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mardi 6 décembre 2011

Le trésor de guerre des comités d'entreprise, pour qui ?

La gauche s'enrichit "au service" des défavorisés

Pour commencer, il faut lutter pour

le pouvoir d'achat des syndicats et des CE,

menacé par les patrons...



Les Comités d'entreprise sont des nantis

Les syndicats, CGT en tête, règnent sur une poignée de puissants CE du secteur public, fortement subventionnés par des patrons qui achètent la paix sociale. Tous les excès sont permis.

Au comité central d'entreprise (CCE) de France Télécom, les élus [qui ne se suicident pas comme nombre de leurs 'camarades', mais, le savaient-ils,] partent en voyage d'étude au frais des agences de voyage pour tester les lieux de vacances qui seront proposés aux salariés du groupe. " C'est de la corruption pure et simple ", explique un délégué syndical de l'entreprise. Mais ces pratiques ne sont pas propres à notre CCE. On les retrouve partout. " [L'éthique de l'égalité est sauve !]
La CGT (26,04%), SUD-PTT (22,29%) et CFDT (21,91%), dans cet ordre aux dernières élections professionnelles, se partagent presqu'également les responsabilités.
L'an dernier, un rapport d'audit a révélé que le CCE d'Air France louait pour ses salariés en 2009 " des Mercedes, des Chevrolet et des Peugeot 807 ", alors qu'il possède sa propre flotte de véhicules. Toujours selon ce rapport, 30 ordinateurs portables achetés 39 000 euros " n'avaient toujours pas été distribués fin 2009. [à 1.330 euro pièce, ils sont plaqués or ?]

[Or, les CCE engorgent les tribunaux
En février 2011 et selon le rapport du tribunal de Bobigny, l'institution avait besoin de 20,5 millions d'euros pour poursuivre son activité en 2011 et éviter la cessation de paiement. Le feuilleton du CCE d'Air France ne faisait en fait que se poursuivre, car l'institution qui chapeaute 7 des 8 comités d'établissements (CE) de la compagnie aérienne devait trouver 20,5 millions d'euros pour poursuivre ses activités en 2011 après avoir déjà eu besoin de 15 millions d'euros supplémentaires pour survivre en 2010.
Et ce CCE a fait l'objet d'un audit en 2009 qui a dénoncé sa gestion et notamment «les dépenses à vocation personnelles» de ses dirigeants.
Et les syndicats d'Air France KLM s'est en outre payé le luxe d'une grève du personnel navigant commercial à cheval sur octobre (3 jours) et novembre (2 jours). La compagnie évalue à 28 Millions d'Euros l'impact de ces cinq jours de grève sur le résultat d'exploitation.
Aux élections professionnelles de mars dernier, la CGT (18, 84 %) et la CFDT (12, 26 %) arrivaient encore largement devant SUD et l'UNSA.]

Chez Disneyland Paris, un récent rapport judiciaire a révélé que 558 000 euros ont été détournés du CE entre 2006 et 2009.


Les cas de corruption et d'enrichissement personnel sont peut-être rares, mais le gâchis est généralisé.

Outre leur rôle de prestataires de vacances et de gestionnaires d'activités sociales et culturelles pour les salariés, les comités d'entreprise sont un bon moyen pour les patrons de choyer leurs délégués syndicaux et d'acheter la paix sociale. [Puisqu'ils se laissent corrompre, tous vertueux qu'ils fussent !] Au fil des ans et des chantages syndicaux, les CE [noyautés par les syndicats] sont devenus de véritables "Etats dans l'Etat". Surtout dans les grands groupes du service public où, comme le dit pudiquement le rapport des députés, " le niveau global de droits syndicaux va bien au-delà du droit commun ".

