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vendredi 7 juin 2013

Pierre Mauroy est mort et il concentre désormais toutes les vertus politiques

L'hommage de Lionnel Luca à Mauroy dépote
Sur Twitter, le député UMP des Alpes-Maritimes a apporté sa touche de vérité aux condoléances envers Pierre Mauroy, ancien Premier ministre socialiste décédé, dressant de son bilan un tableau moins idyllique.
Alors que l'ensemble de la classe politique a accompli son devoir en lui rendant hommage, vendredi, à Pierre Mauroy, décédé à l'âge de 84 ans, une voix discordante s'est fait entendre. 
Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, s'est fendu de trois tweets sans complaisance à l'égard de l'ancien Premier ministre, ce qui lui a valu de nombreuses réponses indignées d'internautes militants que la vérité dérange.

Le député a d'abord comblé une lacune grossière au panégyrique du socialiste pourtant responsable des trois dévaluations du Franc entre 1981 et 1983 "qui ont spolié les salariés".


Lionnel Luca ne peut pas non plus occulter la condamnation en 2011 de Pierre Mauroy pour une affaire d'emploi fictif à la mairie de Lille. Une affaire injustement oubliée selon lui, au regard des critiques adressées à Jacques Chirac.


Le devoir de mémoire à la socialiste est une glorification, dont bénéficie encore 'Gros Quinquin'. 

"Quand un homme politique de droite meurt l'hommage est toujours tempéré par ses échecs. Quand il est de gauche l'hommage est nord-coréen ! Normal !"



mardi 11 septembre 2012

Crise: et l'on reparle de dévaluation !

"Dévaluer permettrait de redistribuer la richesse", préconise Jacques Sapir

Les vieux démons socialistes ressortent des placards  

L'économiste Jacques Sapir a pris publiquement position en faveur de la "démondialisation" et s'interroge sur le futur de la zone Euro et l'éventuelle nécessité pour la France de devoir sortir de l'Euro. Il vient également de déclarer  jeudi qu'il n'attend rien du "plan Draghi". 

Comme vous l'êtes de longue date, vous demeurez donc très pessimiste quand à la pérennité même de l'euro ?

Tout à fait. Mais il faut bien savoir qu'aujourd'hui, il n'y a plus que les politiques et les journalistes pour penser que la monnaie unique ait un avenir. Pas un banquier français, anglais, allemand ou suisse ne croit encore à sa survie ! Cette conversion des banquiers s'est pour ainsi dire jouée entre décembre 2011 et mai 2012. Auparavant, les banques mettaient pas mal d'espoir dans les LTRO (long term refinancing operations), qui ont consisté, pour la BCE, à refinancer les banques privées au taux de 1 %. Mais ce plan a échoué.

Comment pourrait se passer fin de l'euro ?


Ce geste de la main d'un anglo-saxon
équivaut à un doigt d'honneur en France:
il est ici adressé au papa de la Ch'tite Aubry !



J'envisage deux scénarios possibles. Première hypothèse : la Grèce sort, suivie dans un délai de un à deux ans par un, deux ou trois autres pays, et la zone euro se délite. Seconde hypothèse : nous prenons la décision commune de dissoudre la zone. Cette dernière solution aurait de nombreux avantages. Elle permettrait de maintenir un système de coordination entre les monnaies, rendu impossible en cas de sorties au compte-goutte.
En revanche, je ne vois pas de troisième solution. Certes, on parle beaucoup de faire un " saut fédéral ". Mais il faut se rendre compte de ce que cela implique. Ça contraindrait les régions riches à payer pour les régions pauvres. Autrement dit, il faudrait que l'Allemagne paye pour la Grèce, pour l'Espagne, pour le Portugal, puis pour l'Italie et pour la France. Une telle option nécessiterait que l'Allemagne y consacre chaque année entre 8 et 12 % de son PIB ! Je n'imagine pas une minute que cela soit crédible !

Payer pour la France...pour l'heure, il nous arrive d'emprunter à des taux négatifs. Il semble que la France soit encore en partie préservée.

