Un dérapage confirmant l'arrogance inspirée de Macron
L'ex-général Georgelin, représentant spécial du président Macron sur le chantier de la cathédrale, a insulté l’architecte chargé du chantier
"Inacceptables"pour les sénateurs, "vulgaire[s]"ou "méprisant[s]"pour d’autres élus : les propos pourraient relever de la faute politique. Mercredi 13 novembre, interrogé par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale sur la flèche de Notre-Dame de Paris, le général Jean-Louis Georgelin, représentant spécial du président Macron sur le chantier de la cathédrale et futur responsable de l’établissement public devant le gérer, a insulté Philippe Villeneuve, l’architecte en chef des monuments historiques chargé de la reconstruction de l’édifice médiéval :"Je le lui ai déjà expliqué plusieurs fois et je le lui redirai : qu’il ferme sa gueule et nous avancerons en sagesse pour que nous puissions sereinement faire le meilleur choix pour Notre-Dame, pour Paris et pour le monde."
Le général Georgelin répond, sans détour [! - le patron de LCP est Bertrand Delais, choix controversé] à la prise de position de Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques, qui souhaite reconstruire la flèche à l'identique. >>
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Article réservé à nos abonMacron « souhaite que chacun retourne au travail »L’Elysée semble pour l’heure vouloir empêcher un nouveau départ de feu qui pourrait s’avérer lourd de conséquences pour les délais de reconstruction de la cathédrale fixés à cinq ans.« Le président de la République ne souhaite pas de polémiques autour d’un enjeu aussi important que le chantier de reconstruction de Notre-Dame, indique l’Elysée, au lendemain de la bévue du général.Il souhaite que chacun retourne au travail dans le calme et le respect de chacun. » Si la création officielle de l’établissement public est prévue début décembre, rien n’est dit, en revanche, sur le traitement qui sera réservé à Jean-Louis Georgelin. Certains affirmant, dans l’entourage présidentiel, que le général aurait été« invité à faire preuve de discernement dans ses interventions publiques et à ne pas s’exprimer pour l’heure dans les médias ».
Nommé en mars 2018, Bertrand Delais est un proche de Macron, notamment pour avoir réalisé deux documentaires sur le président de la République. Pour l'opposition, il est suspect de militantisme pour sa bienveillance à l'égard du chef d'Etat. "50 ans après 1968, un parfum d'ORTF... Nouvel obus contre le pluralisme", a tweeté Clémentine Autain, députée de la France insoumise, pointant une "misère démocratique". "C'est une mainmise du parti présidentiel sur un média", a grogné Alexis Corbière (LFI), qui a été membre minoritaire du comité de sélection du nouveau président.
Vers une salle de garde en terrasse ?
La commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, "tous groupes politiques confondus", a été beaucoup moins tolérante. Elle a publié, jeudi 14 novembre,un communiqué qui préconise implicitement de démettre le général de toute responsabilité dans ce dossier : "(…)Les conditions ne sont désormais plus réunies pour que le préfigurateur soit en capacité de fédérer autour de ce projet d’une ampleur sans précédent les différents acteurs chargés d’entreprendre, dans les meilleurs délais, la reconstruction de ce joyau de notre patrimoine national et de respecter les compétences dévolues à chacun d’entre eux par la loi."
La flèche au cœur du différend La réaction sénatoriale avait été précédée par celle du ministre de la culture et de la communication, Franck Riester. En dépit de l’inimitié notoire entre la potiche du ministère, et le militaire représentant spécial du président et le garagiste de Coulommiers a déclaré sur Twitter, sans toutefois appeler explicitement à une sanction, que "les propos du général Georgelin à l’encontre de Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques chargé de Notre-Dame (ci-dessus), ne sont pas acceptables. Le respect est une valeur cardinale de notre société. En tant que responsables publics, nous devons être exemplaires", a sermonné le locataire de la Rue de Valois qui a rendu publique son homosexualité et a soutenu le projet de mariage gay à la tribune.
D’autres voix se sont fait entendre, telles que celles du président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, qui fustige "la vulgarité et le mépris de M. Georgelin", ou du maire PS du 4e arrondissement de Paris, Ariel Weil, qui s’avoue "bien heureux en tout cas que Philippe Villeneuve n’ait pas fermé sa gueule à la réunion publique [qu’il avait] organisée la semaine dernière à la mairie du 4e sur Notre-Dame, car ses explications, sa vision et sa parole furent très appréciées." Le différend entre le général Georgelin et l'architecte Villeneuve porte sur la flèche construite par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle, intégralement détruite lors de l’incendie du 15 avril. Tandis que, conformément à la ligne défendue par Macron,l’ancien chef d’état-major est favorable à ce que puisse s’exprimer un "geste architectural contemporain" - qui, en clair, porterait l'empreinte de l'ex-banquier - , Ph. Villeneuve, à l’inverse, est partisan d’une reconstruction à l’identique. Et ne s’est pas privé de le faire savoir, à la différence du militaire, un politique qui fut adjoint au chef du cabinet militaire du Premier ministre, Edouard Balladur (1994-1997).
