POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est fact checker. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fact checker. Afficher tous les articles

mercredi 12 février 2020

Réforme des retraites : vers une procédure accélérée qui laisse les partenaires sociaux au bord de la route

"Une procédure normale," selon le gouvernement...

Le "brouillon" d'une réforme des retraites est présentée au vote des députés le lundi 17 février 

Le forcing continue, après des mois de dialogue de sourds, neuf jours de débat stérile dans une commission débordée par les amendements contestataires et une bataille autour du temps de parole: le réformisme des nantis contre les précaires progresse à marche forcée ...

L'exécutif ne remet pas en cause son calendrier délibérément serré, un choix de l'exécutif pour créer les conditions d'un passage à la hussarde de la loi avant l'été, avec une procédure accélérée

Une procédure dénoncée par l'opposition, voix criant dans le désert de la démocratie macronienne

La commission spéciale de l'Assemblée nationale n'a pas su (ou voulu) faire face à l'adversité dans l'examen et la recherche de financements de la réforme improvisée des retraites. 

Or, mardi 4 février, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a révélé que "la direction de LREM vient d'imposer à la commission spéciale #retraites la division par deux du temps de parole des députés". Il a donc lancé une "alerte" sur son compte Twitter et appelé ses abonnés à la "relayer". "On aura droit à 1 minute pour défendre nos amendements", a-t-il affirmé. 
Alerte : relayez. La direction de LREM vient d'imposer à la commission spéciale la division par deux du temps de parole des députés. On aura droit à 1 minute pour défendre nos amendements.

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
Les services de fact-checking des organes de presse se sont aussitôt mobilisés pour contredire - et discréditer - le lanceur d'alerte : sous couvert de chasse à l'intox sur les réseaux sociaux - qui diffusent ce que les media institutionnels occultent - la fonction des contrôleurs-nettoyeurs du net est de jeter le soupçon de désinformation sur les acteurs politiques d'opposition.
Un chien portant un masque, promené en laisse, le 4 février 2020 à Guangzhou (Chine) pendant l\'épidémie de nouveau coronavirus.
A France Télévisions - on lira "au sein de France Télévisions", si on veut paraître -, Benoît Zagdoun, salarié de chaîne publique, ne se contente pas de tordre le cou à la rumeur qui veut que les animaux domestiques pourraient transmettre le coronavirus. "En même temps", si ce Pic de la Mirandole de la macronie n'est pas capable - pardon, on dit "en capacité", pour être pris au sérieux - de clouer le bec à Schiappa, dont la "pensée complexe" est imparable, en revanche, ce relayeur de la pensée officielle ordinaire est armé pour contrer Mélenchon.
France Télévisions s'est tournée vers l'OMS pour s'imprégner de la vérité officielle. Et on apprend donc (à notre grande stupéfaction) que "rien ne prouve" que les chiens ou les chats puissent être infectés par le nouveau coronavirus. Les experts interrogés par franceinfo confirment qu'un franchissement de la "barrière d'espèce" est rare. La rareté est une garantie d'étanchéité...

France Télévisions est en mesure de certifier pareillement que, dans son tweet, Jean-Luc Mélenchon omet d'apporter une précision de taille. A majorité LREM - qui dirige la commission spéciale (la démocratie est sauve) -, le bureau a bien décidé de réduire de 50%, à une minute maximum, contre deux auparavant, le temps de parole alloué à chaque député pour défendre son amendement.
Mais LREM pratiquant le pensée unique "en son sein", il allait de soi pour le parti du président qu'elle s'imposât aux partis quant à eux démocratiques. France Télévisions justifie donc qu'une fois précisé l'avis d'un chef de groupe, la liberté d'expression soit retirer aux membres de ce groupe. 
France Télévisions ne met donc pas en question que la réduction du temps de parole s'impose "uniquement dans le cas "d'amendements identiques", "déposés par un même groupe", comme l'a annoncé mardi soir la présidente de la commission, la députée LREM Brigitte Bourguignon, celle qui se fait pourrir partout où elle s'affiche, qui s'en étonne et qui s'en plaint. 
.@BrigBourguignon : "Le bureau a décidé que pour les séries d'amendements identiques, déposés par un même groupe, chaque amendement pourra être défendu par son auteur pour une durée ne pouvant excéder une minute."


