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LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

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mardi 7 juillet 2020

Jacob conseille à Macron de "se méfier" de Darmanin

Darmanin porte "les gènes de la trahison", prévient Jacob 

Le patron des Républicains a mis en garde Macron dès mardi

Alors que le nouveau premier ministre, Jean Castex vient de quitter LR, Christian Jacob souligne que "ces ministres sont d'abord des opportunistes".

Déserteur de la droite parmi d'autres (Philippe, Le Maire, Blanquer, Lecornu, Riester, Bachelot, Klinkert, Moreno et Montchalin, huit sur les 16 ministres (re)nommés le 6 juillet, 14 ministres délégués et un secrétaire d’Etat), Gérald Darmanin, promu ministre de l'Intérieur, n'est pas un homme de confiance. 
"Quel lien a Darmanin avec la droite ? Il est adhérent En marche", rétorque-t-il aussi à propos du ministre issu de la droite, rallié en 2017 à Macron et ministre des Comptes publics dans le précédent gouvernement.

"Si j'étais le président, je m'en méfierais"

Et d'expliquer que le ministre de l'Intérieur a les gènes de la trahison! Le président est allé chercher une personnalité ou deux qui avaient besoin de reconnaissance, c'est tout", critique Christian Jacob.

Guillaume Peltier, numéro deux des Républicains, évacue aussi la question d'un siphonnage de la droite par Emmanuel Macron. "Si la politique se résume à du spectacle, du cynisme, une simple tactique et des stratégies de débauchage individuels, qu'est-ce qu'elle est triste la politique, et c'est celle que mène Emmanuel Macron", a-t-il commenté sur franceinfo. Outre Gérald Darmanin, promu à l'Intérieur, l'ancienne ministre de Jacques Chirac Roselyne Bachelot fait son retour en politique en prenant les rênes du ministère de la Culture. 

L'ancien ministre Brice Hortefeux , sur RTL, a indiqué avoir été appelé lundi soir par Gérald Darmanin, proche comme lui de Nicolas Sarkozy: "Je l'ai naturellement félicité, je lui ai souhaité bon courage, parce que la réalité c'est que les clignotants sont au rouge" en matière de sécurité, a-t-il noté.

Racialisation: le second degré de l'humoriste Gérald Dahan ne prend pas avec les racisés



Gérald Dahan accusé de racisme supprime des tweets sur Ndiaye et Moreno

Gérald Dahan avait moqué Sibeth Ndiaye, démissionnée, et Elisabeth Moreno, appelée, lors du changement de gouvernement

L'humoriste s'est défendu de tout racisme.
 
La Compagnie Créole a une meilleure orthographe 

Représentatif de l'état de l'humour en France, Dahan a tiré sur l'ambulance du SAMU qui a apporté Elisabeth et emporté Sibeth, mais la bêtise et la méchanceté ne sont pas bonne conseillères et le jeu de chaises musicale de ce lundi 6 juillet, animé par Alexis Kohler, n'a pas élevé le niveau de son inspiration. La porte-parole sortie du gouvernement, Sibeth Ndiaye, laisse sa chaise à Gabriel Attal, à qui est confiée la re-crédibilisation du porte-parolat  tandis que son compagnon ne pénètre toujours pas le pouvoir, et Elisabeth Moreno, se voit confier la pacification des rapports hommes-femmes au secrétariat d'Etat, depuis lequel Marlène Schiappa a mené la guerre des sexes. Les deux femmes sont noires, l'une du Sénégal et l'autre du Cap Vert qui lui fait face, et ce chassé-croisé a visiblement suffi à faire rire Gérald Dahan.

Le comique a lâché deux tweets qui lui ont valu des accusations de racisme.

Dahan les a bravement retirés aussi sec sous la pression, sans hurler à sa liberté d'expression bâillonnée
Dans l’un de ses messages, il écrivait notamment que Sibeth Ndiaye a été appelée à rejoindre le groupe de musique antillais la Compagnie Créole. 

Dans son second message, il notait: "Elisabeth Moreno enlève ton masque, on t’a reconnu[e] Sibeth Ndiaye (bien essayé le coup du changement de coiffure)". Alors que las anti-racistes racisés cherchent des noises à L'Oréal qui vend bien ses produits de blanchiment de la peau et aussi de défrisage de femmes de couleur, Dahan paraît terriblement déconnecté et particulièrement mal informé, puisque la nouvelle arrivante n'essentialise nullement son origine ethnique. Elisabeth n'est pas Sibeth et sui le conseil de Saint Ambroise: "Si tu es à Rome, vis comme les Romains".

Les captures d’écran de ces deux tweets valent depuis ce lundi soir des accusations de racisme à Gérald Dahan
Dahan n'est pas plus futé que Sibeth et, pas plus qu'elle qui arbore des coiffures et des étoffes indigènes à l'Elysée - provocation indigéniste -, il ne parvient pas à discerner de racisme dans ses mauvaises blagues. "Si Sibeth Ndiaye avait été blanche [Il la cherche ? C'est pour elle une insulte...] et si j’avais vu une ressemblance avec une autre personnalité blanche [Marlène Schiappa, à quelques kilos près ?], je l’aurais aussi dit [ce dont personne n'a rien à faire]. C’était juste une blague par rapport à la coiffure surprenante qu’elle avait adoptée après être entrée au gouvernement. C’est ça qui m’a fait penser que c’était la même personne, avec une coiffure différente”, tente-t-il.

Et de nier tout racisme: "si les gens [qui ne sont rien ?] en voient, c’est que l’humour a de plus en plus de mal à se faire comprendre," estime Gérald Dahan. Et si c'est le cas, l'humour n'est pas en cause: Dahan est nul, point final.  
Il assure qu’il est par ailleurs toujours invité aux événements organisés par SOS Racisme. Preuve que l'humour est tombé bien bas.

