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vendredi 24 août 2018

Sondage de rentrée : une majorité de Français doute des capacités du président

Crédibilité et confiance en chute libre...

Les Français sont 54% à juger l'action du chef de l'Etat décevante, 

confirme un sondage Elabe. 

Seulement 14% l'estiment "satisfaisante".
Diffusé mercredi pour la rentrée de l'exécutif, le sondage Elabe est sans appel. Macron perd encore -5 points par rapport à une précédente enquête mi-juillet et ils ne sont plus que 14% (-1) à la juger "satisfaisante". Pour un Français interrogé sur trois en revanche (32%, +6), "il est encore trop tôt pour se prononcer".

80% des Français le trouvent autoritaire. 
Après l'affaire Benalla et la trêve estivale, l'image d'Emmanuel Macron se dégrade encore par rapport à une enquête de janvier, selon ce sondage pour BFMTV. Huit Français sur dix le trouvent autoritaire, un ressenti en hausse (80%, +7) et ils sont aussi moins nombreux à le juger "dynamique" (72%, -5) et "capable de réformer le pays" (53%, -7).
 
Surtout, seules 28% (-16) des personnes interrogées le jugent "capable de rassembler les Français".

Pour une majorité également, la politique conduite par l'exécutif dégrade leur situation personnelle (58%) et celle du pays (57%). 6% pensent qu'elle améliore leur situation personnelle et 16% celle de la France. Pour les autres, elles restent "stables".

Pessimisme et perte de confiance s'ajoutent

Si 60% se disent "optimistes" pour leur avenir personnel, contre 40% d'un avis opposé, les Français sont en revanche "pessimistes" (67%) "sur l'avenir de la société" (contre 33% qui se veulent "optimistes").

Mais la majorité des sondés (55%) fait en revanche encore confiance à l'exécutif pour le prélèvement de l'impôt à la source. 
Mais c'est le seul sujet sur lequel une majorité se dégage en sa faveur. 

59% ne lui font pas confiance pour mener la réforme constitutionnelle, selon Elabe.

La défiance est pire encore sur la réduction des déficits (62%), ou à 68% sur la réforme des retraites.

*Enquête réalisée en ligne les 21 et 22 août auprès de 1.003 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

Le président dépité a préféré repartir en vacances à Brégançon !

vendredi 3 août 2018

Cinq semaines de vacances d'été pour les députés

Les députés de la société civile découvrent les vacances prolongées

Les godillots et les autres quittent le Palais Bourbon ce mercredi pour plus d’un mois de vacances,

La "politique nouvelle" promise par Macron
à l'issue d'une session très active pour les oppositions
scandalisés par le régime de faveurs accordées par l'Elysée à Benalla, couronnant 
une session parlementaire menée à la hussarde, laissant certains députés éreintés par les sollicitations permanentes de l'exécutif à défendre l'indéfendable.

Ce mercredi marquait le dernier jour d'astreinte parlementaire. Marine Le Pen (RN) a ses habitudes dans le Sud. Olivier Faure (PS) préfère la douceur bretonne. Eric Coquerel (FI), lui, se sait pas encore où il passera ses vacances. 

"Les vacances vont faire du bien à tout le monde", assume Aurore Bergé (LREM), épuisée par ses grands écarts. "Il faut qu’on passe à autre chose. Peut-être que chacun va pouvoir retrouver ses esprits," espère-t-elle. Cette année, la porte-parole des marcheurs ne prendra pas ses vacances ni avec son ex-compagnon socialiste, ni avec son ex-camarade Républicain Claude Goasguen (LR), mais ils seront dans le Sud de l’Italie, loin de leurs circonscriptions  des Yvelines. A deux grosses heures de Paris.

«Apéritif», «bouteille de rosé» et «barbecue» au coucher du soleil : 

Dans la salle des Quatre Colonnes, Philippe Gosselin (LR) s’y voit déjà : il a beaucoup donné en effet, notamment comme membre de la commission des Lois de l’Assemblée nationale qui s'est dotée des prérogatives d’une commission d’enquête dans l'affaire Benalla-Macron. "Je vous le dis franchement, après une année intense et des dernières semaines un peu compliquées, il y un temps où on a besoin de se retrouver." Une bouffée d'air frais... Pendant ses vacances, le député compte bien dévorer "des livres policiers, des trucs qui vous nettoient un peu le cerveau". 

Ugo Bernalicis (FI) lui, mettra de la distance avec sa circonscription du Nord, s’offrant un "petit tour de France pour voir la famille". 

