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mardi 3 juin 2014

Tribune: La droite et la défense de l'ordre naturel

De l'ordre naturel en économie, social et politique

L'éternelle querelle des Anciens et des Modernes

Il y a une autre façon d'être conservateur, plus subtile et plus féconde, que de défendre une marche du monde prétendument sacré et immuable.

Le débat sur le mariage homosexuel (sur lequel je me suis déjà exprimé) conduit à exacerber le clivage entre la droite et la gauche quant à leurs visions respectives de la société [un stratagème de la majorité présidentielle qu'on avait-dit productif en termes de fracture, jusqu'aux municipales et aux européennes qui ont sévèrement sanctionné les gauches].

En première approximation, c'est une opposition entre une approche conservatrice, qui passe par la défense d'un ordre naturel, et une approche progressiste, selon laquelle la société doit au contraire s'émanciper de ce déterminisme naturel. Elle dépasse largement les seules questions de société comme le mariage pour tous ou l'euthanasie et concerne les différents débats économiques, sociaux et politiques. C'est ce qui rend son analyse particulièrement intéressante.

Le paysage médiatique et le politiquement correct sont à ce point imprégnés par le progressisme que ce débat est censé ne pas faire débat, pour reprendre la formule du regretté Philippe Muray. En effet, il y aurait un sens de l'Histoire, une émancipation progressive de l'Humanité qui quitterait progressivement sa condition naturelle pour s'élever vers le progrès humain, fruit de son génie propre. Le passage de l'ombre à la lumière en quelque sorte. Selon cette vision, les conservateurs sont identifiés aux réactionnaires comme des empêcheurs de réaliser la destinée humaine.

Il s'agit là d'une caricature du conservatisme qu'il convient de dénoncer avec force. Contrairement au réactionnaire, le conservateur ne refuse pas l'idée de progrès humain, mais il croit que ce progrès ne va pas de soi, qu'il n'est pas écrit à l'avance et il est donc enclin à considérer le passé avec humilité et intérêt.

Ce n'est pas un culte du bon vieux temps

Non pas que le passé serait, par essence, meilleur que le présent, mais parce que ce qui nous parvient du passé aujourd'hui [en résistant au temps] a été sélectionné: les grands auteurs, les grands enseignements historiques, les grandes lois de la science, les grands principes d'organisation sociale. C'est ce passé "sélectionné" [plus fort que le temps] qui est digne d'intérêt, qui nous oblige et qui doit nous aider à déceler, au sein de la modernité, ce qui a de la valeur et ce qui n'en a pas.

Incontestablement, il y a donc à droite la défense d'un ordre hérité du passé qui, s'il n'est pas figé, ne peut évoluer que lentement et avec discernement. Le caractère "révolutionnaire" du libéralisme qui s'est imposé à droite depuis les années 1980 est en ce sens un choc trop souvent sous-estimé et qui pourrait à terme constituer un péril.

Reste à savoir si cet ordre que la droite cherche à défendre est issu, ou pas, d'un ordre naturel.

Il y a, c'est incontestable, une partie de la droite pour qui l'ordre social découle de l'ordre naturel qui découle lui-même de l'ordre divin. Cette vision de la société, qui est assez indissociable de la prédominance de la religion catholique en France au cours des décennies et siècles passés, est en déclin progressif, malgré certains regains de vigueur [sous-estimé par les gauches] comme aujourd'hui avec la mobilisation contre le mariage et l'adoption homosexuels.

La progression des idées du protestantisme

En effet, la société continue à se laïciser et le catholicisme lui-même ne cesse d'être gagné par les idées du protestantisme: l'individualisme libéral, hérité des révolutions cartésienne et luthérienne, gagne peu à peu les consciences et exerce son esprit critique chaque jour plus aiguisé contre un ordre du monde prétendument sacré et immuable.

Si les progressistes sont si sûrs de leur fait, c'est parce qu'ils ne savent (ou ne veulent) voir que cette tendance strictement naturaliste dans la droite conservatrice. Ils se complaisent dans ce dialogue de sourds avec des catholiques réactionnaires. Mais il y a une autre façon d'être conservateur, plus subtile et plus féconde.

Il faut pour cela partir du fait que la société est un système complexe, comme peuvent l'être les systèmes naturels étudiés par la thermodynamique, la chimie, la biologie ou encore l'écologie. Par système complexe il faut comprendre système composé de multiples entités imbriquées avec des interactions et des rétroactions permanentes entre les différentes échelles.

