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samedi 25 janvier 2020

Concentration de la presse: Niel autorisé à ajouter Nice-Matin à ses autres media

Feu vert définitif de la justice au rachat de Nice-Matin par le magnat de la presse

L’Autorité de la Concurrence autorise sans engagements Xavier Niel à prendre le contrôle du quotidien régional

Anciennement Conseil de la concurrence, elle est une autorité administrative indépendante (A.A.I.) dont la présidence est toutefois attribuée sur proposition des commission des affaires économiques du Sénat et de l'Assemblée nationale, conformément à l'article 13 de la Constitution. En 2016, la majorité présidentielle était socialiste.
Depuis octobre 2016 et pour cinq ans l'actuelle présidente est une conseillère d'Etat, Isabelle de Silva, une ex-membre du conseil d'administration de la caisse de retraite des personnels de l'Opéra national de Paris.De manière embarrassante au regard de ses prétendues neutralité, vis-à-vis des media, et indépendance, à l'égard du pouvoir, celle qui livre Nice-Matin à Xavier Niel (propriétaire de Free et copropriétaire du groupe Le Monde) est la même qui, dès les premiers mois de son mandat à la tête de l'Autorité, condamna à une amende de 80 millions d'euros le groupe Altice de Patrick Drahi (Libération et BFM) pour la pratique de gun jumping après qu'il a réalisé de manière anticipée deux opérations de concentration notifiée en 2014, et, se flattant de son féminisme qui, au jour de sa nomination clama son désir "d'aider les femmes autour [d'elle] à développer leur carrière et à saisir des opportunités ", renforce aujourd'hui l'emprise sur l'opinion d'un homme condamné en octobre 2006 à deux ans d'emprisonnement avec sursis et à 250.000 euros d'amende pour recel d'abus de biens sociaux datant de 2001 à 2004 dans un 'peep-show' dont il était actionnaire. On ne refuse rien à une fortune personnelle de 5 milliards qui épouse la fortune d'un autre homme d'affaires, Bernard Arnault (groupe LVMH, le plus riche du monde, avec des actifs valorisés à 109 milliards de dollars américains), en la personne de Delphine Arnault.
Après être entrés en négociation exclusive l’année dernière avec Nethys en vue de la reprise d'une part majoritaire des 34% détenus par le groupe belge dans le journal Nice-Matin, Xavier Niel et sa holding NJJ ( Le Monde, L’Obs) ont par la suite eu le champs libre après le retrait surprise du milliardaire franco-libanais Iskandar Safa alors en course pour racheter le solde des 66 % détenus par les salariés actionnaires du journal.

L’Autorité de la concurrence a aggravé la main mise sur la presse par des hommes d'affaires et la concentration de la presse en autorisant le fondateur de Free et NJJ, qu’il détient à 100%, à prendre ce lundi 20 janvier le contrôle exclusif du groupe de presse, lequel édite les titres Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin. 
Un nouveau pas en arrière est franchi, préfigurant le "monde nouveau" de Macron.

Cette autorité administrative indépendante est censée lutter contre les pratiques anticoncurrentielles

Après examen (!), elle n'a constaté aucun chevauchement d’activité en ce qui concerne la presse écrite.
“Compte tenu des différences de nature qui existent entre les différents titres édités par GNM (titres de presse quotidienne régionale) et NJJ (titres de presse quotidienne nationale et magazines), l’opération ne donne lieu à aucun chevauchement d’activité dans le secteur de la presse écrite”, a tranché l’Autorité.

Cette autorité fantoche reconnaît pourtant "des chevauchements d’activités (qualifiés de "très limités") sur les marchés de l’exploitation de sites éditoriaux en ligne et de la vente d’espaces publicitaires en ligne”. 
Qu'à cela ne tienne, compte tenu de différences très marquées entre les lectorats de ces différents journaux et la faible diffusion payante des titres édités par NJJ dans les départements du Var et des Alpes-Maritimes, l’Autorité a écarté tout risque de vente liée.

La holding de Xavier Niel s’est engagée à conserver le contrôle de Nice-Matin pendant cinq ans, tout en promettant d’investir plus de 50 millions d’euros.

samedi 22 juin 2019

Critique du pouvoir, Laurent Ruquier est devenu la cible de la macronie

Le dictateur de la pensée parisienne est désormais sur un siège éjectable

L'animateur est critiqué par ses confrères de la presse

Ceux qui lui baisaient encore l'anneau il y a deux ans de ça estiment, pour commencer, que sa saison 13 n'a pas été sa meilleure. 
Quelle est la cause de ce retournement ? "Nous vivons sous la dictature de Twitter et de Marlène Schiappa," a lâché Ruquier... La Raspoutine du gouvernement n'a pas goûté et décide de lâcher la meute.
"Ruquier est un exécuteur propret des basses œuvres, écrit Le Temps, un brin méprisant. Il lamine, mais présente aussitôt ses excuses. Il sermonne d’un ton paternaliste. Son émission est un énorme miroir dans lequel" le "pédé" - ses propres mots dans le JDD, puisque c'est tendance – "se regarde chaque semaine. Tout cela ne mérite pas d’être conspué. C’est le jeu de la télévision et l’homme, l’auteur, le théâtreux, mérite bien mieux que cette caricature de lui-même qu’il a fini par se sculpter. Un autre Ruquier a volé la personnalité du vrai Laurent. Pourquoi, au lieu de faire tourner ces intervieweurs à la saison prochaine, ne ferait-il pas simplement une pause télévisuelle?Marlène Schiappa est, elle aussi, enfermée dans sa caricature de "gendarme" de la pensée [elle s'y est murée et personne n'a tourné le verrou de l'extérieur : comment le faire d'ailleurs, puisque personne ne sait si elle est domiciliée au Mans, où elle prétend être dérangée nuitamment, à Montmartre, où elle médite de se présenter à l'une des mairie d'arrondissement, ou ailleurs !]. Elle prospère grâce aux anathèmes, alors que sa défense des femmes isolées avec enfants, en pleine crise des Gilets jaunes, lui a valu l’estime de beaucoup [?]. Marlène, réveille-toi! A quoi sert de se complaire ainsi dans un buzz pour ou contre On n’est pas couché? Il y a un Conseil supérieur de l’audiovisuel pour ça. Dommage, d’ailleurs, que ce CSA ne distribue pas de bonnets d’âne. Marlène et Laurent, au fond de la classe, le porteraient fort bien." 
Le 13 juin dernier, L'Obs, magazine de Niel et Pigasse, assure représenter l'avis général en prenant l'initiative du déglingage.

Il publie un article à charge consacré à la 13e saison d'ONPC, intitulé "On n’est pas couché ", l’année de trop pour l’émission de Laurent Ruquier". 
Une productrice enfonce le programme, expliquant à l'hebdomadaire que le talk de France 2 est presque bon à jeter, qu'il est aujourd'hui "fossilisé". "Il n'y a plus d'arythmie. Que des ego !", s'exclame-t-elle. "Devenu la caricature de lui-même", le talk-show "emblématique de l’ère du clash" ne perdurera pas dans sa forme actuelle. 
 
Une énième polémique a lancé la meute. "C’est sur un parallèle victimaire du meilleur goût entre Shoah et esclavage, signé Christine Angot, que Laurent Ruquier tire le rideau d’ONPC dans sa version actuelle." Les réseaux sociaux ont grondé; par tweet, l’animateur a tenté, mais en vain, de calmer la polémique : "La Shoah fut une abomination. L’esclavage en Afrique […] fut une abomination. Aucun doute. Ceux qui tentent de nous faire dire ou penser le contraire, à Christine Angot ou à moi, cherchent à créer une polémique inutile", a écrit Ruquier, écartant, d'un clavier léger, toute implication  personnelle : responsable, mais pas coupable, selon la formule socialiste consacrée, depuis l'affaire du sang contaminé. 
S'en suivent un déferlement de signalements au CSA (un tir groupé de 5.000!) et des excuses d’Angot. "Sur le fond ? Non, pour avoir échoué "à [se] faire comprendre". Le 8 juin, l’émission a remis le couvert sur ce sujet poisseux, avant de se clore sur des adieux expéditifs aux deux chroniqueurs, Christine Angot et Charles Consigny. Ruquier n’a pas su éviter ce qui menace tout homme de spectacle : l’année de trop." 

Mercredi, sur le site suisse (déjà cité plus haut) de Le Temps - co-propriété du journal Le Monde détenu par, devinez, Niel et Pigasse - Laurent Ruquier en prend aussi pour son grade. 
"L'homme mord, moins pour faire mal à son invité que pour faire le buzz sur ces réseaux sociaux dont il dit, aujourd'hui, qu'ils façonnent une 'dictature' du politiquement correct. Ruquier est un sélectionneur d'intervieweurs à scandale - d'Eric Zemmour à Christine Angot - qui façonne son équipe pour provoquer et éviter à son public de roupiller. Ses assassinats cathodiques sont juste plus 'classe' que ceux de Cyril Hanouna [lequel ne se maintient sur C8 que parce qu'il est du bon côté du manche]. Mais ils procèdent de la même logique: un bon invité est un invité mort, si possible en direct sur son plateau."  La tauromachie, non! Le meurtre à minuit, oui!

L'ordre moral dénoncé hier s'installe en macronie

La chasse au sorcier prend de l'ampleur : 
"Fondamentalement malsain et nocif à la société"
Invité de Télé Loisirs, l'écrivain Marc Lévy annonce qu'il ne se rendra jamais dans l'émission produite par Catherine Barma. "C'est pas du tout une charge contre Laurent Ruquier qui, à côté de ça, fait d'autres émissions. Mais c'est parce que je pense que le principe de ce genre d'émissions est fondamentalement malsain et nocif à la société", lâche celui qui, dans Var-Matin en juin 2018, observa que Macron "a perdu une part d'humanité". 
A propos de Yann Moix et d'Eric Naulleau, Marc Lévy a aussi un avis bien tranché. "C'est la souffrance de leur non-réussite qui les rend méchants et agressifs à l'égard de ceux qui ont une réussite qu'ils jalousent." 

La liste de ceux qui ne se rendront pas dans l'émission de Ruquier ne cesse donc de s'allonger : outre Matt Pokora, on compte déjà Malik Bentalha, Jean-Pierre Foucault ou encore Leîla Slimani. Tous souhaitent éviter ce tribunal populaire, violent, souvent gratuit.

Thierry Ardisson qualifie carrément ONPC de "télé bulgare", sans moyens, "éclairée à la lampe de poche." Quand ce fils de pub, à qui on ne peut enlever le sens de la punchline, invite Ruquier sur son plateau de C8 peu après ses déclarations tonitruantes, Ardisson plaisante et lui propose des ampoules. Dans le JDD, Ruquier assume. "Mais est-ce qu'il vaut mieux un décor bulgare et continuer à faire une émission qui fait entre 15% et 20% de part de marché, ou avoir un très beau décor et voir son émission supprimée parce qu'elle ne fait que 2%?" 

Forme et fond, plus rien ne va

Cette treizième saison a été de nouveau émaillée de polémiques, mais n'étaient-elle pas jusqu'ici la raison sociale d'ONPC, émission intouchable, malgré ses débordements dignes d'attaques au LBD 40 ou de casse de vitrines par des 'black bloc' applaudis et filmés par la foule excitée ? Or, cette fois, ni Laurent Ruquier, ni sa productrice n'a su apprécier le caractère insupportable en 13e saison et deuxième année de macronie. Des polémiques ronflantes et polluantes de Charles Consigny, son nouveau cabriolet, ou Christine Angot, une grosse cylindrée en la matière, ont pollué l'antenne, quand les émissions de CO2 (ONPC ne produisant que peu de particules fines), sont devenues intolérables, comme chacun sait, à quiconque est resté un observateur un tant soit peu vigilant de notre société comme elle va). La plus marquante, peut-être, reste donc la dernière, sur l'esclavage, sujet sensible parmi tant d'autres : la chroniqueuse déjantée avait estimé, rappelons-le, qu'il s'agissait de garder les esclaves "en pleine forme, en bonne santé pour pouvoir les vendre et pour qu'ils soient commercialisables", propos sarcastiques ayant suscité plus de 900 signalements au CSA. 
Dans le couple moteur, les rapports n'étaient pas non plus bien huilés avec son méchant petit binôme précieux. Parfois tellement glaciaux que, devant les écrans, la couette n'était pas de trop. 

Une saison aux audiences moyennes qui passent sous la barre symbolique du million de téléspectateurs. 
La faute n'incombe pas aux Gilets jaunes, ni à Castaner, surpris en boîte en compagnie légère, au lieu de suivre ONPC au côté de sa légitime. A 74  ans, Catherine Barma, une fille de ...(Claude Barma) n'a pas vu venir les nouvelles façons de consommer la télé, ni l'essoufflement incontournable d'une émission qui dure depuis 13 ans, mais France 2 a senti faiblir ses rentrées publicitaires et, sans être libérale, s'en est émue. Et en période de disette budgétaire, de licenciements et de grève des personnels, la grille des programme ne supporte pas d'être secouée. 

A la rentrée, Laurent Ruquier, de toute manière, change tout : bien obligé, s'il veut, quant à lui, s'accrocher... Les fusibles ont déjà sauté: Barma licencie les titulaires et va faire le choix de chroniqueurs "tournants," bien qu'on dise que les impétrants se bousculent moins qu'à la mairie de Paris où Hidalgo est prenable. 
Un nivellement par le bas s'annonce, tandis que certains considèrent que le pire est passé. 

Le but est de se renouveler à n'importe quel prix.  

dimanche 5 mai 2019

Arrêté en excès de vitesse, le chauffeur d'Emmanuel Macron prend la fuite

Macron recase à l'Elysée le délinquant qui a fui un contrôle de police

Un nouveau chauffeur de Macron aurait refusé de se soumettre à un contrôle routier



Il avait été pris en flagrant délit d'excès de vitesse, révéla Mediapart.
Il doit être jugé en février dernier.
Stéphane P. se serait enfui après un excès de vitesse le mercredi 27 février. Selon le laquais passé maître en rhétorique, l'individu aurait roulé à une "vitesse excessive," alors qu'il se trouvait dans les Hauts-de-Seine, dans la ville de Sèvres à hauteur du Pont de Saint-Cloud, en juillet 2018. C'est alors que les policiers essayèrent de l'interpeller, mais Stéphane P.  prit la fuite, refusant de coopérer.

Mais les agents réussirent à noter la plaque d'immatriculation du véhicule en fuite. Or, ils constatèrent qu'il s'agit d'une voiture banalisée de la présidence de la République. Stéphane P. a été suspendu vingt jours. Depuis, une procédure judiciaire a été lancée. 

Trois mois plus tard, rien n'indique que l'affaire est diligentée : elle serait plutôt au point mort... Le site trotskiste révèle d'ailleurs que l'entourage de Macron joue le pourrissement, refusant de commenter l'affaire tant que "la procédure est en cours". Et c'est une affaire au long cours...

Toujours au service de Macron ...à l'Elysée

Emmanuel Macron
En revanche, le service de presse de l'Elysée a précisé que le délinquant a été maintenu au Château. "Dès que nous avons été informés et avons pu vérifier la réalité des faits, l'agent a été changé d'affectation au sein du GSPR à titre conservatoire", a fait savoir Mediapart. Dans les faits, l'homme est donc toujours en poste à l'Élysée et toujours à la sécurité présidentielle, au Groupe de sécurité de la présidence de la République qui assure sa protection personnelle et immédiate, notamment  la sécurité de ses déplacements. 

Le délinquant est donc un militaire aux ordres du général de brigade Lionel Lavergne, lequel va quitter ses fonctions, suite à sa mis en cause dans un rapport sénatorial sur l'affaire Benalla. Le bureau de la Haute assemblée avait signalé des "incohérences et contradictions". En poste depuis avril 2017, il sera remplacé, "à compter du 18 mai", par le colonel de gendarmerie Benoît Ferrand, lui aussi issu du GIGN.Le général va être promu au poste de directeur adjoint des opérations de la gendarmerie nationale. Une nouvelle polémique en vue...

Le Monde prend la défense du chauffeur du président

Le journal des hommes d'affaires Xavier Niel (gendre de François Pinault et lui-même propriétaire de Free, actionnaire des sites Bakchich mis en faillite et de Mediapart ou de Deezer, ainsi que créateur de Station F, impliquée dans plusieurs affaires de harcèlement et de sexisme) et Matthieu Pigasse (banquier qui contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova), et qui est aussi actionnaire principal du Groupe Le Monde et du Huffington Post) juge "réchauffée" l'info concernant le chauffeur d’Emmanuel Macron flashé à plus de 200 km/h... 

Le Monde détourne l'attention de l'infraction au code de la route
Le journal n'hésite pas à condamner Mediapart, site financièrement soutenu par son propre co-propriétaire, Xavier Niel. Pour conserver les faveurs du président, il qualifie en effet de "peu fiable" le site de Plenel, au motif qu'il réutilise un article paru il y a quatre ans dans Ouest-France sur un précédent chauffeur de Macron alors ministre de l’Economie flashé dans la Manche.

Le journal
Le Monde fait finement valoir qu'en février dernier le chauffeur de l'Elysée n'était pas en service. Peut-il aussi certifier que s'il roulait à vide à tombeau ouvert, le délinquant ne venait ni de chercher, ni de reconduire l'épouse touquettoise ?

Pour arriver à ses fins d'enfumage de ses lecteurs,
le Décodex instrumentalise l'ironie de tel ou tel site, si énorme soit-elle, puisque l'info y est traitée sur le mode de l'humour.

Les fact checkeurs du Monde n'ont pas craint de détourner un détournement par le site 'Le Top de l'Humour' auquel ils reprochent d'avoir déterré une information vieille de quatre ans pour discréditer la décision gouvernementale de limiter la vitesse à 80 km/h sur les routes départementales. Les journalistes de Niel et Pigasse ont fait une sortie de route, grave !
 .
"Un employé du service des chauffeurs de Bercy s’est vu retirer son permis, mardi 2 septembre. Il a été contrôlé à plus de 200 km/h sur l’autoroute, en direction de Saint-Lô", lit-on dans l’article – copie conforme d’un texte de Ouest-France publié le 7 septembre 2014.

Discréditer ne suffit pas effacer les fautes à répétition de plusieurs chauffeurs de Macron


Si ancien soit-il,
l'excès de vitesse de Saint-Lô devait bel et bien être rappelé, car
les chauffeurs de ministres et de présidents ne jouissent d'aucun privilège en matière de respect du code de la route. 
Comme le rapporte le quotidien régional, l’employé du service des chauffeurs de Bercy s’est vu retirer son permis (une semaine, précisa Le Parisien) le mardi 2 septembre 2014, alors que Macron était patron de Bercy, à l'Economie, à l'Industrie et au Numérique. Il n’était pas encore candidat à l’élection présidentielle. Passé locataire de l'Elysée, Macron accorde l'impunité à ses valets : le dernier chauffeur surpris en excès de vitesse n'est pas seulement resté impuni, il a été recasé au Palais...
Mais la macronie ne comprend toujours pas que 10.000 internautes aient pu partager l’information et s’insurger "en même temps" contre le laxisme du gouvernement, l’hypocrisie d’Emmanuel Macron ou encore la limitation de vitesse à 80 km/h qui n s'applique qu'à eux sur les routes départementales, depuis le 1er juillet.
Les Français auraient-ils dû compatir au sort malheureux de leur oppresseur qui avait dû regagner Bercy dans une voiture de la préfecture depuis la Manche où il effectuait son premier déplacement gouvernemental ?

Et il est question ici de récidive.
Bien que l'entourage de Macron le nie, son personnel jouit de privilèges. 
En 2014, Le Parisien l'avait cité : "Ce chauffeur est un justiciable comme un autre et les consignes sont extrêmement claires : le Code la route doit être respecté"... Et d'ajouter, pour faire bonne mesure et mieux tromper son monde : "Son emploi est garanti et il bénéficiera de la protection fonctionnelle pour pouvoir avoir les services d'un avocat si nécessaire", a indiqué la même source, tandis que ses collègues précisaient que le conducteur n'avait fait qu'"obéir aux ordres"...

L'ensemble des affaires Benalla vient en oiure alimenter la colère des justiciables ordinaires, les "gens", comme disent, non sans condescendance, les ministres et les élus LREM. 

samedi 6 avril 2019

Altice et Free prennent leurs clients en otages, marchandant la diffusion de BFM-TV 

Diffusion de BFM-TV : le torchon brûle entre les actionnaires de Libération et du Monde 

Les diffusions des quatre chaînes d’Altice aux 6,5 millions d’abonnés à la Freebox ont été suspendues

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Faute d’accord trouvé entre les deux parties pour la distribution des chaînes du groupe de media de Patrick Drahi, vendredi 5 avril, les clients de Free n'avaient plus le choix de leur manipulateur de l'info. Deux heures plus tard, Free rétablissait le signal.

BFM n'avait rien laissé ignoré à ses clients des chicaya entre les marchands de tapis  Altice et Free (dont le fondateur, Xavier Niel, est actionnaire à titre individuel du Monde), puisque la chaîne commerciale n'a pas hésité à faire pression sur Free en balançant des encarts donnant à croire qu'elle sortait de leur entente la tête haute. 

La querelle portait sur la distribution des chaînes du groupe de Patrick Drahi (BFM-TV et Business, RMC Découverte et Story). Vendredi 5 avril, Free, la maison mère de SFR a décidé, faute d’accord, de suspendre, dès 7 heures du matin, la diffusion de ses quatre chaînes aux 6,5 millions d’abonnés à la Freebox. 

Mais coup de théâtre, le trublion des télécoms, Xavier Niel, a rétabli le signal par ses propres moyens, moins de deux heures plus tard, provoquant la colère d'Altice), Drahi accusant l’opérateur Free de pirater la livraison du signal de ses chaînes. 

Au cœur du conflit, l’accord de diffusion signé entre les deux groupes, et qui est arrivé à échéance le 20 mars. Altice souhaitait profiter du renouvellement du contrat pour en revoir les termes, et faire payer Free un montant de 5 à 6 millions d’euros pour l’accès à ses chaînes et à leurs services ajoutés tels que la télévision de rattrapage. 
Mais le groupe de media s'opposa à ce chantage : l’opérateur, peu disposé à rémunérer des chaînes gratuites - jugeant les services ajoutés insuffisamment pertinents pour justifier une rétribution - ne s'attendait toutefois pas à une fin de non-recevoir. "Malgré notre position d’ouverture et la prolongation de la période de discussions, Free a refusé de négocier un accord de distribution des chaînes et services associés de BFM-TV, BFM Business, RMC Découverte et RMC Story", a expliqué Altice, la maison mère de SFR, par communiqué.

Un mariage malheureux

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La coupure par Altice, puis le rétablissement du signal par Free, n'ont fait qu' exacerber des tensions anciennes entre les deux camps. La maison mère de SFR a menacé de suites judiciaires, indiquant que des "mesures juridiques, réglementaires et judiciaires" étaient en cours "face à cette situation illégale ". 
De son côté, Free dénonce, comme contraire à la réalité, "la communication mise en œuvre depuis plusieurs semaines" par Altice, déballant régulièrement ses problèmes  avec Free sur ses chaînes.

Ce conflit n’est pas le premier du genre. 
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Les méthodes des media et des opérateurs
sont-elles respectueuses des Français ?
En 2018, il y a moins d'un an, une bataille avait éclaté entre les opérateurs de téléphonie et les groupes audiovisuels, dont notamment TF1 et M6, qui avaient réclamé une rétribution pour la diffusion de leurs chaînes et de leurs services ajoutés. Les opérateurs avaient finalement renoncé devant les groupes audiovisuels. 
La situation s’enlisant, lundi 1er avril, Altice demanda l’ouverture d’une procédure de règlement des différends au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Mi-mars, le gendarme de l'audiovisuel avait déjà proposé une médiation aux deux parties, sans succès. L’instruction de l’affaire a repris au CSA.

Derrière ce bras de fer avec Free se profile celui à venir avec Orange. 
L’accord de distribution qui lie l’opérateur historique à Altice doit prendre fin cet été. Et les négociations pour un nouvel accord s’annoncent d’ores et déjà ardues. "Ça discute mollement", confie-t-on sobrement chez Orange. 
Mi-mars, Fabienne Dulac, la directrice générale d’Orange France,  avait pris fait et cause pour son homologue, trouvant le montant réclamé par Altice à Free exagéré au vu des audiences de ses chaînes.



samedi 12 janvier 2019

Soupçons de fraude : le site "vente-privee.com", épinglé par Bercy

Sur le banc des accusés, un proche de Macron...

Le site est soupçonné d'avoir falsifié le prix de référence de ses articles pour donner l'illusion d'une bonne affaire


Janvier 2016 : GRANJON, PDG et fondateur de Vente-privée.com 
accueille Emmanuel MACRON pour l'inauguration 
du nouveau bâtiment de vente-privée à Saint-Denis

La DGCCRF soupçonne le groupe français de commerce en ligne d'avoir falsifié le prix de référence des articles,
à partir duquel est calculé le taux de réduction pratiqué.
Les réductions trop avantageuses sont parfois une arnaque...
"Il est reproché à l'entreprise d'avoir cherché à donner à ses clients l'illusion de faire une bonne affaire en mettant en place différentes stratégies frauduleuses visant à construire un 'prix de référence' fictif", indique le communiqué de l'organisme. 

Les conclusions de son enquête sur vente-privée.com ont été transmises à la procureure de la République de Bobigny, a annoncé ce jeudi la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
Trop rose pour être honnête...



La vente en ligne surveillée de près

Des enquêtes régulières pour lutter contre ce type de pratiques commerciales frauduleuses ont notamment conduit la DGCCRF à ouvrir récemment des procédures contentieuses à l'encontre de 19 enseignes d'e-commerce, qui ont donné lieu au paiement de plusieurs millions d'euros d'amendes dans le cadre de transactions pénales.

L'enquête s'est appuyée sur des constatations effectuées sur le site internet de l'entreprise et sur l'analyse de documents saisis au cours de perquisitions, menées dans ses locaux, en juin 2016, il y a 18 mois, pendant la campagne présidentielle de Macron. "Des 'prix de référence' qui ne correspondaient dans les faits à aucune réalité économique étaient utilisés pour afficher des taux de promotion particulièrement attractifs", a constaté la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. 

La vente à distance sur internet, tout particulièrement sous forme de vente "événementielle", fait l'objet d'une "attention particulière" de la part des services de la DGCCRF, précise le communiqué. En effet, "des pratiques déloyales consistant à annoncer des réductions de prix trompeuses construites à partir de prix de référence illusoires biaisent les choix des consommateurs et perturbent le bon fonctionnement des marchés en induisant une concurrence déloyale", souligne l'organisme, qui contrôle la loyauté des prix affichés et des pratiques promotionnelles. 

Un entrepôt de vente-privée à Montagny-les-Beaune, le 17 avril 2015.
Un entrepôt de vente-privée à Montagny-les-Beaune, le 17 avril 2015
Granjon a les dents longues et la morale courte 

Le PDG à succès de Vente-privee.com investit dans le marché de la culture
Il vient d'acheter son troisième théâtre parisien. Ce n'est pas un hasard: il veut faire du spectacle et de la billetterie sur Internet l'un des axes de diversification de son entreprise.

Sa longue chevelure grasse, ses tee-shirts ouverts sur son poitrail velu et ses bagouzes de mac n'ont de lunaire que le look. Il ne faut pas se fier à ses airs de chanteur de rock des années 1970. Jusqu'au fond de ses poches, Jacques- Antoine Granjon reste un capitaliste de coeur. Si sa société-mère vient de mettre la main sur les Bouffes-Parisiens, Paris 2e, après avoir acheté le Théâtre de Paris (9e) - depuis 2013 - et celui de La Michodière, en 2014 -qu'on est en droit de boycotter tous, c'est  le fruit d'une stratégie mûrement réfléchie et d'une étude de marché. 

Que vient faire en effet le roi du "déstockage événementiel" sur Internet dans le spectacle vivant? Quel rapport entre les chaussures et la culture? En quoi un vendeur de meubles de jardin, de blousons et de poêles à frire est-il légitime pour programmer des "artistes" et des "auteurs" dans de grandes salles parisiennes? "Quand un spectacle ne fait pas salle pleine, que font en général les producteurs? interroge Granjon. Ils tentent de vendre les places restantes moins cher. Cela s'appelle du 'yield management" (avant lui, la SNCF et l'hôtellerie ont pratiqué ce type de gestion fondée sur la flexibilité tarifaire qui permet d'optimiser au maximum l'occupation des trains ou des chambres et le chiffre d'affaires des sociétés) et c'est exactement notre savoir-faire." 
 
Vente-privee.com est une réussite rapide. En quelques années, cette société surgie du néant est devenue un poids lourd de la vente sur Internet, avec 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 2.800 salariés et 30 millions de clients à travers l'Europe. C'est parce qu'il cherchait à étendre son champ d'activité que Granjon s'est intéressé à la culture, même si, comme souvent, l'idée est née d'un concours de circonstances. 
"Il y a quelques années, raconte-t-il, Alain Chamfort a annoncé dans un de ses clips qu'il n'avait plus de producteur - il venait de se faire sortir d'Universal. Je l'ai appelé, nous nous sommes rencontrés et je lui ai proposé de distribuer un nouvel album sur notre site. Nous en avons vendu 20.000 !" 
Très vite, Johnny Hallyday, Michel Polnareff et Patricia Kaas bénéficient à leur tour de la force de vente de Vente-privee.com. Pour ses 50 ans, Florent Pagny donne 32 concerts, vendus uniquement sur le site de Granjon. Quant à M. Pokora, il remplit quatre Bercy, dépassant les rêves les plus fous de son producteur. La participation de ces artistes à des "divertissements" télévisés a toutefois largement contribué à ce succès.

Car l'ambition de Granjon ne se limite pas à la gestion de ses seuls théâtres. A travers sa nouvelle filiale, Venteprivee Entertainment, c'est l'ensemble du secteur du spectacle vivant qui lui fait retrousser les babines. Son premier objectif consiste à devenir un géant de la vente de billets sur Internet. Mais il voit plus loin ou, plus exactement, plus large. Il propose aussi à des établissements et à des festivals d'éviter les commissions empochées par Carrefour ou TickeTac, en maîtrisant leur billetterie grâce à une société dont il est devenu actionnaire, Weezevent : curieusement, "les Vieilles Charrues" ont déjà topé avec le capitaliste. 
Il peut également jouer les producteurs ou les coproducteurs dans n'importe quelle salle de France et de Navarre (Dirty Dancing au Palais des Sports, par exemple). Enfin, il trouve en ce monde de paillettes une jolie publicité gratuite - le disque de chansons d'amour d'Iggy Pop, qu'il a produit, lui a valu d'innombrables retombées dans les media. 

Acheter la Michodière ou les Bouffes parisiens a donc pour lui un ultime intérêt. Ces investissements lui attirent  la ...confiance en lui apportant la notoriété, la crédibilité et les réseaux qui lui manquaient auprès des artistes et des producteurs. La rentabilité de ses théâtres ne lui est pas indifférente - "Ce n'est pas du tout une danseuse !" insiste-t-il, mais elle est relative. 

Soucieux de ne pas perdre d'argent, le fripier a toutefois pris soin de s'entourer de professionnels reconnus (Richard Caillat, Dominique Dumond, Stéphane Hillel) et fixe la ligne générale de la programmation : "Du divertissement intelligent. Quand vous voulez attirer 800 ou 1000 personnes chaque soir pendant quatre ou cinq mois, il n'y a pas de mystère: il vous faut de la qualité et du talent partout, des auteurs aux acteurs." A la rentrée, les Bouffes parisiens programmeront 'Acting', une pièce écrite par Xavier Durringer pour Niels Arestrup et Kad Merad. Il ne prend pas de risques : la pièce de 2012 a déjà tourné en régions. 

La suite? Le quinquagénaire a un autre objectif priorité désormais. "Il nous faudrait une salle de musique, plus polyvalente, un domaine où nous ne sommes pas présents." Officiellement, aucune transaction n'est en cours, mais il regarde tous les dossiers qui se présentent. Connaissant le personnage, le coup de théâtre aurait pu être retentissant, si la justice n'avait pas mis de la moralité dans son ascension... 

Granjon a pour un paradis fiscal une attirance fatale 

Ce promoteur du 'Made in France' ne boude pas le Luxembourg.
Comme d'autres dirigeants de ses filiales, notre Jacques- Antoine y a plusieurs actifs, à la fois à titre personnel, mais aussi pour le compte de la société, rapporte le site d'information Les Jours.
"Avec le concours de l'entreprise de domiciliation United Trust, il (Granjon) a créé au Luxembourg, à partir de 2009, une dizaine de Soparfi, des sociétés de participations financières. Certaines sont des filiales de Vente-privee.com, d'autres ont une vocation patrimoniale", explique le site.

Parmi elles, Orefa, propriété conjointe de Jacques-Antoine Granjon et de l'un de ses associés, Julien Sorbac, crée en 2009.
Elle a été fondée par Orefi, holding de contrôle de la société Vente-privée et a "pour objet l'acquisition et l'aliénation d'une collection d'oeuvres d'art" et ..."d'avions", ainsi que leur gestion et valorisation, peut-on lire  sur Legilux, le Journal officiel du Luxembourg.
Elle "a en outre pour objet l'acquisition, la gestion, la mise en valeur et l'aliénation de participations, de quelque manière que ce soit, dans d'autres sociétés luxembourgeoises et étrangères", précise Legilux.

Interrogé, Granjon a juré par mail "ne pas avoir de holding personnelle au Luxembourg". "Ma holding personnelle Orefi (...) est franco-française, mais elle dispose d'une filiale au Luxembourg, la société Orefa, consacrée aux investissements étrangers, dont les murs qui abritent nos sièges sociaux et tous nos bureaux à Luxembourg", a-t-il assuré, dénonçant un "article à charge destiné à nous porter préjudice"...

Or, selon Les Jours, Orefa s'est porté acquéreur d'un immeuble entier au Luxembourg, qui abrite une galerie d'art, mais Orefa sert surtout de "boite aux lettres" à plusieurs autres "holdings utilisées par les associés de Vente-privee.com, ainsi que celui de Jacques-Antoine Granjon".

Les Jours souligne qu'Orefa comme toutes les autres sociétés de l'immeuble "n'ont aucune activité, et ne comptent aucun salarié". Leur principal actif est une participation dans la SAS française Oredis, la maison-mère de Vente-Privée, ajoute l'article.
Enfin, le site luxembourgeois a pour fonction "d'abriter des filiales de Vente-privee.com pour lui permettre de se développer à l'international "sans frottements fiscaux" ", est-il écrit.

Granjon reconnaît que Vente-privée "dispose de plusieurs filiales dans l'Union Européenne, ainsi qu'au Luxembourg" et que "l'une d'elle a été utilisée pour les investissements" de la société aux USA.
Mais il souligne également que "toutes les activités de Vente-privee.com sont centralisées à St Denis en France où nous payons nos charges sociales et nos impôts sur l'intégralité de nos bénéfices et chiffre d'affaires". 

Nos start-ups sont à bonne école

Résultat de recherche d'images pour "Station F Macron  Niel"En 2011, ce proche de Macron a lancé l'Ecole européenne des métiers de l'Internet (EEMI) avec Xavier Niel (dirigeant du fournisseur d'accès à Internet Free, copropriétaire du groupe Le Monde et actionnaire principal de plusieurs start-ups, dont 'Tipeee', avec Laurent Ruquier, en novembre 2015, pour la rémunération des vidéastes), Marc Simoncini (site web de rencontre par internet Meetic) et Alain Malvoisin (Cours Fides, etc).

En octobre 2014, dans les media,est annoncée avec tapage la création du plus grand incubateur de jeunes pousses au monde, dans le treizième arrondissement parisien, à la Halle Freyssinet, Xavier Niel annonce. 
Le 29 juin 2017 à Paris, il inaugure en présence du président Emmanuel Macron le campus 'Station F' (ci-dessus). Et, parmi ses partenaires, on note l'entreprise Vente-privee.com...

jeudi 20 septembre 2018

Orange appelle la concurrence à maintenir des prix élevés

Orange dénonce l’agressivité tarifaire internet fixe de la concurrence

Stéphane Richard, PDG de l'opérateur historique, s'en est pris à la "politique de prix très agressive sur l’ADSL" de certains de ses rivaux. 

La guerre des prix dans l'ADSL "affaiblit, voire met en péril, l’édifice du Plan France Très haut débit", qui doit apporter une connexion Internet fixe ultra-rapide à tous les Français à l’horizon 2022, essentiellement via la fibre, a-t-il assuré lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, ce mercredi 19 septembre.

Le danger de cette "concurrence à prix cassé", cette "vente à perte", retarde et mine l'adoption de la fibre optique par les Français, selon lui. Dans ce scénario, ces derniers seraient trop heureux de conserver le plus longtemps possible leur abonnement ADSL à bas prix, plutôt que de se tourner vers la fibre, plus coûteuse. Pour Orange, qui a fait du déploiement de la fibre dans l'Hexagone sa grande priorité industrielle, cette situation est forcément problématique. A quoi bon déployer un nouveau réseau, à grands frais, si les consommateurs ne suivent pas ? Ou, mieux dit, si les prix de la fibre ne sont pas attractifs

Orange veut être le bénéficiaire prioritaire du retour sur investissement?"

Stéphane Richard a parfois du mal à convaincre ses actionnaires du bien-fondé de son offensive dans la fibre, a-t-il affirmé devant les députés.
"Evidemment, quand on dit qu'on investit beaucoup [dans la fibre], on nous demande : 'mais quel est le retour sur investissement ? Quel est le modèle économique ? Comment allez-vous rentabiliser tous ces milliards d'euros que vous mettez aujourd'hui sur la fibre optique ?' "

Pour convaincre les députés - qui se plaignent souvent d'une mauvaise couverture des territoires ruraux - des dangers liés aux très bas prix de certains acteurs dans l'ADSL, Stéphane Richard a souligné que le modèle des Réseaux d'initiative publique (RIP, Propriété des collectivités territoriales) était aussi menacé. Dans le cadre du PTHD (Plan France Très Haut Débit), ces réseaux de fibre sont déployés, à l'initiative des collectivités et avec l'aide de l'Etat, dans les campagnes et les territoires les moins peuplés de l'Hexagone. Ils concernent, au total, 43% de la population.

Et le ton est monté ces derniers jours entre l’opérateur historique et Free. 


En juin, Free s'était attaqué à Orange
Comme Bouygues et SFR, Orange, propose en effet à ses clients d'acheter un terminal à prix cassé, mais en s'engageant sur de longues périodes : une pratique dénoncée par Free. Après avoir eu gain de cause sur une vieille offre de SFR, Xavier Niel a ouvert un nouveau front judiciaire contre l'opérateur historique. Le sujet des terminaux subventionnés reste plus que jamais d'actualité dans les télécoms.
Free a assigné Orange devant le Tribunal de Commerce de Paris et Serge Ferreira, le directeur juridique d'Iliad, la maison mère de Free, a fait le déplacement. Le groupe de Xavier Niel veut faire cesser en urgence le "trouble manifestement illicite" que constituent certaines offres mobiles d'Orange - lorsque ce dernier propose d'acquérir un smartphone à prix attractif en souscrivant à un forfait haut de gamme. Pour Free, c'est un crédit à la consommation déguisé et le juge doit y mettre fin. "Les trois opérateurs ont eu un exercice illégal du métier de banquier et donné des dizaines de millions de crédits aux consommateurs", insistait alors Xavier Niel en personne.
Le trublion des télécoms ne s'en cache pas : il vise les 17 millions d'abonnements qui sont vendus avec un terminal subventionné en France, soit 40 % du marché auquel il n'a pas accès.

Alors que Free traverse une mauvaise passe, le groupe ouvre ce deuxième front judiciaire, cette fois avec Orange. La guerre du subventionnement ne fait que commencer. Et l'iPhone continuera pour l'instant d'être vendu à "prix cassé".

Depuis, Orange accuse Free de "publicité trompeuse"...
Orange a menacé Free de porter plainte suite à l'une de ses campagnes de mailing communiquant des informations trompeuses au sujet du dégroupage des lignes fixes. Free a dû rectifier le tir deux fois, au risque d’être traîné devant les tribunaux par son concurrent.
Orange n’a pas particulièrement apprécié une récente campagne de mail par Free à destination de ses abonnés en dégroupage partiel. Ces derniers paient un abonnement internet à Free en plus d’un abonnement pour la ligne fixe chez Orange. L’opérateur de Xavier Niel leur recommande donc de passer en dégroupage total pour s’économiser le prix de l’abonnement chez Orange, soit une somme de 17,96 euros par mois.
Orange estime en fait que le mail en question porte préjudice à sa marque puisque, selon le groupe, certaines informations communiquées sont erronées. Univers Freebox a partagé le contenu du mail et cette partie précise n’a pas plu à Stéphane Richard : "L’opérateur historique Orange a confirmé que dès le mois de novembre 2018, il va cesser l’installation des lignes analogiques (dégroupage partiel), c’est pourquoi nous vous invitons dès maintenant à procéder à votre migration, pour continuer à pouvoir utiliser votre Freebox sans interruption de service". Orange estime que cette phrase trompe les clients de Free. 

Reste qu'Orange stoppera de proposer de nouvelles lignes fixes (RTC) à compter du 15 novembre 2018. La téléphonie IP viendra en remplacement des communications passées sur le réseau d’ici 2022. Pour Orange, il n’y a aucune raison de parler d’une quelconque interruption de service comme le mentionne Free dans son mail. D'autant que la téléphonie IP séduit les entreprises grâce aux réductions de dépenses qu’elle permet sur la communication vocale: appels intersites gratuits, appels lointains à tarifs très bas, pas de frais de câblage supplémentaires.

Un second mail rectificatif a été envoyé aux abonnés, sauf que, pour Orange, celui-ci est flou. Et après avoir déjà envoyé une mise en demeure, le groupe décide cette fois de porter l’affaire en justice. Un 3e mail envoyé par Free, mettra un terme à la querelle.