Vidéo intégrée

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
Cette décision vise à accélérer les débats, donc à les tronquer. 
Comme si elle y était (elle est en campagne pour Griveaux), on entend d'ici Schiappa assénant que la concertation a eu lieu, que le débat a assez durer et qu'il faut trancher dans le vif. Le projet de loi devant arriver dans l'hémicycle dans un délai restreint (après la longue marche dans le flou du début, ce sprint final de deux semaines chaotiques pour étudier un total de 21.767 amendements, avant le 17 février, est une atteinte à la libre expression et à la démocratie: ce temps compté n'aurait pas suffi à l'examen raisonné des quelque 3.000 amendements différents. 
Mardi, à l'ouverture de la deuxième journée de séance, plusieurs élus d'opposition – de gauche comme de droite – ont donc demandé à la présidente si la commission parviendrait à terminer ses travaux dans les temps. "J'ai bien peur que nous n'ayons pas le temps d'examiner les 22.000 amendements qui ont été déposés", s'était déjà expliqué le communiste Sébastien Jumel, lundi, lors de la première journée d'examen. 

Dans leur arrogance, les bras cassés de la majorité n'ont pas envisagé que soient reproduits les exemples passés d'obstructions
Bien qu'il soit ravi de justifier son adoption d'une procédure accélérée par l'afflux de 1.130 amendements émanant de députés LFI, le parti du président, LREM, par ailleurs majoritaire et intouchable, mène une campagne à base de cris d'orfraie.  LIRE PaSiDupes 

En quinze jours la commission n'a pas réussi à étudier 3.000 amendements identiques : y serait-elle parvenue s'ils avaient été différents ?...
Service de décrédibilisation des contestataires de l'exécutif, les fact-checkers de l'AFP Factuel sont venus en appui du pouvoir, citant une anonyme ("collaboratrice du groupe" LFI" !) pour balancer ses employeurs en confirmant que tous ces amendements étaient "identiques". 

Jeudi 6 février, 336 amendements avaient été rejetés, sept adoptés. Si la commission n'a pas fini son travail avant la présentation du projet de loi devant l'ensemble des députés, le texte sera examiné en séance dans sa version initialement déposée par le gouvernement, sans les éventuels apports de la commission. Brigitte Bourguignon en est toute chiffonnée : elle n'a servi que de leurre !

Tout va bien : la procédure "n’a rien d’accélérée, c’est une procédure normale" !

Une dramatisation qui en dit long sur le machiavélisme de Macron. 
Cette déclaration sur la procédure accélérée lâchée par le secrétaire d'Etat chargé des retraites auprès d'Agnès Buzyn a saisi de stupéfaction les membres de la commission et bien au-delà, par le cynisme de Laurent Pietraszewski, marionnette de l'exécutiflundi 10 février sur France InterEt la "Cellule Vrai du faux" d'entrer à nouveau en scène pour "vous expliquer", sans arrogance, cette pratique législative.

Si la procédure est prévue par la Constitution, Macron peut en (ab)user.
Dans la procédure législative, un projet de loi (de l'exécutif) ou une proposition (de parlementaire) est d'abord étudié par l'Assemblée, puis amendé par le Sénat, avant de revenir au Palais Bourbon qui entérine les amendements des sénateurs ou les rejette. Ce "va-et-vient" entre Assemblée, Sénat et retour à l'Assemblée, c'est ce qu'on appelle la "navette parlementaire". L’objectif est de tenter d'adopter un texte identique et enrichi, mais le dernier mot appartenant aux députés. Un délai de six mois entre le dépôt d’un texte à l’Assemblée et la première séance publique doit être respecté en sorte que l'examen du projet puisse donner lieu à un travail approfondi en commission. En situation "normale", sont requises deux lectures par chambre au minimum. La navette peut durer le temps nécessaire et se poursuit tant que tous les articles n’ont pas été adoptés à l'identique. L’adoption par navette "reste le mode normal d’adoption des lois", peut-on lire sur le site du Sénat.

En respectant la procédure "normale" et consensuelle, la réforme des retraites ne serait pas adoptée avant juin ou septembre 2021 alors qu'en procédure accélérée, son examen sera réglé en juin 2020, date butoir qui n'a pas de sens, vu les enjeux en cause et l'ampleur de la contestation, parlementaire et populaire. 

