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vendredi 9 décembre 2011

Les élus 'bling bling' de la CGT à Montreuil

Les vacances de luxe des Cégétistes pour se remettre des grèves
Le château de Fontenay-lès-Briis (17e siècle), propriété de l'Union des syndicats CGT de la RATP depuis 1937 (Front populaire)
niché dans la vallée de Chevreuse:
sis au cœur d'un parc boisé de 75 hectares, il est agrémentée de trois terrains de tennis, d'un minigolf et d'un camping. Les cadres du CCE amateurs de VTT peuvent ballader sur le parcours du domaine et les pêcheurs CGT ont un étang à truites privatif.
Un audit sur les incroyables dépenses du comité des œuvres sociales de la mairie provoque un conflit ouvert entre la maire de la ville et la CGT.

La campagne présidentielle met la mairie Europe Ecologie-les Verts en panique
Commandé par Dominique Voynet, le rapport sincère de la Cour des comptes
sur le comité d’entreprise de la RATP, met le feu à la .Cet audit interne de la mairie de Montreuil, dirigée par (EELV)? dénonce les drôles de pratiques des élus CGT du comité des œuvres sociales (COS) de la ville.

Lancé en juin lors de la primaire écologiste et achevé le 18 octobre, cet audit dresse un bilan sévère des activités du COS entre 2009 et juin 2011.

La mairie balise au point qu' Voynet a transmis son audit à la cour régionale des comptes, à charge pour les magistrats d’établir si des faits illégaux ont été commis. "
Le comité des œuvres sociales bénéficie de la plus grosse subvention distribuée par la ville, 1,4 M€ et Voynet a des comptes à rendre. " Il était normal que nous exercions un contrôle serré de son activité ", explique-t-elle.
Or, au terme de leur enquête, les auditeurs ont été " révoltés " par ce qu’ils ont découvert, témoigne-t-on à la mairie.

Des oeuvres sociales à usage syndical

Première surprise
, malgré une " situation financière très confortable ", le COS est très discriminant. L’an dernier, seul un tiers des 2840 employés de la mairie ont profité de ses prestations. " Nous partageons ce constat ", assure Bernard Grenouillet, élu FSU au conseil d’administration du COS, bien qu'il soit très proche du PCF.
Plus étonnant, " la plus grande partie des dépenses a trait aux loisirs, au détriment de l’action sociale ", pointe Dominique Voynet. Sur un budget total passé en trois ans de 801000 € à 1,11 M€, les frais de vacances et les voyages ont fait un bond spectaculaire. Résultat : ils ont absorbé cette année 90% du budget, ne laissant que des miettes aux activités culturelles et sportives (9%) et aux aides sociales (0,7%).
Mieux, dans le genre démocratique, " il apparaît que certains adhérents ont pu profiter bien plus des avantages fournis par le COS que les autres adhérents ", observe l’audit, qui ne parle pas de privilégiés de la CGT. D’autant qu’ " il ne semble pas exister de montant maximum de subvention par adhérent ". C'est au faciès !
Reste le plus scandaleux : non seulement une minorité des personnels de la mairie est gâtée par le COS, mais les principaux bénéficiaires ne sont autres que… les élus CGT eux-mêmes. En deux ans et demi, 4 élus CGT, accompagnés de leur famille, ont voyagé aux frais du COS pour un montant de 153024 €. Soit 6 fois plus que les aides sociales distribuées durant cette période. A lui seul, un élu s’est offert 10 voyages (Egypte, Maroc, week-end plongée à La Ciotat…) en 2009, 9 l’an dernier (Kenya, Crète…) et 8 ces six derniers mois (Québec, Méribel, Thaïlande…). Montant de la facture pour cet élu et sa famille : 44000 €. Réponse de Saphia Beltran, agent territorial et présidente CGT du COS de Montreuil, dans un courrier en date du 25 novembre : " L’accompagnement des groupes […] fait partie des fonctions de l’élu (afin) de s’assurer que le voyage se déroule pour le mieux. "

La famille Beltran est d'ailleurs très impliquée dans la municipalité: Stephan Beltran, conseiller municipal communiste de Montreuil, est travailleur social à Emmaüs Alternatives, quand ses mandats cumulés d'administrateur du Centre Communal d'Actions Sociales (CCAS), de représentant du Groupe Communiste à la Commission Technique Paritaire (CTP) et d'administrateur de l'association de gestion de la Bourse du Travail, lui en laissent le loisir: étonnez-vous qu'il ait besoin de voyager!


