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mercredi 12 février 2020

Réforme des retraites : vers une procédure accélérée qui laisse les partenaires sociaux au bord de la route

"Une procédure normale," selon le gouvernement...

Le "brouillon" d'une réforme des retraites est présentée au vote des députés le lundi 17 février 

Le forcing continue, après des mois de dialogue de sourds, neuf jours de débat stérile dans une commission débordée par les amendements contestataires et une bataille autour du temps de parole: le réformisme des nantis contre les précaires progresse à marche forcée ...

L'exécutif ne remet pas en cause son calendrier délibérément serré, un choix de l'exécutif pour créer les conditions d'un passage à la hussarde de la loi avant l'été, avec une procédure accélérée

Une procédure dénoncée par l'opposition, voix criant dans le désert de la démocratie macronienne

La commission spéciale de l'Assemblée nationale n'a pas su (ou voulu) faire face à l'adversité dans l'examen et la recherche de financements de la réforme improvisée des retraites. 

Or, mardi 4 février, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a révélé que "la direction de LREM vient d'imposer à la commission spéciale #retraites la division par deux du temps de parole des députés". Il a donc lancé une "alerte" sur son compte Twitter et appelé ses abonnés à la "relayer". "On aura droit à 1 minute pour défendre nos amendements", a-t-il affirmé. 
Alerte : relayez. La direction de LREM vient d'imposer à la commission spéciale la division par deux du temps de parole des députés. On aura droit à 1 minute pour défendre nos amendements.

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Les services de fact-checking des organes de presse se sont aussitôt mobilisés pour contredire - et discréditer - le lanceur d'alerte : sous couvert de chasse à l'intox sur les réseaux sociaux - qui diffusent ce que les media institutionnels occultent - la fonction des contrôleurs-nettoyeurs du net est de jeter le soupçon de désinformation sur les acteurs politiques d'opposition.
Un chien portant un masque, promené en laisse, le 4 février 2020 à Guangzhou (Chine) pendant l\'épidémie de nouveau coronavirus.
A France Télévisions - on lira "au sein de France Télévisions", si on veut paraître -, Benoît Zagdoun, salarié de chaîne publique, ne se contente pas de tordre le cou à la rumeur qui veut que les animaux domestiques pourraient transmettre le coronavirus. "En même temps", si ce Pic de la Mirandole de la macronie n'est pas capable - pardon, on dit "en capacité", pour être pris au sérieux - de clouer le bec à Schiappa, dont la "pensée complexe" est imparable, en revanche, ce relayeur de la pensée officielle ordinaire est armé pour contrer Mélenchon.
France Télévisions s'est tournée vers l'OMS pour s'imprégner de la vérité officielle. Et on apprend donc (à notre grande stupéfaction) que "rien ne prouve" que les chiens ou les chats puissent être infectés par le nouveau coronavirus. Les experts interrogés par franceinfo confirment qu'un franchissement de la "barrière d'espèce" est rare. La rareté est une garantie d'étanchéité...

France Télévisions est en mesure de certifier pareillement que, dans son tweet, Jean-Luc Mélenchon omet d'apporter une précision de taille. A majorité LREM - qui dirige la commission spéciale (la démocratie est sauve) -, le bureau a bien décidé de réduire de 50%, à une minute maximum, contre deux auparavant, le temps de parole alloué à chaque député pour défendre son amendement.
Mais LREM pratiquant le pensée unique "en son sein", il allait de soi pour le parti du président qu'elle s'imposât aux partis quant à eux démocratiques. France Télévisions justifie donc qu'une fois précisé l'avis d'un chef de groupe, la liberté d'expression soit retirer aux membres de ce groupe. 
France Télévisions ne met donc pas en question que la réduction du temps de parole s'impose "uniquement dans le cas "d'amendements identiques", "déposés par un même groupe", comme l'a annoncé mardi soir la présidente de la commission, la députée LREM Brigitte Bourguignon, celle qui se fait pourrir partout où elle s'affiche, qui s'en étonne et qui s'en plaint. 
.@BrigBourguignon : "Le bureau a décidé que pour les séries d'amendements identiques, déposés par un même groupe, chaque amendement pourra être défendu par son auteur pour une durée ne pouvant excéder une minute."


