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vendredi 11 octobre 2019

Procès Karachi : la présidente n'en peut plus du "menteur" invétéré Ziad Takieddine

"Vous mentez sans arrêt", lance la présidente à l'accusateur

La présidente craque après moins d'une heure de présence de 
Ziad Takieddine à la barre 

L'homme d'affaires Ziad Takieddine a livré le énième récit de sa "vérité" dans le procès du volet financier de la tentaculaire affaire Karachi commencé jeudi.
Tour à tour indigné, quand elle le place devant ses "contradictions", et "formidable", quand elle pointe un aspect qui l'intéresse,  l'intermédiaire irrite la présidente de la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, Christine Mée.

Personnage clé de ce dossier, le Franco-libanais est jugé aux côtés de trois hommes politiques, d'un industriel et d'un second intermédiaire absent pour des soupçons de commissions occultes en marge de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, il y a près de 25 ans.
L'accusation affirme que les pots-de-vin, alors légaux, versés à des intermédiaires lors de contrats d'armement avec l'Arabie saoudite (Sawari II) et le Pakistan (Agosta) auraient donné lieu à des rétro-commissions illégales qui auraient alimenté les comptes de campagne d'E. Balladur.

Ce second réseau d'intermédiaires, dit "réseau K" , dont faisaient partie Ziad Takieddine et son co-prévenu Abdul Rahman Al Assir, s'est vu promettre le versement de plus de 300 millions d'euros sur divers contrats, en a touché plus de 85, jusqu'à l'arrêt du versement des commissions, décidé par Jacques Chirac après son élection à la présidence.

Pour la première fois à la barre, Ziad Takieddine, 69 ans, s'attribue le rôle avantageux d'un homme de l'ombre presque désintéressé, un "facilitateur" des relations franco-saoudiennes. "Je ne suis pas dans un réseau qu'on a appelé K. [pour King, en référence au roi saoudien]. C'est une invention", commence-t-il. 
"L'utilité du réseau, on pourra en parler, mais on voit que quand les commissions sont versées, il y a une clé de répartition [entre Al Assir et Takieddine] et des sommes vous reviennent. Ce sont des faits", intervient, agacée, la présidente.

Avec un luxe de détails inutiles, le méditerranéen
 affirme que s'il perçoit de l'argent, c'est pour son travail de facilitateur, en aucun cas comme membre d'un réseau, et qu'il n'a d'ailleurs rien à voir avec les sociétés offshore sur les comptes desquelles arrivaient les commissions.
"Vous allez vous asseoir. On va tout reprendre. Les sociétés, les versements, on va y passer des heures. Vous mentez sans arrêt !", lance, excédée, la paisible Christine Mée, magistrate qui a déjà à son actif la présidence, en mars dernier, du procès visant Bernard Tapie sur l'arbitrage présumé truqué de 2008.

La défense s'emporte alors contre le manque d'"impartialité du tribunal". 
Ziad Takieddine, blessé dans son honneur, émet de vigoureuses protestations. La présidente se reprend: "Je rectifie: vous avez des déclarations très changeantes et évolutives"..

En effet, le sulfureux hommes d'affaires vient encore d'effectuer l'une de ses volte-faces, au regard de ses déclarations de juin 2013 aux juges d'instruction. Comme l'a rappelé la présidente, il avait admis à l'époque être négociateur dans le contrat Agosta avec le Pakistan et être partenaire d'Al Assir pour les contrats saoudiens. Surtout, il était le seul des prévenus à reconnaître avoir participé à un financement politique, pour avoir remis de fortes sommes d'argent en liquide à son ami Thierry Gaubert, engagé dans la campagne Balladur, à la demande de Nicolas Bazire, alors directeur de campagne - ce que les intéressés ont toujours réfuté.

Il est revenu jeudi à sa position antérieure, expliquant avoir fait profiter le gouvernement Balladur (1993-95) de ses lumières - car "la plupart des Français ne comprennent rien au monde arabe" - et avoir été payé pour ses conseils avisés par un prince saoudien, via l'entremise d'Al Assir.
Pour ce rôle de médiateur, faiseur de paix et de juteux contrats, il estime qu'il "mérite juste une légion d'honneur".