Les tensions sont vives entre la CGT et Dominique Voynet

En 2008, au sortir du gouvernement Jospin, la ministre de l'Environnement a ravi la mairie de Montreuil au communiste Jean-Pierre Brard après vingt-quatre ans de règne, à la faveur de cette affaire risque encore d’envenimer les relations. " Il est clair que la CGT veut la peau de Voynet ", confie un élu d’un syndicat minoritaire au COS.
Le conflit est en tout cas sur la place publique. " Si les élus CGT ne rectifient pas le tir et n’utilisent pas plus l’argent que nous leur versons à des œuvres sociales, je réduirai les subventions ", menace Dominique Voynet, très remontée contre la CGT qui, de son côté, accuse l’élue écologiste de vouloir réduire les moyens du COS. " Les collectivités locales ne doivent pas s’ingérer dans la gestion des associations qu’elles subventionnent ", soutient Saphia Beltran.

Une drôle de guerre de tranchées s’engage donc à Montreuil, fief de la CGT qui y a établi le siège de la confédération.

lundi 5 décembre 2011

Cette niche sociale que les syndicats ne veulent pas supprinmer

Les syndicats, ces riches qu'aime Hollande

Le Figaro Magazine du 3 décembre a obtenu le sésame

Les subventions de l'Etat sont dans leur caverne d'Ali Baba

Ils touchent 4 milliards par an de la collectivité pour 8 % de syndiqués. Subventions à gogo, permanents par milliers, gabegie... Un rapport parlementaire lève le voile.

Décapant ! Des vacances à Dakar aux frais de France Télécom ! En février dernier, 12 délégués syndicaux du groupe se sont rendus au Sénégal, officiellement pour assister au Forum social mondial. Dans leurs valises, un mandat en bonne et due forme du très imposant Comité central de l'unité économique et sociale (CCUES). Pour représenter les salariés de France Télécom face à la «place importante faite au secteur des télécoms, notamment dans le cadre des relations nord-sud», la délégation a reçu un chèque de 12.000 euros. À l'heure où les entreprises serrent les coûts et l'État taille dans ses dépenses, les syndicats ne rechignent pas à envoyer leurs membres au soleil, tous frais payés, simplement «pour nourrir leur réflexion».

Gonflé ? Non, une pratique plutôt ordinaire dans une France qui n'aime pas ses syndicats mais les nourrit grassement. Car si le syndicalisme n'a jamais été aussi peu représentatif dans notre pays - seuls 8 % des salariés (public et privé confondus) adhèrent à une organisation, le taux le plus bas de l'Union européenne ! -, la machine syndicale, elle, se porte bien, très bien même. Et pour cause: elle vit aux crochets des autres ! C'est la démonstration choc que font les députés dans un rapport rendu public cette semaine, et que Le Figaro Magazine a pu consulter en avant-première.

Au terme d'une commission d'enquête de six mois, de dizaines d'auditions, les élus font ce constat: la collectivité fait chaque année un chèque de 4 milliards d'euros pour financer l'activité syndicale. Presque l'équivalent du budget de l'Enseignement supérieur...
Les cotisations ne représentent qu'une part infime des budgets syndicaux: guère plus de 3 à 4% pour les organisations représentant les salariés et de 15 à 60 % selon les cas pour les structures patronales. C'est une «exception française en Europe», relèvent les parlementaires, soulignant qu'ailleurs sur le continent, «les cotisations occupent une part primordiale dans les ressources des syndicats, plus de 80% dans l'ensemble». Leur «légitimité» est à ce prix, notamment vis-à-vis des pouvoirs publics, glisse le rapport.

Ici, ce sont les détachements syndicaux, les décharges horaires, les subventions aux comités d'entreprise ou encore la gestion des organismes sociaux et de la formation professionnelle qui fournissent le gros des moyens. Un système bien huilé mis en place au lendemain de la guerre et que personne - même en ces temps de crise - n'a osé remettre en cause. Et surtout pas l'État impécunieux, pourtant avide d'économies. Y trouverait-il son compte?

