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lundi 2 mars 2020

Article 49.3 : au chaos social, Macron ajoute le chaos politique

Macron nourrit son procès en totalitarisme

Edouard Philippe engage la responsabilité du gouvernement sur la réforme par le 49.3

Pour mieux le contourner, la girouette de Matignon s'est rendue à l'Assemblée nationale ce samedi pour une prise de parole surprise devant les députés pour annoncer le recours de Macron à l'article 49.3 et engager la responsabilité du gouvernement pour faire adopter sans vote le projet de réforme des retraites.

Au treizième jour d'échanges dans l'hémicycle, Edouard Philippe est monté à la tribune pour mettre un terme à l'examen du texte à trous, "mettre fin à cet épisode de non-débat" avec les oppositions et "permettre à la suite du processus législatif de s'engager", a-t-il déclaré sous les applaudissements de la majorité et les huées des oppositions.

Sibeth Ndiaye tente de justifier le coup de force en accusant Le France Insoumise (LFI) d'avoir"confisqué" le débat:
"On a un débat qui a été totalement confisqué, notamment par la France insoumise", selon Sibeth Ndiaye sur le plateau de BFMTV, pour justifier l'utilisation du 49.3. "lls ont usé d'une forme de brutalité inouïe pour bloquer le débat", assure-t-elle. 
"On a été très attentif depuis le début des discussions," insiste-t-elle, rappelant également les 115 heures de débat. (...) Maintenant, il faut pouvoir avancer", juge-t-elle. 
Réagissant aux tags sur la permanence d'Edouard Philippe au Havre, à la suite de l'annonce du passage en force du gouvernement, la porte-parole du gouvernement déclare: "Ce n'est pas comme ça que je conçois le débat démocratique."

"Il n'y avait aucune urgence à faire passer la réforme," souligne François Ruffin, pour dénoncer la précipitation de l'impatient Macron.Dans une série de tweets publiée plus tard, l'élu a taclé Macron, en dénonçant la manière dont les choses ont été annoncées ce samedi, "en catimini": "Il ajoute la lâcheté à sa solitude", juge-t-il.

Selon François Ruffin, "il n'y avait aucune urgence à faire passer la réforme" des retraites

17:55 - 29 févr. 2020
Dans la rue et à l'Assemblée, nous nous sommes battus contre la réforme des retraites. Seul contre les oppositions, contre les syndicats, contre le Conseil d'Etat, contre les Français, Macron passe en force, pour Axa et Blackrock.
En catimini, un samedi après-midi, il ajoute la lâcheté à sa solitude. Une nouvelle bataille s'ouvre : celle de la reconquête de ce pouvoir qu'ils nous volent.


18:11 - 29 février 2020
La droite va-t-elle déposer une motion de censure? 
"C'est probable", dit Woerth

L'élu de l'Oise écarte en revanche une motion de censure commune avec la gauche: "Il n'y a aucune chance."
"Nous n'avons pas du tout la même optique en ce qui concerne le système de retraite. Il n'y a pas une opposition, il y a des oppositions", tient-il à souligner.
Retraites/ passage en force: Éric Woerth déclare "qu'il n'y a aucune chance de motion de censure commune" avec la gauche
Des rassemblements d'opposants en région

Dans plusieurs villes, des mécontents se sont également réunis dans le centre-ville
pour dénoncer la brutalité du gouvernement. A Nantes, ils chantent "Et tout le monde déteste Edouard Philippe".

🔴 - Beaucoup de gaz lacrymogènes utilisés à ou de nombreuses personnes se sont rassemblés spontanément suite a l'annonce du 49.3



Vidéo intégrée


20:46 - 29 févr. 2020
À Toulouse, les manifestants ont été accueillis par des gaz lacrymogènes des forces de l'ordre.
🔴 - Beaucoup de gaz lacrymogènes utilisés à ou de nombreuses personnes se sont rassemblés spontanément suite a l'annonce du 49.3


20:46 - 29 févr. 2020
Des centaines de manifestants se sont rassemblées devant l'Assemblée nationale

Plusieurs centaines de personnes opposées à la réforme des retraites se sont
rassemblées dans le calme samedi soir à Paris aux abords de l'Assemblée nationale pour dire "non au 49.3".