La procédure accélérée n'envisage pas sa propre limitation en cas de chaos. 
Prévue par l’article 45 de la Constitution - et depuis sa révision en 2008 - , la procédure accélérée remplace la procédure d’urgence qui était quant à elle prévue pour être exceptionnelle. Concrètement, la procédure accélérée peut réduire la navette à une seule lecture par chambre et supprime les délais. Elle fait donc gagner du temps. Or, la procédure accélérée est aujourd’hui très souvent utilisée et d'aucuns y voient une dérive. 

Une facilité qui ne peut être mise entre toutes les mains.
Si son recours est devenu quasi systématique, il soulève à chaque fois le problème de l'abus de pouvoir. Dès sa mise en place en 2008, l'utilisation par le gouvernement de la procédure accélérée s'est intensifiée, passant de 103 textes de loi entre 2008 et 2012 à 228 sous le quinquennat du socialiste  François Hollande, auquel Macron a collaboré
Depuis le début du quinquennat de l'ex-banquier, "plus de la moitié des projets et propositions de loi ont été adoptés par la procédure accélérée", note le constitutionnaliste Dominique Rousseau. Dans son programme électoral, le candidat Macron avait en effet annoncé sa volonté d'"appliquer cette procédure par défaut", estimant que "la procédure parlementaire doit être plus efficace et plus rapide", mais sans inquiéter l'électorat qui n'a pas entrevu le risque de gouvernance autoritaire évoquant celui, décrié, de sa rivale du FN.

"Dans la pratique, l’exception est devenue le principe", explique le professeur Rousseau, un constitutionnaliste de 70 ans qui fut membre du Conseil supérieur de la magistrature (2002-2006) et classé à la gauche de la gauche de l'échiquier politique: il a soutenu publiquement René Revol du Parti de gauche (PG) lors des élections régionales françaises de 2010. 
Cette banalisation répondrait, selon lui, à une demande de l’opinion publique pour que les lois soient adoptées plus vite, mais surtout à la volonté des gouvernements qui fabriquent cette opinion,  au prétexte de "montrer une efficacité politique et de tirer le bénéfice d’une loi avant la fin du quinquennat", observe-t-il. Dernièrement, la loi pour la confiance dans la vie politique ou - de nature très différente et véritablement inspirées par l'urgence sécuritaire -  la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme en 2017 ont été votées de cette façon.

Une procédure abusive, souvent dénoncée.
Souvent décriée par les parlementaires, dépouillés de leur prérogative première, qui estiment qu'elle ne respecte pas le temps parlementaire nécessaire, la procédure accélérée peut être suspendue. Pour cela, il faut que les présidents de l’Assemblée et du Sénat le demandent conjointement.  

"Le problème c’est la concordance des temps", avance le professeur Rousseau. "Le temps législatif, gouvernemental et de la société ne concordent pas. Les parlementaires veulent du temps pour améliorer le texte, le gouvernement montrer qu'il agit". Véritable enjeu politique dans le cas de la réforme des retraites, pour le moment, seul le Sénat, majoritairement d’opposition, a demandé fin janvier le retrait de la procédure accélérée.
Plus que jamais, la fonction de modération et le rôle de rééquilibrage des forces  exercés par le Sénat s'affirment comme indispensables et incontournables.  

lundi 22 avril 2019

'Fake news' de CNews escamotée par ses confrères solidaires, mais irrespectueux de leurs lecteurs

Les "fact checkers" pris en défaut par les internautes

Quand les pros font de la rétention d'information, les gueux font le job...
Macron et Benalla au Touquet en 2019 ? 
Le service de presse de l'Elysée a-t-il abusé CNews ?
CNews semble avoir recyclé d’anciennes images
La chaîne CNews aurait diffusé des images de bain de foule de Macron avec Benalla en arrière-plan dans son reportage du 21 avril montrant le président en week-end pascal de détente au Touquet, dès le 20 avril, avec les petits enfants de son épouse. CNews n'assume pas sa vidéo 2019 : elle n’est plus disponible sur son compte YouTube, mais des captures d’écran et fragments de la vidéo circulent en nombre sur Internet.