Sonia Krimi, la rebelle de LREM - qui avait pris le parti des étrangers contre G. Collomb (concernant l'équilibre politique de son projet de loi sur le droit d'asile et l'immigration maîtrisée) et contre E. Macron (lui rappelant son discours d'Orléans demandant "plus d'humanité et de dignité" sur l'accueil des étrangers) - , ne rendra pas visite à sa famille tunisienne et évitera le contact avec ses électeurs de la Manche : la bi-nationale s’apprête à partir pour le village bobo de Saint-Paul-de-Vence et pour Nice. Quelques semaines d’accalmie, pour se "reposer, bronzer et écrire".

Ils ont voté jusqu'à trois lois par jour... 
Depuis la mi-avril, les parlementaires ont enchaîné les textes et les débats à un rythme effréné, imposé par l’exécutif. En juin, ils avaient dû demander de mettre les pouces, tirant la sonnette d’alarme pour obtenir une pause législative de deux jours. Pour les 351 députés stakhanovistes de LREM, cette année à l’Assemblée nationale a donc été éprouvante. Loi asile et immigration, logement, agriculture, réforme professionnelle : ont-il privilégié la qualité sur la quantité? Rien n'est moins sûr...

Ouverte le 2 juillet, pour 29 jours, la dernière session extraordinaire a fait plus de bruit que de besogne
 
Transformation express de la commission des lois en commission d’enquête du fait de l’affaire Benalla-Macron pour, au final, un dialogue de sourds. Double motion de censure des Républicains et des partis de gauche : les révélations du journal socialiste Le Monde sur l’ex-favori d’Emmanuel Macron ont bousculé le calendrier et provoqué une onde de choc dans les rangs de la majorité de ravis. Ils étaient "abasourdis, tétanisés, assommés". "On a vu des marcheurs qui étaient muets", se rappelle Valérie Boyer (LR). A la veille de son départ en vacances, "chez [elle], à Marseille", auprès de ses électeurs, la députée reste interloquée par ce scandale autour de Macron : "Pourquoi une crise de régime pour Alexandre Benalla ? Pourquoi ?"

Les ondes de choc se feront encore sentir à la rentrée.  
Richard Ferrand, le patron des députés LREM, a renvoyé l’examen du projet de réforme constitutionnelle de la rentrée à une date encore plus lointaine, "dans des conditions plus sereines", a-t-il raconté ce mercredi.

La majorité veut projeter une image de sérénité
L’alliance objective des oppositions, scellée par l’affaire Benalla, résistera-t-elle au creux de l’actualité estivale? La presse semble avoir appliqué la consigne élyséenne de dissiper l'affaire dans le n'importe quoi de l'info au quotidien. C'est ainsi actuellement la rixe entre bandes de rappeurs qui se sont tapé dessus dans le hall d'enregistrement de l'aéroport d'Orly, tout en occultant, en revanche, la découvertes de plusieurs armes au siège de LREM, le  parti du président...
  
"Il y a un avant et un après", assure pourtant Philippe Gosselin (LR). "A la rentrée, je ne suis pas sûr que l’engouement pour l’affaire Benalla soit à ce point sur toutes les tables et dans toutes les têtes", s'inquiète l’élu, qui sait que les oppositions vont devoir se rassembler à nouveau contre la réforme constitutionnelle. 

Le député de Seine-Maritime, Hubert Wulfranc (PCF),se refuse à voir dans la motion de censure commune "l’union des gauches". Cet été, il va retrouver son fief de Saint-Etienne-du-Rouvray, deux ans après l'assassinat islamiste du Père prêtre Jacques Hamel, et "reprendre, même s’[il ne l’a] jamais perdu, le pouls de la population stéphanaise". "Chez nous, ça [l’affaire Benalla] ne passe pas", affirme-t-il.

Face au scandale de la "police parallèle" de l'Elysée, la majorité présidentielle s'est épuisée à faire croire à sa sérénité dans l'adversité. 
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Sacha, 30 ans, n'en peut plus !
Sacha Houlié (LREM) assure partir en vacances l’esprit tranquille : "L’opposition a essayé de nous fragiliser, de nous mettre en difficulté, mais on a tenu en bloc", prétend-il, typique de sa formation. "Vous avez face à vous dorénavant une majorité qui a vécu une épreuve," veut-il croire. 
Sur le réseau Telegram, la députée parisienne Laetitia Avia avait invité ses collègues marcheurs à "rester sobres" au moment du vote de la double motion de censure. Certains, qui ont fait claquer leurs pupitres pendant le discours de Christian Jacob, LR, ne l’ont manifestement pas entendue.
Les propos de la majorité tiendront-ils mieux la route après des vacances à 80 km/h.



mercredi 21 mars 2018

Belloubet veut encadrer l'activité des députés : toute l'opposition quitte l'hémicycle en colère

