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lundi 10 avril 2017

4 mois du quinquennat de Hollande "pèsent" plus lourd sur Hamon que 5 ans sur Macron

Les sondés sont-ils des inconscients de la responsabilité de l'ex-ministre Macron ?

Le "poison permanent" des défections au sein du PS pèsent plus lourds à Hamon que les soupçons hebdomadaires des media à  Fillon.

Fini de rire
"Ce n'est pas une campagne facile, je le reconnais (...)", explique le candidat officiel de la "Belle Alliance Populaire" à propos de ses mauvais scores dans les sondages pour la présidentielle. Le candidat socialiste est en effet relégué à la cinquième position dans les intentions de vote et esquisse un bilan anticipé de sa campagne.

Au détour de "son raisonnement", il a parlé du "poison permanent" des défections : "Après, il y a des défections nombreuses. Quand tous les jours vous avez le feuilleton de ceux qui s'en vont, c'est quand même pas facile à gérer", a expliqué l'ex-frondeur.
"Ce n'est pas tant que moi je le gère mal, c'est que ce sont nos électeurs qui se disent finalement à quoi bon" ?, a-t-il continué, amer,  avant de conclure : "On aurait pu rêver campagne plus facile à mener".

D'autant que ses soutiens n'imprègnent pas la campagne de leur détermination à le faire gagner. 
Plusieurs membres du gouvernement l'ont abandonné en rase campagne : outre Manuel Valls, ex-premier ministre et le traître parmi les traîtres, l'illustre Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et troisième dans la hiérarchie gouvernementale a rallié Emmanuel Macron, après les secrétaires d’Etat Thierry Braillard (Parti radical de gauche, PRG) et Barbara Pompili (Parti écologiste). 
Outre Bernard Cazeneuve, par obligation, ou Matthias Fekl, restent Najat Vallaud-Belkacem ou Emmanuelle Cosse  qui lui portent plus tort qu'elles ne le servent. 
D'autres tardent à clarifier leur positionnement ou à militer au côté de Hamon. Ainsi, Michel Sapin, ministre de l’Economie et des finances, Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’enfance et des droits des femmes, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat, enseignement supérieur et de recherche, ou Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des personnes âgées.
Fans de Hamon

Son équipe de campagne s'est-elle dissoute ?
Le premier cercle est composé du premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui n'avait pas d'autre choix, la maire de Paris, Anne Hidalgo, une frondeuse, ou l’ancienne ministre de la Famille de Jean-Marc Ayrault, Dominique Bertinotti, grande déçue du quinquennat. Mais aucun autre poids lourd du PS, ni du gouvernement. Ayrault, actuel ministre des Affaires étrangères, qui ne sait pas faire mieux que d'expédier les affaires courantes, ne s'est d'ailleurs pas déterminé.

Le sénateur Luc Carvounas, né de parents turcs, ex-cadre territorial, partisan du mariage homosexuel et proche de Manuel Valls (un chat noir socialiste : il fut directeur de campagne  de Valls dans le cadre des primaires du Parti socialiste et de Claude Bartolone, tête de liste PS battu à l'élection régionale de 2015), qui avait hérité, quant à lui, de l’animation d’un 'conseil parlementaire', est très présent dans les media, tandis que son collègue David Assouline, soutien de Vincent Peillon, chargé de la 'riposte', n'est pas très audible. De son côté, le hollandais Rachid Temal avait  la charge stratégique de la mobilisation du parti (meetings, etc.) et on a vu ce que ça a donné. "Je ne leur ai pas demandé de venir avec leur étiquette Peillon, Montebourg, Valls ou Hollande", a tenté de faire valoir Benoît Hamon, qui s’est défendu d’avoir élaboré un casting respectant toutes les sensibilités radicales. "Ce n’est pas un congrès du PS", avait-il lancé. Il lui était en effet reproché de faire une campagne de congrès plutôt qu’une campagne présidentielle.

Parmi ses sept porte-parole figurent ainsi deux proches de François Hollande, la sénatrice Frédérique Espagnac (qui a eu du mal à faire le deuil de la candidature du président sortant) et le député Sébastien Denaja (qui avait intégré l’équipe de Vincent Peillon pendant la primaire). Mais aussi deux soutiens d’Arnaud Montebourg : son épouse, l’ex-ministre de la Culture contestée, Aurélie Filippetti , et le frondeur Jérôme Guedj, joueur de Scrabble en séance de l'Assemblée nationale.