On peut se référer à l'ordre naturel sans être réactionnaire

Ces systèmes échappent assez largement à l'analyse réductionniste cartésienne qui nous permet de comprendre les systèmes simples: impossible de décomposer un problème compliqué en plusieurs problèmes simples ou d'aboutir à une interprétation causale univoque. Ces systèmes partagent entre eux des caractéristiques communes comme une capacité spontanée d'évolution dans le temps, une lutte permanente contre l'entropie ou encore l'émergence de propriétés au niveau macroscopique qui ne sont pas "souhaitées" au niveau microscopique.

Dès lors que la société partage ces caractéristiques avec des systèmes naturels complexes, il est légitime que des modes d'analyse communs soient utilisés. La droite est donc parfaitement fondée à se référer à l'ordre naturel et à mettre en exergue des analogies entre ordre social et ordre naturel, sans que cela ne la range du côté réactionnaire pour autant.

Il s'agit simplement de reconnaître que la complexité du monde appelle la politique à une bonne dose d'humilité et que l'observation de systèmes complexes, fussent-ils naturels, pour résoudre des problèmes similaires (auto-organisation, échanges avec l'extérieur, transmission de l'information...) est digne d'intérêt.

Une telle approche n'a rien à voir avec des doctrines dangereuses comme celle du darwinisme social, qui s'appuient le plus souvent sur une profonde méconnaissance de la théorie de l'évolution et réduisent l'être humain à sa composante biologique, mettant de côté les composantes culturelles et sociales.

Souvenons-nous que l'homme est doué de libre-arbitre

Car s'il y a bien une spécificité des systèmes complexes sociaux, c'est que leurs constituants de base, les individus, sont doués de libre-arbitre. On peut même penser que la liberté joue sur le plan politique le rôle que le hasard joue dans les systèmes naturels : il est cet élément perturbateur qui vient faire évoluer l'ordre existant, cette irruption créatrice du présent dans le passé.

C'est donc l'alliance de l'ordre et de la liberté, par analogie avec les systèmes complexes naturels, qui doit être à la base de la doctrine de la droite. Cette approche consiste à refuser une dichotomie de la droite en une composante conservatrice et une composante libérale qui ne mène à rien.

En effet, l'ordre sans la liberté, c'est le risque de l'autoritarisme, de la fermeture et de la stagnation, tandis que la liberté sans l'ordre c'est le risque de l'anarchie, de l'absence totale de régulation ou de l'individualisme triomphant.

Ordre et liberté forment donc un couple dialectique pour la droite, qui joue un rôle similaire au couple égalité/progrès pour la gauche. Ces deux visions de la société sont légitimes: il n'y a pas l'ombre d'un côté et la lumière de l'autre.

Vincent Le Biez, secrétaire national de l'UMP et secrétaire général du mouvement Droit au Cœur.
Tribune publiée par Slate, le le 23/01/2013

mardi 6 septembre 2011

Pétition - Dites NON à la théorie du genre dans les manuels scolaires

Avec les Jeunes Indépendants du CNIP

A l'occasion de la rentrée scolaire, les manuels de Sciences et Vie de la Terre (SVT)de première font une place à la théorie du 'gender', ou du genre, importée des Etats-Unis.

Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme des pratiquants de certaines formes de sexualités qui peuvent être : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels ou encore transsexuels...

Il apparaît invraisemblable de voir figurer dans un manuel de SVT Hachette la phrase suivante:
« Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin ».

Les Jeunes CNIP luttent contre cette introduction idéologique dangereuse dans l'Enseignement et exigent son retrait immédiat de tous programmes scolaires.





PETITION

Participez
I C I

jeudi 7 juillet 2011

Polémique: le premier président métis américain en singe


La création iconoclaste dérange parfois les plus progressistes...
Campagne 2008: en Californie un T-shirt parodie Obama en singe
" Georges Le Petit Curieux " ne fait plus rire les bobos
Le propriétaire américain d'un bar en Géorgie a eu l'idée de réaliser et de commercialiser un tee-shirt à l'effigie du singe "Curious George" mangeant une banane, le tout sous-titré "Obama in 08".
Ce personnage de dessin animé, connu en France sous le nom de "Georges Le Petit Curieux" ( voir une vidéo ), l'un des plus populaires de la télévision publique américaine, a été créé par deux Américains de la région de Boston.

