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samedi 30 juillet 2016

Eglises: dimanche, journée "portes ouvertes" aux femmes voilées et aux djellabas

Musulmans appelés à participer aux messes pour le prêtre assassiné par des islamistes de France

La communauté musulmane en France ne fait pas son ménage

Mais elle travaille son image en s'invitant dimanche aux messes qui auront lieu dans tout le pays. Seulement cinq jours après l'assassinat d'un prêtre octogénaire en prière égorgé au pied de l'autel par deux djihadistes français dans son église, mardi matin sur la commune communiste de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, en Seine-Maritime.

L'enquête se poursuit avec les gardes à vue de deux personnes, le cousin de l'un des deux tueurs et un réfugié syrien, tandis que celle d'un mineur de 16 ans a été levée. Les enquêteurs s'attachent à percer le milieu dans lequel évoluaient les deux djihadistes français, Abdel Malik Petitjean (Abdel Malik, comme le chanteur salafiste) et Adel Kermiche, âgés de 19 ans.
Bien que connus, chacun de son côté, et c'est le moins que puisse révéler la presse puisque l'un d'entre eux portait un bracelet électronique, leur passage à l'acte imminent n'avait pas été détecté par les services de renseignement. Selon La Voix du Nord et Le Parisien de dimanche, les deux jeunes se sont rencontrés via le système de messagerie chiffrée Telegram, utilisé par Adel Kermiche et sur laquelle il aurait décrit par avance le mode opératoire de l'attentat, mentionnant "un couteau" et "une église".

Sommes-nous tous des êtres humains ?


Samedi, des veillées inter-religieuses ont été encouragées par le pouvoir politique et relayées par sa presse subventionnée. Elles s'étaient tenues dans un climat de traumatisme de la population compassionnelle et dans le but d'apaiser les tensions inter-communautaires.
Le père Auguste Moanda à la mosquée voisine
Dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, face au portrait du prêtre martyr (sans bracelet électronique, à la différence de son assassin islamiste) couronné de bouquets de fleurs, fidèles catholiques et musulmans ont écouté avec attention les paroles d'apaisement du père Auguste Moanda, curé africain de la paroisse qui a offert le terrain en 2000 pour la construction de la mosquée mitoyenne et qui a affirmé, en dépit des faits tragiques, que "la fraternité existe entre les deux religions". Il s'est d'ailleurs rendu dans cette mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray pour tenter de convaincre que "vous partagez notre douleur; cette douleur est aussi la vôtre," lors de la prière du vendredi à la mosquée, trois jours après l’assassinat du père Jacques Hamel. "La fraternité doit continuer entre nous, frères musulmans; elle existe déjà", a insisté le prêtre survivant, qui était peut-être visé par les tueurs.

En réponse à cette démonstration fortement médiatisée, l'imam de cette mosquée et président du Conseil régional du culte musulman de Haute-Normandie évoque les "18 mois qu'on s'attaque à des civils. Maintenant ils visent des symboles religieux et prennent pour prétexte notre religion. Ce n'est plus possible"-, Abdelsalam, un retraité, a affiché des bons sentiments, assurant qu'il ne "comprend pas qu'on puisse s'attaquer à des frères". "On est tous touchés quand on s'attaque à la maison de dieu. Même si ce n'est pas la même religion, on est tous pareils". Et ça fait peur.

A Bordeaux, 400 personnes de toutes confessions ont participé à "un temps de recueillement et de prière" à l'église Notre-Dame. "C'est un moment important où toutes les religions doivent se réunir pour affronter cette aberration qui a touché hier les Juifs, touche aujourd'hui les Catholiques et touchera peut-être demain les Musulmans, d'un terrorisme aveugle, nihiliste et destructeur, dont le but est de semer la division", a déclaré à la presse l'imam de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou.

Manuel Valls 
entretient la fracture inter-communautaire

Si "l'islam a trouvé [ou pris] sa place dans la République", il y a "urgence" à "bâtir un véritable pacte" avec la deuxième religion de France, a toutefois estimé le premier ministre dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche. 

Selon Valls, malgré "l'échec" de la Fondation pour l'islam de France créée il y a plus de dix ans "pour réunir en toute transparence les fonds nécessaires" à son développement, il faudrait "revoir certaines règles pour tarir les financements extérieurs et accroître en compensation les possibilités de levées de fonds" dans le pays.

Dans un précédent entretien au Monde, l'ancien maire d'Evry souhaitait notamment "que les imams soient formés en France et pas ailleurs".

