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samedi 16 juin 2012

Assemblée nationale: vol de rapaces du PS au-dessus d'un perchoir

Qui sera le quatrième personnage de l’Etat?



Parmi les fonctions les plus prestigieuses de la République, la présidence de l’Assemblée nationale aiguise les appétits. 

On peut -en campagne- ne pas aimer les riches, mais rechercher pour soi les fastes de la République
En cas de victoire de la gauche , ils seront plusieurs à se battre pour succéder à Bernard Accoyer, le président sortant, et s’installer pendant cinq ans dans le magnifique hôtel de Lassay afin de faire régner l’ordre et la démocratie au Palais-Bourbon. 

La répartition des rôles était pourtant réglée d’avance

La quatrième position lui irait parfaitement au regard de ses scores successifs. Depuis plusieurs mois Marie-sEGOl'haine Royal, 58 ans, répète à qui veut l’entendre que le poste lui a été réservé par François Hollande. Une femme au perchoir, pour la première fois sous la Ve République, l’image aurait eu de l’allure, selon celle qui s'était rêvée en première femme présidente en 2007…
Le cauchemar se renouvelle
C’était sans compter avec le duel fratricide de La Rochelle où elle est allée povoquer Olivier Falorni, l'élu socialiste désigné par la base. La défaite probable de l’ex-candidate à la présidentielle en Charente-Maritime a rouvert le jeu. Officiellement, personne n’est candidat. " On ne va pas spéculer sur sa défaite ", glisse un prétendant. Ce qui n’empêche pas certains et certaines de se préparer, en coulisse. Et de sa chute renaît l'espoir … 

Jean Glavany, 63 ans, député des Hautes-Pyrénées, est parti le plus tôt. Son credo : le TSS, " tout sauf Ségolène  " ! " Il m’a déjà appelé pour me dire : Pas question que ce soit elle ", raconte un député de base. L’ex-directeur de campagne de Lionel Jospin en 2002 est un adversaire historique de Royal au PS.
Problème pour Glavany en cas de défaite Royal , le TSS s’effrondre. Et un autre rival pourrait bien sortir du bois : 

Claude Bartolone, 61 ans, président d'un Conseil général lourdement endetté ( Seine-Saint-Denis), qui s’attendait à devenir ministre, se contente pour l’instant de botter en touche : "Lundi, vous m’invitez, je vous le dirai ", a-t-il lancé à la radio. Mais il fait campagne pour sa candidature. Les députés socialistes élus dès le premier tour ont ainsi tous reçu un message de « félicitations » de " Barto ". Comme Glavany, le député de Seine-Saint-Denis n’était pas prévu dans le dispositif Hollande. Mais durant la campagne, Bartolone a bénéficié du double coup de projecteur que lui valent les quartiers populaires et la forte concentration d'immigrés de son département ciblé de surcroît pour sa jeunesse : la Seine-Saint-Denis, est la banlieue où Hollande s’est le plus rendu avant l’élection présidentielle. Mais surtout, alors que c’est celui qui a voté le plus socialiste — devant la Corrèze! —, il ne compte aucun représentant au gouvernement.

A 72 ans, Jack Lang, qui n’est pas certain d’être réélu demain soir dans les Vosges, s’est, lui aussi, porté candidat mais le parachuté de la Place des Vosges au département du même nom a bien peu de chances de séduire un groupe qui sera largement renouvelé et rajeuni.
Lien PaSiDupes : "
Jack Lang vient concurrencer l'amère Royal pour le perchoir du Palais Bourbon"

En réalité, aucun de ces candidats ne sort du lot 

Les regards se tournent donc vers François Hollande et Jean-Marc Ayrault. 
A l’Elysée, on espère qu’il n’y aura pas d’affrontement. Et l’idée d’une femme au perchoir n’est pas abandonnée. Mais laquelle? Marylise Lebranchu aurait fait savoir qu’elle n’est plus intéressée. Deux noms circulent avec insistance. Celui d’Elisabeth Guigou, 66 ans, l’ancienne ministre de Lionel Jospin, mais qui n’est guère populaire parmi les députés. 
Elle s'est affublée d'un nouveau handicap. elle est réélue députée au premier tour, sans avoir combattu, faute de combattants: elle était candidate unique !