De guerre lasse, la présidente l'interroge sur l'arrêt des commissions. 
"Vous êtes formidable! Vous avez touché le point essentiel", s'exclame-t-il, avant de raconter comment il a convaincu l'ancien chef du gouvernement libanais Rafiq Hariri [mort assassiné en février 2005 à Beyrouth] de verser le reliquat des commissions saoudiennes pour éviter une grave crise diplomatique entre Paris et Ryad.
La présidente en a assez entendu. Elle suspend les débats, réservant la question du financement politique à l'audience de lundi.

jeudi 14 mars 2019

L'Etat français poursuivi en justice pour inaction face au réchauffement climatique

La France placée au ban des nations, à la traîne du Pakistan, des Pays-Bas ou de la Colombie

Des recours ont été déposés contre la politique de Macron pour "manquements" à son obligation d'action contre le dérèglement climatique

La France fait à son tour l'objet d'une procédure en justice,  jeudi.
Les ONG Oxfam France, Greenpeace, Notre Affaire à tous et la Fondation Nicolas Hulot (que cet ancien ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, 2017-2018, de Macron vient de reprendre) ont annoncé avoir chacune déposé leur requête en ligne jeudi matin auprès du tribunal administratif de Paris.

Insatisfaites de la réponse du gouvernement à une demande préalable envoyée en décembre, elles passent à l'étape suivante, fortes du soutien des deux millions de signataires de leur pétition baptisée "l'Affaire du siècle".
"On a patienté longtemps avant d'obtenir une réponse du gouvernement, et il n'annonce aucune nouvelle mesure en profondeur!", explique Marie Pochon, coordonnatrice de 'Notre affaire à tous', association cofondée en 2015 (par 9 membres : Julien Bayou, ancien  porte-parole de la candidate écologiste Joly Eva à la présidentielle, Valérie Cabanes, Béatrice Fainzang, Wandrille Jumeaux, Vincent Madeline, Ingrid Metton, Samanta Novella, Marie Toussaint et Victor Vauquois) sur le modèle du mouvement End Ecocide on Earth, groupe d'"experts", pour oeuvrer à une justice climatique. "Il nous paraît donc assez naturel de déposer ce recours".

Le gouvernement, dans sa réponse en février, avait balayé l'accusation d'inaction d'un revers de manche, évoquant des mesures qui "commencent à porter leurs fruits", tandis que le premier ministre Edouard Philippe discutait avec les ONG.

"Je comprends qu'on ait envie d'agir plus vite, plus fort, plus loin sur le dérèglement climatique, je suis le premier à le vouloir, le président Macron aussi", a commenté jeudi l'actuel ministre de la Transition écologique François de Rugy, sur Public Sénat. "Après, (...) dans aucun tribunal on ne réduira les émissions de gaz à effet de serre. C'est avant tout une affaire politique," s'est contenté de railler cet ex-député écologiste issu d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à partir de 2007 en Loire-Atlantique, et deux fois co-président du groupe écologiste de l'Assemblée nationale ...

Le "recours indemnitaire en responsabilité" des ONG demande au juge de reconnaître les "manquements" de l'Etat en matière d'action climatique et "d'enjoindre au Premier ministre et aux ministres compétents d'y mettre un terme". Les requérants réclament la reconnaissance d'un préjudice moral (avec versement symbolique d'un euro) et écologique.

Ils énumèrent les objectifs manqués en matière d'émissions de gaz à effet de serre (repartis à la hausse en 2016), d'efficacité énergétique, d'énergies renouvelables. Autant de défaillances affectant directement les citoyens: santé, sécurité alimentaire...

Le recours s'appuie notamment sur la Charte de l'environnement de 2005 (projet initié et annoncé par le président Jacques Chirac et préparé par la Commission Coppens) et la Convention européenne des droits de l'Homme, dont la valeur contraignante a été reconnue par la justice.
"La valeur constitutionnelle de la Charte a été reconnue, sur le droit de vivre dans un environnement sain et respectueux de la santé, et sur l'obligation de vigilance environnementale à la charge de l'Etat", souligne Me Clément Capdebos, conseil de Greenpeace.

