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mercredi 24 juin 2015

Wikileaks/Mediapart: des révélations -opportunes et rassembleuses- d'écoutes de présidents français par les USA

Le divin président noir n'inspire plus confiance! 

La NSA (ex-CIA) a écouté les responsables politiques français, dont trois présidents de la République

Que nous apprennent des trois présidents français, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande au moins de 2004 à 2012 - les révélations publiées mardi soir par Wikileaks ? Que les Etats-Unis et leur agence de renseignement, la NSA, ont espionné les trois derniers présidents. Ces écoutes ont donné lieu a des notes. Mediapart (dans un article d'accès exceptionnellement gratuit) et Libération donnent une audience aux fuites d'information, mais ces notes, classées "Top secret", ne révèlent cependant pas de secrets d'Etat. Jugez plutôt.

Hollande et la Grèce

Grâce à l'une des notes de la NSA, on apprend que le 22 mai 2012, trois jours après son entrée à l'Elysée, François Hollande demanda à Ayrault la convocation d'une réunion ministérielle secrète, destinée à discuter d'une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro
Ce brainstorming ne peut être inscrit à l'agenda officiel du président sans risquer de crédibiliser le risque d'une sortie du pays et donc d'alimenter une panique boursière, explique Libération, téléguidé par l'Elysée. 

Hollande et sa rencontre avec des représentants du SPD

Dans cette même note, on découvre que François Hollande chargea aussi son Premier ministre d'organiser une rencontre avec des représentants du SPD allemand, le parti de l'opposition. Jean-Marc Ayrault voit d'un mauvais oeil cette initiative diplomatique qui, estime-t-il, provoquera l'ire d'Angela Merkel.
La prophétie se réalisa: la chancelière allemande accueillit très mal la nouvelle. Deux jours après la poignée de mains entre l'Elysée et le SPD, Angela Merkel tacla son homologue français. 

Sarkozy et l'espionnage américain

Un autre rapport de la NSA livre les coulisses de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama, le 30 mars 2010, la première depuis l'élection du président américain. Sous le vernis "nous n'avons jamais été aussi proche", était posée la question des grandes oreilles américaines qui écoutent la France. 
Le 24 mars 2010, l'agence transmit le compte-rendu d'une conversation entre l'ambassadeur de France à Washington, Pierre Vimont, et le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Jean-David Levitte. L'objet: les thèmes que le président français veut aborder lors de son entretien avec Barack Obama. "L'échange prouve que Paris est parfaitement conscient de l'espionnage américain", insiste Mediapart, lorsqu'est concerné le président UMP. Mais comment le site trotskiste ne s'étonne-t-il pas que Pépère, son successeur socialiste, ait négligé de l'être à son tour ?... 

Sarkozy et Ricard

Barack en barbouze
Outre l'espionnage, Nicolas Sarkozy souhaitait aussi aborder à Washington un sujet plus économique, celui du sort de Pernod Ricard. C'est là qu'un commentaire attribué à la NSA "l'un des soutiens fortunés de Sarkozy", fait suspecter une instrumentalisation par Mediapart. Une double stratégie est alors mise en place: Sarkozy en touche un mot à Obama; son conseiller diplomatique en parlera avec les conseillers économique et à la sécurité nationale du président des Etats-Unis, ajoute Libération.

Sarkozy et la crise financière de 2008
Après la crise financière de 2008, Nicolas Sarkozy "croit que Washington tient désormais compte de certains de ses conseils", raconte une note "Top secret" de la NSA. "Selon lui, c'est la première fois que les États-Unis n'ont pas agi en leaders dans la gestion d'une crise mondiale et la France va maintenant prendre la main." "Sarkozy se voit comme le seul à pouvoir résoudre la crise financière mondiale", estimait également l'agence américaine, selon Libération, sélectionneur des notes, avec une malignité qui surprendrait de la part d'un journal qui serait indépendant.


Chirac et les boulettes de Douste-Blazy

La façon dont Jacques Chirac donnait des ordres à Philippe Douste-Blazy - qu'il avait par exemple chargé de soutenir la nomination du Norvégien Terje Roed-Larsen comme secrétaire général-adjoint de l'ONU - prouve qu'il percevait son ministre des Affaires étrangères comme ayant une "propension (...) à faire des déclarations inexactes et inopportunes", note aussi la NSA.


Les révélations ont suscité de nombreux tweets









vendredi 9 juillet 2010

Financement du PS par les militants (85-89) ? Affaire Urba -3/4

Financement du PS - Affaire Urba -partie 3/4

8 octobre 1987
. Naissance officielle de la fameuse société tampon.
Son nom: Multiservices. Adresse: 8, rue de Liège, Paris-VIII°. Son objet: «Payer un tas de petites choses hétéroclytes [sic]». Delcroix précise que les ressources de Multiservices proviennent soit de contrats spécifiques, soit de contrats passés par des sous-traitants d'Urba-Gracco. L'activité de Multiservices commencera officiellement le 1er décembre 1987 et se terminera en septembre 1989. Chiffre d'affaires prévu: 10-12 millions de francs.
12 octobre 1987. «Situation financière: pas mal», écrit Delcroix. A preuve, dit-il en substance, un découvert à la BCCM de 606000 francs, alors qu'elle autorise 2,8 millions. Idem à la Bred, avec 864 000 francs, pour 1,1 million autorisé. Suit une liste d'élus rencontrés par GM: Auroux (Roanne). Commentaire: bonne rencontre.» Et de ceux qu'il ira voir: les députés Pierre Forgues, maire adjoint de Tarbes; Roger Mas, de Charleville, Laurent Cathala, maire de Créteil.