Lorsqu'il a décidé de se pencher sur cette délicate question, Nicolas Perruchot, ce député centriste qui a fait une entrée tonitruante sur la scène politique en 2001, en évinçant Jack Lang de la Mairie de Blois, savait qu'il avançait en terrain miné. L'annonce de sa commission d'enquête a été fraîchement accueillie «en haut lieu», souffle-t-il. À plusieurs reprises, on m'a fait dire qu'une commission d'enquête parlementaire sur le prix de l'essence serait mieux venue», précise Perruchot, pas mécontent de n'en avoir fait qu'à sa tête.

Les syndicats ne se sont pas bousculés à la porte de la commission. «Nous nous sommes même demandé si nous aurions besoin de faire intervenir la force publique, comme nous en avons le droit», confie-t-il. Les représentants de l'UIMM - la puissante fédération patronale de la métallurgie - ou de FO ne se sont présentés à la convocation des députés qu'in extremis, lors de la dernière semaine d'audition.

On comprend leurs réticences. Le tableau que dressent les élus est décapant: «mécanismes de financement structurellement opaques», «absence de prise en considération (...) des mises à disposition de personnels et de locaux», «dérives»... Le schéma descircuits de financement qu'ils ont tenté de reconstituer vaut son pesant d'or, tant il est incompréhensible.

Les députés se sont fondés pour leur enquête sur de tout nouveaux éléments, fournis par les fédérations elles-mêmes. Car, pour la première fois cette année, les organisations syndicales et patronales ont dû se livrer à un exercice d'un genre nouveau: la publication de leurs comptes, en vertu de la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale. Personne n'avait osé leur demander le moindre bilan depuis la loi Waldeck-Rousseau créant les syndicats en... 1884 !

Certes, une incertitude plane encore sur les obligations des puissants syndicats de la fonction publique. En outre, toutes les organisations ne se sont pas pliées aux nouvelles règles du jeu avec le même entrain, certaines les ont même royalement ignorées. On attend toujours les comptes de FO pour 2010, de même que ceux de l'Union nationale des professions libérales (Unapl). Quant à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), elle a carrément fait savoir qu'elle n'entendait pas commencer l'exercice avant l'année prochaine.

Bernard Thibault, lui, a fait le choix de présenter le bilan de la CGT à la presse le 14 novembre. Sur 79 millions d'euros de cotisations versés par ses adhérents, un peu moins de 13 ont été affectés à la confédération pour financer ses activités, a-t-il détaillé. Ce qui lui a permis d'affirmer que près des deux tiers des recettes de la CGT provenaient des adhérents. À l'entendre, on serait donc «très loin» de l'image d'un syndicat «fonctionnant avec l'argent public». Simple question de présentation. Ce que l'on nomme par facilité «syndicat» est juridiquement composé d'une kyrielle de structures: sections d'entreprises, unions locales, départementales, fédérations professionnelles... La maison-mère est souvent elle-même incapable d'indiquer avec certitude le nombre de ses affidés. La CGT, par exemple, hésite entre 25.000 et 30.000 entités.

Quoi qu'en dise M. Thibault, l'essentiel de la richesse de la CGT et des autres syndicats de salariés provient des moyens humains - détachements, décharges horaires, etc. - mis à leur disposition par les entreprises et surtout par l'Etat. Ces petites mains se comptent par dizaines de milliers dans la fonction publique. Ou plutôt, elles ne se comptent pas. Car en la matière, l'unité de mesure, c'est l'estimation. Le doigt mouillé.

Pour en avoir le cœur net, l'Inspection générale de l'administration a épluché l'an dernier les mécanismes de mise à disposition pour les syndicats de la fonction publique dans deux départements, le Rhône et le Loiret. Son rapport, resté confidentiel, montre que l'administration n'est pas tatillonne avec les absences syndicales, qu'elle a parfois même renoncé à comptabiliser. Au service des impôts notamment, les syndicats déclarent que tous les droits syndicaux ont été pris quand la direction, elle, fait état d'une importante sous-consommation des heures de détachement ! De manière générale, les administrations peinent à distinguer les différents types d'absence ou de décharge.