Une action politique et de com' renforçant le pouvoir des juges

Cette judiciarisation est déjà à l'oeuvre à l'étranger, sur fond de psychose des dérèglements et devant l'insuffisance des mesures constatée à peu près partout. 
En Colombie, la Cour suprême a acté la nécessité d'agir, sur plainte de 25 jeunes. 
Au Pakistan, un fils d'agriculteurs a fait reconnaître le droit à la vie... Selon le Grantham Research Institute (institut de recherche de la London School of Economics et Political Science, centre gauche) plus de 270 affaires sont en cours dans 25 juridictions, hors Etats-Unis où l'on recense plus de 800 cas.
Aux Pays-Bas, il y a notamment la victoire  de l'ONG Urgenda, au nom de 900 citoyens: la Cour de La Haye, s'appuyant sur le droit européen et l'Accord climat de Paris, a imposé à l'Etat de relever ses ambitions de réduction des GES.
Les pouvoirs des députés s'en trouve d'autant plus affaibli.

Ce recours, première procédure climatique à cette échelle en France, fait suite à une autre action, portée fin janvier devant le Conseil d'Etat par le maire écologiste de Grande-Synthe (Nord), ville à risque de submersion.


Quelles chances la procédure française a-t-elle d'aboutir ?

Cette judiciarisation à l'oeuvre à l'étranger tend à gagner la France suite au lobbying sur la presse et à la peur développée dans l'opinion. "C'est une question difficile, on a un recours très ambitieux", reconnaît encore Me Capdebos, qui attend la réponse du juge dans un délai d'"un à deux ans".

Les organisations internationalistes illégitimes supplantent les parlements
"Nous avons trois objectifs: faire reconnaître expressément l'existence de l'obligation de l'Etat en matière de lutte contre le changement climatique, faire constater ses manquements, et l'injonction à agir. On demande beaucoup au juge, mais sa marge de manoeuvre est très large".

"On a un grand espoir, des arguments scientifiques et juridiques solides", estime Marie Pochon. "Mais il n'y a pas que par la justice qu'on y arrivera, à chacun d'actionner des leviers à son niveau", dit aussi la responsable de Notre affaire à tous.

lundi 28 mars 2016

Pakistan: les talibans revendiquent un sanglant attentat-suicide visant les chrétiens

Peut-on encore mentionner des massacres de Chrétiens sans agacer la gauche ?

Les talibans pakistanais 
affirment avoir délibérément visé les Chrétiens
Depuis qu'ils ont revendiqué haut et fort l'attentat-suicide sanglant dans un parc très fréquenté de Lahore en plein dimanche de Pâques, le bilan s'est alourdi pour atteindre 72 morts, dont 29 enfants et six femmes, a indiqué  lundi un responsable administratif de la ville, Muhammad Usman. Des centaines de personnes ont été blessées.

Selon un porte-parole de la ville, seulement "10 à 15 chrétiens" ont été dénombrés parmi les morts, mais les autorités s'efforcent toujours de les identifier.

Le kamikaze s'est fait exploser près d'une aire de jeux, a indiqué la police.L'explosion s'est produite dans le parc Gulshan-e-Iqbal, proche du centre de Lahore, particulièrement bondé en ce dimanche ensoleillé de Pâques où la minorité chrétienne célébrait la fête religieuse de la résurrection du Christ. "Nous étions allés au parc pour profiter de ce jour de Pâques. Tout d'un coup, il y a eu une énorme explosion, j'ai vu une énorme boule de feu, et quatre à six personnes de ma famille ont été blessées, dont deux grièvement", a témoigné Arif Gill, un homme de 53 ans.


La police a bouclé le site où, dans la matinée, 
s'étalaient toujours des lambeaux de chair sur les balançoires. Morceaux de vêtements et tourniquets tachés de sang témoignaient de l'interruption violente d'un après-midi festif. 
L'armée a rapidement réagi en annonçant une série d'"opérations" dans différentes localités, l'arrestation de plusieurs "terroristes et intermédiaires présumés" et la découverte d'"une énorme cache d'armes et de munitions".

"Notre résolution à combattre le terrorisme (...) devient plus forte à mesure que le lâche ennemi s'en prend à des cibles vulnérables", a tonné de son côté le premier ministre Nawaz Sharif.

Cet attentat, qui porte un coup sérieux aux nombreuses promesses d'embellie sécuritaire des autorités, est le plus meurtrier cette année au Pakistan. Les attentats visant les enfants ont une résonance toute particulière au Pakistan, toujours traumatisé par l'attaque perpétrée par un commando taliban dans une école de Peshawar, qui avait fait au moins 154 morts en décembre 2014.