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Cette décision vise à accélérer les débats, donc à les tronquer. 
Comme si elle y était (elle est en campagne pour Griveaux), on entend d'ici Schiappa assénant que la concertation a eu lieu, que le débat a assez durer et qu'il faut trancher dans le vif. Le projet de loi devant arriver dans l'hémicycle dans un délai restreint (après la longue marche dans le flou du début, ce sprint final de deux semaines chaotiques pour étudier un total de 21.767 amendements, avant le 17 février, est une atteinte à la libre expression et à la démocratie: ce temps compté n'aurait pas suffi à l'examen raisonné des quelque 3.000 amendements différents. 
Mardi, à l'ouverture de la deuxième journée de séance, plusieurs élus d'opposition – de gauche comme de droite – ont donc demandé à la présidente si la commission parviendrait à terminer ses travaux dans les temps. "J'ai bien peur que nous n'ayons pas le temps d'examiner les 22.000 amendements qui ont été déposés", s'était déjà expliqué le communiste Sébastien Jumel, lundi, lors de la première journée d'examen. 

Dans leur arrogance, les bras cassés de la majorité n'ont pas envisagé que soient reproduits les exemples passés d'obstructions
Bien qu'il soit ravi de justifier son adoption d'une procédure accélérée par l'afflux de 1.130 amendements émanant de députés LFI, le parti du président, LREM, par ailleurs majoritaire et intouchable, mène une campagne à base de cris d'orfraie.  LIRE PaSiDupes 

En quinze jours la commission n'a pas réussi à étudier 3.000 amendements identiques : y serait-elle parvenue s'ils avaient été différents ?...
Service de décrédibilisation des contestataires de l'exécutif, les fact-checkers de l'AFP Factuel sont venus en appui du pouvoir, citant une anonyme ("collaboratrice du groupe" LFI" !) pour balancer ses employeurs en confirmant que tous ces amendements étaient "identiques". 

Jeudi 6 février, 336 amendements avaient été rejetés, sept adoptés. Si la commission n'a pas fini son travail avant la présentation du projet de loi devant l'ensemble des députés, le texte sera examiné en séance dans sa version initialement déposée par le gouvernement, sans les éventuels apports de la commission. Brigitte Bourguignon en est toute chiffonnée : elle n'a servi que de leurre !

Tout va bien : la procédure "n’a rien d’accélérée, c’est une procédure normale" !

Une dramatisation qui en dit long sur le machiavélisme de Macron. 
Cette déclaration sur la procédure accélérée lâchée par le secrétaire d'Etat chargé des retraites auprès d'Agnès Buzyn a saisi de stupéfaction les membres de la commission et bien au-delà, par le cynisme de Laurent Pietraszewski, marionnette de l'exécutiflundi 10 février sur France InterEt la "Cellule Vrai du faux" d'entrer à nouveau en scène pour "vous expliquer", sans arrogance, cette pratique législative.

Si la procédure est prévue par la Constitution, Macron peut en (ab)user.
Dans la procédure législative, un projet de loi (de l'exécutif) ou une proposition (de parlementaire) est d'abord étudié par l'Assemblée, puis amendé par le Sénat, avant de revenir au Palais Bourbon qui entérine les amendements des sénateurs ou les rejette. Ce "va-et-vient" entre Assemblée, Sénat et retour à l'Assemblée, c'est ce qu'on appelle la "navette parlementaire". L’objectif est de tenter d'adopter un texte identique et enrichi, mais le dernier mot appartenant aux députés. Un délai de six mois entre le dépôt d’un texte à l’Assemblée et la première séance publique doit être respecté en sorte que l'examen du projet puisse donner lieu à un travail approfondi en commission. En situation "normale", sont requises deux lectures par chambre au minimum. La navette peut durer le temps nécessaire et se poursuit tant que tous les articles n’ont pas été adoptés à l'identique. L’adoption par navette "reste le mode normal d’adoption des lois", peut-on lire sur le site du Sénat.

