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jeudi 2 avril 2020

Gestion de la crise sanitaire: Macron refuse la critique

Le parvenu politique juge "irresponsables" ceux qui critiquent sa gestion de la crise

Le président de la République a polémiqué avec ceux qui s'en prennent à la manière dont le gouvernement gère l'épidémie

Le quadra hypochondriaque s'est aventuré à moins de 300 kilomètres de son palais parisien et par convoi sanitaire.
Croyait-il aller à Saint-Barth, Petites-Antilles ? Il s'est en fait retrouvé à Saint-Barthélemy d’Anjou, commune rurale de 9.000 habitants dans le Maine-et-Loire, plutôt que dans l'agglomération la plus proche, Angers (LR). Il s'est exprimé dans une usine de production de masques pendant que son coffre de voiture, comme ceux de sa suite, étaient chargés de masques. 

Le 28 mars, le ministre de la Santé Olivier Véran confirmait une commande massive de masques à des industriels chinois, portant sur plus d’un milliard d’unités. Un pont aérien sera mis en place pour acheminer ces masques. Après une première livraison de 8,5 millions de masques, le 30 mars, une nouvelle est attendue le 1er avril : lien PaSidupes. Depuis un décret paru le 3 mars, l’Etat a aussi ordonné la réquisition de masques chirurgicaux et FFP2 auprès des distributeurs et des quatre producteurs en France.

En Anjou, Kolmi-Hopen, 102 salariés, est l'une de ces sociétés qui ont accéléré leur fabrication de masques de protection FFP2 et chirurgicaux pour les soignants en première ligne contre le virus. L'objectif est de "produire plus sur le sol national pour réduire notre dépendance et nous équiper dans la durée," a déclaré le chef de l'Etat, à la stupéfaction générale.

On retiendra aussi de cette apparition que
le président de la République s'est encore plaint. 

Ce mardi 31 mars, il a dénoncé ceux qui s'en prennent déjà à sa gestion de la crise du coronavirus, arguant que le combat contre l'épidémie est encore loin d'être gagné. Il a qualifié ses détracteurs d’“irresponsables”.

“Quand on mène une bataille, on doit être unis pour la gagner," a-t-il chouiné. Et je pense que toutes celles et ceux qui cherchent déjà à faire des procès, alors que nous n’avons pas gagné la guerre, sont irresponsables”, a déclaré le président à Saint-Barthélemy d’Anjou, dans le Maine-et-Loire. 

"Le temps viendra" de "la transparence complète", a-t-il ajouté, appelant "d’abord à la dignité et à l’esprit de responsabilité celles et ceux qui construisent des certitudes avec les connaissances d’aujourd’hui quand ça n’était pas celles d’hier".

Des plaintes qui seront étudiées après le pic de la crise

Plusieurs plaintes contre l'exécutif ont été déposées, soit auprès de la Cour de justice de la République, qui juge les ministres dans l'exercice de leurs fonctions, soit auprès de procureurs, notamment pour “mise en danger de la vie d’autrui”.
Cinq nouvelles plaintes concernant l'épidémie de coronavirus ont été déposées à la Cour de justice de la République, a appris RTL ce mercredi 1er avril. D’après une source judiciaire, l’une d’elle, déposée par l’avocate Khadija Aoudia, émane de 33 détenus et vise Edouard Philippe et Nicole Belloubet pour non assistance à personne en danger.
Annoncée la semaine dernière par l’avocat Nabil Boudi, une autre émane d’un patient malade et vise Edouard Philippe et Agnès Buzyn.
La troisième est déposée par
la famille d’un patient malade et vise Olivier Véran et Agnès Buzyn. Un particulier a également déposé plainte contre tous les ministres qui siègent au Conseil de défense (Christophe Castaner, Jean-Yves Le Drian, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, Edouard Philippe, Florence Parly).
Enfin, une association a déposé plainte
contre le Premier ministre et Agnès Buzyn.
La Cour de justice a reçu à ce jour onze plaintes visant des membres ou des ex-membres du gouvernement pour leur gestion de l’épidémie de Covid-19. Elles ont été transmises pour avis à la Commissions des requêtes qui devra dire pour chacune si une instruction doit être ouverte.
Celui de Paris, Rémy Heitz, a raconté ce mardi en avoir ainsi reçu "presque une dizaine", notamment de collectifs ou d’élus, et qu’elles seraient traitées une fois passé "le pic de la crise" sanitaire, priorité étant donnée dans l’immédiat aux urgences judiciaires. 

dimanche 13 janvier 2019

Interpellé par un homme dans la rue, Jean-Michel Aphatie réagit par l'esquive

Pour sa défense, le journaliste réquisitionne son outil de travail 

"J'ai gardé mon calme parce que j'ai compris qu'il y avait un enjeu"


Une vidéo met en cause le parti-pris d'Aphatie. Interpellé lundi par un homme se présentant comme un "journaliste gilet jaune", Jean-Michel Aphatie a mis à contribution Europe 1 vendredi matin.
Dans cette vidéo mise en ligne sur Youtube lundi 7 janvier et intitulée "Aphatie journaliste millionnaire anti 'gilet jaune' ", le véhément éditorialiste d'Europe 1 est interpellé dans la rue par un confrère se présentant justement comme un 'gilet jaune'. Dans cet échange qui dure six minutes, le sexagénaire est invité à  répondre à des "questions" portant sur le choix des thèmes de ses chroniques, sur son traitement journalistique du mouvement des "gilets jaunes" par Europe 1, mais aussi sur un supposé appartement dans le 16e arrondissement de Paris qu'il posséderait et sur de prétendus "millions" qu'il aurait sur son compte en banque.