Les abus prospèrent dans un univers où règne le flou. Soumis aux questions des inspecteurs de l'administration, les directeurs des ressources humaines des ministères ont bien dû admettre qu'ils ne disposaient d'aucun tableau de bord détaillé de leurs effectifs. Des réponses au moins aussi vagues ont été données aux députés. Du bout des lèvres, au ministère de la Fonction publique, on reconnaît qu'environ 17.000 agents (en postes équivalents temps plein) seraient mis à la disposition des syndicats dans la fonction publique. Dont près de 1200 à l'Éducation nationale. Les parlementaires ont conclu de cet aveu à moitié officiel que la réalité devait se situer bien au-dessus et Perruchot avance le chiffre de «28.000 équivalents temps plein pour les trois fonctions publiques». Si l'on s'en tient au chiffre officiel, les moyens humains offerts aux syndicats par l'État représenteraient une enveloppe minimale de 1,3 milliard d'euros. «J'ai dit à Valérie Pécresse: rien qu'avec une économie de 10% sur ce budget, je te fais l'équivalent de deux taxes sodas», ironise le rapporteur.

Dans certains services de l'État comme la police, fortement syndiquée, ces mises à disposition ont atteint une telle ampleur que le ministre a dû taper du poing sur la table. Depuis une dizaine de jours, le cabinet du ministre de l'Intérieur reçoit discrètement les syndicats de policiers les uns après les autres. Claude Guéant a lancé un pavé dans la mare en déclarant qu'il comptait «remettre les policiers sur le terrain». Depuis les déclarations du ministre, les langues se délient, et les différentes centrales se renvoient la patate chaude. Les uns ont reconnu des syndicalistes policiers assurant le service d'ordre de manifestation d'un candidat de gauche, les autres dénoncent les moyens humains particulièrement généreux consacrés aux œuvres sociales de la police. Jusqu'où ira le ministre de l'Intérieur? Dans bien des cas, les administrations préfèrent fermer les yeux pour assurer la paix sociale.«Globalement, les quotas de détachement dans la fonction publique ont souvent été dépassés avec la bénédiction des ministères», concède un connaisseur.

Cette stratégie dépasse de beaucoup les détachements de permanents syndicaux. Elle passe aussi par des largesses aux comités d'entreprise, la mise à disposition de locaux et de moyens matériels. Toujours dans la police, à Lyon, les syndicats policiers bénéficient depuis 2008, date de la destruction d'un immeuble ancien, d'un relogement dans le domaine privé pour un loyer annuel de 87.000 euros.

Au fil des ans, certains comités d'entreprise de la sphère publique sont devenus de véritables coffres-forts ! Il est vrai que les patrons n'hésitent pas à mettre la main à la poche bien au-delà des obligations prévues par la loi. Manière d'acheter, au prix fort, la paix sociale. Pierre Mongin, à la tête de la RATP, n'aligne-t-il pas 16 millions par an, c'est-à-dire 7 de plus que ce que lui imposent les textes, dans la caisse syndicale? Durant plus de dix ans à la tête d'Air France, Jean-Cyril Spinetta a mis des sommes importantes à disposition de ses comités d'entreprise (3,1 % de la masse salariale). Un compte courant avait même été mis à disposition par l'entreprise pour éponger les dettes et la gestion hasardeuse du CCE. Air France l'a fermé en 2008 et a accepté d'éponger un découvert de 7 millions d'euros. Une goutte d'eau face aux enjeux poursuivis par la direction: faire passer la privatisation de l'entreprise et la fusion avec le néerlandais KLM.

Même chose à EDF, qui abrite la plus grosse cagnotte de la CGT, l'intouchable Caisse centrale d'action sociale (CCAS). «Les magistrats ne comprennent rien aux impératifs économiques!» s'était emporté un certain ministre du Budget en 2004 alors qu'une information judiciaire était ouverte sur les irrégularités de la gestion du comité d'entreprise (4000 permanents syndicaux). Met-on en cause la gestion d'un syndicat majoritaire à la veille d'un changement de statut de l'entreprise? Chez France Télécom-Orange, la direction a trouvé une méthode tout aussi efficace de mettre de l'huile dans les rouages: acheter des pages de publicité dans les journaux syndicaux ou encore louer des stands dans les grands congrès.

