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lundi 8 juin 2015

Affaire Bettencourt: sous serment, la juge Prévost-Desprez nie toute fuite

Le parjure et le secret des sources consacrent le mensonge légal ?

Sous serment, la magistrate a nié en bloc la 
violation du secret professionnel

Isabelle Prévost-Desprez, juge poursuivie
dans l'affaire Bettencourt,
escortée du juge Christophe Régnard (USM) 
Le tribunal correctionnel de Bordeaux jugeait encore lundi un nouveau volet de la trouble affaire Bettencourt. A l'ouverture de son procès, la magistrate Isabelle Prévost-Desprez a formellement nié avoir violé le secret professionnel dans l'enquête sur l'affaire, dont elle fut un temps chargée, avant d'en être dessaisie.
5.000 euros d'amende ont été requis contre la magistrate. 

Le procureur Gérard Aldigé a requis une peine de 5.000 euros d'amende contre Isabelle Prévost-Desprez. "Les charges sont nombreuses et accablantes. Tout ramène à elle et les preuves reposent sur l'existence de faits matériellement établis", a lancé le procureur Aldigé dans un réquisitoire cinglant contre la juge.

Accusée de  faute professionnelle


Marie-Eve Malouines (présidente 
de 'La Chaîne parlementaire' depuis 
le 6 mai... 2015) entourée 
de Sylvain Courage 
(L'Obs, propriété de Niel, Bergé, Pigasse, 
déjà propriétaires du journal Le Monde
et Jacques Follorou (Le Monde), à droite
La présidente de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre est notamment soupçonnée d'avoir divulgué, dans des échanges téléphoniques, les détails d'une perquisition au domicile de Liliane Bettencourt, le 1er septembre 2010, relatée le jour même dans Le Monde - journal officieux du Parti socialiste - par le journaliste (d'investigation!) Jacques Follorou (ci-contre, CFJ), avec qui la magistrate avait cosigné un livre quelques mois plus tôt.

Isabelle Prévost-Desprez "conteste absolument" avoir commis un tel délit, passible d'un an de prison et 15.000 euros d'amende. Quand le procureur, goguenard, s'étonne de ses contacts téléphoniques répétés avec une vingtaine d'organes de presse
elle répond -avec insolence- qu'à sa connaissance, il n'est pas encore interdit de parler à un journaliste en France. Elle affirme par ailleurs n'avoir eu que des "discussions personnelles" avec Jacques Follorou (spécialiste de la justice pour i-télé, groupe Canal+), "un ami" journaliste de longue date. De combien d'autres fuites le journaliste "d'investigation" du Monde avait-il déjà été le bénéficiaire ?
Isabelle Prévost-Desprez était chargée d’un supplément d’information dans l’affaire Bettencourt, alors même que le procureur Courroye enquêtait sur les soupçons d’abus de faiblesse au détriment de la milliardaire. Or, le 1er septembre 2010, l'ancien ministre du président François Mitterrand, délégué auprès du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Georges Kiejman, alors avocat de Liliane Bettencourt, découvrit avec stupeur dans Le Monde que les policiers, sur ordre de la magistrate, étaient en train de perquisitionner chez sa cliente.

Certaines coïncidences accablent la juge. 
Comme ce SMS que la juge a envoyé à un journaliste du Monde, sept minutes seulement après le début de la perquisition chez Liliane Bettencourt. Un peu plus d'une heure plus tard, le quotidien mettait en ligne son premier article sur le sujet. Pour sa défense, Isabelle Prévost-Desprez met en cause toute la hiérarchie policière qui était aussi au courant, selon elle, et susceptible de fuiter, mais aussi le personnel de Liliane Bettencourt. Tous, sauf elle !


Bras de fer avec le procureur Courroye.
Lhomme et Arfi 
Pour expliquer les poursuites dont elle fait l'objet, Isabelle Prévost-Desprez a longuement insinué lundi que l'ambiance qui régnait en 2010 au tribunal de Nanterre était détestable. A son corps défendant. Une lutte d'influence que l'ancien procureur Philippe Courroye, aujourd’hui avocat général à Paris, et certains membres du parquet aurait mené à l'époque contre les magistrats du siège, sur fond d'amitiés politiques avec le pouvoir sarkozyste, assure Isabelle Prévost-Desprez, juge tranquille et sans haine, à lire l'AFP, mais alors présidente de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre et son ennemie intime...
Arfi et Plenel
"Glaçant", raconte Fabrice Arfi, journaliste d'investigation (!) du... site trotskiste, Mediapart, qui avec son confrère... Fabrice Lhomme, à l'origine de "révélations" fuitées sur l'affaire Woerth-Bettencourt
Le 29 mai 2015, à la suite de l'acquittement d'Eric Woerth, Benoît Hamon (ex porte-parole du Parti socialiste) exprimera ses "regrets" de l'avoir accusé (certains socialistes ne connaissent pas les "excuses". Claude Bartolone (président actuel de l'Assemblée) lui présentera ses excuses. Mais aucune excuse ni regret des journalistes dits d'investigation.