VOIR et ENTENDRE le désinvolte Aphatie gardant le calme du journaliste nassé mais maître-ès-tolérance: 


Sur la radio de son employeur, Aphatie se plaint que les conditions d'une discussion sereine n'ont pas été réunies.
"J'avais envie d'expliquer à cette personne qui m'interrogeait la manière dont on travaille. Et j'avais envie de le dissuader de l'idée - même si je savais que c'était inutile - que les journalistes en France ne sont pas au service du pouvoir et des puissants, mais qu'on essaie de raconter les choses telles qu'elles sont, telles qu'on les voit. Je n'ai donc pas ressenti personnellement cela comme une agression, plutôt comme un questionnement," déclare d'abord l'ingénu. 
"Mais j'ai bien compris, et je sais aujourd'hui, que ce questionnement est chargé de haine, que c'est un questionnement intolérant, que c'est ce questionnement-là qui amène des gens, ailleurs, à agresser des journalistes pendant des manifestations des 'gilets jaunes', ajoute-t-il, espérant la mettre à l'envers aux auditeurs. Je sais que l'homme qui me posait ces questions, qui ne m'agressait pas moi, est un homme menaçant par l'idéologie qu'il véhicule et qu'il faut casser évidemment."
"Si je suis parvenu à garder mon calme, c'est précisément pour ça. Parce que je sais qu'il y a un enjeu dans toutes ces situations. L'enjeu, c'est de parvenir à expliquer ce que sont les journalistes en France, c'est-à-dire des professionnels honnêtes au service de l'actualité, et pas d'intérêts privés", raconte Aphatie, inconscient de ses propres dérives ou de mauvaise foi. Assuré du soutien solidaire de la profession, il poursuit : "Il faut expliquer ce qu'est le journalisme. Moi, j'aime faire ça parce que j'aime ce métier. Je considère dans cette période, encore davantage que dans d'autres, que c'est important de le faire." La tendance actuelle en macronie est à la pédagogie : l'élite auto-proclamée des "sachants", décrypteuse et manipulatrice,  fait la leçon aux "gueux" "illettrés", fainéants et "factieux", depuis les salles de rédaction, à l'instar de l'Elysée. Et les uns comme l'autre récoltent ce qu'ils ont semé, l'exécration générale et les coups.

"J'ai donc gardé mon calme,
ressasse Aphatie, parce que sans doute, sans trop y réfléchir d'ailleurs, j'ai compris qu'il y avait un enjeu dans cette rencontre. L'enjeu, c'est de dissiper toutes les idées haineuses que des responsables politiques ou d'autres journalistes ont instillées depuis des années. '9 milliardaires possèdent les médias ! On vous ment ! On ne vous informe pas ! On vous désinforme !' Ça donne ça ! Ça donne des postures extrêmement agressives dont souffrent des journalistes quand ils couvrent des manifestations de 'gilets jaunes' [Mais pas seulement. Et depuis "30 ans", comme ils disent par ailleurs]. Certains ont dû être extraits de manifestations par des gardes du corps parce que c'était leur vie qui était en jeu [parano ?], ou du moins leur intégrité physique [le sexagénaire -qui se rêvait intouchable- a repris ses esprits]. En France, du fait de Français [Aphatie feint d'ignorer que nombre de ces Français-là sont aussi bien des 'black bloc' venus de l'étranger]. C'est énorme tout de même !" 

.@jmaphatie est resté calme face au "journaliste #GiletsJaunes" qui l'a pris à partie dans la rue.
👉 "Il n'était pas physiquement menaçant. Il était verbalement très agressif mais j'ai compris que mon corps n'était pas en danger." @MA2TBE2L #Europe1 pic.twitter.com/pqGhlxMgGg
— Europe 1 📻 (@Europe1) 11 janvier 2019

Par gros temps
(et en prenant de l'âge, 60 ans), le Basque intolérant se fait modeste.
"A ma petite place, parce que moi je n'ai pas été menacé, j'essayais de porter tout ça [toute la misère du monde des nantis de la presse, avec battement fiscal de 7.650 euros : combien de fois le SMIC ?]. Les journalistes font un travail sincère, d'informer les gens.

[Tentatives de banalisation] entendu(es) sur Europe 1 :
Image illustrative de l’article Jean-Michel Aphatie
Les agressions de journalistes sont le symptôme d'une méfiance importante de beaucoup de citoyens vis-à-vis de tous les modes de représentation, que ce soit des responsables politiques, des intellectuels, des journalistes… Que la méfiance soit là, c'est un fait. Mais il faut que chacun ait la responsabilité de traiter ces sentiments de méfiance sans agressivité. On ne peut pas entrer, et on y est presque, dans une logique de guerre civile.

Il n'y a pas des Français supérieurs parce que souffrant dans leur vie quotidienne, et des Français inférieurs, à la citoyenneté réduite, parce qu'ils sont au service d'intérêts privés, d'intérêts minoritaires 
[Ni de Français supérieurs parce qu'ils n'ont pas le souci des fins de mois]. Ça ne peut pas exister. Nous sommes entrés dans cette logique et il faut la casser [Aphatie, agitateur et casseur !]. Il faut évoquer tous les problèmes qui se posent, mais savoir le faire en étant respectueux les uns des autres. Et on commence à s'éloigner de cette règle simple et indispensable à la vie sociale.