Ancien adhérent au Parti socialiste, Gérald Dahan apporta son soutien à François Hollande, le candidat socialiste de l'élection présidentielle de 2012 et participa à plusieurs meetings politiques au côté du candidat. Il dériva encore ensuite: en 2017, il afficha son soutien à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
Nivellement par le bas, on vous dit !

lundi 6 juillet 2020

Le changement de gouvernement n'est que jeu de chaises musicales ?

La relance s'engage mal avec 22 anciens usés pour 8 nouveaux trop souvent néophytes.

Exit la "sociéte civile" annonçee prometteuse.

La composition du gouvernement qui doit incarner "le nouveau chemin" - à défaut de "monde nouveau" - souhaité par Emmanuel Macron pour les deux prochaines années a été dévoilée ce lundi. Gérald Darmanin devient ministre de l'Intérieur, Barbara Pompili ministre de la Transition écologique, tandis que l'avocat Eric Dupond-Moretti prend, lui, la tête du ministère de la Justice. Suivez les dernières informations en direct.

PREMIER CONSEIL DES MINISTRES DEMAIN

Le président de la République réunira le Conseil des ministres demain, le 7 juillet, à 15 heures.
LA LISTE DU GOUVERNEMENT CASTEX

- Jean-Yves Le Drian : ministre de l'Europe et des Affaires étrangères,
- Barbara Pompili : ministre de la Transition écologique,
- Jean-Michel Blanquer : ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports,
- Bruno Le Maire : ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance,
- Florence Parly : ministre des Armées, 
- Gérald Darmanin : ministre de l'Intérieur,
- Elisabeth Borne : ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion,
- Sébastien Lecornu : ministre des Outre-mer,
- Jacqueline Gourault : ministre des Territoires et des Relations avec les collectivités territoriales,
- Eric Dupond-Moretti : Garde des Sceaux, ministre de la Justice,
- Roselyne Bachelot : ministre de la Culture,
- Olivier Véran : ministre des Solidarités et de la Santé,
- Annick Girardin : ministre de la Mer,
- Frédérique Vidal : ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation,
- Julien Denormandie : ministre de l'Agriculture et de l'alimentation,
- Amélie de Montchalin, : ministre de la Transformation et de la fonction publique,

Sont nommés ministres délégués :
- auprès du Premier ministre : Marc Fesneau, chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne ; Elisabeth Moreno, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances,
- auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères : Franck Riester, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité,
- auprès de la ministre de la Transition écologique : Emmanuelle Wargon, chargée du Logement ; Jean-Baptiste Djebbari, chargé des Transports,
- auprès du ministre de l'Economie, des finances et de la relance : Olivier Dussopt, chargé des Comptes publics ; Agnès Pannier-Runacher, chargée de l'Industrie ; Alain Griset, chargé des Petites et moyennes entreprises, 
- auprès du ministre de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports : Roxana Maracineanu, chargée des Sports,
- auprès de la ministre des Armées : Geneviève Darrieussecq, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants,
- auprès du ministre de l'Intérieur : Marlène Schiappa, chargée de la Citoyenneté,
- auprès de la ministre du Travail, de l'emploi et de l'insertion : Brigitte Klinkert, chargée de l'Insertion,
- auprès de la ministre des Territoires et des relations avec les collectivités territoriales : Nadia Hai, chargée de la Ville,
- auprès du ministre des Solidarités et de la Santé : Brigitte Bourguignon, chargée de l'Autonomie.

Est nommé secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre : Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement.

Investigations autour de Samia Ghali sur des soupçons de fraude aux procurations


Printemps marseillais pourri: l'alliée de Rubirola assure être non polluante 

L'union des gauches, un poisson qui pourrit déjà par la tête


Des soupçons de fraudes aux procurations dans l’entourage de Samia Ghali occupent les inspecteurs de la police judiciaire de Marseille. 
Les élections municipales à Marseille qui ont porté le 'Printemps marseillais' samedi à la mairie, en la personne de l'écologiste Michèle Rubirola, les rebondissements continuent avec ces soupçons de fraude aux procurations. 

La sénatrice Samia Ghali qui a offert la victoire à Michèle Rubirola avec les votes de ses huit colistiers en échange du poste de deuxième adjointe à la mairie et au coeur d'une méchante affaire. Les nazis sont sans doute à la manoeuvre...
Perquisitions au commissariat de son secteur
 
Selon Le Media, indépendant - mais néanmoins bolivarien - et alternatif et La Provence, quotidien régional, les enquêteurs de la brigade financière ont perquisitionné le commissariat du 15e arrondissement samedi, et quatre policiers doivent être auditionnés ce lundi.
 
Un signalement d’une quinzaine de jours pointerait du doigt plusieurs dizaines de procurations faxées directement au commissariat par l’entourage de la candidate.*
La procureur de la République, Dominique Laurens, avait ouvert une enquête pour « faux et usage de faux » et « manœuvres frauduleuses", après des révélations de la presse sur des soupçons de fraude aux procurations chez Les Républicains.

Lille: deux recours contre l'élection de Martine Aubry


Les listes LREM et EELV contestent les résultats

Arrivées de peu derrière la liste de la maire sortante socialiste, elles ont déposé des réclamations au tribunal administratif de Lille.


Dans un contexte d’abstention record (68,27%), l’élection de Martine Aubry (40%) n'est pas gagnée.
La liste Stéphane Baly, EELV, 39,41%, distancée de seulement 227 voix au second tour, et celle de Violette Spillebout, LREM, 20,59%, ont déposé un recours vendredi. Un lapsus de Martine Aubry en dit long sur ses sueurs froides: dans son discours de ré-élection à son quatrième mandat, elle a rendu hommage aux maires "qui lui ont succédé"...
 