Ce sont des entreprises gérant des budgets considérables et une masse salariale imposante.
Le comité central d'entreprise d'Air France emploie ainsi 900 salariés. Celui de la SNCF, près de 1 000, et celui de la RATP, 300 employés. Quant à celui d'EDF, le plus gros de France, il rémunère près de 4 000 personnes !
[Ce sont des personnels mis à disposition par l'entreprise]

La direction d'Air France a fini par couper le robinet

Pourtant, depuis deux ou trois ans, le vent semble avoir tourné et les grands comités d'entreprise français sont dans la tourmente. Ceux de la SNCF et de la RATP ont fait l'objet d'une enquête de la Cour des comptes en 2010. Les élus du CCE d'Air France se sont, eux, succédé l'an dernier à la brigade financière, qui enquêtait sur d'éventuelles malversations. La police s'est intéressée à de possibles abus au comité d'établissement de la SNCF à Lyon. Après quatre ans d'enquête, la justice a fini par mettre en examen l'ex-président du comité d'entreprise d'EDF/GDF-Suez - le plus beau fleuron de la CGT - pour emplois fictifs, abus de confiance, escroquerie, faux et usage de faux.

Comment en est-on arrivé là ?

Encouragés par la bienveillance des grands patrons et en l'absence de tout encadrement, les dirigeants des comités d'entreprise ont amassé de véritables trésors de guerre, qu'ils n'étaient pas formés à gérer.
Au risque, parfois, de véritables catastrophes. Celui de France Télécom a frôlé la cessation de paiement en 2010 : l'annulation des vacances et un plan d'économie drastique ont évité le désastre.

Chez Air France, le CCE est englué depuis trois ans dans un conflit entre la CFDT et la CGT, qui se renvoient la responsabilité d'une gestion catastrophique. Le commissaire aux comptes a jeté l'éponge l'an dernier et le CCE a été placé sous la responsabilité d'un mandataire du tribunal de Bobigny, qui essaie vainement d'y voir clair dans les comptes. Pour échapper à la cessation de paiements en 2010, le CCE a dû emprunter 14,5 M€ et envisage de vendre une partie de son patrimoine pour échapper à la faillite.

Mais c'est la Caisse centrale d'activités sociales (CCAS), le comité d'entreprise resté commun à EDF et GDF-Suez, qui a surtout défrayé la chronique ces dernières années. La Cour des comptes, qui avait publié en 2007 un rapport accablant sur le «manque de transparence» de sa gestion, n'a pu que constater trois ans plus tard que ses recommandations étaient restées lettre morte. Pis, comme un pied de nez à la Cour, qui exigeait une maîtrise des coûts, la CCAS a embauché 400 collaborateurs de plus entre 2007 et 2010 ! Il est vrai que ce comité d'entreprise hors norme est financé par un prélèvement de 1 % sur les factures d'électricité et de gaz (et non sur la masse salariale) et que son budget augmente mécaniquement à chaque hausse de tarif... Cela ne l'empêche pas d'accumuler les pertes (encore 70 M€ l'an dernier). Le ministère de l'Energie, censé surveiller les activités de la CCAS (autre bizarrerie de la situation), a proposé «une remise à plat» du système, et notamment du mode de financement de la CCAS.

Un peu partout ailleurs, la crise a imposé un certain retour à la raison.
Air France a ostensiblement mis fin aux sauvetages et autres rallonges consenties à son CCE et prié ses élus de trouver seuls une solution pour redresser la barre. Mais aucune remise en question de l'opulence des comités d'entreprise ni aucune harmonisation ne sont encore à l'ordre du jour en France.
(Source Le Figaro, article de Fabrice Amédéo)

Les représentants syndicaux détachés à temps plein ou partiel, ont-ils aussi droit, dans le calcul des annuités de retraite, à une prise en compte de la "pénibilité" au travail ?...

mercredi 23 février 2011

Les cheminots CGT ont 300.000 euros pour leur pub

Sociale et vertueuse, la CGT fait sa pub aux frais du CCE

Libération, le Nouvel Observateur, Le Point et Mediapart dénoncent

Le syndicat de cheminots a utilisé 300.000 euros à vocation sociale pour sa campagne électorale.

