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samedi 30 novembre 2013

Des camions par milliers contre l'écotaxe poids-lourds des écolos

La fiscalité écologiste d'EELV barre les autoroutes de l'économie

Des dizaines de barrages  filtrants,
une vingtaine de cortèges
et des milliers de camions 
Des milliers de camions ont bloqué les autoroutes ce samedi pour protester contre l'écotaxe verte 

Ce samedi un peu partout en France, le gouvernement qui promet la concertation, jette les professionnels en colère sur les routes  contre l'écotaxe qui vise les poids-lourds.

La réussite de la mobilisation contre l'écotaxe poids-lourds ne se calcule pas au nombre de manifestants mais au nombre de véhicules. Quelque 4.500 camions pour les organisateurs contre 2.200, d'après le gouvernement.

Du côté de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), la seule fédération qui appelait à la mobilisation ce samedi, "nous sommes très satisfaits, c'est plus qu'il y a 15 jours". Mais le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, assure qu' "on est sur les mêmes chiffres"...

"L'avantage, si je puis dire, avec les routiers, c'est qu'il n'y a pas besoin de beaucoup de monde pour mettre le bazar", résume Benoît Hamon, alors que cette journée d'action s'est soldée par des dizaines de kilomètres de bouchons un peu partout en France. Ce sous-ministre qui ne figure  au gouvernement que pour représenter l'aile gauche du PS, a visiblement beaucoup oublié de sa proximité avec les syndicats les plus radicaux et du respect dû aux travailleurs menacés dans leurs emplois. 

Les travailleurs jugent le ministre incompétent

Les organisateurs ont fait rapidement parler le gouvernement..
Mais sa réponse révèle un défaut d'écoute. "Manifester aujourd'hui signifie que l'on souhaiterait interdire au Parlement de se saisir d'une question", a polémiqué le ministre, en référence à la création d'une mission d'information parlementaire (sic) sur l'écotaxe il y a ...une quinzaine de jours.

Frédéric Cuvillier se manifeste après la bataille des portiques
Il assure qu'il va "réunir dans les prochaines semaines à Paris une conférence avec [ses] homologues européens sur ces questions d'harmonisation".

"Nous répondons que nous ne sommes pas impressionnés par sa gestion du dossier !", a riposté Gilles Mathelié Guinlet dans la foulée. Le délégué général de l'OTRE demande en effet la disparition de cette écotaxe, seulement suspendue ...jusqu'à nouvel ordre.

L'Organisation des transporteurs routiers (OTRE) annonce une nouvelle journée d'actions pour mardi 3 décembre.

mardi 19 novembre 2013

Le gouvernement recule sur l'écotaxe à la veille du blocus de Paris

L'écotaxe reportée à 2015 pour une remise à plat de la fiscalité

La suspension de l'écotaxe "n'avait pas été donnée avec un délai"

explique Philippe Martin,le 3e ministre de l'Ecologie et de l'énergie en treize mois,  après Nicole Bricq (un mois) et Delphine Batho (un an).

L'écotaxe restera suspendue tant que la fiscalité n'aura pas été remise à plat, un processus que le gouvernement souhaite engager avec les partenaires sociaux, a déclaré mardi l'actuel ministre de l'Ecologie et de l'énergie.
"Le délai correspondra à la remise à plat de la fiscalité globale" que le sombre Ayrault vient d'annoncer.

Le dialogue syndical en amont s'est avéré inexistant

"Mieux vaut prendre le temps de l'explication plutôt que d'imposer et de le faire dans un moment où ce n'est pas possible, et même le ministre de l'Ecologie, ça il peut le comprendre", a encore admis le ministre.

L'écotaxe poids-lourds, qui devait entrer en vigueur début 2014, avait été suspendue sine die fin octobre
par le gouvernement, face à la grogne exprimée en Bretagne notamment
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'était dit vendredi déterminé à "prendre le temps nécessaire" avant toute nouvelle initiative. Mardi, il a annoncé dans un entretien au journal Les Echos qu'il recevra  les partenaires sociaux dans les prochains jours pour engager une "remise à plat" de la fiscalité.