26 octobre 1987. Comité de coordination. Toujours les mêmes présents: Monate, Claustres, Blardone, et, bien sûr, Delcroix. Ordre du jour: «Les entreprises auprès desquelles on pourrait soutirer de l'argent». Leurs noms: Bouygues, Compagnie générale des eaux, Société auxiliaire d'entreprises, Lyonnaise des eaux, Spie-Batignolles. Liste agrémentée des noms des contacts, avec numéros de téléphone. Ce sont généralement les présidents des groupes.

Pour mémoire, on rappelle la liste des généreux donateurs en 1981:
Casino (1 150 000 francs),
Quillery (270 000),
Auchan (100 000),
Campenon-Bernard (350 000),
Compagnie générale des eaux (400 000),
Pernod (180 000).
En tout: 4 363 000 francs, récoltés auprès de 23 entreprises.

2 novembre 1987. Comité de coordination. Sur la sellette, à nouveau, les sociétés qui font de la concurrence à Urba-Gracco. Commentaire de Delcroix: «La commission de contrôle semblerait décidée à faire quelque chose.» Suivent alors des indications qui montrent que certains députés n'ont visiblement pas recours à Urba-Gracco: «Serco, Coffineau, Sages,... Rocard? Pezet (Irec), Copaps (Marius Bouchon), Sainte-Marie, Pierret, Association mosellane.» Nota bene: Michel Coffineau est député du Val-d'Oise, Christian Pierret, des Vosges, et Michel Sainte-Marie, de la Gironde.

14 décembre 1987. Comité de coordination à l'hôtel Arcade, à Paris. «Situation financière reste bonne. GM (Gérard Monate] va voir demain Laignel. Avant congés, va voir Elysée au sujet financement partis.» Rien de surprenant: l'affaire Luchaire - trafic d'armes vers l'Iran - relance le débat. Et le gouvernement Chirac, à la demande du président de la République, prépare une loi sur le financement des partis... assortie d'une amnistie.

11 janvier 1988. Réunion des délégués régionaux d'Urba-Gracco. Nous sommes à quatre mois de l'élection présidentielle. Tout baigne! A preuve, cette annotation de Delcroix: «Trésorerie. Les mecs, on est positifs à la BCCM. Du jamais-vu!» Delcroix note une réunion des trésoriers généraux du parti, prévue pour le 30 janvier. GM ira.

18 mars 1988. Comité de coordination. Exposé de Monate: renforcement du personnel de la Rue de Solferino: 11 personnes. Multiservices va fermer. Argent campagne présidentielle: «9 U [millions] payés sur 25 prévus.»

2 décembre 1988. Réunion à l'hôtel Ibis. On fait le bilan des fonds de la campagne présidentielle: «24 694 653 faits. 21 300 000 payés. Environ 3 000 000 à payer.» Mais, déjà, il faut penser à l'avenir. En clair: «Les municipales de 1989 nous coûteront cher. Et les européennes nous attireront des demandes du parti.»
Enfin, le temps des récompenses
: une augmentation de 3% est décidée pour tout le personnel d'Urba-Gracco à compter du 1er janvier 1989.

Financement du PS par les militants (85-89) ? Affaire Urba -2/4

Financement du PS - suite de l'affaire Urba 2/4
Ce n'est pas tout. Le PV du 5 mai sort un nouveau nom: celui de Philippe Sanmarco, député PS des Bouches-du-Rhône et adjoint au maire de Marseille jusqu'au 12 mars 1989. Celui-ci, grâce à des associations de façade, aurait financé sa campagne électorale à hauteur de 2 486 000 francs. Le juge Pierre Culié demandera, le 11 octobre 1989, l'inculpation de Sanmarco.

A ce jour, rien ne s'est passé. Sanmarco a eu plus de chance que tous ceux qui, de la gauche à la droite, se retrouvent épinglés dans le dossier du magistrat: les Pezet, Nungesser, Cordonnier Roux... Lesquels seront, au bout, du compte, sauvés par l'amnistie.

Des noms, il en défile beaucoup dans les cahiers à spirale de Delcroix. L'Express a pu consulter ses notes pour la période 1985-1989. Et disséquer ainsi l'histoire du financement du PS sur cinq ans.
En voici, à l'état brut, quelques morceaux choisis: 25 avril 1985. Réunion du comité de coordination.
Présents: Gérard Monate, président; Jean-Louis Claustres, directeur général; Jean-Dominique Blardone, secrétaire général, ancien directeur de cabinet d'André Laignel; et, bien sûr, Delcroix lui-même, directeur administratif. Les législatives sont dans moins d'un an. Il faut y penser. Inquiétude sur les «bureaux d'études parallèles» qui voudraient concurrencer Urba-Gracco auprès des élus socialistes. Delcroix les cite: «Le GEC (Petitdemange, ancien chef de cabinet de Rocard), Socofred (Poperen), Certa (Fajardie, Maurois [sic].)»