Mike Norman, à l'origine de la caricature, se défend d'être raciste.
Plaidant sa bonne foi, il met en avant la ressemblance entre Barack Obama et le petit singe du dessin animé. "Nous ne vivons plus dans les années 1940, argumente-t-il. Regardez-le. La coupe de cheveux, les oreilles... Il ressemble exactement à Curious George."

Sens de l''humour vs "stéréotype choquant et rabaissant"
Stéphane Guillon ou Didier Porte ne se seraient-il pas permis ?
Le 20 mai 2010, dans une de ses chroniques de France Inter, radio publique, Didier Porte avait courageusement prêté à D. de Villepin des propos insultants : " J’encule Sarkozy! j’encule Sarkozy, j’encule Sarkozy, il a pas de couilles ce connard !…", ce qui n'a évidemment rien de "choquant ni abaissant".
Seul l'homme blanc descend du singe...
"Représenter le président des Etats-Unis autrement que comme un être humain ne peut qu'être considéré comme raciste", déclare-t-elle dans un communiqué.
Et la liberté d'expression est à sens unique.
Le pastiche américain a déclenché un tollé et le spectre du racisme avait été une nouvelle fois instrumentalisé dans la campagne des primaires. Des manifestations avaient aussitôt été organisées devant le bar du fabricant pour dénoncer le caractère raciste de cette opération et exiger que le tee-shirt soit retiré de la vente. Pour Bill Nigut, directeur de la région sud-est de la Ligue anti-diffamation, il s'agit d'un "stéréotype choquant et rabaissant, utilisé pour insulter les Afro-Américains". Ce dernier a aussi appelé les citoyens américains à ne pas acheter le vêtement et à boycotter le bar.

La caricature a suscité la colère de l'éditeur des livres pour enfants mettant en scène le petit singe. "L'utilisation du personnage est offensante et absolument en dehors des valeurs représentées par Curious George", a déclaré le porte-parole de la maison d'édition. "Nous surveillons la situation de près et nous allons prendre en compte toutes les options possibles, y compris celle d'une action en justice", a poursuivi ce dernier.

L'animal politique n'est pourtant pas nouveau non plus aux Etats-Unis
La caricature de Barack Obama n'est pas sans rappeler en effet la compilation de montages photographiques du site Internet "Bush or Chimp", présentant George W. Bush sous toutes les coutures en singe.

La caricature d'Obama en singe provoque pourtant un scandale
Déjà le 21 juillet 2008, le dessin à la Une du New Yorker, spécialisé dans les caricatures, était limite: il représentait le couple Obama dans le salon oval avec la photo de Ben Laden au mur, le candidat Barack Hussein Obama, en islamiste en djellabah et sa femme Michelle "al-Qaïda", en terroriste, la kalachnikov à l'épaule, tandis que dans la cheminée brûle le drapeau américain.
Un autre dessin publié en Une du New York Post montre deux policiers qui ont abattu un chimpanzé. L'un d'eux déclare en regardant le cadavre de l'animal: "Ils vont devoir trouver quelqu'un d'autre pour écrire le prochaine plan de relance". Le singe incarne le Parti démocrate et singulièrement Barack Obama, initiateur du plan incriminé.
Plusieurs associations avaient appelé au boycott du journal américain. D'autant que le caricaturiste s'est fait un nom en attaquant l'homosexualité, notamment. Or, son dessin fait référence à l'actualité d'un chimpanzé violent qui avait dû être supprimé dans le Connecticut cette semaine-là. Une autre interprétation est tout aussi plausible: le plan de relance est si bête que même un singe aurait pu l'écrire.

La présence d'un métis à la Maison Blanche interdit-elle la caricature ?
Bien que le président élu soit pour moitié blanc et noir, toute critique est désormais interdite, car susceptible de devenir 100 pour cent raciale, voire raciste.
Le New York Times a publié le mardi 15 juillet 2008, un article de Bill Carter qui pose la question " Peut-on rire de Barack Obama ? " (source : Le Figaro). D'après le journaliste, il est difficile de plaisanter et de faire rire sur la personnalité de Barack Obama. Une barrière que Le Figaro analyse comme la crainte d'être taxé de racisme. "Si on ne peut pas être ironique en une du New Yorker, où peut-on l'être ?", estime Bill Maher qui officie sur HBO. Et Mike Sweeney (auteur de "Late Night") d'ajouter : "Nous faisons des blagues sur les gens de son entourage, mais pas vraiment sur lui" (Source : Le Figaro).