Benoît Hamon a évoqué lundi le poids d'un quinquennat qui a "déçu"

Le siège de campagne de Benoît Hamon a été installé dans une ancienne manufacture située au cœur du 10e arrondissement de Paris – ici le 11 février 2017 lors de l’inauguration.Benoît Hamon a mis en cause les gouvernements successifs de Hollande, bien qu'il ait lui-même participé 4 mois à celui de Valls, expliquant sur RTL"parce qu'il y a le bilan d'un quinquennat".
"Cela vous plombe en tant que candidat socialiste ?", a interrogé la journaliste. "Incontestablement, ça pèse", a répondu le quinquagénaire.

Benoît Hamon a affirmé que l'électorat de gauche a été "déçu" par le quinquennat de François Hollande, évoquant la déchéance de nationalité, la loi Travail, et "l'échec sur le chômage", dont son soutien, Arnaud  Montebourg, ancien ministre du Redressement productif (2012-2014), porte pourtant une large part  de la responsabilité.

Coincé entre la dynamique Mélenchon et l'aspirateur Macron, il a mis en cause le réflexe de vote utile. "Il y a beaucoup d'électeurs qui sont dans le vote utile, le vote contre, mais il n'y a pas de raison d'essayer de se faire du bien, d'améliorer sa propre vie", a déclaré l'apparatchik, eurodéputé à la faveur d'un scrutin de liste.

Les derniers sondages donnent le candidat socialiste 
en dessous de 10% d'intentions de vote, à 9 %, à moins de deux semaines du premier tour, selon l'enquête Kantar Sodres-One Point, loin derrière le candidat de l'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise) qui est crédité de 18 % des voix (+6 points, si on veut bien croire à la manipulation), deux fois plus, pour faire croire aux indécis-es et aux abstentionnistes qu'il disputerait la troisième place à François Fillon.


Benoît Hamon appellera à voter Jean-Luc Mélenchon s’il perd au premier tour
C'est l'annonce que le candidat du PS a faite samedi dans l’émission de divertissement politique 'On n’est pas couché'. Le candidat de la 'Belle Alliance Populaire' trahi par les siens a précisé :

"Parce que je considère qu’il y a, sur le fond, des proximités politiques. Sinon, nous n’aurions pas essayé de nous rassembler (…), c’est la proposition que je lui avais faite. Et pourquoi je la lui avais faite une deuxième fois. Quand il m’avait dit "Manuel Valls, c’est ce qui pose problème dans ton rassemblement", Manuel Valls est [depuis] parti, il a soutenu Emmanuel Macron, donc je me suis tourné à nouveau vers Jean-Luc, je lui ai dit : Manuel Valls n’est plus là, pourquoi ne viens-tu pas ?"

vendredi 26 avril 2013

Hollande, un an après: du ni fait, ni à faire

Est-il allé à l'essentiel ? Ou non !
Des réformes, des chantiers, des promesses non tenuespromesses 
François Hollande a lancé depuis son arrivée à l'Elysée plusieurs réformes, dont certaines sont achevées ou en passe de l'être, mais a aussi dû renoncer ou repousser des promesses de campagne.