    
Ce rassemblement spontané initié par les réseaux sociaux s'est déroulé dans une atmosphère pesante, les manifestants étant maintenus à distance par les forces de l'ordre sur le pont de la Concorde, à environ 200 mètres de l'Assemblée.
Au milieu de quelques slogans anticapitalistes, ils scandaient notamment "Tout le monde déteste Édouard Philippe", après la décision de Macron et l'annonce du laquais de Matignon d'utiliser le 49.3 pour imposer la réforme des retraites sans vote, ou encore "On est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là".
Dans la foule, des drapeaux de différentes organisations syndicales étaient visibles, ainsi que des avocats, mobilisés pour conserver leur régime autonome de retraite. 

La devant l’Assemblée Nationale après l’annonce du 49-3. Le passage en force du gouvernement ne nous fera pas abdiquer


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20:25 - 29 févr. 2020
Les députés LR déposent une motion de censure contre le gouvernement

Le groupe Les Républicains déposent une motion de censure contre le gouvernement, annonce Damien Abad, patron du groupe LR à l'Assemblée nationale.
"Pour nous c'est un échec du gouvernement sur la forme, sur le fond mais aussi sur la méthode employée", a déclaré Damien Abad. 


Gilles le Gendre: "Nous ne sommes pas dans la situation d'un débat démocratique normal"
"En aucun cas le groupe que je préside ne souhaitait écourter ce débat. Nous voulions ce débat. Non seulement il ne nous faisait pas peur mais nous en étions fière. En aucun cas nous avons contesté le droit d'amendement, qui est un droit constitutionnel, que nous défendrons toujours bec et ongles. Nous ne sommes pas dans la situation d'un débat démocratique normal", affirme, lors d'un point presse, Gilles le Gendre, chef de file des députés LREM à l'Assemblée nationale. 

La permanence d'Edouard Philippe au Havre taguée et caillassée,
comme celle de son ministre Gérald Darmanin, le lendemain

Le local de campagne d'
Edouard Philippe, prête-nom comme tête de liste aux municipales au Havre, a été tagué et caillassé samedi soir par des manifestants. 140 personnes (selon la police), parties de l'hôtel de ville, avaient commencé à battre le pavé à la nuit tombée dans les rues du Havre.
 
Arrivés devant sa permanence, des manifestants ont commencé à taguer le local et jeter des pierres sur la vitrine qui a été en partie brisée. Des poubelles ont été déversées et une voiture a également été dégradée.
"49.3 Philippe prend la fièvre", "Mettons le en quarantaine", "Déni de démocratie" pouvait-on lire sur des inscriptions fraîchement peintes à la bombe.

L'ex-chef de cabinet du premier ministre, Mohamed Hamrouni qui a rejoint la campagne d'Edouard Philippe, a annoncé qu'il se rendait au commissariat pour "porter plainte pour dégradations".

Ségolène Royal fustige un "régime autoritaire" et le "mépris de Macron"

Sur le recours à l'article 49.3, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal a dénoncé sur Twitter un "régime autoritaire" et le "mépris de Macron":
"On m’avait vilipendé pour le mot de : régime autoritaire. Le mot est faible au vu du recours au 49.3 malgré une majorité de 300 députés, une réforme qui concerne 40 millions de citoyens, un contexte de crise sanitaire avec un hôpital public épuisé par le mépris de Macron."
#49.3 On m’avait vilipendée pour le mot de : régime autoritaire. Le mot est faible au vu du recours au 49.3 malgré une majorité de 300 députés, une réforme qui concerne 40 millions de citoyens, un contexte de crise sanitaire avec un hôpital public épuisé par le mépris de


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La gauche dépose à son tour une motion de censure

Après Les Républicains, les trois groupes de gauche (LFI, PCF et PS) déposent à leur tour une motion de censure commune contre le gouvernement.  
Les trois groupes de gauche à l'Assemblée ainsi que Jennifer de Temmerman (non-inscrite, ex-LaREM), soit 63 députés, dénoncent dans leur motion "un gouvernement qui piétine la procédure parlementaire".
"L'héritage du Conseil national de la résistance ne peut ainsi être remis en question" par cette réforme prévoyant un système universel de retraite par points, proclament-ils aussi.
"J'ai choisi de prendre mes responsabilités", déclare Edouard Philippe

