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jeudi 22 novembre 2018

Renault-Nissan : Quand le ministre Macron tracassait Ghosn

Renault : le bras de fer Ghosn-Macron

La montée brutale de l’Etat au capital de Renault, cette semaine [d'avril 2015], confirme les tensions entre le patron du constructeur et le ministre de l’Economie.

Un échange de coups de fil dans la soirée du 7 avril. C'est tout ce qu'Emmanuel Macron a accordé à Carlos Ghosn avant de réaliser une incroyable opération économique, politique et financière. Un coup typique de banquier d'affaires pour l'ancien de chez Rotshchild, mais inattendu de la part d'un ministre de l'Economie. Un camouflet pour le tout-puissant patron de Renault de la part de son principal actionnaire.

Le 8 avril au matin, l'Etat s'est offert 14 millions de titres Renault, plus de 4,5% du capital, pour en détenir désormais 19,74%. Il va débourser pour cela entre 814 millions et 1,232 milliard d'euros (selon les différentes options d'achat), un prix fort, alors que le cours de Bourse du constructeur est au plus haut depuis janvier. Personne n'aurait parié sur une manœuvre aussi velléitaire d'Emmanuel Macron. En mars 2014, l'Etat avait déjà sorti 800 millions d'euros pour l'autre fleuron national de l'automobile, le groupe Peugeot-Citroën. Un sauvetage d'urgence qui n'a rien de commun avec ce coup de force. Pis, Emmanuel Macron a toujours martelé son intention de céder des participations de l'Etat, promettant d'engranger de 5 à 10 milliards d'euros. 

La crise couve depuis le 13 mars [2015]
Mettre un milliard sur la table pour Renault n'a jamais fait partie du scénario. Carlos Ghosn a été le premier surpris. Pourtant, depuis le 13 mars, la crise couve avec le tout-puissant patron de l'alliance Renault-Nissan. Ce jour-là, le constructeur rend publiques les résolutions qui seront soumises au vote des actionnaires lors de son assemblée générale, le 30 avril. Notamment celle de ne pas accorder des droits de vote double aux détenteurs d'actions depuis plus de deux ans. Justement ce que le gouvernement entend imposer aux sociétés françaises cotées, une mesure au cœur de la loi de "reconquête de l'économie réelle" du 29 mars 2014, dite loi Florange, qui doit prendre effet lors des AG de ce printemps.

Selon nos sources, lors d'une réunion quelques semaines plus tôt, les deux représentants de l'Etat qui siègent au conseil d'administration de Renault se sont bien opposés à la volonté de Ghosn d'introduire une résolution contre les droits de vote double. Sans succès. L'un d'entre eux est Régis Turrini, le nouveau directeur de l'Agence des participations de l'Etat (APE), qui va justement mener l'opération d'achat de titres Renault pour Bercy. "Le message est clair : on ne se contente pas de regarder passer les trains", assure-t-on au ministère de l'Economie. Avec près de 20 % du capital, l'Etat va pouvoir peser, le 30 avril, pour faire adopter les droits de vote double.

En perte de vitesse face à Nissan

Si les relations n'ont jamais été au beau fixe entre l'exécutif et le plus atypique des patrons français, rien ne laissait présager un tel bras de fer. A l'automne, au Mondial de l'automobile, puis à Sandouville pour l'inauguration d'une nouvelle chaîne de production, le patron et le ministre s'affichaient côte à côte, partageant la même fierté devant les efforts de réindustrialisation de Renault. Carlos Ghosn pensait aussi avoir satisfait son principal actionnaire en annonçant, en février, la création de 1.000 emplois… Las, le Franco-Libano-Brésilien de 61 ans ne parvient pas à dissiper un malaise : Renault recule face à Nissan et sur tous les terrains.

L'Alliance [Renault-Nissan] a été scellée en 1999 pour aider le constructeur japonais à sortir de difficultés financières. Elle a depuis tourné à l'avantage de Nissan. Ce dernier vend aujourd'hui deux fois plus de voitures que la marque au losange et fabrique avec une seule usine dans le nord de l'Angleterre autant de véhicules que Renault dans l'ensemble de ses sites français. Ce rapport de force ne se traduit pas non plus dans la gouvernance du groupe. Renault détient 44 % de son allié alors que Nissan se contente de 15% du français, et n'exerce pas ses droits de vote.