Réformes réalisées
- Mariage pour tous les homosexuels : adopté dans la précipitation le 23 avril par un vote bâclé de l'Assemblée nationale et au mépris de la forte mobilisation des opposants dans la rue. L'opposition UMP et centriste a saisi le Conseil constitutionnel qui doit se prononcer dans un délai d'un mois.
- Augmentation des impôts pour tous: alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, création d'une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu à 45%, relèvement de l'impôt de solidarité sur la fortune et de la fiscalité sur les grosses successions.
- Création de la Banque publique d'investissement pour les PME.À peine cette "banque" politique est-elle mise en place, que les désaccords entre Nicolas Dufourcq, directeur général exécutif, Ségolène Royal, porte parole et vice-présidente du Conseil d’administration de la BPI, et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’étalent sur la place publique.
- Détricotage de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et notamment du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, à laquelle a été substitué un processus semblable pour réduire les dépenses (la "modernisation de l'action publique").
- "Pacte de croissance" ajouté au traité budgétaire européen, qui lui-même n'a pas été à proprement parler renégocié, contrairement à la promesse du candidat Hollande.
- "Pacte de compétitivité", avec notamment un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour les entreprises qui ne faisaient pas partie du programme, financé en partie par des hausses de TVA et donc par les plus défavorisés, alors que les socialistes ont fait campagne contre la TVA sociale.
- Promis à tous, le départ à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt rétabli dès 2012, mais suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires.
Les deux dispositifs d'embauche des jeunes ne satisfont pas les espoirs placés en eux: le "contrat de génération" depuis mars, les emplois d'avenir, contrats aidés pour les jeunes peu ou pas qualifiés. Ces derniers ne s'avèrent pas assez attractifs car les conditions sont trop restrictives: environ 20.000 fin avril sur un objectif de 100.000 d'ici la fin de l'année.
- Elargissement des tarifs sociaux de l'électricité et du gaz.
Pour faire face à l'extension des tarifs sociaux de l'énergie, les tarifs de l’électricité sont  en hausse de 2,5% depuis décembre, soit environ 15 euros par an et par ménage.
Le gaz, lui, augmente de
2,4%. "Il faut exploiter les gaz de schiste. On voit qu’aux Etats-Unis, les prix ont été divisés par deux ou trois, c’est considérable", estime Rémy Prud’Homme.
- TVA ramenée à 5,5% pour le livre (contre 7%). Comment la perte de recettes de l'Etat est-elle financée  ?
- Suppression de la franchise médicale de 30 euros imposée aux sans papiers, des clandestins, bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat (AME). Qui finance: les riches ou les classes moyennes ?
- Abrogation de la circulaire dite Guéant qui compliquait la situation des étudiants étrangers.
- Des critères présentés comme objectifs pour la régularisation au cas par cas des sans-papiers.
En somme, essentiellement des textes et des suppressions d'un trait de plume, avec le souci d'une montée en flèche de la fiscalité supportée par seulement un Français sur deux.