La postulante la plus surprenant est Laurence Dumont, 54 ans, chargée d'études, députée du Calvados et vice-présidente de l’Assemblée nationale, elle est une proche de Martine Aubry depuis le congrès de Reims (novembre 2008) Mais, bien qu'elle ait été faite secrétaire nationale à la Formation, aux yeux de certains, elle apparaît comme une députée bien " ordinaire ". Ce qui, avec une présidence normale, peut tout de même constituer un atout.

dimanche 28 juin 2009

Révolution au NPA, en interne, et non dans la rue

Des cadres du NPA démissionnent…

Les Européennes ébranlent l’ex-LCR

Les 4,88 % du NPA aux élections européennes sèment le trouble parmi les prédateurs trotskistes , qui accusent le coup que leur infligent la démocratie. Les démissions de cadres s’enchaînent plus sûrement qu’au Cabinet de Rachida Dati…
En deux jours, les 20 et 21 juin, la direction a annoncé avoir enregistré quatre démissions de membres du conseil politique national qui se tenait alors. Il s'agit, notamment, d'une militante de quartier à Avignon, d'un adhérent du 19e à Paris et d'un cadre CGT à Marseille, qui, lui, a décidé de quitter aussi l'organisation. Ce dernier exemple est un coup dur dans une ville où le NPA s'était enorgueilli d'avoir recruté des syndicalistes. Cette soudaine désaffection pour l’invité de Michel Drücker, le Che-Besancenot, en dit long sur le respect trotskiste de la démocratie par les urnes.

Jean-Claude Labranche était une grosse prise
Membre de la direction de l'union départementale CGT, ce militant aguerri n'a pas digéré l'isolement dans lequel son parti s'est enfermé en partant seul aux Européennes. La taupe du PC n’a pas réussi son OPA : 'Le score obtenu n'est pas digne du projet qui était celui du NPA : faire un grand parti de masse et de classe. La direction n'a tiré aucune leçon et va recommencer les mêmes conneries aux régionales', explique-t-il. Il ajoute qu'il est las d'entendre ses camarades dénoncer 'la trahison des bureaucrates syndicaux' comme la volonté de la direction de 'doubler' les syndicats en appelant à organiser des 'marches régionales contre les licenciements'. Du pur jus cégétiste contre les "rapaces".

'L'alliance entre le mouvement social et le politique à laquelle avait appelé Olivier Besancenot a volé en éclats pour une affirmation identitaire et sectaire', ajoute ce militant de 52 ans. Ses critiques ont trouvé un écho dans la fédération, où trois autres militants l'ont suivi.

D'autres départs ont été annoncés

Dans une lettre, huit militants de Clermont-Ferrand, eux aussi échaudés par les Européennes, dénoncent le NPA qui s'est illustré par "l'affirmation durable d'une ligne de division" de la gauche du PS. Après la CGT, les socialistes...
Ils critiquent le fonctionnement du nouveau parti, où O'Besancenot aurait un "poids politique démesuré dans les débats internes". Merci Michel Drücker...

Comme au MoDem, cette critique d'un fonctionnement trop centralisé et pas assez démocratique revient régulièrement depuis la constitution des listes aux Européennes, en mars. Il semble que plusieurs comités connaissent des "départs sur la pointe des pieds" de militants déçus. "Le nombre d'adhérents est en baisse et les départs sont nombreux. L'impression générale des nouveaux militants est que Besancenot et sa direction verrouillent les débats", assure M. Labranche. La minorité Convergence et alternative a réclamé un nouveau décompte des adhérents. "Beaucoup de militants se posent des questions sur la place du NPA et sa tendance à seulement suivre l'ancienne direction de la LCR", assure
Yann Cochin, l'un de ses animateurs.

La direction du NPA tente de minimiser la portée de ces départs

Dans une lettre aux militants, elle explique que "nos amis des médias ne manqueront pas l'occasion d'annoncer une crise majeure à la direction du NPA. Nous souhaitons assurer que ce n'est pas le cas". Comme s'il suffisait de le prétendre. "Dans un collectif de 191 personnes, il y en a toujours qui ont du mal à trouver leur place", insiste
Pierre-François Grond, bras droit du Che-Besancenot.

samedi 2 mai 2009

Le NPA veut des actes: la violence comme moyen d'action

"Nous donnons un débouché aux mobilisations", se flatte le NPAFrançois Chérèque avait déjà épinglé le NPA

Invité dimanche 15 mars dernier du «Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro», le patron de la CFDT avait donné un coup de patte au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot. Il l'avait en effet accusé «d'attendre la misère pour agir».
«Ça fait un peu rapace», avait alors souligné le secrétaire général de la CFDT pour qualifier la pratique des militants NPA qui font le tour des entreprises en difficulté. «C'est tous les jours que nos délégués syndicaux sont dans les entreprises», a-t-il fait remarquer. Face aux actions violentes en cours chez Sony dans les Landes ou chez Continental à Clairoix dans l'Oise, François Chérèque assurait ne pas être «dépassé par les événements».