Dans un autre tribune au JDD, une quarantaine de personnalités musulmanes de France se disent "concernées par l'impuissance de l'organisation actuelle de l'islam de France, qui n'a aucune prise sur les événements". 
Absence d'organisation hiérarchique des Sunnites
Les Sunnites constituent le courant musulman majoritaire de l'islam, à 85 %. Géographiquement, ils sont répandus en Afrique du Nord, en Libye et en Égypte, en Arabie saoudite, en Syrie et en Irak, au Pakistan, en Indonésie, en Afrique noire.
Les Chiites, courant minoritaire (30% des musulmans du monde) sont implantés en Iran (religion d'État : 90-95 %), Azerbaïdjan : 65-75 %, voire 85 % selon le gouvernement, Irak : 65-70 %, Bahreïn : 65-75 %. Ils sont majoritaires au Liban.
Or, l'islam n'a ni pape, ni synode, ni concile. Mais a l'inverse des sunnites, les Chiites n'ont pas des imams autoproclamés: ils exigent en effet que leur communauté soit dirigée uniquement par un descendant de la famille de Mahomet. La conception de l’imamat des chiites est foncièrement opposée à celle du califat admise par la majorité des musulmans. L’imam incarne à la fois le pouvoir temporel et spirituel inauguré par Ali, neveu du prophète Mahomet. L’imam des Chiites est la preuve de Dieu sur terre, le gardien du sens caché de la révélation, un guide pour la communauté et un interlocuteur reconnu pour les pouvoirs politiques.


vendredi 15 novembre 2013

Cameroun: Boko Haram se flatte de l'enlèvement d'un Français, prêtre de surcroît

Les islamistes s'en prennent à deux cibles en une

L'organisation terroriste revendique la prise en otage du père Georges Vandenbeusch,  enlevé dans le nord du Cameroun dans la nuit du 13 au 14 novembre 2013

La secte Boko Haram a confirmé vendredi qu'elle détient le prêtre français kidnappé.
Sa lutte contre les chrétiens s'est intensifiée à Noël 2010 qui fut l'occasion d'attaques, incendies et assassinats ciblés, faisant plusieurs dizaines de morts, notamment lors d'un attentat à Jos faisant à lui seul quatre-vingt victimes. Depuis avril 2011, le groupuscule multiplie les attentats à la bombe contre des églises chrétiennes, des gares, des hôtels, débits de boisson et des bâtiments officiels, notamment suite à l'élection présidentielle de mai et la victoire de Goodluck Jonathan quand les attentats firent une dizaine de morts.
En novembre 2011, le quartier chrétien de Damaturu est pris pour cible par Boko Haram, tuant 130 chrétiens et détruisant dix églises
Le 25 décembre 2011, Boko Haram revendique un nouvel attentat contre une église en périphérie d'Abuja, capitale fédérale du Nigeria et fait 27 morts.

Bertrand Monnet, directeur de la chaire Management des risques criminels de l'EDHEC déclare :
" Il faut savoir qu'à côté de Boko Haram, AQMI, le MUJAO ou Ansar Eddine sont des agneaux. Les terroristes de Boko Haram sont des barbares: ils tuent des centaines de personnes toute l'année, mitraillent des églises, lancent des grenades pendant les offices et font des raids dans les villages chrétiens qu'ils transforment en Oradour-sur-Glane. Ce qui déclenche d'ailleurs des représailles contre des musulmans. "
Boko Haram revendique une affiliation à l'islamisme salafiste et aux Taliban afghans. 

Basée au Nigéria,
 elle dénonce la Constitution nigériane comme calquée sur les valeurs occidentales,et combat pour l'instauration de la Charia et d'un État islamique sur l'ensemble du Nigéria.

"Je peux vous confirmer que le prêtre français est aux mains des moujahidines de Jamaat Ahl al-Sunna Li Da'wat al-Jihad (le nom arabe de Boko Haram), qui a mené l'opération en coordination avec Ansaru", a déclaré une source au sein du groupe islamiste armé nigérian.
Ansaru est une émanation de Boko Haram 
Branche dissidente de Boko Haram, c'est une organisation islamiste djihadiste également basée dans le nord du Nigeria, mais elle a des objectifs plus internationaux.