Ce dossier est parti d'une plainte de Me Georges Kiejman, alors avocat de Liliane Bettencourt, pour "violation du secret professionnel". Une plainte déposée le jour même de cette perquisition chez l'héritière de L'Oréal, dans une procédure dont la magistrate de Nanterre avait la charge. Dès le lendemain, le procureur Courroye diligentait une enquête pour trouver la source des fuites publiées par Le Monde dans l'article signé de Jacques Follorou et de... Gérard Davet (ci-contre), ennemi juré de l'UMP (Les Républicains): on retrouve ce journaliste dans les affaires des carnets Rondot de l'affaire Clearstream (avec Hervé Gattegno), Karachi, Bettencourt ou encore Bygmalion.
Dans l'affaire du "dîner de cons", quand François Fillon aurait demandé au bras droit de F. Hollande l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet de "taper vite" sur Sarkozy, on apprend que "tous les mois, Davet et Lhomme viennent voir François Hollande depuis le début du mandat, il y a une confiance qui s'est établie entre eux. Le président leur raconte tout, dit tout, ouvre les vannes parce que le deal qu'ils ont passé, c'est que rien ne sorte avant 2017" où les deux journalistes doivent publier un ouvrage sur le quinquennat, explique un haut membre de l'exécutif. Selon lui, le chef de l'Etat ne peut pas ne pas avoir été au courant (Lien)Le centriste François Bayrou n'a pas non plus mâché ses mots, estimant qu'en gardant ce secrétaire général de l'Elysée à ses côtés, François Hollande "couvrait", voire "inspirait", des manipulations.

L'avocat de la juge, Me François Saint-Pierre, qui compte demander sa relaxe mardi, défend l'idée que que la plainte de Me Kiejman "visait de manière explicite le dessaisissement" d'Isabelle Prevost-Desprez d'une procédure qui s'intéressait alors aux liens entre la milliardaire et le financement de l'UMP, parti du président de l'époque Nicolas Sarkozy. Autrement dit, le but de la plainte aurait été d'écarter la juge Prévost-Desprez du dossier, ce qui ne répond en rien à l'accusation d'organisation de fuites, sous couvert de la protection des sources de la presse. 

Aucune des allégations à répétition -qualifiées de 'révélations' par la presse à charge- sous la signature de Davet, Follorou ou Lhomme n'a été validée par un tribunal. Un temps mis en examen pour abus de faiblesse, Nicolas Sarkozy a obtenu en 2013 un non-lieu dans cette affaire.

samedi 10 août 2013

Erreur de la chancellerie en 2004: Taubira fait de la gonflette !

Seulement 14 détenus libérés, à mi-parcours

Le Canard enchaîné a poussé Taubira à la polémique


Après les révélations du Canard Enchaîné mercredi sur l'erreur de la Chancellerie en 2004, Taubira a fait examiner les dossiers concernés. Et la montagne a accouché d'une souris: alors que plus de la moitié d'entre eux ont été vérifiés, la ministre n'a réussi à libérer que 14 détenus, soit 0,78% des cas !

Taubira est tombée dans le panneau.

Aveuglée par sa malveillance naturelle et stimulée dans sa volonté de vider les prisons
, la garde des Sceaux a embrayé mais un peu vite sur l'information catastrophe du Canard Enchaîné et a calé au démarrage.
Le Canard faisait redouter un lâcher massif de détenus par centaines: selon le ministère de la Justice, plusieurs dizaines, voire des centaines de personnes auraient pu être concernées et devraient donc être libérées. Mais l'erreur a finalement pas eu les conséquences espérées. Alors que 1.784 des 3.499 dossiers concernés ont été examinés, 14 personnes ont été libérées. 14 autres également libérables ont pu être gardées en prison du fait d'autres peines à purger.

