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mardi 5 avril 2011

Les filières des faux produits halal

“Fraudes et escroqueries au nom de l'Islam”




Le bouc émissaire de l'islamophobie est
un agneau halal



Le business du halal


C'est un marché extrêmement florissant qui vaut 5 milliards d’euros. Il attire donc l'attention et aiguise les appétits. Lien L'Express

Mais l’envers du décor a été mis en pleine lumière par un récent documentaire de Canal + dans le cadre du magazine « Spécial investigation », soulevant un coin du voile sur les dessous d’un business en plein boom pas si pur que cela.

Le ver serait donc dans le fruit juteux. De traces de porc aux volailles abattues mécaniquement, en passant par l’absence de réglementation et le foisonnement de pseudo-organismes de certification halal, l’enquête journalistique dissipe tous les doutes : les abus sont légion, et la fraude, une pratique coutumière.

VOIR et ENTENDRE la 1ère partie d'un reportage de Canal+ (1/3):
Une vieille tradition de fraude
En 2007, il avait fallu plus de trois mois pour démanteler une mafia du faux hallal.
Trois entreprises hollandaises ( très grand abattoir de bovins Brada) et françaises ( transformation de viandes Charal et grande distribution Carrefour). Elles étaient si bien organisées pour la fraude et les tromperies dans des pays européens qu'elles ont réussi à imposer leurs produits “dont ne voudraient pas les chiens ..” aux consommateurs musulmans d'Europe et d'ailleurs.
Trois mois d'investigations, de persévérance et de patience, mais aussi d'intimidations et de menaces, voire de calomnies, avant de parvenir à recouper les informations, les confirmer par des preuves et documents irréfutables. A la croque au sel, ils dévorent les fouineurs, à la scie ils les dénigrent.

Le fameux “guide” de Brada qui assure le “100 % hallal”. Balivernes !
Pour éviter le dépôt de bilan, l'abattoir hollandais avait investi dans le marché des viandes hallal mais en recourant à la fraude.
En Europe, l'égorgement des bêtes, appelé “abattage par saignée”, n'est autorisé que par dérogation pour les juifs et les musulmans. Pour ce faire, les abattoirs autorisés doivent être équipés, notamment d'un “piège” appelé communément “tonneau” dans lequel le bovin est introduit afin que son débattement se fasse à l'intérieur du “piège” pour éviter des accidents. Or, le 8 décembre 2005, les services vétérinaires hollandais sont formels : “L'abattoir ne bénéficie d'aucune autorisation ou dérogation pour pratiquer l'abattage rituel hallal”.

Chez Brada on peut tout visiter, sauf le lieu d'abattage de vieilles bêtes de piètre qualité : il faut se satisfaire de l'affirmation: “nous égorgeons selon le rite islamique” et la promesse de documents 'en bonne et due forme': “Nous vous délivrerons des certificats de contrôle hallal”. De prime abord, le certificat est tout à fait réglementaire car il est signé et cacheté par Abd El Moneïm Mustapha Al Chaman, le directeur du bureau de contrôle hallal. (Ce n'est pas le cas en France et en Belgique où les “certificats” portant l'intitulé d'organismes de contrôle sont signés par le sacrificateur avec cachet de l'abattoir, ce qui n'est pas conforme, puisque le sacrificateur n'est pas un contrôleur”.Mais Brada ne pratique pas l'abattage hallal rituel.

Ce bureau de contrôle hallal est situé au sein même du consulat de Syrie à La Haye. Al Chaman assure qu'il n'a aucune relation avec cet abattoir et que le certificat remis par Brada est un faux.

Où en est la filière du faux halal ?

2007, c'était il y a tellement longtemps... Mais en octobre dernier, il n'y a donc pas six mois, un documentaire de C+ dénonçait encore des dérives du business hallal

Ce documentaire de Canal+ le lundi 11 octobre 2010 sur les dessous du business halal dénonce les dérives et les abus.