L'exécutif a reculé à l'annonce du blocus de Paris, jeudi par la FDSEA et les Jeunes agriculteurs en colère contre la politique de la majorité socialo-écolo soutenue par les altermondialistes (EELV, notamment) de la Confédération paysanne, partisane de la fiscalité écologique. Lien PaSiDupes

Le Front de gauche relance la "lutte des classes"


lundi 11 novembre 2013

Grogne sociale : "il n'y a pas d'enterrement" de l'écotaxe, prévient le ministre des Transports

Le ministre provoque les Bonnets rouges, victimes de matraquage fiscal

Le gouvernement dit comprendre la grogne sociale, mais s'entête 

Cuvillier met les bancs du

gouvernement sous tension
Frédéric Cuvillier, le ministre délégué des Transports l'a assuré  sur  RTL: "il n'y a pas d'enterrement" du texte qui devait entrer en vigueur le 1er janvier, mais qui a été reporté sini die, à la suite de la colère bretonne des "bonnets rouges"
Dimanche, le ministre EELV Pascal Canfin a déjà assuré que l'écotaxe sera appliquée. "Elle est suspendue, le Premier ministre a eu raison," estime l'ancien député européen écologiste d'Europe Ecologie-les Verts à l'origine de l'impôt fiscal. Par le truchement de l'Agence française de développement (AFD), Canfin a donné la priorité au développement durable et donc aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique. L'AFD s'est en outre engagée à "intégrer des clauses de responsabilité sociale et environnementale (RSE) dans la passation de ses marchés". D'où l'impôt écologiqueEx-chargé de mission à la Confédération française démocratique du travail (CFDT) du Nord-Pas-de-Calais, cet ex-journaliste est par conséquent en pointe contre le diesel, si propre qu'il soit devenu. Le journal socialiste Libération lui a apporté son soutien le 12 septembre 2013, faisant sa Une sur la fiscalité du diesel, citant ce ministre :"L'État ne peut plus subventionner un produit meurtrier responsable de la mort de 15.000 personnes par an. J’ai deux enfants, comme beaucoup de Français, et je ne veux pas prendre la responsabilité qu’on me dise dans cinq, dix, quinze ans : Pourquoi vous n’avez rien fait ? On ne peut pas laisser se rejouer le drame de l’amiante. Je ne peux pas imaginer qu’une majorité de gauche ne fasse rien sur ce sujet." L'arsenal archaïque de l'intox, du  catastrophisme et de émotionnel de pacotille.

Il y a "des détresses sur le territoire, il faut y répondre", souligne Frédéric Cuvillier, incapable pourtant de préciser comment.

Savoir quand l'écotaxe poids-lourds sera appliquée

Frédéric Cuvillier a esquivé
à plusieurs reprises sur les suites à la suspension décidée sous la pression par le Premier Sinistre. Il s'en est pris en revanche à la droite. "Nous prendrons le temps du dialogue. C'est une méthode de gouvernement qui tranche avec ce qu'on a connu il y a quelques années," a-t-il prétendu, polémiquant pour faire diversion. Et, en guise de dialogue, le ministre d'ajouter : "Je n'ai pas à vous donner de date. Je n'ai pas à préempter un débat ouvert avec les territoires." Un débat qui a fait défaut en amont et dont le pouvoir se prévaut après coup, quand les intéressés se rebellent sur la méthode du passage en force et du matraquage. 

Cuvillier a tenu à rappeler la volonté de l'exécutif de mettre en place une "modalité de financement des infrastructures intelligente, acceptable et soutenable", avant de se prononcer. 

Intox: "Pas une taxe supplémentaire, mais un impôt en moins" !

Le ministre socialiste compte endormir l'opinion et le dialogue s'engage donc fort mal. Frédéric Cuvillier a eu une formule indécente pour défendre le texte : "L'écotaxe n'est pas une taxe supplémentaire, mais un impôt en moins." 

Le socialiste recourt à la culpabilisation, brandissant "les milliers d'emplois" dans le BTP qui dépendent de cette taxe destinée à financer la modernisation des infrastructures de transport. 