La CGT a sorti le grand jeu pour gagner les élections du 24 mars prochain à la SNCF. Le syndicat de cheminots a commandé une campagne publicitaire de 1939 panneaux en France, principalement à proximité des gares de voyageurs et des gares de triage. Cette campagne dénonce la stratégie de la direction qui a réduit l'offre de «wagon isolé» de la SNCF, déficitaire depuis de nombreuses années, pour se recentrer sur les axes les plus rentables.

Selon nos informations, cet achat d'espace, dont la valeur brute est de 1,5 million d'euros, a été négocié 300.000 euros par le syndicat. Ces affiches font beaucoup de bruit dans le monde cheminot, mais pas celui escompté par le syndicat majoritaire. Elles n'ont en effet pas été achetées par la CGT, mais par le comité central d'entreprise (CCE) de la SNCF, qui est censé financer les œuvres sociales des cheminots. «
Même si juridiquement il n'y a pas de détournement de fonds, l'opération semble éloignée de l'objet social du CCE et notamment de ce qui relève de son budget de fonctionnement», note un avocat-conseil de plusieurs comités d'entreprise en France.
Lien PaSiDupes

«Campagne de sensibilisation»

Les autres syndicats, qui dénoncent cette campagne de communication, pourraient donc porter plainte pour affectation des fonds du CCE à des fins politiques. « C'est scandaleux, martèle un responsable syndical. La CGT a ponctionné une forme de salaire supplémentaire et différé des cheminots pour conduire sa propre campagne électorale. »

De nombreux syndicalistes racontent avoir découvert cette affiche lorsqu'elle est apparue dans les rues de Paris, le 14 février. Il est pourtant mentionné dans la publicité que « cette campagne de sensibilisation » a été réalisée « à l'initiative du CCE de la SNCF et du CE Fret SNCF ». « C'est faux, le comité d'établissement Fret n'a pas été consulté, explique Gilles Desfrançois, élu FO au comité d'établissement Fret de la SNCF. Ça ressemble à une campagne publicitaire pour la CGT. Le code couleur de l'affiche, notamment la présence ostentatoire du rouge, tend à le confirmer.» Les syndicats majoritaires, la CFDT, Unsa et SUD, qui siègent aux côtés de la CGT au bureau du CCE, sont gênés aux entournures. La CFDT indique avoir «validé cette opération avec des réserves». «
Personne n'a osé s'opposer à une campagne sur l'avenir du fret à un mois des élections, commente un responsable syndical. De plus, quand nous ne suivons pas le syndicat majoritaire sur certaines de ses décisions, il y a des sanctions

Lien PaSiDupes: la CGT veut faire dérailler le programme de ferroutage

Plainte pour «dénigrement»

Contactés par Le Figaro, ni la CGT ni la direction du CCE n'ont souhaité commenter la situation. Même silence à la direction de la SNCF, où l'on ne souhaite pas s'attirer les foudres du syndicat majoritaire. L'entreprise, qui n'est pas fondée à porter plainte sur l'allocation de sa subvention, a toutefois assigné le CCE en référé pour «dénigrement» et atteinte à son image devant le tribunal de grande instance de Paris. L'affaire sera jugée vendredi matin.

Ce nouvel incident vient alourdir la liste des pratiques douteuses du CCE de la SNCF. La Cour des comptes mène actuellement une enquête sur la gestion de cette institution et sur 6 de ses 27 comités d'établissement (CE).
Le CCE de la SNCF touche chaque année une subvention de 92 millions d'euros et emploie près de 1000 salariés.
[Où les sous-effectifs se situent-ils donc, alors ? Seulement au service des usagers ? ]

Le CE de Lyon fait, quant à lui, l'objet d'une enquête de la brigade financière. Plusieurs cadres de l'institution ont été auditionnés en fin d'année. À l'origine de ces investigations: des fonds alloués par l'entreprise publique au titre de la formation syndicale qui auraient été utilisés pour financer le fonctionnement des syndicats.

Vous l'avez deviné:
ces lignes sont dues au Figaro (voir aussi le JDD), et non pas à la bande des quatre, à cette heure !