Pas du tout. D'une part, il ne s'agit là que des taux à très courts termes (trois mois). Ensuite, il s'agit de liquidités que des entreprises, qui font du commerce avec la zone euro, sont obligées de placer en euros. Pour autant, il n'est plus question pour elles d'acquérir des bons du Trésor espagnol ou italiens, qui ne sont plus sûrs. Ces entreprises se rabattent donc sur des bons allemands et français. Cela témoigne bien plus d'un dysfonctionnement global de l'eurozone que de d'une bonne santé de l'économie française.

Finalement, que peut encore faire le gouvernement français ?

Le problème du gouvernement, c'est qu'il va être confronté à une monté explosive du chômage. Ce printemps, nous étions sur un rythme moyen de 20 000 chômeurs de plus par mois. A partir de cet été, nous sommes passés à un rythme de 40 000 chômeurs par mois. D'ici juin prochain, nous devrions donc avoir 500 000 chômeurs supplémentaires si le rythme se maintient.
En réalité, le chômage va augmenter beaucoup plus vite que cela. En effet, l'économie française va se trouver en récession à partir de la fin de cette année, de même que l'an prochain. Aujourd'hui, le consensus des économistes situe le repli du PIB entre – 0,2 et – 0,3 % pour 2013. Je considère quant à moi qu'on descendra jusqu'à – 0,5 %. Ce qui devrait nous amener à 700 000 chômeurs supplémentaires d'ici juin 2013.
Le gouvernement devrait commencer à agir...en n'agissant pas. Il peut ainsi laisser le déficit public repartir à la hausse, et annoncer qu'en raison de la réalité économique, il renonce au retour à l'équilibre en 2017. 
Il peut aussi décider, à un moment donné du mandat, de procéder à un ajustement budgétaire brutal et sévère. Là, on ignore ce qui pourrait advenir du chômage. Certaines estimations – par exemple celles de Patrick Artus (Natixis) – le placent jusqu'à 20 % en 2014.
Cependant, la situation politique pourrait rapidement devenir très différente de ce qu'elle est actuellement, avec le durcissement des oppositions qui apparaissent d'ores et déjà au sein même de la gauche. Une solution raisonnable, pour le gouvernement, pourrait consister alors à demander, purement et simplement la dissolution de l'euro...


Peu crédible si l'on considère que toute la construction européenne s'est construite autour de la monnaie unique...


Pourquoi donc ? Les choses changent. Le tabou a déjà sauté. Il existe déjà un pays, la Finlande, qui a admis qu'il se porterait sans doute beaucoup mieux sans l'euro. Quand aux pays d'Europe hors zone, notamment ceux de l'Est, ils ne désirent plus adopter cette monnaie. Nous sommes donc à un moment de bascule. Reste à savoir quand les dirigeants français intégreront cela à leur raisonnement. Vont-ils attendre le dernier moment ou accepter de le planifier ? Tout est possible...
Évidemment, si l'euro doit disparaître, il vaut mieux que cela soit décidé par les européens de manière coordonnée. On pourrait alors créer un nouveau SME [système monétaire européen], au sein duquel on fixerait d'un commun accord les parités et les marges de fluctuation des nouvelles monnaies nationales.
On sait d'ores et déjà dans quelles proportions les pays devraient dévaluer ou réévaluer leur monnaie nationale pour retrouver les niveaux de compétitivités relatifs qui prévalaient en 1999-2000. La France, notamment, devrait dévaluer de 20 à 22 % par rapport à l'Allemagne.


Là, on se heurte à ce problème sans cesse soulevé par nos politiques : si notre monnaie, le " nouveau franc ", est dévaluée, notre dette, qui est libellée en euros, explosera.


Ca, c'est une blague ! C'est l'argument qu'on agite pour effrayer les gens ! Si l'euro est dissout, toutes les dettes, publiques, mais aussi privées, seront immédiatement relibellées dans les nouvelles monnaies nationales. La dette ne peut pas croître puisqu'elle est strictement proportionnelle à notre richesse à un moment donné. Un retour au franc ne changerait rien au rapport dette / PIB. Les seuls perdants éventuels ne seraient les créanciers étrangers de la France !

On serait donc gagnants ?

Oui, bien sûr. Cela se passe toujours ainsi : tout excès d'endettement finit toujours par se défaire au détriment des créanciers. Et c'est sans compter les effets bénéfiques qu'aurait, sur le commerce extérieur et sur l'activité économique interne, une dévaluation par rapport à l'Allemagne. Quand bien même nous subirions une réévaluation par rapport à la Grèce, à l'Espagne et à l'Italie.