Les premières funérailles de victimes se sont déroulées dès lundi
et une veillée d'hommage était prévue en début de soirée sur les lieux du drame.
Au domicile lahorite de Salamat Masih, un jeune homme d'une vingtaine d'années tué dans l'attentat islamiste, la foule de ses proches et de voisins s'est écriée: "Oh Salamat, pour quel monde es-tu parti ? Ne sais-tu pas combien sont tristes ceux que tu laisses derrière toi ?", s'étreignant pour se donner du courage.
La famille a aussi perdu un adolescent de 16 ans. "Leurs amis étaient là-bas (dans le parc) et ils sont partis contents en disant qu'ils allaient faire un match de cricket, mais lorsqu'ils sont arrivés (l'explosion) s'est produite", soupire Yousaf Massih, un chrétien de 55 ans, père et grand-père des deux disparus.

La communauté chrétienne représente un peu moins de 2% de la population de ce pays de 200 millions d'habitants
, majoritairement des musulmans sunnites, comme le prince héritier d'Arabie saoudite décoré par Hollande.


Les Chrétiens se savent visés de longue date par les islamistes. Un double attentat suicide perpétré par les talibans contre des églises à Lahore avait fait 17 morts en mars 2015. Mais ses craintes se sont accrues avec l'exécution il y a un mois d'une figure islamiste radicale, Mumtaz Qadri, érigé au rang de martyr par ses partisans.

Une faction du mouvement taliban pakistanais "Jamaat-ul-Ahrar" a revendiqué l'attentat-suicide. 

"Nous avons perpétré l'attentat de Lahore car les chrétiens sont notre cible,"
a déclaré son porte-parole, Ehsanullah Ehsan.
Le Jamaat-ul-Ahrar ("Parti des défenseurs") est un groupe djihadiste pakistanais considéré comme le plus violent des groupes dissidents de l'ex-Tehrik-e-Taliban Pakistan. Le Jamaat-ul-Ahrar a annoncé le 4 octobre 2014 qu'il apporte son soutien à l'État islamique et a alors appelé à sa réconciliation avec al-Qaïda.
Il a déjà revendiqué le massacre de l'école militaire de Peshawar, commis le 16 décembre 2014 et qui a fait 141 personnes tuées, dont 132 enfants, bilan qui en fait l'attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire du Pakistan, surpassant dans l'horreur l'attentat du 18 octobre 2007 à Karachi.

Hollande avait eu plein de mots pour condamner la tuerie de 2014 dénonçant "l’ignoble attaque". "Il n'y a pas de mots pour qualifier ce qui vient de se produire au Pakistan. Un acte terroriste qui touche une école, des enfants morts, avec cette volonté de détruire le savoir et la jeunesse. " Et il avait disserté devant le monde sur ce qu'il convient de faire. "Face au terrorisme, nous devons nous mobiliser chaque jour. Le terrorisme, c'est cette infamie qui s'en prend à tout ce qui vit, tout ce qui peut être source d'espoir", selon le chef de l’État en déplacement à Boulogne-sur-Mer. 
Moins d'un an plus tard, c'étaient les attentats des 7 au 9 janvier 2015 par des djihadistes français contre le journal anarchiste Charlie-hebdo et les innocents d'un Super-Kasher sur le territoire de leur propre pays. Ces fusillades sanglants, revendiquées par l'organisation terroriste État islamique (dite 'Daesh'), ont tué dix-sept personnes et leurs trois assassins abattus par les forces de l'ordre.
Puis ce furent les massacres de masse du 13 novembre 2015 en plein Paris. Ils ont fait 130 personnes et en ont blessé près de 400.

"Pendre Asia Bibi" et venger Mumtaz Qadri

Coïncidence ou non, le jour même de l'attentat, une grande
manifestation se déroulait dans la capitale Islamabad et sa ville jumelle Rawalpindi, en hommage au dénommé Mumtaz Qadri
, ce policier qui avait assassiné le gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, lequel avait pris le parti d'Asia Bibi, mère de famille accusée de blasphème. La manifestation avait dégénéré lundi 28 mars en un face-à-face tendu entre ses 3.000 partisans et les forces de l'ordre au coeur de la capitale.

En effet, l'exécution de Qadri, un mois plus tôt, le 29 février, a mis en rage de nombreuses factions islamistes qui avaient érigé au rang de héros l'assassin de Salman Taseer, abattu de 28 balles en 2011, et partisan déclaré d'une révision de la loi sur le blasphème.