Le socialiste se retranche derrière "les régions et les départements qui plaident pour pouvoir taxer les camions qui traversent la France sans laisser un seul centime pour la modernisation du réseau". Est ainsi notamment visée la concurrence étrangère. Les Français sont en effet pénalisés par rapport aux transporteurs européens qui peuvent en effet aller d'Allemagne en Espagne ou d'Italie en Grande Bretagne sans jamais être taxés par la France qui subit leur dégradation des routes et leur pollution. Mais pourquoi les écologistes du gouvernement Ayrault surtaxent-ils donc encore les entreprises françaises plutôt que d'obtenir l'équité fiscale de l'Union européenne?

L'exécutif entretient la grogne de ses provocations, et les violences aussi. 
En 10 jours, 44 radars automatiques ont été vandalisés en Bretagne. Le ministre répond par la menace. "Tous les auteurs seront identifiés, interpellés et déférés, a lancé Frédéric Cuvillier. Tous les moyens pour identifier et interpeller les auteurs de ce genre de dégradation seront mobilisés, tous les préfets ont reçu consigne." L'Etat répressif est mobilisé...

Cuvillier répond à Royal
Enfin, le ministre socialiste a répondu à Ségolène Royal (PS) qui avait jugé dimanche "assez réconfortant" que les "Bonnets rouges" se révoltent. "Dans un mouvement social, il n' y a jamais rien de réconfortant, a -t-il rétorqué. En tout cas, ce qui est réconfortant, responsable, c'est que tous les partenaires sociaux et économiques se mettent autour d'une table."
Cuvillier est décidément merveilleux.
Ce docteur en sciences juridiques est certes arrivé maître de conférences en droit public à la fameuse université du Littoral Côte d'Opale (sic, implantée dans quatre villes de la région du Nord-Pas-de-Calais) et à la mairie de Boulogne-sur-Mer dans le sillage de Guy Lengagne (un autre professeur de faculté !), mais il fut président du RAB (Rassembler Agir pour le Boulonnais), contre la liste officielle du Parti socialiste contre laquelle il maintint sa liste DVG et fit élire le maire DVD, Jean Muselet (1989-1996)...

samedi 2 novembre 2013

Hollande: pas d'effet positif des otages ni de la suspension de l'écotaxe

Hollande peut-il remonter la pente ?

La 
 suspension de l'écotaxe ni la libération des otages d'Arlit au Sahel  ne profitent pas à François Hollande,

Sa cote de popularité est restée désespérément basse, aussi basse que la semaine dernière, à 26%, selon un sondage BVA publié aujourd'hui.

Pour 54% des personnes interrogées, Hollande a joué un rôle "pas important"  dans la libération des otages (19% "pas du tout important" et 35% "plutôt pas important"), selon cette enquête pour I-tele et Le Parisien/Aujourd'hui en France, contre 43% pour qui il aurait joué "un rôle important" (10% "très important" et 33% "assez important) et 3% sans opinion.

La cote de François Hollande n'a pas frémi par rapport au précédent sondage BVA de la semaine dernière, au lendemain et surlendemain de leur libération. Ce sondage réalisé les 30 et 31 octobre la situe à 73% de "mauvaise opinion" (42% "très mauvaise" et 31% "plutôt mauvaise) et 26% de "bonne" (5% "très bonne" et 21% "plutôt bonne") et 1% de sans réponse.

Seulement 52% estiment que le gouvernement a eu raison de suspendre l'écotaxe, impôt écologique sur les transports 

Hollande démonte son portique écotaxe
de Pont-de-Buis-lès-Quimerch
(31 octobre 2013)
46% jugent qu'il a eu tort ,car "c'est un signe de faiblesse", contre  52% pour qui "c'est une preuve d'écoute" et 2% sans opinions.

71% prédisent que "cette décision va fragiliser le gouvernement" (30% "tout à fait" et 41% "plutôt") contre 27% d'un avis contraire (22% "plutôt pas" et 5% "pas du tout") et 2% sans opinion. 

Sondage effectué auprès d'un échantillon de 1.022 personnes recrutées par téléphone et interrogées par internet, représentatif de la population française adulte (méthode des quotas).

mardi 8 janvier 2013

Taxe à 75%: le socialisme de campagne à l'épreuve des réalités

Hollande rengaine son symbole de campagne

Pour échapper à une nouvelle sanction du Conseil constitutionnel

C'est l'histoire de 
l'arroseur arrosé 
ou du toqué retoqué

La nouvelle version de la taxation à 75% des très hauts revenus n'aura plus grand chose à voir avec la promesse du candidat Hollande d'exiger des plus riches un sacrifice conséquent au nom du combat contre la crise et de la lutte des classes.