En respectant la procédure "normale" et consensuelle, la réforme des retraites ne serait pas adoptée avant juin ou septembre 2021 alors qu'en procédure accélérée, son examen sera réglé en juin 2020, date butoir qui n'a pas de sens, vu les enjeux en cause et l'ampleur de la contestation, parlementaire et populaire. 

La procédure accélérée n'envisage pas sa propre limitation en cas de chaos. 
Prévue par l’article 45 de la Constitution - et depuis sa révision en 2008 - , la procédure accélérée remplace la procédure d’urgence qui était quant à elle prévue pour être exceptionnelle. Concrètement, la procédure accélérée peut réduire la navette à une seule lecture par chambre et supprime les délais. Elle fait donc gagner du temps. Or, la procédure accélérée est aujourd’hui très souvent utilisée et d'aucuns y voient une dérive. 

Une facilité qui ne peut être mise entre toutes les mains.
Si son recours est devenu quasi systématique, il soulève à chaque fois le problème de l'abus de pouvoir. Dès sa mise en place en 2008, l'utilisation par le gouvernement de la procédure accélérée s'est intensifiée, passant de 103 textes de loi entre 2008 et 2012 à 228 sous le quinquennat du socialiste  François Hollande, auquel Macron a collaboré
Depuis le début du quinquennat de l'ex-banquier, "plus de la moitié des projets et propositions de loi ont été adoptés par la procédure accélérée", note le constitutionnaliste Dominique Rousseau. Dans son programme électoral, le candidat Macron avait en effet annoncé sa volonté d'"appliquer cette procédure par défaut", estimant que "la procédure parlementaire doit être plus efficace et plus rapide", mais sans inquiéter l'électorat qui n'a pas entrevu le risque de gouvernance autoritaire évoquant celui, décrié, de sa rivale du FN.

"Dans la pratique, l’exception est devenue le principe", explique le professeur Rousseau, un constitutionnaliste de 70 ans qui fut membre du Conseil supérieur de la magistrature (2002-2006) et classé à la gauche de la gauche de l'échiquier politique: il a soutenu publiquement René Revol du Parti de gauche (PG) lors des élections régionales françaises de 2010. 
Cette banalisation répondrait, selon lui, à une demande de l’opinion publique pour que les lois soient adoptées plus vite, mais surtout à la volonté des gouvernements qui fabriquent cette opinion,  au prétexte de "montrer une efficacité politique et de tirer le bénéfice d’une loi avant la fin du quinquennat", observe-t-il. Dernièrement, la loi pour la confiance dans la vie politique ou - de nature très différente et véritablement inspirées par l'urgence sécuritaire -  la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme en 2017 ont été votées de cette façon.

Une procédure abusive, souvent dénoncée.
Souvent décriée par les parlementaires, dépouillés de leur prérogative première, qui estiment qu'elle ne respecte pas le temps parlementaire nécessaire, la procédure accélérée peut être suspendue. Pour cela, il faut que les présidents de l’Assemblée et du Sénat le demandent conjointement.  

