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vendredi 9 juillet 2010

Financement du PS par les militants (85-89) ? Affaire Urba -4/4

Financement du PS - Affaire Urba -partie 4/4

23 mars 1989. Emotion à la réunion des délégués régionaux. L'affaire des fausses factures de Marseille fait des vagues. Le juge Culié multiplie les inculpations. Notamment celles des dirigeants de la Sormae. A l'Elysée et Place Vendôme, on est de plus en plus inquiet. A Urba-Gracco aussi. Claire allusion au «risque pénal encouru par les délégués régionaux». Et Delcroix d'écrire qu'avec eux le commissaire aux comptes, le chef comptable et le trésorier du GIE, Pierre Letort, risquent «l'écrou et la tôle» (sic).

Oh comprend mieux pourquoi, au printemps 1989, le pouvoir ne veut absolument pas d'une information judiciaire sur Urba-Gracco. Et pourquoi, le 14 mai, lors de son traditionnel pèlerinage de Solutré, le président - qui est parfaitement informé du dossier - propose une nouvelle loi sur le financement des partis politiques. Et une seconde amnistie en moins d'un an ! Du jamais-vu dans les annales !

On aurait pu en rester là si, en octobre dernier, Antoine Gaudino n'avait publié son livre-brûlot, «L'Enquête impossible», révélant qu'Urba-Gracco avait financé, à hauteur de 25%, la campagne présidentielle de François Mitterrand. Ce qui n'apparaît pas dans les comptes communiqués par Henri Nallet au Conseil constitutionnel. Résultat: depuis un mois, chaque mercredi, lors de la séance des questions orales à l'Assemblée nationale, l'opposition livre une guérilla verbale à la majorité. La droite, pugnace - comme si elle était exempte de tout reproche en la matière - demande à cor et à cri l'ouverture d'une information judiciaire sur Urba-Gracco par la voix de François d'Aubert (UDF) et de Nicole Catala (RPR), ou proclame, par celle de Philippe de Villiers (UDF, Vendée), que les comptes du candidat Mitterrand publiés au «JO» sont des faux. Ce qui vaut illico à l'association Le Puy-du-Fou, qu'il préside, un redressement fiscal de 4 millions de francs. Alors que, à l'issue de ses investigations, le contrôleur des impôts qui avait consulté le livre de comptes n'y avait trouvé «aucune irrégularité, pas même une seule erreur de TVA». Dans son langage fleuri, le ministre du Budget, Michel Charasse, fournira bien vite à de Villiers la clef de ce rebondissement: «Vous, vous nous emmerdez. Eh bien, nous, on va vous emmerder!»

Ambiance. On se croirait revenu trois ans en arrière, au plus fort des remous causés par l'affaire Luchaire. Dans la logomachie un peu absconse à laquelle le bon peuple est soumis depuis quelque temps, qui a tort et qui a raison? Tout le monde et personne. En fait, le montage qui a permis de financer la campagne socialiste repose sur deux cagnottes distinctes. Celle du candidat Mitterrand en personne, que Nallet a gérée entre le 23 mars et la fin mai 1988, et dont il a, par la suite, publié la comptabilité, en application de la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence de la vie politique. Et celle du PS, qui a payé toute la partie de la campagne menée, pour le compte du chef de l'Etat, par les ténors du parti. Quand Louis Mermaz ou Lionel Jospin allaient battre l'estrade au fin fond des provinces, c'est la caisse du PS, et non celle de Nallet, qui réglait les frais d'avion, d'hôtel, de location de salles ou de voitures, etc.

Et Urba-Gracco, dans tout cela? L'organisation de Gérard Monate a continué de jouer son rôle de principal bailleur de fonds du parti. Avec le «candidat Mitterrand», elle n'a guère été généreuse. Monate a signé trois chèques de 50 000 francs chacun pour Nallet - «après accord du trésorier du PS, André Laignel» - tirés respectivement sur les comptes d'Urbatechnic, de Gracco et de Valorimmo, autre société de la nébuleuse GSR. En revanche, le PS s'est montré fort gourmand en faisant régler par Monate 24,6 millions de francs de factures diverses. Ce qui alourdit singulièrement la note de l'opération, que Nallet a chiffrée modestement, dans le «Journal officiel» du 16 juillet 1988, à 99,8 millions de francs - couverte seulement à hauteur de 64,9 millions par les recettes de campagne.

A présent, GSR est en liquidation.
Une loi prétend moraliser les finances des partis politiques. Plus d'un observateur en doute. «La droite a toujours travaillé avec des valises d'argent liquide, affirme Monate. Elle pourra continuer, les censeurs n'y verront que du feu !» Mauroy lui-même a versé une larme, lors d'un récent comité directeur du PS, en affirmant que «ceux qui ont travaillé avec Urba-Gracco étaient des vertueux».


Pourtant, aujourd'hui, les vertueux se rebiffent. Monate a toujours refusé un blanchiment à la sauvette: «Je ne suis pas un truand, clame-t-il. Je veux expliquer publiquement ce que j'ai fait. Je n'ai pas à en rougir.» Ses deux collaborateurs, Delcroix et Desjobert, qui avaient formé un pourvoi en cassation contre leur renvoi en correctionnelle, viennent de se désister. Ils comparaîtront devant le tribunal en janvier 1991 avec leur ancien patron. Un beau déballage en perspective.