CNews, l'une des chaînes de télévision de Vincent Bolloré, a poussé le bouchon si loin qu'elle a attiré l’attention des internautes : si "illettrés" qu'ils soient, ces "gueux" ont décelé une supercherie dans les clichés complaisants illustrant le "bain de foule" que s’offre le président, loin de Paris, de Blanquefort ou des ronds-points occupés par les Gilets jaunes, car elles montrent l’ancien conseiller de la présidence, Alexandre Benalla au côté de Macron....
"Même en tenue de sport et en vacances, il se prête au jeu de photos. Emmanuel Macron est arrivé samedi soir au Touquet où il a rejoint son épouse dans leur maison familiale pour le week-end pasсal. Après avoir suivi depuis l'Elysée la 23e journée de mobilisation des Gilets jaunes, le Président de la République s'offre un peu de repos — l'occasion pour certains habitants de le croiser", raconte la voix off du reportage.

​Les internautes n'ont pas manqué de repérer la tromperie.
Ils pointent aussitôt le reportage de CNews partagé sur Facebook et Twitter, et montrent qu’il s’agit d'une 'fake news' montrant des images filmées fin mars 2018, lorsque Macron s’était aussi rendu au Touquet pour Pâques. Le "dernier passage" du dirigeant au Touquet remonte au week-end de Pâques de l'année dernière, précise la voix off, attribuant les vieux clichés au retour "historique"  au Touquet en 2019 d'un président rajeuni d'un an...

CNews pourrait nous raconter des salades en guise d'explication s'il lui avait suffi de faire disparaître de son compte YouTube ce reportage frauduleux, mais on peut toujours trouver des captures d’écran de cette vidéo sur Internet - le logo de la chaîne attestant son origine -  , tout comme la vidéo initiale de 2018.

CNews n'a pas hésité à recycler d’anciennes images

La chaîne CNews se prend les pieds dans le tapis de la désinformation.
"Même en tenue de sport et en vacances, il se prête au jeu de photos, racontent les journalistes béats. Emmanuel Macron est arrivé samedi soir au Touquet où il a rejoint son épouse dans leur maison familiale pour le week-end pasсal. [...] Le Président de la République s'offre un peu de repos, insiste la chaîne pleine de compassion — l'occasion pour certains habitants de le croiser", se félicite la voix off du reportage.
On comprend que les réseaux sociaux soient honnis de la presse institutionnelle.
Comment un bac +5 sorti d'une école de journaliste peut-il, même stagiaire, croire que ses carabistouilles vont passer inaperçues  auprès des "gens", ceux à qui il prétend expliquer la vie politique ?

Non seulement aucune sanction n'atteindra les coupables - probablement abusés (comme a pu l'être cette tête de linotte de Nathalie Loiseau qui - au temps de son innocence - a pu se présenter sur une liste d'extrême droite " à l'insu de son plein gré") :

La déontologie de la profession est elle aussi une 'fake news'

Les coupables de CNews peuvent compter sur un accueil à bras ouverts de BFMTV...

Le jeune prétentieux est la risée de tous
(hormis LREM et Christophe Barbier !)

Les media jupitériens couvrant cette mascarade font-ils de l'information ?
Le bain de foule "surprise" d’Emmanuel Macron dans la ville balnéaire pour les riches suscite les moqueries :

– Françoise Degois (journaliste RTL, venue de France Inter) : "Ca montre qu’il peut sortir sans qu’il y ait des gens qui lui crachent dessus."

– Julien Sanchez (RN): "C’est vachement sympa de la part des militants En Marche ont sacrifié leur week-end de Pâques pour aller le soutenir."

– Florian Philippot (Les Patriotes): "En Marche est capable de mobiliser des militants pour dire au président Macron qu’il est formidable, ce qui a dû lui faire bien plaisir."

– Ian Brossat (PCF) : "Je comprends qu’une partie de la bourgeoisie de ce pays accueille favorablement Emmanuel Macron, je ne suis pas persuadé qu’il aurait eu le même accueil dans un quartier populaire."
Paris Match ne tardera pas à lui prouver le contraire par a+b ! Christophe Barbier a bien trouvé des excuses au passage de Nathalie Loiseau, la tête de liste LREM aux Européennes, par l'extrême droite...

L'Elysée s'abaisse, mais la presse sort-elle grandie de son caniveau ?

mardi 1 mai 2018

Les dépenses privées des Macron ne nous coûtent pas moins cher que celles de leurs prédécesseurs

Après un an de macronisme, le renouvellement des moeurs politiques n'a toujours pas commencé

Les pratiques de Macron concernant ses dépenses privées tranchent-elles avec celles de ses prédécesseurs ?
 