Je n'avais pas imaginé en mettant cette vidéo hier [7 janvier] en ligne qu'elle aurait cet impact.
Mais si elle permet de réfléchir un petit peu à la manière dont nous devons vivre les uns et les autres - s'interpeller, nous rendre compte de notre travail - et à permettre ce dialogue, ce sera utile.
Le bon homme n'est en rien conscient, ni de ses propres comportements, ni de ceux de la presse.

mardi 24 février 2015

Depuis Princeton, Montebourg continue de "dénigrer" l'exécutif socialiste

L'ancien ministre fustige une loi Macron "sans courage"...

Celui qui fait chuter les miroirs à sa seule vue n'est pas totalement remis de son "problème d'image
"

Comment pouvait retenir cet énorme miroir
dans sa chute?
Sept ans de malheur et une belle frayeur. Alors que, vers 10h00, il petit-déjeunait dans un restaurant new yorkais, Arnaud Montebourg a eu son ego flatté. La presse française raconte qu'un miroir géant qui ornait le plafond du Balthazar, brasserie française et rendez-vous branché de SoHo, s’est détaché, avant de se briser "sur la tête" de l’ancien ministre de l’Economie, "évacué sur une civière"... Mais la version du New York Post diverge sensiblement. 
 On le voit, le miroir n'est pas tombé 
au sol: il a été retenu par les tables 

Si le quotidien assure que, selon une Française, Aurélie Filippetti, probablement, le ministre limogé se serait comporté en véritable "Superman" pour dégager des clients prisonniers, il rapporte aussi que Nono-le-héros n'a pas retenu la glace monumentale et n'a fait qu'aider à la soulever. Le journal américain précise enfin qu'un témoin l'a entendu jurer abondamment et dire en français que "c'était un putain de cauchemar".

La bête de foire a suscité l'intérêt d'une petite centaine de curieux, des étudiants américains et français  de l'université de Princeton, dans le New Jersey, lors d'une conférence lundi soir.  L'ancien ministre dit du Redressement productif a saisi l'occasion pour critiquer la politique menée par François Hollande et Manuel Valls.



"C'est le Front National au bout du chemin".
 

Non pas que le FN se soit rendu coupable de cet attentat...
Dans un couloir de Princeton, Arnaud Montebourg s'est épanché auprès des journalistes, dont la correspondante d'Europe 1. "Si on continue sur cette politique suicidaire, nous finirons le quinquennat avec 800.000 chômeurs de plus. Donc, c'est le Front National au bout du chemin. Voilà ce qui se prépare. Donc je ne peux pas rester silencieux", a lâché l'ancien ministre.

Le "frondeur" a alors frontalement interpellé ses ex-camarades du gouvernement 
"Ici, à Princeton, je lance un appel solennel aux dirigeants politiques européens, au président de la République, au Premier ministre, de cesser leurs erreurs".

"Arrêter ces politiques d'austérité suicidaires". 
Dans l'amphithéâtre, Arnaud Montebourg a poursuivi son réquisitoire, mais en anglais, cette fois : "tout le monde dit que l'on doit arrêter ces politiques d'austérité suicidaires", a-t-il martelé, convoquant à l'appui de son agression les récents prix Nobel d'économie qui, eux, auraient compris - s'ils lui arrivent à la cheville, si enflée soit-elle - ce qu'il tente en vain de faire entrer dans le crâne de l'exécutif depuis des mois. Les étudiants n'ont donc pas eu droit à leur cours mais à un discours franco-français pour le micro de la radio hexagonale.  

La loi Macron est "trop atténuée, sans courage". 
Arnaud Montebourg ne reconnaît pas son enfant: il est en effet à l'origine de cette loi fourre-tout dénaturée par les amendements parlementaires. Dans son dos, il fait défiler les graphiques tout en continuant à tacler le gouvernement quand il tente d'expliquer la loi Macron à son auditoire, "une loi trop atténuée, sans courage", pâle copie de ce qu'il avait imaginé quand il était en fonction. Une démonstration qui n'a ni vraiment convaincu, ni même intéressé  les étudiants.

"Il n'y a rien dans son discours ! 
C'est juste une comparaison d'économie. A aucun moment il n'a évoqué les solutions que l'Europe devrait prendre" pour sortir de la crise dans laquelle elle est engluée, a regretté Paul Gautier au micro d'Europe 1. Les réponses à la prochaine conférence ? Conférence de presse...

mardi 9 décembre 2014

Claude Allègre: le président "a mis la France par terre": c'est du 'Hollande bashing' !

Est-il interdit de critiquer le pouvoir socialiste ?

Allègre s'est tu pendant deux ans, mais il parle en cas d'urgence


"Il n'a pas la posture de président, souligne ce proche de Jospin. Il faut tout changer. Il a mis la France par terre", affirme Claude Allègre, qui est tout sauf un courtisan. Remis d'une grave crise cardiaque, le 18 janvier 2013, en pleine conférence au Chili, Claude Allègre, ancien ministre de l'Éducation nationale de Lionel Jospin, va visiblement mieux.

Il "piétine" littéralement François Hollande, déclare-t-il sur RTL dans l'émission de Marc-Olivier Fogiel "Je suis très déçu par ce qu'il fait. C'est simplement qu'il a mis la France par terre, la France qui ne se portait pas si mal", souligne-t-il d'emblée, avant de préciser sa pensée : "Il a fait des tas de choses, il a augmenté les impôts et puis il a surtout manqué de leadership. On ne voit pas de capitaine dans le bateau."