Financement du PS par les militants (85-89) ? Affaire Urba -2/4

Financement du PS - suite de l'affaire Urba 2/4
Ce n'est pas tout. Le PV du 5 mai sort un nouveau nom: celui de Philippe Sanmarco, député PS des Bouches-du-Rhône et adjoint au maire de Marseille jusqu'au 12 mars 1989. Celui-ci, grâce à des associations de façade, aurait financé sa campagne électorale à hauteur de 2 486 000 francs. Le juge Pierre Culié demandera, le 11 octobre 1989, l'inculpation de Sanmarco.

A ce jour, rien ne s'est passé. Sanmarco a eu plus de chance que tous ceux qui, de la gauche à la droite, se retrouvent épinglés dans le dossier du magistrat: les Pezet, Nungesser, Cordonnier Roux... Lesquels seront, au bout, du compte, sauvés par l'amnistie.

Des noms, il en défile beaucoup dans les cahiers à spirale de Delcroix. L'Express a pu consulter ses notes pour la période 1985-1989. Et disséquer ainsi l'histoire du financement du PS sur cinq ans.
En voici, à l'état brut, quelques morceaux choisis: 25 avril 1985. Réunion du comité de coordination.
Présents: Gérard Monate, président; Jean-Louis Claustres, directeur général; Jean-Dominique Blardone, secrétaire général, ancien directeur de cabinet d'André Laignel; et, bien sûr, Delcroix lui-même, directeur administratif. Les législatives sont dans moins d'un an. Il faut y penser. Inquiétude sur les «bureaux d'études parallèles» qui voudraient concurrencer Urba-Gracco auprès des élus socialistes. Delcroix les cite: «Le GEC (Petitdemange, ancien chef de cabinet de Rocard), Socofred (Poperen), Certa (Fajardie, Maurois [sic].)»

Pas question de faire des démarches auprès des parallèles, note encore Delcroix. En bas de page: «Pour les législatives, 6,5 à 7 millions de plus sont nécessaires.» 20 juin 1986. Réunion des délégués régionaux. «GM [Gérard Monate]: nous sommes mandatés par le parti qui a pris des risques politiques pour couvrir nos sociétés. Sans le parti, nous ne serions plus rien.»

3 février 1987. Encore une réunion du comité de coordination. Delcroix note: «Trésorerie: bonnes recettes de ce matin. Améliorent la trésorerie qui se présentait critique en fin de semaine dernière.» «Congrès PS va coûter cher.» «GM voit Romant. Sec fédé Lille (59). Voit JC Colliard, Elysée, le 24/2. A reçu Beauchamp, président commission de contrôle du PS.» Georges Beauchamp, l'un des fidèles de François Mitterrand, dont il fut, sous la IVe République, le collaborateur dans divers ministères. 30 mars 1987. Comité de coordination. Atmosphère au beau rixe. Delcroix écrit: «Comme dit GM, heureusement qu'on a le congrès [de Lille], sinon on ne saurait pas comment dépenser!»... La trésorerie du PS atteint, il est vrai, la coquette somme de 6 113 000 francs. A la dernière ligne, entourée et soulignée, cette phrase: «Maintenant, il faut penser aux présidentielles.»

11 mai 1987. Comité de coordination. Capital. Pour la première fois est évoqué le financement de la campagne présidentielle de 1988. Un besoin de 100 millions, dont 25 à la charge d'Urba-Gracco (à l'époque, personne ne sait qui défendra les couleurs du PS). Petit problème: la trésorerie du parti est exsangue. Aussi, le comité de direction d'Urba-Gracco demande de relancer Bouygues et la Compagnie générale des eaux. Enfin, en bas de page, ce petit rappel: «7 mai. GM a vu les impôts. Ça s'est bien passé.»

4 juin 1987. Réunion des délégués régionaux. Compte rendu sur deux pages. Delcroix évoque le congrès de Lille, qui a coûté 7,7 millions de francs. Suivent quelques notes sur la campagne présidentielle: «SVP. Elysée et trésorier cumul à 100 millions de francs. Prise en charge par GIE en un court temps.» En bas et à gauche de la première page, ce commentaire de Delcroix, plein d'espoir: «L'image du groupe s'est améliorée. Le PS nous aidera.» A la deuxième page, Delcroix évoque la création, pour une courte durée, d'une société tampon chargée de recevoir des fonds parallèlement à Urba-Gracco. «Date d'opérationalité [sic]: avant les présidentielles de 1988. Disparition: après les municipales de 1989.»

mardi 18 novembre 2008

Lang renvoie Désirdavenir Royal au ‘frigidaire’

La riposte de la motion Aubry sur RTL
Jack Lang, député socialiste du Pas-de-Calais, soutien de Martine Aubry, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie ce mardi matin.


Après le ralliement surprise de Bertrand Delanoë à sa rivale Martine Aubry en vue du vote des militants jeudi dans la bataille pour la direction du PS, Jack Lang a salué "l'élégance morale, la sagesse et l'esprit de sacrifice du maire de Paris". Il appelé les militants à "faire bloc" autour de l'édile du Nord.
Il a fait la critique de Sa Cynique Majesté Royal, rappelant les "changements de pied" de l'ex-candidate à la Présidentielle.

Entretien (Lien audio RTL)
Jack Lang : Bonjour. Vous soutenez Martine Aubry face à Ségolène Royal dans la conquête du poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Martine Aubry, qui a enregistré hier le soutien du maire de Paris, Bertrand Delanoë qui assurait, pourtant, avant-hier, qu'il ne soutiendrait personne. Ce revirement a suggéré ce commentaire à Ségolène Royal, hier soir : "Le Parti socialiste a perdu le sens de l'honneur lorsque les dirigeants disent quelque chose et font le contraire".