A l'origine du bug en question,
un vieux décret de Dominique Perben, alors garde des Sceaux, sur les conditions de prescriptions des peines. En fait, celles-ci ne peuvent être fixées que par une loi. Les jugements restent valides et si les les peines peines ne peuvent être effectuées, les condamnations restent applicables.
VOIR et ENTENDRE l'incarnation socialiste de la Justice dite "sereine" :
Un syndicat de magistrats complice pendant 9 ans

Pourquoi l'USM, qui affirme aujourd'hui que c'est un problème "connu" et "politiquement explosif," n'a-t-il pas porté le pet pendant toutes ces années ?
Le président de l'Union Syndicale des Magistrats, Christophe Regnard, ne manque pas d'audace en mettant finalement en cause les gouvernements qui ont mis du temps à réagir à un problème que ce professionnel ne semble découvrir que lorsqu'il y est poussé par le Canard.
Comme si l'USM était étranger à la chose à la fois judiciaire et juridique
, Regnard s'étonne soudainement dans les media, bien qu'il soit lui-même magistrat : comment les juristes entourant le ministre de la Justice Dominique Perben en 2004 ont-ils pu le laisser prendre une telle décision, alors qu'ils savaient que la question de la prescription des peines ne pouvaient dépendre que d'une loi et non d'un décret ?

Dominique Barella était président (
2002-2006) 
de l'Union syndicale des magistrats (USM)  et son silence n'est jamais mis en cause dans la presse, notamment dans le Canard. En novembre 2008, ce syndicaliste "apolitique" apporta son soutien à Bertrand Delanoë dans la préparation du congrès du PS de Reims et rejetta le projet d'une alliance défendue par Ségolène Royal, avec les centristes de François Bayrou. 

Son successeur à la tête de l'USM (2006-2008), Bruno Thouzellier, déclara qu'il se plaçait dans "la continuité et le consensus."
 Lors du débat sur l'avant-projet de réforme pénale de 2010, la controverse menée par la gauche alors dans l'opposition porta, non pas sur le décret Perben, mais sur l'allongement des délais de prescription pour les crimes et délits (y compris certains délits dissimulés, notamment les abus de biens sociaux, ABS) qui seraient décomptés à partir du moment où l'infraction a été commise et non plus à partir de la date de sa constatation. Thouzellier avait alors ferraillé sur la question de l'ABS.
  
Le décret de mars 2004 incriminé modifiait les délais de prescriptions en droit pénal français.
Les délais sont fonction des faits poursuivis:
cinq ans en droit civil. Mais au pénal, une action peut être poursuivie.
La loi Perben indiquait que les prescriptions pouvaient être interrompues par les "actes ou décisions du ministère public" ou par ceux "du juge de l'application des peines".
Or,
l'erreur technique fut rectifiée par Michel Mercier, garde des Sceaux, en 2012. Le sénateur du Rhône constata l’erreur et fit alors passer la loi du 29 mars 2012 sur l’exécution des peines, qui modifie le code de procédure pénale. La question est donc réglée pour les personnes condamnées depuis cette date. Reste le problème de celles qui l’ont été avant 2012.
VOIR et ENTENDRE Christophe Régnard pointer la loi Perben pour mieux occulter la passivité de l'USM depuis 2004:
Il faut être un syndicat intellectuellement malhonnête pour récupérer la polémique lancée par le Canard, sachant qu'une décision de la Cour de cassation du 26 juin 2013 vient seulement de considérer que ces conditions de prescription ne pouvaient être fixées que par une loi. En conséquence, elle obligera de toute façon à libérer un certain nombre de détenus.
Sur les 700 premiers dossiers examinés, seules quatre personnes étaient concernées. A partir de quoi le président de l'USM y va de son commentaire partisan. "On est loin des annonces du Canard Enchainé, doit-il d'abord reconnaître. Mais c'est déjà trop, parce que ces personnes sont en détention depuis un certain temps, alors qu'elles ne devraient pas s'y trouver," polémique-t-il au final, indépendamment de la faute commise, de la condamnation et des victimes passées (et futures ?)

La polémique ouverte par la presse permet en fait à Christiane de contre-attaquer
Faire le vide...
Arrêtés à Dreux, trois condamnés ont en effet été libérés par le procureur de Chartres, faute de places en prison...
La décision indigne forcément les citoyens, mais aussi certains syndicats de police méprisés dans leur tâche pourtant difficile, d'autant que deux des trois malfaiteurs sont condamnés à trois mois de prison ferme. Parmi eux, figure un jeune homme de 26 ans, condamné à trois mois de prison ferme pour rébellion, violences sur un policier, outrages et conduite en état d'ivresse.


