejoints par l'intersyndicale CGT, FO, FSU et Solidaires pour une grève interprofessionnelle, puis par des organisations d'Air France, d'EDF, d'avocats...

jeudi 21 novembre 2019

Grève du 5 décembre : Buzyn dénonce "des revendications très corporatistes" des syndicats

La ministre remue le couteau de la polémique dans la plaie sociale ouverte

Les syndicats rejettent la réforme "parce qu'ils ne veulent pas la disparition d'un régime extrêmement avantageux"


Ces propos polémiques de 
la ministre de la Santé révèlent une fébrilité grandissante parmi les membres du gouvernement, jeudi matin sur Franceinfo, à deux semaines de la grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites que le pouvoir macronien veut imposer par décrets.

Alors que la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites s'annonce très suivie, voire reconductible dans certains secteurs, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a perdu son éternel sourire de Joconde pour s'en prendre aux syndicats, dont la CFDT, réformiste qui menace de se joindre aux autres. 

"Ce sera une mobilisation importante, nous le savons", a répondu la ministre. 
Cette grève interprofessionnelle est prévue par la CGT, FO, la FSU et Solidaires aux côtés de plusieurs syndicats de la RATP et de la SNCF, d'Air France ou encore du Conseil national des barreaux, qui représente les avocats.

Le gouvernement en tiendra-t-il compte ? 
La ministre n'a manifesté aucun signe d'ouverture:  "Nous verrons", a répondu Buzyn, rappelant que des discussions étaient en cours avec les organisations syndicales sur le futur système universel de retraites à points voulu par Macron en lieu et place des 42 régimes existants. 
Or, le système par points n’est pas une garantie contre la baisse des pensions, puisque leur montant dépend de la valeur accordée au point.

"Ils ne veulent même pas d'une réforme par points, 
Ou plus, du fait du flou entretenu
Buzyn désigne les syndicats à la la vindicte populaire. "Les Français doivent quand même réaliser que ce sont aujourd'hui des syndicats qui défendent des régimes spéciaux extrêmement déficitaires qui sont payés par nos impôts et donc ce sont des revendications très corporatistes", a estimé Buzyn, plus populiste que jamais. "Ce sont des gens qui ne connaissent pas la réforme et qui juste ne veulent pas d'une réforme parce qu'ils ne veulent pas la disparition d'un régime extrêmement avantageux", a-t-elle polémiqué.

La poudre aux yeux gouvernementale plus égalitariste qu'égalitaire 
Interrogée pour savoir si les cheminots sont du niveaux des employées de GAD, selon Macron, et ne connaissent pas la réforme, la ministre s'est esclaffée : "ils ne veulent même pas d'une réforme par points". "Ils ne veulent pas de réforme qui vise à l'universalité, c'est-à-dire que tous les Français soient traités pareil"
En vérité, tous perdants, sauf ceux et celles qui peuvent financer une mutuelle complémentaire privée, de celles qui ne redistribuent d'ailleurs que 60% de ce qu'elles collectent. 

Le gouvernement souhaite "que nous ayons un seul système de retraite unique pour chacun d'entre nous et là, avant même d'avoir un texte de loi [il serait tant en effet de savoir de quoi on parle depuis dix-huit mois], ces régimes spéciaux font grève parce qu'ils veulent garder évidemment leurs avantages acquis" a répété Buzyn en boucle. "Ils ne disent pas 'on n'est pas d'accord avec votre réforme', ils disent 'nous n'en voulons aucune'", a-t-elle caricaturé.
Syndicat réformiste favorable à un système universel à points, la CFDT, a appelé de ses vœux une réforme des retraites systémique qui soit "porteuse de progrès". Mais son patron, Laurent Berger, voit venir une réforme paramétrique et conteste le constat pessimiste sur l'aggravation du déficit des régimes de retraite d'ici 2025 et réfute toute réforme paramétrique sur la durée de cotisation ou l'âge-pivot.
"C'est une réforme porteuse de progrès et
à la condition qu'elle soit juste que soutient la CFDT" a affirmé Laurent Berger à l'issue de la réunion du bureau national de la confédération, qui s'est tenue ce jeudi. Partisane d’un système universel par points pour les retraites, la CFDT a mis la pression sur le gouvernement. Le syndicat réclame "qu'il se positionne clairement et rapidement sur le projet de réforme des retraites qui est en cours de préparation". "Nous demandons au président de la République qu'il applique son programme en mettant en oeuvre une réforme systémique sans réforme paramétrique qui serait inutile, anxiogène et source d'inégalité" a insisté Laurent Berger.
La date d'application de la réforme reste également indéterminée.
Dans cette future réforme des retraites, "tous ceux qui ont acquis des droits jusqu'à la mise en œuvre de la réforme (...), et qui sont entrés dans un système, auront leurs droits totalement préservés", a par ailleurs assuré Buzyn. La réforme des retraites "ne touche pas les retraités actuels, ni ceux qui sont à moins de 5 ans de la retraite", explique-t-elle. Cette réforme a pour but de défendre "les jeunes qui entrent dans la vie active aujourd'hui, qui vont avoir des parcours beaucoup plus diversifiés et qui ne vont pas avoir de statut pérenne toute leur vie", a-t-elle raconté. C'est pour cela qu'"il faut leur assurer un système de retraite qui leur garantisse une retraite correcte". Et on ne sait toujours pas quel système !
"Si le gouvernement veut s'en tenir à une réforme paramétrique, la CFDT s'y oppose," a déclaré Laurent Berger. "Il est grand temps que le gouvernement sorte de son 'ambiguïté. (...) On a besoin de clarté et de lisibilité", a-t-il souligné, dénonçant la "construction politique" que constitue le retour à l'équilibre financier du régime en 2025.
"Nous allons décider de la génération à laquelle" cette réforme "va s'appliquer", lâche Agnès Buzyn, visiblement dans le brouillard, alors que la "clause du grand-père" - qui signifierait que la réforme ne s'applique qu'à ceux qui ne sont pas encore entrés dans la vie active - est rejetée par Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites et porteur de la réforme en cours. "Si on fait la 'clause du grand-père' pour une profession, il faut la faire pour tout le monde, question d’équité; ça veut dire que l’on renonce à la réforme." (phrase issue d’un entretien publié dans Le Parisien, le 6 novembre). Il défend l’instauration d’un "régime universel" et on n'en sait guère plus.
Dans le rapport de Jean-Paul Delevoye, il était prévu que la réforme s'applique à ceux nés après 1963, mais la ministre n'a pas écarté la possibilité que ça puisse "être décalé dans le temps". A quel point ? 