La ministre de la Justice tentait de limiter les amendements des députés 

Scandalisés par la tentative d'emprise de l'exécutif sur le législatif, 

Gros incident de séance à l'Assemblée: les députés de l'opposition quittent l'hémicycle
les députés de l'opposition ont quitté la séance après la réponse de Nicole Belloubet sur le droit d'amendement. Comme un seul homme, les députés de droite, suivis de ceux d'extrême droite (FN) et d'extrême gauche (La France insoumise) ont quasiment tous quitté l'hémicycle, en signe de protestation, ce mercredi après-midi, en pleine séance des questions du gouvernement. Seuls sont restés deux élus de gauche et l'ensemble des députés godillots de la majorité présidentielle. 
"Nous ne pouvons pas accepter que les oppositions soient bâillonnées. C’est le peuple qui serait bâillonné, c’est les Français qui seraient bâillonnés", a donc assené Ph. Gosselin, sous les applaudissements de ses collègues d’opposition. 
La semaine précédente déjà, Edouard Philippe avait répondu à une interpellation similaire d’André Chassaigne, photo ci-dessous (Puy-de-Dôme), chef de file des communistes du PCF, sans apporter de garanties à ces derniers.

Le journal Le Monde exonère en revanche la ministre de Macron en titrant que c'est "le droit d’amendement [qui] provoque un incident à l’Assemblée nationale"...

En réponse à une question sur la volonté du gouvernement de restreindre le droit d'amendement, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a mis le feu à l'opposition. "Je ne crois pas que le gouvernement ait pour mission de bâillonner nos représentants", a d'abord insisté la ministre du gouvernement Philippe, soulignant la nécessité d'une réforme constitutionnelle, annoncée par le président de la République lors du discours du Congrès début juillet, afin d'avoir "des institutions plus représentatives, efficaces et responsables".  

Interpellée par le député LR, Philippe Gosselin, sur la limitation du droit d'amendement,  Belloubet a rétorqué: "il faut cesser de confondre la forme - le nombre - et le fond - la qualité" - sur le droit d'amendement", évoquant les 60.000 amendements déposés par les députés, lors de la précédente législature. 
En sous-entendant que les députés céderaient au quantitatif, au détriment du qualitatif, mais surtout en s'ingérant dans le travail parlementaire des députés, l'ex-magistrate socialiste a soulevé un vent de révolte parlementaire. Elle a ainsi tendu le bâton pour recevoir les accusations d’attentat à la séparation des pouvoirs qui couvaient depuis de longues semaines.
Après cette provocation prononcée sous les huées, la ministre se bloqua et alla se rasseoir, faisant bondir les députés de leurs sièges pour quitter l'hémicycle. 

Les oppositions hurlent à une même humiliation

Pour le député André Chassaigne (groupe GDR) : il s’agit d’un « déni de démocratie »."Condescendance, mépris et irrespect vis à vis du Parlement", a condamné Damien Abad, vice-président de LR. Sur son compte Twitter, il dénonce : "On nous avait promis le dépassement des clivages; ils ne font que sectarisme et bâillonnement des contre-pouvoirs".  

Devant la presse, Daniel Fasquelle (LR) a rappelé que "ce n'est pas au gouvernement de juger de la qualité d'un amendement. Quelle incroyable suffisance de l'exécutif". 

Et le chef de file des députés socialistes et futur patron du PS Olivier Faure a renchéri : "on ne peut pas avoir de limitation du droit d'amendement". 
Il y a quelques mois un réaction vive du même type avait été provoquée par une réponse de Najat Vallaud-Belkacem, aujourd'hui symbole d'un PS mort et mortifère : critiquée sur ses réformes par le député LR Alain Suguenot, le mercredi 11 mai 2016, la ministre de l’Education avait provoqué le départ de nombreux députés de droite, pour avoir déclaré : "Vous estimez que l’école ces dernières années, l’école française, a été dévalorisée, mais que, dans un fâcheux trouble amnésique, vous oubliez que c’est d’avoir préféré le curé à l’instituteur pour transmettre les valeurs, qui la dévalorisaient."...

C'est le "mépris du gouvernement à l’égard de la démocratie", d'après Marine Le Pen, et "une incroyable agression," selon Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise), tandis que c'est démocratique pour la majorité présidentielle impavide.

Moquant "un comportement de potaches qui ont voulu faire un incident",
le président du groupe majoritaire LREM, Richard Ferrand, a minoré la gravité du jugement de valeur porté par la garde des Sceaux, estimant la déclaration de la ministre "peut-être maladroit", avant de repasser une couche en lançant : "mais tellement vrai" !

