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vendredi 31 juillet 2015

Frère ennemi, EDF participe au démantèlement d'Areva

EDF va prendre le contrôle d'une branche d'Areva

Areva en sursis

EDF va officiellement prendre le contrôle de la branche réacteurs nucléaires d'Areva.
En contrepartie, elle lui versera quelque 2,7 milliards d'euros.
EDF récupérera alors la construction des réacteursl'assemblage des combustibles et la maintenance des centrales. Areva ne conservera que 25% de sa filiale, la moins prestigieuse.




En juillet 2011, Eric Besson avait tenu la chandelle de la réconciliation, 
des deux géants de la filière française.
L'ancienne patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, et le PDG d’EDF, Henri Proglio, avaient mis en scène leur réconciliation et, pour sa première sortie officielle, le tout nouveau patron d’Areva, Luc Oursel, avait reçu H. Proglio dans son usine de Chalon-Saint-Marcel (Saône-et-Loire), sous l’œil bienveillant du ministre de l’Industrie et de l’Energie, Eric Besson, qui avait mis tout son poids pour que le dégel entre les deux entreprises publiques produisent des résultats concrets. C'est en Saône-et-Loire que devaient justement être fabriquées 44 chaudières à vapeur, commande d'EDF et autre point chaud.
L’Etat faisait pression sur Proglio pour qu’une part plus grosse que prévue de ce marché à 2 milliards d’euros soit accordée à Areva, alors que ses intérêts faisaient pencher EDF vers les Japonais et les Américains, bien que Areva en ait d’autant plus eu besoin que sa situation financière était fragile (423 millions de perte opérationnelle en un an), malgré la récente augmentation de capital de 900 millions d’euros.

Greenpeace avait envenimé les relations en publiant un rapport qui assurait que l’EPR, pourtant garanti le plus sûr du monde, ne résisterait pas à un accident du type Fukushima, à cause de failles dans la conception du système d’alimentation électrique. L'incident provoqué par les écologistes supranationaux devait au final contribuer au rapprochement d'Areva et EDF.

C'est donc voilà cinq ans que
les intéressés avaient déjà signé un accord technique et commercial sur l’optimisation du réacteur de troisième génération EPR, la maintenance et l’exploitation du parc nucléaire, et la gestion du combustible.  Un industriel (Areva) passait un accord avec son plus gros client (EDF), qui pèse 25% de ses revenus.  Oursel promettait d'"écrire" une "nouvelle page" avec son partenaire: ce grand accord stratégique EDF-Areva était réclamé par Nicolas Sarkozy dès juillet 2010.

Pour autant, la question n'était pas tranchée de l’entrée au capital de l’électricien dans la future filiale minière d’Areva, réclamée par Henri Proglio mais qu’Anne Lauvergeon refusait. Le verrou a sauté en 
avril 2013, quand Jean-Marc Ayrault , alors Premier ministre, la nomma à la tête d'une " commission sur l'innovation".

Recapitalisation hypothétique d'Areva

Cette opération survie ne suffira pas à combler la dette du spécialiste du nucléaire français, estimée à 7 milliards d'euros et, pour les syndicats, la survie d'Areva reste incertaine et ce dépeçage n'augure rien  de bon de son avenir: "On est tous conscients : une entreprise qui a 7 milliards de dette et qui n'a que 4 milliards de carnets de commandes annuels n'est pas viable", reconnaît Pierre-Emmanuel Joly, de la CGT Areva, au micro de France 3.
De son côté, Emmanuel Macron assure en langue de bois que l'Etat "prendra ses responsabilités" : "Mais nous voulons avoir un plan de bataille du nouvel Areva", ajoute le ministre de l'Economie.

mercredi 21 août 2013

Mamère (EELV) hurle après Manuel Valls avec les loups

Manuel Valls a-t-il des supporters en "république bananière ?

Les camarades, "ensemble,"
 lui tournent tous le dos:
cohérence et solidarité...
Les propos de Manuel Valls seraient "aux antipodes des valeurs du candidat Hollande," selon le député-maire de Bègles. Mais Hollande ne confirme toujours pas...


Mamère suppurait à l'oreille de Sud-Ouest, ce matin

Sudouest.fr. Cécile Duflot a pris le contre-pied de Manuel Valls sur les questions d'immigration. A-t-elle raison de prendre ainsi la parole ?
Noël Mamère. Oui. Il était important qu’elle intervienne pour combattre les propos de Manuel Valls [propos guerriers] qui sont aux antipodes des valeurs que défendaient le candidat Hollande durant la présidentielle. Surtout qu'au-delà du sujet de l'immigration, on peut aussi rappeler les renoncements de Manuel Valls et du gouvernement sur les contrôles d’identité des policiers, les évacuations de camps de roms… Cette logique n’est pas celle proposée par l’ensemble de la gauche à la présidentielle. [Ils se sentent trahis, mais s'accrochent à leurs avantages] Il était nécessaire et urgent que Cécile Duflot intervienne. [l'écologie la motive moins que la politique...]