Chantiers en cours
- Un des plus emblématiques de la campagne: la taxe à 75% au-delà d'un million d'euros de revenus, retoquée par le Conseil constitutionnel, va désormais s'appliquer aux entreprises qui versent de telles rémunérations à leurs cadres. La nouvelle version devrait s'intégrer dans un texte plus large sur la gouvernance des entreprises et la rémunération des patrons, attendu fin mai.
- Lutte contre la fraude fiscale - depuis l'affaire Cahuzac (blanchiment de fraude fiscale) - grâce à des moyens et effectifs renforcés et des sanctions durcies.
- Le Parlement a voté une augmentation du taux normal et intermédiaire de la TVA (20% et 10%) frappant jusqu'aux plus précaires et une baisse du taux minimal (5%) mais des modifications sont en discussion. La TVA sur le logement social sera abaissée à 5%.
- Réforme de l'épargne longue pour mieux financer les entreprises.
- Livret A: le plafond a été relevé de 50% pour une période d'essai mais pourrait être doublé, comme promis pendant la campagne, d'ici quatre ans.
- Séparation des activités bancaires: pas de séparation de la banque de détail et des activités de marché mais les opérations menées par les banques pour leur propre compte devront être cantonnées dans une filiale ad hoc. Interdiction de certains types d'opération comme le trading à haute fréquence (ordre boursiers passés en rafale par des machines). Les banques devront aussi faire connaître leurs activités pays par pays
Le projet de loi doit passer en deuxième lecture à l'Assemblée nationale.
- Retraites : mise en place d'une ...commission d'experts (!) chargée de proposer des pistes de réforme d'ici juin. Une concertation avec les partenaires sociaux suivra et des mesures pourraient être prises en 2013.
- Réforme de l'emploi : issu de l'accord du 11 janvier signé par le patronat et seulement trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) contre l'avis de la CGT et FO, ce projet de loi sur la flexisécurité pourrait être adopté définitivement le 14 mai, malgré l'opposition de la gauche, de l'aile radicale du PS au Front de gauche de Mélenchon et des communistes. Il ouvre la voie à une surcotisation des contrats précaires et un éventuel renchérissement des licenciements pour les entreprises en très bonne santé, mais des facilités d'embauche en CDD et de licenciement. Une réforme de la formation concentrée sur les moins formés et les chômeurs est annoncée pour 2013.
- Loi sur la refondation de l'école, qui prévoit notamment 60.000 créations de postes dans l'Education (enseignants, encadrement et agents des collectivités locales). Adopté en mars par les députés, le texte doit être débattu à partir du 21 mai au Sénat.
- Amélioration de l'accueil des étrangers en préfecture: des audits sont en cours et des propositions concrètes attendues "prochainement".
- Réduction de la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d'électricité, actuellement discutée dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, au détriment de la recherche et de l'exploitation du gaz de schiste (et donc des factures d'énergie).
- Réforme de la décentralisation: contestée au sein de la majorité, elle a été présentée sous forme de trois projets de loi, le 10 avril en Conseil des ministres, et sera débattue à partir de fin mai, d'abord au Sénat.
- Réforme constitutionnelle: le premier texte, sur le Conseil supérieur de la magistrature sera examiné (alors que la partialité des juges du Syndicat de la Magistrature s'est étalée sur leur "Mur des cons" désignés à leur vindicte judiciaire), en vue d'une adoption, par le Parlement réuni en Congrès le 22 juillet. Trois autres projets concernent la démocratie sociale, la responsabilité civile du président (François Hollande avait promis durant la campagne de modifier le statut pénal) et des ministres devant la Justice, et la suppression du statut de membre de droit du Conseil constitutionnel des anciens chefs de l'Etat. Ils n'ont pas encore été inscrits à l'ordre du jour du Parlement.
- Non cumul des mandats: engagement du candidat Hollande très contesté au sein même du parti présidentiel, bien que (comme le mariage pour tous !) les parlementaires aient eu connaissance du projet du candidat Hollande, il s'est traduit en projet de loi, présenté début avril en Conseil des ministres. Même si la réforme était adoptée en 2013, l'application n'est prévue qu'à compter de 2017.

Promesses non tenues
- Réduction du déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2013. Le gouvernement a reconnu qu'il serait de 3,7% en 2013 mais continue de le promettre à 2,9% - contre l'avis de tous les "experts" - en 2014.
- Remboursement des aides publiques reçues par les entreprises qui délocalisent, alors que les entreprises étrangères bénéficient d'incitations et d'exonérations.
- Taux d'imposition discriminatoires selon les sociétés (TPE 15%, PME 30%, grandes entreprises 35%).
- Fusion de l'impôt sur le revenu avec la CSG.
- Suppression du gel du barème de l'impôt sur le revenu. Hollande a maintenu ce gel tout en épargnant les plus modestes.
- Droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, pour commencer (de même que le PACS devait éviter de passer au "mariage" homo !) : cette réforme constitutionnelle bute sur l'absence de majorité qualifiée au Parlement et le recours à un référendum est exclu par le président Hollande.
- Lutte contre le contrôle au faciès: le gouvernement a abandonné l'idée d'instaurer des récépissés (raison invoquée: le récépissé n'était pas prévu dans le programme de Hollande!...) contre les contrôles d'identité abusifs, réclamés par les lobbies associatifs radicaux, mais compte en revanche réformer le code de déontologie des forces de l'ordre et réinstaller le matricule sur les uniformes: promesse du candidat ?
- Instauration d'une "contribution énergie-climat" aux frontières de l'Europe: cette mesure n'a plus été évoquée depuis la campagne, malgré la promesse du candidat...
- Blocage des prix des carburants. Le gouvernement y a finalement renoncé, préférant mettre en place à la rentrée 2012 des mesures temporaires contre la flambée des carburants, dont une baisse de taxe de 3 centimes par litre. La réflexion s'achemine en revanche vers une hausse de la taxation du diesel, soudainement stigmatisé pour la mauvaise qualité de l'air dans les villes, après avoir fait l'objet d'une promotion pour sa qualité.
- Loi de l'audiovisuel: attendu à la mi-mai en Conseil des ministres, le projet doit mettre fin au mode de nomination des patrons de l'audiovisuel public par le président de la République, instauré par Nicolas Sarkozy. C'est le CSA qui procédera à nouveau aux nominations. Mais la suppression de la pub en soirée seramaintenue, malgré les promesses, alors que les députés ont voté en décembre une augmentation de 6 euros de la redevance télévision en 2013, sur proposition du gouvernement Ayrault.