Le groupe reconnaît mener des opérations coordonnées avec le groupe nord-malien Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest). Ansaru est désigné comme mouvement terroriste interdit et à combattre par le ministère de l'Intérieur britannique, ainsi que, depuis le 13 novembre 2013, par les États-Unis.
Depuis son installation, Ansaru a revendiqué sa responsabilité dans un grand nombre d'attaques  en 2012 et  en 2013 contre un convoi de troupes nigérianes en route pour participer au conflit armé contre les groupes djihadistes du nord-Mali.
Dans le passé, elle a déjà revendiqué des enlèvements d'étrangers.
Le 19 décembre 2012, l'ingénieur français Francis Collomp a été enlevé dans le nord du Nigeria, un rapt revendiqué par Ansaru quelques jours plus tard.
Ansaru a aussi revendiqué le 18 février 2013 l'enlèvement de sept employés étrangers de la société de construction libanaise Setraco, la plus importante prise d'otages jamais réalisée dans le nord du Nigeria. Le 9 mars 2013, le groupe a déclaré par voie de communiqué avoir exécuté ces sept otages.

mercredi 5 juin 2013

Encore et toujours des Rom dispersés par la maire de Lille

Les associations entretiennent-elles les flux ?

Nouvelle dispersion d'un camp de Rom mercredi
Le collectif Solidarité Rom et Gens du voyage de Lille-métropole rassemble la Fondation Abbé Pierre, le Cimade et Pastorale des migrants, CCFD Terre solidaire, les Verts, LDH, ATDQM et plusieurs représentants du  Conseil régional

Quelque 200 policiers, dont deux compagnies de CRS, s'étaient déplacées vers 6 heures du matin pour évacuer ce camp occupé à l'origine par 200 personnes, Les associations de soutien à la communauté rom ont-elles fuité ?
Ce matin, il ne restait plus qu'environ 60 Rom. 
Le juge des référés administratifs, saisi par la ville, avait enjoint les Rom installés depuis juin 2011 sur la plaine Winston-Churchill de quitter d'eux-mêmes, avant le 30 avril, ce terrain qui jouxte la voie express autour de Lille.

Le père Arthur avait ressorti sa soutane
Ce prêtre lillois n'est pas le moins du monde traditionnaliste, mais il est un homme des media et mercredi était un grand jour, celui d'afficher ses positions militantes sur le camp. "Aujourd'hui, j'ai l'impression que ça va mal, donc il faut des responsables et ce sont les Roms", a-t-il estimé en des termes que ne renierait pas Mélenchon. "Ils vont partir ? Pour aller où ?" a-t-il interrogé, affirmant que la majorité des enfants du camp étaient scolarisés. Un appel à RESF ?

Le double jeu de la maire de Lille 

Nous sommes tous stigmatisés
Une politique de sédentarisation obligée
Si les familles ne quittent pas le terrain, l'ordonnance prévoit la possibilité d'une expulsion, si besoin avec le concours de la force publique. La ville de Lille avait assuré qu'elle ne mettrait pas à exécution l'ordonnance d'expulsion avant qu'une solution de relogement - prioritaire - ne soit trouvée par la préfecture du Nord, donc le camarade M. Valls. Et très accessoirement C. Duflot, car nul ne sait vraiment au gouvernement à quoi elle s'occupe au ministère du Logement. 

Madame Aubry, épouse Brochen, avocat, par la voix de son avocate, avait brandi un "danger immédiat" pour ces Rom, installés depuis juin 2011 dans des cabanes, sans eau courante ni toilettes, avec un seul groupe électrogène. Me Myriam Traverse avait rappelé que neuf cabanes avaient brûlé en janvier dernier et que le terrain avait été inondé en décembre 2012. Elle avait également évoqué les risques d'accident liés à la proximité d'une voie rapide.

Environ 2 600 Roms sont installés dans une quarantaine de campements dans la région lilloise. 
La maire de Lille semble les attirer.  Et la présidente de Lille Métropole, Martine Aubry, insiste d'ailleurs pour que l'ensemble du territoire soit aussi accueillant qu'elle. Ainsi réclame-t-ele depuis des mois que l'État assure une meilleure répartition des communautés rom à l'échelle nationale   pour alléger le fardeau de l'agglomération et prenne en même temps des mesures permettant leur hébergement dans des conditions décentes.

Le reliquat trouvé sur son camp insalubre correspond-il à la proportion de 
Rom d'origine roumaine et bulgare désireuse d'abandonner leur mode ancestral de vie itinérante ?
Martine Brochen-Aubry parviendra-t-elle à les fixer en France ?