Des signatures d’électeurs sensiblement différentes entre le premier et le deuxième tours ont décidé les Verts à aller au recours. Pour ces municipales, il y a eu deux registres d’émargement, alors que d’habitude, les électeurs signent sur la même ligne pour les deux scrutins. "La mairie nous a expliqué que pour intégrer les électeurs ayant atteint 18 ans entre les deux tours, il était plus simple de faire un autre registre", indique le porte-parole d’EELV à Lille, Dominique Plancke. Il évalue à quelques dizaines les paraphes dissemblables d’un livre à l’autre. "Les gens ont peut-être décidé de changer de signature pendant le confinement ?" ironise-t-il. Plus sérieusement, il pointe "un contrôle d’identité altéré", avec le port du masque obligatoire et des cartes d’identité présentées à distance, autant de précautions sanitaires, mais aussi la difficulté pour les assesseurs de confronter les signatures des deux tours.

Il évoque encore d’autres anomalies, comme des bulletins déclarés nuls suite à des erreurs de présidents de bureaux de vote, des procès-verbaux pas toujours bien remplis, et des procurations refusées. "C’est le tableau d’ensemble qui nous interroge", précise-t-il, refusant de voir ce recours comme politique, mais bien comme purement technique. 

"Nous avons le sentiment qu’il y a proportionnellement plus d’anomalies à Lomme qu’ailleurs, sans que nous en tirions pour l’instant des conclusions définitives", distille-t-il cependant. Cette commune associée à Lille, fief socialiste, a fait l’élection, en donnant 600 voix d’avance à Martine Aubry, alors qu’elle était battue dans Lille intra-muros et à Hellemmes.
 
Dominique Plancke dénonce tout de même l’ambiance électrique de la dernière semaine avant le vote, avec en exemple le mail pro-Aubry envoyé par Meriem Amouri, présidente de l’association qui gère le projet d’initiative citoyenne lillois, anciennement fonds de participation des habitants, à 270 associations qui y ont eu recours. Ils étaient priés de signer un appel en faveur de la maire de Lille. Un mélange des genres malsain, qui a fait bondir le monde associatif, et a obligé l’entourage de la candidate à s’en démarquer. 

Violette Spillebout, la candidate malheureuse pour LREM, partage les mêmes griefs : une série de "transgressions" et d'irrégularités.
Avec ses équipes, elle a constitué un dossier "de 20 pages", accompagné d'environ "200 pièces justificatives" destinées à démontrer "des irrégularités" et "transgressions". Parmi celles-ci "des moyens de publicité commerciales utilisés à fins de propagande électorale".

L'ancienne collaboratrice de Martine Aubry met de son côté en cause le documentaire de France 3, la Dame de Lille, diffusé le 2 décembre, qu’elle trouve "panégyrique", avec une soirée de lancement à Sciences-Po Lille qui l’interroge. Elle voudrait le voir intégré dans le compte de campagne de Martine Aubry et précise que la promotion publicitaire d’un candidat est interdite. 

Examen des comptes de campagne 

"Ce sont nos électeurs qui nous ont poussés à déposer ce recours", assure l'écologiste Dominique Plancke. "Du moment que nous avons des doutes, nous ne pouvons pas nous asseoir dessus." 
Violette Spillebout se pose en défenseuse de la vertu républicaine : "Ce recours est basé sur des principes et des valeurs. En tant que nouvelle élue progressiste, je ne laisserai pas passer ces distorsions à la démocratie, qui font le lit de l’abstention. C’est un signal fort envoyé aux 60% des Lillois qui n’ont pas voté pour Martine Aubry, et aux 70% qui n’ont pas du tout été voter." 
 
L’entourage de la maire ne s’exprime pas sur ces recours, déposés au tribunal administratif de Lille. Celui-ci, s’il ne les rejette pas tout de suite, a trois mois pour les examiner, mais sans doute attendra-t-il l’examen des comptes de campagne, déposés au plus tard le 11 septembre, pour se prononcer, ce qui devrait rallonger ce délai. La réponse devrait tomber en fin d’année.
Ces recours pourraient mener à l'annulation du scrutin. 

Dérapage de la 'Marche des fiertés' à Paris: "Tout le monde déteste la police" ?


Et avec ça, les LGBTI+ haineux veulent de l'amour... 

"On est là pour hurler qu'on veut des droits" 


Plusieurs milliers de personnes en tout genre se sont rassemblées samedi à Paris pour une marche des fiertés politique et inter-sectionnelle, entre soi, cinquante ans après la première Gay Pride et les émeutes de Stonewall, dans le quartier de Greenwich Village à New York, le 28 juin 1969.

Place Pigalle, entre 2.000 et 3.000 joyeux manifestants se sont répandus dans les rues de Paris comme une seule et même vague bigarrée. Flottaient les drapeaux de la communauté LGBTQI - lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles -  aux côtés des parapluies rouges des travailleurs et travailleuses du sexedes pancartes antiracisme ou encore des symboles féministes
Gay Pride de Paris
La voix de Mimi, présidente d’Acceptess-Transgenres, recouvrit soudain les chants et slogans. Debout à l’arrière d’un camion, mégaphone au poing, elle résuma en quelques mots l’enjeu de cette marche des fiertés : "Nous sommes là pour la pride la plus radicale, la plus politisée et la plus revendicative, n’est-ce pas ?"

L’année 2020 marque le cinquantième anniversaire de la Gay Pride. 
Mais l’événement parisien, initialement prévu le 27 juin, a été reporté au 7 novembre, en raison de l’interdiction de grands rassemblements dans le contexte de crise sanitaire. 
Pour Fred Bladou, militant de AIDES et activiste de la lutte contre le sida, il était impensable d’attendre l’automne pour se rassembler dans un contexte "d’oppression politique" : maso, en plus ? Le confinement a flingué les minorités déjà précaires comme nous et le gouvernement n’a rien fait pour nous aider. C’est important de montrer qu’on est toujours là !" 
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Une marche des "opprimés", plus politique que jamais 

En tête, les personnes queer racisées mènent le cortège en direction de la place de la République. Au milieu de tout ce monde, Pi se faufile entre les manifestants pour rejoindre l’avant de la foule : "C’est un symbole très fort politiquement qu’on soit en tête ! Les minorités parmi les minorités prennent la place", s’exclame la comédienne de 27 ans. 