Il y a aussi le problème du dollar...


Oui : le " nouveau franc " devrait logiquement perdre 10 % par rapport au dollar. Nos importations libellées en dollar seraient donc renchéries de 10 %. De même pour nos importations en marks, si l'Allemagne réévalue de 20 %.
Sachant que les importations, en France, représentent environ la moitié du PIB et que, sur cette moitié se trouvent 10 % du PIB pour l'énergie (libellé en dollar) et 10 % en provenance d'Allemagne, nous aurions respectivement 2 % de hausse liée au renchérissement des produits allemands, et 1 à 2 % lié à nos achats énergétiques. Si l'on ajoute cela à notre taux d'inflation actuel, on peut compter que le choc d'inflation post-dévaluation se situerait autour de 6 à 7 %. Uniquement, bien sûr, pour la première année, puisque le scénario de la dévaluation ne se joue qu'une fois. C'est loin d'être dramatique.

Ça peut l'être pour les ménages. Notamment pour les personnes à petits revenus qui verront leurs dépenses, par exemple d’essence, croître brutalement.

Je ne dis pas qu'il ne se posera aucun problème. Mais ce que fait actuellement le gouvernement sur les prix de l'essence peut tout à fait être revu. D'ailleurs, la petite baisse des prix récemment décidée n'est pas du tout équitable. Elle subventionne au même niveau le possesseur d'une Porsche et celui d'une Logan...C'est le chèque-essence, tenant compte des niveaux de revenus mais aussi de la distance entre le domicile et l’emploi, qui devrait être préféré. [Sapir n'a pas de souci avec la mise en oeuvre...]
Pour le reste, il y aura évidemment un choix à faire : veut-on des produits bon marché, ou veut-on de l'emploi ? Il sera difficile d'avoir les deux. Dans ce cadre, la dévaluation monétaire se révélerait une politique efficace de redistribution de la richesse. Car elle sera surtout coûteuse pour ceux qui voyagent beaucoup à l'étranger et qui désirent acheter une Mercédès ou une Audi ! 
En conséquence, je pense qu'un processus de dissolution concerté de l'euro ne devrait pas être traumatique.
En revanche, si l'on est dans une logique d’effilochement progressif de l'eurozone, le choc sera bien plus grand, économiquement et politiquement. On ignore alors quel pourrait être la dureté des conflits entre les différents pays, et même entre régions d'un même pays, de l'Espagne à la Belgique.
Poursuivre dans la voie actuelle, c'est prendre le risque d'un délitement qui ne s'attaque pas seulement à la devise, mais à l'existence même de l'Union européenne comme construction politique.

Sapir est un proche du Front de gauche

A la gauche, nous devons déjà trois mini-dévaluations (1981, 1982, 1983) qui, après une série de demi-mesures et de fausses manœuvres pendant deux ans, furent autant de signaux d'impuissance: la méthode Hollande n'est pas sans rappeler celle de Jacques Delors, (image 1 ci-dessus, août 2011) père de Martine Brochen-Aubry et initiateur du tournant de la rigueur, et Pierre Mauroy.

lundi 13 août 2012

François Hollande, un "danger public" pour The Economist

Des journalistes rebelles,  vigilants et sectaires se rebiffent

La nébuleuse gauchiste ne supporte pas la critique

Ainsi, ce site rebelle qui  se targue de "regarder ailleurs pour mieux comprendre", mais refuse paradoxalement l'analyse de la presse britannique. C'est qu'il regarde vers le sud, mais détourne le regard avec mépris  du nord. 

Les deux journalistes créateurs du truc se disent rebelles et s'échauffent à une "nouvelle attaque en règle contre François Hollande", du seul fait qu'elle émane  du "très libéral The Economist."  

La faute de cet l'hebdomadaire est de mettre en garde contre "un président qui s'apprêterait (conditionnel!) à mener la France à sa perte, et compare déjà le pays à l'Espagne et la Grèce." Est-ce tellement inconcevable ?