Ségolène Royal a-t-elle tort ?
Je veux, au contraire, saluer le geste de Bertrand Delanoë. Je veux saluer son élégance morale, sa sagesse, son esprit de sacrifice au service du parti.

Rien que ça !

Oui, je pense..."L'esprit de sacrifice au service du parti" ? Mais, bien sûr.

Pourquoi "sacrifice" ?

Parce qu'il renonce à une ambition qui était la sienne pour l'heure et il apporte son soutien à Martine Aubry parce qu'il sait, en effet, que la conception du parti qui est la nôtre est une conception qui nous permettra de nous rassembler, d'agir et de transformer.

Comment peut-on dire quelque chose le dimanche, et faire l'inverse le lundi, Jack Lang ?
Ce n'est pas du tout contradictoire. Le dimanche, il a annoncé, premier étape, on le comprend dans une réflexion...

"Je ne soutiens personne"...

Je le comprends. Il a annoncé dimanche, c'était déjà une forme d'élégance : je me retire. Il n'était pas obligé de se retirer. Je me retire...

Et il dit : "Je ne soutiens personne"...

Oui. Bon. Ecoutez ! les changements de pied, franchement ! C'est un homme d'honneur, Delanoë. Les changements de pied, je n'aime pas beaucoup les polémiques personnelles ; mais quand on a entendu pendant la campagne présidentielle la candidate dire qu'elle soutenait le Smic à 1.500 euros et le lendemain, annoncer qu'elle avait fait une erreur. Quand, avant la campagne présidentielle, elle dénonçait tout soutien à Bayrou et qu'elle le nommait Premier ministre pendant la campagne. Quand elle nous annonce, il y a quelques semaines, qu'elle mettait sa candidature au frigidaire et qu'elle la ressort ensuite. Franchement ! Chacun doit sur ce plan-là, balayer devant sa porte.

Ségolène Royal est trop manœuvrière, selon vous ?
Je dis que... Ecoutez, arrêtons-là ! Je suis positif. Martine Aubry, c'est "right person for the right situation". Face au chômage, elle est le ministre de l'emploi qui a créé près de 2 millions d'emplois. Elle a une crédibilité. Une force et une puissance. Face aux aventurismes divers, elle incarne un pole central, stable, de la social-démocratie. Elle redonnera au Parti socialiste (là est l'essentiel et pas les petites querelles !) l'ambition, le souffle. Et elle garantira son ancrage à Gauche et sa rénovation. Donc j'appelle tous les militants à faire bloc autour de la candidature de Martine Aubry. Et il faut tout faire pour qu'elle soit élue dès le premier tour, dès jeudi prochain. Les militants doivent venir voter massivement en faveur de Martine Aubry.

Ségolène Royal a dit autre chose qui va peut-être vous paraître désagréable, hier soir. Elle a dit : "On voit l'éternel retour... Avec Martine Aubry, dit-elle, on trouve Laurent Fabius... Avec Bertrand Delanoë, Lionel Jospin... C'est donc le retour de ceux qui ne veulent pas passer la main à une nouvelle génération". Vous vous accrochez, Jack Lang. C'est ça que dit Ségolène Royal...

Vous me permettrez... Non, moi je ne revendique rien personnellement. Je revendique simplement d'appartenir à un parti qui refuse les dérives à l'américaine et qui reste fidèle, comme l'a indiqué à l'instant Alain Duhamel à une conception, je dirais européenne, et notamment de la social-démocratie du Nord de l'Europe.

Ségolène Royal, c'est une dérive à l'américaine ?
En tout cas, je préfère avec certitude soutenir une conception du parti qui rassemble, qui réunit et qui débat, qui n'est pas au service d'une personne mais au service d'une équipe. Et quant au renouvèlement, excusez-moi, j'ai guère envie d'être désobligeant à l'égard de certaines des personnes qui se trouvent derrière Ségolène. Tous ne sont pas de la première heure. Elle-même n'est quand même pas née l'été dernier.

D'accord. La dérive à l'américaine, vraiment ? C'est ça qu'incarne, selon vous, Ségolène Royal ?
Mais une conception, elle l'a expliquée. Elle l'assume pleinement. Conception effectivement d'un parti à l'américaine avec des supporteurs, oui. Nous, nous souhaitons un parti de militants qui réfléchit, travaille collectivement et qui surtout va demain inventer, renouer des relations avec la société, avec les intellectuels. Prenons un sujet qui me tient à cœur, écoutez...

Attendez, on va y venir. Je sais quel est votre sujet. On peut quand même convenir, ce matin, Jack Lang, sur RTL que la camaraderie au Parti socialiste, c'est du passé ? Vous en êtes à un degré de violence assez extraordinaire ?
70%, le moment venu, des militants socialistes vont se retrouver directement ou indirectement autour de Martine Aubry...... Ou de Ségolène Royal !

Les urnes n'ont pas encore rendu leur verdict ?
C'est mon souhait.

C'est votre souhait ?

C'est une prévision, et c'est mon intuition. Et mon intuition est que justement c'est un moment historique, un moment important où le Parti socialiste va accomplir un sursaut, se retrouver autour des valeurs fondamentales de la Gauche et se reconstruire sur des bases solides et sérieuses.

Si Ségolène Royal devient première secrétaire socialiste, vous restez au Parti socialiste, Jack Lang ?
Ecoutez, Alain Duhamel a déjà répondu à cette question. Je veux dire que les histoires de scission, ça ne tient pas debout ! Mais en tout cas, si l'on veut donner...Si c'est un parti à l'américaine...

Vous resterez dans un parti à l'américaine ?