Par comparaison, les entreprises privées «contribuent financièrement assez peu, sauf exception, au financement des syndicats de leurs salariés», note la commission d'enquête parlementaire. Hormis les décharges horaires prévues par la loi et les locaux syndicaux mis à disposition et dûment mentionnés dans leurs comptes. Au total, les députés évaluent le coût de la représentativité syndicale dans le secteur privé à 1,6 milliard d'euros. Un chiffre qui «ne correspond pas, à proprement parler, au financement des "syndicats", mais plus précisément à celui de l'activité de représentation, de défense, de revendication menée par les syndicalistes dans les entreprises», note le rapport. En outre, plus des trois quarts de ces syndicalistes sont élus par le personnel et non désignés par leur syndicats.

Les organisations syndicales et patronales se partagent enfin également, depuis plus de soixante ans, le gros gâteau du paritarisme. Ce sont elles qui gèrent le circuit de la formation professionnelle en France (un pactole de 6,3 milliards) et le «1% logement». Elles encore qui sont aux commandes des grands organismes de la Sécurité sociale et de l'Unedic, des mastodontes qui assoient leur puissance et font vivre des dizaines de milliers de militants promus au rang d'administrateurs. Indemnités forfaitaires, frais de formation, prise en charge de secrétariat, voyages d'études...: les députés énumèrent les multiples avantages que procure la gestion des organismes paritaires (voir tableau). «Tout le monde se tient, car tout le monde en croque», résume un dirigeant d'une caisse de retraite complémentaire, la galaxie Agirc-Arrco.

Denis Gautier-Sauvagnac, ancien dirigeant de la très puissante UIMM au sein du Medef, n'a toujours pas livré les secrets de la «fluidification du dialogue social». Dix-neuf millions d'euros ont été retirés en liquide des caisses de l'organisation entre 2000 et 2007, qui auraient majoritairement servi au financement occulte de syndicats, selon les soupçons des enquêteurs.

«Je suis parvenu à la conclusion qu'il existe bien un système, une stratégie globale et une alliance objective entre acteurs concernés, analyse Jean-Luc Touly, syndicaliste lui-même [second de la CGT à la CGE, membre decla Fondation de Danièle Mitterrand et de ATTAC], en cours de rédaction de son deuxième ouvrage sur les financements occultes. Si la CGT n'a pas mené la fronde lors de la réforme des régimes sociaux, comme elle aurait pu facilement le faire, c'est que le gouvernement avait une monnaie d'échange: la loi sur la transparence des comptes syndicaux dont l'incidence est limitée. »

Au plus fort de la crise, les confédérations affichent une insolente santé financière. Toutes les centrales sont propriétaires de vastes locaux parisiens : le siège du Medef est valorisé 24 millions d'euros, l'UIMM dispose d'un trésor de guerre de près de 505 millions d'euros, selon le rapport. François Chérèque, à la tête de la CFDT, avoue avoir du mal à cacher ses économies de plus de 350 millions d'euros, dont 34,7 millions de « trésorerie disponible ». Celle de la CGT est de 42 millions d'euros. Les fruits d'une «gestion de père de famille» ont expliqué, sans rire, plusieurs responsables syndicaux...

Des rentiers, les syndicats français ? Ils fonctionnent en tout cas très bien indépendamment de leur manque de représentativité. Inutile de grandir pour s'enrichir ! À l'extrême, ils n'auraient guère besoin d'adhérents. Premier syndicat français, la CGT en compte 670.000. Très loin des 2,4 millions d'IG Metall, le syndicat allemand des «métallos».

mercredi 23 février 2011

Les cheminots CGT ont 300.000 euros pour leur pub

Sociale et vertueuse, la CGT fait sa pub aux frais du CCE

Libération, le Nouvel Observateur, Le Point et Mediapart dénoncent

Le syndicat de cheminots a utilisé 300.000 euros à vocation sociale pour sa campagne électorale.

La CGT a sorti le grand jeu pour gagner les élections du 24 mars prochain à la SNCF. Le syndicat de cheminots a commandé une campagne publicitaire de 1939 panneaux en France, principalement à proximité des gares de voyageurs et des gares de triage. Cette campagne dénonce la stratégie de la direction qui a réduit l'offre de «wagon isolé» de la SNCF, déficitaire depuis de nombreuses années, pour se recentrer sur les axes les plus rentables.