A noter qu'il est de plus en plus fortement question d'un remaniement ministériel dans les prochaines semaines.

mercredi 14 novembre 2012

Conférence de presse de Hollande: réactions mitigées

La prestation n'a enchanté que les socialistes, et encore pas tous 
Le petit théâtre de
Guignol
Six mois après son investiture,
François Hollande a nié tout "virage" politique de son quinquennat

Hier mardi 13 novembre, les 400 journalistes qui avaient attendu fébrilement leur convocation, se pressaient dans les salons: recevoir l'onction présidentielle pour bons et loyaux services pendant la campagne présidentielle
Narquoise, la presse étrangère a observé cette scène unique dans le monde d'une presse "indépendante" et jadis "insolente" qui faisait allégeance à son monarque. Cette conférence de presse se passait pour la première à l'Elysée, puisque le président "normal" avait renoncé à une nouvelle délocalisation: le changement étant plus  éphémère encore que prévu, il n'a pas cette fois planté son estrade à l'Hôtel de la Marine
Le syndrome YMCA
Le ridicule de Montebourg, qui s'est affiché en P'tit gars de la Marine, a dû peser sur le retour de Hollande au port, même si, à voile ou à vapeur, peu importe au temps du mariage pour les personnes du même sexe. D'autant que,  de surcroît, la concubine du ministre redresseur de la production s'est volontiers laissée embrasser par l'une de ses chroniqueuses sur D8. 


Le Président s'est donc frotté aux ors de l'Elysée pour tenter de redorer son image "salie" par plusieurs mois d'improvisation et par l'amateurisme de ses collaborateurs du gouvernement, leurs couacs ou reculades. Il a accaparé l'antenne pendant deux longues heures (et plus), sans que ni l'opposition, ni aucun media n'y voit un retour à l'ORTF.


Il s'est appliqué à défendre ses choix économiques, critiqués de part et d'autre de l'échiquier, mais aussi parfois dans sa propre majorité, et s’est posé en "président responsable".

VOIR et ENTENDRE une synthèse Le Figaro du grand oral de F. Hollande, en 2 minutes:

Cette conférence de presse peut se résumer en dix phrases-clés

Lefigaro.fr a compilé les phrases clés du pensum que François Hollande a imposé à ceux qui l'ont bien voulu: droit de vote des étrangers, mariage homosexuel, relations avec l'Allemagne, gaz de schiste... 

Sur la Syrie: «J'annonce que la France reconnaît la Coalition nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique permettant d'en terminer avec le régime de Bachar el-Assad.»


Sur le mariage homosexuel: «Je ne suis pas convaincu que si c'est la droite qui, après-demain ou encore plus tard, accède aux responsabilités, elle reviendra sur cette réforme, pas plus que la droite espagnole est revenue sur ce qu'avait fait le gouvernement Zapatero là-dessus.»

Sur le dérapage de Manuel Valls à l'Assemblée: «Manuel Valls fait remarquablement bien son travail. Ne perdons pas notre temps, ne nous divisons pas, ne polémiquons pas, ne cherchons pas à utiliser je ne sais quelle phrase à des fins de politique intérieure.»

Sur les gaz de schiste: «La recherche est possible sur d'autres techniques que celle de la fracturation hydraulique. Pour l'instant, cette recherche n'a pas abouti, je ne peux pas l'interdire, elle n'est pas interdite par la loi.»

Sur le droit de vote des étrangers: «Un référendum, en ce moment? Si nous n'aboutissons pas par la voie parlementaire, je verrai dans quel état est notre Nation, mais aujourd'hui, ce n'est pas dans mon intention.»


Sur Jean-Marc Ayrault: «Je l'ai choisi car j'ai une grande confiance en lui. Il est d'abord sérieux, c'est important. Il est ensuite loyal, c'est nécessaire. Il est dévoué, dévoué à la cause publique, et il est concret. Voilà pourquoi je lui renouvelle ici toute ma confiance.»