Quand la CGT, le PCF et Mélenchon organisaient une collecte sur la voie publique pour venir en aide aux cheminots grévistes (lien PaSiDupes - oct 2010)]

Pour info: coupable 'présumé', d'une part, mais intouchable, d'autre part...

Gilbert Garrel
, 51 ans, cadre à la SNCF, a été élu hier pour un mandat de trois ans au poste de secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, à l’occasion du 41e congrès du syndicat. Il remplace Didier Le Reste (1er plan flou), qui dirigeait l’organisation depuis dix ans.

vendredi 27 mars 2009

La CGT reste wagon de tête à la SNCF

SUD Rail recule mais gagne des points :
les usagers peuvent être inquiets


La CGT reste le premier syndicat de la SNCF, tandis que les autonomes de l’UNSA se hissent en seconde position et que FO et la CFTC sont décrochés, loin derrière.
Sud Rail, la vedette des media et la hantise des voyageurs, recule toutefois au troisième rang, et son gain de près de trois points à l'issue des élections professionnelles, n’y fait rien.
Le vote des 158.000 cheminots s'est révélé préjudiciable aux "petits" syndicats, FO et CGC-CFE d'un côté, CFTC de l'autre, qui ne passent pas la barre des 10%, malgré une détermination frisant la radicalisation.
La CFDT arrive bonne quatrième.
La participation de 73% est en baisse de 4 points par rapport au précédent scrutin de 2006 et confirme l’anxiété manifestée lors de la grève du 19 mars dernier et l’erreur d’appréciation de SUD Rail qui croyait profiter de la crise : en radicalisant ses méthodes, ce syndicat de « rapaces » n’a pas convaincu, mais a plutôt ajouté à la peur.

  • "On progresse aujourd'hui à la SNCF, il y a quatre syndicats qui seront plus représentatifs", n’a pas insisté, quelque peu dépité, sur i-Télé, Christian Mahieux, le secrétaire fédéral de Sud Rail fait en effet figure de syndicat épouvantail.
  • Dans un communiqué, la CFDT/Fgaac souligne que ces élections se sont déroulées "dans un contexte politique particulier favorable aux positions les plus radicales."
    Elle ajoute qu'elle poursuivra son action au service des cheminots "en privilégiant la négociation sans pour autant exclure la grève lorsque cela sera nécessaire."

    La signature des accords devient plus complexe

    Depuis la loi de 2008 sur la représentativité syndicale, seules les organisations ayant obtenu 10% aux élections dans les comités d'établissement peuvent désormais signer des accords. Seuls quatre syndicats ont dépassé cet objectif : CGT (39,30%), UNSA (18,5%), Sud Rail (17,67%) et CFDT (11,59%).

    En 2006, lors du précédent vote, la CGT avait obtenu 40,1%, Sud Rail 14,9%, l' UNSA 14,4% et la CFDT 11,58%.

    Si la Fgaac a réussi son opération en s'alliant à la CFDT, FO (Force ouvrière), qui avait passé un accord avec la CGC-CFE, et la désormais laïque CFTC n'ont pas réussi à compenser leur handicap. FO obtient en effet 7,98% des voix lors du scrutin de jeudi et la CFTC 5,40%.

    Auparavant, la signature d'un seul syndicat suffisait, alors qu'il faudra désormais celle d'un ou plusieurs syndicats totalisant 30% des voix. En compétition, Sud Rail et l’UNSA devraient se neutraliser, tandis que la CGT devra compter avec le "pôle réformiste", CFDT-Fgaac et UNSA, qui totalisent 30% des voix.

    L'entreprise, dont les réformes visant à s'adapter à la concurrence sont contestées par la plupart des organisations, s'inquiète de possibles surenchères dans le contexte actuel d'hostilité entre la CGT et Sud Rail, qui tout en étant devancé par l'UNSA progresse à nouveau en pourcentage de voix.

    Les usagers n’ont pas fini de ramer…