Politiser cette marche des fiertés, c’est justement ce qui motive les militants rassemblés ce samedi. 
Cette mobilisation, organisée en quinze jours seulement, fait l'économie de la multitude de chars et des haut-parleurs déversant des décibels   étourdissants de musique. Selon Giovanna Rincon, figure de la lutte pour les droits des trans, "la musique la plus importante, c’est celle qui va crier notre colère, raconter nos histoires et chanter nos combats. Aujourd’hui, on montre tous à quel point on n’en peut plus du pinkwashing et du capitalisme qui cherche à s’enrichir sur le dos de nos luttes à chaque pride !"...
 
Un besoin de révolte qui s’inscrit pour beaucoup dans la lignée des émeutes de Stonewall, en 1969, quand la plupart n'étaient pas né.e.s: "C’est ce qui a marqué le début des mouvements revendicatifs LGBT. Des femmes trans, racisées et travailleuses du sexe ainsi que des lesbiennes butch étaient en première ligne pour défendre les droits des minorités sexuelles et de genre face à la police", rappelle Cécile Chartrain, présidente de l’association Les Dégommeuses. "Avec cette pride, on réinvente ce qui s’est passé il y a cinquante ans dans un contexte où tout est fait pour nous empêcher d’être là. Ce n’est pas juste une fête, c’est une lutte collective", s'exalte Giovanna Rincon. 


"C’est la convergence des luttes"...

"La vie des noirs compte" ; "Et tout le monde déteste la police"… 
Dans les rues de Paris, les militant.e.s s'alignent sur les autres mouvements pour se donner de l'importance scandant les slogans du moment symbolisant l’ensemble des combats qui réunissent les manifestants. "Nous sommes fortes, nous sommes fières et féministes et radicales et en colère !

"C’est la convergence des luttes. On est là pour hurler qu’on veut des droits, on veut du travail, un accès à la santé ! On est aussi là pour dire qu’on ne veut plus de la précarisation des travailleuses du sexe, des violences policières et du racisme !", clame Fred Bladou.
 

Malgré l’importance de la mobilisation, Anaïs de Lenclos, porte-parole du Syndicat du travail sexuel (Strass), n’ose même pas caresser l’infime espoir de voir les voir choses changer bientôt, face à un gouvernement "absolument pas progressiste" : "Je sais que je lutte pour quelque chose que je ne verrai pas. Mais quand je vois la force de la relève, je croise les doigts pour l’avenir." 
Avec plusieurs dizaines d’années de militantisme au compteur, Giovanna Rincon se projette elle aussi vers les prochaines générations pour agir pour les luttes intersectionnelles : "Nos slogans sont encore plus beaux quand ils sont criés par la jeunesse queer, car je sais qu’elle ne lâchera pas le combat après nous !"


A la demande de l’organisation, la tête de cortège n’a pas été photographiée pour protéger l’identité des manifestant·es : après l'ostentation prosélyte, c'est la dernière tendance ou lubie
 

dimanche 5 juillet 2020

Epidémie de Covid-19: les pompiers dénoncent leur mise à l'écart par l'exécutif

Les grands oubliés des hommages attendent de la considération du pouvoir macronien

  




Les pompiers n'ont pas été convaincus par la gestion de l'épidémie du coronavirus.
Dans un rapport interne et pudique, les pompiers disent leur amertume face au manque de considération du pouvoir technocratique de Macron: ils regrettent de ne pas avoir été assez pris en compte dans la gestion du coronavirus. 
Ils ont aussi à déplorer les "lourdeurs administratives" qui compliquent leur tâche. 

Dans une synthèse rédigée à l'attention du ministère de l'Intérieur, ils formulent de nombreuses critiques, notamment celles de ne pas avoir été assez "pris en compte" dans la crise, révèle la presse ce samedi.
"Les pompiers, c'est une force de 250.000 personnes réparties dans 7.000 casernes sur tout le territoire. Nous sommes rompus à la gestion de tous les événements. On a fait face à l'H1N1 (virus de la grippe A), à la grippe aviaire, aux accidents industriels, aux attentats…, rappellent-ils. A chaque fois, on s'adapte, et là le mot d'ordre c'était tout sauf les pompiers", regrette au quotidien le colonel Grégory Allione, président la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
 
Dans le viseur de ce rapport, les structures administratives du ministère de la Santé, les agences régionales de la Santé et le Samu. 
Selon leurs auteurs, la main-mise du ministère de la Santé sur la gestion de la crise a provoqué des lourdeurs administratives, brouillant les "décisions stratégiques". "Plutôt qu'une crise sanitaire, cette crise a surtout été celle du leadership de la communication", peut-on lire, "provoquant l'incompréhension des "acteurs de terrains, pompiers mais aussi médecins généralistes". 

Les évacuations par TGV vécues comme des opérations de com' à grand spectacle

De nombreux patients du Grand-Est ou de l'Ile-de-France ont été transférés en TGV vers des régions moins touchées, une opération inédite de ventilation de la pénurie. Pour le gouvernement, il s'agissait de désengorger les hôpitaux saturés. "Pures opérations de communication et véritable esbroufe", tranche le rapport des pompiers. Et de questionner: "était-il efficace de faire faire des centaines de kilomètres aux victimes alors que souvent il y avait de la place dans la clinique d'en face?".
 
Le Samu saturé 

Les pompiers regrettent par ailleurs la saturation du 15 pendant toute la durée de l'épidémie. "C'était un numéro de renseignement, pas d'un numéro d'urgence", écrivent-ils. 
"La décision du gouvernement d'orienter vers le 15 les appels des citoyens connaissant un doute sur leur état de santé a eu pour conséquences immédiates de saturer la réception et la régulation des appels", critiquent-ils. "Des malades en situation d'urgence vitale n'ont jamais eu de réponse et sont morts dans l'indifférence générale. Un vrai scandale!