Entre ses amis nippons et l'Etat français, Carlos Ghosn a vite fait de choisir. Financièrement, il trouve son compte dans l'alliance : son double salaire franco-japonais et les primes de performance qui y sont associées en font cette année l'un des patrons les mieux payés de l'industrie automobile mondiale. Il ne cache pas surtout sa volonté de participer à la consolidation annoncée du secteur en procédant à de nouvelles alliances. Objectif avoué, "dépasser General Motors", le concurrent américain qui a vendu l'an dernier 9,9 millions de véhicules, contre 8,5 millions pour l'alliance Renault-Nissan. Et ses ambitions mondiales, Carlos Ghosn a bien du mal à les faire partager à son principal actionnaire, l'Etat… [En la personne du futur "premier de cordée" autoproclamé]

Source: JDD papier - article du 12 avril 2015, modifié, e 20 juin 2017, par Sylvie Andreau

Aujourd'hui, chute de Carlos Ghosn et risque d'OPA, demain, sur une industrie française

La chute de Carlos Ghosn est aussi spectaculaire que minutieusement préparée par ses accusateurs japonais, souligne Natacha Polony dans Marianne. 
Une enquête, côté Nissan, dont rien n'avait fuité chez Renault qui possède pourtant 44% de l'entreprise nipponne, et dont les autorités françaises n'avaient pas été informées, ne serait-ce que pour leur demander des éléments, comme cela se fait généralement en pareil cas, un communiqué prêt à être dégainé et des caméras pour que le retentissement soit planétaire.

Renault est maintenant à la merci d'une OPA
De quoi laisser perplexe, au Quai d'Orsay ou à Bercy, sur cette étrange opération qui pourrait bien coûter son indépendance à Renault. Car la chute brutale du cours de l'action n'est pas sans conséquences. L'entreprise française est désormais à la merci d'une OPA de la part de son partenaire japonais, depuis longtemps agacé de devoir subir la tutelle d'une entreprise devenue moins puissante que lui.

Il nous semble apparemment difficile, à nous autres Français, de concevoir que les autorités judiciaires japonaises travaillent main dans la main avec le Meti, le ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, et avec les grands groupes industriels, dans un mouvement que les spécialistes appellent joliment 'cross fertility'.

C'est pourtant un classique. Le modèle américain est, de ce point de vue, un mètre étalon. L'amende record de 1,34 milliard de dollars qui frappe la Société générale, au motif que ses transactions, libellées en dollars, sont soumises au contrôle de la justice américaine et doivent respecter les règles et les embargos fixés par les Etats-Unis, nous rappelle combien la guerre commerciale est avant tout une guerre judiciaire. Le Japon, fidèle allié des Etats-Unis, applique les mêmes méthodes.

Quant à Macron, il cherche des poux à ses chevaliers d'industrie.
Le bras de fer de 2015, entre Emmanuel Macron et Carlos Ghosn a durablement installé de la méfiance entre Paris et Yokohama. L'arrivée de Macron a aussi précipité la défaite de l'adversaire : nous assistons aujourd'hui à l'hallali.

Quel gâchis! Renault, notre champion mondial de l'automobile, notre étendard industriel, est dans de beaux draps. Son PDG, Carlos Ghosn, le plus connu des patrons français, est en garde à vue à Tokyo et traîné dans la boue par les media du monde entier. Il est soupçonné de malversations, voire de conflit d'intérêts.
Les faits sont graves, mais le respect de la présomption d'innocence est de rigueur, en attendant de faire le procès des éventuelles turpitudes financières de Carlos Ghosn, plus tard.

Car l'essentiel est  l'avenir de Renault, de l'avenir de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, et de l'avenir de Renault dans cette Alliance. Or, il y a danger. La situation extraordinaire créée par la chute de Carlos Ghosn au Japon révèle en effet une grande fragilité du côté français: Renault est vulnérable. Et  on le savait bien : Renault et l'Alliance dépendaient trop d'un seul homme, Carlos Ghosn.