Selon nos informations, cet achat d'espace, dont la valeur brute est de 1,5 million d'euros, a été négocié 300.000 euros par le syndicat. Ces affiches font beaucoup de bruit dans le monde cheminot, mais pas celui escompté par le syndicat majoritaire. Elles n'ont en effet pas été achetées par la CGT, mais par le comité central d'entreprise (CCE) de la SNCF, qui est censé financer les œuvres sociales des cheminots. «
Même si juridiquement il n'y a pas de détournement de fonds, l'opération semble éloignée de l'objet social du CCE et notamment de ce qui relève de son budget de fonctionnement», note un avocat-conseil de plusieurs comités d'entreprise en France.
Lien PaSiDupes

«Campagne de sensibilisation»

Les autres syndicats, qui dénoncent cette campagne de communication, pourraient donc porter plainte pour affectation des fonds du CCE à des fins politiques. « C'est scandaleux, martèle un responsable syndical. La CGT a ponctionné une forme de salaire supplémentaire et différé des cheminots pour conduire sa propre campagne électorale. »

De nombreux syndicalistes racontent avoir découvert cette affiche lorsqu'elle est apparue dans les rues de Paris, le 14 février. Il est pourtant mentionné dans la publicité que « cette campagne de sensibilisation » a été réalisée « à l'initiative du CCE de la SNCF et du CE Fret SNCF ». « C'est faux, le comité d'établissement Fret n'a pas été consulté, explique Gilles Desfrançois, élu FO au comité d'établissement Fret de la SNCF. Ça ressemble à une campagne publicitaire pour la CGT. Le code couleur de l'affiche, notamment la présence ostentatoire du rouge, tend à le confirmer.» Les syndicats majoritaires, la CFDT, Unsa et SUD, qui siègent aux côtés de la CGT au bureau du CCE, sont gênés aux entournures. La CFDT indique avoir «validé cette opération avec des réserves». «
Personne n'a osé s'opposer à une campagne sur l'avenir du fret à un mois des élections, commente un responsable syndical. De plus, quand nous ne suivons pas le syndicat majoritaire sur certaines de ses décisions, il y a des sanctions

Lien PaSiDupes: la CGT veut faire dérailler le programme de ferroutage

Plainte pour «dénigrement»

Contactés par Le Figaro, ni la CGT ni la direction du CCE n'ont souhaité commenter la situation. Même silence à la direction de la SNCF, où l'on ne souhaite pas s'attirer les foudres du syndicat majoritaire. L'entreprise, qui n'est pas fondée à porter plainte sur l'allocation de sa subvention, a toutefois assigné le CCE en référé pour «dénigrement» et atteinte à son image devant le tribunal de grande instance de Paris. L'affaire sera jugée vendredi matin.

Ce nouvel incident vient alourdir la liste des pratiques douteuses du CCE de la SNCF. La Cour des comptes mène actuellement une enquête sur la gestion de cette institution et sur 6 de ses 27 comités d'établissement (CE).
Le CCE de la SNCF touche chaque année une subvention de 92 millions d'euros et emploie près de 1000 salariés.
[Où les sous-effectifs se situent-ils donc, alors ? Seulement au service des usagers ? ]

Le CE de Lyon fait, quant à lui, l'objet d'une enquête de la brigade financière. Plusieurs cadres de l'institution ont été auditionnés en fin d'année. À l'origine de ces investigations: des fonds alloués par l'entreprise publique au titre de la formation syndicale qui auraient été utilisés pour financer le fonctionnement des syndicats.

Vous l'avez deviné:
ces lignes sont dues au Figaro (voir aussi le JDD), et non pas à la bande des quatre, à cette heure !

Quand la CGT, le PCF et Mélenchon organisaient une collecte sur la voie publique pour venir en aide aux cheminots grévistes (lien PaSiDupes - oct 2010)]

Pour info: coupable 'présumé', d'une part, mais intouchable, d'autre part...