En conclusion de ce rapport, les pompiers dressent une liste de propositions pour revoir leur gestion de crise. 
Ils évoquent notamment la création d'un ministère ou d'un secrétariat d'Etat chargé spécifiquement de la gestion des crises et des gestions d'urgence
De façon plus globale, ils appellent à renforcer la communication et la cohésion entre l'Etat et les acteurs de terrains, notamment les préfets. 

Retour des Guérini à Marseille: Rubirola place Benoît Payan à sa droite

Lendemains qui chantent : l'éternel printemps de Benoît Payan est arrivé

Le socialiste est l'instigateur du 'Printemps marseillais'. 


Petit homme mobile, barbe de deux jours bien taillée, yeux bleu clair comme le vieux port et col roulé qui monte au ras du menton mou, signe distinctif des gay, dit-on, le conseiller municipal des 2e-3e arrondissements - où Gaudin a réalisé la rénovation urbaine 'Euroméditerrannée' - et départemental socialiste, Benoît Payan, est toujours flanqué de son acolyte, Arnaud Drouot, secrétaire du groupe socialiste au conseil municipal.

Cet élu, qui a eu 42 ans le 31 janvier, cristallise sur sa personne haines recuites et espoirs de renouveau. A la façon de députés macroniens à l'Assemblée, des militants acclament sur Internet la moindre de ses interventions au conseil municipal, pourfendant la politique du sortant LR Jean-Claude Gaudin. On comprend déjà que ce militantisme aveugle annonce un clientélisme évoquant l'époque  Guérini. Cette claque annonçait son ascension jusqu’à la mairie en tête du 'Printemps marseillais', ce conglomérat inédit de partis politiques et d'associations  de gauche, de collectifs citoyens et de syndicats, qu'unissent la soif de pouvoir et la haine de classes.

Pour les plus radicaux, Payan était le grain de sable qui bloquait l’union avec la gauche de la gauche. Portraituré en arrogant apparatchik, symbole de l’héritage hégémonique d’un Parti socialiste accusé d'entente avec le diable, Gaudin et jugé co-responsable du naufrage de la ville et de ses pratiques clientélistes. 

Critiqué par plusieurs membres du Printemps marseillais, le socialiste est contraint au retrait de sa candidature en tête de liste  de ce mouvement local d'union des gauches, au tout début janvier, et de soutenir la candidature d'une écologiste chassée d'EELV, puis réintégrée, Michèle Rubirola, une inconnue au-delà de son quartier. "Je vois que certains se servent de moi comme d’un prétexte pour leurs petits calculs, comme d’un alibi malhonnête pour refuser l’union. Ils ne critiquent pas mes convictions, juste mon étiquette. Eh bien je ne leur servirai pas d’excuse." Une adresse aux troupes de Jean-Luc Mélenchon – et Jean-Luc Mélenchon soi-même –, fermement opposés à la candidature d’un socialiste pour le Printemps marseillais.


Trublion des quartiers nord depuis des lustres, la sénatrice Samia Ghali, candidate désormais déclarée, et d’autres aînés côtoyés au PS, n'étaient pas censés pardonner au quadra de s’être affranchi de leur emprise. Le chef de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, député de Marseille, lui conseilla même de donner la preuve de sa sincérité en quittant la maison socialiste. "Au nom de quelle pureté, de quelle représentativité ? s’agace l’intéressé. Mélenchon ne comprend pas Marseille, il n’y est que quelques jours par mois." Maintenant que Mélenchon a manqué le coche qui mène à la mairie, ses camarades et lui ne vont pas retenir leurs coups et la tâche va être ardue pour cette équipe mexicaine où tout le monde revendique sa cuillerée de soupe de poissons .

Payan, "c’est un grand ami d’Alexandre Guérini," révèle Renaud Muselier, président LR du conseil régional


Avec Payan, c'est le retour sur le marché des déchets de l'agglomération marseillaise et sur des soupçons de connexions entre la politique et le milieu...
Alexandre Guérini, c'est l'homme d'affaires, patron de plusieurs décharges. Il est mis en examen, il n'y a pas dix ans, pour association de malfaiteurs et écroué, notamment pour abus de biens sociaux, détournement de fonds et biens publics, blanchiment et corruption active. Six autres individus avaient été mises en examen.
Jean-Noël Guérini, c'est son frère sénateur (PS), président du conseil général des Bouches-du-Rhône et pourvoyeur de contrats pour la famille: il est à la fois membre du bureau du PS des Bouches-du-Rhône et au siège de ses sociétés. Il est mis en examen pour trafic d'influence, prise illégale d'intérêt et association de malfaiteurs.

Aux cantonales de 2011, le jeune Benoît Payan, candidat socialiste sur le canton de Mazargues, prend ses distances avec le clan mafieux. "Nous nageons en pleine médiocratie [gouvernement des médiocres]. Comment se serrer les coudes avec des gens qui ont été des clients, des affidés pendant des années? Nous sommes les dernières tares du deferrisme", soupire le conseiller municipal PS Benoît Payan. Mais seule la candidate écologiste, la juge Laurence Vichnievsky, conseillère régionale d'Europe-Ecologie-les Verts, ose mettre les pieds dans le plat. Proche de Marie-Arlette Carlotti, Payan est investi par le PS dans le canton Marseille 1, où l'ancienne ministre de Hollande a jugé préférable de ne pas se représenter. Il passe ainsi de Mazargues, au sud, à Belsunce, Noailles, bigarrée, Saint-Charles, cosmopolite aussi, et Thiers, ainsi que  qu'Opéra et La Plaine des bobos, au centre, se rapprochant de la mairie.

Aux départementales de 2015, Benoît Payan est de ceux qui annoncent clairement qu'ils ne voteront pas Guérini au troisième tour. Il trace sa propre route.

