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samedi 2 octobre 2010

Une chance que Hortefeux défende le gendarme mis en examen !

L'opposition y trouve pourtant à redire

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a apporté son soutien vendredi au gendarme mis en examen pour la mort d'un jeune gitan en juillet dernier dans le Loir-et-Cher.
Son intervention a provoqué l'ire du Syndicat de la magistrature et de l'avocat de la famille du jeune homme.

Rappel des faits

La mort de Luigi Duquenet, lors d'un barrage de gendarmerie le 16 juillet, avait provoqué une flambée de violences dans le village voisin de Saint-Aignan.
Plusieurs dizaines de gens du voyage avaient détruit des commerces, coupé des arbres et brûlé des voitures, une déflagration qui avait amené Nicolas Sarkozy à convoquer une réunion à l'Elysée pour évoquer les "problèmes"posés par "certains gens du voyage".
Cela avait justifié lespremières mesures sécuritaires du chef de l'Etat,
lire PaSiDupes: N. Sarkozy ne laissera pas tirer sur les forces de l'ordre
d'autant que Grenoble avait été au coeur d'une affaire de grand banditisme avec l'attaque du casino d'Uriage et des forces de l'ordre .
Lire PaSiDupes
Lire PaSiDupes: notre police avait reçu des menaces de mort
VOIR et ENTENDRE un reportage de France 3

Emeute - Gens du Voyage - Saint-Aignan - JT France 3
envoyé par gredorio.

Le gendarme, qui plaide la légitime défense, a été mis en examen
pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Il a "dû faire face (...) à une situation extrêmement dangereuse pour sa vie", souligne dans un communiqué le ministre de l'Intérieur.
"Je tiens à manifester publiquement mon soutien moral et matériel à ce militaire aujourd'hui dans l'épreuve, à sa famille ainsi qu'à ses 97.000 camarades de la gendarmerie nationale", poursuit Brice Hortefeux.

L'opposition supporterait que les forces de l'ordre soient prises à partie

Les magistrats de gauche du Syndicat de la magistrature (SM) contestent que le ministre de l'Intérieur puisse manifester son soutien à son personnel, un gendarme mis en examen et présumé innocent. "Brice Hortefeux instille dans les esprits l'idée selon laquelle cette décision (de mise en examen) serait illégitime", prétendent les juges partisans.

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie, le SM accuse Brice Hortefeux de ne pas en être à ses premiers commentaires sur le fonctionnement de la justice et s'amuse, sur un sujet grave, à suggérer à la ministre de lui "faire parvenir une demande d'intégration dans la magistrature".
=> Deux juges de Grenoble ont libéré l'un des braqueurs: lire PaSiDupes
Lire l'article que PaSiDupes consacre à la réaction d'Elisabeth Lévy

L'avocat de la famille de Luigi Duquenet
, Me Jean-Claude Guidicelli, ne revendique évidemment pas son objectivité lorsqu'il affirme que le ministre de l'Intérieur "défend un dossier sensible, devenu un dossier politique et sur lequel il s'appuie pour délivrer un discours sécuritaire à l'encontre des rom".
Lire PaSiDupes sur la dimension politique évoquée par le cher maître...

Et d'ajouter, dans le style populiste en vogue: "Le port d'une arme ne donne pas le droit de tuer". L'absence de port d'arme donne-t-il en revanche le droit de tuer des policiers ?
Rappelons que trois cent personnes appartenant à la communauté des gens du voyage avaient saccagé la ville de Saint-Aignan (Loir-et-Cher), et attaqué sa gendarmerie, menaçant les fonctionnaires de police et leurs familles, pour protester contre la mort d'un de leurs cousins qui avait rencontré un barrage de gendarmerie et tenté de lui échapper après avoir foncé sur l'un des gendarmes.

Pour mémoire

=> L'avocat Jean-Claude Guidicelli est le conseil de deux inculpés de l'affaire de l'Arche de Zoé, Alain Péligat et leDr Philippe van Winkelberg.

=> Me Guidicelli, avocat du barreau de Toulon, avait été suspendu début mars pour un an, pour avoir fait transmettre un dossier à un client détenu, a bénéficié d'une grâce présidentielle. La décision de suspendre l'avocat, qui exerçait depuis plus de dix-huit ans à Toulon, et défendait notamment l'un des assassins présumés du député Yann Piat, avait été prise le 2 mars par la cour d'appel d'Aix-en-Provence.
Me Guidicelli s'est dit «très sensible à ce geste d'un ancien avocat». «C'est une victoire démocratique, une victoire pour la profession», a-t-il déclaré. Or, c'était en mai ...1995 et la décision est celle du président François Mitterrand !

A chacun son sens du devoir

Dans son communiqué, Brice Hortefeux précise que le gendarme mis en examen bénéficiera "de la protection juridique que l'Etat garantit à ses agents en pareilles circonstances".

lundi 27 octobre 2008

Arche de Zoé : les aventuriers de l’Arche perdue face aux juges

Qu’est-ce qu’ils souffrent ! Mais toujours moins que leurs victimes…
Mis en examen par la justice française, les membres de l'Arche de Zoé s’obstinent, pour la plupart, à affirmer le caractère désintéressé de leur opération qui visait à exfiltrer vers la France 103 enfants du Tchad, pour le seul bien de ces derniers.