"Le problème c’est la concordance des temps", avance le professeur Rousseau. "Le temps législatif, gouvernemental et de la société ne concordent pas. Les parlementaires veulent du temps pour améliorer le texte, le gouvernement montrer qu'il agit". Véritable enjeu politique dans le cas de la réforme des retraites, pour le moment, seul le Sénat, majoritairement d’opposition, a demandé fin janvier le retrait de la procédure accélérée.
Plus que jamais, la fonction de modération et le rôle de rééquilibrage des forces  exercés par le Sénat s'affirment comme indispensables et incontournables.  

jeudi 14 février 2019

Plainte du "gilet jaune" Maxime Nicolle contre la police

Abus de pouvoir et menaces policières portées devant la justice

Le "gilet jaune" Maxime Nicolle dépose plainte pour "menaces" et "entrave à la liberté de manifester"Cet "gilet jaune" invité des media a déposé plainte pour "menaces" et "entrave à la liberté de manifester" à la gendarmerie de Dinan (Côtes-d'Armor), où le militant, alias "Fly Rider", est domicilié pour des faits survenus lors de manifestations à Toulouse le 19 janvier et à Menton le 9 février, a-t-on appris le lendemain, jeudi 14 février, auprès de son avocat et du Parquet.
Un procès verbal d'audition a été diffusé sur Twitter par Me Juan Branco, l'avocat de Maxime Nicolle.


"Il risque de t'arriver quelque chose"

Ces photos montrant des policiers en possession d'un marteau font polémique parmi les Gilets jaunes.
Plusieurs exemples de policiers porteurs d'un marteau 
Dans sa plainte, Maxime Nicolle accuse un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) de Toulouse, vêtu d'un brassard orange et d'un casque de moto et muni d'un LBD40 (lanceur de balles de défense, autrement appelé "Flash ball").

Le policier a pointé un doigt vers Maxime Nicolle en disant "soit tu rentres chez toi, soit il risque de t'arriver quelque chose"
, assure le Gilet jaune. "La nuit tous les chats sont gris et il serait dommage qu'il t'arrive quelque chose", aurait insinué ce policier de la Brigade Anti-Criminalité. 

"Une vingtaine de policiers autour" : une menace en réunion
Les faits se seraient produits samedi 19 janvier vers 20h00, lors d'une manifestation de "gilets jaunes" à Toulouse. "Je précise que cela a été fait de manière concertée, il y avait une vingtaine de policiers autour. Ils étaient en civil et en tenue de police", a précisé Maxime Nicolle, 31 ans, dans le PV d'audition. 

"Fly Rider" porte également plainte pour violation à la liberté de circulation entre la France et l'Italie, à la suite d'une manifestation, le 9 février à Menton (Alpes-Maritimes). 

Résultat de recherche d'images pour "interdiction de sortie"
Accompagné d'une trentaine de gilets jaunes, Maxime Nicolle a été bloqué à quelques mètres de la frontière italienne, empêché ainsi de rencontrer des sympathisants italiens. La liberté de circulation dans l'espace Schengen a donc été bafouée.


Il affirme aussi être "suivi" et qu'il sera "peut-être obligé de déménager" si "ça continue".

La procureure de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Christine Le Crom, a indiqué  qu'elle va se dessaisir de l'affaire "au profit du parquet territorialement compétent", celui de Toulouse (Haute-Garonne).
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samedi 24 octobre 2015

Conflit d'intérêts: Moscovici, commissaire européen en campagne des régionales en France

L'ex-ministre de l'Economie et des Finances, en visite de campagne en PACA, région où le FN est en position de force 

Le journal socialiste Libération le dit en "visite de terrain"...

"Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi cette région pour mon premier déplacement," clame-t-il à chaque étape. Pierre Moscovici a fait une descente ce vendredi en Provence, officiellement pour faire le VRP de la Commission européenne.

Parachuté de Bruxelles pour tenter, le temps d’une journée, d’améliorer l’image du Parti socialiste sur le thème des institutions européenne vécues comme  coupées des citoyens dans, dit-il, "une région où l’euroscepticisme est très implanté", commente-t-il. L'ancien trotskiste suspecte ainsi les électeurs provençaux d’être des extrémistes de droite menaçant le conseil régional du président sortant, le socialiste Michel Vauzelle.