Afin de mettre fin à "un non-débat", se justifie-t-il au journal télévisé de TF1, et assume: 
Le premier ministre "ne doute pas que les oppositions critiqueront" sa décision, mais il a agi contre la "logique d'obstruction assumée" de la part du groupe des Insoumis. Le débat était "accaparé par des questions qui ne sont pas des questions de fond", ajoute-t-il.
"Je fais ce que d’autres avant moi ont fait, Edouard Balladur en 1993, Jean-Pierre Raffarin en 2003. C’est une procédure parfaitement constitutionnelle (...) et un instrument qui est offert au gouvernement par la Constitution pour sortir l’Assemblée nationale de l’ornière", se défend le chef du gouvernement."Le texte sur lequel j’ai engagé ma responsabilité, c’est un texte où j’ai fait passer toutes les convergences entre syndicat et patronat, ainsi que des amendements de la majorité et certains de l’opposition", poursuit-il.
"L’Assemblée nationale ne peut pas être une zone de non-débat", ajoute Edouard Philippe, précisant que le recours au 49.3 est une façon de "faire en sorte de pouvoir avancer".
Pendant des heures, on a discuté à l’Assemblée nationale du titre de la loi . Face à cette logique d’obstruction, j’utilise un instrument offert au Gouvernement par la Constitution pour que l’on puisse avancer.

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21:20 - 29 févr. 2020 
"Je soutiens le gouvernement dans ce choix", déclare Stanislas Guerini
"Voilà près de deux semaines que notre démocratie subit le sabotage parlementaire orchestré par nos oppositions. Force est de constater que face à une stratégie d'empêchement, aller au bout de ce débat était devenu impossible [malgré la majorité absolue à l'Assemblée !]. Si nos oppositions utilisent la Constitution pour empêcher notre démocratie de fonctionner, qu'ils ne s'offusquent pas que le gouvernement utilise lui aussi les moyens constitutionnels (...) pour faire vivre la démocratie. Je soutiens le gouvernement dans ce choix, convaincu que cette réforme majeure pour l'avenir de notre pays doit devenir réalité", affirme le délégué général de LREM.
"Le recours au 49.3 est un scandale démocratique" s'indigne en revanche Martine Aubry

Elle a déclaré à l'Agence France Presse:
"Après avoir concerté des mois sans en tenir compte, après avoir méprisé les manifestants et la position majoritaire des Français, après avoir présenté une loi au Parlement avec une procédure accélérée, renvoyant l'essentiel à des ordonnances, le recours par le gouvernement au 49.3 est un scandale démocratique allié à une catastrophe sociale.
Aucun Français ne sait ce que sera sa retraite, mais
chacun a compris qu'il toucherait moins, en travaillant plus, et que les inégalités liées notamment à la pénibilité et à la précarité seraient accrues", affirme la maire de Lille.
Mélenchon dénonce les méthodes "extraordinairement violentes" de Philippe

Jean-Luc Mélenchon a déclaré à l'antenne de BFMTV:


On a été d'abord un peu choqué du procédé, parce qu'il n'est pas très élégant (...) tout à coup il surgit le samedi, aucun des présidents de groupe n'est alerté du fait qu'il va prendre la parole", a entamé le député des Bouches-du-Rhône, avant de poursuivre: "J'insiste sur la violence particulière de ces procédés. Et le Premier ministre, sous ses airs de dandy élégant et nonchalant, a des méthodes extraordinairement violentes finalement", estime-t-il. 
"Le gouvernement doit rapidement prendre ses responsabilités", dit la CFDT.

Dans un communiqué, la CFDT "déplore que les débats n'aient pu se tenir jusqu'au bout."

"La multiplication stérile d'amendements sans aucun intérêt, tout comme le recours au 49.3 sont deux stratégies politiques qui n'offrent pas de perspectives aux travailleurs. Le débat sur le sens de la réforme a été rendu impossible", regrette le syndicat de Laurent Berger. Et d'ajouter: "Le gouvernement doit rapidement prendre ses responsabilités pour retrouver l'esprit initial de la réforme."

|| COMMUNIQUE DE PRESSE || 49.3 : la @CFDT
déplore que les débats n’aient pu se tenir jusqu’au bout et continuera à se battre, notamment lors du passage du texte au @Senat , pour imposer les mesures qu'elle réclame ! https://www.cfdt.fr/upload/docs/ap


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Le recours au 49.3 est "profondément scandaleux" pour Philippe Martinez

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, dénonce en début de soirée "l'attitude profondément scandaleuse" du gouvernement et annoncé une mobilisation des syndicats "dès la semaine prochaine" pour protester contre le recours au 49.3.
"L'attitude du gouvernement est profondément scandaleuse, et donc il y aura une réaction à la hauteur", a déclaré le dirigeant syndical. Il a précisé que l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU et organisations de jeunesse) opposée au système universel de retraites par points se réunirait lundi matin pour discuter d'une nouvelle mobilisation "dès la semaine prochaine".