En 2020, Payan reste influence dans son fief des 2/3
Le marcheur Pascal Chamassian, tête de liste d’Yvon Berland dans le sixième secteur, prend carrément la mouche : "Ça veut dire quoi, être un ancien guériniste ? J’étais sur sa liste en 2008, mais en 2014, j’ai affronté Lisette Narducci, qu’il soutenait. Et ça n’a pas été de tout repos." A l’époque, Jean-Noël Guérini avait fait quelques visites dans son fief des deuxième et troisième arrondissements, concède-t-il toutefois. Mais "cette fois, je ne sens pas sa présence, ses pressions. Peut-être que je me fais enfumer mais, honnêtement, je pense qu’il est ailleurs et fait autre chose", nie le socialiste Benoît Payan, tête de liste du Printemps marseillais dans ces quartiers populaires du centre-ville.

"Il garde une certaine influence, notamment dans le 2/3, auprès des gens qui ont été logés dans les HLM du département, par exemple", objecte d'ailleurs le sociologue Jean Viard, qui, était candidat "société civile" sur la liste conduite par Jean-Noël Guérini en 2008.

Pour couronner le tout, les tout-premiers mots de la maire Rubirola donnent le ton de sa mandature, citant Cendars: "Marseille appartient à qui vient du large". Les bateaux de croisière céderont la place aux embarcations de SOS Méditerranée, les recettes aux dépenses.

La fresque en souvenir de George Floyd et Adama Traoré vandalisée

La France silencieuse et majoritaire a donné son avis sur la racialisation 

Tolérée par Azzédine Taïbi, maire PCF de la commune de Stains (Seine-Saint-Denis), communiste depuis 1935, la représentation de George Floyd et Adama Traoré associés à des violences policières pourtant dissemblables a été vandalisée dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet. 

Rappel des méfaits du rebelle à l'interpellation de police,
soutenu par le maire communiste de Stains

Cette oeuvre d'art urbain partisan qui insulte la France, au-delà de la République,  avait fait scandale dès son inauguration le 19 juin. Des indignés ont exprimé leur réprobation. 
La peinture représente les visages de George Floyd, Américain noir asphyxié par un policier blanc lors de sa résistance à l'interpellation aux Etats-Unis, et du délinquant Adama Traoré, mort en juillet 2016 après son arrestation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise).

Les mots "extorsion", "vol", "braqueur de femmes enceinte" et "stop aux Traoré", écrits à la peinture blanche et rouge sur les visages des deux hommes, ont été constatés dimanche matin par la police.

Le maire de Stains n'avait accepté de modifier le texte outrageant
 

La provocation réalisée par un collectif d’artistes locaux anonymes a suscité des réactions graduées, mais faibles.
Le 22 juin, 200 policiers avaient manifesté devant la préfecture de Bobigny à l’appel du syndicat Alliance pour condamner le texte inscrit sous les visages des deux hommes – "contre le racisme et les violences policières". Au même moment à Stains, 150 personnes s’étaient rassemblées devant le mur de la honte à l’appel du Comité Adama Traoré. 

Après avoir reçu une délégation de policiers, le préfet de la Seine-Saint-Denis avait mis en demeure le maire PCF de la ville, qui avait inauguré cette peinture, de modifier le texte.

Elle "met en scène un amalgame honteux entre racisme, violence et forces de l’ordre", a dénoncé  le lendemain (sur Twitter  !) le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, lequel a soutenu "l’initiative" du préfet.

Un maire querelleur: administrateur ou militant ?

"Le seul responsable sera le syndicat de police Alliance," avait menacé le maire, dans l'hypothèse où les graffitis disparaîtraient.  

Et de jouer à l'imbécile : "Monsieur le préfet me met en demeure de supprimer le mot "policières". Cette injonction était celle du syndicat de policiers Alliance. Je ne saisis pas le sens de cette mise en demeure infondée", s'est rebellé jeudi le maire, Azzédine Taïbi, qui a mandaté son avocat "afin d’étudier les suites à donner au préfet". 

"Si cette fresque disparaît, si une lettre disparaît, le seul responsable sera le syndicat de police Alliance", avait dit Assa Traoré, la sœur du délinquant Malo-français, sur des vidéos relayées sur les réseaux sociaux. 

samedi 4 juillet 2020

Les Verts de Lyon, à l'origine d'un cluster au nouveau Conseil municipal

Gérard Collomb n'a pas souhaité passer l'écharpe de maire à son successeur écolo

Les écolos inventent le coronavirus bio ?
 
L’un des nouveaux élus municipaux Verts à Lyon a été testé positif au Covid 19. Depuis, l’ARS remonte la chaîne de toutes les personnes contact en particulier lors de la soirée électorale. L’élection du maire a été maintenue ce samedi.
Ils vont gérer la ville:  lors de la soirée électorale du 28 juin à Lyon  
Gregory Doucet (en chemise blanche) n’aurait pas été en contact avec 
Gauthier Chapuis, jeune candidat testé positif au Covid-19.

Depuis, l’ARS remonte la chaîne de toutes les personnes contact en particulier lors de la soirée électorale. L’élection du maire a été maintenue ce samedi.

A Lyon, la séance d'installation du nouveau maire et de son conseil municipal programmé pour samedi après-midi, a bien failli être annulée… pour cause de Covid-19. Un jeune candidat de la liste écologiste du neuvième arrondissement, Gauthier Chapuis, a en effet été testé positif au Covid-19 cette semaine. Depuis, les services de l'ARS s'emploient à dessiner les contours des personnes ayant été en contact avec lui et ceci particulièrement lors de la soirée électorale du dimanche 28 juin, qui s'est déroulée au Ninkasi, une brasserie de bière réservée pour l'occasion par les équipes écologistes. 

Les photos prises dans la soirée sont passées au peigne fin pour identifier les personnes restées en contact prolongé avec le malade. Une bonne vingtaine au total, nouveaux élus, militants, collaborateurs et journalistes réunis pendant la soirée autour de Grégory Doucet, le nouveau maire de Lyon, qui analysait dimanche les résultats au fur et à mesure du dépouillement. 

