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lundi 16 décembre 2019

Grèves et blocages: les chauffeurs-routiers entrent dans la grève

Les salariés du transport routier réclament de meilleures conditions de travail

De nombreuses opérations étaient en cours lundi matin

Les chauffeurs-routiers  - ici à Saint-Martin-de-Crau - ont des demandes spécifiques, mais aussi concernant la réforme des retraites
Barrages filtrants, opérations escargot et blocages ont débuté à l’appel de quatre syndicatsce lundi 16 décembre, pour demander de meilleurs salaires et conditions de travail.
"Les blocages se sont mis en place à partir de 4 heures du matin, à Lille, Vannes, Toulouse, Lyon (le marché MIN), Nancy (zone industrielle de Ludres), etc...", a précisé Charles Morit de la CFDT-Transports et environnement, premier syndicat de la branche, à l’origine du mouvement, rejointe par FO, la CFTC et la CFE-CGC. 
"Les voitures particulières ne sont pas concernées" par les barrages filtrants, a-t-il précisé, alors que les cheminots sont eux-mêmes mobilisés contre la réforme des retraites.

Augmentation des salaires, 13e mois conventionnel, permis professionnel, maintien du dispositif de congé de fin d’activité (CFA)…, leurs mots d’ordre sont spécifiques au secteur. 
"A l’heure où la profession est au plus mal avec une pénurie de 50.000 salariés, où le dialogue social peine à s’installer dans les entreprises", et face à "des conditions de travail qui mènent à la recrudescence des arrêts maladie" pour " des salaires qui peinent à être revalorisés", la CFDT-Transport et environnement appelle à la mobilisation.
Les syndicats - UFR-CFDT, premier syndicat du transport routier et logistique, FO (3e), CFTC (4e) et  CGC (5e) - réclament notamment "la mise en place d’un 13e mois conventionnel, de vraies revalorisations des grilles salariales, une amélioration des conditions de travail". 

Le dossier des retraites est également ouvert
Ces syndicats s’inquiètent en effet de leur congé de fin d’activité (CFA), que l’Etat souhaite renégocier avec les partenaires sociaux. Il s’agit d’un dispositif financé à la fois par l’Etat et les cotisations patronales et salariales, permettant aux conducteurs attestant d’une certaine ancienneté de partir en retraite cinq ans avant l’âge légal. "On ne veut pas que les organisations professionnelles le dénoncent en invoquant les tensions sur l’emploi", souligne Thierry Douine (CFTC).
"Il y a une tension énorme dans la profession, souligne Th. Douine, et on ne veut pas améliorer les conditions sociales, [malgré une] pénibilité monstrueuse qui se développe dans la logistique."

"Le gouvernement leur a confirmé que ce congé de fin d’activité sera maintenu; il faut maintenant qu’il y ait des discussions avec les organisations patronales," a répliqué, lundi sur France 2, la ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne, qui a la tutelle sur les transports. C'est elle qui, début 2018, a conduit une réforme dans la douleur de la SNCF - ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, transformation du statut de l'entreprise et arrêt du recrutement au statut de ses agents à partir du 1er janvier 2020, ainsi que la reprise progressive par l'Etat de 35 milliards d'euros de la dette de l'entreprise publique. 

En région, des chauffeurs-routiers sont déterminés.

Près de Lyon, ils bloquent les accès au marché de gros de Corbas depuis le matin. Vers 10h00, environ 300 chauffeurs venus de toute la région Rhône-Alpes y participaient, selon Nicolas Peyrot, responsable du syndicat CFTC chez XPO-Logistics.

Ce lundi matin dans le Pas-de-Calais, quelque 200 personnes ont bloqué dès 5 heures l’accès à la zone industrielle de Douvrin, une importante base logistique au nord de Lens, puis ont entamé une opération escargot jusqu'à l'A1 qui devrait "durer jusqu'à la mi-journée", a précisé Henri Talleu (CFDT).
"Nous venons de quitter la zone escortés par la police. Nous roulons à 20 km/h sur la N41, il y a plusieurs kilomètres de bouchons derrière nous. On va rejoindre l’A25 puis l’A1, l’opération devrait durer jusqu’à la mi-journée", a précisé Henri Talleu (CFDT). 

Au sud de Nancy, environ 150 routiers organisent des barrages sur la zone industrielle de Ludres depuis 3 h 30 et a priori jusqu’à la mi-journée.