Article 49.3: souvent homme politique varie !

Quand Edouard Philippe et Bruno Le Maire dénonçaient le principe du 49.3 


Valls l’avait dégainé six fois pour les lois Travail de Macron et El Khomri. 


Au grand dam des deux ex-députés LR...



Le troisième alinéa de l’article 49 de la Constitution est une arme à double tranchant... et l'effet boomerang des images d’archives n'est qu'un moindre mal. Elles rappellent que le premier ministre Edouard Philippe, qui applique les ordres de Macron, a de nouveau recouru au 49.3 samedi 29 février pour faire passer en force, sans vote, le projet de réforme Macron des retraites au Parlement, n’a pas toujours applaudi ses prédécesseurs lorsqu’ils le faisaient.

Le gouvernement va essayer de faire passer la pilule du 49.3

Pas de problème avec les oies LREM...
Manuel Valls annonce le 5 juillet 2016, qu’il utilisera de nouveau l’article 49.3 pour faire adopter sans vote le projet de loi de réforme du Code du travail, face à l’opposition populaire et à la fronde dans l’hémicycle. Le premier ministre de François Hollande est coutumier du fait : le socialiste a déjà dégainé cet outil trois fois pour la Loi Macron en 2015, et le refera pour cette Loi El Khomri, ou Loi Travail passée le 21 juin 2017 grâce à un troisième recours à l'article 49-3
Après avoir été remanié par le gouvernement, le texte est adopté sans vote en première lecture par l'Assemblée nationale à la suite de l'engagement de la responsabilité du gouvernement grâce à l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution française. Après son adoption par le Sénat, le texte est de nouveau adopté sans vote à l'Assemblée nationale en seconde lecture et en lecture définitive. Il est promulgué le 8 août 2016.
Un passage en force qu’Edouard Philippe, alors député LR de Seine-Maritime, accueille... en se levant et en quittant la séance, agitant les bras en signe d’indignation.

49.3 sur les retraites : le coup bas de Macron à sa majorité.
Résultat de recherche d'images pour "art 49.3 Edouard Philippe"Sur Public Sénat dix jours plus tard, toujours au sujet de la Loi Travail, Edouard Philippe dénonce le recours systématique du gouvernement au 49.3 : "Les députés ont été élus par le peuple et essaient de le représenter. [Le 49.3] ne leur permet même pas de discuter le texte", critique-t-il, avant de souligner :
"Le 49.3 n’a jamais été une arme destinée à museler l’opposition ! C’est une arme destinée à museler la majorité. C’est quand le gouvernement n’a pas de majorité à l’Assemblée, quand il n’est pas sûr de faire adopter un texte, qu’il l’utilise."
Une analyse a posteriori non sans charge ironique, étant donné la confortable majorité dont jouit aujourd’hui La République en Marche dans l’Hémicycle (299 députés LREM et 46 MoDem, sur 577 députés)... Bien plus large que celle dont disposait le PS sous François Hollande.

VOIR et ENTENDRE
le député juppéiste Edouard Philippe démonter l'article 49.3 :


"Ca sent la fin de règne...," assure Bruno Le Maire.
Son camarade haut-normand sur les bancs des Républicains, Bruno Le Maire, ne sait pas encore qu’il deviendra son ministre de l’Economie et des finances. Le député de l’Eure intervient à la même période sur la chaîne d’information iTélé pour dire tout le mal qu’il pense de l’utilisation du 49.3 :
"Quand on est obligé, dans une majorité, d’utiliser un instrument aussi brutal pour un texte de loi aussi creux, ça sent la fin de règne !" assène-t-il.
VOIR et ENTENDRE le député Bruno Le Maire dénoncer le recours à l'article 49.3:  