Voici la deuxième partie de l'enquête du magazine "Spécial investigation", signée Feurat Alani et Florent Chevolleau, qui montre comment l'absence de réglementation et la multiplication des organismes de certification halal douteux autorisent les fraudes les plus graves.
Ainsi, une analyse pratiquée sur des bonbons certifiés halal de la marque espagnole Fini a permis de détecter dans leur composition la présence de gélatine de porc.

De même, une enquête dans une usine d'abattage de poulets de la marque Doux permet de découvrir que les volailles certifiées halal sont anesthésiées et abattues mécaniquement, contrairement aux règles religieuses musulmanes.

Autre exemple à Rungis, où le volume de la viande halal a doublé en 10 ans. Faute de contrôle, il est possible de se procurer des certificats de complaisance, comme en témoigne un vendeur interrogé dans le documentaire.
"C'est du business tout ça, je sais comment ça se passe dans certaines boucheries soit disant halal, la viande est achetée a Rungis et ils nous font croire que c'est hallal alors que ça ne l'est pas. (faux tampons halal, etc, etc ...) les mecs tout ce qu'ils voient , c'est la rentabilité, point barre."


VOIR et ENTENDRE la deuxième partie (2/3):

VOIR et ENTENDRE la troisième et dernière partie du reportage (3/3):

Les restaurants Quick ne se laissent pas impressionner

Non seulement Quick n’a pas abandonné le halal, mais que 14 restaurants sont passés au « halal » dès le 1er septembre dernier
, dont 8 dans les villes suivantes :
- Chelles (77)
- Sevran (93)
- La Courneuve (93)
- Rosny-sous-Bois (93)
- Créteil (94)
- Strasbourg (67)
- Reims (51)
- Creil (60)
Les villes de Lille, Bordeaux et de nouveau Marseille étaient aussi concernées. En revanche, aucun des restaurants parisiens n’a été sélectionné.

Depuis le passage au « halal », les huit restaurants qui ont défrayé la chronique avant les élections régionales ont évité la fermeture. Mieux, le chiffre d’affaires de chacun de ces restaurants a littéralement explosé. Un succès rapide, dont l’ampleur a surpris le groupe Quick lui-même.

L'intoxication d'un jeune par un restaurant Quick et sa mort n'ont d'ailleurs pas suffi à dégriser la chaîne de restaurants de la Caisse des Dépôts et Consignations.

vendredi 9 juillet 2010

Financement du PS par les militants (85-89) ? Affaire Urba -4/4

Financement du PS - Affaire Urba -partie 4/4

23 mars 1989. Emotion à la réunion des délégués régionaux. L'affaire des fausses factures de Marseille fait des vagues. Le juge Culié multiplie les inculpations. Notamment celles des dirigeants de la Sormae. A l'Elysée et Place Vendôme, on est de plus en plus inquiet. A Urba-Gracco aussi. Claire allusion au «risque pénal encouru par les délégués régionaux». Et Delcroix d'écrire qu'avec eux le commissaire aux comptes, le chef comptable et le trésorier du GIE, Pierre Letort, risquent «l'écrou et la tôle» (sic).

Oh comprend mieux pourquoi, au printemps 1989, le pouvoir ne veut absolument pas d'une information judiciaire sur Urba-Gracco. Et pourquoi, le 14 mai, lors de son traditionnel pèlerinage de Solutré, le président - qui est parfaitement informé du dossier - propose une nouvelle loi sur le financement des partis politiques. Et une seconde amnistie en moins d'un an ! Du jamais-vu dans les annales !