Au moment où l’Europe fait face à plusieurs crises, grecque ou migratoire avec l'afflux déstabilisant de clandestins africains,
et à quelques semaines d’élections régionales pour lesquelles les sondages prédisent un nouveau vote record pour le Front national, l’ex-ministre des Finances - exfiltré du gouvernement de Hollande pour incapacité à redresser la courbe de l'emploi - vient en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) pour tenter de redorer l’image de commissaires 'bureaucrates' qui s'aliènent la population par leurs multiples tracasseries. Pas gagné.

Moscovici confie vouloir "multiplier" ces déplacements sur le terrain
Valls est déjà passé cet été,
avant Moscovici
Ce n’est vraiment pas un hasard s'il a choisi cette région pour son premier déplacement... Il est venu soutenir le candidat PS en région PACA, un ancien chef de cabinet de Michel Sapin (2000- 2002) et prend la mairie de Forcalquier ... dans les Alpes-de-Haute-Provence en 2001, avec le soutien de Paris où il a fait sa carrière: dès 1995, il est directeur de cabinet d'un proche de Dominique Strauss-Kahn, Tony Dreyfus,  alors maire du 10e arrondissement de Paris.

Libération l'a suivi tout au long de sa traversée de la France en TGV
, depuis Paris jusqu'à Aix-en-Provence
et le journal des multi-millionnaires Bruno Ledoux (héritier de Penarroya) et Patrick Drahi, également propriétaire de L'Express/L'Expansion, salue cette ingérence dans son édition du 23 octobre. Il la justifie: "comme le font les ministres français, pour 'débattre avec des chefs d’entreprise, des jeunes, des médias' ".  
A Sciences-Po Aix, il commence par les "futures élites". Il est venu prêcher la bonne parole européenne sur le traité transatlantique, l’accueil des réfugiés et de la Grèce, évitant les questions économiques et financières ou de croissance et d'emploi: on comprend pourquoi l'ancien ministre de Hollande n'a pas intérêt à y revenir.
Moscovici est revenu sur le lieu de ses exploits

Depuis son éjection, "la France n’est plus la mauvaise élève de l’Europe" ?
La veille, les étudiants aixois avaient eu droit à Jean-Luc Mélenchon. Aux critiques feutrées des jeunes privilégiés, dont les positions sont pourtant clairement plus à gauche que les siennes, l'ex-militant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d'Alain Krivine et ex-ministre de Hollande, Moscovici réplique : "Il est normal de porter tout ça, mais faites-le en pro-européens", les exhorte-t-il avant de repartir pour Marseille visiter des start-up financées à la fois par la région Paca et les fonds structurels européens, puis la rédaction du quotidien local La Provence, propriété de Bernard Tapie, avant de finir sa journée dans une "école de la deuxième chance" implantée dans les quartiers Nord de la ville et par un "dialogue citoyen" sur France 3 concernant "l’emploi des jeunes".
"Que peut faire l’Europe ?"
Pour l’apprentissage, pour que les entreprises "jouent le jeu" quand elles "reçoivent des aides", l’embauche des jeunes… Moscovici s’emploie à décrire les politiques économiques européennes pour les démocratiser, mais c’est compliqué d’expliquer concrètement en quoi l’échelon communautaire peut aider les Français à trouver un emploi -surtout à des jeunes dont l'avenir est  jonché de roses- et éviter le langage l'anglais bruxellois: trois fois le mot "benchmark' en trente minutes (pour 'repère' ou 'référence' en langue de Molière) dans la bouche d'un Français  par ailleurs solidaire du "made in France" de Montebourg. 
Moscovici dispense les conseils d'un gestionnaire en échec de Paris à Bruxelles "Ne croyez pas que l’Europe peut tout", dit-il. Et quand la responsable de la mission locale de Marseille se plaint des lenteurs des fonds structurels européens, Moscovici avoue son impuissance d'’un : "Je me ferai votre ambassadeur."