Quelques minutes plus tard, les travaux reprenaient normalement après quelques brefs rappels au règlement. Mais
Mélenchon a pour sa part suggéré que, si nous étions sous la IIIe République, quand un ministre avait démissionné pour avoir simplement applaudi un parlementaire, Mme Belloubet aurait déjà dû retourner vaquer à ses occupations familiales de sexagénaire ordinaire. "A l’époque, on avait les nerfs très fragiles", a lancé le député des Bouches-du-Rhône dans une enceinte qui avait retrouvé un calme apparent, avant une prochaine tempête.

dimanche 14 janvier 2018

Le président de l’Assemblée veut inscrire la neutralité du Net dans la Constitution: "oeil de Moscou" ?

De Rugy plaide pour une France étatique et totalitaire

Les centristes se radicalisent !...

Résultat de recherche d'images pour "neutralité du Net"
Le président de l'Assemblée désigné par Macron voudrait l'inscription de la neutralité du Net dans la Constitution ?  La neutralité du Net, en assurant l'égal traitement des flux d'information, et non pas de connexion,  promet de garantir que l'accès au réseau ne dépend pas des ressources financières des utilisateurs. Mais un contrôle étatique des flux d'information - ajouté à la toute-puissance des fournisseurs d'accès - est-il un moyen déguisé de censure politique, additionnée au favoritisme des fournisseurs en direction des sites et blogs qui leurs rapportent en termes de publicité et de cueillette des informations sur les pratiques des usagers ?

Cette idée a surgi dans l'esprit fou d'un démocrate donneur de leçons et dans les débats en cours autour de la révision du texte fondamental, théoriquement prévue pour la fin de juillet. Pourtant, lors de ses vœux à la presse, jeudi 11 janvier, le président de l’Assemblée nationale, l’y a introduite en annonçant sa volonté de "reconnaître le numérique comme un droit fondamental en promouvant un accès libre, égal et universel aux réseaux numériques." Bref, à "constitutionnaliser la neutralité du Net" qu’il voit - paradoxalement - comme "un principe d’égalité et de liberté." Ce principe de neutralité veut que les données sur Internet soient acheminées sans discrimination par les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), qui ne peuvent ralentir la connexion à un site en particulier. En effet, on ne le sait pas suffisamment, ces ralentissements existent et se multiplient. Dans le contexte du débat actuel sur l'obsolescence programmée, certains internautes remarquent qu'ils subissent, du fait de leurs idées, des sanctions techniques auxquelles s'associent certains hébergeurs qui acceptent les pressions du pouvoir. Orange ou Google, notamment,  semblent visés, sur toute ou partie de l'étendue de leurs "services", avec Dailymotion ou YouTube, par exemple.

Le pouvoir rend-il fou ?
Le faire entrer dans la Constitution "donnerait une force particulière à ce principe dont on voit qu’il peut être attaqué dans de grandes démocraties, comme les Etats-Unis", a argumenté le président de l’Assemblée devant quelques journalistes stupéfaits, après sa conférence de presse, en référence à la décision des autorités américaines de revenir sur les règles garantissant ce principe. 

Macron avait demandé aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de formuler des propositions en vue de la réforme constitutionnelle

Résultat de recherche d'images pour "neutralité du Net"C’est pourquoi François de Rugy a repris la proposition initialement énoncée par les députées Paula Forteza (LREM, 31 ans, Français de l’étranger) et Cécile Untermaier (67 ans, Nouvelle Gauche, Saône-et-Loire) dans le cadre de travaux de réforme de l’Assemblée, en réponse à l'incitation du monarque-président, le 3 juillet, lors de son discours au Congrès. Rugy a nommé la Franco-argentine, parce qu'impliquée dans la promotion et la défense du logiciel libre dans l'espace francophone, rapporteuse d'un des groupes de travail visant à réformer l'Assemblée nationale, celui de la "démocratie numérique et les nouvelles formes de participation citoyenne", et la seconde est l'initiatrice de l'ouverture d'un débat avec la population, en amont des futurs projets de loi soumis à l'Assemblée nationale.
Ce n'est pas la nécessité de réformes qui s'impose à l'assemblée, mais le besoin de justifier son existence.

François de Rugy a également voulu couper l’herbe sous le pied de certains fournisseurs d’accès. 
Après la décision américaine de mettre fin aux règles de neutralité, ils sont soupçonnés d'avoir manifesté la volonté de suivre un chemin similaire en France. La situation dans l’Hexagone serait, de fait, très différente des Etats-Unis, mais, à y bien regarder, tellement dépendants. 
Et puis, la neutralité du Net y est déjà encadrée par le biais de textes européens qui ont une valeur juridique supérieure aux lois nationales. Mais, bien que  garantie par la loi en Europe, elle serait toutefois menacée, selon les suspicieux. 
Par ailleurs, dans un arrêt portant sur la loi Hadopi, le Conseil constitutionnel avait estimé en 2009 que la liberté d’expression impliquait désormais la liberté d’accéder à Internet. 