En Alsace, une opération escargot est également menée depuis tôt ce matin sur l’A35-A4 par une vingtaine de camions avec une trentaine de militants, occasionnant un trafic très ralenti au sud et au nord de Strasbourg.
La manifestation au péage de Schwindratzheim (Bas-Rhin) se poursuit sans que la circulation y soit complètement bloquée.

En banlieue parisienne, des blocages ont été installés en Seine-et-Marne et Hauts-de-Seine (à Genevilliers). Un rassemblement doit se tenir à Paris devant le siège de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) dans le 17e arrondissement, où les routiers devaient être reçus en fin de matinée.

D
ans les Bouches-du-Rhône, une centaine de routiers qui bloquaient depuis 4H00 du matin la plateforme logistique "Clesud" à Miramas,  a été délogée par les gendarmes. Une cinquantaine d'entre-eux se sont alors rabattus vers la zone industrielle de Saint-Martin de Crau, où ils empêchaient la sortie des camions venant d'enseignes comme Maison du monde, Amazon ou encore Castorama.

Dans l'Ouest, des blocages ont été mis en place à Vannes (Morbihan) et à l'entrepôt ID Logistics de Derval (Loire-Atlantique), avant une manifestation prévue à Nantes en début d'après-midi. 

A Rouen, le dépôt de bus est bloqué par les manifestants.

Une réunion a débuté à 12h00 au siège de la Fédération nationale des transports routiers dans le XVIIe arrondissement entre les représentants syndicaux et trois organisations d'employeurs, la FNTR, OTRE et Union TLF. Près de 80 transporteurs sont rassemblés devant le bâtiment selon une porte-parole de la FNTR.

samedi 17 novembre 2018

Les Gilets jaunes ont largement rassemblé, en dépit des manipulateurs macroniens

Ni les menaces, ni le mépris n'ont bloqué les "gens qui ne sont rien" en colère

Ils étaient ce samedi plus de 280.000 manifestants en France. Et le mouvement pourrait se prolonger et continuer à rappeler l’exécutif à un peu d'humanité dans les jours à venir.

Avec 282.700 manifestants recensés par le ministère de l’Intérieur au fil de plus de 2.000 opérations dans toute la France, les Gilets jaunes ont réussi à démontrer leur capacité à mobiliser. Même si la journée a été endeuillée par le décès d’une manifestante fauchée par une automobiliste irascible et que les accrochages ont fait 227 blessés, dont 6 graves seulement sur toute la France, les casseurs ont été tenus à distance, un exploit dont les syndicats ne peuvent se flatter.
Le niveau de la mobilisation a été d'autant plus exceptionnel que c'est un mouvement populaire, né sur les réseaux sociaux, contre la hausse des taxes sur les carburants, sans organisation verticale, ni de leaders identifiés. De Caen à Strasbourg, les chaînes d'information ont fait tourner en boucle des images partielles de petits groupes éparpillés sur les ronds points (de rares plans larges !) la circulation était filtrée, d’opérations escargot, dans une ambiance bon-enfant, rejointes par des VTC ou des motards.

A Paris, la journée s’est soldée par un face-à-face tendu entre les CRS sous pression et un millier de Gilets jaunes, décidés à marcher sur l’Elysée pour se faire entendre. A une centaine de mètres de l’Elysée (au fond sur la photo), la manifestation des Gilets jaunes a été stoppée par les forces de l’ordre.

Les chefs de parti, Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez ou Nicolas Dupont-Aignan se sont associés à cette vague jaune, tout en restant en retrait, présents mais sans volonté de récupération.

Cible de nombreux slogans, l’Elysée était barricadé, bunkerisé, en mode veille, mais Matignon, tout en suivant heure par heure l’évolution de la situation, a laissé le demi-ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, monter au front, escorté de Laurent Nunes, le seul professionnel des deux.

Les Gilets jaunes ne lâchent rien

La balle est dans le camp de Macron. Ses réponses, attendues dans la semaine, sur la prime à la casse ou les aides devant inciter à changer sa chaudière au fioul ont fait pschitt. Et l’exécutif, qui s’interrogeait sur la force de frappe des Gilets jaunes, est maintenant fixé. Au cas où le mouvement devait se prolonger et pour peu qu’il agrège d’autres mécontentements, Macron devra forcément sortir de sa bulle.

Les Gilets jaunes sont maintenant convaincus de leur représentativité. 

Rassurés, ils ont pris confiance et vont continuer à donner de la voix "jusqu’à ce que l’Etat prenne en compte nos revendications", a averti sur BFM Lætitia Dewalle, chef de file dans le Val-d’Oise.