Les citoyens boudent l’Union européenne  un peu plus à chaque élection (plus de 57 % d’abstention en 2014) ou préfèrent utiliser un bulletin Front national pour sanctionner Paris. Le commissaire français appelle ça une "commission politique", en opposition à l’ère Barroso jugée trop "bureaucratique". Il n’empêche que le PS voyait d'un mauvais oeil une présidence de l'UE par Juncker, ancien premier ministre du paradis fiscal luxembourgeois et favorable au Monsanto. Aujourd'hui, ses services, en accord avec les traités européens signés par la France, sont en train d’étudier le budget français pour un avis de la Commission prévu pour la mi-novembre, raconte Moscovici.
Depuis 2012, François Hollande dit qu’il va réorienter l’Europe. Il a échoué en 2012. Puis, il a tenté une nouvelle fois de proposer quelque chose suite aux élections européennes. Cette proposition s’est matérialisée par l’envoi d'une lettre en faveur d’un plan de relance de 1200 milliards d’euros. Le communiqué du conseil européen publié le 27 juin 2014 est assez clair, il n’a rien obtenu. Rien. Pas même un lot de consolation. La conférence de presse fut en ce sens assez pénible, puisqu’il s’agissait pour lui de tenter de sauver la face comme il le pouvait. Il a d’ailleurs terminé en parlant de foot et de l’équipe de France.
Il faut admettre que
jamais la France n’a été aussi faible depuis les prémices de la construction européenne, et le Président en porte l’entière responsabilité. Le plus frappant est que son avis n’est même plus considéré comme digne d’intérêt par la presse étrangère, il est devenu bien trop faible sur le plan intérieur pour pouvoir porter la voix de son pays en Europe. C’est un véritable effondrement politique de la France au sein de l’Union.
Moscovici juge les rapports avec Paris "plus fluides"
"La France n’est plus la mauvaise élève de l’Europe mais elle n’est pas non plus la championne" (sic, et 'gasp' !) admet-il froidement devant la future 'élite'. Et d'assurer que si "la Commission définit les fins, les Etats choisissent les moyens". L’ancien député du Doubs cite ainsi l'exemple de réformes celles de l’ex-chancelier Schröder en Allemagne, "plus radicales mais [qui] se sont révélées plus efficaces" et estime que la "réforme du marché du travail en France n’est pas achevée".

Un bon point à Emmanuel Macron
Sur le plateau de France 3, voilà Moscovici qui plaide pour une "économie déverrouillée, "plus souple" qui apparaît comme un soutien au gouvernement, à deux jours de l'ouverture officielle de la campagne des régionales. Difficile de ne pas considérer que l'ancien ministre de Hollande n'est pas venu apporter sa contribution à l'effort du PS.
Première incursion; la prochaine à Calais ou Lille ?

samedi 28 mars 2015

En Corrèze et en Essonne, les départementales pourraient être fatales à l'exécutif

Hollande et Valls sont des abcès de fixation du mécontentement populaire   

Parmi les départements à surveiller, la Corrèze et l'Essonne

  
Président Hollande tendu et hautain
lors de son passage à Tulle
pour le 1er tour de la départementale
Le PS a beaucoup à perdre, notamment le Nord et le Pas-de-Calais, le Vaucluse, le Val-de-Marne, l'Isère, les Pyrénées-Orientales, le Finistère ou les Bouches-du-Rhône, lors des départements pour le second tour des élections départementales dimanche. 

La politique de François Hollande met le PS en danger en Corrèze  

Aura-t-il suffi de faire pleuvoir la manne présidentielle sur Tulle et ses environs? Lors des municipales, l’an dernier, François Hollande avait été frappé par la perte de Limoges, aux mains de la gauche depuis un siècle. Ce dimanche, au second tour des départementales, c’est la Corrèze de Chirac, dans le même Limousin, que l’UMP rêve de reprendre. Le trophée ne serait pas que symbolique: il serait le starter de la débâcle nationale. Le département est le fief du chef de l’Etat, après avoir été jadis celui de Jacques Chirac. 
C’est là que le leader socialiste a été parachuté de Rouen et Paris, à 550 km, dans les années 1980, et a construit sa carrière politique. C’est aussi sur cette terre qui "fait pousser des champignons et des présidents " – selon sa propre formule – qu’il s’est officiellement lancé dans la course à l’Elysée en mars 2011, juste après avoir été réélu à la tête du Conseil général (qu’il a présidé de 2008 à 2012). A l’époque, la gauche l’avait emporté de peu, comme en 2008. 