   
"Aucun besoin de modification législative ou constitutionnelle"

Il faut juste laisser le temps au cadre actuel de se mettre en œuvre. "A ce stade, aucun problème réel n’a d’ailleurs été soulevé par les autorités européennes", a réagi la Fédération française des télécoms. 
"L’idée est assez bonne, parce que la neutralité du Net relève des libertés fondamentales", riposte de son côté Benjamin Bayart, président de la Fédération des fournisseurs d’accès à Internet associatif, et défenseur historique de la neutralité du Net en France. 

"Mais l’articulation en droit est complexe : la Constitution organise le fonctionnement et l’équilibre des pouvoirs, elle vise l’Etat et pas tellement les règles de business. Une formulation trop vague n’aura qu’une portée symbolique". 
Même son de cloche du côté de la Quadrature du Net, association de défense des libertés en ligne. Sollicitée, elle estime "l’intention louable" tout en expliquant que "seule une définition précise et complète de la neutralité du Net, qui en anticipe tous les contournements, serait efficace". 

Une loi modifiant la Constitution doit être adoptée par référendum ou par les trois cinquièmes du Congrès. Cette dernière option est actuellement privilégiée par l’Elysée, qui va cependant avoir besoin de rassembler au-delà de ses rangs, particulièrement au Sénat, pour attendre le seuil de voix nécessaire.

Qui serait en charge de cette supervision, quand on sait que le CSA est, au mieux, inopérant et, au pire, sectaire ?

vendredi 1 avril 2016

Valls, "un petit manoeuvrier sans envergure," souligne Fillon

L'ancien Premier ministre juge "indignes" les propos de Manuel Valls

"Les propos du Premier ministre sont indignes parce qu'ils sont faux", a riposté F. Fillon sur RTL

Depuis deux jours, l'abandon de la révision constitutionnelle annoncée par François Hollande mercredi attirent les sarcasmes de la droite sur le gouvernement et singulièrement son chef, Manuel Valls. Par téléphone au micro de RTL ce vendredi matin, François Fillon a même qualifié Manuel Valls de "petit manoeuvrier sans envergure". 

La veille, Manuel Valls fustigeait la droite sénatoriale et l'accusait de l'échec du projet de réforme constitutionnelle. 
Interrogé sur le transfert de Salah Abdeslam en France, le locataire de Matignon a amèrement commenté l'exemple et fustigé l'opposition majoritaire: "On ne pourra pas déchoir de la nationalité, car la droite sénatoriale l'a décidé." 

Des propos dont François Fillon souligne l'indignité. 
"Ils sont indignes parce qu'ils sont faux. Le texte que le président de la République avait promis, celui qu'il avait annoncé à Versailles, et qui correspond d'ailleurs parfaitement au vote du Sénat, concernait les binationaux. Et donc c'est vrai qu'avec la proposition de François Hollande, Abdeslam n'aurait pas pu être déchu de sa nationalité", a ajouté le candidat à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017.

"Je revendique de représenter une droite qui a refusé de voter ce texte à l'Assemblée", a assumé l'ancien François Fillon.
Avant le vote au Sénat, une partie des députés de droite  -dont François Fillon- n'a pas voté la révision constitutionnelle et, piqué au vif il ripostait donc à l'accusation de Valls, un premier ministre socialiste qui accuse en effet la droite sénatoriale d'avoir fait échouer le projet de loi constitutionnel, quand -sur d'autres sujets- il n'accuse pas alternativement l'Union européenne, les patrons et les syndicats.

"Je revendique de représenter une droite qui a refusé de voter ce texte à l'Assemblée", a rétorqué l'ancien Premier ministre. "Il y a eu un accord manifestement entre le président des Républicains et François Hollande pour voter cette révision constitutionnelle (à l'Assemblée nationale)", insinue au passage le candidat à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017. "Je considère que c'est une erreur".
"Ceux qui ont voulu se lancer dans une aventure d'une révision constitutionnelle purement symbolique se sont fourvoyés. C'était un théâtre d'ombres; ça a abouti à ridiculiser le gouvernement, la majorité, le Parlement", a-t-il jugé.
 
Et de démonter la manoeuvre hypocrite de l'exécutif socialiste

"Le gouvernement faisait voter une révision constitutionnelle qui permet la déchéance de nationalité pour tous les Français mais immédiatement il faisait en sorte que les Français qui ne sont pas binationaux ne puissent pas être déchus de leur nationalité".
 