Néanmoins, cette prise de position prouve qu'il y a plusieurs lignes au sein du gouvernement. Cela ne pose-t-il pas un problème ?
Le problème du président de la République n’est pas d’arbitrer entre plusieurs lignes, c’est de faire des choix. Si le président de la République laisse prospérer des polémiques, il se met lui-même en danger [le pays n'importe-t-il pas davantage?] et il met la gauche et la majorité en danger. 
Souvenons-nous des déclarations du président de la République devant les maires de France à l'occasion du mariage pour tous. Il leur avait dit : si vous ne voulez pas marier deux personnes de même sexe, vous pourrez utiliser votre liberté de conscience. C’est en lâchant comme ça, en étant aussi peu combatif, que l’on fini par ouvrir des brèches [selon l'ayatollah des lobbies gay]
Sur les peines planchers, sur l’immigration, le regroupement familial, la fin de vie et la PMA (procréation médicale assistée) notamment, il va bien falloir que le président de la République tranche et arrête de jouer sur le yin et le yang.

Les écologistes attendent toujours la mise en place de la fiscalité verte ? Alors que l'on parle aussi d'une éventuelle hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) pour le financement des retraites, pensez-vous que le gouvernement aura le courage de la proposer ?
Pour nous, la fiscalité peut avoir des vertus incitatives et pas simplement punitives. Mais je crains que le gouvernement ne soit pas convaincu de la nécessité de donner la priorité à l’écologie et à la transition écologique. Pourtant, nous parlons-là d'un changement de société. Car, la seule question qui se pose aujourd'hui, c’est comment assurer la prospérité des hommes dans un monde sans croissance ? Tous les économistes le disent nous ne retrouverons plus la croissance des trente glorieuses. Dès lors, quel contenu doit-on donner au progrès ? 

Pourtant, l'objet du séminaire de rentrée du gouvernement était dédié à la France de 2025. Les propositions avancées ne vous conviennent pas ?
Pour 2025, le gouvernement va s’appuyer sur les travaux de trois personnalités : Jean Pisani-Ferry, Louis Gallois, et Anne Lauvergeon. J'ai beaucoup de respect pour eux, mais quand on est écologiste, on se pince. Je ne pense pas que Louis Gallois et Anne Lauvergeon, l'ancienne patronne d'Areva, soient sensibles aux questions écologiques. Et quand j’entends justement Anne Lauvergeon parler d’innovation de rupture, je dis : chiche, rompons avec le nucléaire.

Il est joueur Mamère !

vendredi 14 juin 2013

Quelles sont les chances de Stéphane Richard de rester patron d'Orange ?

Anne Lauvergeon se tient en embuscade
Le sort de Stéphane Richard à son fauteuil de PDG sera scellé lundi par le conseil d'administration d'Orange.
Ses chances de rester dépendent essentiellement du choix des représentants de l'Etat socialiste à l'heure des comptes et alors que le candidat Hollande promettait de ne pas interférer dans les nominations.

La mise en examen le 12 juin pour "escroquerie en bande organisée" dans le cadre de la chasse aux sorcières menée contre Bernard Tapie dans l'affaire Crédit Lyonnais : le patron d'Orange Stéphane Richard était directeur de cabinet de la ministre de l'économie Christine Lagarde. Son maintien à la tête de l'entreprise - après seulement deux ans (février 2011) - va être discuté lors d'un conseil d'administration, qui se tiendra à cette date, a déclaré François Hollande. Un vote à haut risque pour le grand patron, lâché par ses soutiens politiques.

Les représentants de l'Etat, clés de l'issue du vote

Le conseil d'administration d'Orange est composé de 15 membres, dont Stéphane Richard lui-même. Chaque administrateur compte pour une voix.


Actionnaire principal avec 27% du capital, l'Etat ne détient que trois sièges
: deux représentants de l'Agence des participations de l'Etat, nommés directement par le pouvoir, et un représentant du Fonds stratégique d'investissement (FSI), nommé par les actionnaires. Trois administrateurs sont élus par le personnel et représentent les trois syndicats les plus représentatifs de l'entreprise : la CGT (le numéro un dans l'entreprise aux dernières élections), la CFDT, et Sud

Un administrateur représente le personnel actionnaire. 
Enfin, le board compte sept administrateurs indépendants, dont certains sont très proches de la majorité socialiste. C'est le cas de Charles-Henri Filippi, qui fut directeur de cabinet de Georgina Dufoix, Muriel Péricaud, membre du cabinet de Martine Aubry lorsqu'elle était ministre, et Jean-Michel Severino, qui figurait dans l'équipe de campagne de cette dernière en 2012.


Quelle sera la position des représentants de l'Etat au conseil d'administration? 
Président Mitterrand et A. Lauvergeon
C'est la grande question. D'un côté, Stéphane Richard n'a plus les soutiens de l'Elysée ni du gouvernement. Le chef d'inculpation serait trop lourd à assumer, et il ne faut pas oublier que l'Etat est partie civile dans l'affaire Tapie. De l'autre, Pierre Moscovici et François Hollande ont assuré que "le seul critère sera l'intérêt de l'entreprise" pour déterminer le vote des trois administrateurs.