Dans leur inconscience, les récupérateurs socialistes français seraient, quant à eux, mal inspirés d'enfourcher le cheval du racisme sur des caricatures et montages dont ils ont la pratique vertueuse, sans en avoir eu l'idée.

La censure "politiquement correcte" pointe son museau
The New Yorker a tenté de faire comprendre que la caricature n'est pas "une satire des Obama mais des rumeurs et des mensonges à leur encontre". Le magazine explique dans un communiqué que cette caricature entendait dénoncer la "campagne de peur et de désinformation" menée par l'extrême droite contre le sénateur de l'Illinois.
Le rédacteur en chef du New Yorker, David Remnick, explique son choix éditorial : "Notre idée était de nous en prendre aux mensonges, aux idées erronées et aux distorsions concernant le couple Obama". "Nous avons tous entendu ces contre-vérités sur leur prétendu manque de patriotisme, leur faiblesse face au terrorisme... et nous avons tenté de mettre toutes ces images sur une couverture".

De nombreuses voix se sont également élevées en Californie pour exiger la démission d'une responsable républicaine qui a fait circuler un photomontage, dans lequel le visage du président Obama est surimposé sur la photo d'un bébé chimpanzé.
Alice Huffman, présidente de la NAACP, la principale organisation de défense des droits civiques des Noirs américains, a condamné la photo et demandé la démission de son auteur, Marilyn Davenport, membre du comité du parti républicain du comté d'Orange (sud de Los Angeles) et membre du courant ultra-conservateur "Tea Party".
Trois ans plus tard, les agences américaines de notation ne sont d'ailleurs pas loin de penser la même chose cette semaine pour le déficit inquiétant de la dette publique américaine.

Après l'agence de notation Standard & Poor's qui en avril 2011 plaçait l'administration Obama sous surveillance: lien Arrêt sur images
,
le 2 juin dernier, Moody's lança un avertissement au gouvernement Obama: lien Le Monde
L'Europe qui est toujours dépendante de la bonne santé de l'économie américaine est en droit de s'interroger sur la capacité d'Obama à contrôler ses dépenses pubiques.

Lien PaSiDupes associé

mercredi 30 décembre 2009

Gérard Mordillat, une référence de la laïcité de combat

Sectaire et donc obtuse, mais surtout destructrice

Ouvrier imprimeur né en 1949 à Belleville dans une famille qui a bénéficié des avantages sociaux de la SNCF, il a néanmoins toujours soutenu le PCF, et, aux élections européennes de 2009, le Front de gauche. Il est rapidement promu romancier et cinéaste français sur Arte. Le stalinisme, le maoïsme et les khmers rouges ou les dictatures de Corée du Nord, du Soudan ou du Népal, ne troublent pas plus ses certitudes que son sommeil.

Un laïc enragé

ARTE, la chaîne de télévision franco-allemande, lui fait confiance, ainsi qu'à Jérôme Prieur, pour s'en prendre à l'Eglise dans des séries télévisées, ainsi que de trois essais, Jésus contre Jésus, Jésus après Jésus et Jésus sans Jésus. Une obsession ! “Notre but est de raconter comment une petite secte juive est devenue une religion d’Etat

Ainsi, Gérard Mordillat s'attaque aux Eglises chrétiennes, toutes autant qu'elles sont, et en particulier des lobbies catholiques. Mais il n'a pas un mot pour dénoncer les offensives de l’islam, pour le port du voile et la sujétion des femmes, la nécessité d’« accommodements raisonnables » dans les écoles, les entreprises et les hôpitaux, les lobbies musulmans pour faire financer les lieux de cultes (avec une réussite certaine sur Lille ou Lyon, à Decines, par exemple) ou les manifestations par l’argent public, les prières sur la voie publique, etc., bref toutes ces attaques contre la laïcité bien plus nombreuses et visibles que celles des catholiques ou autres fondamentalistes chrétiens minoritaires, voire marginaux et fort peu prosélytes.