Hollande n'est pas à la hauteur et il est mal encadré


Lorsqu'on lui demande le conseil qu'il donnerait au président de la République, sa sentence tombe aussi tranchante qu'une guillotine : "De changer du tout au toutd'abord de changer son Premier ministre et puis de changer son équipe.
Allègre dénonce aussi son comportement. "Il est mal entouré et, deuxièmement, il se mêle de tout." "Non, il n'a pas une posture de président, " conclut-il au moment où le chef de l'État tente de se "re-présidentialiser" et de prendre un peu d'altitude...

Personnalité respectée

Très respecté par les jospinistes, Claude Allègre fut un poids lourd du gouvernement de cohabitation de 1997. Il jouit également d'une bonne réputation dans les milieux de l'enseignement et de la recherche. Après avoir hésité, il n'avait finalement pas fait partie des personnalités de gauche (comme Jean-Pierre Jouyet ou Bernard Kouchner) qui ont rejoint, au nom de l'ouverture, l'équipe de Nicolas Sarkozy en 2007. 
Claude Allègre est connu pour son ton libre et franc. Une nouvelle fois, il ne faillit pas à cette réputation. Son entretien est à écouter dans son intégralité dans RTL Soir.


dimanche 23 mars 2014

Liberté d'expression: la société Gaumont prive Le Figaro de projections presse

Liberté de la presse: la famille Seydoux sanctionne la critique

La société Gaumont interdirait ses projections presse à certains journalistes (photo d'illustration).
Les journalistes du quotidien ne sont plus invités à voir les films des distributeurs Gaumont et Pathé, en raison d'une trop grande sévérité

Les critiques sont des gens méchants.
Parfois, ils écrivent du mal des gentils films. Parfois, même, ils osent dire qu'ils ne sont pas tous des chefs-d'œuvre. Pire, ils ne soutiennent pas systématiquement les longs-métrages produits et distribués par les firmes Pathé ou Gaumont.

Ces sociétés françaises n'ont rien contre la critique française, pas du tout, du moment qu'elle tartine sur la qualité de leurs réalisations. Ou alors, quand elle ose émettre un avis défavorable, il faut que celui-ci ne se voie pas, qu'il reste dans son coin, caché en bas de page.


Les frères Seydoux règnent sur le cinéma français

Jérôme, 79 ans, est
président de Pathé, Nicolas, 74 ans, de Gaumont, et Michel, 66 ans, a produit notamment Cyrano de Bergerac. Le clan Seydoux-Fornier de Clausonne, issu de l'empire Schlumberger, d'abord active dans le textile et la recherche pétrolière, est une dynastie protestante issue, au XIXesiècle, du dernier chef du gouvernement de la monarchie de Juillet, François Guizot. 
Elle ne dit pas l'étendue de son influence et l'ampleur sa fortune, construite à partir de l'un des plus riches héritages de la bourgeoisie d'affaires, et on ne s'attend pas à ce qu'il soit proche du PS. D'ailleurs, Jérôme dit avoir voté Sarkozy, mais il est aussi l'actionnaire majoritaire du club de Lille racheté par Michel, ce qui suffirait à confirmer la règle que les grandes familles ne mettent pas leurs oeufs dans le même panier. 
Or, la saga des frères Seydoux débuta sous l'impulsion d'un homme étranger à la famille, Jean Riboud, grand ami de François Mitterrand. En 1975, Jérôme prend la direction du groupe. Michel quant à lui crée en 1971 sa première société de production, Camera One et, au Festival de Cannes, se lie avec Gérard Depardieu. Nicolas n'a rien d'un patron, mais il a deux amis passionnés par le 7e art, Daniel Toscan du Plantier, alors publicitaire chez Publicis, et le producteur Jean-Pierre Rassam qui le convainquent, en 1974, de racheter Gaumont à son frère Jérôme. 
En 1985, à l'instigation de Jean Riboud, celui-là même qui l'a évincé de Schlumberger, l'aîné des Seydoux se lance dans l'aventure de la première chaîne privée créée par Mitterrand, La Cinq, mais qu'il abandonne, car il veut, comme ses deux frères, se lancer dans le cinéma. Sur les conseils de Michel Seydoux, qui lui a présenté Claude Berri, il prend 50 % de Renn Productions, la société du producteur et réalisateur du Vieil Homme et l'Enfant. Mais en 1990, il voit plus grand, et rachète Pathé à l'Italien Paretti. 
Avant cela, en 1973, Jérôme Seydoux est au capital du Nouvel Observateur puis, en 1977, accepte de participer au capital du Matin de Paris au même niveau que Claude Perdriel (Le Nouvel Observateur). En 1986, aux côtés de Silvio Berlusconi il préside le conseil d'administration de La Cinq, sa première expérience dans le monde de la télévision. Mais  en 1986, après que Jérôme avait été propriétaire quelques mois, Chirac avait confié les rênes de La Cinq, au côté de Silvio Berlusconi, à Jean-Luc Lagardère et à Robert Hersant. 
Cet engagement de Jérôme dans les media se réoriente avec son entrée dans le capital de Libération en mai 1993 (Pathé devient actionnaire majoritaire en 1988 avec 60,8% des actions, avant de ne plus conserver que 1,5%), puis par la prise de contrôle du titre par sa société Chargeurs, en janvier 1996. Entre 1998 et 1999, il est président du conseil d'administration de British Sky Broadcasting, la plate-forme satellite de Rupert Murdoch, puis de la chaîne Comédie ! en 2002 et président de l'Association pour la télévision numérique en 2001.