Sur RTL, au mois d’octobre, Philippe Villeneuve avait d’ailleurs eu une formule claire et "sans détour" : "Le futur, c’est soit je restaure à l’identique, et ça sera moi, soit on fait une flèche contemporaine, et ça sera un autre."L’architecte en chef des monuments historiques avait justifié sa position en référence à la charte de Venise établie en 1964"qui impose que l’on restaure les monuments historiques dans le dernier état connu".
Le général Georgelin a également méprisé Franck Riester.
Lundi 13 mai, ABC News a diffusé les premières images tournées à l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame à la suite de l'incendie. D'après Le Figaro, c'est le général Georgelin, chargé de superviser les opérations de reconstruction, qui aurait accordé l'autorisation à la chaîne américaine, guidant même le présentateur vedette David Muir dans l'édifice en ruine. Le tout sans demander l'accord du ministère de la Culture. Et l'Edouard Philippe n'a pas pris le parti de son ministre : solidarité, concertation, respect ne sont pas les marques de fabrique de cet exécutif.
Les dons des bienfaiteurs ne sont qu'une "opération de communication" de grandes entreprises et grosses fortunes"
La tête de liste de la France Insoumise (LFI) aux élections européennes est l'auteure de ce dénigrement, dénonçant des dons très importants pour la réparation de Notre-Dame de Paris, où un incendie aux origines encore non déterminées n'inspire aucune volonté d'unité nationale ni le respect de leurs concitoyens affligés.
"On ne peut pas faire de la préservation de notre patrimoine une grande opération de communication comme certains sont en train de faire", a accusé Manon Aubry (LFI) sur LCI mercredi, dénonçant "une espèce de course à l'échalote de l'entreprise qui donnerait le plus tout en revendiquant l'exonération d'impôt".
"J'ai impression d'avoir le classement des entreprises présentes et des personnes présentes dans les paradis fiscaux", a-t-elle ironisé.
"Le plus simple, ce serait déjà qu'ils commencent par payer leurs impôts. Ils ne peuvent pas se payer une opération de communication en mettant leur nom potentiellement sur une pierre de Notre-Dame et de l'autre côté, ne pas payer leurs impôts", a-t-elle martelé.
"J'ai vraiment envie de leur dire: commencez par payer vos impôts, ça contribuera au budget de l'Etat et donc au budget de la culture", a-t-elle insisté.
La France insoumise aurait aussi bien taclé la pingrerie ou l'indifférence des grands entrepreneurs
La misère sociale n'est pas tout ce qui compte dans notre récit national.
Face à un chantier qui s'annonce aussi colossal que délicat, donc onéreux, plusieurs grandes fortunes françaises ont dégagé des fonds dans l'instant, dès lundi, jour de la tragédie: la famille Pinault a promis 100 millions d'euros, suivie par le groupe LVMH et la famille Arnault, première fortune de France, qui a annoncé un don de 200 millions, puis la famille Bettencourt-Meyers et le groupe L'Oréal (200 millions). On pourrait s'en réjouir, mais ce serait négliger les grincheux professionnels qui, avec les complotistes, se saisissent de toutes les occasions de salir. La casquette marxiste comprime le cerveau.
Depuis une loi de 2003, les entreprises qui investissent dans la culture peuvent déduire 60% de leurs dépenses en faveur du mécénat (66% de réduction d'impôt sur le revenu pour les particuliers). Une incitation administrative qui signale un besoin de développer des initiatives trop rares de bénévolat financier.
Au point que la réduction fiscale peut même atteindre 90% lorsque le don concerne l'achat de biens culturels considérés comme des "trésors nationaux" ou présentant "un intérêt majeur pour le patrimoine national".
A l'autre extrémité de l'échiquier politique, on peine aussi à positiver.
"Que l'oligarchie donne pour Notre-Dame, c'est bien. L'exemplarité fiscale serait encore mieux. La bonne conscience ne cache pas la misère et l'austérité", a dénoncé sur Twitter Benjamin Cauchy, figure des Gilets jaunes sur la liste de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France).
Baver est le fonds de commerce des altermondialistes.