Le mouvement va se poursuivre le 18 et les jours d’après. Lorsque nous retournerons au travail, les poids lourds, les forains, les ambulanciers prendront la relève - et pourquoi pas les retraités - et le week-end prochain, nous nous mobiliserons à nouveau".
Même tonalité en Seine-et-Marne où Eric Drouet, dont le Mouvement National contre la Hausse des Taxes réunit sur Facebook 250.000 participants, appelle à poursuivre les actions jusqu’au 20 novembre. 
Organisateur du mouvement à Grenoble, Julien Terrier, estimait lui aussi que, dans tous les cas, "il faut voir plus loin que samedi".

lundi 5 novembre 2018

Opération escargot : coagulation d'ambulanciers sur le périphérique parisien

Plusieurs centaines d'ambulanciers se sont rassemblés ce lundi à Paris 


Le pouvoir leur fait craindre pour leur avenir, du fait des conséquences de la réforme du financement des transports sanitaires


Plus de 2.000 ambulanciers sont attendus pour une opération escargot sur le périphérique parisien, ce lundi matin autour de Paris. Cette opération entraîne d'inévitables perturbations, notamment sur l'A4, autoroute de l'Est, est une autoroute française qui permet d'aller de Paris à Strasbourg via Reims et Metz, d'où affluent des ambulanciers de toute la France. La circulation est compliquée sur cet axe, entre Lognes et la porte de Bercy. 

Le cortège a pris le départ de la porte de la Villette vers 7h30. Le périphérique intérieur dans ce secteur particulièrement chargé. Les perturbations touchent aussi le périphérique extérieur. Entre la porte de Bercy et la porte de Bagnolet, le temps de parcours est d'1 heure contre 5 minutes habituellement. 

Mais l'essentiel n'est pas ces désagréments ponctuels, mais l'avenir d'une profession d'assistance dans le secteur hospitalier.

Après une réforme du transport de santé, leur inquiétude s'amplifie 

Ces professionnels s'inquiètent des répercussions sur leur profession de la réforme du financement des transports sanitaires. Ils ciblent particulièrement l'article 80 de cette réforme entrée en vigueur le 1er octobre qui confie la responsabilité du financement des transports de patients aux établissements de santé. Ces derniers devront réaliser des appels d'offres auprès des ambulanciers. Si cette réforme vise à lutter contre la fraude, les petites entreprises craignent d'être pénalisées et de disparaître. 

"Aujourd’hui on a beaucoup moins d’appels des hôpitaux, des grandes sociétés passent des contrats avec des hôpitaux et malheureusement tout est vu au rabais pour nous petites sociétés", explique Olivier Bonamy, ambulancier. 

Les ambulanciers du privé doivent cet après-midi se rendre devant le ministère de la santé.


lundi 25 septembre 2017

Réforme du droit du travail: les routiers grévistes vont directement au blocage de raffineries

Des blocages pour le maintien de leur régime spécial, sans passer par des opérations escargot et des barrages filtrant 

Des routiers CGT et FO ont entamé lundi un mouvement reconductible contre la réforme du code du travail

Une quarantaine de points de blocage, selon la CGT
aux premières heures du jour, ce 25 septembre 2017 
Des bloqueurs ont ciblé des axes de circulation et des dépôts d'approvisionnement en carburant aux quatre coins de France.

Dès la nuit de dimanche à lundi, une trentaine de grévistes a bloqué la circulation des poids-lourds sur une autoroute dans le Nord, tout près de la Belgique. D'autres actions ont ensuite été mises en place au Havre, à Rouen, Caen, Bordeaux, La Rochelle, Marseille, Lyon ou encore Nantes, d'après plusieurs responsables CGT et FO.

La ministre des Transports a pris acte mercredi de l'échec des discussions. "La bonne réponse, ce n'est pas le blocage, mais le dialogue", a plaidé Elisabeth Borne, assurant que "le gouvernement est très mobilisé pour éviter le dumping social".

Sans ouvrir de nouvelle piste, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a toutefois estimé dimanche que le gouvernement doit "tenir compte des spécificités" du secteur du transport routier. Des spécificités qui demandent à être justifiées...