Alors, qu'ont donc "repéré" sur The Economist ces journalistes "vigilants"

myEurop.info
"Après seulement un mois et deux semaines au pouvoir, François Hollande fait déjà l'objet de critiques sévères de la part de nos voisins britanniques. Apparemment, nous avons élu un incompétent, qui fera couler la France d'ici deux ans.


"L'hebdomadaire anglais ultra libéral (bis) The Economist publie cette semaine un article censé nous mettre en garde", mais qui perd son temps auprès de certains :
"Attention, investisseurs:
François Hollande mène la France dans la mauvaise direction
encore plus vite que ce que vous craigniez
".

Un trop-plein de pouvoir? 
Pour l'hebdomadaire, François Hollande a les pleins pouvoirs. Ayant obtenu la majorité parlementaire le 17 Juin dernier, il est "le Président le plus influent de la Vème République". Ayant ainsi les moyens de sa politique, on aurait pu croire que The Economist lui promettrait donc un bel avenir à la tête de l'Etat. Il n'en est rien. La critique tombe:
La question est: qu'est-ce que cet homme si modeste
va faire d'autant de pouvoir[S] ?"
Intolérable: "L'hebdomadaire répond immédiatement qu'avec son lourd héritage socialiste, les dés sont déjà jetés." 

Un programme "scandaleux"
"Si François Hollande a mis en place quelques bonnes mesures", comme le Pacte Européen pour la croissance (Pacte de stabilité et de croissance ?), assure ce site. Or, cet instrument dont les pays de la zone euro se sont dotés pour coordonner leurs politiques budgétaires nationales et éviter l’apparition de déficits publics excessifs, il date de 1997 et fut réadapté en 2005. Quant au pacte budgétaire européen, qui fixe des règles intergouvernementales plus solidaires , il ne concernera que les états membres de la zone euro, si au moins 12 pays le ratifient.

L'hebdomadaire incriminé déplore que: 

"Ceux qui espéraient que le président français laisserait rapidement tomber les mesures les plus scandaleuses de son programme de campagne, vont être déçus. En Allemagne et en Scandinavie, les partis centre-gauche partagent la même volonté d'égalité et des Etats-providence généreux. Mais ces pays, eux, reconnaissent les bienfaits de la compétition et une politique de libéralisme économique, alors que le président Français et ses militants sont contre".

Ainsi, pour The Economist, l'âge de la retraite abaissé à 60 ans, l'impôt à 75% sur les plus grosses fortunes, l'augmentation des taxes sur les héritages, et la bien modeste augmentation du SMIC, sont autant de mesures prises par le président qui mèneront la France à sa perte. Pour les optimistes borgnes de myeurop, il n'en serait rien !

"Monsieur Hollande va à l'encontre des changements faits
dans tout le reste de l'Europe".
D'après The Economist, "certains disent que la France est au même niveau que l'Espagne et la Grèce, plutôt que de l'Allemagne et l'Autriche". Ce qui explique sûrement pourquoi le premier Ministre David Cameron a gracieusement offert aux plus grosses fortunes de France de venir s'expatrier au Royaume-Uni. Pour l'ironie, 'myeurop' est sous le niveau de la 'British Channel' !

François Hollande n'a rien appris



"Une fois de plus, la comparaison avec François Mitterrand est facile", estime ce site, qui oublie simplement que les candidats socialistes à la présidentielle se sont revendiqués les dignes héritiers de Tonton. 

Quelque chose dans la comparaison de leurs confrères imbéciles inquiète ces brillants vigilants:
"Pour The Economist, Hollande devra "faire face à la réalité,
comme Mitterrand l'avait fait.
 
Et ce changement de stratégie arrivera sûrement avant les deux ans
que Mitterrand avait pris pour le faire
."

CQFD du site: la France, "affaiblie, n'aura pas d'autre choix que de revenir à une économie libérale".

"La France est un pays riche. Mais elle est plus vulnérable qu'en 1981,
quand François Mitterrand a tenté (et échoué)
de mettre en œuvre le socialisme dans un seul pays."
Et trois dévaluations du franc...

Avant de conclure: 
"En attendant, un Président ayant tant de puissance à sa disposition,
tel que François Hollande,
pourrait causer beaucoup de dégâts à son propre pays
".

En d'autres temps, ces journalistes-là auraient sûrement soutenu les partisans de la ligne Maginot !