Le secteur cinématographique français est désormais sous l'emprise des Seydoux
L'entreprise Gaumont demeure l'un des plus importants producteurs et distributeurs de cinéma en France. Et à la différence de Pathé, le passage des pouvoirs entre Nicolas et sa fille cadette, Sidonie, s'est opéré sans difficulté.
Canal+ France est détenu à 80 % par le Groupe Canal+, filiale à 100 % de Vivendi, et à 20% par le groupe Lagardère. Jérôme Seydoux fait son entrée dans le capital de la plate-forme satellite de Rupert Murdoch, BSkyB, une mauvaise opération qu'il interrompt près de dix ans plus tard. Idem avec CanalSatellite, le bouquet de Canal +, dont il sera l'actionnaire, avant, là aussi, de tourner casaque. Mais il a survécu, en 1999, au raid inamical de Vincent Bolloré, ouis est parvenu à repousser TF1, avec l'appui de Canal + et de Vivendi Universal (propriétaire de L'Express). 

Il manquait un troisième maillon au groupe Pathé pour que la chaîne médiatique soit complète: la diffusion. C'est chose faite avec le rachat de Télé Monte-Carlo. En acquérant cette belle endormie du PAF, Pathé a sans doute réalisé l'une des opérations les plus intelligentes du moment. Créée en 1954, cette petite chaîne de télévision, ancrée à Monaco, dispose d'un embryon de réseau national qui en fait potentiellement la septième chaîne généraliste française. Restructurée, remise d'équerre, TMC, dont Pathé détiendra rapidement plus de 80% du capital, offrit un nouveau visage.

Au printemps 2001, Jérôme et Nicolas Seydoux annoncent la fusion de leurs circuits de salles de cinéma. 
En 2007, puis 2012, nombre d'éléphants du PS, dont le futur président François Hollande, citent volontiers le nom de l'actionnaire de Libération dans le cadre d'opérations futures à mener dans l'audiovisuel.
L'omniprésence de l'actrice Léa Seydoux (La Vie d'Adèle) s'explique pour une large part par le fait est la fille de Valérie Schlumberger et de l'entrepreneur Henri Seydoux, et la petite-fille de Jérôme Seydoux, le président de Pathé. En juin 1999, Pathé avait fusionné avec Vivendi, conservant les intérêts de Pathé dans British Sky Broadcasting (BSkyB) et ...Canalsat.

Une situation hégémonique donne plus de droits que de devoirs.
Et cela d'autant plus que le changement de majorité garantit la sympathie, voire le soutien du pouvoir.

Un boycottage

"Pas de tomates pour les navets"
, titre ironique d'un article publié dans 
Le Figaro, propriété de Serge Dassault depuis 2004, alors que le Groupe Industriel Marcel Dassault détient 5,45 % du capital de la Gaumont.

Le sujet de la polémique:
l'interdiction faite aux journalistes du quotidien d'assister aux projections presse de certains distributeurs de cinéma. Des représailles à l'encontre des critiques trop négatives à l'égard de leurs films...

Bannis par Gaumont et Pathé. 


"Plus un critique de notre journal n'est convié aux projections de presse de leurs films", écrit ainsi Le Figaro à propos du distributeur Pathé. Les dirigeants de la firme n'auraient pas apprécié le peu d'enthousiasme du journal pour Supercondriaque, la nouvelle comédie de Dany Boon, membre du conseil de direction de Pathé. 
Léa Seydoux est au générique...
Même traitement répressif de la part de Gaumont qui, n'aurait pas aimé que Le Figaro illustre un dossier sur la faiblesse des scénarios du cinéma français avec des photos du film Mea Culpa, que l'entreprise a distribué, ou encore la critique de La Belle et la Bête, raillé par le journal
On est rarement déçu avec Vincent Lindon. Vendredi 31 janvier, à l'antenne de France Inter, l'acteur à l'affiche de Mea culpa, en salle ce mercredi, donne son avis sur la proposition du rapport Bonnel de diffuser certains films directement sur le Net. "Il y a 16 films qui sortent par semaine parce qu'il y a 300 ou 400 films produits par an, et évidemment les trois quarts ne sont pas des grands films. C'est au scénario que ça se décide. Si on travaillait un peu avec les scénaristes, si on les payait autant à écrire qu'à aller réaliser sur le plateau, quand on voit la façon dont ils sont traités, ils touchent très peu d'argent à la première version." Bref, si on payait mieux les scénaristes, on aurait "des scénarios mieux écrits, plus pointus, plus fouillés, et il y aurait moins de films qui sortiraient". Cette défense et illustration du scénario, en pleine promotion d'un film d'action riche de trois dialogues et de "500 impacts de balles pour la séquence du TGV", dixit Lindon, est assez explosive.

"Nous n'étions pas les bienvenus".
L'interdiction des projections presse, "une sanction à laquelle sont confrontés beaucoup de nos confrères", assure Le Figaro, qui souligne que certains journalistes participant à l'émission cinéma de Canal+ Le Cercle sont eux aussi privés de projection. "Cela s'est produit lorsque nous avons sollicité Gaumont et Pathé pour assister à des projections presse récentes, comme celles de Diplomatie et de Palo Alto. On nous a répondu que nous n'étions pas les bienvenus", explique François Aubel, rédacteur en chef culture au Figaro, contacté par Europe1.fr.


Mais
les sanctions ne se limitent pas à l'interdiction des projections presse. Elles sont également financières. "Pathé nous a supprimé une publicité de La Belle et la Bête parce que nous n'en avions pas dit du bien. Et chez Gaumont comme chez Pathé, les demandes de partenariats sont au point mort", précise François Aubel.