Si on veut donner au Parti socialiste le maximum de chances de gagner, de s'organiser, de faire face, il faut que Martine Aubry l'emporte. Elle sera la rénovatrice avec toute une équipe d'ailleurs, du Parti socialiste. Et je prends un exemple...

Vous prenez le risque d'être membre d'un parti à l'américaine ?

Justement, je ne prends pas ce risque puisque ce matin, je vous dis depuis dix minutes : j'appelle les militants socialistes à faire bloc dès jeudi, dès le premier tour, autour de Martine Aubry. On discute depuis des mois ...

Ils vous écouteront ou ils ne vous écouteront pas !

Je pense que je serais entendu. Je ne suis pas le seul qu'à m'exprimer en ce sens. Donc, jeudi, Martine Aubry sera largement en tête et je l'espère l'emportera et on passera à autre chose. C'est-à-dire on passera au travail.

Le sujet qui vous tient à cœur, Jack Lang, c'est l'école. Grève Jeudi. Encore une grève !
Un mouvement, pas encore une grève. Une grève forte, une grève puissante qui exprimera la colère des professeurs, notamment de l'école maternelle et de l'école élémentaire. On assiste aujourd'hui - et d'ailleurs, Martine, est une des rares à s'y engager - à une offensive anti-école tous azimuts. C'est un jeu de massacre sans précédent. Moins d'heures, moins de programmes, moins de postes, moins d'écoles. Tous les jours, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Flicage des blogs des profs, suppression de la formation professionnelle, fiasco et pagaille dans l'application des heures de soutien, bref... On casse avec un rare cynisme une école, l'école de la république. Et je pense qu'aujourd'hui, il est important d'appeler parents, professeurs, lycéens à se dresser contre ce démantèlement du service public de l'école...

... Et exiger le rétablissement des horaires, des programmes et des postes.

Vous serez dans les manifs, Jack Lang ?
Donc, jeudi prochain, grande manifestation pour sauver l'école de la République.

Vous serez dans les manifs avec Ségolène Royal !
C'était sur RTL et bonne journée. Auteur : Jean-Michel Aphatie
c'était

VOIR et ENTENDRE (video RTL)


dimanche 16 novembre 2008

PS : qui veut encore de Bayrou ?

Bayrou, indésirable à gauche comme à droite
Les refus socialistes d'alliance avec le MoDem, longuement évoqués à la tribune du Congrès de Reims, ont suscité les commentaires de Bayrou lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

Troisième de la présidentielle 2007 et absent au 2e tour, François Bayrou y a vu "un choix partisan, sectaire, fermé, qui favorise le maintien au pouvoir de ceux qui y sont aujourd'hui autour de Nicolas Sarkozy".

Raisonnement ‘à l’arrache’
"Qu'est-ce qu'on dit quand, comme un grand nombre de leaders du PS, on refuse d'avoir le moindre contact avec les démocrates français, le MoDem des intouchables ?", a-t-il demandé. "On dit: ‘je choisis que le pouvoir actuel, Nicolas Sarkozy, reste en fonction pendant dix ans’ ", a assuré l'ex-candidat à la présidentielle.
"Si vous refusez de rassembler, vous favorisez le maintien au pouvoir de ceux dont apparemment vous désapprouvez les choix", a-t-il argumenté. Sans interlocuteur.
"Dans dix ans, de l'irrémédiable aura été produit pour la société française (travail dimanche, retraite à 70 ans)", selon l’intouchable: mais c'est déjà fait, comme dans d'autres pays de l'Europe qui est pourtant un des vecteurs de sa politique...

Refoulé à gauche, s'il cherchait maintenant à se réhabiliter à droite, il ne s'y prendrait pas autrement.

  • Le président du MoDem a admis qu'il est "dans l'opposition à Nicolas Sarkozy", mais une "opposition particulière", capable de dire oui ! En fait, du déjà vu ! Et qui revendiquait des 'oui, mais...' ?
  • Il a en effet insisté pour citer en exemple son vote du plan de sauvetage bancaire, "alors que le PS était incapable de faire autre chose que s'abstenir". Des propos qui, aussi bien, vont arranger au PS les affaires de Sa Cynique Majesté Royal après qu'elle se soit grillée à son contact .
  • La girouette François Bayrou a perdu le nord. Il ne reconnaît plus sa droite de sa gauche. N'a-t-il pas par ailleurs qualifié de "tragi-comique ou désespérant" le congrès du PS, un parti "égaré" et "au bout d'un cycle" ? "Beaucoup de gens, qui y ont cru" découvrent "avec stupéfaction que l'organisation "en laquelle ils croyaient est égarée, et ne réussit pas à trouver son chemin", a poursuivi Bayrou: tout compte fait, peut-être, malgré les apparences n'y a-t-il pas cru lui-même !
  • Celui qui dirige un parti-croupion se permet d'insister sur la décadence du PS. Ce "grand parti politique français" est "au bout d'un cycle", a-t-il analysé en observant que le PS a 37 ans, l'UMP 6 et son propre parti "pas tout à fait encore un an". La législation sur les enfants morts-nés semble lui convenir.