On aurait pu en rester là si, en octobre dernier, Antoine Gaudino n'avait publié son livre-brûlot, «L'Enquête impossible», révélant qu'Urba-Gracco avait financé, à hauteur de 25%, la campagne présidentielle de François Mitterrand. Ce qui n'apparaît pas dans les comptes communiqués par Henri Nallet au Conseil constitutionnel. Résultat: depuis un mois, chaque mercredi, lors de la séance des questions orales à l'Assemblée nationale, l'opposition livre une guérilla verbale à la majorité. La droite, pugnace - comme si elle était exempte de tout reproche en la matière - demande à cor et à cri l'ouverture d'une information judiciaire sur Urba-Gracco par la voix de François d'Aubert (UDF) et de Nicole Catala (RPR), ou proclame, par celle de Philippe de Villiers (UDF, Vendée), que les comptes du candidat Mitterrand publiés au «JO» sont des faux. Ce qui vaut illico à l'association Le Puy-du-Fou, qu'il préside, un redressement fiscal de 4 millions de francs. Alors que, à l'issue de ses investigations, le contrôleur des impôts qui avait consulté le livre de comptes n'y avait trouvé «aucune irrégularité, pas même une seule erreur de TVA». Dans son langage fleuri, le ministre du Budget, Michel Charasse, fournira bien vite à de Villiers la clef de ce rebondissement: «Vous, vous nous emmerdez. Eh bien, nous, on va vous emmerder!»

Ambiance. On se croirait revenu trois ans en arrière, au plus fort des remous causés par l'affaire Luchaire. Dans la logomachie un peu absconse à laquelle le bon peuple est soumis depuis quelque temps, qui a tort et qui a raison? Tout le monde et personne. En fait, le montage qui a permis de financer la campagne socialiste repose sur deux cagnottes distinctes. Celle du candidat Mitterrand en personne, que Nallet a gérée entre le 23 mars et la fin mai 1988, et dont il a, par la suite, publié la comptabilité, en application de la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence de la vie politique. Et celle du PS, qui a payé toute la partie de la campagne menée, pour le compte du chef de l'Etat, par les ténors du parti. Quand Louis Mermaz ou Lionel Jospin allaient battre l'estrade au fin fond des provinces, c'est la caisse du PS, et non celle de Nallet, qui réglait les frais d'avion, d'hôtel, de location de salles ou de voitures, etc.

Et Urba-Gracco, dans tout cela? L'organisation de Gérard Monate a continué de jouer son rôle de principal bailleur de fonds du parti. Avec le «candidat Mitterrand», elle n'a guère été généreuse. Monate a signé trois chèques de 50 000 francs chacun pour Nallet - «après accord du trésorier du PS, André Laignel» - tirés respectivement sur les comptes d'Urbatechnic, de Gracco et de Valorimmo, autre société de la nébuleuse GSR. En revanche, le PS s'est montré fort gourmand en faisant régler par Monate 24,6 millions de francs de factures diverses. Ce qui alourdit singulièrement la note de l'opération, que Nallet a chiffrée modestement, dans le «Journal officiel» du 16 juillet 1988, à 99,8 millions de francs - couverte seulement à hauteur de 64,9 millions par les recettes de campagne.

A présent, GSR est en liquidation.
Une loi prétend moraliser les finances des partis politiques. Plus d'un observateur en doute. «La droite a toujours travaillé avec des valises d'argent liquide, affirme Monate. Elle pourra continuer, les censeurs n'y verront que du feu !» Mauroy lui-même a versé une larme, lors d'un récent comité directeur du PS, en affirmant que «ceux qui ont travaillé avec Urba-Gracco étaient des vertueux».


Pourtant, aujourd'hui, les vertueux se rebiffent. Monate a toujours refusé un blanchiment à la sauvette: «Je ne suis pas un truand, clame-t-il. Je veux expliquer publiquement ce que j'ai fait. Je n'ai pas à en rougir.» Ses deux collaborateurs, Delcroix et Desjobert, qui avaient formé un pourvoi en cassation contre leur renvoi en correctionnelle, viennent de se désister. Ils comparaîtront devant le tribunal en janvier 1991 avec leur ancien patron. Un beau déballage en perspective.

Financement du PS par les militants (85-89) ? Affaire Urba -3/4

Financement du PS - Affaire Urba -partie 3/4

8 octobre 1987
. Naissance officielle de la fameuse société tampon.
Son nom: Multiservices. Adresse: 8, rue de Liège, Paris-VIII°. Son objet: «Payer un tas de petites choses hétéroclytes [sic]». Delcroix précise que les ressources de Multiservices proviennent soit de contrats spécifiques, soit de contrats passés par des sous-traitants d'Urba-Gracco. L'activité de Multiservices commencera officiellement le 1er décembre 1987 et se terminera en septembre 1989. Chiffre d'affaires prévu: 10-12 millions de francs.
12 octobre 1987. «Situation financière: pas mal», écrit Delcroix. A preuve, dit-il en substance, un découvert à la BCCM de 606000 francs, alors qu'elle autorise 2,8 millions. Idem à la Bred, avec 864 000 francs, pour 1,1 million autorisé. Suit une liste d'élus rencontrés par GM: Auroux (Roanne). Commentaire: bonne rencontre.» Et de ceux qu'il ira voir: les députés Pierre Forgues, maire adjoint de Tarbes; Roger Mas, de Charleville, Laurent Cathala, maire de Créteil.

26 octobre 1987. Comité de coordination. Toujours les mêmes présents: Monate, Claustres, Blardone, et, bien sûr, Delcroix. Ordre du jour: «Les entreprises auprès desquelles on pourrait soutirer de l'argent». Leurs noms: Bouygues, Compagnie générale des eaux, Société auxiliaire d'entreprises, Lyonnaise des eaux, Spie-Batignolles. Liste agrémentée des noms des contacts, avec numéros de téléphone. Ce sont généralement les présidents des groupes.

Pour mémoire, on rappelle la liste des généreux donateurs en 1981:
Casino (1 150 000 francs),
Quillery (270 000),
Auchan (100 000),
Campenon-Bernard (350 000),
Compagnie générale des eaux (400 000),
Pernod (180 000).
En tout: 4 363 000 francs, récoltés auprès de 23 entreprises.

2 novembre 1987. Comité de coordination. Sur la sellette, à nouveau, les sociétés qui font de la concurrence à Urba-Gracco. Commentaire de Delcroix: «La commission de contrôle semblerait décidée à faire quelque chose.» Suivent alors des indications qui montrent que certains députés n'ont visiblement pas recours à Urba-Gracco: «Serco, Coffineau, Sages,... Rocard? Pezet (Irec), Copaps (Marius Bouchon), Sainte-Marie, Pierret, Association mosellane.» Nota bene: Michel Coffineau est député du Val-d'Oise, Christian Pierret, des Vosges, et Michel Sainte-Marie, de la Gironde.

14 décembre 1987. Comité de coordination à l'hôtel Arcade, à Paris. «Situation financière reste bonne. GM (Gérard Monate] va voir demain Laignel. Avant congés, va voir Elysée au sujet financement partis.» Rien de surprenant: l'affaire Luchaire - trafic d'armes vers l'Iran - relance le débat. Et le gouvernement Chirac, à la demande du président de la République, prépare une loi sur le financement des partis... assortie d'une amnistie.

11 janvier 1988. Réunion des délégués régionaux d'Urba-Gracco. Nous sommes à quatre mois de l'élection présidentielle. Tout baigne! A preuve, cette annotation de Delcroix: «Trésorerie. Les mecs, on est positifs à la BCCM. Du jamais-vu!» Delcroix note une réunion des trésoriers généraux du parti, prévue pour le 30 janvier. GM ira.

18 mars 1988. Comité de coordination. Exposé de Monate: renforcement du personnel de la Rue de Solferino: 11 personnes. Multiservices va fermer. Argent campagne présidentielle: «9 U [millions] payés sur 25 prévus.»

2 décembre 1988. Réunion à l'hôtel Ibis. On fait le bilan des fonds de la campagne présidentielle: «24 694 653 faits. 21 300 000 payés. Environ 3 000 000 à payer.» Mais, déjà, il faut penser à l'avenir. En clair: «Les municipales de 1989 nous coûteront cher. Et les européennes nous attireront des demandes du parti.»
Enfin, le temps des récompenses
: une augmentation de 3% est décidée pour tout le personnel d'Urba-Gracco à compter du 1er janvier 1989.

Financement du PS par les militants (85-89) ? Affaire Urba -2/4

Financement du PS - suite de l'affaire Urba 2/4
Ce n'est pas tout. Le PV du 5 mai sort un nouveau nom: celui de Philippe Sanmarco, député PS des Bouches-du-Rhône et adjoint au maire de Marseille jusqu'au 12 mars 1989. Celui-ci, grâce à des associations de façade, aurait financé sa campagne électorale à hauteur de 2 486 000 francs. Le juge Pierre Culié demandera, le 11 octobre 1989, l'inculpation de Sanmarco.

A ce jour, rien ne s'est passé. Sanmarco a eu plus de chance que tous ceux qui, de la gauche à la droite, se retrouvent épinglés dans le dossier du magistrat: les Pezet, Nungesser, Cordonnier Roux... Lesquels seront, au bout, du compte, sauvés par l'amnistie.

Des noms, il en défile beaucoup dans les cahiers à spirale de Delcroix. L'Express a pu consulter ses notes pour la période 1985-1989. Et disséquer ainsi l'histoire du financement du PS sur cinq ans.
En voici, à l'état brut, quelques morceaux choisis: 25 avril 1985. Réunion du comité de coordination.
Présents: Gérard Monate, président; Jean-Louis Claustres, directeur général; Jean-Dominique Blardone, secrétaire général, ancien directeur de cabinet d'André Laignel; et, bien sûr, Delcroix lui-même, directeur administratif. Les législatives sont dans moins d'un an. Il faut y penser. Inquiétude sur les «bureaux d'études parallèles» qui voudraient concurrencer Urba-Gracco auprès des élus socialistes. Delcroix les cite: «Le GEC (Petitdemange, ancien chef de cabinet de Rocard), Socofred (Poperen), Certa (Fajardie, Maurois [sic].)»

Pas question de faire des démarches auprès des parallèles, note encore Delcroix. En bas de page: «Pour les législatives, 6,5 à 7 millions de plus sont nécessaires.» 20 juin 1986. Réunion des délégués régionaux. «GM [Gérard Monate]: nous sommes mandatés par le parti qui a pris des risques politiques pour couvrir nos sociétés. Sans le parti, nous ne serions plus rien.»

3 février 1987. Encore une réunion du comité de coordination. Delcroix note: «Trésorerie: bonnes recettes de ce matin. Améliorent la trésorerie qui se présentait critique en fin de semaine dernière.» «Congrès PS va coûter cher.» «GM voit Romant. Sec fédé Lille (59). Voit JC Colliard, Elysée, le 24/2. A reçu Beauchamp, président commission de contrôle du PS.» Georges Beauchamp, l'un des fidèles de François Mitterrand, dont il fut, sous la IVe République, le collaborateur dans divers ministères. 30 mars 1987. Comité de coordination. Atmosphère au beau rixe. Delcroix écrit: «Comme dit GM, heureusement qu'on a le congrès [de Lille], sinon on ne saurait pas comment dépenser!»... La trésorerie du PS atteint, il est vrai, la coquette somme de 6 113 000 francs. A la dernière ligne, entourée et soulignée, cette phrase: «Maintenant, il faut penser aux présidentielles.»

11 mai 1987. Comité de coordination. Capital. Pour la première fois est évoqué le financement de la campagne présidentielle de 1988. Un besoin de 100 millions, dont 25 à la charge d'Urba-Gracco (à l'époque, personne ne sait qui défendra les couleurs du PS). Petit problème: la trésorerie du parti est exsangue. Aussi, le comité de direction d'Urba-Gracco demande de relancer Bouygues et la Compagnie générale des eaux. Enfin, en bas de page, ce petit rappel: «7 mai. GM a vu les impôts. Ça s'est bien passé.»

4 juin 1987. Réunion des délégués régionaux. Compte rendu sur deux pages. Delcroix évoque le congrès de Lille, qui a coûté 7,7 millions de francs. Suivent quelques notes sur la campagne présidentielle: «SVP. Elysée et trésorier cumul à 100 millions de francs. Prise en charge par GIE en un court temps.» En bas et à gauche de la première page, ce commentaire de Delcroix, plein d'espoir: «L'image du groupe s'est améliorée. Le PS nous aidera.» A la deuxième page, Delcroix évoque la création, pour une courte durée, d'une société tampon chargée de recevoir des fonds parallèlement à Urba-Gracco. «Date d'opérationalité [sic]: avant les présidentielles de 1988. Disparition: après les municipales de 1989.»

vendredi 4 septembre 2009

Les parents d'élèves vigilants font de la résistance à la MAE

Cette mutuelle d'assurance scolaire piège les pigeons de parents

L'assurance scolaire,
ce qui pèse dans le cartable,
mais que veut ignorer la MAE,
et, avec elle,
les instits militants...
et la FCPE.




Avec la rentrée des classes, les parents se posent comme tous les ans la question de l'assurance scolaire des enfants. Entre les différentes compagnies et les fédérations de parents d'élèves, la guerre des prix s'intensifie, avec une nouveauté cette année : des assurances scolaires fournies gratuitement par des supermarchés.
Or, la MAE (lien PaSiDupes au libellé 'MAE'), assurance scolaire et extra-scolaire de la maternelle à l'université, est depuis des dizaines d'années le type même du produit adapté aux bons pères de famille qui portent à la fois la ceinture et les bretelles. La concurrence entend bien désormais exploiter ce filon. Et pourquoi ne le ferait-elle, puisque les vertueux ont des lustres d'exploitation d'avance ?
Pourtant, qu'une société d'assurance privée vende une couverture superflue est certes ignoble, mais qu'une mutuelle de gauche prenne au moins 9,90 euros par an à des familles défavorisées qui se font démarcher dans le sanctuaire sacré de l'école laïque relève de l'indécence et du scandale.
La MAE abuse de la confiance que les familles les plus fragiles placent dans les instituteurs de leurs enfants. La participation des ex-hussards de la République au marketing de la MAE est-elle vertueuse?


Faut-il ou non souscrire une assurance scolaire ?

Bien qu'elle soit vivement conseillée par le ministère de l'Éducation Nationale, cette assurance est facultative. Les enfants sont en effet couverts pour les activités scolaires obligatoires. Cette assurance est en revanche exigée pour les activités extrascolaires proposées par les établissements (sorties, classes découvertes, séjours linguistiques…). De nombreux contrats proposent aussi des garanties complémentaires (service d'assistance…).
Toutefois, il n'est pas toujours nécessaire de souscrire une assurance spécifique, car votre enfant est peut-être déjà couvert par le biais de vos assurances personnelles. Les assurances scolaires comportent en effet deux garanties distinctes : l'une de responsabilité civile, couvrant les dommages que l'enfant pourrait causer à d'autres enfants et l'autre, assurant ses propres dommages corporels. Généralement, les assurances multirisques habitation comportent une garantie responsabilité civile. De plus, certains contrats " garantie des accidents de la vie " ou " individuelle accident corporel " assurent l'enfant lorsqu'il est victime d'un accident. (source
Le Figaro)

La MAE est le n°1 de l'assurance inutile depuis plus de 75 ans

L'école est aujourd'hui le théatre d'une bataille acharnée entre commerçants de l'assurance scolaire dont nos enfants sont les cibles innocentes mais convoitées. La MAE était la seule -avec MMA- à profiter de ce marché protégé et du privilège de distribution de ses produits dans les établissements scolaires, grâce à des accords commerciaux passés avec les fédérations de parents d'élèves.

Le vertueux chantage de la MAE et de ses supplétifs enseignants


  • Cette mutuelle recommandée par la troupe des instituteurs est menaçante: « Nombres d’enfants scolarisés (vague mais impressionnant...) se trouvent privés de sorties pédagogiques organisées par de plus en plus d’établissements (message politique ?), dans le cadre scolaire, au motif (prétexte douteux ?) que ces élèves n’ont pas souscrit d’assurance adéquateadéquate » jette le trouble dans les esprits: mon enfant est-il correctement protégé ?). » Comme si les parents avaient attendu la rentrée scolaire et la MAE pour assurer leurs gosses !

  • Les professeurs des écoles sont également inquiétés
    "La réglementation en la matière prévoit, tant pour la tranquillité du maître que pour la sécurité des élèves, que lors de telles sorties ceux-ci soient garantis par une assurance couvrant les risques encourus tant pour eux-mêmes que vis-à-vis des tiers. " Autant franchement menacer du tribunal les enseignants déjà fragilisés par le risque quotidien de coups et blessures de la part d'élèves et de parents.

  • La presse fait d'ailleurs également de la surenchère.

    Gare aux coups et blessures...
    Les enseignants entrent-ils en cours
    bien couverts ?

    Ce principal de collège de Villeneuve-lès-Avignon ne fut-il pas « violemment aggressé » (lien Le Télégramme) par un papa qui n'acceptait pas que son rejeton de troisième soit séparé de son meilleur ami ? Sur France Info, la reporter parlait aussi ce « coup violent ». Si on peut être victime « en douceur » d'une agression, pourquoi la MAE ? Et si, aussi bien, tout coup n'est pas violent, pourquoi la MAE ? Au final, nul doute que, dans son malheur, le principal était bien couvert par la MAE... Bientôt, nous serons tous 'violemment frappés' par ...la grippe A/H1N1.

  • Puisque les assurés sont utiles à la nébuleuse socialiste, les parents-militants de la FCPE peuvent adhérer à la MAE si ça leur chante de soutenir une mutuelle inutile aux autres. Mais, l'immense majorité des parents responsables possède déjà une couverture suffisante pour toute la famille, à la maison et en dehors, donc sur le chemin à l'école comme à l'intérieur. Ils n'ont besoin de la MAE que s'ils se résignent à n'assurer que leurs enfants.
    Versée par le gouvernement, l'ARS (allocation de rentrée scolaire) peut certes contribuer à l'entretien des militants de la MAE, mais les familles qui ne soutiennent pas la gauche ou peinent à faire face aux frais de rentrée peuvent -sans dommage- faire l'économie d'une dépense superfétatoire.

  • La fonction commerçante des instits

    Leur tâche supplémentaire de démarchage n'est ni pédagogique ni éducative, mais pourtant librement consentie par des instits qui manquent par ailleurs de temps et d'effectifs, nous assurent-ils.
    Les militants du syndicat hégémonique des professeurs des écoles, le SNU-ipp, se livrent néanmoins à un double abus: abus de position dominante et abus de confiance.
    Dans cette situation encore, leur hiérarchie administrative ferme les yeux, puisque les chefs d'établissement ne parviennent à cette responsabilité qu'avec l'aval du syndicat co-gestionnaire de l'Education Nationale. Les fiches d'adhésion sont distribuées dans les classes du primaire, comme du secondaire et disponibles à l'université, auprès de l'UNEF. Difficile de justifier ensuite la chasse aux pubs de MacDo ou de Coca Cola...

    Mais la morale de la MAE est néanmoins sauve !

    La MAE bénéficie-t-elle de tarifs préférentiels sur les chaînes du service public pour avoir les moyens d'occuper les écrans de télévision dès le mois d'août ? Outre France 2, France Info est ainsi très accueillante, aux meilleures heures d'écoute, à la MAE, comme à la MAIF (Mutuelle des Instituteurs de France), l' « assureur militant » depuis 1947. Notons que même si, dans l'ensemble, les sociétaires de la CAMIF (coopérative des adhérents à la mutuelle des instituteurs de France: tiens, encore eux ?) font depuis peu exception, il fait chaud au coeur d'appartenir à une grande famille solidaire. Car, si la MAE "intègre aussi les risques de pandémie grippale", c'est peut-être justement suite à un accord avec la MAIF. Mais c'est alors à se demander ce que fait la Sécu.

    Ce type de pratique mutualiste est-il plus moral que celle de Carglass

    L'aimable société commerciale assure que « les réparations d'impact sont gratuites » quels que soient la marque, le modèle ou l’âge de votre véhicule ». Mieux, elle promet de faciliter les formalités de déclaration de bris de glace, mais c'est à condition d'en faire la déclaration à votre ...assureur ! Bien joué !

    Une vaste escroquerie

    La MAE a-t-elle des excuses de ne pas être la seule à jeter ses filets sur les familles confiantes? Il est clair que non seulement elle ne vaut pas mieux que les autres, mais elle aussi plus chère. La concurrence s'est jetée sur ce marché juteux mais au moins les autres ne sont-elles pas des mutuelles. Désormais, la grande distribution s'intéresse aussi à ce marché qui pèserait environ 200 millions d'euros.

    Pour la PEEP (lien), la MMA (Mutuelles du Mans Assurances) offre une assurance gratuite aux détenteurs de contrats habitation et GAV (garantie accidents de la vie) et trois formules entre 8 et 22€.
    AGF ne facture son assurance scolaire qu'un euro pour ses clients assurés en GAV.

  • Géant (Casino) propose une assurance scolaire à 1€ aux détenteurs de sa carte de fidélité qui réaliseront avant le 19 septembre, à la condition de dépenser 30€ en fournitures scolaires dans la surface.
  • Carrefour (lien) offre l'assurance scolaire à 0 euro, au lieu de 15 €, aux détenteurs de la carte de fidélité.

    ECOUTER RTL
    (Florence Cohen - 04 sept. 2009)
    Certains hypermarchés se lancent sur le marché en offrant des assurances contre un caddie bien rempli de fournitures scolaires
  • La MAE peut racketter jusqu'à 33 euros...

    Comme il s’agit de sommes modiques, de 8 à 33 euros, la plupart des parents payent sans se poser de questions, et surtout sans se rendre compte dans la fièvre de la rentrée que, la plupart du temps :

    1. l’assurance intra-scolaire est déjà comprise dans l'assurance habitation ;
    2. l’assurance extra-scolaire peut-être souscrite auprès de sa compagnie en complément de l'assurance habitation pour quelques euros.

    La MAE défend son privilège bec et ongles

    La mutuelle, qui ne détient plus que 25 % du marché, n'a pas apprécié la concurrence.

    La MAE a assigné Carrefour en référé pour que l'enseigne cesse de diffuser cette offre. Mais elle vient d'être déboutée par le juge du tribunal de grande instance d'Évry. « Dans son ordonnance, celui-ci estime toutefois que l'offre de Carrefour “doit être nécessairement assimilée à une pratique abusive”, au même titre que les autres, ce qui nous conforte », prétend pourtant Edgard Mathias, président de la MAE. Cette mutuelle n'exclut pas de saisir à nouveau la justice dans les semaines qui viennent. « Nous ferons juger l'affaire “au fond” si nous perdons beaucoup de clients à cause de cette offre », avance Edgard Mathias, bien que les pertes soient déjà considérables.
    Pour l'heure, Carrefour est confiant. « Notre offre a entraîné une progression très significative du nombre de contrats souscrits par rapport aux autres années (environ 12 500 en 2008) », a souligné le directeur des assurances Carrefour.

    Les temps se font de plus en plus durs pour la MAE.
    Après avoir compté jusqu'à 7 millions d'adhérents dans les années 1970, l'assureur n'en tient plus que moins de 50% en otages, avec 3,3 millions de pigeons. Ces trois dernières années, il a perdu plus de 200 000 adhérents par an. Pourtant, la MAE est la seule avec MMA à pouvoir distribuer ses produits dans les établissements scolaires grâce à des accords commerciaux passés avec les fédérations de parents d'élèves, dont nombre de ceux de la FCPE sont des parents …enseignants !

    A chaque lecteur de voir si certaines mutuelles méritent leur image et si la MAE sert les intérêts de la mutualité. Il semble bien qu'elle soit en voie de disparition pour perversion.