La grogne sociale s'est étendue lundi à plusieurs régions de France

Le début du mouvement est "à la hauteur de nos attentes", s'est ainsi félicité Jérôme Vérité, le numéro un de la fédération CGT des transports, citant des actions à un péage près de Lyon, devant les dépôts pétroliers d'Ile-de-France et de La Rochelle, et en Normandie.
A Caen, une "opération escargot" a ainsi été menée sur la rocade par "une quarantaine de véhicules", selon un responsable CGT, moitié moins d'après la préfecture. Un "barrage filtrant" devait ensuite être mis en place sur le périphérique sud.

En Charente-Maritime, à La Rochelle, "les dépôts de carburants sont fermés", précise Jérôme Vérité, numéro un de la CGT-Transports.

En Ille-et-Vilaine. les deux rond-points qui permettent l’accès au dépôt de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, sont bloqués. Une soixantaine de routiers est sur place. L'atmosphère est tendue entre les forces de l'ordre et les chauffeurs.

Bordeaux et surtout Donges, près de Nantes, où c'est également "un peu chaud", mais toutes les actions se mettent en place "tranquillement", raconte Bruno Lefebvre (FO), qui met sinon en cause la présence des gendarmes, "déjà en place" avant l'arrivée des grévistes.

Dans le Nord
, où se trouve l'élu syndical FO, une opération-escargot était prévue sur l'autoroute en direction d'Arras, ainsi que des actions à Valenciennes et Dunkerque.
Mais en périphérie de Dunkerque, la dizaine de militants présents a dû renoncer au blocage des dépôts de carburants, protégés par les CRS. Ils ont en conséquence décidé de distribuer des tracts sur un rond-point très passant de ...Grande-Synthe, ville PS, puis EELV, dirigée par un ancien animateur socio-culturel, et lieu d'installation d'un camp de migrants clandestins.

En Ile-de-France, situation identique de blocage du port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), d'après la préfecture qui a relevé la présence d'une petite cinquantaine de manifestants.

Dans le Sud-Estau dépôt pétrolier de La Mède, près de Marseille,"rien ne rentre et rien ne sort", a lancé Fabrice Michaud de la CGT. Selon lui, des "plateformes logistiques sont aussi visées" par une "petite cinquantaine" de grévistes bloqueurs. Les barrages devraient être levé vers 15h00, selon La Provence.

Pour maintenir les approvisionnements, le gouvernement a publié samedi un arrêté autorisant les transporteurs d'hydrocarbures à déroger temporairement aux règles en matière ...de temps de conduite et de repos. 
Ce développement a été qualifié de "provocation" par la CGT, fer de lance de la contestation contre les ordonnances réformant le droit du travail.

Les revendications des routiers bloqueurs

Les organisations de chauffeurs dénoncent la possibilité de "faciliter" les licenciements économiques dans les grands groupes, "l'affaiblissement" des représentants du personnel ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales.
Plus spécifiquement, elles s'inquiètent de la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d'ancienneté...), jusque-là fixés par la branche professionnelle.
Les syndicats redoutent que TPE et PME s'engagent dans une course au "moins-disant social" pour remporter les appels d'offres, soupçon que le patronat qualifie de "manipulation grossière".

Dans leurs négociations corporatistes secrètes, les syndicats CGT et FO ont également mis sur la table la question des salaires, notamment dans le transport de matières dangereuses, et le statut de travailleur détaché tel qu'il est actuellement défini par la directive européenne du 16 décembre 1996, permettant à un employé travaillant dans un État membre de l'Union européenne d'être détaché pour aller travailler dans un autre État membre, en cours de révision.

En revanche, ils ont obtenu de l'Etat un engagement ferme sur le maintien du dispositif de retraite anticipée propre à la profession, dont ils craignaient la disparition. Ce n'est donc déjà plus la "révolution copernicienne" promise par Emmanuel Macron...
Un recul du gouvernement nommé par Macron qui ouvre ainsi une brèche dans une "réforme ambitieuse, équilibrée et juste", selon Edouard Philippe en présentant les cinq ordonnances, mais déjà inéquitable, et que le président Macron  qualifiait d'historique, au mépris des quatre lois Auroux de 1982
Jean Auroux : « Macron fait fausse route »relatives aux libertés des travailleurs dans l’entreprise, au développement des institutions représentatives du personnel, à la négociation collective et au règlement des conflits du travail et aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
Le 18 septembre 2017, sur France Inter, leur auteur, 75 ans, ancien maire PS de Roanne, mais aussi plusieurs fois ministre de François Mitterrand, a estimé que les salariés seront moins protégés et les entreprises pas forcément gagnantes non plus.
"Il y a un abus de langage à parler de réforme. Car lorsqu'on regarde la définition de ce terme, on s'aperçoit qu'une réforme est destinée à apporter une amélioration. En l'espèce, parler de "contre-réforme" serait plus adapté." Et Jean Auroux de rappeler que les ordonnances de 1982 avaient pour objet de "passer à 39 heures de travail hebdomadaire payées 40, ajouter une 5e semaine de congés payés et ramener l'âge de la retraite à 60 ans". 
Jean Auroux oppose progrès social "à l'idée paradoxale consistant à dire qu'en facilitant les licenciements, on créerait de l'emploi", ainsi qu'il analyse la réforme en cours, née de "l'argumentation libérale" du président Emmanuel Macron, "consistant à dire que le travail coûte trop cher". Selon lui, "c'est bien plus l'incertitude économique que le coût du travail qui freine les entreprises dans leurs projets de recruter".