Image associée
Est-ce qu'elle paie elle-même ses extensions
et lui? ses lingettes ?
Quand Nicolas Sarkozy était Président, payait il ses dépenses personnelles, ainsi que celles de sa femme et de ses enfants ? Cette question est suscitée par l'article du journal Le Parisien vantant une attitude irréprochable d'Emmanuel et Brigitte Macron en matière de dépenses privées. Tant de flatteries accumulées finissent par interpeller et, avec cette flagornerie de trop dans les colonnes de ce journal de courtisans, la coupe est peut-être pleine. Vérification faite, cette assertion du Parisien est une nouvelle infox, ou 'fake news', pour les défenseurs de l'hégémonie de l'anglais dans le monde.
Les prédécesseurs d'Emmanuel Macron faisaient-ils moins bien en la matière que les exemplaires Macron ? En fait, à en croire René Dosière, un analyste qui consacre sa vie à révéler les dépenses des uns à l'Elysée et à masquer celles des autres, les pratiques d'Emmanuel Macron ne constituent guère une révolution et sont "dans la continuité de ce qui s'est mis en place sous Nicolas Sarkozy et de ce qui se pratiquait sous François Hollande". Macron ne fait pas mieux, mais c'est la faute de Sarkozy... A la bonne heure ! 
Le Parisien s'esbaudie de ce que les Macron déboursent eux-mêmes les courses de ce prestigieux logement de fonction, du dentifrice jusqu’aux croquettes de Nemo ! "Economies obligent, ils n’ont pas changé un seul meuble à l’exception… du matelas", précise la gazette parisienne, un brin prosaïque. Rivalisant à cet égard avec la presse caniveau, elle ajoute que le président acquitte aussi une taxe d’habitation, "pas la moindre des cocasseries" pour celui qui veut la supprimer. Ne demandons pas au Parisien de préciser que cette suppression n'impose aucune contrepartie  aux 20% les plus aisés, donc au banquier et à sa retraitée de la fonction publique que la hausse de la CSG ne semble pas affecter: elle vit (bien) des bénéfices de la maison Trogneux, maîtres-chocolatiers qui, pour autant, ne comptent pas redistribuer leur fortune sous la forme de diplômes en chocolat aux “professionnels du désordre” estudiantin...
"Vous devriez installer un compteur d’eau et d’électricité. C’est, paraît-il, ce que faisait de Gaulle, ça ne peut que plaire au président", avait achevé Dosière. 

Lorsqu’il se déplace à titre privé, le tandem présidentiel paie aussi ses chambres d’hôtel.
Résultat de recherche d'images pour "lingettes de Macron Macron"Dosière n'a pas à justifier ce choix, mais Le Parisien feint d'ignorer ce que son confrère Europe 1 a révélé : Macron a dormi aux frais de la princesse à la préfecture de Haute-Vienne, à Limoges, après un "banquet républicain" avec des élus locaux, avant de se rendre à la commémoration du massacre nazi d'Oradour-sur-Glane. Il ne fallait pas mettre le doigt sur la contestation populaire : les belles images de proximité sont souvent écornées par des manifestations sociales bruyantes et violentes qui interdisent à Macron la fréquentation des Formule 1, par ailleurs réquisitionnés pour les migrants. 
Aucun président ne paie les dépenses de sécurité, liées à la fonction. 

Preuve de l'"intox"
ci-dessus :

En régime totalitaire (mais pas que...), le rôle du 'fact checker' au service du pouvoir est de nier les faits.

Lorsque les Macron ont célébré Noël en famille à Chambord, ce serait Brigitte Macron qui aurait insisté pour régler la facture, dans la crainte d'une polémique sur une dérive monarchique. Rien n'atteste le paiement, et encore moins son montant, mais il est bon de le faire croire, tout en fabriquant l'image de l'épouse de bon conseil.

Et lorsqu’ils utilisent les avions Falcon et les hélicoptères de l’Etat pour une escapade privée - sécurité oblige - assure Le Parisien, ils adressent un chèque au ministère de la Défense, pour une somme équivalente à un vol commercial. Mais est-ce à dire que les routes de France ne sont pas sécurisées. A son époque, Sarkozy n'a-t-il pas voyagé de Paris à Marseille par la route, sous escorte ? "C’est autour de 170€, comme un billet Air France", indique un expert anonyme, qui précise qu’une heure de Falcon coûte tout de même… 5 à 6.000€.  Ce que ni lui, ni Le Parisien ne précise, c'est que Macron peut bénéficier de ristournes: ce fut ainsi le cas des locations de ses salles de meeting lors de la campagne présidentielle du candidat, à la différence de ses concurrents...