La réaction du NPA n'a pas tardé à venir

Dire publiquement que des militants du NPA "font le tour des entreprises en difficultés" a mis en état d'alerte le siège de la nouvelle organisation d'Olivier Besancenot, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
Pierre-François Grond, membre de l'exécutif du NPA, a tenté d'encercler le berger Chérèque.

Vous êtes accusés d'être les rapaces qui volent au-dessus des plans sociaux ?

Le propos est injurieux. Nous ne sommes pas en situation d'être des rapaces, mais nous aidons les mobilisations, nous leur proposons un débouché. Le problème, ce n'est pas qu'il y ait des militants à la porte des usines, c'est le manque de syndicalistes dans les entreprises.

Le leader cédétiste ne cherche-t-il pas à limiter votre influence?

La direction de la CFDT ferait mieux de se concentrer sur les suites de la grève du 19 mars. Car si c'est la simple répétition de celle du 29 janvier, en attendant une hypothétique journée d'action en mai, ce n'est certainement pas le moyen de faire bouger le gouvernement. Pour qu'il prenne des décisions efficaces en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat, il faudrait un mouvement social durable décidé à la base.

Comment entendez-vous suivre l'exemple du collectif guadeloupéen LKP ?

Nous pensons toujours qu'il faudrait construire un "LKP à la française ". [Visiblement, les habitants d'Outre-Mer ne sont pas Français...] Nous cherchons la solution, mais c'est compliqué. Elle viendra du mouvement social lui-même.

Or, voilà maintenant Thibault qui s'y colle

Le 30 avril, àla veille de la Fête du Travail et d'un rassemblement « unitaire », le Che-Besancenot est allé passé le long weekend du 1er Mai à la Guadeloupe avec les camarades révolutionnaires du LKP. Le pseudo-facteur était-il indésirable en métropole?
Tout porte à le penser, à entendre la CGT qui s'est attaquée à lui.
Thibault a en effet déploré que certains partis, sans les nommer, se prennent "pour des simili-syndicats" et "entretiennent une vision archaïque du parti-guide".

"Quand des partis veulent penser à la place de l'intersyndicale et nous dire ce que nous devrions faire, ils se trompent de mission", prévient le leader syndicaliste. "Qu'ils réfléchissent à l'évolution de la société, aux conditions dans lesquelles ils prétendent un jour parvenir au pouvoir plutôt que de se prendre pour des simili-syndicats". (LIRE PLUS dans l'article précédent de PaSiDupes)

Les syndicats représentatifs protègent leurs brebis des dents du loup trotskiste

vendredi 27 mars 2009

La gestion comptable de la grève par les syndicats

La liberté de la presse mise à mal par la gauche

Les chiffres sont-ils un gage sérieux ?
Dans notre société de peu de foi, seule la science convertit les incrédules.
Les mécréants ont besoin de concret et les chiffres jouent ce rôle tout aussi incertain que les espèces sonnantes et trébuchantes, jusqu’à la crise économique internationale qui favorise plutôt le retour à l’or, valeur refuge éternelle.
Lorsqu’on est en déficit de croyants,
les mathématiques confèrent une valeur scientifique aux démonstrations hasardeuses.
C’est au credo des chiffres et des pourcentages que l’on recourt aussi lorsque l’objectif de crédibilité n’est pas facilement accessible. Les syndicats ont toujours brandi de saints chiffres de participation à leurs manifestations que les mécréants de la police n’ont eu de cesse de contester. Face à ces athées du chiffrage syndical, s’estdressé le sondage. Présenté comme une avancée de la connaissance, le sondage est une escroquerie scientifique, une manipulation de la crédulité humaine.
A chaque jour son sondage.
En effet, chaque jour que Dieu fait, les media nous mènent comme au tombeau de Saint Janvier, où les foules se pressent, mais seulement deux fois l’an, pour assister au miracle de la liquéfaction du sang du saint patron de Naples. Le sondage est le nouvel opium des masses laborieuses. L’utilisation des chiffres peut donner du poids à une démonstration farfelue. Leur magie confère l’illusion de la vérité scientifique aux élucubrations les plus insensées. Les écarts infiniment grands des nombres de manifestants, selon les syndicats ou la police, en sont la démonstration. On fait dire ce qu’on veut aux chiffres. Ce qu’en attendent les commanditaires.