Cette fois, la majorité sortante, conduite par le socialiste Gérard Bonnet, est en difficulté. Victime de l'impopularité nationale du président Hollande. Malgré une participation relativement élevée, de 59,6 %, le PS n’a remporté aucun canton au premier tour. Et un seul de ses binômes a viré en tête : celui de Bernard Combes, maire de Tulle, premier vice-président du Conseil général et conseiller à l’Elysée, à qui il n’a manqué que 8 voix pour l’emporter. La droite, rassemblée autour de Pascal Coste, chef de file de Corrèze demain (UMP-UDI), a déjà gagné 4 cantons sur 19 – dont 2 arrachés à la gauche – et est en ballottage favorable dans au moins 5 autres. Beaucoup sont indécis. " La Corrèze se joue à rien", tente-t-on de se rassurer Rue de Solferino. Mais l’inquiétude domine : seule la mobilisation des électeurs de toute la gauche pourrait encore permettre au PS de renverser la vapeur. Mais la tentation est forte pour les militants d'extrême gauche comme d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) de se faire respecter. 

Essonne : le " frondeur" Jérôme Guedj (PS) est sur un siège éjectable

La  droite est aux portes de l’Essonne. Elle est arrivée en tête au premier tour dans 9 cantons sur 21 et elle est en ballottage favorable dans plusieurs autres. La dynamique de l'opposition s'amplifie depuis les municipales de 2014, à l’issue desquelles elle avait raflé de nombreuses villes, dont Palaiseau, à la gauche, qui contrôle le département depuis 1998. 
Malgré une méchante affaire montée de toutes pièces -par deux employées communales frontistes défendues par Me Gilbert Collard- et jetée dans les pieds du maire de Draveil, l’ancien ministre (2010-2011) UMP Georges Tron, candidat à la présidence du Conseil départemental, s’est imposé avec 10 points d’avance dans le canton de Draveil. Mais le Front national pourrait jouer les arbitres après sa percée dimanche dernier. Le parti d’extrême droite est arrivé en tête à Corbeille-Essonne et se maintient au second tour dans sept autres cantons de l'Essonne. Ainsi comprend-on pourquoi Manuel Valls agresse le FN à longueur de journées.
Face à la pression des oppositions, le PS ne pourra exploiter l'excuse de divisions de la gauche qui, pour la circonstance, s'est rassemblée  dès le premier tour dans 8 cantons. Et elle s’est au final qualifiée dans 17 cantons. Jérôme Guedj, le président sortant PS (depuis 2012 seulement) du Conseil général, veut donc encore y croire et martèle son message de rassemblement.
La secrétaire d'Etat P. Boistard accompagnée du secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et ancien député de l'Essonne Thierry Mandon,
portaient à bouts de bras le président sortant du CG Jérôme Guedj,
outre la secrétaire nationale d'EELV E. Cosse,
distribuant des tracts contre Georges Tron à Juvisy-sur-Orge.
 