Cette mesure hautement symbolique était censée faire participer à l'effort de crise pendant deux ans, en 2012 et 2013, dirigeants d'entreprises particulièrement bien rémunérés, artistes ou sportifs, soit quelque 1.500 personnes seulement.
Elle a été recalée au motif qu'elle portait sur les revenus d'une personne et non d'un foyer et créait donc une inégalité entre les foyers. Les Sages s'en sont tenus là et n'ont pas énuméré les autres critères qui auraient aussi bien pu les conduire à l'annuler.
Mais ils ont rejeté une dizaine d'autres points du budget 2013 pour des raisons diverses, notamment leur caractère confiscatoire, des décisions à présent examinées de près par le gouvernement car, s'il n'y prend garde, elles pourraient bien s'appliquer à la taxation des riches revue et corrigée.

Les pistes et propositions foisonnent désormais
 
Depuis le dernier week-end de décembre et la censure de cette imposition exceptionnelle à 75% de la partie des revenus d'activité dépassant un million d'euros le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, compte "proposer quelque chose" rapidement, afin que les acteurs économiques sachent enfin sur quel pied danser et surtout à quelle sauce ils vont être mangés. Mais il ne sait au fond qu'une chose, c'est qu'"au-delà de 75% tous revenus confondus" le Conseil constitutionnel "pourrait juger le taux confiscatoire".
François Hollande s'est également montré nébuleux lundi soir lors de ses voeux au Conseil constitutionnel.  Il n'a pas dissipé le flou, déclarant que le gouvernement "tiendra le plus grand compte" des décisions du conseil "pour présenter le moment venu au Parlement, sous d'autres modalités, avec le même objectif, les dispositions censurées".
Un président pris au piège des engagements du candidat
Comme avant la présidentielle, "à l'heure actuelle, la marge de manoeuvre est très étroite", souligne Daniel Gutmann, avocat associé chez CMS Bureau Francis Lefebvre, en rappelant que, dans ses décisions sur d'autres points, le Conseil a ainsi  accepté un taux de 64,5% et rejeté un autre de 68,2%.
Pour corriger l'erreur de l'imposition de chaque membre d'un même chaque foyer fiscal d'une part et d'un taux qui pourrait être jugé trop élevé, d'autre part, l'idée a été émise par le rapporteur général du Budget Christian Eckert (PS) de prélever directement une taxe sur les entreprises.
Eckert a suggéré "une autre méthode consistant par exemple à réduire des exonérations de charges -c'est-à-dire augmenter les charges- en cas de dépassement de salaire d'un million d'euros dans l'entreprise".
Une telle mesure ne ferait-elle pas fi du symbole, le contribuable ne sentant aucune différence dans son propre porte-monnaie?
"C'est un risque bien entendu", a répondu Ch. Eckert. "D'un point de vue symbolique ce n'est plus un impôt sur le salarié ou sur le dirigeant mais sur l'entreprise", renchérit pour sa part D. Gutmann.
"D'un autre côté le pari -surtout si la taxe est d'un montant très élevé- est que les entreprises, n'ayant pas des capacités illimitées, vont vraisemblablement réduire le salaire final", estime-t-il.
"Le but n'était pas de renflouer les caisses de l?État, ce n'était pas à la hauteur, c'était plus de la dissuasion, une espèce d'amende", ajoute de son côté Eckert.
Pour le secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts (Snui), Vincent Drezet, il faudrait se saisir de cet échec pour renforcer la progressivité de l'impôt.
Pour cela une "remise à plat" des niches fiscales et "l'instauration d'une ou plusieurs tranches supérieures au barème de l'impôt sur le revenu" sont selon lui nécessaires.
"Il faut chercher des ressources fiscales ailleurs. J'en suis vraiment convaincu: dans les niches, dans la TVA, dans les impôts écologiques, c'est là qu'on a des marges de manoeuvre réelles", renchérit D. Gutmann, qui imagine aussi une taxe du type de celle imposée en 2010 aux banques sur les bonus de leurs traders.

De nombreuses voies inexplorées qui mèneront à une impasse si l'Etat ne réduit pas ses dépenses ?