Citoyen français parce que né sur le sol de France, Salah Abdeslam sera livré à la France par la justice belge qui a approuvé jeudi l'intention du gouvernement. Ce terroriste islamiste est en effet soupçonné d'avoir tenu un rôle-clé de logisticien dans les attentats du 13 novembre à Paris.

Un grand nombre de députés PS a voté contre la déchéance 

Adopté de justesse -et uniquement par les godillots de l'Assemblée,
le projet a fracturé la majorité présidentielle. 92 députés PS ont voté contre la déchéance de nationalité, mardi 9 février au soi. 
La veille, l'article 1 --qui constitutionnalise l'état d'urgence-- avait été adopté dans un hémicycle plus que clairsemé. 
L'article 2, lui, a bien failli ne pas passer, puisque c'est par 14 voix d'écart --soit seulement six de plus que la majorité absolue, compte tenu du nombre de votants-- que les députés ont voté pour. Et ce, malgré les menaces de l'exécutif, quelques heures plus tôt.
Comme le glissait un conseiller de l'exécutif dans la soirée, le gouvernement a eu "vraiment très très chaud aux fesses". Et "ptit zizi" est tout ratatiné.

jeudi 17 mars 2016

La déchéance de nationalité, selon Hollande ? Une "chose de droite" qui "n'apporte rien"...

Quatre mois avant de l'évoquer face au Congrès, le président condamnait cette mesure.

Homme de convictions, le président a encore changé d'avis !


La déchéance de la nationalité fait partie de ces "choses de droite qui sont de l'ordre du symbolique et qui n'apportent rien à la lutte contre le terrorisme", expliquait François Hollande, il y a quelques mois, affirment deux journalistes dans un livre, dont  Le Monde du mercredi 17 mars a livré les "bonnes pages".

Dans ce livre, Le pari (éd. Plon) à paraître le 24 mars, Charlotte Chaffanjon, journaliste au magazine Le Point, et Bastien Bonnefous, journaliste au Monde, révèlent un entretien du 16 juillet 2015 avec le président de la République, soit six mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher et quatre mois avant les assassinats de masse au Bataclan et aux abords du Stade de France, où il était une cible privilégiée en tribune officielle.

François Hollande refusait la "surenchère"

"On voit bien qu'il y a des sujets qui s'installent, comme le terrorisme, la question de l'immigration, le vivre-ensemble, la religion, l'islam..., analyse alors le président de la République. On voit bien comment la droite et l'extrême droite essaient d'utiliser les inquiétudes réelles des Français, pour en faire des sujets de la présidentielle," polémiquait-il.
"Si on est, sur ces sujets-là, dans une surenchère avec la droite, c'est comme dire : bon finalement, l'extrême droite et la droite ont raison." (François Hollande, cité dans le livre "Le pari")
"Il faut que l'on montre que la lutte contre le terrorisme n'est pas un sujet de division, argue le chef de l'Etat. Surtout lorsque la droite cherche à nous emmener sur un terrain qui n'est pas le nôtre." Selon les auteurs, François Hollande listait alors, avec "une pointe de mépris dans la voix", "les idées qu'il refuse de faire siennes", dont la déchéance de nationalité.

La déchéance au Congrès, un coup politique en vue de la présidentielle

Quatre mois plus tard, après les attentats du 13 novembre, le président de la République annonçait, devant le Parlement réuni en Congrès, sa volonté d'une réforme constitutionnelle comprenant l'élargissement de la possibilité de déchoir de la nationalité française aux binationaux, même nés français, et condamnés pour terrorisme. 
Après examen, le texte du projet, surtout critiqué à gauche, vient d'être repoussé par les sénateurs.

Charlotte Chaffanjon est également auteur de "Jérôme Cahuzac, les yeux dans les yeux"
...

mercredi 16 mars 2016

Déchéance de nationalité: le Sénat exprime sa défiance de Valls

Le fort-à-bras s'étonne "profondément" du refus de "consensus" des sénateurs !

Manuel Valls a d'emblée provoqué la majorité d'opposition au Sénat 

Dès l'ouverture de l'examen de la révision constitutionnelle voulue par François Hollande après les attentats de novembre, Valls s'est mis à dos l'opposition mercredi sur la question de la déchéance de la nationalité pour terrorisme et pourrait porter la responsabilité de l'échec de sa réforme.
"A l'Assemblée nationale, nous avons cherché et construit un accord. Au Sénat, vous ne l'avez pas cherché. Avec personne", a dénoncé, bille en tête, le premier ministre. "Et je m'en étonne", a-t-il prétendu. Et de polémiquer frontalement: "Vous refusez, à ce stade bien sûr, le principe d'un accord avec l'Assemblée nationale," avant de lancer un défi : "Vous le savez parfaitement, (...) votre proposition ne sera jamais adoptée par une majorité de députés".

Les députés avaient choisi le 10 février de soumettre à la déchéance tous les Français coupables de terrorisme pour ne pas donner le sentiment de discrimination, alors que les socialistes jouent l'hypocrisie puisque, à l'évidence, seuls les binationaux pourraient être concernés.

La commission des Lois du Sénat a en revanche proposé clairement que la déchéance ne puisse concerner que les personnes "disposant d'une autre nationalité que la nationalité française", inscrivant ainsi noir sur blanc l'interdiction de créer des apatrides.

Or, les deux Assemblées doivent adopter un texte conforme pour aller au Congrès et entériner la révision.
"Je serai très direct [sic]: l'amendement adopté par votre Commission des Lois prend le contre-pied du consensus", a accusé Valls.

Les sénateurs ripostent à leur agresseur

"Nous n'avons pas de leçon à recevoir en ce qui concerne l'unité de la représentation nationale pour la lutte contre le terrorisme", lui a répondu le président de la commission des Lois, Philippe Bas (Les Républicains, LR), ex-directeur du cabinet de Jacques Barrot, ministre du Travail et des Affaires sociales (1995 -1997),  et président du Conseil départemental de la Manche depuis janvier 2016.

"Le 23 décembre, c'est un texte qui reflétait fidèlement les intentions du président de la République qui a été adopté par le conseil des ministres avant de partir à l'Assemblée nationale", lui a rappelé le sénateur Bas. "L'Assemblée n'a pas souhaité suivre la proposition du président de la République et c'est son droit", a-t-il poursuivi, faisant valoir que la formule sénatoriale sur la déchéance est "plus proche du pacte du 16 novembre (lors du Congrès à Versailles) et des propositions du président de la République que celles de l'Assemblée nationale".

Valls ne pouvait pas s'y prendre plus brutalement 

Valls a ironisé sur ces sénateurs de droite devenus "les porte-parole" du président Hollande, estimant qu'il s'agit d'une "posture".
Binaire, Didier Guillaume, le patron des sénateurs PS, avait estimé plus tôt qu'une réforme de la Constitution sans la déchéance de nationalité n'aurait "aucun sens": "soit il y a une réforme constitutionnelle avec un texte sur l'article 2 de déchéance qui fait consensus, soit non".

Didier Guillaume a suggéré aux sénateurs de se coucher devant la majorité des députés !
"La question que je me pose, c'est, est-ce que la majorité de droite sénatoriale veut faire capoter la révision constitutionnelle ? Ou alors, dans les débats d'aujourd'hui et de demain, fera-t-elle des avancées pour se rapprocher du texte de l'Assemblée nationale, a désespérément suggéré l'ex-président du Conseil général de la Drôme, avant d'appeler au secours... Nicolas Sarkozy et Christian Estrosi qui "le demandent d'ailleurs", a-t-il enfin tenté, dans le doute d'une possibilité de réunir le Congrès.

Didier Guillaume avait déjà décrété qu'il fallait se limiter à "une navette maximum" Assemblée-Sénat sur le texte, car "ça ne peut pas durer encore six mois".

De son côté,le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a fustigé le jeu "pas responsable" des sénateurs LR, auxquels il a petitement reproché de  privilégier "les primaires" à "la révision constitutionnelle" !...

La position de la majorité sénatoriale

A propos de l'article 1er du projet de révision constitutionnelle, qui vise à inscrire le régime de l'état d'urgence dans la Loi fondamentale, la commission sénatoriale a notamment précisé que les mesures sous état d'urgence doivent être "strictement adaptées, nécessaires et proportionnées".
 
Il a aussi insisté sur l'importance qu'il accorde à la compétence de l'autorité judiciaire mise à mal par le projet.
 
Et les sénateurs ont réduit de quatre à trois mois le délai maximal de prorogation de l'état d'urgence par le législateur.

La méthode du pouvoir est tellement  agressive et son argumentaire tellement négatif qu'ils manifestent le renoncement du gouvernement.
"Nous examinerons avec le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas tous ces amendements avec un esprit constructif, dès lors qu'ils seront conformes aux principes qui ont guidé notre travail sur cette révision constitutionnelle", a promis Valls.

L'examen du texte doit se poursuivre jeudi 17 mars et fera l'objet d'un vote solennel mardi 22.

vendredi 29 janvier 2016

Démission haute en couleurs de Christiane Taubira

Débandade au sommet: les rats quittent le pédalo

"Je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur"

Les personnels du ministère de la justice se sont réunis dans la cour pour la passation de pouvoirs entre la Guyanaise Christiane Taubira et le très gris Jean-Jacques Urvoas, comme le veut la tradition. En fait, la ministre de la Justice démissionnaire - qui a affirmé appuyer sa décision sur "un désaccord politique majeur" avec l'exécutif - s'est d'abord exprimée seule, cet après-midi du mercredi 27, dans le huis-clos des locaux de la place Vendôme, en l'absence de son successeur et alors que les questions au gouvernement battaient leur plein à l'Assemblée. En trois ans et demi et jusqu'à son départ du gouvernement, Christiane Taubira aura donc court-circuité les usages en vigueur, qui veulent qu'un ministre sur le départ parle à l'issue de la passation de pouvoirs.
"Ce fut pour moi un immense honneur d'être garde des Sceaux et ministre de la Justice de la France", a d'abord lancé l'ex-militante indépendantiste qui, au passage, ne se flatte pas d'avoir servi la France. Candidate à la présidentielle de 2002, elle avait été sèchement battue au premier tour avec seulement 2,32 % des voix, mais avait favorisé l'élimination du candidat de la gauche, Lionel Jospin, et le président Hollande ne lui en avait pas tenu rigueur. 
L'"égérie" de la gauche a évoqué son bilan, sourire aux lèvres, bien que l'essentiel des promesses n'ait pas été réalisé (cf. video 2), mais lèvres pincées, quand Urvoas -un proche de Manuel Valls- a dressé la liste des tâches en suspens à accomplir en 15 mois. La ministre a ensuite rendu un hommage appuyé aux fonctionnaires de son ministère - en grand nombre originaire de l'Outre-mer -   ainsi qu'aux magistrats.

Les démissionnés des gouvernements de Hollande applaudissent sa décision


En rupture avec la ligne brisée de l'exécutif depuis le mois de décembre dernier, l'ancienne ministre a rappelé les raisons de sa démission:
"Je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur". "J'ai choisi d'être fidèle à moi-même, à mes engagements, à mes combats, à mon rapport aux autres. Fidèle à nous, tels que je nous comprends", a taclé Christiane Taubira, évoquant les engagements non tenus de Hollande. 

La ministre sortante a 
exprimé sa conviction "que ce pays regorge de forces d'énergie, de volonté, d'imagination". "Son destin collectif repose sur des fondations solides. Et parmi ces fondations, il y a la construction de son identité républicaine, de son identité civique. Et ces fondations sont assez robustes, elles sont assez profondes pour résister au temps, aux accidents et aux tragédies", a-t-elle affirmé, en écho aux nombreux responsables de gauche qui s'inquiètent de voir la Constitution modifiée en période d'état d'urgence.
"Le péril terroriste est grave, imprévisible. Mais nous avons appris à le traquer et nous nous en sommes donné les moyens. Nous savons comment le combattre et nous avons montré que nous sommes bien déterminés à l'abattre. Mais je crois que nous ne devons lui concéder aucune victoire, ni militaire, ni diplomatique, ni politique, ni symbolique", a pourtant insisté la démissionnaire, au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s'ouvre à l'Assemblée nationale. Une allusion à la déchéance de nationalité que comprend le projet de réforme constitutionnelle auquel elle s'est opposée. En qualité de garde des Sceaux, elle devait, paradoxalement, la porter, mais Valls l'en avait dépossédée, suite à son hostilité plusieurs fois affichée. 

Les ministres limogés à l'arrivée de Valls gardent une dent contre l'exécutif. 
Les exclus - Montebourg, Filippetti et Hamon, puis Duflot, du fait de Valls, sans compter Batho et Cahuzac, sous Ayrault -  étaient déjà un désaccord avec la politique menée par François Hollande et la démission de Christiane Taubira est, selon eux, une sage décision, bien qu'elle constitue une menace pour la primaire à gauche, puisqu'il n'est pas impensable que Taubira se porte candidate et entre en rivalité avec Montebourg.

VOIR et ENTENDRE combien les discours de démission de Montebourg et Taubira,  qui se ressemblent:

Taubira/Montebourg: Un texte de démission pour... par 20Minutes

Les réformes restaient à faire: les gros dossiers ont été repoussés et semblent enterrés

Le changement sera pour le prochain quinquennat

Les chantiers du nouveau ministre de la Justice... par LCP

Taubira se tire à vélo
La ministre sortie a également mis en scène son départ, à sa manière cavalière. Pour passer la porte, elle a encore offert de son passage Place Vendôme une image symbolique de sa considération pour la fonction.


En enfourchant l'un de ses vélos pour remonter la rue de Rivoli, suivie par son importante escorte d'agents de sécurité, elle a créé un embouteillage monstre qui annonce des jours difficiles...