Auroux estime que cette réforme "fait fausse route en nous ramenant 35 ans en arrière. Elle n'est ni juste, ni équilibrée, elle marque un recul social qui n'est pas une garantie pour les entreprises."
"En la matière, c'est peut-être en marche…, mais en marche arrière", conclut-il.

vendredi 18 décembre 2015

Des chauffeurs de taxis s'accrochent à leur monopole: un combat d'arrière-garde ?

Les chauffeurs de VTC s'opposent à toute concurrence

Opération escargot des chauffeurs VTC entre les aéroports et Paris

Hostilité à Emmanuel Macron
Les chauffeurs VTC ont entrava la circulation aux abords des aéroports parisiens d'Orly et de Roissy vendredi matin. Ils entendaient sensibiliser leurs clients... contre la baisse des tarifs de leurs courses ! Ils ont organisé une opération escargot pour rallier Paris, indifférents  à l'évolution des comportements de leurs compatriotes.

Des chauffeurs VTC en grève, 500 selon un des organisateurs, ont démarré vendredi matin une opération escargot en direction de Paris, pour réclamer un meilleur encadrement de leur activité et de leur tarif. Un protectionnisme qui va contre les intérêts de leur passagers...

Ce mouvement de grogne a été lancé à l'appel des associations SETP, CAPA-VTC et Actif-VTC 
qui protestent contre les conditions de travail imposées par les éditeurs d'application de réservation par smartphone (Uber, Chauffeur Privé, etc.), et notamment contre la baisse des tarifs décidée, selon eux, sans concertation. "On n'a jamais été écoutés par le gouvernement. On veut être écoutés pour faire interdire l'application Uber", a plaidé Helmi Mamlouk. 
Dans son préavis de grève, le SETP réclame notamment un retour à "une course minimum de 15 euros" et "une concertation de fond sur le contrat de partenariat" avec les plateformes de réservation.

Peu après 8 heures, entre "50 et 160 VTC" ont quitté l'aéroport Charles-de-Gaulle en direction de Paris, porte Maillot (nord-ouest), selon une source préfectorale. 
Peu avant 9 heures, l'opération escargot a engendré "des difficultés de circulation près de Roissy", a indiqué le Centre national d'information routière (Cnir), qui comptabilisait 240 km de bouchons cumulés dans l'agglomération parisienne, contre 200 habituellement à la même heure. Sur l'A6, "la circulation est fortement ralentie au départ d'Orly" en direction de Paris, a indiqué la source préfectorale. "On doit être à peu près 500 sur les deux aéroports", a estimé H. Mamlouk. 

Les grévistes ont entravé le travail de leurs collègues non-grévistes

Certains véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) non-grévistes ont été empêchés par leurs collègues en grève de prendre des clients à Roissy. "Il y a eu quelques débordements mais aucune violence ne sera tolérée", a affirmé Helmi Mamlouk, président de l'association CAPA-VTC

La presse rapporte par ailleurs que les grévistes avaient mis en place un barrage filtrant. 
Une source préfectorale tient a préciser qu'il n'y a pas eu d'incident (cf. le déploiement de police, ci-contre).