Sur le cap de la politique économique: «Nous vivons bien plus qu'une crise, nous vivons un changement du monde. Et c'est pourquoi depuis six mois, j'ai fait mes choix et je m'y tiens sans avoir besoin de prendre je ne sais quel tournant, je ne sais quel virage car ces choix sont conformes à mes engagements, à mes principes et, surtout, aux intérêts de la France.»

=> Le crédit d'impôt

Sur les critiques de l'Allemagne: «La chancelière et moi-même avons une responsabilité: faire avancer l'Europe. Ce qui compte, c'est pas ce qui se dit, c'est ce que nous nous disons.»

Sur l'arrestation d'Aurore Martin: «À aucun moment, ni la garde des Sceaux, ni le ministre de l'Intérieur et a fortiori moi-même, n'avons été interpellés pour dire quoi que ce soit au nom de la France.»

Sur l'Algérie: «Nous aurons à nourrir une relation particulière afin que nous puissions surpasser ce qui est lié à une histoire douloureuse, avec des mémoires blessées, de manière à regarder vers l'avenir, qui offre des potentialités entre nos deux pays.»

Et sur la menace islamiste au Mali



VOIR et ENTENDRE le décryptage proposé par Europe 1 le 14 novembre 2012:


VOIR et ENTENDRE les commentaires de Raphaëlle Bacqué - Catherine Nay - Carl Meeus - Pascal Perrineau, dans l'émission C dans l'Air animée par Yves Calvi, ce jour: (lien direct: cliquer sur Voir et entendre)



vendredi 2 mars 2012

Sarkozy : "M. Hollande veut moins de riches, je veux moins de pauvres"

Le candidat répond aux questions quand le Président ne pouvait pas
Arcelor est né de la fusion d'Aceralia (Espagne), Arbed (Belgique-Luxembourg)
et Usinor (France), le 19 février 2001:
L. Fabius, ministre de l'Economie des Finances et de l'Emploi.
ArcelorMittal fut fondé en 2006 avec la fusion d’Arcelor et de Mittal Steel: premier ministre, D. de Villepin




Il met à bas la légende sur Gandrange développée par le PS

La gauche conteste les 571 salariés de Gandrange reclassés
Gandrange n'est pas Peugeot-Vilvorde de Jospin
Lien PaSiDupes : "Jospin ne pouvait rien pour Vilvorde, Hollande pourrait tout pour Florange "
Interrogé sur France Inter jeudi matin, Nicolas Sarkozy dément ne pas avoir tenu ses engagements sur Gandrange, cette aciérie de Moselle qui a dû fermer. "Il y avait 571 salariés concernés pas la fermeture des activités ; il y en a 571 qui ont été reclassés", déclare le président-candidat.
Vrai ou faux ? Vrai. Ils ont bien été reclassés. Reste qu’ils l’ont été sur des sites ArcelorMittal menacés de fermeture à leur tour, notamment 250 à Florange, et les autres au Luxembourg, à Schifflange et Rodange. Les actions syndicales qui refusent le dialogue y contribuent.
Il a consacré sur France Inter la quasi-totalité de la première partie de son intervention à la désinformation socialiste concernant la sidérurgie.
a aussi expliqué pourquoi il est opposé à la mesure - démagogique mais sans effet - improvisée par François Hollande, de créer un taux d’imposition " à 75% " pour les revenus " au-dessus de 1 M€ " par an. Pris de court et par surprise, Jérôme Cahuzac (PS) en est resté sans voix.

Avec une telle mesure, les riches n'auront "aucun intérêt à rester" en France, a fait valoir le président-candidat, qui a fustigé, ce jeudi matin, "une démagogie insensée". Pour sa démonstration, il s'est appuyé sur un chiffre : cette mesure amènerait en vérité à une imposition réélle de 83%, atteinte par addition des 8% de la CSGaux 75% de la nouvelle tranche imaginée par le candidat socialiste. Or, l'addition de ces deux prélèvements concernant les revenus salariés aurait des effets dramatiques.