Les conditions sanitaires repassent au rouge pastèque 

"Le conseil municipal d'installation pourra-t-il se tenir samedi?," se sont interrogés les écologistes. « Il apparaît sur les images de la soirée électorale que Grégory Doucet n'a pas été directement en contact avec ce candidat » rapporte son cabinet après enquête. Le reste de l'équipe doit être testé prochainement. L'écologiste, qui bénéficie d'une large majorité au conseil municipal de Lyon sera donc bien intronisé samedi après-midi. Mais il manquera dans ses rangs neuf nouveaux élus, neuf conseillers municipaux écologistes, placés en quatorzaine et qui ont donc confié leur procuration de vote à leurs collègues .

Ce conseil municipal d'installation va également se tenir dans des conditions sanitaires renforcées. Masques strictement obligatoires pour tous à la mairie ce samedi, y compris dans la rue pour l'arrivée des nouveaux élus prévue à vélo. Idem pour la distanciation qui devra être respectée avec plus de rigueur encore. Ce cas de Covid-19 au conseil municipal de Lyon fera d'ailleurs l'objet d'une déclaration à l'ouverture de la séance par Grégory Doucet. 
Et pour finir, le maire sortant, Gérard Collomb qui devait passer, comme doyen d'âge de l'assemblée, l'écharpe tricolore à son successeur, sera dispensé du geste symbolique pourtant très attendu par les photographes et les caméras.

Pour entrer à Matignon, Jean Castex quitte Les Républicains

Premier ministre parfait, selon la presse, ce technocrate est-il un mercenaire et un traître ?

Un homme qui ré-écrit sa propre histoire peut-il écrire une page d'Histoire ?

Jean Castex a déjà adopté le sourire factice de Macron...

Jusqu'ici dans le sillage de Sarkozy, ce nouveau premier ministre se renie-t-il ou Macron lui impose-t-il de d'effacer les traces derrière lui ? Il l'a fait et c'est ce qui compte.
Il a lâché son parti dans la matinée de vendredi 3 juillet. 
Une "trahison" ressentie par le chef de file LR, Christian Jacob. Le nouveau locataire de l'Hôtel de Matignon a démissionné du parti qui lui a fait confiance, Les Républicains: il a assumé cette lâcheté dans une lettre reçue vendredi 3 juillet matin par le parti, a-t-on appris auprès de LR. Son prédécesseur venu également de la droite, Edouard Philippe, avait eu plus d'élégance...

Si Paris valait bien une messe pour Henri IV, pour le montagnard Jean Castex aussi,  Matignon vaut bien un reniement.
Le nouveau locataire de l'Hôtel de Matignon a démissionné de son parti Républicains dans une lettre reçue vendredi 3 juillet matin par le parti, a-t-on appris auprès de LR. Mais, pour autant, comme le roi de Navarre, le Catalan de Prades peut-il  nous promettre la poule au pot tous les dimanches ?  
Le grand communicant attentif à ne pas froisser - et ce n'est pas dans Gala - n'a déjà pas tous les talents que la presse à genoux lui prête. "Nous avons reçu ce matin, par la poste, le courrier" où Jean Castex demande "à retirer son adhésion et à suspendre les prélèvements" [parce qu'il compte revenir !] , a-t-on précisé. Le courrier du maire de Prades (Pyrénées-Orientales) ne donnait aucune précision quant aux motivations de ce départ.
Consensuel ou rustre ?

Des signaux annonçaient ce départ, révèle le président de LR Christian Jacob, suggérant que la mine renfrognée de l'Edouard à la 'Convention citoyenne pour le climat' était la manifestation de son renvoi au Havre. Selon Jacob, Jean Castex "avait pris ses distances ces derniers jours", et "de fait, à partir du moment où il s'inscrit dans la politique menée par Emmanuel Macron, bien évidemment il n'est plus aux Républicains", depuis qu'il coordonne les travaux de déconfinement.


"En matière de trahisons, on a [beaucoup] donné déjà", a noté Jacob. 
Jean Castex succède à Edouard Philippe, un autre déserteur de LR, désormais accusé de trahison dans sa famille d'origine.
"Les Français en ont marre de ceux qui privilégient leur carrière plutôt que leurs convictions", a déclaré  le numéro 2 de LR, Guillaume Peltier, pour qui cette nomination est une "clarification". "Emmanuel Macron est définitivement le président d'une république des hauts fonctionnaires et des énarques en laquelle les Français n'ont plus confiance", a-t-il ajouté.
Depuis Juppé, "la lâcheté politique est devenue une banalité".
Le secrétaire général de LR Aurélien Pradié ajoute que Jean Castex "entre dans cette logique ultra coupable qui consiste installer dans notre démocratie l'idée que tout se vaut". Mais "ce n'est pas productif dans l'opinion", a-t-il ajouté, en soulignant que le nouveau chef du gouvernement n'est "pas une figure tutélaire de la droite".

Il n'est "pas identifié comme de droite" auprès du grand public et il "n'a jamais exercé de responsabilités" de premier plan, a souligné Christian Jacob.

Affaire Fillon: qui va enquêter sur la procureure générale de Paris chargée de l’affaire ?

"Je n'ai reçu aucune instruction", assure la procureure générale de Paris

Catherine Champrenault, est interrogée par la commission d'enquête sur l'indépendance de la justice.


"Je n'ai reçu dans l'affaire Fillon, comme dans tous les autres dossiers relevant de mon contrôle hiérarchique, aucune instruction de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), aucune instruction du pouvoir exécutif et […] je n'ai jamais relayé une demande du garde des Sceaux ou du pouvoir exécutif pour influer sur une procédure," a soutenu Catherine Champrenault, jeudi 2 juillet, devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'indépendance de la justice. Une déclaration qui fait écho à la déclaration - également sur l'honneur -  de l'ex-cheffe du Parquet national financier (PNF) Eliane Houlette qui ont suscité des accusations d'"instrumentalisation" de la justice.