Cette fuite, qui a longtemps échappé au Canard, divise le gouvernement
Manuel Valls s'est dit "très surpris de cette décision et inquiet de ses conséquences." "Cette décision très étonnante, relève Valls, va à l'encontre de la stratégie décidée conjointement par la Chancellerie et l'Intérieur qui vise à accroître le concours des forces de sécurité pour faire exécuter les peines". 
Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, s'est dit, quant à lui, "indigné et révolté" par cette décision et précise qu'il a écrit à la garde des Sceaux "pour lui demander des explications". Dans l'après-midi, alors profil bas, Taubira avait répondu avec beaucoup de modération.

Encore la moitié des dossiers à examiner 



Sur les 14 personnes libérées, la grande majorité purgeaient des peines de courte durée, huit mois au maximum. Elles avaient été condamnées pour des délits, entre autres des vols, des violences, des trafics, de la conduite sans permis ou alcoolisé, etc. De ces délits qui pourrissent la vie des citoyens, souvent défavorisés, principalement dans les quartiers. Mais certains condamnés avaient toutefois plusieurs peines à accomplir. 

Il reste encore les dossiers de 12 cours d'Appel à examiner, soit 1.715 condamnations. La Chancellerie prévoit de communiquer à nouveau lundi prochain.

L'hebdomadaire satirique a fait le buzz, le syndicat "apolitique" de magistrats tendancieux a envenimé l'affaire et Taubira a pris une gamelle.

mercredi 24 avril 2013

Les juges du Syndicat de la Magistrature affichent leur orientation politique partisane

Une justice impartiale ? Manifestement pas, pour un certain nombre de juges du Syndicat de la magistrature qui ont leur mur des cons...



Syndicat de juges rouges,
fléau de la justice

Atlantico a obtenu une vidéo tournée en cachette du "Mur des cons" du Syndicat de la magistrature
Il expose dans son local syndical la tête des adversaires - et des justiciables ? - à abattre [délit de faciès ?]. Parmi eux, de nombreux hommes politiques de droite, des intellectuels… et des journalistes. Une curieuse conception de la justice...


C'est un magistrat qui a fait cette découverte. Accompagnant un collègue au siège du Syndicat de la magistrature à Paris, ce juge apolitique et non syndiqué a eu la surprise de constater la présence d'un gigantesque panneau dans la salle principal du local syndical, surplombé d'une affichette sur laquelle était écrit "Mur des cons". (voir vidéo ci-dessous)

Créé en 1968, le Syndicat de la magistrature représente 1/3 seulement des magistrats de l’ordre judiciaire. Proche de la gauche, il a appelé en 2012 à voter contre Nicolas Sarkozy. C’est la garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui a ouvert son 46e Congrès en novembre dernier.
Sur ce mur, des dizaines de photos de personnalités pour la quasi-totalité classées à droite de l'échiquier politique. Nicolas Sarkozy, au premier chef, mais aussi, Eric Woerth, Edouard Balladur, Nadine Morano, François Baroin, Luc Chatel, Michèle Alliot-Marie, Luc Ferry, Eric Besson, Christian Jacob, ou encore Patrick Balkany y figurent en bonne place [c'est-à-dire ceux que les radios et télévisions se plaisent à brocarder jusque dans les émissions de divertissement politique, notamment sur Canal+ ou les émissions de Laurent Ruquier, avec Aymeric Caron, par exemple ]. Certains sont marqués d'un signe supplémentaire "d'infamie" : un autocollant du Front National. Le portrait de l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux est souligné d'une mention particulièrement injurieuse : "L'homme de Vichy" [ce que Mitterrand n'est pas pour eux.





Mais il n'y a pas que des politiques. 
Certains intellectuels comme Jacques Attali, Alain Minc, Guy Sorman, ou encore Alexandre Adler sont mis au pilori syndical. Les journalistes ne sont pas en reste. Eric Zemmour est placardé, bien sûr, mais il y aussi deux patrons de presse, l'ancien directeur du Figaro Etienne Mougeotte, et l'ancien patron de TF1, Patrick Le Lay; l'éditorialiste du Figaro Yves Thréard, la journaliste Béatrice Schoenberg (épouse à la ville de Jean-Louis Borloo) ou encore le présentateur David Pujadas.
[Mais on n'y trouve ni Ruth Elkrief, ni Laurent Joffrin...]