"D'abord, c'est pas 75% puisque comme vous le savez, il y a 8% de CSG.
J'imagine que M. François Hollande dans sa générosité bien connue ne va pas exonérer de 8% de CSG. Donc sa proposition c'est 75 plus 8, c'est 83% ", objecte en préambule, Nicolas Sarkozy, ce jeudi matin, à l'adresse du meilleur économiste de France, selon une entreprise commerciale de sondages inféodée.

"La question que je pose, c'est : Y a-t-il un pays dans le monde où il existe une taxation à 83% ?" insiste-t-il. Selon le président-candidat, le contribuable qui gagne aujourd'hui un million d'euros est imposé à hauteur de 53%, CSG comprise. Quel entrepreneur accepterait de travailler demain plus de trois jours sur quatre pour le fisc.

Le journaliste acquis à Hollande souligne involontairement que la mesure de Hollande est populiste et bidon.
Patrick Cohen insiste en effet pour remarquer que les 83% de taxation que le président sortant fustige
correspondent à "une tranche marginale", qui ne s'appliquera que pour la part des revenus dépassant un million d'euros, Nicolas Sarkozy acquiesce à cette condamnation de l'initiative de Hollande et va plus loin : "Mais à 83%, vous convenez parfaitement bien qu'il n'y a aucun intérêt à rester."
VOIR et ENTENDRE le Président-candidat interrogé par Patrick Cohen sur France Inter:

Le Parisien appelle l'ultra minorité trotskiste de SUD pour apporter la contradiction
Un "fiscaliste" dénonce "des amalgames" dans les chiffres avancés par Sarkozy
"Il y a des amalgames qui sont faits. A défaut de clarification, très techniquement, des propositions des uns et des autres, on ne peut pas s'amuser à jeter comme ça ce type de réflexion à l'opinion publique", polémique Serge Colin, dont on n'attend pas qu'il soit d'accord puisqu'il est secrétaire national de Union SNUI-SUD Trésor solidaires et président de l'Union des personnels des finances en Europe. Dans le genre extrémiste de gauche peut-on faire plus révolutionnaire ?
Les contributions s'ajoutent, quelle que soit leur nature
Comme l'indique le site impots.gouv.fr, "la CSG déductible sur ces revenus, est déjà déduite du montant imposable figurant sur vos fiches de paie ou sur le récapitulatif des sommes à déclarer que votre employeur ou vos caisses de retraite, etc… vous adresse". "Aujourd'hui, ce sont deux impôts différents. La CSG n'est pas en tant que telle un impôt, c'est une contribution sociale. Elle a été mise en place avec une assiette plus large et indépendamment du barème de l'impôt sur le revenu", ergote Serge Colin, qui différencie, quand ça l'arrange, les retraits sur nos feuilles de salaires, bien que le résultat soit le même à l'arrivée.

François Hollande a-t-il réfléchi ?
Il est actuellement difficile de se lancer dans de tels calculs sans savoir précisément ce que François Hollande "met dans cette imposition". Le sait-il lui-même ?
"Puisque certains débats visent à dire, est-ce qu'on va fusionner demain l'impôt sur le revenu et la CSG, pour l'instant,donc , ils sont pas fusionnés. Ce n'est pas en tant que tel quelque chose qui peut être additionné", argumente Serge Colin, décidément très proche du PS.

Sarkozy : "M. Hollande veut moins de riches en France, moi je veux moins de pauvres"

"Qu'est-ce qui restera pour le Trésor français? La question que je me pose c'est : Est-ce qu'il vaut mieux que tous ces gens qui ont de l'argent paient 53% d'impôts et restent en France ou paient en théorie 83% et s'en aillent."
" M.Hollande veut moins de riches en France, moi je veux moins de pauvres ", a poursuivi Nicolas Sarkozy, sur France Inter.