Mercredi, le canton a vu déferler les responsables parisiens: la patronne des Verts, Emmanuelle Cosse, qui intrigue pour entrer au gouvernement, et rien que deux  secrétaires d’Etat du gouvernement  de Manuel Valls (député de l'Essonne, 2002-2012, et président de la Communauté d'agglomération Évry Centre Essonne, 2008-2012), Pascale Boistard (Droits des femmes et députée de la... Somme) et Thierry Mandon (Réforme de l’Etat et député de... l'Essonne), venus tracter pour faire barrage à Georges Tron. 
 Taubira est venue soutenir, non pas Valls,
mais Guedj, qui aurait préféré la laisser hors de tout
Le forcing est d'autant plus manifeste que, comme ces membres du gouvernement, Christiane Taubira est allée faire campagne en Essonne, le département du premier ministre Manuel Valls, où le PS est en très grande difficulté.
Une telle pression socialiste s'apparente à de l'abus de pouvoir mais risque d'indisposer l'électorat résistant au parti unique et à toute forme de totalitarisme.

 

mardi 25 février 2014

Taubira s'active pour autoriser l'adoption d'enfants nés à l'étranger par PMA aux couples lesbiens

L'adoption d'enfants nés par PMA à l'étranger autorisée plus vite que prévu?

Les procureurs vont recevoir un document précisant comment doit être élargi le texte sur le mariage pour tous
  
Indifférenciation des sexes et PMA
Dans les jours prochains, le volet concernant l'adoption par un couple de lesbiennes dont l'une s'est fait inséminer à l'étranger avec don anonyme ne posera plus de problème.

Dans la majorité des cas, l'adoption est déjà accordée. Mais les procureurs d'Aix-en-Provence et de Marseille ont par exemple rendu un avis négatif dans plusieurs dossiers.

Selon un arrêt de la cour de Cassation, dans un dossier d'adoption,
les juges doivent vérifier si la situation qui leur ait soumise ne va pas ouvrir la voie à une fraude. Or, les magistrats considèrent qu'avec le recours à la PMA pour des lesbiennes à l'étranger, la filiation maternelle a été frauduleusement établie. La PMA est n effet interdite en France pour les couples homosexuels.

Taubira veut frauder la loi légalement !

"C’est écrit noir sur blanc : fraude à la loi, filiation contestée", raconte Sandrine. RMC a rencontré Sandrine et Céline, un couple de femmes mariées, près de Marseille. Elles ont un enfant de 18 mois après avoir bénéficié d’une PMA en Espagne. Mais aujourd’hui les tribunaux français refusent de valider leur procédure d'adoption. "C’est fort, c’est officiel. Après la colère ; il y a eu la peur," lance le couple lesbien, après avoir contourné la loi de son pays en se délocalisant. Mais les mamans refusent de se laisser abattre et brandissent leur enfant. "Pour moi, c’est mon fils. On ne peut pas me l’enlever," lance la mère, comme s'il était question de lui retirer son enfant ! 

L'avocate du couple, Maitre Catherine Clavin, se dit confiante... 
"La PMA n’est pas par elle-même une fraude à la loi", soutient-elle. "On combattra ces arguments qui ne méritent pas d’être là."
Au risque d'embrouiller les esprits, Céline, la mère de l'enfant, déclare à propos de son épouse: "Elle est autant mère que moi, elle s’en occupe autant que moi", ce qui n'est encore pas le problème. "Elle a été là toute la grossesse. Si demain il m’arrive quelque chose, je veux que le petit reste avec elle. Pour moi, c’est sa mère et il est hors de question qu’on lui enlève." 
Un discours sans fondement qui vise à déplacer la question de la légalité sur l'émotion. 

Taubira aura-t-elle le dernier mot. Sandrine et Céline espèrent une décision favorable comme à Lille et Montpellier. 
Avant que la sournoiserie de Taubira ne triomphe.


"C'est scandaleux. Ce n’est pas à Christiane Taubira de faire la loi. C’est gravissime, un abus de pouvoir."

VOIR et ENTENDRE Pierre Lellouche, invité de RMC Politique ce mardi 25 février sur RMC/BFMTV, et qui après le sujet de la Centrafrique et en fin d'entretien, a réagi à la note rédigée par la ministre de la Justice ouvrant la possibilité aux couples lesbiens d'adopter les enfants nés par PMA à l'étranger, pour commencer: