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jeudi 20 juin 2019

Municipales : ces députés LREM quitteraient volontiers l'Assemblée

Seraient-ils donc animés par la volonté d'être utiles et indépendants ?

Une cinquantaine de députés LREM de la majorité présidentielle infantilisée est intéressée par une investiture aux municipales

Si certains ont déjà fait acte de candidature, d’autres disent encore réfléchir. 
La République en marche a dévoilé ce lundi une première salve d'investitures, officialisant notamment celles de deux députés, à Toulon et à Perpignan.

A l’Assemblée, ils échangent, se donnant des conseils sur comment recouvrer leurs libertés d'agir et de penser. Un petit groupe a même créé une boucle Telegram "Municipales : Haut les cœurs". Sont-ils davantage attirés par un mandat de maire ou lassés par celui de député ? Ancien élu socialiste (premier adjoint au maire PS de la ville de Metz, vice-président de Metz Métropole et conseiller régional socialiste de Lorraine, 2010-2015), Richard Lioger, député de Moselle (en octobre 2016, il brigue l'investiture du parti socialiste pour l'élection législative de juin 2017 sur la troisième circonscription de la Moselle mais est contraint de renoncer, la circonscription étant réservée à une femme, ce qui oriente cette victime de la parité vers En Marche!), évoque un "déchirement" entre les deux mandats. "Cela a été très dur de choisir. J’ai adoré mon expérience de député, mais j’ai été président d’université, premier adjoint, j’ai un tropisme pour gérer une ville." Il est donc candidat pour l’investiture à Metz.

Pour le Réunionnais (né d'un père comorien - arrivé en kwassa-kwassa, dénigré par Macron : lien PaSiDupes - et d'une mère réunionnaise) Saïd Ahamada, député des Bouches-du-Rhône, "ne pas aller à Marseille, ce serait me trahir. En termes d’incarnation politique, je suis le 'Marseille réconcilié', je suis un gamin des quartiers Nord qui a réussi à devenir député" du parti du "président des riches". L’élu n’aurait pas de regrets à l’idée de quitter le Palais Bourbon en mars, "ce que je porte à l’Assemblée nationale, d’autres le portent aussi; on est plus de 300 députés ici, c’est plus facile de me remplacer".

Ancienne responsable des relations extérieures de Bouygues Telecom, Anne-Laurence Petel n'est pas une élue de la 'société civile' comblée par LREM: élue du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), elle se verrait bien parachutée à Aix-en-Provence. Elle n'avoue pas de déception sur son expérience de parlementaire, mais "quand vous êtes députée, vous n’avez pas l’application immédiate et concrète de ce que vous faites. Aussi, le défaut de cette fonction, c’est que vous devez vous spécialiser. Quand vous êtes maire, vous avez une vision transversale du quotidien des gens."

Anne-France Brunet, députée de Loire-Atlantique et candidate à l’investiture à Saint-Herblain, actuellement gérée par un socialiste (Jean-Marc Ayrault en fut déjà le maire pendant douze ans, jusqu'en 1989), est sûre que son mandat au Palais Bourbon est un atout dans cette campagne. "J’ai cette expérience du législatif et j’ai cette connaissance des réformes; je pourrais faire le lien avec le travail de l’Assemblée nationale" et revêtir la dépouille du PS.

Alors que le parti a dévoilé une première série d'investitures ce lundi - dont celles d'une ex-secrétaire départementale des Jeunes communistes, il y a seulement dix ans, puis candidate malheureuse aux élections régionales de 2015 sous l'étiquette du PS au côté de ...Christophe Castaner (tête de liste nettement distancée, il décidera de laisser la voie libre à Christian Estrosi), exclue du PSCécile Muschotti, 31 ans, à Toulon, et d'un objet sous-marin non-identifié à la dérive de partis politiques tels que, successivement, le Parti socialiste, l'UDI et Les Républicains, Romain Grau, chef d'entreprise à Perpignan, avec les soutiens logiques du député de la 4e circonscription Sébastien Cazenove, ainsi que de Frédérique Lis, la référente départementale de LREM66, tout comme de l'Alliance Centriste 66, qui a quatre députés inconnus de l'ancienne composante de l'UDI), ainsi qu'Agir!, dont le référent de la région Occitanie -, voici une liste non exhaustive des députés candidats déclarés ou présumés.

Le tropisme de la députation reste à embryonnaire à LREM...

Ceux qui sont officiellement déclarés :
- Paris : Benjamin Griveaux, Hugues Renson (actuellement vice-président de l'Assemblée nationale), Mounir Mahjoubi et Cédric Villani, soit trois anciens membres du gouvernement
- Aix-en-Provence : Anne-Laurence Petel
- Annecy : Frédéric Lardet
- Besançon : Eric Alauzet
- Grenoble : Emilie Chalas
- Le Mans : Pascale Fontenelle-Personne
- Lille : Valérie Petit
- Marseille : Saïd Ahamada
- Metz : Richard Lioget
- Nantes : Sophie Errante
- Narbonne : Alain Perea
- Saint-Herblain : Anne-France Brunet

Ceux qui n'ont pas encore dit non :
- Avignon : Jean-François Césarini

- Cherbourg : la franco-tunisienne Sonia Krimi est une élue dont la candidature dissidente dans l'ancienne circonscription du socialiste Bernard Cazeneuve a reçu le soutien de nombreux militants macroniens

- Dijon : Didier Martin, membre co-fondateur de l'Observatoire de la laïcité de Bourgogne Franche-Comté, est en délicatesse avec la justice depuis fin mai 2017, quand le Parquet de Dijon a ouvert une enquête préliminaire contre lui pour tentative d’escroquerie au jugement dans la procédure de licenciement d’une salariée, soupçonné d'avoir demandé à des employés de rédiger de faux témoignages pour faire licencier une salariée. Il nie en bloc et parle de "complot politique, organisé par [s]es adversaires". L'enquête note également "de nombreuses notes d’hôtels et de restaurants [qui] interrogent, réglées avec la carte bleue de l’Office du tourisme, donc de l’argent public". Néanmoins, le procureur de la République de Dijon, Eric Mathais (élu à l'unanimité président de la Conférence des procureurs de la République, en octobre dernier), considère les charges insuffisantes pour la poursuite de l'instruction de ce médecin réputé, membre de la majorité et classe la plainte sans suite

- Limoges : un ancien pilote de ligne, salarié de Jetfly, Jean-Baptiste Djebbari, à la place d'un socialiste

- Louviers : le vice-président du groupe LREM chargé des relations institutionnelles et avec les territoires, Bruno Questel, ancien membre du Parti radical de gauche et ex-adhérent du Parti socialiste (PS) en 2005

- Nice : Cédric Roussel

- Poitiers : ancien militant du Parti socialiste Sacha Houlié, 30 ans, co-fondateur en 2015 des 'Jeunes avec Macron' (pendant le quinquennat de Hollande), et délégué national d'En marche ! à son lancement en 2016, il a pourtant été vice-président de l'Assemblée nationale de juin à décembre 2017
- Villeurbanne : un entrepreneur de 60 ans (cofondateur de la société Infogrames), proche de Gérard Collomb, Bruno Bonnell avait été chargé de mission par Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, en 2012 et responsable d'un projet fumeux nommé "34 plans Nouvelle France industrielle", nom donné aux "plans de réindustrialisation de la France", mis en place successivement en septembre 2013 par le président François Hollande et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, puis en mai 2015, pour la seconde phase du programme lancée par Emmanuel Macron, mais fait partie de ce qui tarde cruellement à produire ses premiers effet, après sept années 

Comment La République en marche compte-t-elle se régénérer à l'Assemblée 
On sait en effet par Le Parisien que les collabos Agir! de LREM reprochent à la majorité "une politique trop centralisatrice, pas assez favorable aux classes moyennes et un manque d’effort pour assainir les finances publiques"... Mais tout est toujours possible avec ces juppéistes (Frédéric Lefebvre, Fabienne Keller, Laure de La Raudière, Claude Malhuret), puisque Franck Riester a été récompensé du porte-feuille de la Culture et semble se trouver bien au gouvernement, sans qu'on sache ce que, pour lui, à ce ministère, signifie "agir"...

mardi 5 février 2019

Loi "anti-casseurs" : très forte dissidence LREM au moment du vote

L'AFP parle pourtant d'un "très large vote de l'Assemblée" malgré un refus inédit dans les rangs de la majorité présidentielle

L'Assemblée nationale a adopté mardi la proposition de loi "anti-casseurs" dénoncée comme "liberticide"

Résultat de recherche d'images pour "Loi "anti-casseurs""
Tribunal correctionnel de Vaucluse
On retiendra que 50 députés LREM ont bravé la discipline de vote - un record - en s'abstenant du fait des dispositions visant à autoriser des interdictions administratives préventives de manifester.
Dans une ambiance agitée, les députés LREM et MoDem soumis, ainsi que des LR et UDI ont voté pour, l'ensemble de la gauche s'étant prononcée contre, de même que les élus RN.
Déjà approuvé dans sa version originelle par la Chambre haute en octobre, le texte amendé a été validé au Palais Bourbon en première lecture par 387 voix contre 92, et 74 abstentions, soit 166 contestataires. 

Cinquante "marcheurs", dont le vice-président de l'Assemblée, Hugues Renson, la présidente de commission Barbara Pompili, ainsi que Matthieu Orphelin, Aurélien Taché et encore Sonia Krimi ont fait le choix de l'abstention, un chiffre jamais atteint depuis 2017 sur un projet de loi défendu par le gouvernement. Mais aucun n'a voté contre, une possibilité  qu'Aurélein Taché avait envisagé pour sa part.
Sur la loi asile-immigration il y a quelques mois au même stade, les abstentionnistes étaient 14 (et un contre).

"Le texte a été voté" et "il n'y a pas de malaise", a prétendu le patron du groupe majoritaire. Lundi, Gilles Le Gendre craignait pourtant une vingtaine d'abstentions  et de votes contre un texte "équilibré"

Sonia Krimi, LREM, qui a un temps envisagé de voter contre, a voulu "envoyer un signal" pour que le gouvernement évolue sur la disposition clé des interdictions préventives de manifester pouvant être prises par les préfets. Plusieurs redoutent à l'avenir que ces représentants de l'Etat soient aux mains d'un "régime mal-intentionné".

Dans le groupe MoDem, dépendant de la majorité, quatre députés se sont abstenus et un, Brahim Hammouche, a voté contre cette proposition "incertaine et confuse", pour que "demain ne rime pas avec gueule de bois". 

Le numéro un de LREM, Stanislas Guerini, avait récusé d'avance le terme connoté de "fronde": sous François Hollande il s'agissait d'"une opposition fondamentale avec la politique qui était portée" et "ce n'est pas le cas ici".

Plusieurs juristes, des avocats de renom, dont deux proches d'Emmanuel Macron, se sont élevés contre une "loi de la peur" (François Sureau, 61 ans, premier rédacteur des statuts d'En Marche!, le parti politique fondé par Emmanuel Macron) ou "une réponse d'un pouvoir qui agit sous la pression et dans l'urgence" (l'ex-socialiste  ete ancien soutien de Ségolène Royal, Jean-Pierre Mignard).
"C’est le citoyen qu’on intimide, et pas le délinquant".Le 4 février 2019, F. Sureau publia dans Le Monde une tribune réquisitoire contre la proposition de loi, dite "anti-casseurs", visant à prévenir les violences - par des décisions administratives et non plus de justice - lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs, estimant notamment que ce texte "vise les 'gilets jaunes', sous prétexte de réprimer des casseurs que le droit pénal ordinaire permet tout à fait de réprimer. Ce sont les manifestations qu’on veut limiter, pas les actes violents."
Jugeant son travail bafoué, cet auteur de plaidoyers contre l'état d'urgence devant le Conseil constitutionnel ajoute
"je ne sais pas où est le 'progressisme' dans cette majorité ou dans ce gouvernement, mais il n'est sûrement pas dans le domaine des libertés publiques. [...] Que personne ne voie la contradiction politique entre la lutte revendiquée contre le "populisme" et ce genre de législation est proprement stupéfiant."

"Loi scélérate", pour le moins, aux mains d'un régime présumé bien-intentionné

Outre les interdictions administratives de manifester pouvant être prises par les préfets, et non plus la justice, sous peine de six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende, il est également prévu la possibilité de fouilles pour trouver des "armes par destination", sur réquisition du procureur - soumis au ministre de la Justice - et encore le principe du "casseur-payeur".

La proposition de loi retournera au Sénat dès le 12 mars pour une deuxième lecture, le gouvernement, qui l'a reprise à son compte début janvier, souhaitant une adoption définitive rapide dans le contexte des manifestations récurrentes des "gilets jaunes".

Ce n'est "pas une loi de la peur", a affirmé mardi le ministre sécuritaire de l'Intérieur, Christophe Castaner, qui entend donner des gages à certains syndicats policiers. Et de certifier que ce n'est "pas une loi de circonstance mais une loi de bon sens" à l'égard des "brutes" qui nuisent à la cause des manifestants.

Côté syndicats, seule la CFDT opine
Hasard du calendrier, plusieurs dizaines de milliers de personnes défilaient dans le même temps partout en France, à l'appel principalement de la CGT, mais aussi pour la première fois avec la participation de "gilets jaunes".

UNSA Police, syndicat majoritaire de la profession, déplore dans une publication à propos de la loi dite anticasseurs : "
L'interdiction de manifester doit rester exclusivement une décision de justice" et propose une "peine complémentaire".
Les syndicats de police majoritaires vont-ils entrer dans la danse ? Alors que jusqu'à présent, les syndicats minoritaires (tel que ViGi ou France Police) et les associations de police (UPNI, CAP, CLIP et MPC) faisaient cavaliers seuls, l'UNSA Police a publié un tract le 31 janvier qui remet en cause la proposition de loi dite "anticasseurs" initialement portée par le groupe Les Républicains (LR) dans un autre contexte et exhumée par la majorité compte tenu de la crise actuelle.

L'ex-député européen Daniel Cohn-Bendit a jugé que "cette loi ne sert à rien" et est "dramatiquement bête".

Les partis politiques les plus radicaux ont clamé leur opposition.
La gauche a dénoncé un texte "inique" (PS), "anti-gilets jaunes" (PCF) et porteur d'une "dérive autoritaire", à l'unisson de certains syndicats et associations.
Fustigeant "une loi scélérate", les Insoumis avaient cherché en vain la semaine dernière à obtenir l'interdiction des lanceurs de balles de défense, qui ont provoqué de nombreuses blessures graves.

Avec les interdictions préalables de manifester, "on se croit revenu sous le régime de Vichy", avait tonné la semaine dernière Charles de Courson, dont le groupe Libertés et territoires a voté majoritairement contre. 

La droite LR et UDI-Agir s'est très majoritairement prononcés pour, malgré les amendements apportés au texte des sénateurs, patron des sénateurs LR qui entendait initialement répondre au phénomène des "black blocs".

Ce texte est pour la majorité
"une bouée de sauvetage dans une forme de naufrage", "d'échec à rétablir l'ordre républicain", a toutefois nuancé Eric Ciotti.

vendredi 3 août 2018

Cinq semaines de vacances d'été pour les députés

Les députés de la société civile découvrent les vacances prolongées

Les godillots et les autres quittent le Palais Bourbon ce mercredi pour plus d’un mois de vacances,

La "politique nouvelle" promise par Macron
à l'issue d'une session très active pour les oppositions
scandalisés par le régime de faveurs accordées par l'Elysée à Benalla, couronnant 
une session parlementaire menée à la hussarde, laissant certains députés éreintés par les sollicitations permanentes de l'exécutif à défendre l'indéfendable.

Ce mercredi marquait le dernier jour d'astreinte parlementaire. Marine Le Pen (RN) a ses habitudes dans le Sud. Olivier Faure (PS) préfère la douceur bretonne. Eric Coquerel (FI), lui, se sait pas encore où il passera ses vacances. 

"Les vacances vont faire du bien à tout le monde", assume Aurore Bergé (LREM), épuisée par ses grands écarts. "Il faut qu’on passe à autre chose. Peut-être que chacun va pouvoir retrouver ses esprits," espère-t-elle. Cette année, la porte-parole des marcheurs ne prendra pas ses vacances ni avec son ex-compagnon socialiste, ni avec son ex-camarade Républicain Claude Goasguen (LR), mais ils seront dans le Sud de l’Italie, loin de leurs circonscriptions  des Yvelines. A deux grosses heures de Paris.

«Apéritif», «bouteille de rosé» et «barbecue» au coucher du soleil : 

Dans la salle des Quatre Colonnes, Philippe Gosselin (LR) s’y voit déjà : il a beaucoup donné en effet, notamment comme membre de la commission des Lois de l’Assemblée nationale qui s'est dotée des prérogatives d’une commission d’enquête dans l'affaire Benalla-Macron. "Je vous le dis franchement, après une année intense et des dernières semaines un peu compliquées, il y un temps où on a besoin de se retrouver." Une bouffée d'air frais... Pendant ses vacances, le député compte bien dévorer "des livres policiers, des trucs qui vous nettoient un peu le cerveau". 

Ugo Bernalicis (FI) lui, mettra de la distance avec sa circonscription du Nord, s’offrant un "petit tour de France pour voir la famille". 

Sonia Krimi, la rebelle de LREM qui avait pris le parti des étrangers contre G. Collomb (concernant l'équilibre politique de son projet de loi sur le droit d'asile et l'immigration maîtrisée) et contre E. Macron (lui rappelant son discours d'Orléans demandant "plus d'humanité et de dignité" sur l'accueil des étrangers) - , ne rendra pas visite à sa famille tunisienne et évitera le contact avec ses électeurs de la Manche : la bi-nationale s’apprête à partir pour le village bobo de Saint-Paul-de-Vence et pour Nice. Quelques semaines d’accalmie, pour se "reposer, bronzer et écrire".

Ils ont voté jusqu'à trois lois par jour... 
Depuis la mi-avril, les parlementaires ont enchaîné les textes et les débats à un rythme effréné, imposé par l’exécutif. En juin, ils avaient dû demander de mettre les pouces, tirant la sonnette d’alarme pour obtenir une pause législative de deux jours. Pour les 351 députés stakhanovistes de LREM, cette année à l’Assemblée nationale a donc été éprouvante. Loi asile et immigration, logement, agriculture, réforme professionnelle : ont-il privilégié la qualité sur la quantité? Rien n'est moins sûr...

Ouverte le 2 juillet, pour 29 jours, la dernière session extraordinaire a fait plus de bruit que de besogne
 
Transformation express de la commission des lois en commission d’enquête du fait de l’affaire Benalla-Macron pour, au final, un dialogue de sourds. Double motion de censure des Républicains et des partis de gauche : les révélations du journal socialiste Le Monde sur l’ex-favori d’Emmanuel Macron ont bousculé le calendrier et provoqué une onde de choc dans les rangs de la majorité de ravis. Ils étaient "abasourdis, tétanisés, assommés". "On a vu des marcheurs qui étaient muets", se rappelle Valérie Boyer (LR). A la veille de son départ en vacances, "chez [elle], à Marseille", auprès de ses électeurs, la députée reste interloquée par ce scandale autour de Macron : "Pourquoi une crise de régime pour Alexandre Benalla ? Pourquoi ?"

Les ondes de choc se feront encore sentir à la rentrée.  
Richard Ferrand, le patron des députés LREM, a renvoyé l’examen du projet de réforme constitutionnelle de la rentrée à une date encore plus lointaine, "dans des conditions plus sereines", a-t-il raconté ce mercredi.

La majorité veut projeter une image de sérénité
L’alliance objective des oppositions, scellée par l’affaire Benalla, résistera-t-elle au creux de l’actualité estivale? La presse semble avoir appliqué la consigne élyséenne de dissiper l'affaire dans le n'importe quoi de l'info au quotidien. C'est ainsi actuellement la rixe entre bandes de rappeurs qui se sont tapé dessus dans le hall d'enregistrement de l'aéroport d'Orly, tout en occultant, en revanche, la découvertes de plusieurs armes au siège de LREM, le  parti du président...
  
"Il y a un avant et un après", assure pourtant Philippe Gosselin (LR). "A la rentrée, je ne suis pas sûr que l’engouement pour l’affaire Benalla soit à ce point sur toutes les tables et dans toutes les têtes", s'inquiète l’élu, qui sait que les oppositions vont devoir se rassembler à nouveau contre la réforme constitutionnelle. 

Le député de Seine-Maritime, Hubert Wulfranc (PCF),se refuse à voir dans la motion de censure commune "l’union des gauches". Cet été, il va retrouver son fief de Saint-Etienne-du-Rouvray, deux ans après l'assassinat islamiste du Père prêtre Jacques Hamel, et "reprendre, même s’[il ne l’a] jamais perdu, le pouls de la population stéphanaise". "Chez nous, ça [l’affaire Benalla] ne passe pas", affirme-t-il.

Face au scandale de la "police parallèle" de l'Elysée, la majorité présidentielle s'est épuisée à faire croire à sa sérénité dans l'adversité. 
Résultat de recherche d'images pour "houlié LREM"
Sacha, 30 ans, n'en peut plus !
Sacha Houlié (LREM) assure partir en vacances l’esprit tranquille : "L’opposition a essayé de nous fragiliser, de nous mettre en difficulté, mais on a tenu en bloc", prétend-il, typique de sa formation. "Vous avez face à vous dorénavant une majorité qui a vécu une épreuve," veut-il croire. 
Sur le réseau Telegram, la députée parisienne Laetitia Avia avait invité ses collègues marcheurs à "rester sobres" au moment du vote de la double motion de censure. Certains, qui ont fait claquer leurs pupitres pendant le discours de Christian Jacob, LR, ne l’ont manifestement pas entendue.
Les propos de la majorité tiendront-ils mieux la route après des vacances à 80 km/h.



jeudi 21 décembre 2017

Le gouvernement envoie sa majorité déminer le débat sur l'immigration gouvernement

Les associations mènent le combat du droit d'asile contre le gouvernement légitime

Le pouvoir doit faire face à des groupes radicaux
  
Résultat de recherche d'images pour "manifestation pour refugiés 26 novembre 2017"Pour préparer l'arrivée du projet de loi asile et immigration du gouvernement, d‘ores et déjà critiqué à la suite de plusieurs circulaires renforçant le contrôle des demandeurs d‘asile, les députés godillots de la majorité vont mettre en place un groupe de travail.

Dès le 22 janvier, l'Assemblée nationale entend organiser des visites de députés dans les commissariats et les gendarmeries, puis, le 12 février, des visites dans les centres de détention administrative et les zones d‘attente, a annoncé mercredi la Commission des lois, présidée par Yaël Braun-Pivet (LREM), élue des Yvelines, et avocate ...au pénal qui n'a pas plaidé depuis une quinzaine d'années pour élever ses cinq enfants. La quadra s'est ensuite consacrée à ses bonnes oeuvres, les Restos du coeur. 
Le Monde souligne d'ailleursque "son parcours tranche quand l’usage voulait que la fonction soit réservée à des députés expérimentés" et que "la volonté de parité n’est pas étrangère" à son élection. Et, en effet, l’examen du projet de loi sur la moralisation de la vie publique a donné lieu à de multiples cafouillages. La bécasse, croyant être discrète et confidentielle, a eu des mots très désobligeants à l’égard des membres de son groupe et ces paroles déplacées, enregistrées, tournent en boucle depuis. 
"On a une responsable de texte qui est inexistante, c'est comme si elle était à Nouméa sur une chaise longue. Naïma, elle fait ce qu'elle peut. On a un groupe qui dort, qui ne sait pas monter au créneau, qui est vautré", s’agaçait la gaffeuse, dans l’enregistrement accidentel, sans indulgence pour ses collègues.
Dans le mois qui a suivi son arrivée au Palais Bourbon, la députée avait déjà fait l’objet de deux indiscrets du Canard enchaîné, l’un rapportant qu’elle avait souhaité ne pas travailler le mercredi matin, jour consacré à ses enfants, l’autre la citant s’interrogeant sur le moment de "voter les décrets". "C’est ridicule", s’agace-t-elle fustigeant une "invention". "Elle ne savait pas ce qu’était un rapporteur", gronde un député de l’opposition qui se dit "dubitatif sur son vrai poids dans les négociations avec les ministères".Bien qu'elle se déclare "légitime et compétente" à son poste, elle a rendu un avis ambigu, se disant "émotionnellement" favorable à un amendement exigeant des candidats aux législatives qu’ils aient un casier judiciaire vierge, mais émettant des réserves "juridiques" en raison des risques d’inconstitutionnalité. Les députés ne pouvait se satisfaire de ce flou. "Elle a surestimé ses capacités à porter un tel texte", lâcha, lapidaire et sobre, un élu de gauche. "Je n’ai jamais assisté à des commissions aussi désordonnées", se désola pour sa part le socialiste Olivier Dussopt, aujourd'hui plus tempéré: le 24 novembre 2017, il s'est fait caser au secrétariat d'État chargé de la Fonction publique. Il est le dernier de la liste des membres du gouvernement.Dans ce chaos, un vote "assis-debout" (les députés se lèvent au lieu de lever la main pour voter et faciliter le comptage) a même été organisé sur l’un des points de la Loi moralisation. "C’est la première fois en dix ans de commission des lois que je vois ça, cela fait un peu brouillon", ajoute Philippe Gosselin du groupe Les Républicains.
Le projet de loi est attendu à l‘Assemblée au premier semestre 2018.

Les associations comptent faire la loi à l'Assemblée

L'accélération des expulsions et l‘introduction de contrôles jusqu‘au sein des centres d‘hébergement d‘urgence, prévue dans une circulaire du 12 décembre, a déclenché une vague de contestation des associations et de premières lignes de faille au sein de la majorité présidentielle.

Image associée
Députée franco-tunisienne LREM de 35 ans, née à Tunis, Sonia Krimi a interpellé mardi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sur sa politique d'asile, sous les applaudissements de l'opposition de La France insoumise, à l'extrême gauche de l'hémicycle. "Les centres de rétention deviennent des centres de détention et sont indignes de notre République", a estimé, lors des questions au gouvernement, cette inconnue qui a remporté le duel des "Marcheurs", alors qu'elle ne bénéficiait pas de l'investiture officielle de sa formation politique et qui, en septembre n'avait pas encore d'attaché parlementaire parisien.

Un peu plus de sept mois après l'entrée d‘Emmanuel Macron à l'Elysée, la politique d'asile apparaît comme le premier révélateur de divergences dans sa majorité.
"Vu le projet de loi que prépare le gouvernement, qui est exactement à l‘inverse de son intervention [de Sonia Krimi] (...), j'espère que nous retrouverons certains de ses députés qui voteront en leur âme et conscience, comme Sonia Krimi, lors de l‘examen de cette loi et peut-être parviendrons-nous à la modifier”, a déclaré mercredi soir Eric Coquerel, député de la France insoumise de Seine Saint Denis, sur CNEWS, d'autant que, dans le Cotentin, la rebelle franco-tunisienne est cornaquée par Pierre Bihet, 64 ans, ex-conseiller général socialiste en rupture avec le PS, à qui Areva a confié la présidence de la commission chargée de surveiller son usine nucléaire de la Hague.

"Pédagogie" et "compréhension" sont à nouveau les maîtres mots du gouvernement  pour justifier cette réforme

Image associée"Mon devoir est de faire un peu de pédagogie, d'expliquer ce qu'il en est aujourd'hui de dire, comme le dit le président de la République, qu'il faut réduire l'examen de la demande d‘asile", reconnaissait mardi, dans les couloirs de l'Assemblée, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.
Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur
Comme d’autres acteurs d’associations d’aide aux migrants, le Catalan Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade, a été reçu en novembre par le cabinet du ministre de l’Intérieur. Objectif affiché par l’équipe de Gérard Collomb : consulter les ONG, interlocuteurs illégitimes, avant d’élaborer le nouveau projet de loi 'asile et immigration', tant promis par Emmanuel Macron. "On a accepté de les rencontrer pour apporter tous les éléments qu’on pouvait apporter. Mais sans pouvoir faire bouger ce qui semblait déjà acté", regrette le secrétaire général de cette association, seule autorisée à se rendre dans les centres de rétention destinés aux migrants.


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Fin septembre l’ @AFP fuitait le brouillon du projet de loi sur l’immigration et l’asile en France. @VoxPublic_ rend visible à travers une infographie les grandes lignes de ce projet qui suscite de vives inquiétudes chez les associations et défenseurs des 

Cette association organise l'hébergement de clandestins chez l'habitant d'Ile-de-France. 60 "demandeurs d'asile" sont insérés dans une centaine de familles aujourd'hui. Elle organise aussi des événements culturels hebdomadaires: 31 événements culturels permettant la rencontre entre demandeurs d'asile et franciliens aujourd'hui.
VOIR et ENTENDRE un reportage de L'Humanité, organe de presse du PCF, auprès de participants à la manifestation d'extrême gauche du 26 novembre, dont la CNT, des trotskistes de Lutte ouvrière et du NPA, qui ne sont pas des associations, et Ensemble-FDG (Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire, Front de gauche) ou Amnesty international :


Le gouvernement n'entend pas remettre en cause l‘inconditionnalité de l‘accueil des migrants
et veut rendre plus "efficace" sa politique de droit d‘asile, a assuré mercredi Edouard Philippe sur RTL, tout en disant évidemment "comprendre parfaitement" l'attention des associations d'aide aux migrants et aux réfugiés,.
Le lundi 18 décembre, plusieurs associations ont occupé la place de la République à l'occasion de la journée internationale des migrants.