Pas question de faire des démarches auprès des parallèles, note encore Delcroix. En bas de page: «Pour les législatives, 6,5 à 7 millions de plus sont nécessaires.» 20 juin 1986. Réunion des délégués régionaux. «GM [Gérard Monate]: nous sommes mandatés par le parti qui a pris des risques politiques pour couvrir nos sociétés. Sans le parti, nous ne serions plus rien.»

3 février 1987. Encore une réunion du comité de coordination. Delcroix note: «Trésorerie: bonnes recettes de ce matin. Améliorent la trésorerie qui se présentait critique en fin de semaine dernière.» «Congrès PS va coûter cher.» «GM voit Romant. Sec fédé Lille (59). Voit JC Colliard, Elysée, le 24/2. A reçu Beauchamp, président commission de contrôle du PS.» Georges Beauchamp, l'un des fidèles de François Mitterrand, dont il fut, sous la IVe République, le collaborateur dans divers ministères. 30 mars 1987. Comité de coordination. Atmosphère au beau rixe. Delcroix écrit: «Comme dit GM, heureusement qu'on a le congrès [de Lille], sinon on ne saurait pas comment dépenser!»... La trésorerie du PS atteint, il est vrai, la coquette somme de 6 113 000 francs. A la dernière ligne, entourée et soulignée, cette phrase: «Maintenant, il faut penser aux présidentielles.»

11 mai 1987. Comité de coordination. Capital. Pour la première fois est évoqué le financement de la campagne présidentielle de 1988. Un besoin de 100 millions, dont 25 à la charge d'Urba-Gracco (à l'époque, personne ne sait qui défendra les couleurs du PS). Petit problème: la trésorerie du parti est exsangue. Aussi, le comité de direction d'Urba-Gracco demande de relancer Bouygues et la Compagnie générale des eaux. Enfin, en bas de page, ce petit rappel: «7 mai. GM a vu les impôts. Ça s'est bien passé.»

4 juin 1987. Réunion des délégués régionaux. Compte rendu sur deux pages. Delcroix évoque le congrès de Lille, qui a coûté 7,7 millions de francs. Suivent quelques notes sur la campagne présidentielle: «SVP. Elysée et trésorier cumul à 100 millions de francs. Prise en charge par GIE en un court temps.» En bas et à gauche de la première page, ce commentaire de Delcroix, plein d'espoir: «L'image du groupe s'est améliorée. Le PS nous aidera.» A la deuxième page, Delcroix évoque la création, pour une courte durée, d'une société tampon chargée de recevoir des fonds parallèlement à Urba-Gracco. «Date d'opérationalité [sic]: avant les présidentielles de 1988. Disparition: après les municipales de 1989.»

lundi 31 mars 2008

L’entreprise française n’est pas aussi morose qu’on veut le dire

Pernod Ricard rachète la vodka Absolut
Pernod Ricard a remporté les enchères pour le rachat du suédois Vin & Sprit, propriétaire de la vodka Absolut.
Pernod Ricard a rachété la vodka Absolut au suédois, une économie modèle, pour 5,62 milliards d'euros, dette comprise. Le groupe français évalue les synergies entre 125 et 150 millions d'euros avant impôt dans les deux à quatre ans et estime que l'impact de l'opération sur le bénéfice par action sera neutre la première année, puis " significativement positif " par la suite.
Le groupe français de vins et spiritueux Pernod Ricard, numéro 2 mondial, a de nouveau relevé sa prévision de progression du bénéfice opérationnel courant (ROC) pour l'exercice 2007/08 (clos en juin) à "au minimum 12%" à données comparables, contre "autour de 12%" initialement, dans un communiqué. Le groupe avait déjà relevé son objectif de progression du ROC en janvier, lors de la publication de son chiffre d'affaires semestriel. Il avait alors prévu une hausse "autour de 12%", contre environ 10% auparavant.

Le Crédit Agricole cherche à se consolider en Italie. La banque française a annoncé être en discussion avec la banque italienne Banco Popolare en vue d'un rapprochement entre leurs filiales de crédit à la consommation Agos et Ducato. La banque verte précise qu'une telle alliance donnerait naissance au numéro un transalpin du secteur.
Crédit Agricole SA a gagné 9,3%, à 18,45euros le 18 mars (-4,58% la veille). Le titre de la Banque verte a signé la plus forte hausse de l'indice CAC40, emmenant le rebond des valeurs bancaires après les résultats rassurants publiés aux Etats-Unis par Goldman Sachs et Lehman Brothers.

Dans le paysage gris qu’ils déroulent sous nos yeux, les media vont-ils tenir en arrière plan les performances économiques qui redonneraient aux Français des raisons de croire en leur redressement ? Ces indices risquent de ne pas être valorisé : serait-ce pour des raisons politiciennes ?