En juin, de violents incidents avaient opposé taxis et VTC lors de manifestations à Orly et à Porte Maillot, notamment. En Ile-de-France, quelque 9.000 VTC sont en circulation d'après la fédération des exploitants de ces véhicules.

samedi 12 avril 2014

Opération escargot contre une nouvelle baisse de la vitesse à 80 km/h

Ensemble, motards et automobilistes manifestent leur colère ce weekend
baisse vitesse 80
Les baisses du chômage et des impôts devront en revanche attendre



La Fédération française des motards en colère (FFMC) et l'Union des usagers de la route (UUR) appellent à une manifestation nationale samedi 12 et dimanche 13 avril contre une baisse éventuelle de la vitesse autorisée à 80 km/h sur le réseau secondaire.
"Les manifestations et actions sont organisées et coordonnées par la FFMC et tous les usagers sont invités à rejoindre les motards, car tous sont concernés par l'inflation sécuritaire et les politiques répressives injustifiées", affirme l'UUR dans un communiqué.
Plus de quatre-vingts manifestations sont prévues samedi et dimanche à travers toute la France et la FFMC appelle les conducteurs à se rassembler et à organiser des défilés à petite vitesse.
L'association 40 millions d'automobilistes assure qu'elle est solidaire de la manifestation. Elle a demandé lundi aux automobilistes de nouer un ruban blanc à leur rétroviseur gauche "en signe de manifestation visible de leur ras-le-bol" contre "la répression routière". 
Cette association met-elle en doute  les conclusions de spécialistes de la sécurité routière, selon lesquels les limitations de vitesse, contrôlées depuis dix ans par les radars automatiques, ont participé à la baisse spectaculaire de la mortalité routière, passée de 7.242 tués en 2002 à 3.653 tués en 2012 ? L'amélioration des infra-structures et de la sécurité des véhicules y est aussi pour beaucoup, faut-il le rappeler ?

La "surenchère sécuritaire" du ministère de l'Intérieur est dénoncée

dans un communiqué du FFMC qui déclare que "d'ici l'été prochain le gouvernement prévoit d'imposer une nouvelle limitation de vitesse à 80 km/h sur le réseau national et départemental".
Une "recommandation" de Valls étudiée en mai
Le Centre national de la sécurité routière (CNSR) a été remis en service par Manuel Valls lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Le 16 mai, les quatre composantes doivent se réunir en commissions pour étudier les recommandations gouvernementales, dont le passage de 90 à 80km/h de la vitesse autorisée sur les routes secondaires, où ont lieu 66% des accidents.

Toutefois, a précisé Eric Elkouby, conseiller du président du CNSR, "cet avis n'est que consultatif" et la décision ne sera prise qu'à une date ultérieure par le ministre de l'Intérieur. 

mardi 11 février 2014

Taxis : l'intersyndicale appelle à poursuivre la grève jusqu'à la fin des VTC

Taxis - VTC : durcissement du conflit 

"La guerre est déclarée", titre même Le Point
Le conflit qui oppose les taxis aux voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) et aux applications de covoiturage provoque une forte mobilisation. En effet, malgré la promesse du gouvernement de discussions pour trouver un terrain d'entente, les taxis ne décolèrent pas: pour la deuxième fois depuis le début de l'année, ils sont en grève et manifestent à Paris principalement contre la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) et aussi le covoiturage. 

Plus d'un millier de taxis partis à 8 heures des aéroports parisiens ont convergé à petite vitesse sur le Champ-de-Mars dans l'après-midi, dans le centre de Paris, pour dire "non à la mort programmée du taxi". Selon des sources aéroportuaires, quelque 800 taxis ont pris part à l'opération escargot menée depuis Roissy et 300 à Orly. Selon les syndicats (CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST), 5.000 à 6.000 taxis, dont une partie a rejoint directement le Champ-de-Mars, se sont mobilisés, deux fois plus que le 10 janvier au vu des estimations des organisateurs. Aucun incident n'a été signalé dans les aéroports. 
A Marseille, près de 600 taxis ont participé à deux opérations escargot, selon le syndicat des taxis marseillais (STM). 

"Non à la mort programmée du taxi, ni Uber, ni Transdev (ne) remplaceront les successeurs des taxis de la Marne", proclamait la banderole principale des cortèges. Tous s'élèvent contre la nouvelle application de covoiturage marchand qui permet à n'importe quel particulier de conduire des clients d'un lieu à un autre, en dehors de tout cadre juridique.
Transdev est une société française multinationale, un des principaux opérateurs de transports publics au monde. Elle est née en 2011 de la fusion de la branche transport de Veolia avec Transdev pour former le groupe Veolia-Transdev. Cette opération fut effectuée à la demande des maires socialistes d’Orléans, Grenoble,Montpellier et ...Nantes, Société centrale à partir de la SCET, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pour constituer un service d'appui aux sociétés d’économie mixte de transport public urbain. En 2013, Veolia abandonne sa branche transport et Veolia-Transdev devient Transdev. En mars 2013, deux ans après la fusion de Transdev et de Veolia Transport, l'entreprise, est en toujours en difficultés et doit être recapitalisée avec l'accord de Bercy et le ministre Cuvillier, à hauteur de 800 millions d'euros (520 millions par la CDC et 280 millions par Veolia) ce qui se traduit en juin 2013 par une montée au capitale 60 % de Caisse des dépôts, contre 50 % en mars 2011. 
Mais pour réduire un fort endettement de 1,9 milliards d'euros, Transdev décide de procéder à des ventes d'actifs en Europe, correspondant à un quart de ses activités. L'entreprise prévoit de se retirer de 10 des 27 pays dans lesquels le groupe est présent.
On aura donc compris que le Conseil régional d'Ile-de-France, présidé par Jean-Paul Huchon, PS, est fortement impliqué, comme les autres sociétés d'économie mixte des CG socialistescités plus haut.