    Enfin, le président du Modem a déclaré qu'il ne serait pas candidat lui-même aux élections européennes de juin, mais, tenez-vous bien, il a l'intention d'apporter "toute l'aide nécessaire à tous ceux qui le seront" dans son parti. Avis aux amateurs...
    "Le mouvement des démocrates aura des listes dans toutes les régions", a-t-il affirmé. "Elles seront intéressantes et utiles pour les citoyens parce que nous proposerons un projet européen conséquent, construit et positif", a ajouté Fanfan Bayrou. Le terme 'conséquent' ne veut rien dire, mais permet un rythme ternaire, cher à l'orateur.
    Rend-il hommage au Président de la C.E. en exercice?...
    "Dans la crise, les Français ont vu qu'il n'y avait que l'Europe qui pouvait répondre et qu'en même temps, ils sont souvent troublés par ce qu'ils entendent de l'Europe. Je pense qu'il est de notre responsabilité de lever ces malentendus et ces ambiguïtés", a poursuivi le président du MoDem.
    Entre Sarkozy et Bayrou, il ne fait pas de doute que celui qui lève 'malendus et ambiguités', ce n'est pas le président du MoDem...

  • PS : duel de femmes au congrès de Reims

    Royal a voulu la ‘féminitude’, elle l’aura !

    Elles ne s’étaient pas déclarées ;
    elles devront s’affronter
    La motion Delanoë ne présentera pas de candidat
    Delanoë-Hollande relèvent le défi Royal en donnant la parole aux militants. "Il ne faut pas ajouter de la division à la division". On peut les regarder s’étriper et garder sa dignité…
    Par la voix de Kader Arif, député européen PS né à Alger en 1959 et secrétaire national aux fédérations, ils ont décidé de "ne pas présenter de candidat et de respecter la liberté de conscience de chaque militant". Mais ils adoptent le mode mineur, méthode ‘soft’ qui tranche avec la manière ‘hard’ et populiste de Sa Cynique Majesté Royal, avec la complicité des media.
    Bébert de Paris a annoncé qu’il ne donnera pas de consigne pour le vote militant qui doit désigner jeudi …13 un Premier secrétaire du PS, après l'échec des négociations au Congrès de Reims.

    Pour François Hollande, Stéphane Le Foll a affirmé, sans ciller : "Nous avons fait le choix de la responsabilité. Nous avons cherché des solutions. Il n'y en avait pas. Les motions C (Benoît Hamon) et D (Martine Aubry) voulaient être à la tête d'un rassemblement. Ce n'était pas négociable".
    Il se justifie : la motion n'a pas donné de consigne de vote, "parce que d'un côté, il y a une conception du parti qui inquiète et de l'autre une ligne politique qui n'est pas la nôtre".

    Aubry est la 3e candidate
    Suite à l’absence totale d'accord entre les principaux ténors du parti, dont l’amère de Melle qui se donne pourtant le beau rôle, la maire de Lille, après Royal et Hamon, a déposé dimanche matin sa candidature au poste de Premier secrétaire du PS et au vote des militants socialistes jeudi prochain.

    Dès l'annonce de la candidature de la Ch’tite Aubry, l'entourage de Bébert de Paris, favori qui ne se présente plus, fait front commun avec Royal contre Aubry: il a accusé la stricte "logique de blocage" qui a motivé l'attitude de la motion menée par Mme Aubry. Tout en prétendant 'ne pas ajouter de la division à la division'...

  • Pour l’équipe de Delanoë, dont Hollande, ex-concubin de Sa Cynique Majesté Royal, est un membre éminent, les partisans de Mme Aubry seraient responsables d’une absence de synthèse : ils "prennent la responsabilité historique de livrer le Parti à Ségolène Royal, dont ils se comportent comme des alliés objectifs", a-t-on ajouté dans l'entourage du maire de la capitale , contre toute vraisemblance. Mais les Ségollande ne sont-ils pas en train de laisser apparaître une alliance secrète des motions Delanoë(-Hollande) et Collomb-Royal qui ne les auraient divisés qu'en apparence ?

  • Le scénario qu'ils avaient élaboré est seulement inversé: Royal devait se rallier à Delanoë annoncé gagnant: le maire de Paris aurait occupé le poste de premier secrétaire et l'amère de Melle se serait proclamée candidate à la présidentielle 2012. Désirdavenir Royal devrait maintenant jouer tous les rôles...
  • La motion Royal, arrivée en tête d'un premier vote des militants le 6 novembre, avec 29%, est d'ailleurs donnée largement favorite pour ce nouveau scrutin de jeudi, "avec 80% des voix" jeudi prochain, selon un proche de Martine Aubry. Comme l’était Delanoë avant le 6 novembre…
  • L’amère Royal est déjà entrée dans le temps des accusations

    Les autres motions ont "refusé sa main tendue" !
    Déjà l’appareil socialiste l’aurait lâchée pour la présidentielle…
    Sa Cynique Majesté Royal a confirmé dans la nuit de samedi à dimanche que les responsables des trois autres motions ne la courtisent pas, comme le font les media, et ont refusé sa "main tendue", ce qui signifie qu'il n'y aura pas d'accord général au congrès de Reims.

    Désirdavenir Royal parie sur la fidélité des militants
    Confirmant une nouvelle fois son mépris de l’appareil du PS, celle qui cherche pourtant à en prendre la tête par tous les moyens, annonce qu’elle rompt le dialogue : "Les militants vont avoir maintenant la parole, dès jeudi prochain (lors d'un vote pour élire le Premier secrétaire) ", au prétexte que les autres partenaires n'ont pas demandé sa main.
    Ainsi officialise-t-elle l’échec de la Commission des résolutions, chargée au PS de trouver une synthèse entre sa motion et celles de Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoit Hamon. Et son incapacité à rassembler.