On le sait (lien PaSiDupes), LePost, dont la mission consiste à manipuler les jeunes sur l’Internet, fait fort dans le genre orthographe relâchée, phrases courtes et sujets insipides.
Ses journalistes experts en copier-coller allégés et satisfaits, s’est lancé dans la désinformation pseudo scientifique avec la bénédiction de l’infâme américain Google. A l’occasion du 19 mars 2009, ils ont publié la « Google Map des manifs ». Un outil informatique paré des vêtements liturgiques de l’église scientifique. De la science ‘molle’ passée au Viagra.

Une fois surmonté l’obstacle de l’axiome des trois millions de manifestants, une question religieuse taraudait encore ces journalistes échappés du Monde: « Qui s'est le plus mobilisé? »
au pèlerinage du Lourdes syndical. Les croyants traditionalistes, les malades de la peur ou les sectaires de la politique ? Le pape de la CGT avait annoncé une forte mobilisation. "Il est très clair qu'il y a plus de manifestants qu'il y en avait le 29 janvier", avait prédit Bernard Thibault, avant le départ du cortège. Selon lui, le miracle s’est d’ailleurs produit : il a eu la vision de 3 millions de fidèles, un chiffre rond et médiatique. Les laïcs de la police, trois fois moins !
De Lourdes, LePost a rapporté de l’eau miraculeuse. Alors, combien de manifestants y a-t-il eu dans les rues ?


Google fournit la logistique d’une carte (lien Google, que LePost n’indique pas…) et crée l’illusion de la rigueur.
Elle n’est en effet renseignée par nul autre que LePost qui ne s’en vante pas, par honnêteté déontologique. Vous et moi pouvons pareillement fabriquer une carte semblable et y entrer les informations que nous voulons. C’est le moyen d’ajouter des erreurs volontaires les unes aux autres pour arriver à l’objectif fixé par la CGT, le syndicat le plus optimiste et le plus exigeant. A Poitiers, où Sa Cynique Majesté Royal avait annoncé sa participation, les manifestants étaient pourtant à peine plus nombreux : si le syndicat dit vrai, ce n’est pas gentil pour elle et le retour alternatif de l’union de la gauche n’est pas pour demain.

Alors que les syndicats comptent traditionnellement 3 manifestants où il n’y en a qu’un seul, on peut constater que la CGT a vu 10 fois plus de manifestants que la police. Mais il faut bien dire que c’est à Marseille, bien connue pour son pastis et ses exagérations…
LePost, c’est l’opprobre sur toute la profession.
Mais qui a dénoncé un tel procédé ? Aucun confrère respectueux des lecteurs.

Voyons donc l’article de LePost

« Le porte-parole du PS
était pourtant venu à Compiègne (Oise) pour soutenir les manifestants avec d'autres élus socialistes!
Lors de la manifestation à Compiègne (Oise) [1ère répétition], qui réunissait ce jeudi midi près de 10.000 manifestants (selon la police et les syndicats), le porte-parole du PS Benoît Hamon
a été pris à partie par une manifestante. Il était pourtant venu soutenir les manifestants avec d'autres élus socialistes! [2ème répétition ! ] […]
La presque totalité des employés de l'usine Continental de Clairoix (1.120 employés), qui devrait bientôt fermer, menait un cortège de 10.000 manifestants [3ème répétition] ce jeudi midi à Compiègne (Oise) [4ème répétition], selon la police et les syndicats [5ème nouvelle répétition]. Deux fois plus que lors de la
grève
du 29 janvier, selon les syndicats."
Tout est là ; c’est-à-dire rien. Car de répétition en répétition, cet article est d’une indigence insigne : on n’y apprend rien de plus que dans le titre ! Une escroquerie.

Incompétence ou bourrage de crâne ?

Les deux, par respect du lecteur… La « république du respect » n’est qu’un slogan pour Sa Cynique Majesté Royal ; ce n’est qu’un chiffon de papier pour LePost : un Kleenex à jeter.