Quant à Uber, c'est un service de voiture de tourisme avec chauffeur disponible sur téléphone mobile intelligent mettant en relation les usagers du service et des conducteurs de voitures de luxe disponibles à la location. Le service permet de géolocaliser, via son téléphone mobile, les véhicules les plus proches et de les réserver. Le service et l'application mobile associée sont développés par la société homonyme, Uber, basée dans la ville californienne de San Francisco, mais Uber est présent dans 22 pays et 62 villes, comme New York, Los Angeles ou Paris...

Les syndicats de taxis ont trois revendications touchant les VTC, pour "protéger" leurs privilèges
- restriction des applications de réservation de VTC sur smartphone, 
- délai de réservation minimum de 30 minutes 
- et courses d'un montant de 60 euros à minima. 
"C'est le minimum", estime M. Ghalfi en demandant à l'Etat d'être "clair" et "ne pas faire du VTC lui-même avec Transdev", dont l'Etat, via la Caisse des dépôts et consignations, est actionnaire.


55 000 taxis contre 12 400 VTC, une concurrence très forte
Les chauffeurs de taxis peinent à trouver la sympathie des usagers, tant ils sont peu serviables, voire désagréables et impolis. "Aujourd'hui, on est confronté de plein fouet à la concurrence des VTC, qui travaillent quasiment sans réglementation", dénonce Karim Lalouani, syndiqué CGT, taxi depuis trois ans et venu à Roissy dès l'aube pour manifester son "ras-le-bol" en bloquant la circulation. 
Après des années d'hégémonie, il réalise qu' "on ne se bat pas à armes égales. C'est comme si on demandait à deux boxeurs de monter sur le ring, mais l'un des deux, vous lui attachez les deux bras derrière le dos", raconte-t-il. "Ma licence, je l'ai payée 235.000 euros. Et je dois respecter toute une série de règles très strictes. Les chauffeurs de VTC, eux, louent des voitures à l'étranger. Ils ne rendent de compte à personne", ajoute Philippe Morival, taxi depuis 30 ans dans la capitale.
"Depuis cinq mois, je n'arrive plus à payer mes traites. Mon chiffre d'affaires a été divisé par deux", se désespère Terline Pierre, 43 ans, arrivée d'Orly après une nuit de travail. Taxi depuis trois ans, sa licence lui coûte "2.100 euros par mois" pour "5.000 euros de charges au total". "Une journée me rapporte 100 euros contre 250 à 300 euros avant l'été", confie-t-elle, assise dans son monospace, attribuant cette perte d'abord aux VTC. "Les VTC, on leur ouvre toutes les portes et ils racolent aux aéroports, tandis que nous, on nous contraint de plus en plus", assure Julien (prénom modifié à sa demande). Il affirme avoir perdu "40 % de recette" depuis 2011.

On le voit, la presse ne donne la parole qu'aux taxis et leurs syndicats
C'est aussi peut-être parce que le Groupe G7 de taxis a été fondé par André Rouselet, un proche de François Mitterrand et fondateur de Canal+... Cette entreprise est composé de plusieurs sociétés, aux activités diverses. André Rousselet a racheté la compagnie G7 en 1960 et créé le central-radio qui met en contact chauffeurs et clients. Il l'a cédé à son héritier Nicolas Rousselet qui la présidé et la dirige depuis 1996à Clichy en Seine-Saint-Denis, et s'est habitué à une longue période de croissance en situation de monopole.
Nicolas Rousselet est également le prinicpal investisseur de la Société "Les Taxis Bleus", créant de fait un monopole dans le domaine des sociétés de radio taxis.