    Faut-il supprimer le Bureau national du PS?
  • C’est ce que révèle, mieux que ses propos, la constance de la démarche de l’amère Royal.
    "J'en appelle à tous les militants du Parti socialiste, qui vont maintenant prendre leurs responsabilités jeudi prochain. Ils vont avoir à choisir quel Parti socialiste ils veulent, à choisir entre le retour aux méthodes d'un autre âge, celles à laquelle nous assistons, un nouveau Parti socialiste avec une nouvelle génération avec d'autres méthodes, avec d'autres façons de faire", a-t-elle ajouté avant de quitter le Palais des congrès où avait lieu cette réunion. La forme continue de prévaloir sur le fond. Un réel défi, en lieu et place d’un programme politique. En réclamant un chèque en blanc, elle confirme le bien fondé de la menace qu’elle porte en elle et que le Conseiller Régional Fountaine a éprouvé, comme tant d’autres.
  • Des membres du BN reconnaissent leur impuissance
    Actuellement -mais provisoirement- dans sa phase Royal, l’un de ses bras droits, Manuel Valls, reconnaît qu’au BN il était un bras mort : "Ce qui se passe aujourd'hui à la Commission des résolutions est symbolique d'un parti qui n'en peut plus".
    L’innocent Manu Valls a feint de ne pas comprendre pourquoi, autant qu’elles soient, les quatre autres motions "ne comprenaient pas sur quoi portaient les désaccords". Après que chacun eut exprimé sa position sur plusieurs sujets, notamment les alliances ou non avec le MoDem de Bayrou, le carriérisme le porte à refuser de voir les personnes en face.

    Cette situation va probablement provoquer les candidatures d'un ou plusieurs ténors des autres motions.
  • Avec moins de 19%, Benoît Hamon, qui présente au congrès la motion de l'aile gauche du parti, a déjà déclaré qu'il continue de maintenir sa candidature à la succession de François Hollande.
  • Suite à l’échec de la réunion tripartite, la Ch’tite Aubry, Bébert Delanoë et Hamon, Martine Aubry a l'intention de présenter sa candidature.
  • Au nom de la motion Delanoë, Pierre Moscovici a regretté devant la presse que les représentants de la motion Royal "poussent des cris d'orfraie", alors que la commission des résolutions "ne fait qu'appliquer les règles du parti".
    Selon la logique Royal, qui diffère de celle de François Hollande, son ex-concubin et futur ex-premier secrétaire, Moscovici, le député du Doubs, a constaté "des désaccords" entre la motion Royal et les autres ... On ne nous dit pas tout ! Si la meneuse de revue (du Zénith) ne parvient pas à rassembler, la main passe au deuxième : "Dès lors, il est logique que la discussion se noue autour de la motion A (Delanoë) arrivée en deuxième position" lors du vote des militants, le 6 novembre…
  • Mais depuis peu la logique a ses règles... Et qui définit les règles de la logique ? Vous avez tout compris !

    vendredi 14 novembre 2008

    Aubry-Delanoë-Hamon tentent de débloquer Désirdavenir Royal

    En quête de la « ligne claire » qu’elle est incapable de tracer…
    Réunion de la dernière heure, en terrain neutre
    Benoît Hamon, Bertrand Delanoë et Martine Aubry se sont réunis dans la matinée à l’Assemblée Nationale à quelques heures de l'ouverture du congrès du PS à Reims.
    Selon une source proche du PS, la réunion aurait rassemblé Bertrand Delanoë, son bras droit Harlem Désir, Martine Aubry, Laurent Fabius, soutien de la maire de Lille, et Benoît Hamon, soutenu par Henri Emmanuelli, représentants l'aile gauche du parti.
  • "On a discuté entre amis comme nous l'avons fait avec sEGOlène pour discuter de la ligne claire qui doit sortir du congrès de Reims", a déclaré Martine Aubry à l'issue de cette réunion de près de deux heures.
  • "Je vais discuter avec des amis sur le fond pour voir comment on aborde ce congrès", a déclaré à son arrivée Bertrand Delanoë. "Je ne parle que de fond, je ne discute que des idées avec tout le monde. Je suis dans un état d'esprit constructif, il faut de la clarté et de la cohérence", a-t-il assuré.
  • "Je n'ai pas l'intention de me livrer à n'importe quel marchandage", a déclaré Benoît Hamon, réaffirmant vouloir "préserver la capacité du parti à ne pas être définitivement présidentialisé" et à voir un PS "ancré à gauche", sans remettre sur le tapis le sujet qui fâche : le MoDem...

  • Les trois représentent 68% des militants
    Le 6 novembre, lors du vote des militants socialistes, la motion Collomb, soutenue par Sa Cynique Majesté Royal, a obtenu moins de 30% à moins de 4 points de celles de Bertrand Delanoë (25,29%) et de Martine Aubry (24,32%), et celle de Benoît Hamon (18,46%), qui représentent l'aile gauche du parti, environ 20%. La première motion ne recueille donc pas même la majorité relative avec environ 1/3 des suffrages (seulement 50% des militants s’étant exprimés...)

    Ce n’était pas jusqu’ici le début de la « ligne claire »
    Sa Cynique Majesté Royal, a reconnu avoir "envie" de diriger le PS, tout en se plaçant au « frigidaire » et en se montrant pourtant à TF1 pour toutefois ne rien dire. Elle s'est d’ailleurs gardée jusqu'à présent d'annoncer sa candidature, rejetée par certains responsables au PS.
    L'ancienne candidate à la présidentielle avait écrit à Martine Aubry et à MM. Delanoë et Hamon pour tenter de dégager un compromis en vue du congrès.
    La maire de Lille a opposé jeudi une fin de non recevoir à l’amère de Melle, tout en souhaitant un rassemblement "sans exclusive", alors que le maire de Paris lui répondait en se disant dans une logique d'"échange" mais en soulignant leurs "différences".
    Qu’ont-ils à craindre d’elle au PS ?
    VOIR et ENTENDRE

    Segolene_Region envoyé par M-C-I

    Est-ce assez clair avec preuve?
    LIEN (non satirique) vers la même scène de "débat participatif" au Conseil Régional de Poitou-Charentes, que préside Sa Cynique Majesté Royal: c'est elle qui donne la parole...
    Pourquoi pas le même quotidien Rue de Solférino ?

    samedi 8 novembre 2008

    Est-ce un drame que Sa Cynique Majesté Royal peine à fédérer?