Que faisaient les prédécesseurs d'Emmanuel Macron ?
 

A peu près la même chose, admet le socialiste Dosière.
L'article du Parisien suggère pourtant que ces pratiques vertueuses sont inédites… ou quasi. Au directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, l'infatigable contrôleur des dépenses élyséennes, début juillet, l’ex-député René Dosière conseilla : "Si j’étais vous, j’annoncerais que le couple présidentiel prendra à sa charge tous ses frais personnels". Depuis longtemps, pourtant, ce n'est plus le contribuable qui paie, mais il ne le sait pas et il faut lui faire savoir. 

Fallait-il pour autant claironner que les Macron sortent le chéquier et la carte bleue pour la quasi-totalité de leurs dépenses privées, puisque François Hollande et, avant lui, Nicolas Sarkozy, le faisaient déjà? "Longtemps, en effet, c’est le contribuable qui a payé", écrit l'article, entretenant l'ambiguïté pour les besoins de la cause des Macron qu'il enjolive. 
Les usages sont peu ou prou les mêmes depuis une dizaine d'années en matière de prise en charge des dépenses privées par les locataires eux-mêmes de l'Elysée
Sarkozy et Hollande aussi payaient leur taxe d'habitation et Le Parisien précisant qu'Emmanuel Macron paye sa taxe d'habitation n'en fait-il pas un peu trop ? D'autant que ce n'est pas encore vraiment le cas, puisque Emmanuel Macron n'était pas occupant des lieux en janvier 2017. 
N'en déplaise aux zélateurs du Groupe Les Echos-Le Parisien (et aussi Aujourd'hui en France et Radio Classique), détenu par le groupe de luxe LVMH propriété de l'homme d'affaires Bernard Arnault, ce n'est avant l'année prochaine qu'il payera sa taxe d'habitation pour son logement élyséen. Et ce ne sera pas une révolution: c'était déjà le cas sous Nicolas Sarkozy et François Hollande ! 
Voilà ce qu'écrit René Dosière dans l'ouvrage L'Argent de l'Etat (2016) : "Détail amusant, il y a dix ans pile poil, un article de l'hebdomadaire Le Point (propriété de François-Henri Pinault, lequel fit connaître son intention de voter pour François Hollande) évoquait d'ailleurs le fait que le couple présidentiel de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni honorait sa taxe d'habitation… en commettant la même approximation que l'article du Parisien paru à propos d'Emmanuel Macron, puisque, à l'époque, le nouveau président ne pouvait pas avoir payé la taxe d'habitation pour un appartement élyséen qu'il occupait depuis moins d'un an. 
"Depuis qu’il s’est remarié, il traîne beaucoup moins ici", assure-t-on à la présidence, selon Le Point. Le soir venu, quand la France ne le réclame plus, il retrouve en effet Carla, chez elle, dans son hôtel particulier du 16e arrondissement. Le week-end, ils sont à l’Elysée, à l’abri des paparazzis. A ce titre, le président s’est acquitté en janvier de la taxe d’habitation : 300 euros. Ils occupent l’appartement privé, tapissé de photos de Bettina Rheims montrant un Sarkozy au milieu de ses fils. "Pour les enfants, l’Elysée, c’est l’idéal", confie Carla. 

Si le président paye sa taxe d'habitation, qu'en est-il des dépenses privées ? 
Depuis une dizaine d'années, le président de la République n'est plus intégralement pris en charge par le contribuable, notamment depuis la mise en place d'une rémunération présidentielle. René Dosière : "La rupture en matière de dépenses privées remonte à la fixation au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy d'une rémunération présidentielle. 
Nicolas Sarkozy, dès son arrivée au pouvoir, met fin à cette opacité en décidant de faire basculer la fixation du salaire présidentiel dans le domaine de la loi. Un véritable "effet de transparence", accorde le socialiste René Dosière, bien que le texte de loi soit, à l'époque, très mal accueilli par la gauche. Il faut dire que cette légalisation s'est accompagnée d'une augmentation sensible du salaire présidentiel. Fixé à 7.984 euros net par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy l'a aligné sur celui du premier ministre, soit l'équivalent de 21.300 euros net mensuels. Autre différence, si la rémunération de Jacques Chirac était entièrement imposable, seule l'indemnité de fonction, soit 4.260 euros sur les 21.300 euros, le fut désormais.
Mettant en application l'une de ses promesses de campagne, l'ex-candidat socialiste obtint par décret une diminution de 30% de la rémunération du président de la République, qui passa de 21.300 euros à 14.910 euros. Depuis, 
indexée sur le traitement des fonctionnaires, cette rémunération atteindrait 14.999 euros. Depuis janvier 2017, la totalité de cette somme est désormais imposable.
Une enquête de la chaîne CNN a révélé que la rémunération de François Hollande le plaçait, en mars 2015, à la septième position du classement des chefs d'Etat les mieux payés des 12 pays les plus riches de l'OCDE. Il était devancé par Barack Obama (31.000 dollars par mois), mais également par Angela Merkel (18.000 euros par mois) ou par le Britannique David Cameron (l'équivalent de 16.800 euros mensuels).
Les anciens présidents coûtent dix millions d'euros par an à l'Etat.
Lors de ses années à l'Elysée, Macron gagnera entre 15 000 et 19.000 euros par mois.
"Le périmètre du budget de l'Elysée avait été modifiée, une clarification opérée entre les dépenses publiques et privées. Et le tout avait été placé sous le contrôle de la Cour des comptes." 
En 2009, pour la première fois, donc, la Cour des comptes se livra à l'exercice annuel du contrôle de l'exécution du budget de la présidence de la République. Le rapport, sous la forme d'une lettre d'une vingtaine de pages adressée au président, pointe justement le fait que des dépenses privées auraient été payées par le budget de l'Elysée. Mais le rapport note que la somme a été remboursée, et que des instructions ont été données pour que la facture relative aux dépenses privées du président et de sa famille soient désormais réglées par le Président.
En 2011, la rapport annuel se félicite que les dépenses privées soient directement payées par le Président et non plus pré-financées. Preuve donc que le Président doit en théorie payer ses dépenses privées. 

Reste à définir ce qu'on entend par dépenses privées. La question des croquettes du chien Nemo ou du dentifrice partagé par le couple présidentiel se pose-t-elle ? "Oui, estime René Dosière. Même si depuis dix ans, la frontière entre les dépenses privées et publiques a probablement dû se clarifier.
Même s'il existe forcément des zones grises, admet René Dosière : "Quand un président invite sa famille ou ses amis à dîner à l'Elysée, le repas est préparé par les cuisines de l'Elysée. En théorie, les repas devraient être remboursés sous forme de forfait. Mais c'est difficile à voir, puisque ne figurent pas de ligne "remboursement présidentiel" dans les comptes de l'Elysée." Sauf que certains membres peuvent y prendre pension, sans aucune légitimité
Il en va de même pour l'utilisation de l'eau ou de l'électricité, dont René Dosière avait suggéré à l'équipe Macron qu'elles soient payées par le Président. Sans qu'on sache si le conseil a été entendu. 

Quid des déplacements privés ? 
Angélique, l'article du Parisien certifie que Macron paye - certes très partiellement - ses déplacements privés. Comme ses salles de meeting en campagne présidentielle... 
Dès 2009, la Cour des comptes notait que le Président était amené dans le cadre de ses déplacements privés à employer des lignes commerciales régulières… mais devait malgré tout être accompagné d'un avion de la flotte officielle ! D'où une "absence d'économies", si on veut, mais une double dépense, en fait. La cour justifiait donc l'usage d'un avion officiel pour tout déplacement, y compris les voyages privés. Ces derniers devant donner lieu à un remboursement forfaitaire. Selon René Dosière, cette préconisation est devenu l'usage aussi bien pour le Président que le Premier ministre. 
En août 2011, alors député (Aisne), Dosière avait même interrogé François Fillon et Nicolas Sarkozy sur le nombre de voyages privés effectués, ainsi que le montant des remboursements versés. François Fillon avait répondu, indiquant avoir effectué sept déplacements privés avec la flotte gouvernementale, dont six en 2010, et remboursé 6.955,70 euros pour une durée de vol de 13 heures 05. Là encore, les remboursements forfaitaires modiques évoqués concernant Macron n'apparaissent donc pas comme une révolution. 
Toujours pas de renouvellement de la vie politique...