Les partisans du héros local de l'islam réclament notamment la pendaison de la femme, Asia Bibi, chrétienne accusée de blasphème contre l'islam et condamnée en 2010 (confirmée en 2014) par la justice pakistanaise.


Le pape François a fait son Hollande en demandant lundi aux autorités du Pakistan de tout faire pour assurer la sécurité de la population et en particulier celle de la minorité chrétienne, après l'attentat "exécrable" de dimanche.


lundi 17 juin 2013

Une internationale islamiste s'est ébauchée à Alger

L'Algérie a rassemblé la future internationale islamiste 

Des partis politiques islamistes du monde entier se sont réunis près de la capitale algérienne
ces 15 et 16 juin.
 
Abderrazak Mokri (d.) en 2011, alors vice-président du MSP, accueille Rached Ghanouchi (g.), leader du parti tunisien Ennahda

A cette occasion, les partis islamistes algériens ont fait la démonstration de la capacité de leur réseau à participer au pouvoir.

Toutes les figures internationales de l’islamisme politique se sont rencontrées: Rached Ghannouchi, le leader tunisien de Ennahda, le Hamas palestinien, les Frères musulmans turcs, des représentants pakistanais et koweitiens étaient invités à Alger ce week-end par le Mouvement de la société pour la paix (MSP), le premier parti islamiste algérien.

Le prétexte et l'objectif 
L’anniversaire de la mort du fondateur du MSP. Mais cette rencontre était surtout une nouvelle étape dans la stratégie de reconquête du parti algérien. Depuis quelques semaines, le MSP a un nouveau chef, Abderrazak Mokri. Et son objectif est de redonner du pouvoir et de la force à son parti.

Campagne présidentielle

En s’affichant aux côtés des leaders internationaux,
A. Mokri montre qu’il bénéficie d’une stature internationale et d'un large soutien. Lors de cette rencontre, plusieurs autres partis islamistes algériens sont d'ailleurs venus affirmer leur volonté de s’unir au MSP.

Une manière de montrer qu’aujourd’hui, les divergences du passé sont mises de côté. Un rappel, à l'approche de la campagne présidentielle algérienne de  2014, que le pouvoir devra prendre en compte les islamistes.

dimanche 7 avril 2013

Deux djihadistes d'Orléans se formaient au Pakistan à l'action terroriste

Deux djihadistes présumés expulsés du Pakistan mis en examen

Deux des trois djihadistes présumés ont été mis en examen samedi

Le groupe de Français préméditait des actes terroristes sur le sol français.

Ils ont été expulsés cette semaine du Pakistan vers la France pour "association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes" et placés en détention, a-t-on appris de source judiciaire.


Un premier djihadiste présumé a été expulsé mardi, le deuxième mercredi et le troisième jeudi. Les deux mis en examen sont âgés de 30 ans et 26 ans, le troisième de 29 ans. Ce dernier était toujours en garde à vue samedi en début de soirée.


Les trois hommes avaient été arrêtés par la police pakistanaise dans la province du Balouchistan (Pakistan) en mai 2012 en compagnie d'un quatrième Français et avaient été détenus dans le plus grand secret. Une information judiciaire avait été ouverte pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en février 2013. Ceux que Le Monde et ...Le Figaro qualifient d ' "apprentis" djihadistes" circulaient alors dans le sud-ouest du Pakistan, région frontalière de l'Iran et de l'Afghanistan . 

Hollande ne savaient encore rien 

En janvier 2012, ces trois hommes inconnus des services de police français et tous d’origine maghrébine, avaient quitté leur région d’Orléans, pour l’étranger. Selon des sources proches du dossier, ils étaient restés assez mystérieux sur ce voyage, évoquant devant leurs familles, toutes aux revenus modestes, un voyage à la Mecque, ville sainte de l’islam en Arabie Saoudite.

Mais cinq mois plus tard, le 28 mai, c’est au Pakistan qu’ils se font arrêter par la police locale pendant qu’ils circulent dans un car en compagnie d’un autre Français, Naamen Meziche, environ 40 ans, vieille connaissance des services de sécurité occidentaux qui le considèrent comme un cadre historique d’Al-Qaïda.

Les trois Français ont été arrêtés juste après être passés clandestinement au Pakistan à partir de l’Iran, où ils étaient entrés légalement via la Turquie, candidate à l'entrée dans l'Union européenne.
Naamen Meziche serait allé les chercher dans cette région à partir des zones tribales situées dans le Nord-Ouest pakistanais, bastion d’Al-Qaïda et base arrière du jihad afghan, avec l’intention de les y conduire.