Longtemps protégée,
la profession est de plus en plus concurrencée par les motos-taxis et les sociétés de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), qui ne peuvent travailler que sur réservation, mais que les taxis accusent de prendre des clients à la volée et de faire "purement et simplement les taxis sans supporter (leurs) contraintes". L'enregistrement d'un véhicule de VTC ne coûte que 100 euros, alors que les licences des taxis (à 80 % artisans et propriétaires de leurs licences) se négocient autour de 230.000 euros à Paris. L'assouplissement de la législation en 2009 a favorisé la multiplication des VTC. Ces sociétés ont gagné mercredi dernier une nouvelle partie contre les taxis en obtenant la suspension du décret leur imposant un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client. 

Le groupe G7 ne supporte pas la concurrence et 
Uber est étiquetté "empêcheur de tourner en rond"
Cette décision provisoire du Conseil d'Etat de suspendre le décret et de rétablir la concurrence a attisé la colère des syndicats de taxis, qui jugeaient de toute façon ce décret insuffisamment protecteur. Ils demandent "l'interdiction de toutes les applications de réservation qui permettent à d'autres de faire n'importe quoi", un délai de réservation d'au moins 30 minutes et des courses au minimum de 60 euros. A l'évidence, l'intérêt du client n'est pas pris en compte. 

Face au blocage de grandes villes par les taxis qui ne se sont pas préparés à la libéralisation du secteur, le gouvernement socialiste avait publié le 27 décembre 2013 un décret favorable à ses soutiens et imposant aux VTC un délai obligatoire de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client par le VTC. Mais, soucieux de libre concurrence et de l'intérêt des usagers, le Conseil d'État a suspendu mercredi ce décret, estimant qu'il porte "une atteinte grave et immédiate aux intérêts économiques" des sociétés de VTC. La plus haute juridiction administrative doit désormais examiner le dossier sur le fond.

Le gouvernement a annoncé samedi la mise en place d'une ..."mission de concertation" 
Pour tenter de trouver un terrain d'entente entre taxis et VTC, elle est destinée à "définir les conditions durables d'une concurrence équilibrée entre les taxis et les VTC". "Cette commission, c'est un gadget, le gouvernement veut gagner du temps. Aujourd'hui, il y a urgence", a aussitôt estimé Michel Charbonnier, taxi depuis 15 ans. "Dans les autres pays, au Canada ou en Belgique par exemple, il y a une réglementation. Ici, on a déjà perdu un an", ajoute Karim Lalouani. 

L'appli Uber, "c'est de la provocation", selon le même qui s'élèver  contre les applications pour smartphone permettant à n'importe quel automobiliste de faire le taxi occasionnel à titre onéreux.
En dehors de tout cadre juridique, l'application sur mobile Uber est très appréciée des clients, mais perçue par les professionnels comme un empêcheur de tourner en rond. Soutenue par Google qui la lance dans 47 pays, elle bouscule le fragile équilibre entre taxis et VTC qui s'était établi depuis deux ans et que l'annulation du délai de 15 minutes pour les VTC est venue, au même moment, remettre en cause, à la satisfaction des usagers.

Le gouvernement ne  renonce pas à prendre parti  pour sa clientèle électorale.
Bercy vient de lancer ses services de la répression des fraudes sur une enquête sur les services de covoiturage entre particuliers à "but lucratif", illégaux. Cette décision vise en particulier Uber, dans la ligne de mire des taxis. Malgré l'augmentation des licences distribuées, notamment à Paris, ces dernières années par l'administration, les taxis restent peu nombreux : quelque 55.000 dans l'hexagone, dont environ 20.000 à Paris. Fin 2013, on recensait parallèlement 6.500 entreprises de VTC (dont la moitié en Ile-de-France) exploitant quelque 12.400 véhicules.
"Les taxis payent plus cher leur licence, car ils ont un monopole sur la maraude", la mission devra "faire respecter ce monopole, mais il faut aussi réaffirmer que sur le marché de la réservation, la concurrence des VTC est parfaitement loyale", a expliqué Benjamin Cardoso, président de LeCab. Le patron de Chauffeurs privés, une autre société de VTC, Yan Hascoet, a souhaité arriver à "une paix sociale entre les VTC et les taxis". 

Dernière heure: une "grève reconductible" jusqu'à "l'arrêt des immatriculations" des Véhicules de tourisme avec chauffeur
C'est ce qu'annonce l'intersyndicale des privilégiés, en dépit de la mission de concertation que le gouvernement vient d'annoncer...