Il est difficile d'imaginer un vote majoritaire contraire à celui des représentants de l'Etat, très impliqué dans la régulation des télécoms, un secteur important pour la croissance française. Laurent Riche, délégué syndical central CFDT, estime ainsi que "l'Etat va avoir une position prédominante" et que "tout cela se prépare en amont, forcément dans une approche concertée". Les pressions sur les administrateurs indépendants doivent être terribles...


Deux syndicats contre Richard, un pour son maintien


Du côté des représentants des salariés,
la CFDT soutient "une continuité de la gouvernance", donc le maintien du PDG, mais la CGT occupe une position politique radicale et ne soutient pas Stéphane Richard, bien qu'il oit apprécié du personnel. "L'entreprise a changé de patron trois fois en cinq ans, déclare Laurent Riche. Son départ serait dommageable à la refondation sociale. Il a apporté quelque chose au dialogue social qui n'existait pas auparavant." 

La CFDT est cependant très réservée sur les actions de soutien initiées par la CFE-CGC Unsa, qui a lancé une pétition en interne. "On n'est pas là non plus pour en faire plus qu'il n'en faudrait. Si ça continue, on va faire une kermesse ou un téléthon !"

Quant aux
trotskistes de Sud, ils considèrent que la mise en examen n'est "pas compatible avec la direction de l'entreprise". "Il y a une vraie question de moralisation de la vie publique, nous affirme Christian Pigeon, représentant de SUD qui, pas plus que la CGT, ne connaît pas la présomption d'innocence. "C'est pourquoi nous demandons sa suspension, comme elle s'appliquerait à n'importe quel salarié en attente des conclusions de l'instruction." La représentante de Sud au conseil d'administration votera en fait contre le maintien de Stéphane Richard.

Est-il vraiment soutenu en interne?
En interne, un hypothétique soutien majoritaire ne pèserait sûrement pas lourd dans la décision des administrateurs. Certes, Stéphane Richard a apaisé la situation sociale de l'entreprise après les difficiles années Didier Lombard. Et l'Adeas (Association de défense de l'épargne et des salariés de France Télécom) déclare que "l'essentiel des salariés et de leurs représentants sont derrière Stéphane Richard", selon Challenges.

Une enquête du Comité national de prévention du stress indique que
69% des salariés considèrent que le "nouveau contrat social" de Stéphane Richard est surtout une opération de communication. En outre, l'effet des 10.000 recrutements sur trois ans promis par l'actuel PDG a été atténué par les départs non remplacés qui auront lieu d'ici à 2015 (4000 recrutements contre 11.000 départs). Le montant des dividendes, chiffrés à 2,1 milliards contre 4,1 milliards consacrés à la masse salariale, fait également partie des griefs envers Stéphane Richard.

Enfin,
la transition en cas de débarquement de Stéphane Richard serait vraisemblablement assurée par Gervais Pellissier, le directeur financier du groupe, nommé directeur général délégué en novembre 2011, ce qui devrait rassurer les marchés. Certains y voient d'ailleurs, dans la mesure où c'est la première fois que le groupe compte un deuxième mandataire social, la volonté d'assurer une stabilité à la société en cas de malheur...

Ainsi, les avis seraient-ils partagés sur l'intérêt de l'entreprise et de ses salariés à garder Stéphane Richard.

Mais qui pour lui succéder?

Hollande a recasé A. Lauvergeon
d'Areva à EADS en mars 2013
Stéphane Richard était lui-même numéro deux de Didier Lombard avant de prendre la direction du groupe. Mais Gervais Pellissier n'est pas cité parmi les prétendants au trône, en cas de départ de Richard. Les rumeurs envisagent l'ex-sherpa du président Mitterrand, Anne Lauvergeon qui est restée proche du pouvoir socialiste, puisqu'elle a été conseillère de François Hollande pendant sa campagne, Jacques Veyrat, qui a une longue expérience des télécoms, et du patron de la Banque Publique d'Investissement (BPI) Nicolas Dufourcq, qui a effectué une partie de sa carrière chez Orange.

De plus, le timing de cette décision ne pouvait tomber plus mal, à un an tout juste de la date de renouvellement du mandat de Stéphane Richard. De plus, l'entreprise doit réagir rapidement pour contrer une concurrence qui tire ses marges vers le bas alors que les télécoms européens sont agités par un mouvement de concentration dans lequel Orange a un rôle à jouer. Le choix de d'un membre du sérail serail donc judicieux. 
D'autant que Lauvergeon traîne un boulet: depuis janvier 2012 elle est soupçonnée d'être impliquée dans l'escroquerie présumée du rachat d'UraMin.


Cette agitation politico-judiciaire conforte une majorité des syndicats qui pointe le
mélange délétère des genres entre politique et business plaçant une entreprise privée dans cette situation, alors qu'elle n'a rien à voir avec un scandale qui, lui aussi, mêle allègrement intérêts privés et intérêts publics.