Rappel des faits
Arrêtés le 25 octobre 2007 à Abéché (Est du Tchad), le président de l'association, Eric Breteau, sa compagne et assistante Emilie Lelouch (ci-contre), le médecin Philippe van Winkelberg, les logisticiens Alain Péligat et Dominique Aubry et l'infirmère Nadia Merimi ont été condamnés deux mois plus tard à N'Djamena à huit ans de travaux forcés.
Transférés en France, puis graciés le 31 mars par le président tchadien Idriss Deby, ils restent encore condamnés à régler un préjudice de 6,3 millions d'euros aux familles tchadiennes, des indemnités juridiquement "impossible à mettre en oeuvre", mais selon la défense.
Le gouvernement tchadien a déjà indemnisé pour moitié les victimes, mais les familles réclament le reste de leur dû.

Les charges
Les généreux aventuriers n'ont donc pas fini de rendre des comptes à la justice et de régler leur dette : le contribuable français n’est pas prêt à payer pour eux. Une instruction est d’ailleurs toujours en cours à Paris pour escroquerie, exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption et aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers. Et de leurs parents, dans un deuxième temps... Mais le projet a capoté.
Mis en examen, Eric Breteau, Emilie Lelouch, Philippe van Winkelberg et Alain Péligat encourent dix ans de prison et 750.000 euros d'amende.
Nadia Merimi et Dominique Aubry ont quant à eux été placés sous le statut de témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de mis en examen et de simple témoin.

Des réactions hautes en couleurs
Me Jean-Claude Guidicelli, avocat du docteur Philippe van Winkelberg et d'Alain Péligat, l’un des logisticiens, ne craint pas d’affirmer que cette instruction n'est qu'un "dossier alibi, un dossier politique".
Les mis en examen, qui espèrent un non-lieu, ont fait l'objet d'expertises psychologiques. Bien que cette expertise n’ait rien de scientifique, les psychologues affirment, par la bouche de Me Guidicelli, toutefois, que les membres de l'Arche auraient "agi de manière désintéressée, altruiste. Ce sont des personnes qui ont laissé parler leurs sentiments".

De nombreuses zones d’ombre
A titre d’exemples, que penser du changement de nom de L'Arche de Zoé au Tchad pour celui de Children Rescue ou des faux pansements dont les enfants avaient été affublés avant leur exfiltration? Les psychologues ont certainement une version qu’ils réservent aux juges, mais l’avocat a déjà entrepris l’intoxication de l’opinion. « Des actes expliqués par l'urgence », soutient l'avocat. Quelle était donc « l’urgence » du changement de nom ?
"Ils étaient dans l'action, pas toujours dans la réflexion, il fallait parer au plus pressé", soutient-il, sans conviction.

Les exploiteurs de la misère humaine sont bien à plaindre
Depuis leur libération, tous reprennent néanmoins possession de leur vie mais adoptent le statut de victimes. Ils garderaient à l'esprit le "lynchage" dont ils estiment avoir été l'objet de la part des autorités et des médias, assurent leurs avocats.

  • Eric Breteau "va plutôt bien [ !] mais il reste convaincu que ces enfants devaient être sauvés et qu'il a échoué, c'est perturbant", gémit son conseil Me Céline Lorenzon à l’unison. Il a repris une activité professionnelle que l'avocate ne veut pas préciser "pour ne pas qu'il perde" son emploi. Sa photo aurait été si peu publique que son employeur ne l’a pas identifié !...
  • Nous avons le plaisir de vous faire savoir que Nadia Merimi a repris son métier d'infirmière : ce serait pourtant un comble qu’elle exercçât en milieu scolaire.
  • Si vous êtes enclin à plaindre le logisticien Alain Péligat, soyez rassuré : il a les moyens de s'accorder une année sabbatique, probablement avec le soutien d’un réseau, mais pas ceux d’indemniser les victimes. Sur le sujet, Me Guidicelli reste sans voix.
  • Nous sommes heureux d’apprendre que le docteur Philippe van Winkelberg exerce à nouveau, mais dans son cas, comme dans les autres, la réalité concrète est aussitôt assortie d’un élément subjectif incontrôlable : il "éprouve des difficultés à se reconstruire, il a été couvert d'opprobre", note encore Me Guidicelli, dont la technique ne varie pas.
  • Dominique Aubry "a repris sa vie, pompier dans le sud de la France. Parfois les gens le reconnaissent, ça le replonge dans cette histoire douloureuse", confie son avocat Me Olivier Desandre-Navarre. Ils sont donc reconnaissables, sauf Eric Breteau, le plus médiatisé de la bande.

    Les accusés se serrent les coudes
    Un an après, les membres de l'expédition restent "unis comme les doigts d'une main", insiste Me Guidicelli. Mais pour son avocat, Dominique Aubry, bien que logisticien, est toutefois "amer" vis-à-vis d'Eric Breteau: "il s'est rendu compte qu'il n'avait pas toutes les informations qu'il aurait dû avoir" sur les conditions et la finalité de l'opération. Le front se fissure.
    Des éléments auxquels la justice française doit encore répondre.

  • Et les familles françaises adoptantes ?