    Sera-t-elle la candidate condamnée à perpétuité ?
    Arrivée en tête, Désirdavenir Royal n’a pas pour autant gagné le sprint final de la Rue de Solférino.

    Le vote des adhérents a en fait surtout consacré jeudi soir la fragmentation du PS et l’ampleur des travaux de reconstruction. Pour cela, la concurrente malheureuse de Nicolas Sarkozy est-elle la mieux habilitée pour réussir à faire retourner les courants contraires dans leur lit. Son lit ? Car, marquée par la défaite, peut-elle en outre mener le parti vers la prochaine élection présidentielle, en 2012, après trois échecs consécutifs, dont le sien en 2007. Les regards se portent maintenant sur Sa Cynique Majesté, non pas tant parce qu’elle a devancé ses rivaux de quatre petits points que pour savoir si elle est seulement capable de réussir en petit au PS ce qu’elle n’a pas su faire en grand à la présidentielle.

    Marie-sEGOlène Royal s’est mise dans de mauvais draps
  • La mission qu’elle s’est dévolue pourrait s'avérer impossible dans un parti miné par les querelles d'ego, mais aussi surtout pour le passé de mépris affiché de la prétendante pour le parti et enfin en raison de son credo d'ouverture vers le MoDem que les autres courants rejettent.
  • Dix-huit mois après la défaite de la reine des sondages face à Nicolas Sarkozy, l'amère Royal avait cru pouvoir assurer les socialistes qu'elle les conduirait "vers d'autres victoires". Or, ça ne va pas autant de soi qu’elle l’imaginait. Elle a donc renouvelé vendredi sa revendication d’une "légitimité" ajoutée que précisément les autres lui contestent. Son égocentrisme l’incite à se targuer d’une "profonde volonté de changement" exprimée par les militants à laquelle la motion de Benoît Hamon est en droit de prétendre bien davantage, avec ses 20% inespérés qui marquent une progression plus nette que les 29% de la motion Collomb derrière laquelle elle se dissimule, puisqu’elle comptait bien atteindre la majorité du premier coup, ou un score indiscutable. Las ! Des négociations sont nécessaires.

    Le « débat participatif » grandeur nature commence réllement
    Finie la mascarade ? On peut être politologue et se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Comment un partisan de Sa Cynique Majesté susnommée peut-il y voir clair ? "Elle gagne une fois de plus contre l'ancien parti et se replace au centre du jeu politique", ‘analyse’ Dominique Reynié. L’analyste éborgné doit-il être pris au sérieux, sachant que, lors de sa victoire à la primaire présidentielle en 2006, elle avait réuni 60% des militants ? Deux fois plus alors, c’est-à-dire deux fois moins aujourd’hui !

    Le poker Royal
    Ratant la marche d’un socle "majoritaire" pour elle toute seule, Désirdavenir Royal doit s’en remettre au poker en deux coups.
  • Premier coup fourré
    >
    Elle met "au Frigidaire" ses velléités de direction du parti pour conjurer sa perte de vitesse dans les sondages et organise un "meeting de la fraternité" d'un type nouveau à Paris, le désolant Ségo-show bleu du Zénith… Ce rassemblement, où se mêlent confidences personnelles, interventions d'artistes et discours politiques, ne recueillera quasiment aucun commentaire positif du côté du PS.
    > Vendredi, Désirdavenir Royal n’est pas sûre que son coup fourré ne va pas foirer et elle ne se déclare toujours pas candidate à la succession de François Hollande, premier secrétaire sortant après onze ans de sommeil à la tête du PS. tactique dans l'attente des premières discussions avec les autres courants. Depuis
    La tactique du frigo est censée permettre de tempérer les nécessaires discussions serrés avec les courants : Ségo-frigo s'est d’ailleurs entretenue avec Bertrand Delanoë et Martine Aubry dans la journée, selon leurs entourages respectifs.
    >Mais reste la pochette-surprise Benoît Hamon. Candidat de toute l'aile gauche du PS à 41 ans, le député européen engrange 20% des suffrages, porté par la crise économique. Comme le maire de Paris et le maire de Lille, ex-aequo avec 25% des voix, il crée la zizanie en réfutant haut et fort la stratégie d'alliance au centre de l'ancienne postulante à l'Elysée.
    "Il y a donc 70% du parti qui ne veut pas du MoDem comme partenaire. Ça ne s'élude pas comme ça sous prétexte qu'on a quatre points d'avance", prévient Razzye Hammadi, revenu d’Orly et proche de Benoît Hamon, en allusion au score de moins de 30% de la favorite de la presse.
    Face à un éventuel front commun "Tout sauf Royal" (TSR), l’arrogante affiche une belle assurance et assure n'avoir "peur de rien", même si son entourage concède que "les choses difficiles commencent".