Gaumont veut des "articles argumentés".
 Les porte-paroles de Gaumont et Pathé n'étaient pas disponibles mardi matin pour vérification. Le Figaro a cependant interrogé la directrice générale de Gaumont, Sidonie Dumas, qui a dénoncé le comportement trop négatif des critiques. "Le cinéma français est malmené depuis plusieurs mois. À tort", accuse-t-elle, estimant que "le cinéma est un bouc émissaire". Si elle souligne que "Gaumont ne s'opposera jamais à des critiques négatives", Sidonie Dumas estime qu'"il faut que les articles soient argumentés". Selon elle, "beaucoup de critiques décrètent "c'est nul", avant même d'avoir vu le film".

"Ce qui manque aujourd'hui, chez les critiques, c'est un élan positif"
, déplore la directrice de Gaumont. "Chaque film est un prototype qui demande beaucoup de travail, d'argent et d'enthousiasme. Les rouages sont très fragiles et les attaques sont systématiques. Cela devient lassant". Sidonie Dumas évoque même une remise en cause du principe même des projections en avant-première dédiées à la presse. "Les critiques vont voir les films entre eux dans des conditions extrêmement privilégiées : projections privées et sans jamais payer leur place", rappelle la patronne de la société multinationale, à la limite de la pingrerie. "Peut-être faudrait-il qu'ils fassent comme les critiques de théâtre et aillent voir les films au milieu d'un vrai public ?"

Un cinéma de qualité plutôt qu'un nivellement par le bas
"On nous reproche de vouloir la mort du cinéma français, ce qui est totalement faux", réplique le rédacteur en chef culture au Figaro. "Nous avons simplement envie de faire notre travail correctement, et notre travail, ce n'est pas d'envoyer nos lecteurs voir un film lorsque ça ne vaut pas le coup".

lundi 13 août 2012

François Hollande, un "danger public" pour The Economist

Des journalistes rebelles,  vigilants et sectaires se rebiffent

La nébuleuse gauchiste ne supporte pas la critique

Ainsi, ce site rebelle qui  se targue de "regarder ailleurs pour mieux comprendre", mais refuse paradoxalement l'analyse de la presse britannique. C'est qu'il regarde vers le sud, mais détourne le regard avec mépris  du nord. 

Les deux journalistes créateurs du truc se disent rebelles et s'échauffent à une "nouvelle attaque en règle contre François Hollande", du seul fait qu'elle émane  du "très libéral The Economist."  

La faute de cet l'hebdomadaire est de mettre en garde contre "un président qui s'apprêterait (conditionnel!) à mener la France à sa perte, et compare déjà le pays à l'Espagne et la Grèce." Est-ce tellement inconcevable ?

Alors, qu'ont donc "repéré" sur The Economist ces journalistes "vigilants"

myEurop.info
"Après seulement un mois et deux semaines au pouvoir, François Hollande fait déjà l'objet de critiques sévères de la part de nos voisins britanniques. Apparemment, nous avons élu un incompétent, qui fera couler la France d'ici deux ans.


"L'hebdomadaire anglais ultra libéral (bis) The Economist publie cette semaine un article censé nous mettre en garde", mais qui perd son temps auprès de certains :
"Attention, investisseurs:
François Hollande mène la France dans la mauvaise direction
encore plus vite que ce que vous craigniez
".

Un trop-plein de pouvoir? 
Pour l'hebdomadaire, François Hollande a les pleins pouvoirs. Ayant obtenu la majorité parlementaire le 17 Juin dernier, il est "le Président le plus influent de la Vème République". Ayant ainsi les moyens de sa politique, on aurait pu croire que The Economist lui promettrait donc un bel avenir à la tête de l'Etat. Il n'en est rien. La critique tombe:
La question est: qu'est-ce que cet homme si modeste
va faire d'autant de pouvoir[S] ?"
Intolérable: "L'hebdomadaire répond immédiatement qu'avec son lourd héritage socialiste, les dés sont déjà jetés." 

Un programme "scandaleux"
"Si François Hollande a mis en place quelques bonnes mesures", comme le Pacte Européen pour la croissance (Pacte de stabilité et de croissance ?), assure ce site. Or, cet instrument dont les pays de la zone euro se sont dotés pour coordonner leurs politiques budgétaires nationales et éviter l’apparition de déficits publics excessifs, il date de 1997 et fut réadapté en 2005. Quant au pacte budgétaire européen, qui fixe des règles intergouvernementales plus solidaires , il ne concernera que les états membres de la zone euro, si au moins 12 pays le ratifient.

L'hebdomadaire incriminé déplore que: 

"Ceux qui espéraient que le président français laisserait rapidement tomber les mesures les plus scandaleuses de son programme de campagne, vont être déçus. En Allemagne et en Scandinavie, les partis centre-gauche partagent la même volonté d'égalité et des Etats-providence généreux. Mais ces pays, eux, reconnaissent les bienfaits de la compétition et une politique de libéralisme économique, alors que le président Français et ses militants sont contre".

Ainsi, pour The Economist, l'âge de la retraite abaissé à 60 ans, l'impôt à 75% sur les plus grosses fortunes, l'augmentation des taxes sur les héritages, et la bien modeste augmentation du SMIC, sont autant de mesures prises par le président qui mèneront la France à sa perte. Pour les optimistes borgnes de myeurop, il n'en serait rien !

"Monsieur Hollande va à l'encontre des changements faits
dans tout le reste de l'Europe".
D'après The Economist, "certains disent que la France est au même niveau que l'Espagne et la Grèce, plutôt que de l'Allemagne et l'Autriche". Ce qui explique sûrement pourquoi le premier Ministre David Cameron a gracieusement offert aux plus grosses fortunes de France de venir s'expatrier au Royaume-Uni. Pour l'ironie, 'myeurop' est sous le niveau de la 'British Channel' !