Quand le très sectaire Gérard Mordillat cite les créationnistes, il y voit là encore le « soutien des Eglises », mais sa perspicacité ne va pas jusqu'à noter que la plupart des élèves qui contestent le darwinisme dans les écoles sont musulmans et non chrétiens.
Quand on lui demande de se positionner dans la « querelle sur les racines chrétiennes de l’Europe », il répond : « L’Europe n’a pas que des racines chrétiennes, la philosophie grecque, la sagesse juive, l’islam -sans qu'on sache pour quel apport-, pour ne parler que d’évidences, sont autant constitutives de l’Europe que la chrétienté. » Ainsi, l'islam, selon lui, est partie intégrante de notre identité nationale.

En somme
Mordillat est sur la même ligne que, d'une part, Jean-Luc Mélenchon, qui avait réussi l’exploit, en 80 minutes, de défendre la laïcité sans aborder l’islam et, d'autre part, de Marie-George Buffet qui avait voté contre la loi sur les signes religieux à l’école, et qui fait pourtant profession de « laïcité ouverte », dont on voit bien la différence avec la « laïcité positive » de Sarkozy.
Avec des « laïcs » comme Gérard Mordillat, les soldats de l’islam politique ont un avenir radieux : ils pourront se prévaloir de radicelles européennes consécutives à des invasions, dont nous portons le « devoir de mémoire », à la différence de Gérard Mordillat -et de bien d’autres candidats du Front de Gauche- qui dirigent leurs offensives contre la laïcité, la République et l’Europe.

Sinon, il se livre à une dénonciation en règle du capitalisme

« Ceux qui sont responsables des situations sociales catastrophiques doivent être mis devant leurs responsabilités. Ce sont eux qui doivent avoir peur, désormais. »

Les collectifs du 29 mai

Il est de ceux qui ont appelé à l’insurrection sur la base de l’article 35 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 1793, celle correspondant à la sanglante période bénie de la Terreur et qui dit: « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

Ils désignent les réseaux constitués à l'origine par l'appel des 200, signé par de nombreuses personnalités de gauche, des trotskistes de la LCR (NPA) jusqu'à des dirigeants du PS et des Verts, du monde syndical et d'associations les plus radicales. Ils ont animé la campagne pour le « non » au Traité constitutionnel européen (TCE). Ensuite, les collectifs ont tenté de prolonger la dynamique en combattant le néolibéralisme mondialisé et de s'opposer à l'adoption du TCE sous certaines conditions.
Les collectifs du 29 Mai ont aussi organisé une campagne d'explications contre la directive Bolkestein et pour une autre Europe, ainsi que de nombreuses initiatives locales.
En 2007, une partie des collectifs unitaires ont choisi de soutenir la candidature de José Bové à l'élection présidentielle.

samedi 21 février 2009

Darwin perd son sens de l’humour quand Obama fait le singe


L’homme descend du singe, sauf s’il est noir…

La liberté d’expression n’est pas libre

L’ambiguïté de la gauche française va trouver ici à s’exprimer librement.

Elle est capable à la fois de se lever pour soutenir les caricatures de Mahomet aux doux noms de liberté et de laïcité et de donner libre cours à la discrimination du physique de son Président, puisque les hypocrites dépassent les bornes et ne le disent pas même "verticalement défavorisé". Va-t-elle donc rester bravement aveugle et muette ou, en toute cohérence idéologique, réussir la quadrature du cercle en interdisant le dessin humoristique à caractère racial mais en vantant l’insolence de l’humoriste politique ?

La presse peut parfois rester neutre…

Le journal Le Monde ne prend pas parti. A preuve historique, cet article du 19 février2009, dont voici l’intégralité.
« Barack Obama n'a pas prêté serment depuis un mois qu'un tabloïd américain dérape. Le New York Post a déclenché une polémique en publiant, mercredi 18 février, une caricature d'un de ses dessinateurs vedettes, Sean Delonas, suggérant que le plan de relance de l'économie aurait été préparé par un singe.
Le dessin représente un policier qui vient d'abattre un singe et dit à son collègue: 'Ils vont devoir trouver quelqu'un d'autre pour rédiger le prochain plan de relance.' Le dessin fait référence à un chimpanzé tué lundi dans la ville de Stamford, dans le Connecticut, après qu'il eut gravement blessé une femme.
Le révérend Al Sharpton, militant des droits de l'homme et président de l'association Réseau national d'action, s'interroge sur une éventuelle référence raciste au président Barack Obama. 'La caricature publiée dans le New York Post pose problème parce que dans l'histoire des attaques racistes contre les Noirs américains, ils ont souvent été comparés à des singes', proteste dans un communiqué le révérend Sharpton.