Ségolène Royal soutient alors Emmanuel Macron

Interrogée en mai 2017 sur RTL, l’ancienne candidate à la présidentielle appelle à l’optimisme :
"Ce que je peux vous dire d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’a pas du tout l’intention de brutaliser les Français", assure l’ex-présidente de Région, dévastatrice des finances de Poitou-Charentes et future ambassadrice aux pôles.
Et d'ajouté, avec perspicacité :
"Comme nous tous, il a été choqué par l’usage du 49.3 par le gouvernement précédent, donc ça ne sera pas sa méthode, je puis vous le dire. Il sait parfaitement, comme il l’a dit dans sa campagne et dans ses interventions, que la France a besoin d’apaisement, de rassemblement".
Macron est coutumier du coup de force

Le recours au 49.3 pour faire passer des lois n'est pas une grande première sous ce quinquennat. L'exécutif n'a pas pris de gants avec le Parlement: il a déjà asséné cinq ordonnances pour imposer la réforme du Droit du Travail. 
L'Assemblée nationale avait dû valider la loi Travail 1 portée par Myriam El Khomri. Elle vise à augmenter la compétitivité des entreprises en soumettant les salariés à davantage de flexibilité. De nombreux décrets d'application avaient déjà été promulgués sous le quinquennat de François Hollande.
Son choix des ordonnances était déjà un contournement du Parlement. 
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Le 28 novembre 2017, les députés votent la ratification des ordonnances réformant le code du travail souhaité par Emmanuel Macron
En juillet 2017, Macron inaugurait son quinquennat par un projet de loi de réforme du code du travail (Loi Pénicaud ou Loi Travail 2) uniquement composé d’ordonnances, cinq, à la suite de la Loi Travail. 
Depuis son arrivée aux responsabilités, il y a près de trois ans la SNCF a ainsi été ébranlée par ordonnances et Macron n’a pas non plus hésité à les dégainer pour la loi Pacte ou le projet de loi santé…

dimanche 1 mars 2020

Recours à l'article 49.3, le sénateur Michel Amiel quitte le parti de Macron

"Extrêmement déçu" par le passage en force de Macron, le sénateur LREM des Bouches-du-Rhône traverse la rue

"Ces pratiques nous éloignent de plus en plus des aspirations des gens", explique le sénateur, aussi candidat aux municipales aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône)
Ex-socialiste Guériniste

Le recours à l'article 49.3 ne passe pas dans l'opposition, mais la majorité présidentielle contrainte au silence dans les rangs regimbent contre le caporalisme à LREM. "Extrêmement déçu", le sénateur LREM des Bouches-du-Rhône Michel Amiel a décidé de sauter en marche du train fou LREM à la suite de l'annonce du premier ministre devant l'Assemblée nationale, samedi 29 février. "Dégainer le 49.3, un samedi soir, en pleine période de coronavirus, est pour le moins malheureux", a denoncé le sénateur, dimanche 1er mars.

"Ces pratiques nous éloignent de plus en plus des aspirations des gens", explique le sénateur, aussi candidat aux municipales aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône). "Je siégerai avec les Constructifs, groupe composite de centristes et de radicaux, ex-UDI  fondé par Borloo, grossi de déçus de Macron (Joachim Son-Forget), présidé à vue par Jean-Christophe Lagarde), car je ne m'imagine pas partager le même banc que le Front national [devenu Rassemblement national]. Ne serait-ce qu'administrativement !" a-t-il indiqué.

Bravant les consignes du groupe LREM, Michel Amiel a voté contre l'extension de la PMA lors de l'examen du projet de loi de bioéthique au Sénat. L'ancien médecin généraliste et chrétien.

Macron sort son 49.3 en pleine épidémie du coronavirus

Alors, il n'a rien à faire de la santé publique:  le Conseil de défense, c'était pour ça: le 49.3...

Décision prise en Conseil des ministre présidé par le président de la République

Reforme des retraites: recours au 49.3, annonce sous les huées,
le 29 février 2020, année bissextile,
initiative de Jules César, celui qui passa le Rubicond...