La liste [noire] n'est pas close. 
Le Mur des cons est d'ailleurs évolutif. Chaque magistrat syndiqué est invité à y placarder une prochaine victime. "Avant d'ajouter un con, vérifiez qu'il n'y est pas déjà", averti une seconde affichette placée au milieu des photos.

Effaré, notre visiteur a eu le réflexe de filmer ce Mur des cons à l'aide de son iPhone.


S'agit-il d'une plaisanterie, comme on pourrait en voir dans un local lycéen ? (Essayez donc de plaisanter avec un magistrat en le traitant de "con", vous verrez ce qu'il vous en coûtera). Ou d'un innocent folklore syndical que l'on pourrait comprendre s'il s'agissait de camionneurs ou de sidérurgistes [s'ils ne sont pas homosexuels !] ? Mais le problème est que cette liste noire a été dressée par des magistrats qui se montrent eux-mêmes très sourcilleux lorsqu'il s'agit de poser pour autrui les limites de la liberté d'expression en matière d'injure et de diffamation.



Certaines personnalités qui figurent sur le Mur des cons en ont d'ailleurs fait l'amère expérience. On se souvient de l'affaire Zemmour. Brice Hortefeux a lui aussi été condamné pour une simple plaisanterie jugée "xénophobe" par la 17e chambre correctionnelle. Le raisonnement juridique des magistrats était d'ailleurs un peu spécieux puisque Brice Hortefeux a été relaxé en appel par des juges qui ont souligné l'erreur d'analyse du premier jugement. 

Mais l'essentiel n'est pas là. 
Le Mur des cons du Syndicat de la magistrature semble constituer bien moins un "tableau de chasse" réunissant ceux qui ont déjà eu à connaître des foudres de la justice, qu'une future charrette de justiciables qui auront peut-être du souci à se faire le jour où d'aventure ils se retrouveraient devant les tribunaux. 
Qu'ont donc en effet les syndicalistes-magistrats à reprocher à Etienne Mougeotte, Yves Thréard, Patrick Le Lay, David Pujadas, Alexandre Adler, François Baroin, Luc Chatel… qui n'ont jamais été condamnés, si ce n'est de ne pas être suffisamment porteurs des valeurs de gauche et d'extrême gauche dont le Syndicat de la Magistrature se fait le porte-étendard ? Voilà pourquoi ce petit "pilori privé", installé dans un local syndical - au sein d'un bâtiment du ministère de la justice ! - est une forfaiture qui déconsidère ceux qui en sont à l'origine. Ce mur de la honte constitue une faute grave qui autorise à s'interroger sur les messages - voire les consignes - que le Syndicat de la Magistrature est susceptible de faire passer à ses adhérents.

Plus que dans d'autres domaines, les "affaires" politico-judiciaires imposent aux juges de faire abstraction de leurs propres opinons pour ne faire que du droit. C'est d'ailleurs en invoquant le droit seul que les magistrats assurent tracer la limite entre ce qui est licite de faire et ce qui ne l'est pas. Pareillement, en matière de diffamation, c'est théoriquement en ne faisant que du droit, que les redoutés magistrats de la chambre de la Presse décernent aux uns des brevets de respectabilité et rabaissent les autres au rang de délinquant. Mais le Mur des cons du Syndicat de la magistrature - qui représente 30% de la profession - révèle à quel point les critères politiques peuvent entrer en ligne de compte. Ce dazibao illustré, qui s'inscrit dans la grande tradition maoïste, est-il l'antichambre des futurs condamnés ? Une chose est sûre, y figurer avant de passer en jugement n'est pas un bon signe. C'est plutôt un handicap. 


Le Mur des cons permet de mieux décrypter la jurisprudence et jette un nouvel éclairage sur moult décisions de justice. Soudain, on s'interroge et on en vient à se demander s'il ne vaut pas mieux dans certaines affaires être classé à gauche plutôt qu'à droite ; pourquoi certains hommes politiques se retrouvent mis en examen sur la base d'instructions pour le moins fragiles alors que d'autres semblent bénéficier d'une grande mansuétude des magistrats ; pourquoi le journaliste Eric Zemmour est condamné en raison d'une réplique ambiguë lancée dans le vif d'un débat alors que le rappeur qui l'injurie et se déclare prêt "à payer ceux qui feront taire ce con" est relaxé au nom de la liberté d'expression ; pourquoi un le général Aussaresses est condamné pour "apologie de crime de guerre" lorsqu'il évoque ses mémoires de la guerre d'Algérie, alors qu'un groupuscule d'extrême-gauche est relaxé après avoir publiquement souhaité la mort de soldats français en Afghanistan ; pourquoi le racisme anti-blanc est quasiment ignoré des tribunaux, pourquoi la violence verbale dès lors qu'elle émane de l'extrême-gauche est le plus souvent absoute ; pourquoi Marine Le Pen est régulièrement déboutée, son père régulièrement condamné et pourquoi Arnaud Montebourg, Eva Joly, et Jean-Luc Mélenchon trouvent manifestement une oreille plus attentive [compréhensive et complice ?] lorsqu'ils s'expliquent devant les tribunaux. Ce ne sont-là que quelques exemples et quelques pistes...

Dérapage véniel, que ce Mur des cons ? 
Folklore syndical ? Mais imaginez un seul instant que ce tableau d'affichage des hommes et des femmes à abattre ait été dressé au siège d'un syndicat de policiers réputé de droite. Et que les photos qui y figurent soient ceux d'hommes politiques de gauche et de journalistes bien pensants. Supposez qu'on y découvre les visages d'Edwy Plenel, de Jean Daniel, de Fabrice Lhomme, de Daniel Mermet, de Jean-Luc Mélenchon, de José Bové ou de Najat Vallaud-Belkacem…. Que leurs portraits soient soulignés de mentions telles que "traître à la patrie", ou "dangereux agitateur"… Un deuxième article ne suffirait pas pour décrire les réactions indignées, les prises de positions, les pétitions et les demandes de sanctions qu'un tel scandale ne manquerait pas de provoquer. L'affaire se terminerait devant les tribunaux. On peut tenir le pari que les juges entreraient en voie de condamnation et que ceux encartés au Syndicat de la Magistrature ne seraient pas les plus cléments à l'encontre des fauteurs.



Ce syndicat se met en grève pour moins que tout ça. 
Avec le soutien des journalistes du SNJ. Et pas que, solidarité corporatrice oblige !

vendredi 22 mars 2013

Mise en examen de Sarkozy: Taubira obtempère à l'injonction des magistrats

Les syndicats de la magistrature, bras politiques du pouvoir de gauche

Connivence et mélange des pouvoirs syndical et politique

Suite à l'indignation de l'UMP mettant en cause la décision du juge, la ministre de la Justice a tenu à rappeler "l'indépendance de l'autorité judiciaire".

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a assuré vendredi les magistrats de son soutien, alors que la décision d'un juge de Bordeaux de mettre en examen Nicolas Sarkozy a été vivement critiquée par les proches de l'ancien président

Pas un mot de la ministre sur la présomption d'innocence 

Christiane Taubira "rappelle que l'indépendance de l'autorité judiciaire est garantie par la Constitution", a indiqué la chancellerie dans un communiqué, ajoutant que
la ministre "regrette tout propos qui porterait atteinte à l'honneur des juges.

Chantage de la ministre partisane qui assure de son "soutien les magistrats qui seraient mis en cause.En revanche, la ministre n'évoque pas le respect dû aux justiciables.
"Les juges d'instruction sont des magistrats du siège qui assurent leur mission en toute indépendance et conformément au droit", assure encore le texte. 

Les syndicats de magistrats se sont dits outrés vendredi par la réaction indignée de Henri Guaino
L'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a contesté le bien-fondé de la décision du juge Jean-Michel Gentil qui a mis jeudi l'ancien chef de l'État en examen pour abus de faiblesse dans l'affaire Bettencourt, sans que les motifs aient été communiqués.

Des poursuites contre Guaino ?
Le principal syndicat de la profession, l'Union syndicale des magistrats (USM), avait l'intention de demander à Christiane Taubira d'engager des poursuites contre Henri Guaino. Député UMP, Henri Guaino avait auparavant estimé sur Europe 1 que le juge Gentil avait "déshonoré un homme, les institutions, la justice". "Je voudrais voir le juge d'instruction venir expliquer devant les Français pourquoi" il a pris "une décision aussi lourde de conséquences", a-t-il dit, estimant cette décision "indigne", "irresponsable".


D'autres responsables UMP ont fait part de leur "incompréhension" face à cette mise en examen.