Naamen Meziche est quant à lui toujours détenu au Pakistan et en attente de son expulsion. 
Son arrestation avait été annoncée en juin par les autorités pakistanaises, et confirmée par les services français. Mais ni Islamabad ni Paris n’avait jugé bon à l’époque d’annoncer l’arrestation des trois autres Français.
Une information judiciaire le visant a été ouverte le 15 mars à Paris. Mais une source judiciaire française incite à la prudence sur les liens entre les trois djihadistes expulsés et Meziche
Six lignes dans la dépêche de l'agence Reuters...



Et en Syrie ?

Cofondateur de l'organisation Médecins sans frontières (MSF), le chirurgien français de 71 ans, Jacques Bérès, a soigné pendant deux semaines les blessés dans un hôpital contrôlé par les rebelles dans la capitale économique de la Syrie. Il évalue à environ 60% les blessés qu'il a soignés à Alep qui seraient des combattants et non des civils, et au moins la moitié d'entre eux n'étant pas des Syriens.


"Il y a une assez forte proportion de fondamentalistes et de djihadistes (...) Ce qui les intéresse, c'est surtout l'après-Assad, l'établissement d'un régime islamiste et de la charia, en vue de l'Emirat mondial", a-t-il poursuivi. Parmi ces islamistes étrangers figuraient "quelques djihadistes français", a indiqué le docteur Bérès, pour lesquels Mohamed Merah, qui a tué sept personnes en mars dans le sud-ouest de la France, est "un exemple à suivre".

Un salafiste binational de 50 ans, né en Algérie, arrivé à Marseille à 19 ans et vivant
à Marseille, Djamel Amer al-Khedoud, a tout quitté pour combattre le régime de Bachar al-Assad aux côtés des rebelles. Jouant de malchance, le Français a été arrêté et emprisonné en Syrie.

Au Mali, pareillement
Parmi la "demi-dizaine" de djihadistes faits prisonniers à l'issue de combats au nord du Mali, un Franco-Malien de 25 ans, Ibrahim Aziz Ouattara, a été capturé au début de mars par l'armée française dans le nord du Mali, puis extradé en France, a été mis en examen, vendredi 22 mars, pour "association de malfaiteurs en relation avec un entreprise terroriste" et placé en détention provisoire, a annoncé une source judiciaire. 

Quatre hommes, interpellés dans la région parisienne en février 2013, ont été mis en examen pour " association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste " par le juge antiterroriste Marc Trévidic dans le cadre d’une enquête sur une filière de jihadistes vers le Mali.
Parmi eux, un Franco-algérien de 27 ans et un Malien de 23 ans ont été placés en détention provisoire. Deux Français de 27 et 37 ans ont, eux, été placés sous contrôle judiciaire. Ces terroristes avaient été arrêtées mardi dans le cadre d’une enquête ouverte après l’interpellation, en août au Niger, du Français Cédric Lobo. Ce combattant avait été arrêté au début d'août à Niamey par les autorités nigériennes alors qu'il espérait rejoindre des groupes djihadistes du nord du Mali. Expulsé vers la France, il avait lui aussi été mis en examen et écroué. Il habitait L’Haÿ-les-Roses (PS) et fréquentait la mosquée de cette commune qui semble être le lien physique qui rapproche ces hommes.


Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, avoue qu'il y aurait en France "plusieurs dizaines de Merah potentiels"



Notre pays ferait face "à un ennemi intérieur qui est le fruit d'un processus de radicalisation" qui partirait de "la petite délinquance" et passerait par le trafic de drogue. Et la binationalité admise en France est facteur de facilitation. Dramatisation excessive ?

L'annonce revêt un caractère de crainte diffuse qu'engendre la prise du pouvoir par les islamistes dans le sillage du printemps arabe.
"Depuis l'affaire Merah, la fébrilité de la DCRI est telle qu'ils arrêtent tout ce qui bouge", a lancé Marc Trévidic devant les députés. Le propos ne se veut pas seulement polémique. Il illustre une angoisse de ratage et de son instrumentalisation: le risque de récupération taraude les acteurs de la lutte antiterroriste. "Ma hantise, confie Marc Trévidic, c'est de voir arriver un Mohamed Merah que j'aurais placé sous contrôle judiciaire. Après, qu'est-ce qu'on dira ?"