Le premier ministre fait la sale besogne. Ravalé au rang de porte-parole, 
Edouard le laquais est arrivé de l'Elysée à l’Assemblée en urgence en weekend, ce samedi 29 février, pour annoncer, sous les huées, qu’il active l’article 49-3 de la Constitution et mettre fin au Grand débat sur la réforme à trous des retraites qui patinait dans l’hémicycle  et en commission depuis un mois, faute des éléments suffisants et nécessaires à une vraie discussion démocratique éclairée.

Un coup de force attendu depuis au moins dix joursau vu du flou du projet et des incertitudes des débatteurs d’une majorité peu expérimentée en politique. Dans sa brutalité, elle n'a surpris que les secrétaires d'Etat qui ne sont pas membres de droit des conseils des ministres, dont Laurent Pietraszewski, pourtant chargé des retraites auprès de l'Edouard...

Il fallait oser un samedi, en pleine crise du coronavirus, prenant de court une bonne partie de l’opinion et des députés. Si les media - leurs experts, décrypteurs et analystes - se sont laissés surprendre, l'épée de Damoclès était pourtant positionnée: la question n’était plus de savoir si cette arme parlementaire serait déclenchée, mais plutôt quand.

Méthode Macron, transparente comme un texte de projet de loi

Macron a prétexté un conseil des ministres extraordinaire, un "conseil de défense" officiellement convoqué ce samedi matin pour lutter contre l'épidémie du coronavirus - auquel le ministre Le Drian s'est prêté - pour obtenir l’autorisation constitutionnellement nécessaire du Conseil des ministres.

L'Edouard, chef des laquais, a fait son annonce samedi après-midi par surprise, alors que les principaux opposants au texte ne sont pas prévenus et que l’attention est plutôt concentrée sur l'épidémie mortelle en marche. La charge de Macron à la hussarde assure des vacances aux députés de sa majorité qui se plaignent de pénibilité...  

Encore quelques jours de débat étaient au-dessus des forces du parti présidentiel, à 50% issu de la "société civile" ! 


Plusieurs articles cruciaux du projet de loi échapperont ainsi à l'examen par les représentants du peuple, avant des discussions essentielles controversées, notamment sur l’article 9 (valeur du point) et l’article 10 (âge pivot)...
"Le samedi, ça passe avec le moins de bruit possible", décrypte Patrick Hetzel, un agrégé, titulaire d'un doctorat en sciences de gestion. 
Le député LR, ex-recteur d'académie de Limoges, dénonce également une autre raison tactique à cette fuite en avant. "On en était à la valeur du point, un sujet qui les embête beaucoup. On leur demande ‘est-ce que vous pouvez nous garantir que le point ne baissera pas jusqu’en en 2045’ et les Athéniens s’atteignirent [phrase qui introduit un élément important du récit], le gouvernement n’a plus rien à dire sur le sujet", gronde l’élu, présent dans l’hémicycle.

Une analyse partagée par le journaliste à Libération Lilian Alemagna qui y voit un timing très étudié par l’exécutif - on dira plutôt "un mouvement de panique" -, quelques heures après l’adoption du très symbolique article 7 qui fait officiellement rentrer les régimes spéciaux dans le régime universel et juste avant l’étude de ceux sur la valeur du point et sur l’âge pivot.

La gauche se précipite au front

Le cynique Macron profite de l'angoisse des Français préoccupés par la centaine de cas de contamination au virus mortel. Alors que l’opinion est totalement centrée sur la crise sanitaire, "ils cherchent à gagner du temps. Peut-être espèrent-ils que le 49-3 se fasse oublier par d’autres actualités...", observe Boris Vallaud, l’un des principaux opposants au texte côté socialiste, qui a immédiatement interrompu sa tournée de campagne des municipales sur les marchés pour prendre un avion des Landes et rentrer à Paris.



Jean-Luc Mélenchon qui n’était pas dans l’hémicycle un samedi, a décidé de rejoindre précipitamment l’Assemblée nationale peu après la déclaration du Premier ministre, se comparant même à un poilu de la guerre de 1914.
Trois députés insoumis étaient présents ce samedi après-midi, dont Ugo Bernalicis et François Ruffin qui ont réussi à interrompre le premier ministre contraint à s’y est reprendre à deux fois avant d’annoncer la guillotine.
"S’il voulait s’éviter les oppositions, c’est raté parce qu’avec François on était là… On a crié dans l’hémicycle, on s’est dit ‘c’est quoi ce bazar’. On m’a refusé une suspension de séance qui était de droit, alors on n’a pas voulu laisser se dérouler une déclaration lénifiante," justifie le député du Nord Ugo Bernalicis.