Macron obligé aujourd'hui de sauver celui dont il voulait hier la tête

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Il sera allé se montrer
dans toutes monarchies européennes 
Le petit Manu était en visite officiel en Belgique et, pour une fois, Macron n'a pas voulu se prononcer sur le fond de l'affaire Ghosn, au prétexte qu'on ne s'épanche pas à l'étranger sur les affaires intérieures. En dix-huit mois, il a au moins appris ça... Or, les guerres se déclenchent quand l'adversaire est occupé ailleurs. 
Il a donc assuré que l'Etat sera vigilant sur la stabilité du groupe, bla-bla-bli et bla-bla-bla, et tenu à rassurer les salariés et actionnaires du groupe. L'Etat oeuvrera "à la stabilité nécessaire pour l'ensemble des salariés du groupe, auxquels je veux ici dire que l'Etat actionnaire assurera tout son soutien."

Nissan veut mettre rapidement fin aux fonctions de Carlos Ghosn.
Nissan a annoncé lundi qu'il faisait en sorte de mettre fin rapidement aux fonctions de Carlos Ghosn, son président, après avoir découvert qu'il a utilisé de l'argent du groupe automobile japonais à des fins personnelles et a commis d'autres infractions graves. Il occupe, désormais et pour au moins 23 jours, une cellule du centre de détention de Kosuge.
Le constructeur, allié du groupe Renault dont Carlos Ghosn est PDG et l'Etat français est actionnaire, a précisé avoir mené une enquête interne à la suite d'une information dénonçant des pratiques inappropriées de la part de Carlos Ghosn et de l'administrateur Greg Kelly pendant plusieurs mois.Il y a encore quelques jours, Macron ne craignait pas de s’afficher à son côté à Maubeuge lors de son itinérance mémorielle. C'est dire que le président français a été pris par surprise et ne décolère pas.
Le groupe Nissan pourrait lui aussi, faire l'objet de poursuites liées à la remise aux autorités de documents financiers inexacts.

L'Elysée et Le Point envisagent un ..."complot".
"Non seulement la France ne peut pas lâcher l'un des siens, mais, en l'espèce, elle ne peut se permettre d'être naïve au point de ne pas vérifier elle-même que cette arrestation ne cache pas un complot industriel," écrit l'hebdomadaire, à qui on ne la fait pas.
Son numéro deux chez Nissan, Hiroto Saikawa, a rapidement pris les commandes du groupe Nissan et l'a accablé, se disant "indigné" de la conduite de Carlos Ghosn, et blâmant, au passage, le management solitaire de Ghosn, les "dérives" et le "côté obscur" du personnage... Les "nationalistes lépreux" supportaient mal qu'un "citoyen du monde" dirigeât leur entreprise nationale...

La France doit exiger son rapatriement, poursuit le journal de Pinault.
"Ce traitement est intolérable au regard du droit français [il n'a pas encore eu droit à un avocat] . On ne traite pas de la sorte un homme qui, jusqu'ici, n'avait jamais été pris en faute, qui a relevé une boîte (Nissan) à l'agonie pour en faire le leader mondial de la construction automobile."

Le Point sera l'avocat de Ghosn.
"La France ne peut pas laisser tomber Carlos Ghosn et doit exiger son rapatriement, quitte à ce que les enquêteurs nippons poursuivent leurs investigations en France. Le président de la République, Emmanuel Macron, ne peut pas rester indifférent au sort d'un compatriote, même si leurs relations ont été tendues par le passé." 

Que l'on soit bien clair, il ne s'agit nullement de faire obstacle à la justice japonaise, mais, dans cette affaire qui touche aux intérêts industriels de la France, Carlos Ghosn ne peut pas être traité comme un trafiquant de drogue international. S'il a fauté, il paiera cher. Mais c'est à la France de s'assurer qu'il n'est pas victime d'une manipulation nippone. Et elle se doit, dans un premier temps, de le tirer de sa cellule, d'examiner ensuite les charges, et éventuellement de le punir. Les enjeux sont trop importants pour faire aveuglément confiance aux Japonais." Nous sommes en froid avec nos voisins "populistes" européens, et aussi avec Trump. Maintenant les Japonais... 
#BalanceTonNippon ?


jeudi 7 décembre 2017

Lecture: Peillon, Hamon et Vallaud-Belkacem ont fait régresser les Français

Bilan négatif du quinquennat de Hollande en matière d'éducation

Le président sorti avait fait une priorité de la jeunesse...

La France est plus que jamais la mauvaise élève de la lecture en Europe.
Les petits Français se sont rapprochés un peu plus encore du radiateur au classement européen, comme indiqué par l'étude internationale qui évalue depuis 2001 le niveau de lecture des enfants de 50 pays tous les 5 ans. 

L'enquête Pirls (Programme international de recherche en lecture scolaire) évalue les performances en compréhension de l'écrit des écoliers à la fin de leur quatrième année de scolarité obligatoire (CM1 pour la France) dans 50 pays, a dévoilé ses résultats mardi
L'étude Pirls est conduite par l'IEA, une association internationale à but non-lucratif, et indépendante des États qu'elle étudie, et dont les membres sont des organismes de recherches universitaires ou gouvernementaux. L'IEA mène également une autre étude internationale, Timss, qui analyse les compétences et connaissances en mathématiques et sciences des enfants en CM1.
La plus connue sur les compétences des élèves et les systèmes éducatifs à l'échelle internationale,
l'étude Pisa, publiée fin 2016, montrait que la France se situait dans la moyenne des pays comparables en termes de compétences mais mettait en cause l'origine sociale des élèves -sans nommer les immigrés, notamment les clandestins, bien plus que dans une grande partie des pays évalués.
Les programmes éducatifs mis en question. 
L'étude Pirls a testé 320.000 écoliers au total, tous âgés de 9 ou 10 ans, et ayant tous suivi quatre années de scolarité obligatoire (soit le CM1 en France). Ces élèves ont été testés sur leurs capacités à comprendre des textes littéraires ou purement informatifs.

C'est sur ces textes informatifs que les écoliers français ont le plus "décliné", avec un score de 510 en 2016, contre 532 en 2001 lors de la première étude Pirls. Les élèves testés sont le plus souvent entrés en maternelle en 2008. Ils ont servi de cobayes pour des tests sur la théorie du genre ou l'ABCD de l'égalité, avant de subir la réforme des rythmes  scolaires, désormais critiquée dans le monde de l'éducation nationale et non plus seulement par les collectivités territoriales. 

L'enquête Pirls questionne aussi parents et professeurs et fournit une grande quantité de données sur les enseignants, les établissements scolaires, les conditions d'apprentissage de la lecture à la maison etc...
Les compétences en lecture et compréhension des écoliers français ont chuté par rapport au tout début des années 2000

La France et les Pays-Bas sont les deux seuls pays à afficher des scores à la baisse depuis 2001. Ces cinq dernières années, Vincent Peillon a été ministre de l'Education nationale de mai 2012 à mars 2014 et Najat Vallaud-Belkacem, de 2014 à 2017, avec un passage fugitif et déstabilisant de quatre mois avec Benoît Hamon (avril-août 2014) : trois ministres socialistes pour un seul quinquennat.
Paris comptabilise un score de 511 points et se maintient donc au-dessus de la barre des 500 points, fixée en 2001 comme la moyenne des performances des pays participant. 


Dans l'étude 2016, 34 de ces 50 pays ont obtenu un score dépassant les 500 points. La Russie, Hong Kong, Singapour, la Finlande et l'Irlande font partie des pays les plus performants dans le domaine de la lecture et de la compréhension. A l'inverse, l'Egypte, l'Afrique du Sud et le Maroc, pays d'origine de l'ex-ministre socialiste de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem,arrivent en queue de classement.

La France est de nouveau en queue de peloton des pays européens, avec un score médiocre.  
Résultat de recherche d'images pour "Lire et faire lire"De quoi conforter l'actuel ministre de l'Education nationale dans sa volonté de renforcer les fondamentaux à l'école primaire. Mardi, Jean-Michel Blanquer a commenté les résultats de Pirls 2016. L'intitulé de sa conférence de presse ? "Maîtriser le français, une exigence pour la réussite de tous"…

Mi-octobre, le locataire de la rue de Grenelle avait déjà lancé une campagne, "Ensemble pour un pays de lecteurs", pour redonner le goût de cette activité aux jeunes. Il compte sur l'association Lire et faire lire. 
Quelque 18.000 personnes contribuent à ce réseau, auprès de 650.000 enfants. L'objectif est d'atteindre, sous quatre ans, les 50.000 bénévoles, pour toucher 1 million d'élèves.

lundi 10 avril 2017

4 mois du quinquennat de Hollande "pèsent" plus lourd sur Hamon que 5 ans sur Macron

Les sondés sont-ils des inconscients de la responsabilité de l'ex-ministre Macron ?

Le "poison permanent" des défections au sein du PS pèsent plus lourds à Hamon que les soupçons hebdomadaires des media à  Fillon.

Fini de rire
"Ce n'est pas une campagne facile, je le reconnais (...)", explique le candidat officiel de la "Belle Alliance Populaire" à propos de ses mauvais scores dans les sondages pour la présidentielle. Le candidat socialiste est en effet relégué à la cinquième position dans les intentions de vote et esquisse un bilan anticipé de sa campagne.

Au détour de "son raisonnement", il a parlé du "poison permanent" des défections : "Après, il y a des défections nombreuses. Quand tous les jours vous avez le feuilleton de ceux qui s'en vont, c'est quand même pas facile à gérer", a expliqué l'ex-frondeur.
"Ce n'est pas tant que moi je le gère mal, c'est que ce sont nos électeurs qui se disent finalement à quoi bon" ?, a-t-il continué, amer,  avant de conclure : "On aurait pu rêver campagne plus facile à mener".

D'autant que ses soutiens n'imprègnent pas la campagne de leur détermination à le faire gagner. 
Plusieurs membres du gouvernement l'ont abandonné en rase campagne : outre Manuel Valls, ex-premier ministre et le traître parmi les traîtres, l'illustre Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et troisième dans la hiérarchie gouvernementale a rallié Emmanuel Macron, après les secrétaires d’Etat Thierry Braillard (Parti radical de gauche, PRG) et Barbara Pompili (Parti écologiste). 
Outre Bernard Cazeneuve, par obligation, ou Matthias Fekl, restent Najat Vallaud-Belkacem ou Emmanuelle Cosse  qui lui portent plus tort qu'elles ne le servent. 
D'autres tardent à clarifier leur positionnement ou à militer au côté de Hamon. Ainsi, Michel Sapin, ministre de l’Economie et des finances, Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’enfance et des droits des femmes, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat, enseignement supérieur et de recherche, ou Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des personnes âgées.
Fans de Hamon

Son équipe de campagne s'est-elle dissoute ?
Le premier cercle est composé du premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui n'avait pas d'autre choix, la maire de Paris, Anne Hidalgo, une frondeuse, ou l’ancienne ministre de la Famille de Jean-Marc Ayrault, Dominique Bertinotti, grande déçue du quinquennat. Mais aucun autre poids lourd du PS, ni du gouvernement. Ayrault, actuel ministre des Affaires étrangères, qui ne sait pas faire mieux que d'expédier les affaires courantes, ne s'est d'ailleurs pas déterminé.

Le sénateur Luc Carvounas, né de parents turcs, ex-cadre territorial, partisan du mariage homosexuel et proche de Manuel Valls (un chat noir socialiste : il fut directeur de campagne  de Valls dans le cadre des primaires du Parti socialiste et de Claude Bartolone, tête de liste PS battu à l'élection régionale de 2015), qui avait hérité, quant à lui, de l’animation d’un 'conseil parlementaire', est très présent dans les media, tandis que son collègue David Assouline, soutien de Vincent Peillon, chargé de la 'riposte', n'est pas très audible. De son côté, le hollandais Rachid Temal avait  la charge stratégique de la mobilisation du parti (meetings, etc.) et on a vu ce que ça a donné. "Je ne leur ai pas demandé de venir avec leur étiquette Peillon, Montebourg, Valls ou Hollande", a tenté de faire valoir Benoît Hamon, qui s’est défendu d’avoir élaboré un casting respectant toutes les sensibilités radicales. "Ce n’est pas un congrès du PS", avait-il lancé. Il lui était en effet reproché de faire une campagne de congrès plutôt qu’une campagne présidentielle.

Parmi ses sept porte-parole figurent ainsi deux proches de François Hollande, la sénatrice Frédérique Espagnac (qui a eu du mal à faire le deuil de la candidature du président sortant) et le député Sébastien Denaja (qui avait intégré l’équipe de Vincent Peillon pendant la primaire). Mais aussi deux soutiens d’Arnaud Montebourg : son épouse, l’ex-ministre de la Culture contestée, Aurélie Filippetti , et le frondeur Jérôme Guedj, joueur de Scrabble en séance de l'Assemblée nationale.

Benoît Hamon a évoqué lundi le poids d'un quinquennat qui a "déçu"

Le siège de campagne de Benoît Hamon a été installé dans une ancienne manufacture située au cœur du 10e arrondissement de Paris – ici le 11 février 2017 lors de l’inauguration.Benoît Hamon a mis en cause les gouvernements successifs de Hollande, bien qu'il ait lui-même participé 4 mois à celui de Valls, expliquant sur RTL"parce qu'il y a le bilan d'un quinquennat".
"Cela vous plombe en tant que candidat socialiste ?", a interrogé la journaliste. "Incontestablement, ça pèse", a répondu le quinquagénaire.

Benoît Hamon a affirmé que l'électorat de gauche a été "déçu" par le quinquennat de François Hollande, évoquant la déchéance de nationalité, la loi Travail, et "l'échec sur le chômage", dont son soutien, Arnaud  Montebourg, ancien ministre du Redressement productif (2012-2014), porte pourtant une large part  de la responsabilité.

Coincé entre la dynamique Mélenchon et l'aspirateur Macron, il a mis en cause le réflexe de vote utile. "Il y a beaucoup d'électeurs qui sont dans le vote utile, le vote contre, mais il n'y a pas de raison d'essayer de se faire du bien, d'améliorer sa propre vie", a déclaré l'apparatchik, eurodéputé à la faveur d'un scrutin de liste.

Les derniers sondages donnent le candidat socialiste 
en dessous de 10% d'intentions de vote, à 9 %, à moins de deux semaines du premier tour, selon l'enquête Kantar Sodres-One Point, loin derrière le candidat de l'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise) qui est crédité de 18 % des voix (+6 points, si on veut bien croire à la manipulation), deux fois plus, pour faire croire aux indécis-es et aux abstentionnistes qu'il disputerait la troisième place à François Fillon.


Benoît Hamon appellera à voter Jean-Luc Mélenchon s’il perd au premier tour
C'est l'annonce que le candidat du PS a faite samedi dans l’émission de divertissement politique 'On n’est pas couché'. Le candidat de la 'Belle Alliance Populaire' trahi par les siens a précisé :

"Parce que je considère qu’il y a, sur le fond, des proximités politiques. Sinon, nous n’aurions pas essayé de nous rassembler (…), c’est la proposition que je lui avais faite. Et pourquoi je la lui avais faite une deuxième fois. Quand il m’avait dit "Manuel Valls, c’est ce qui pose problème dans ton rassemblement", Manuel Valls est [depuis] parti, il a soutenu Emmanuel Macron, donc je me suis tourné à nouveau vers Jean-Luc, je lui ai dit : Manuel Valls n’est plus là, pourquoi ne viens-tu pas ?"

jeudi 9 mars 2017

Présidentielle 2017: Cazeneuve va faire pression sur Hamon à son QG


Cazeneuve rencontrera Hamon à son QG  pour un "entretien de travail" qui apparaît comme une ingérence de l'exécutif dans la campagne



Le Premier ministre socialiste rencontrera le candidat socialiste désigné


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Bernard Cazeneuve se rendra au QG de campagne de Benoît Hamon pour un "entretien de travail"jeudi, a annoncé Matignon, ce qui est interprété par certains comme un signe de soutien du premier ministre en exercice alors que le le candidat socialiste ne décolle toujours pas dans les sondages.

Prévu à 11h00, cet entretien portera notamment sur "les questions de sécurité et les questions migratoires" et sera suivi d'une déclaration commune à la presse, a fait savoir l'entourage du chef du gouvernement.

Bernard Cazeneuve en est à plusieurs tentatives de contribution au rassemblement derrière le candidat socialiste

C'est la troisième fois que le Premier ministre rencontre Benoît Hamon depuis la victoire du député des Yvelines à la primaire du PS, fin janvier, en plus de plusieurs appels téléphoniques, selon Matignon, ces dernières semaines.
Proche de Manuel Valls, Cazeneuve ne renonce pas à obtenir de  l'ex-"frondeur" qu'il défende davantage les réformes du quinquennat, avec pour l'heure fort peu d'effets.

Lors d'une rencontre avec des journalistes européens mercredi à Matignon, B. Cazeneuve s'est dit convaincu que ses "conseils" au candidat pour rassembler la gauche "finiront par infuser". "On ne peut pas gagner cette élection si on n'incarne pas une espérance, il le fait. Et sans s'adosser au bilan du quinquennat. Donc on finira par se rendre compte que les conseils que j'ai dispensés, en étant complètement désintéressé, finiront par infuser", a-t-il assuré.
A un journaliste qui lui faisait remarquer que Benoît Hamon ne défend pas les réformes de l'exécutif sortant, le successeur de Valls à Matignon a répété: "Oui mais il va s'y mettre, car on ne peut pas gagner une élection si on ne rassemble pas tout son camp".

La rencontre intervient alors qu'Emmanuel Macron ancien ministre qui boude le PS vient de débaucher un poids lourd rangé des voitures au PSBertrand Delanoë, l'ancien maire de Paris, alors que la nouvelle, Anne Hidalgo, s'est tournée vers Hamon.
D'autres responsables du PS, comme le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone ou le ministre de la Ville, Patrick Kanner, ont affiché leurs doutes sur la ligne irréaliste du candidat radical sorti premier des urnes de la primaire.

jeudi 19 mai 2016

La France ne tient plus sa place en Europe

La France de Hollande régresse et tire l'Europe vers le bas

En France, l'Union européenne est vécue comme un repoussoir et, à l'heure du Brexit, il serait question de refonder l'Europe, sans que nul sache comment 

La seule évocation de l'Europe fait bailler d'ennui, quand elle ne déclenche pas l'hostilité de ceux qui rendent l'Union responsable de tous leurs maux: pour les blessés de la vie, elle est devenue un abcès de fixation. Le Front national s'est engouffré depuis longtemps dans la brèche, sans communiquer la moindre indication crédible de l'intérêt d'une sortie de l'euro tant vantée dans son programme. Depuis des années, il est gagné d'avance pour les dirigeants politiques de se défausser sur Bruxelles, comme pour Hollande de tout mettre sur le compte du précédent quinquennat, pour éviter d'avoir à répondre de leurs actes ou de leurs arbitrages.

Le président socialiste a commencé par sous-estimer la gravité de la crise économique internationale, et optimiste impénitent, le dilettante a peu à peu déserté le rôle primordial traditionnellement réservé au président français dans le concert européen : impuissant à imposer à l'Allemagne un "pacte de croissance" fondé sur l'idée d'une politique de relance ou inconsistant sur le dossier des migrants, la rigidité et la ringardise de son idéologie ont aussitôt irrité, puis son absence de vision a plombé la marche de ses partenaires et l'illisibilité de sa pensée, associée à la mollesse de sa détermination, a fait de la France un partenaire transparent.

"Je veux réorienter la construction européenne", clamait le candidat de 2012 parmi ses 60 engagements

Or, le capitaine de pédalo ne parvient plus qu'à s'accrocher aux flotteurs et se fait larguer par Angela Merkel qui décide seule, sans consulter son voisin. A la veille des commémorations de Verdun, et du "mano en la mano" de François et Angela pour les cameras, l'Harmony of the seas franco-allemand n'est plus que coquille de noix au caniveau et Nicolas Sarkozy a beau jeu de dire, comme il le fait cette semaine dans Le Monde, que Barack Obama, quand il se rend en Europe, s'arrête à Londres pour s'entretenir avec Cameron, à Berlin pour discuter avec Merkel, mais saute l'étape de Paris…

L'U.-E. peut-elle regagner le coeur des Français ?

Conscients que la nature, et encore plus la politique, a horreur du vide, les Républicains tentent de colmater les voies d'eau. Le parti organisait donc, ce mercredi 18 avril, une journée de travail sur l'Europe dont l'état des lieux débouche sur des lignes de force et des idées nouvelles. Sur le constat, tous soulignent la nécessité d'une refondation (Nicolas Sarkozy) ou d'un nouveau départ (Alain Juppé). Bruno Le Maire tente de faire entendre sa différence et s'inspire de David Cameron pour proposer un référendum, mais sans pour autant énoncer clairement la question qui serait posée aux électeurs. Nicolas Sarkozy n'a pas de mots assez durs sur Schengen, ce qui annonce un programme sans concessions ni failles. Pas avant juillet, malgré l'impatience des commentateurs mal disposés à l'égard des Républicains.
VOIR et ENTENDRE
Alors, à l'heure où les sondages britanniques semblent montrer une avancée des opposants au Brexit, les nombreux candidats à la primaire de la droite s'attachent à préparer des solutions innovantes pour s'attaquer à un sujet sérieux : en finir avec le désamour des Français pour l'Europe.