François Hollande n'a rien appris



"Une fois de plus, la comparaison avec François Mitterrand est facile", estime ce site, qui oublie simplement que les candidats socialistes à la présidentielle se sont revendiqués les dignes héritiers de Tonton. 

Quelque chose dans la comparaison de leurs confrères imbéciles inquiète ces brillants vigilants:
"Pour The Economist, Hollande devra "faire face à la réalité,
comme Mitterrand l'avait fait.
 
Et ce changement de stratégie arrivera sûrement avant les deux ans
que Mitterrand avait pris pour le faire
."

CQFD du site: la France, "affaiblie, n'aura pas d'autre choix que de revenir à une économie libérale".

"La France est un pays riche. Mais elle est plus vulnérable qu'en 1981,
quand François Mitterrand a tenté (et échoué)
de mettre en œuvre le socialisme dans un seul pays."
Et trois dévaluations du franc...

Avant de conclure: 
"En attendant, un Président ayant tant de puissance à sa disposition,
tel que François Hollande,
pourrait causer beaucoup de dégâts à son propre pays
".

En d'autres temps, ces journalistes-là auraient sûrement soutenu les partisans de la ligne Maginot ! 

mardi 3 avril 2012

Barbier fait un lot de Hollande et Mélenchon sur France 2

Ruquier, militant PS dépassé par la compétence

Pulvar au 36e dessous
Le journaliste Christophe Barbier a réglé leurs comptes à François Hollande et sa compagne, Valérie Trierweiler, puis  Jean-Luc Mélenchon, sans escort-girl, dans l'émission de France 2 "On n'est pas couché", présentée par Laurent Ruquier,  le chansonnier qui s'amuse à ses propres blagues.

Les sondages de Sarkozy montent et Ruquier assure ses ...arrières
François Hollande et son chevelue, Jean-Luc Mélenchon et son ombre grise Pierre Laurent ont été moqués, brocardés, exécutés sur France 2, dans le cadre de l'émission de Laurent Ruquier, samedi soir, par un Christophe Barbier exceptionnel. Ce fut un formidable moment de télévision et une extraordinaire leçon de rhétorique, à montrer et remontrer dans toutes les écoles de journalisme.

En douze minutes et quarante cinq secondes, avec une science infinie qui laissa Pulvar ongles acérés tendus et en soutien-gorge lacéré et un art maîtrisé de la formule qui en connaisseur Polony éblouie, entre saillie savoureuse à la Talleyrand et bagatelle frivole à la Saint-Simon, le talentueux Christophe Barbier a montré qu'il subsistait encore en ce pays ce que l'on nommait autrefois un "bel esprit".

Pour les mêmes motifs, Laurent Ruquier avait invité cette semaine Christophe Barbier, comme tout un chacun, à faire la promotion de son dernier 'opus',  une galerie de portraits classiques des prétendants à l’Élysée. Catherine Nay l'avait précédé la semaine précédente, également à l'occasion de la parution de son "Impétueux", ouvrage consacré à une relecture critique du quinquennat Sarkozy sous le coup de la crise amoureuse de Cécilia Attias
mais aussi économique, internationale. L'un et l'autre compensaient la mise sous le boisseau médiatique des  dix candidats à la présidentielle. Laurent Ruquier annonça même un effort circonstanciel d'égalité de temps de parole accordée à Christophe Barbier et Catherine Nay, façon candidats !


Un jeu de massacre

Egal à lui-même, Christophe Barbier, en forme, fut une affaire pour l'audimat et la réflexion des comiques de la bande. "Un passionnant exercice de rhétorique télévisée. Un modèle audiovisuel. Une œuvre d'art de 1080 pixels en haute définition." Voilà pour les éloges confraternels du Nouvel Observateur qui s'est mis à niveau moins d'un quart d'heure 

Quel régal ! Le journaliste à l'écharpe rouge n'a pas son pareil - hormis Duhamel vieillissant - pour manier cette vieille ficelle, aussi vieille que l'invention de la conversation, qui consiste à produire les pires méchancetés proférées par le microcosme sur les uns et les autres, en faisant mine de les  déplorer, de s'en outrager et même, suprême raffinement, de les condamner. "Cachez ce vilain mot que je ne saurais entendre mais qui manquerait à votre jugement..." Maîtrisée, la technique est efficace.

La compagne de François Hollande eut les honneurs du lever de rideau, dû à son rang
Marie-Antoinette au nom autrichien (?) imprononçable, ni élue, ni épousée, elle se glisse au premier rang, l'air modeste
Tout commença par un "je l'aime plutôt, si" qui laissait présager de la première main. Et elle ne fut pas déçue. Christophe Barbier agrémenta son propos de toutes les méchancetés dont les socialistes sont capables, avant, pendant et après la primaire. A vue d'oeil," elle ne fait pas assez de gauche ", sous son opulent brushing et son épais maquillage de Porsche volée.  Aussi "faux et idiot", et donc injuste, qu'envers Sarkozy, suggère Barbier sans qu'au Nouvel Obs on ne réussisse  évidemment  à discerner le parallèle. Trop habile.

Puis, le patron de L'Express, autre détail qui échappa à l'histoire relatée par les suppôts de Hollande, ironisa "en douce" (comme il se doit)  sur la représentation de l'impétrante, en majesté, avant  l'heure 
du laitier ? Non, de grâce, surtout pas !    qu'il ne soit trop tard, le 6 mai.  " Pas facile d'être première dame, surtout quand on ne l'est pas et qu'on ne le sera jamais". Il faut admettre aussi qu'avec un tel premier homme, elle n'est pas non plus favorisée... Reste toutefois qu'elle n'attire pas les paparazzi qui  la délaissent volontiers. Seraient-ils tous de gauche aussi ?