Mais le député Ruffin s'est fait menacer de sanctions:

Prises en traître, les oppositions accusent le gouvernement d’utiliser la crise sanitaire en cours pour "rogner la démocratie".
C’est le cas du patron du PS qui, dans un tweet,  dénonce, la "méthode inacceptable". "Quel est le nom d’un pouvoir qui utilise une crise sanitaire pour rogner la démocratie?", interroge le député Olivier Faure

Son collègue Bastien Lachaud évoque sur Twitter "une manœuvre minable"

“Manœuvres” et “entourloupes”

Un coup habile de la part de Matignon, selon le HuffPost (groupe Le Monde)

"Il ressemble à s’y méprendre au scénario de sortie de crise qu’il avait dégainé, un samedi là encore, au début du mois de janvier, pour retrouver le soutien de la CFDT sur le même dossier, en accordant au syndicat réformiste une conférence de financement - finalement mise à l'arrêt : marché de dupes ! - et en maintenant l’un des âges pivot dans son texte, que l'Assemblée nationale est empêchée de validé: Macron l'a encore fait à la CFDT à l'envers. Et le Jésuite pervers met la responsabilité du gâchis du compromis sur le dos des partenaires sociaux. BFM, LCI et CNews font maintenant passer la stratégie du pourrissement pour de l’habileté : chez eux, l'autoritarisme est une vertu républicaine... 

Le recours au 49.3 serait pourtant inconstitutionnel 

Pour être constitutionnel,
il eût fallu qu'il fût mentionné dans le PV du Conseil des ministres (décision du Conseil Constitutionnel en 2016).

Le 49-3 reviendra-t-il en boomerang dans les fenêtres de Macron? 
Offrira-t-il l'issue de secours permettant aux élus démocrates de l'Assemblée d'échapper à la schlag du pouvoir macronien ?
Les oppositions ne disposaient plus que de 24 heures pour déposer une motion de censure. Ce qui est déjà chose faite par le groupe Les Républicains. Elles offriront à l’opposition un dernier moment de temps de parole, avant de devoir passer le relais du débat au Sénat à majorité de droite. 
Les deux motions de droite et de gauche seront étudiées au parlement à partir du mardi 3 mars, soit quelques jours encore pour les opposants au texte de préparer leur contre-offensive, s’ils y parviennent...

Pour mémoire:
Faut-il que l'Edouard se fasse tester à la maladie d'Alzheimer





Article 49.3 décidé: citoyens en colère devant l'Assemblée

Plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés dès samedi soir devant le Palais-Bourbon 

"Quand j’ai vu que le 49.3 était passé, c’était impossible de rester assis"...

Résultat de recherche d'images pour "MANIFESTANTS contre 49.3  assemblee France"

Des citoyens vigilants ont aussitôt protesté contre la décision de Macron portée samedi par son premier ministre et l'ensemble du gouvernement d'utiliser l'article 49.3 pour faire passer le projet de loi sur les retraites en force, sans vote des élus du peuple.

Peu après 17h00, Edouard Philippe a prononcé les mots écrits par Macron. Et dès 19h30, des manifestants se positionnent face aux CRS qui, soudain, reçoivent des ordres-radio et commencent à se mettre en mouvement. Sur le pont, les touristes sont remplacés par des quidams qui s’abordent et chuchotent: "Vous êtes là contre le 49.3 ?", "ils sont où, les autres ?", "J'sais pas, mais ça devrait arriver"...

Il est 19h45 et, de l’autre côté du pont, une foule d’une centaine de personnes apparaît subitement, sortie de nulle part. Les manifestants viennent de la Madeleine et se dirigent vers l’Assemblée nationale où le premier ministre de Macron a annoncé un peu plus tôt le recours à l’article 49.3 pour faire passer la réforme des retraites et contourner la résistance parlementaire. L'obsession des municipales explique cette volonté d'aller vite : une enquête Elabe va venir confirmer que les Français applaudissent à tant de fermeté anti-parlementaire... 