  • Deuxième coup fourré
    En deuxième partie du Ségo-show

    >Ce sont les clients qui « font des signes »
    Dans la semaine à venir, avant la réunion du congrès de Reims à compter du 14, "on ne va pas faire bouger beaucoup les lignes entre motions, mais il y a des gens qui font des signes" dans les autres camps, assure un proche.
    >On étale ses charmes
    Sa Cynique Majesté Royal a affirmé, sur France Inter, son intention de travailler à "l'unité de tous les socialistes". Il y a un début à tout, mais est-elle la bonne gagneuse qu’elle croit ? Quels sont ses appâts ?
    Cette joueuse a jeté, en vrac sur la table, les cartes de plusieurs dirigeants du PS qu'elle verrait bien dans sa "meilleure équipe possible". Mais s’y verraient-ils ? Tous sont issus de courants rivaux comme le Fabiusien Didier Migaud pour les finances ou, sur les questions internationales, Pierre Moscovici, un fruit blet finalement tombé du côté de Bertrand Delanoë, Bébert de Pigalle.

  • Mais le carré de trottoir de la Rue de Solférino se négocie ferme
    Le maire de Lyon, Gérard Collomb, Thénardier de Cosette Royal et prête-nom de sa motion, s'est déjà prononcé pour un rapprochement avec Martine Aubry. Or, les deux pensionnaires de la Rue de Solférino se sont toujours cordialement détestées. Un coup de foudre serait contre nature, doublement.
    >Dans l'entourage de Bertrand Delanoë, un député remarque qu'il a de nombreux clients potentiels, "beaucoup de royalo-compatibles". Leurs noms ne sont pas publics… Le maire de Paris est sorti de son silence vendredi soir pour déclarer qu'il était "prêt à travailler avec tout le monde". Bayrou aurait donc une ouverture !
    Les spécialités des uns rencontreront-elles les préférences des autres ?

    Au PS, toutes les gâteries ne sont pas tarifées
    Point de tabous pour l'ancienne ministre de la Justice, Marylise Lebranchu,: "les équations impossibles n'existent pas en politique".
  • Le Ségo-show est fini:

    ça risque maintenant d’être chaud.

    mardi 12 juin 2007

    Législatives- Royal mène un combat personnel : le Congrès 2008

    Royal ne veut pas lâcher sa proie
    Il y va de sa survie politique. La voilà encore lancée en un combat douteux.
    Pourtant la duplicité de Marie-sEGOlène Royal ne fait pas de doute et ne trompe d’ailleurs plus guère personne, sauf ceux qui le veulent bien, les ségogols.
    Au-delà des Législatives qu’elle est en train de perdre pour le PS, comme la Présidentielle, elle demande aux militants : «Continuez à vous battre !», mais elle pense à son Congrès du PS de 2008 où elle tentera de sauver son désir d’avenir personnel.

    Sa Cynique Majesté Royal fait en effet mine de militer pour les candidats socialistes aux législatives, mais à Béthune elle est sortie du bois. Elle a saisi l’occasion d'une journée de soutien aux candidats locaux, le 7 juin, entre Béthune, Halluin, Roubaix et Mons-en-Baroeul, et a avancé un pion, parlant «congrès» , pour la première fois de façon si explicite. Estimant devoir présenter aux militants un «arbitrage sur une ligne politique claire».
    Et dévoilant son jeu : «Je présenterai ma propre motion» à ce congrès, qui, à ses yeux,
    pourrait se tenir «avant l'été [2008], mais après les municipales». «Elle a décidé d'entendre les militants et de prendre la tête du PS, glisse un partisan. C'est le processus qu'on attendait.» La méthode personnelle qu’elle a brevetée à la Présidentielle avec le succès que l’on sait : elle est ‘grave’ ! Car son incapacité à se remettre en cause mène le PS à la catastrophe avec les ségogols illuminés qui dans la forme sont ravis de la voir batailler dans les médias, mais n’ont toujours pas évalué les dégâts sur le fond.
    Depuis la défaite, plusieurs proches la pressaient de s'emparer du parti. Ceux-là se savent barrés auprès des éléphants -et de bon nombre de militants- et l’incitent facilement au jusqu’au-boutisme, puisqu’elle n’a d’autre issue que de s’entêter ou de se soumettre.

    Mais l'entreprise se heurte à un impondérable -de poids!- : Hollande, plutôt plus soucieux de soigner son bilan ­ et du coup, sa future sortie ­ que de s'effacer. Hier matin, sur RTL, il a réitéré sa volonté de tenir sa position jusqu'au «prochain congrès, qui est théoriquement fixé en 2008.» Un maintien dont Royal a pris acte : «J'aurais été candidate s'il avait démissionné. Il a décidé de rester, je l'accepte. Je m'adapte de façon consentante.» Femme et militante soumises ? C’est contraire à son discours. Si on la croyait, il ne devrait pas y avoir de coup d’état socialiste. Et de la jouer mitterrandienne : «Il faut donner du temps au temps.» Plagiaire, elle est née et le reste.
    Or, pour beaucoup, le temps jouait contre Royal, risquant d'effriter son capital militant (60% des voix en novembre). «Si elle annonce ses intentions, ça va inciter les nouveaux adhérents à rester», précise un partisan qui ne se fait donc pas beaucoup d'illusions sur la maturité politique des nouveaux venus. L'intéressée, elle, ne semble guère craindre pour sa popularité puisqu'elle se croit investie d'une mission divine : «Nous n'avons même pas besoin de nous parler pour nous comprendre», a-t-elle lancé aux militants de Béthune, connue pour Mellick, le truqueur de matches pour l'OM, condamné et ressuscité. Miss Boulettes poursuit pour lâcher un lapsus révélateur: «Portez nos candidats et notre candidate... nos candidates à la victoire !»
    Lourde ou surmenée ?