Contre la rétention d'information

VOIR et ENTENDRE
(wat.tv, puisque LePost est défaillant…)

La presse censure la presse

Qui censure qui ?

  • i>télé a-t-il fait retirer la video du site LePost ?
    LePost a-t-il cédé sans lutter aux pressions du PS en retirant cette video peu flatteuse ?

  • François Chérèque dénonçait justement le « rapace » Besancenot qui avec le NPA fait le tour des entreprises en difficultés pour soulever les salariés contre les patrons victimes de la crise. La CFDT condamne l’exploitation du malheur par les partis politiques. Fort bien !
  • Mais alors ne devrait-il pas tourner sa colère -probablement « saine »- contre le Don Juan Hamon et l’aile gauche du PS qui fait de la surenchère de mauvais aloi avec le Che-Besancenot ?

    LePost adopte donc un profil bas militant et courageux, tout à l’honneur de la presse de gauche, donneuse de leçons et garante exclusive de l’insolence rédactionnelle actuellement en vogne et de la liberté d’expression.
  • mercredi 18 mars 2009

    Les syndicats français, valeur ajoutée à la crise internationale

    L’exception française est aussi syndicale

    Partout en Europe, les tensions sociales sont plus fortes que d'habitude, mais elles se traduisent par des mouvements localisés aux abords de certaines usines.
    En France, les syndicats poussent les Français à défiler n’importe où contre …la crise ! Après le 29 janvier, et la journée d'action intersyndicale du 19 mars n'a pas encore eu lieu que la CFDT annonce déjà la prochaine.

    • En Allemagne
    , où l'on craint 600 000 destructions d'emplois, l'inquiétude est palpable. Mais le scénario d'une journée de grève générale à la française a peu de chances de se réaliser. Le système de cogestion, associant les syndicats à la gestion des entreprises, sans volonté de puissance, contribue à apaiser les relations entre salariés et employeurs :
    Avant de recourir à la grève, les syndicats doivent passer par six étapes de négociation. Une idée à retenir en France, où elle serait jugée liberticide. Pourtant, les temps sont durs chez nos voisins aussi. Syndicats et patronat allemands ont annoncé, en février, avoir conclu un accord salarial pour les quelque 150 000 employés de la compagnie des chemins de fer allemande, la Deutsche Bahn. Le syndicat de services Verdi, qui réclame 8 % d'augmentation, a mené plusieurs grèves d'avertissement ces derniers mois, pour appuyer les revendications salariales des 700 000 employés du secteur. La grève a touché les services publics - police, hôpitaux universitaires, offices régionaux des statistiques ou encore entretien des routes - qui ont tourné au ralenti. Sans être paralysés.

    • En Angleterre travailliste
    , tout se jouera samedi 28 mars : une très large coalition de syndicats, d'ONG et d'associations caritatives espère entraîner des milliers de Britanniques dans les rues de Londres pour une grande manifestation avant la réunion du G20. Les organisateurs veulent attirer l'attention des chefs d'État sur l'importance de mettre les gens au premier plan». Mais la coalition est tellement vaste, allant de syndicats de fonctionnaires britanniques à des ONG agissant contre la pauvreté dans le monde, comme Oxfam, et des associations environnementales, comme Greenpeace et le WWF, que le message de la manifestation est assez vague, inspiré des thèses altermondialistes.
    Pour le reste, depuis le début de la crise, l'opinion publique n'a pas encore manifesté son mécontentement. Seules quelques centaines d'ouvriers ont manifesté, ponctuellement en février, pendant une semaine devant un chantier contre l'embauche de travailleurs étrangers, mais cette colère a pris fin. Racistes, les Britanniques ?

    • En Espagne socialiste
    , pays d'Europe où le chômage frappe le plus fort (14,5 %), les manifestations contre la destruction des emplois sont rares et les grèves générales inexistantes. Le mécontentement grandit contre le gouvernement, car José Luis Zapatero n’est pas Sarkozy, et il est accusé d'avoir réagi trop tard à la crise avec des mesures aux effets très discutés. Pourtant les syndicats n'appellent pas à descendre dans la rue. Les syndicats veillent-ils à ne pas gêner un gouvernement de gauche ? Les syndicats français peuvent en revanche se lâcher !