Gilbert Garrel
, 51 ans, cadre à la SNCF, a été élu hier pour un mandat de trois ans au poste de secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, à l’occasion du 41e congrès du syndicat. Il remplace Didier Le Reste (1er plan flou), qui dirigeait l’organisation depuis dix ans.

vendredi 28 mars 2008

Elections étudiantes aux CROUS

Un scrutin majeur pourtant boudé par les étudiants
Le mardi 25 mars s’ouvraient les élections des représentants étudiants aux conseils d'administrations des 28 Centres régionaux des oeuvres universitaires et sociales (CROUS). Elles se déroulent tous les deux ans. Les 2,2 millions d'étudiants inscrits en France sont concernés par ce scrutin qui se terminera en métropole le 3 avril avant de se poursuivre dans les Antilles, en Guyane et à La Réunion entre le 7 et 11 avril.
Qu'ils soient inscrits en université, grande école, classe préparatoire ou IUT, quasiment tous les étudiants sont concernés par ces élections. Ils doivent simplement se rendre dans leur établissement ou leur restaurant universitaire et présenter leur carte d'étudiant pour voter.

Les élus étudiants représentent environ un quart de chaque conseil d'administration. Ils détiennent 7 sièges, sur des CA composés de 24 à 28 personnes (représentants de l'Etat, des personnels, des chefs d'établissements, des représentants des communes).


Les CROUS ont pour mission d'améliorer les conditions de vie et de travail des étudiants. Leurs actions concernent le logement, l'aide sociale, la restauration ou la culture.
Le taux d'abstention très élevé parmi les étudiants non politisés (95% selon l'Observatoire de la vie étudiante) a incité le ministère de l'Enseignement supérieur à lancer une campagne de communication conçue pour être diffusée dans les Universités françaises.

Sur ces images passéistes à connotation soixante-huitarde, un poing levé enserre un objet (clé, flambeau, fourchette, enveloppe) qui symbolise la problématique évoquée par le slogan.
Par ailleurs, des bannières ont été proposées aux administrateurs des sites Internet les plus fréquentés par les étudiants. Au sein des Universités, des courriers électroniques leur ont été adressés pour les informer des dates de tenue du scrutin dans leurs établissements. (Calendrier)
Une série d'affiches a été éditée, chacune comportant un slogan percutant pour motiver les étudiants à "faire entendre leur voix". Chaque encart reprend une problématique de la vie étudiante qui est aussi un domaine d'intervention du Crous. "Pour être mieux logé, logez un bulletin dans l'urne", "La démocratie commence aussi dans vos assiettes", "Aidez la démocartie, la démocratie vous aidera" ou encore "Etudiants faites entendre votre voix" peut-on lire sur les posters déclinés en plusieurs coloris et aussi distribués dans les campus en plus petit format. L’esprit créatif de Mai 68 faisait mieux…

Il faut souligner l’enjeu double du scrutin. Pour le responsable des affaires générales au Centre National des Œuvres Universitaires et Sociales (CNOUS), Claude Gesgon. "Il consiste d'une part, pour les élus étudiants, à participer à la vie du Centre régional: voter le budget, les tarifs de certaines prestations, des chambres, s'impliquer dans les différentes commissions et groupes de travail etc... et d'autre part, pour les organisations syndicales, ces élections leur permettent de mesurer leur poids au niveau national", a-t-il ajouté.
Ainsi, en 2006, les élections maintenues par le gouvernement en plein mouvement anti-CPE (contrat première embauche) avaient été boycottées par l'UNEF (gauche), syndicat étudiant très impliqué dans le mouvement. L'organisation estimait que le blocage de la grande majorité des universités empêchait le déroulement serein du scrutin. Emaillées de nombreux incidents (vol d'urnes notamment), elles ont ensuite fait l'objet de nombreux recours déposés par l'UNEF devant les tribunaux administratifs, entraînant la tenue de nouvelles élections dans 13 académies.
Cette année, l’UNEF a centré son programme sur la lutte politique contre la précarité, comme les partis de gauche qui l’encadrent..

L’UNI, syndicat universitaire de la droite républicaine, augmente son influence dans de nombreux sites universitaires récemment livrés aux blocages. Ainsi, à Aix-Marseille, l’UNI est devenue première organisation étudiante à Aix-Marseille 3, le 7 février dernier. Ce syndicat réussit dans des actions concrètes :
- pétition pour l’ouverture de logements universitaires
- pour une ouverture adaptée de la Bibliothèque universitaire
(BU)
- pour la création d’un ticket restauration étudiante

En 2006-2007, les CROUS ont géré 154 000 places en cités U, ainsi que le service de 55,1 millions de repas. 500 000 étudiants bénéficieraient par ailleurs d'une bourse dont l'allocation est gérée par le CROUS.

Paritairement: chaque vote compte !