La vérité est ailleurs, car Barbier révéla au grand public que, dotée d'un fort caractère (c'est-à-dire 'gratiné'au point de casser tous les régimes ...d'amaigrissement et les plats avec), elle a de mauvaises relations avec la plupart de ses confrères journalistes. "Elle a des rapports conflictuels avec ceux qui suivent la campagne", informe Barbier, en professionnel, la mine défaite, de celui qui en a déjà tant vus. Au milieu de la campagne présidentielle comme au coeur de la Lybie, la dame souffre de sa condition de potiche. "Pas facile de téléphoner, d'intervenir sur un collègue": la campagne la prive d'accrochages, de peignées et de pillonnages. 
Le tout fut conclu par un compliment assassin : "Pas facile de trouver le ton juste, c'est pour cela qu'elle a choisi le silence; c'est ainsi qu'elle trouve le ton juste". Qu'est-ce qu'il doit prendre le François, en privé.


Puis vint le tour de François Hollande soi-même


Barbier souligna d'abord que son parcours n'était pas digne d'un Chirac ou d'un Sarkozy,  ni même d'un Tonton Mitterrand, mais hasarda que c'était peut être un atout: puisqu' "il n'a jamais rien fait, il n'a pas fait de bêtise", n'est-ce pas ! Christophe Barbier se préoccupa donc des états d'âme de ses concitoyens irrésolus: "Les Français auront peut être un doute ultime et intime dans l'isoloir". 


"S'il y a un conflit international grave, s'il y a des émeutes dans les banlieues, est-ce qu'il aura les nerfs, se demandent les Français ?" Et la réponse, d'une ironie féroce, d’une cruauté perfide, tomba : "On peut les rassurer, un type qui préside un département où il y a Patrick Sébastien, il a les nerfs, forcément". Dévastateur.

La pichenette fatale restait à venir

Tandis que Patrick Sébastien, présent sur le plateau, ridicule fanfaron bruyant qui ne demandait qu'à tendre les bras au candidat Hollande, Barbier planta sa pique décisive : "Avec Hollande, on a toujours l'impression, qu'on est dans le doute par manque: il ne va pas avoir la carrure, il ne saura pas dire non, il va faire de l'eau tiède". Tout cela se termina par une citation de Jean-François Copé, que Barbier qualifia d' "injuste", pour ramener aux injustices dont est frappé Sarkozy, mais prononcée quand même : "Hollande est une anguille". Qui confondrait le "candidat-sortant" avec le candidat bientôt sorti".

En passant à Mélenchon, on resta dans le show-biz

Une tête de jeu de massacre
Là encore, le compliment convenu ("grand républicain, grand laïcard, grand tribun") laissait présager du pire. Et une fois de plus, Ruquier ne fut heureusement pas déçu.

Après avoir démontré que la montée du candidat des communistes au Front de gauche allait embêter Hollande, "obligé de se repeindre en rouge" après que Hamon-Emmanueli l'aient fait virer couleur brique, et risquait de faire peur à l'électorat centriste, Christophe Barbier dressa un portrait sans complaisance du dit Mélenchon : " Melenchon avec les Chinois contre le Tibet, c'est discutable. Quelqu'un qui nous dit que Chavez est un brave homme, que Cuba, c'est pas loin du paradis, et que la Corée du nord, ça peut se discuter, c'est contestable".

La conclusion s'imposa d'elle même, en forme de jeu de mot historique : " Il se prend pour le général Boulanger, sauf qu'il fait couler un peu plus le sang:  c'est plutôt le général charcutier".
 
Enfin, pour le plaisir, Barbier rappela utilement que le Parti communiste était  allé chercher Mélenchon pour qu'il lui redonnât quelque couleur, mais lui fait monter la honte au front. 

"Le PC veut avoir des candidats aux législatives pour faire un peu d'argent et avoir des voix ", n'est pas un décryptage consensuel mais souligne le sauvetage que constitue la présidentielle pour un PCF en voie de disparition Il souligne l'inaccoutumée modestie obligée du Parti dirigé par Pierre Laurent, mais explique que Marie-George Buffet réapparaisse sur la photo.

Ce fut donc un remarquable quart d'heure d'anthologie que Laurent Ruquier bon commerçant a su promouvoir. Ce n'est pas avec le même bonheur que  chaque samedi la concubine Pulvar-Montebourg manie ses pinces de crabe  dans le panier socialiste d'On n'est pas couchés. 

Les "tournantes" du PAF reprennent leur souffle. Et leurs esprits.

Hélas, la télévision de service public n'abuse pas des beaux Q(I) servis sur un plateau 
Il abuserait plutôt des honnêtes gens et des gladiateurs lâchés seuls au milieu des fauves consanguins du milieu.
Et tant pis pour nous,  se lamente Le Nouvel Obs si, après avoir vu dans la même émission, à une semaine d'intervalle, Catherine Nay, puis Christophe Barbier, on éprouve le sentiment que lorsqu'il s'agit de Nicolas Sarkozy, on invite son avocat et lorsqu'il s'agit de François Hollande, son procureur. A gauche, on ne se lasserait pas en effet d'applaudir, semaine après semaine et sur tous les plateaux, les procureurs de Sarkozy.
Cet acharnement finit par se voir et par indisposer les Français les plus habituellement indifférents.