A la stupéfaction générale des membres de la même commission, le 10 juin, Eliane Houlette avait pourtant évoqué le "contrôle très étroit" qu'a exercé le Parquet général, son autorité de tutelle directe (indirectement, le ministère), dans la conduite des investigations. 
L'ex-cheffe du PNF avait notamment mentionné des demandes de transmission rapide" sur les actes d'investigation ou les auditions. Elle avait aussi révélé avoir été convoquée par le Parquet général, qui plaidait pour que l'enquête soit confiée à un juge d'instruction.

Tout va bien madame le marquise

"Il ne faudrait pas céder à la facilité d'une réécriture de l'histoire", a suspecté Catherine Champrenault. "Le suivi de l'action publique par le procureur général, loin d'être une pression, constitue le mode de fonctionnement normalinstitutionnel, légal et même déontologique pour l'ensemble des magistrats du ministère public", a-t-elle estimé.

Rappelant le contexte de l'ouverture de l'enquête préliminaire visant le candidat en campagne présidentielle François Fillon, le 25 janvier 2017, soit "à trois mois de l'élection présidentielle", la procureure générale Champrenault a souligné que les actes d'investigation étaient "menés tambour battant"donc dans l'urgence électorale, sous la pression politique. "L'intensité de la remontée d'informations [du PNF vers le parquet général] a été à la seule mesure de l'intensité des actes diligentés" qui ont été "annoncés ou commentés dans la presse", a-t-elle indiqué.
 
La loi de la République inspire-t-elle le respect ?

La DACG a fait "deux demandes" visant "les résultats des actes d'enquête, mais jamais" avant, selon Catherine Champrenault
Par ailleurs, "neuf transmissions" ont été "adressées directement" par le PNF au parquet général, "spontanément", nuance le bon petit soldat.
Quant au Parquet général, il  a fait "quatre demandes d'informations", confirme-t-elle. 

"Je sais qu'on voudrait me faire dire qu'on a ouvert une information pour faire démissionner François Fillon", a-t-elle poursuivi. 

"Mais sa défense demandait une ouverture d'information judiciaire", dès "le 9 février", s'est-elle justifiée. Un juge d'instruction sera finalement saisi quinze jours plus tard, le 24 février. 
Donné favori à la présidentielle, le candidat de la droite républicaine avait pourtant échoué au premier tour après une campagne minée par cette affaire. "Cette affaire méritait qu'un juge d'instruction, plus indépendant en raison de son statut, soit saisi", a-t-elle jugé.

Si le Parlement décide de supprimer ces remontées d'informations,  "effectivement, nous appliquerons et nous ne ferons plus rien remonter", a déclaré la procureure générale. A contrario, puisqu'elles ne sont pas supprimées, il y a bien des remontées d'informations... Toutefois, "cela fait 40 ans que je suis magistrat du ministère public et aucun Parlement n'a pris cette décision. Alors, ne me reprochez pas d'appliquer la loi de la République", a-t-elle grincé. 

Eliane Houlette a ressenti une "pression psychologique" en conduisant cette enquête, selon Catherine Champrenault.
"Ce qui était somme toute assez normal, concède-t-elle, parce que son enquête pouvait effectivement être lourde de conséquences". Et elle l'a été, au point de rejaillir sur Macron que d'aucuns considèrent sa présidence usurpée. "Mais il ne faut pas confondre la pression psychologique et des pressions illégitimes", a  insisté la maligne.

Des méthodes pour le moins troublantes déjà pratiquées par le Parquet National Financier contre les avocats de Sarkozy

Le scandale avait éclaboussé l'Elysée et, cette fois, pour calmer le jeu, Macron n'a pas pu éviter de désigner la Garde des Sceaux. Elle a donc diligenté une enquête. 

Or, devinez à qui à qui Nicole Belloubet l'a confiée! A Catherine Champrenault, procureure générale de Paris, dont les compétences sont incontestables mais, sans nul doute, inversement proportionnelles à son éthique: elle a amplement démontrées les deux lors de l’affaire Fillon en 2017. 

D’après la déposition sous serment d’Eliane Houlette, à la tête alors du PNF, la procureure générale Champrenault la harcelait quotidiennement pour qu’elle accélère la procédure.
Certains, mal intentionnés, soutiennent que le but était que Fillon soit mis en examen avant l’élection présidentielle. D’autres, bien intentionnés (car ils ont pactisé avec LREM), affirment que c'est une vue de l'esprit. Et que, si on a un peu stimulé Eliane Houlette, c’était pour qu’elle économise l’argent du contribuable en allant plus vite.  

Notre république bananière témoigne d’une arrogance sans limite. 
La garde des Sceaux Belloubet charge de l'enquête Fillon une Catherine Champrenault qui devrait faire l’objet d’une enquête dans l'affaire Sarkozy ! Mais nul n'aura besoin d'ouvrir une enquête sur les instructions de Nicole Belloubet. Du moins, tant qu'elle occupe son squat de la Place Vendôme. Trois membres du gouvernement font déjà l'objet de plaintes dans l'affaire de la gestion de la Covid-19... 

Quelques journalistes, un peu retors, ont retrouvé l'expression "la République du poisson noyé" pour qualifier cette piètre comédie. 
Ils se trompent, car les poissons savent nager. "Noyer le poisson" est certes une expression pleine de sens, mais il y en a une autre plus appropriée, "qui veut tuer son chien, l’accuse d’avoir la rage". Elle s'applique à l'élimination de Fillon.
De plus, en eaux troubles, il a abondance de genres de poissons : les soles, douces et pacifiques, les requins, agressifs et méchants, mais, parmi les juges du Syndicat de la Magistrature (SM), on n'observe pas la présence de poissons rouges: plutôt du thon rouge, chaire rouge à l'intérieur comme l'écaille rouge à l'extérieur.
 
Flotte le poisson avarié, voire pourri, aux trois noms évoqués.
Le verdict outrageusement sévère prononcé contre Fillon - deux années ferme - l'atteste. Les juges (assis) sont (peut-être) indépendants, mais attachés leur idéologie. Quant à la magistrature debout, c'est tout vu: malgré les textes et les apparences, elle est couchée. Sur le Parquet.