    Une leçon à la gauche française
    Même l'opposition de droite espagnole, qui a fait de la gestion de la crise un de ses arguments politiques, refuse d'agiter le spectre de la manifestation, invitant au contraire l'exécutif à ouvrir le dialogue avec tous les partenaires sociaux. La dernière grève générale remonte à 2002 sous le gouvernement de José Maria Aznar (libéral) et n'avait duré qu'une demi-journée.

    Des actions spécifiques
    Seule exception à la règle, les salariés du secteur de l'automobile qui ont manifesté à plusieurs reprises depuis ces derniers mois. Fin février, quelque 4 000 salariés du constructeur américain General Motors, qui possède une usine à Figueruelas, près de Saragosse, ont foulé les pavés en guise de protestation.


    • L'Italie
    a connu son cortège de grèves en mars : transports, chemins de fer, postes, télécommunications… de nombreux secteurs sont concernés. L'école a ouvert le bal : hier matin, place des Saints Apôtres, à Rome, ils étaient un demi-millier, réunis par la CGIL (la CGT italienne). Au micro, une oratrice s'égosillait d'une voix de crécelle contre la réforme du secondaire. Au même moment, devant l'université de la Sapienza, plusieurs centaines d'étudiants ont enfoncé un barrage de police avant d'être dispersés sous les tirs de gaz lacrymogènes.

    Peut-on comparer avec l’activisme syndical français ?
    Les centrales syndicales italiennes semblent en de nombreux points adopter des comportements hexagonaux : on retrouve en effet les mêmes : professeurs et services publics qui ne sont pas non plus les plus exposés. Mais dans l'ensemble, ces mouvements sociaux ne revêtent plus l'ampleur des grandes manifestations d'autrefois contre Silvio Berlusconi. Deux raisons à cela. D'une part, la division syndicale : la crise commande la prudence aux confédérations plus modérées. D'autre part, la désunion des partis politiques de gauche.

    Les syndicats sont en France les bras armés des partis politiques
    Les huit confédérations syndicales, qui se sont mises d'accord pour descendre à nouveau dans la ru, justifient cette journée perdue de travail par leur déception des annonces du chef de l'Etat. Elles en sont restées aux annonces, dont elles ne reconnaissent d'ailleurs pas qu'elles sont venues plus tôt que dans les pays européens voisins. Ainsi nient-ils en outre que les effets de la crise internationale ont gagné la France plus tardivement et moins gravement. Sachant donc qu'ils conçoivent leur rôle d'opposition dans le rejet systématique des initiatives gouvernementales, on se demande bien pourquoi ils exigent de lui des mesures sociales, puisque ce sera, en tout état de cause, trop peu et trop tard, selon eux.
    La gauche française, en outre, n’est pas plus unie qu’en Italie, mais prend ses désirs d’unité pour la réalité à l'occasion de grèves dont chacun se demande l'utilité. On notera que la RATP et SNCF seront peu touchées: ne serait-ce pas pour faciliter les rassemblements de manifestants et faire de belles photos de jolis défilés à travers les quelque 120 villes annoncées ?
    Des partis qui radicalisent les mouvement syndicaux
    La gauche ne se rassemble que pour détruire, à l'instar de Sud-rail (cf. gare St Lazare) ou du NPA du Che-Besancenot lequel avance en solo aux Européennes: la vie communautaire leur pèse et nuire ensemble suffit à leur bonheur. N'est-ce pas François Chérèque (CFDT) qui estime que la présence de militants du NPA autour des entreprises en difficulté "fait un peu rapace" ?...
    François Chérèque observe aussi que le NPA politise le mouvement social. (Lien) N'était-ce pas déjà le cas en Guadeloue et en Martinique, sans que la gauche ne prenne alors position sur le sujet ?
    Le PS est évidemment foireux
    Aux dires mêmes de Razzye Hammadi, de l'aile gauche du PS et membre de la direction, l'enjeu pour le PS "n'est plus seulement d'être audible en tant que force d'opposition" mais d'être "une alternative crédible et engageante". Tout ça à la fois ! Il s'agit "de refonder notre orientation politique", dit-il alors que selon un dernier sondage IFOP 76% des Français jugent que le PS n'a pas de réponses à la crise économique.

    Les conséquences de cette grève, en attendant la troisième, ont-elles été chiffrées par la gauche?
    Compte-t-elle saigner Total pour perfuser les PME-PMI ?
    La grève est-elle le meilleur moyen d'éviter des destructions d'emplois ?