'Le plan de relance est la première victoire législative du président Barack Obama, premier président américain noir, et il lui restera associé. Est-ce que la vignette insinue que le plan a été rédigé par un singe?', poursuit Al Sharpton, rappelant que le dessinateur du Post a déjà été accusé de racisme. Le gouverneur de l'Etat de New York, David Patterson estime que le New York Post devrait expliquer ce qu'il a essayé de dire dans sa caricature, relève le New York Times. Le site Gawker s'attarde sur le passif du caricaturiste, en publiant une sélection de dix de ses 'oeuvres' les plus représentatives. Sur CNN, Barbara Ciara, présidente de la National Association of Black Journalists, estime que le journal a fait preuve d'un 'sérieux manque de discernement' en publiant cette caricature.

Dans un communiqué, la rédaction en chef du Post quotidien qui appartient au magnat de la presse Rupert Murdoch a défendu le dessin. 'Il s'agit d'une parodie d'actualité, avec un dessin représentant l'abattage d'un chimpanzé violent dans le Connectitut, et l'auteur se moque d'une manière générale des efforts de Washington pour ranimer l'économie', a estimé le quotidien, qui a accusé le révérend Sharpton 'd'opportunisme'. »

Faut-il tuer Darwin ?

Les mécréants ont sanctifié le naturaliste anglais Charles Darwin (1809-1882) pour ses théories sur l'évolution des espèces vivantes.
Sa théorie de la sélection naturelle (Sur l'Origine des Espèces au moyen de la Sélection Naturelle, ou la Préservation des Races les meilleures dans la Lutte pour la Vie) annonce la suite et est exposée de façon simple dans l'introduction :
« Comme il naît beaucoup plus d'individus de chaque espèce qu'il n'en peut survivre, et que, par conséquent, il se produit souvent une lutte pour la vie, il s'ensuit que tout être, s'il varie, même légèrement, d'une manière qui lui est profitable, dans les conditions complexes et quelquefois variables de la vie, aura une meilleure chance pour survivre et ainsi se retrouvera choisi d'une façon naturelle. En raison du principe dominant de l'hérédité, toute variété ainsi choisie aura tendance à se multiplier sous sa forme nouvelle et modifiée »
Elle fut fort discutée parmi les idolâtres de la Science, voire dénigrée, particulièrement dans les communautés religieuse et scientifique.

A la différence de Lamarck qui s’en prend à l’origine de l’homme, Darwin ne parle pas des origines de l'homme dans L’Origine des espèces. Il estime cependant dans La Filiation de l'Homme, qu'en dépit de toutes les « qualités nobles » de l'humanité et des « pouvoirs qu'elle avait développés […] l'homme porte toujours dans sa constitution physique le sceau ineffaçable de son humble origine »
L’homme n’a pas été créé par Dieu, mais appartient au règne animal : l’homme descend du singe.

Où en sommes-nous ?

L’homme descend du singe;
or, Obama n’est pas un singe;
donc Obama n’est pas un homme.

Où allons-nous ?

À la suite de la publication par Darwin de L'Origine, son cousin Francis Galton appliqua ses conceptions à la société humaine et commença en 1865 à promouvoir l'idée de « l'amélioration héréditaire », qu'il élabora de façon détaillée en 1869. Dans La Filiation de l'homme, Darwin convint que Galton avait démontré qu'il était probable que le « talent » et le « génie » chez l'homme étaient héréditaires, écartant toutefois comme trop utopiques les changements sociaux que proposait Galton. Ni Galton, ni Darwin ne soutenait une intervention gouvernementale et ils pensaient que, tout au plus, l'hérédité devrait être prise en considération par les individus dans la recherche de partenaires.
Mais, en 1883, après la mort de Darwin, Galton commença à appeler eugénisme sa philosophie sociale. Au XXe siècle, les mouvements eugénistes devinrent populaires dans un certain nombre de pays et participèrent aux programmes de contrôle de la reproduction tels que les lois de stérilisations contraintes. Par la suite, celles-ci furent mal vues du fait de leur usage par la rhétorique de l'Allemagne nazie dans ses objectifs de « pureté » raciale.

On est mal ?