Bonne enfant, la foule se met en marche d’un pas déterminé, chantant et agitant des drapeaux. A 50 mètres, elle est stoppée par des camions de CRS arrivés en toute hâte en renfort et qui se déversent sur la foule sous les caméras des derniers touristes.

"Paris, debout !"

Les colonnes de l’Assemblée nationale sont alors éclairées par des dizaines de gyrophares. Les CRS serrent les rangs derrière leurs boucliers face à des manifestants en formation de chaîne humaine. 
Un homme en robe d’avocat hurle avec la foule : "Paris, debout, soulève-toi !"

La foule compterait 600 personnes, selon un CRS. 
A la nouvelle, les manifestants ont laissé leur repas du soir, ainsi que femme et enfants. "Quand j’ai vu que le 49.3 était passé, j’ai dit à ma famille que ce soir, je ne passerai pas la soirée avec eux. C’était impossible de rester assis et d’attendre que d’autres manifestent pour moi," raconte un ingénieur de 38 ans.  
Certains sont venus de loin. Avec huit de ses amis, un agent de propreté de 35 ans est arrivé de... l’Oise, l'un des foyers de contamination du coronavirus. "On était tous en train de dîner chez nous, puis on a vu les infos, on s’est organisé. Bises aux femmes et aux gosses et puis hop, c’était parti." "Non, mais c’est abusé quoi, on se fout de notre gueule là avec ce 49.3 !"

Au bout de trois heures, le rassemblement s’est dispersé. 
Les manifestants se sont dirigés vers Châtelet, cherchant à poursuivre leur action.  "Délirant que les Parisiens ne soient pas là, ils font la fête plutôt que de se révolter," lâche l'un d'entre eux, désabusé.
Les Français auront ce qu'ils méritent... Et leurs enfants avec !

Municipales à Paris : Dati repasse en tête devant Hidalgo

Dati en tête devant Hidalgo dans "un" sondage, titre Le Figaro: "devant Hidalgo et Buzyn", selon Ouest France"

Avec 25% en partant de 14%, la candidate LR arrive en tête des intentions de vote au premier tour des municipales à Paris.

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Avec 25%, l'ancienne garde des Sceaux est suivie de la maire sortante PS Anne Hidalgo (24%) et de l'ex-ministre LREM de la Santé Agnès Buzyn (20%), démissionnaire en marche du gouvernement, malgré l'épidémie de coronavirus, selon un sondage Ifop-Fiducial paru dimanche.

Dans cette étude pour Le Journal du dimanche et Sud Radio, le candidat EELV David Belliard est crédité de 11%, le marcheur dissident Cédric Villani de 8% et l'insoumise Danielle Simonnet de 5%.

Alors que la majorité a fini largement en tête aux européennes et lors de la présidentielle, Paris pourrait bien leur échapper. La faute au conflit qui oppose Cédric Villani et Benjamin Griveaux. Rachida Dati pourrait, elle aussi, en profiter.

Lors du précédent sondage Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio paru le 23 février, Anne Hidalgo arrivait en tête avec 24% suivie de Rachida Dati (22%) et d'Agnès Buzyn (19%). David Belliard était à 12%, Cédric Villani à 9% et Danielle Simonnet à 6%.

Dans la dernière enquête, 73% des sondés disent être sûrs de leur choix contre seulement 68% dans la précédente.

Pour le second tour, dans l'hypothèse d'une quadrangulaire, une liste d'union entre Anne Hidalgo et l'écologiste David Belliard arriverait en tête avec 37% des suffrages, devant la liste Dati (32%), la liste Buzyn (22%) et la liste Villani (9%).
En cas de triangulaire, la liste Hidalgo-Belliard accentuerait son avance avec 39% des suffrages devant la liste Dati (33%), tandis qu'une liste d'union Buzyn-Villani recueillerait (28%).

Les Juppéistes avec LREM peuvent confisquer la victoire a Dati.
Ce sondage IFOP-Fiducial ne doit pas démobiliser: Le Figaro ne doit pas y parvenir en cassant la dynamique LR. 
La holding Fiducial appartient à Christian Latouche. En avril 2008, il fait rachète Lyon Capitale et il fait ensuite l'acquisition de Lyon TV en 2010, devenu Lyon Capitale TV. Ses tentatives de rachat de l'Expansion et de la Tribune en 2011 se heurtent au refus des journalistes des deux établissements: il est classé très à droite...