"Les milliardaires vont passer pour des héros.Ils feraient mieux de renoncer à l'évasion et à l'optimisation fiscales", a critiqué sur Twitter la sénatrice EELV Esther Benbassa, une turco-israélo-française qui rêve d'"un élan aussi spontané et massif en faveur des associations et structures prenant en charge l'extrême pauvreté, l'exclusion sociale, les sans-abris".
En cette période, leur excuse serait une opération électorale.
Les cloches de Notre-Dame ont sonné samedi 15 août à midi Avec une intention particulière
Le soutien aux Chrétiens d'Orient était associé à la célébration de l'Assomption de Marie,
dans le cadre d'une opération rejointe par plusieurs diocèses à l'étranger.
VOIR et ENTENDRE le reportage minimaliste de l'AFP (exploité par 20Minutes, sans commentaire ni témoignages: le minimum syndical !), à la limite de l'indécence, en termes de respect des droits de l'homme, fût-il chrétien:
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Sarcelles (Val-d'Oise) pour dénoncer un "génocide" des chrétiens d'Orient et demander à la France et à la communauté internationale d'agir.
Le 15 août, la fête de l'Assomption est célébrée par les chrétiens du monde entier
Assomption de Marie, par Jacques Le Chevallier
(1952, Chapelle de Ste Bernadette d’Auteuil)
Assomption au Burkina
Les catholiques fêtent la montée au ciel de Marie, la mère de Jésus, Fils de Dieu, au terme de sa vie terrestre.
En France, depuis le vœu de Louis XIII qui place le royaume de France sous la protection de Notre-Dame de l'Assomption, les processions sont traditionnellement suivies et donnent souvent lieu à des festivités, feux d'artifices, etc., comme à Biarritz. Celle de Paris se tient depuis quelques années dans un bateau sur la Seine, où l'on sort la statue d'argent de la Vierge conservée à Notre-Dame. Le sanctuaire de Lourdes connaît ses plus grandes heures d'affluence.
Comme chaque année donc, la procession du 14 août à Notre-Dame de Paris a attiré des milliers de fidèles pour une procession sur la Seine.
Hier, mercredi 14 août 2013, la résistance aux dérives islamistes qui ensanglante l’Egypte a été le prétexte à des attaques massives contre les églises coptes du pays.
Cette jeune étudiante en droit a infiltré le mouvement des Femen pendant deux mois. Récit d’une immersion dans un système qui tient de la secte et de l’agence de com.
"Beaucoup de personnes dans mon entourage désapprouvaient les actions des Femen, mais personne ne faisait rien. J’ai voulu m’engager. Les voir de près, pouvoir en parler". Jeune étudiante en droit de 21 ans, Iseul – un prénom d’emprunt – a rejoint les Femen début avril. "Je les ai d’abord contactées pour leur dire que je voulais participer à leur lutte. Pas de réponse. J’ai alors décidé d’aller les voir, en prétextant une demande d’autographe. Je me suis présentée au Lavoir Moderne Parisien, un ancien squat qu’elles occupent, dans le quartier de la Goutte-d’Or. Quand Oksana, l’une des Ukrainiennes fondatrices du mouvement, m’a signé mon autographe, je me suis lancée, je lui ai dit que je voulais les rejoindre. Elle ne m’a pas posé de questions, elle m’a simplement répondu : "Viens demain à l’entraînement". »
Car les Femen s’entraînent. Tous les samedis, les "soldates" - une vingtaine de jeunes filles –passent plus de deux heures à améliorer leur résistance physique et à intégrer les modes d’actions des féministes ukrainiennes. Iseul a participé à six de ces séances. "On court en rond en criant des slogans comme 'Pope no more', 'In gay we trust' ou 'Topless Jihad !', raconte-t-elle. On fait des pompes, des abdos. On apprend aussi comment obtenir des photos spectaculaires : comment tomber au sol, comment disposer les bras, comment se comporter avec les policiers…" Sur le terrain, l’intervention de la police est un moment-clé. Les militantes ont ordre de demeurer sur le "théâtre d’opération" jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre. "Inna [Chevtchenko, la fondatrice] le répète sans cesse : la police n’est pas notre ennemi mais un partenaire, un moyen de faire des images, du bruit médiatique."
Cette obsession de l’image est depuis le départ, en Ukraine, au cœur de lamécanique des Femen.
Leurs entraînements hebdomadaires au Lavoir Moderne sont toujours filmés et ouverts aux journalistes. "Alors que je venais de participer à mon premier entraînement, que je ne connaissais donc personne, et que personne ou presque ne me connaissait, j’ai dû m’exprimer face à une télévision flamande voir la vidéo, dire pourquoi je menais ce combat, etc. C’était insensé ", raconte Iseul. Être prête à parler, à se montrer, à se dénuder. "Elles ont besoin de visages et de paires de seins. Comme ce n’est pas facile de se mettre nues, une sélection s’installe entre les filles qui sont prêtes à le faire, qui pourront donc participer aux actions, et les autres, qui quittent alors le mouvement ou sont cantonnées à des tâches administratives."
Comme de nombreuses organisations militantes, les Femen fonctionnent sur le principe des cercles concentriques.
Il y a d’abord les milliers de sympathisantes, essentiellement actives sur les réseaux sociaux, outil indispensable à tout mouvement de ce type, mais sans réelle proximité. Les militantes actives constituent le deuxième cercle, beaucoup plus restreint : une vingtaine de jeunes femmes. Enfin, au cœur du dispositif, se trouve le premier cercle, formé par deux des fondatrices ukrainiennes, Inna et Oksana, et trois Françaises. Ces cinq personnes maintiennent un contact permanent avec la "base" restée en Ukraine, qui constitue encore la tête pensante du mouvement, mais elles communiquent très peu avec le second cercle. " Il n’y a pas de dialogue, ni d’échanges d’infos, explique Iseul. Pour une militante, c’est presque angoissant. On ne sait pas ce qui se prépare, ou seulement au dernier moment. Le mouvement est très hiérarchisé et très opaque."
Un combat pour quelles idées ?
"Ce qui m’a le plus surpris, raconte Iseul,c’est précisément qu’on ne parle pas beaucoup d’idées. Rien à voir avec le féminisme intello auquel on est habitué en France. Elles sont beaucoup plus dans l’action." Et de décrire une ambiance où le narcissisme, amplifié par la nécessité d’exposer son corps et le désir d’être à l’affiche, les querelles d’ego et l’autoritarisme presque militaire des meneuses supplantent largement tout débat.
Du reste certaines idées vont de soi ; elles font partie du manifeste du groupe ou des questions systématiquement posées aux nouvelles candidates : êtes-vous prêtes à lutter contre la prostitution, contre les dictatures, contre l’Église [et non l'islam?] ? "Les fondatrices reprochent aux Françaises d’être trop bourgeoises. Elles éprouvent une véritable haine pour ceux qu’elles considèrent comme leurs ennemis", explique Iseul qui pense que cette violence, théâtrale, peut aussi s’expliquer par l’histoire personnelle de certaines de ces Femen.
Pour les approcher, Iseul s’était créé sur Facebook un profil de féministe plus vrai que nature, y glissant notamment des photos où elle posait, seins nus, avec sur son ventre un message de soutien à Amina, une militante tunisienne. Un passeport presque suffisant. Hormis un chèque d’inscription ("que par chance j’ai pu régler en liquide") et un entretien sommaire, on ne lui a pas demandé de prouver son identité. "En fait, on ne pose pas de questions sur le passé, sur les parcours. On est dans le présent, dans la préparation des actions à venir ou le débriefing des actions menées."
Des militantes françaises elle a pu dessiner le profil."Il y avait des profs, une pigiste, des intermittentes, des filles qui avaient connu la prostitution, aussi… Mues par un désir d’un engagement un peu nouveau, un peu punk, avec une prise de risque. Des filles qui cherchent une certaine reconnaissance, ou qui s’ennuient", analyse-t-elle. Dans cet état d’esprit, le lien de confiance établi, ou pas, avec les leaders du mouvement, joue un rôle décisif. L’organisation du mouvement repose plus sur l’affect, le don de soi ("On demande aux militantes les plus actives d’emménager au Lavoir, de tout quitter") que sur une organisation rationnelle.
Se définissant comme "une catholique normale", rentrée dans le mouvement précisément en réaction au "traitement médiatique trop indulgent", de l’épisode des Femen à Notre-Dame, Iseul a pu juger de près la complaisance de la majorité des médias. "Ce qui est significatif, raconte-t-elle, c’est que la cote médiatique des Femen a grimpé après les actions anti-Civitas ou anti-catho, mais a subi un coup d’arrêt après l’affaire du drapeau brûlé devant la Grande Mosquée de Paris".
Pour Iseul, l’infiltration a pris fin ce samedi, à 15 heures. "J’étais sur le point de participer à une action sur le terrain, explique-t-elle. Éthiquement, je ne voulais pas. On n’a que sa personne à offrir aux Femen. J’y ai passé près de deux mois, parce que je voulais voir. Cela suffit." Alors qu’elle participait à l’entraînement ce samedi, Iseul a quitté le groupe et décidé de faire connaître sa démarche au public : elle a révélé son appartenance aux "Antigones", un rassemblement de jeunes femmes qui ont conduit cet après-midi une première action spectaculaire contre les Femen, devant le Lavoir moderne. Un mouvement qui affirme que "la femme a sa dignité [qui] ne passe ni par l’exhibitionnisme, ni par l’hystérie".
Article VA du 27 Mai 2013 (photos 3 et 4 ajoutées)
Trois féministes condamnées à 4 mois de prison ferme
Les ultras avaient manifesté seins nus dans la capitale tunisienne
Arrêtées le 29 mai, elles comparaissaient pour "atteinte aux bonnes moeurs et à la pudeur" et risquaient jusqu'à six mois d'incarcération. Les deux Femen françaises Pauline Hillier et Marguerite Stern (23 et 27 ans), ainsi que leur consoeur allemande Joséphine Markmann (19 ans), ont été condamnées à quatre mois et un jour de prison ferme ce mercredi par le tribunal de Tunis.
L'action visait à réclamer la libération d'Amina Sbouïa.
Cette Femen de 19 ans arrêtée à Kairouan (sud de Tunis) dix jours plus tôt avait participé à une manifestation anti-salafiste et toujours en détention provisoire. Après quatorze jours déjà passés derrière les barreaux en détention provisoire, les activistes "sextrémistes" craignaient de voir leur procès à nouveau reporté, comme ce fut le cas la semaine dernière.
Mais elles ne s'attendaient pas à une telle sentence. Maîtres Patrick Klugman et Yvan Terel, leurs avocats français réclamaient "de manière claire et absolue la libération de (leurs) trois clientes".
"La brutalité de cette sentence augure du climat de violence dans lequel va se dérouler le procès de la tunisienne Amina", s'insurge Inna Shevchenko, porte-parole des Femen, avant d'ajouter : "Trois européennes, condamnées à de la prison ferme pour des démonstrations topless en faveur de la paix [sic], reste un terrible message envoyé au monde. Cette condamnation démontre une fois de plus que le Printemps Arabe a été confisqué par les islamistes. Mais rien ne nous arrêtera, notre action va devenir encore plus forte", prévient la Femenukrainienne. Une première provocation seins nus des Femen dans le monde arabe
"Alors que nous espérions une mesure de clémence, nous ne pouvons que regretter la sévérité de cette peine", a pour sa part concédé le Quai d'Orsay.
La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a également déploré "la sévérité" de la justice tunisienne, et précisé que les deux militantes françaises continueraient à "bénéficier de la protection consulaire" en Tunisie.
Les Femen ont revendiqué leur action
De fait à Tunis, dès l'ouverture de l'audience, vêtues d'un sefsari, le vêtement que doivent porter les femmes justiciables en Tunisie, les activistes, ont revendiqué leur action. "Dévoiler nos seins n'est pas fait pour créer une excitation sexuelle mais il s'agit d'une forme de militantisme", s'est défendu Marguerite devant les magistrats. De son côté, l'Allemande Joséphine a laissé entendre qu'elle était prête à recommencer si cela était nécessaire. "Je me réjouis de chaque opportunité pour exprimer mes positions politiques", a-t-elle répondu au juge qui l'interrogeait sur ses intentions de récidive.
Profanation de N-D de Paris par les extrémistes hystériques
De leur côté, les avocats de plusieurs associations islamiques présentes lors du procès ont fustigé la manifestation dénudée des Femen. "C'est l'islam qui honore la femme et lui offre sa liberté et non le fait de se dévêtir", a critiqué l'un des avocats, Me Slah Khlifi. Un autre, Me Monaam Turki, a estimé que l'action des trois féministes pouvait être qualifiée de "tentative d'atteinte à la sûreté de l'État", pour lequel l'article 71 du code pénal prévoit un an de prison. "Une femme libre préfère être affamée que de manger grâce à ses seins", a lancé un autre avocat, citant un proverbe arabe.
VOIR et ENTENDREles Femen protester devant l'ambassade de Tunisie:
Femen et avocats mobilisés
Caroline Fourest manifeste ici, seins nus, pour Amina.
Femen étant un réseau international, plusieurs actions ont eu lieu en Europe ce mercredi pour réclamer la libération des trois activistes. A Bruxelles (Belgique), elles ont manifesté devant le Parlement européen et devant l'ambassade de Tunisie à Madrid (Espagne). Seins nus, en short, et coiffées d'une couronne de fleurs comme à leur habitude, les militantes solidaires portaient des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire "prières pour les féministes" ou "le combat est un droit".