Le président sortant dénonce le risque d'exil fiscal

"Si nous sommes les seuls en Europe avec une taxation à 83%
, tous ceux qui ont de l'argent, tous ceux qui ont des moyens ? Ils vont partir dans les pays européens où la vie n'est pas si désagréable et où par ailleurs ils paieront moins d'impôts. Qu'est-ce qu'il restera à la France ? " "En résumé, si vous avez beaucoup d'argent vous payez 83% d'impôts. Au revoir et merci. Qu'est-ce qui restera ? Qui paiera les cotisations ? Qui viendra payer des impôts au Trésor français ?" redit-il, puisque dans notre pays seulement un foyer fiscal sur deux est soumis à l'impôt.
<"Après tout, si demain on a en France un génie, Steve Jobs ou des gens comme ça, est-ce que vous croyez qu'on doit absolument les mettre dehors ? Leur dire de partir ? Ou est-ce qu'on doit au contraire les avoir", renchérit-il. "Si demain il y a un Bill Gates, est-ce que franchement on devrait dire à Bill Gates : Partez, on n'a pas besoin de vous pour l'économie française"


François Hollande et Martine Aubry ont instrumentalisé les ouvriers de Gandrange,
pour effectuer leur premier déplacement commun
sur fond d'affiches PS de la campagne des élections présidentielles


La presse partisane et inconsciente commente: "Et d'agiter le spectre du chômage" (sic)
"La France n'a pas assez de chômeurs, il faut qu'on en ait encore plus ? Il faut absolument faire la chasse à tout ce qui crée ? A tout ce qui innove ?"
Patrick Cohen n'a visiblement pas cette préoccupation.

mardi 10 mai 2011

2011 - Le droit d'inventaire du socialisme de Mitterrand


Le PS prend le risque de raviver la flamme du 10 mai 1981

Lionel Jospin et le « droit d'inventaire » des années Mitterrand.

En 1995, le candidat à l'élection présidentielle désavoua les deux septennats de François Mitterrand
- dit Kermitterrand - devant les élus socialistes réunis à la Porte de Vincennes. Il refuse tout net que sa candidature soit assimilée à celle de son prédécesseur et le candidat des "forces de progrès" se réserve même d'instaurer un « droit d'inventaire » pour mettre à jour tous les problèmes de la politique menée pendant 14 ans.

VOIR et ENTENDRE Jospin, le Premier ministre socialiste - ancien trotskiste (OCI, jusqu'au milieu des années 80)- se dégage de l'emprise de François Mitterrand:

Depuis, les enfants de Tonton n'osent plus TUER le PERE !
Ils sont paralysés et ne peuvent plus aller de l'avant...
Polémique additionnelle
Quelques mois plus tard, juste après la mort de François Mitterrand, Lionel Jospin est invité à l'émission politique « Sept sur Sept ». la journaliste Anne Sinclair, épouse DSK, lui demande de commenter l'expression « droit d'inventaire » mais le socialiste austère et droit affirme qu'il n'a jamais dit de tels mots. Dès le lendemain, les journaux ressortent ses paroles et cette fois, Lionel Jospin est obligé d'admettre qu'il en est l'auteur.
Une attitude typique des socialistes vertueux qui, à maintes reprises, ont été mis face à leurs contradictions sans pour autant les admettre. Ainsi, François Mitterrand nia-t-il devant des caméras belges que l'Elysée ait ordonné des écoutes téléphoniques. Lien PaSiDupes

Pour la première fois en quatre ans, le vendredi 25 août 2002, l'ancien premier ministre exerça son droit d'inventaire sur son échec au premier tour de l'élection présidentielle, le 21 avril. « Je n'ai pas habité cette campagne, a-t-il déclaré. J'y suis allé en pilotage automatique. » Il a poursuivi : « Pris à Matignon, je n'ai fait que passer à l'Atelier son QG de campagne . Je n'ai pas pris la mesure de l'état du pays, ni de la gauche. »
VOIR et ENTENDRE François Baroin à l'Assemblée Nationale évoquant avec talent le train de vie socialiste, dont celui du présidentiable Dominique Strauss-Kahn:
VOIR et ENTENDRE "L'emmerdant, c'est la rose", par Thierry Le Luron:
A sa grande surprise, l'Union de la gauche va trouver la victoire, grâce à la stratégie négative de la droite, et sans savoir ce qu'elle allait en faire.
En 1984, c'est-à-dire seulement trois ans après, l'Union de la gauche avait infligé
trois dévaluations aux Français, des nationalisations et un plan de rigueur, sans compter la dette publique, entre autres succès.