En fait, Delevoye et Buzyn évoquent des mesures qui ne sont pas arbitrées.
Mais ils sont à fond pour la réforme que décidera Macron, quelle qu'elle soit! 
Quant aux députés de la majorité, n'en parlons même pas...

vendredi 8 novembre 2019

Retraites : près d'un Français sur deux ne marche pas dans la réforme Macron

La "pédagogie" suffira-t-elle à aveugler les Français: alors, peut-être le LBD 40 ?

Seuls 29% des Français sont favorables au régime universel de retraite par points, que Macron tente d'imposer par décrets


Et à l'approche des grèves du 5 décembre, qui s'annoncent massivement suivies,
37% se déclarent être prêts à se mobiliser 
contre la réforme dans les semaines et mois à venir, confirme le dernier sondage Elabe. 

Les Français s'arc-boutent un peu plus à mesure qu'ils en savent davantage sur la réforme des retraites, dont les détails restent à dessein plutôt flous pour l'instant, indique ce dernier sondage publié ce jeudi par 'Les Echos' (Groupe Les Echos-Le Parisien, détenu par LVMH). Selon l'entreprise commerciale Elabe, 47% des Français sont opposés à la réforme des retraites, une hausse de 4 points en un mois

Seuls 29% sont favorables à cette réforme dont les modalités font débat au sein même de l'exécutif.
L'opposition est notamment en forte hausse chez les actifs entre 25 et 49 ans, signe que la tentative du gouvernement de faire la pédagogie de la réforme - comprendre de la com' par l'entremise des media soumis -  est un fiasco. 
Le soutien à la réforme a aussi reculé de 10 points en un mois dans les catégories sociales populaires, qui ne sont plus que 19% à être favorables au projet du gouvernement. La seule catégorie sociale favorable à la réforme est celles des retraités, qui ne seront pas touchés par les changements à venir.

Les appels contre la réforme se multiplient pour le 5 décembre

Plusieurs secteurs se sont déjà mobilisés contre le projet, dès septembre, dont les employés de la RATP, avec une grève très suivie le 13 septembre, puis les professions libérales qui ont défilé à Paris le 16 septembre.

Depuis, la CGT, FO, FSU, Solidaires et quatre organisations de jeunesse ont appelé à "une première journée de grève interprofessionnelle" le jeudi 5 décembre. 
Ce même 5 décembre, les syndicats de la SNCF et de la RATP ont appelé à une grève illimitée dans les transports en commun. Lors d'une "assemblée des assemblées", le 3 novembre, des représentants des Gilets Jaunes se sont quant à eux prononcés pour une convergence des luttes ce même 5 décembre.

44% des employés et des ouvriers affirment être prêts à se mobiliser.
Le spectre d'une mobilisation massive du type de celle qui a renversé le gouvernement Juppé en 1995 ne semble donc plus exclue. Selon le sondage Elabe, 37% des Français déclarent être prêts à se mobiliser dans les semaines à venir contre ce changement du système de retraite.

Chez les actifs, 44% des employés et des ouvriers y sont prêts, mais aussi 31% des cadres. "Ce n'est pas encore décembre 95, mais les ingrédients d'une mobilisation forte se mettent en place", a commenté Bernard Sananès, président d'Elabe, cité par Les Echos.

Macron, condamné à une introduction progressive de la réforme 

Face à la montée des colères syndicale et sociale, l'exécutif s'est dit prêt en octobre à étudier la piste d'une mise en place différée pour les perdants de la réforme

Suite au fuitage organisé d'un document de travail dont Les Echos avait trouvé une copie dans sa boîte aux lettres, la mise en place du régime universel par points pourrait être repoussée, voire applicable aux seuls nouveaux entrants  et seulement dans certaines professions très mobilisées.
Le gouvernement, qui a promis de prendre le temps pour élaborer le nouveau régime universel des retraites promis par Macron dans ses engagements de campagne, prévoit son adoption d'ici la fin de la session parlementaire de l'été 2020 en vue d'une mise en oeuvre à partir de 2025.

Jean-Paul Delevoye opposé à "la clause du grand-père"

Toutefois, ce jeudi, le haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, s'est dit opposé à la " clause du grand-père", qui réserverait le futur régime universel de retraites aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail. "J'ai toujours dit que si on appliquait de façon généralisée la 'clause du grand-père', cela reviendrait à créer un 43e régime. C'est impossible !", a asséné Jean-Paul Delevoye dans un entretien accordé jeudi au  journal Le Parisien (encore LVMH, comme Les Echos).


"Moi, je ne transigerai pas sur l'objectif", a insisté J.-P. Delevoye. 
"Si la grève du 5 décembre est une grève catégorielle, si elle vise à s'opposer au régime universel, je ne l'entends pas." "C'est ma position. Après, c'est au premier ministre d'arbitrer", a-t-il conclu.