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mercredi 5 février 2020

Soupçons de financement libyen : Thierry Gaubert, mis en examen

La Justice cherche des preuves que l'ancien collaborateur de Sarkozy a pu toucher des fonds provenant du régime libyien

Dans cette hypothèse, ont-ils pu alimenter la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ?
 Septembre 2011: L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, impliqué dans l'affaire Karachi, va être entendu par les services de la police judiciaire.
Thierry Gaubert a été mis en examen vendredi dernier dans l’enquête sur des soupçons de financement libyen pour la campagne de 2007 de l’ex-président, a-t-on appris lundi 3 février de source judiciaire, confirmant une révélation - non sourcée - du magazine Le Point et du site trotskiste Mediapart.

Placé en garde à vue jeudi, Th. Gaubert a été mis en examen le lendemain pour "association de malfaiteurs", soupçonné d’avoir touché des fonds en provenance du régime libyen de Kadhafi, lesquels auraient pu alimenter la campagne de Nicolas Sarkozy.

Le 6 février 2006, il y a 14 ans, quasiment jour pour jour,  Th. Gaubert - directeur des relations publiques et conseiller du président du groupe bancaire BPCE (organe central commun à la Banque populaire et à la Caisse d'épargne française.) en 2011 -,  aurait reçu un virement de 440.000 euros provenant du régime libyen de Kadhafi, selon Mediapart, plus proche des révolutionnaires que des légitimistes. Le feuilleton au conditionnel raconte le circulation d'une somme qui aurait été reçue sur un compte ouvert aux Bahamas par un virement de la société Rossfield, qui serait la propriété du sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine. 
Or, Mediapart affirme que Rossfield n’a été "alimentée que par de l’argent du régime de Kadhafi", à hauteur de 6 millions d’euros en 2006.
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Kadhafi a-t-il financé les campagnes d'Obama ?

Après six ans de travail des juges d’instruction, une somme d’indices dits troublants aurait donné corps à la thèse d’un financement de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime de Kadhafi. Si les déclarations contradictoires de Ziad Takieddine, mis en examen, sont fiables, il aurait remis 5 millions d’euros à N. Sarkozy, entre la fin de 2006 et le début de 2007, sans preuve que c'était ou non en mains propres, alors qu'il était ministre de l’intérieur, et à son directeur de cabinet, Claude Guéant. 
Mais aucune preuve matérielle n’a été retrouvée, ce qui devrait clore l'enquête. Mais la presse - qui semble être une auxiliaire zélée de la justice -  fait à ce jour état de huit mises en examen, ce qui, dans l'opinion, équivaut, espère-t-elle, à autant de culpabilités. Impliqué dans l'affaire Karachi, Thierry Gaubert est issu d'une famille juive de Roumanie, ce qui n'entrerait aucunement en ligne de compte.

L’ancien chef de l’Etat est d'ailleurs mis en examen depuis bientôt trois ans (le 21 mars 2018) pour des soupçons non justifiés de "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens"
Avec plusieurs proches, Sarkozy conteste la validité de cette enquête judiciaire qui s'entête à rechercher des preuves qui ne semblent pas exister. L’examen de leurs requêtes en nullité doit avoir lieu le 19 mars devant la chambre de l’instruction de la cour d’Appel de Paris.
Thierry Gaubert apportera-t-il les éléments qui permettront aux juges de se consacrer leur énergie à d'autres tâches en souffrance ?

vendredi 11 octobre 2019

Procès Karachi : la présidente n'en peut plus du "menteur" invétéré Ziad Takieddine

"Vous mentez sans arrêt", lance la présidente à l'accusateur

La présidente craque après moins d'une heure de présence de 
Ziad Takieddine à la barre 

L'homme d'affaires Ziad Takieddine a livré le énième récit de sa "vérité" dans le procès du volet financier de la tentaculaire affaire Karachi commencé jeudi.
Tour à tour indigné, quand elle le place devant ses "contradictions", et "formidable", quand elle pointe un aspect qui l'intéresse,  l'intermédiaire irrite la présidente de la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, Christine Mée.

Personnage clé de ce dossier, le Franco-libanais est jugé aux côtés de trois hommes politiques, d'un industriel et d'un second intermédiaire absent pour des soupçons de commissions occultes en marge de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, il y a près de 25 ans.
L'accusation affirme que les pots-de-vin, alors légaux, versés à des intermédiaires lors de contrats d'armement avec l'Arabie saoudite (Sawari II) et le Pakistan (Agosta) auraient donné lieu à des rétro-commissions illégales qui auraient alimenté les comptes de campagne d'E. Balladur.

Ce second réseau d'intermédiaires, dit "réseau K" , dont faisaient partie Ziad Takieddine et son co-prévenu Abdul Rahman Al Assir, s'est vu promettre le versement de plus de 300 millions d'euros sur divers contrats, en a touché plus de 85, jusqu'à l'arrêt du versement des commissions, décidé par Jacques Chirac après son élection à la présidence.

Pour la première fois à la barre, Ziad Takieddine, 69 ans, s'attribue le rôle avantageux d'un homme de l'ombre presque désintéressé, un "facilitateur" des relations franco-saoudiennes. "Je ne suis pas dans un réseau qu'on a appelé K. [pour King, en référence au roi saoudien]. C'est une invention", commence-t-il. 
"L'utilité du réseau, on pourra en parler, mais on voit que quand les commissions sont versées, il y a une clé de répartition [entre Al Assir et Takieddine] et des sommes vous reviennent. Ce sont des faits", intervient, agacée, la présidente.

Avec un luxe de détails inutiles, le méditerranéen
 affirme que s'il perçoit de l'argent, c'est pour son travail de facilitateur, en aucun cas comme membre d'un réseau, et qu'il n'a d'ailleurs rien à voir avec les sociétés offshore sur les comptes desquelles arrivaient les commissions.
"Vous allez vous asseoir. On va tout reprendre. Les sociétés, les versements, on va y passer des heures. Vous mentez sans arrêt !", lance, excédée, la paisible Christine Mée, magistrate qui a déjà à son actif la présidence, en mars dernier, du procès visant Bernard Tapie sur l'arbitrage présumé truqué de 2008.

La défense s'emporte alors contre le manque d'"impartialité du tribunal". 
Ziad Takieddine, blessé dans son honneur, émet de vigoureuses protestations. La présidente se reprend: "Je rectifie: vous avez des déclarations très changeantes et évolutives"..

En effet, le sulfureux hommes d'affaires vient encore d'effectuer l'une de ses volte-faces, au regard de ses déclarations de juin 2013 aux juges d'instruction. Comme l'a rappelé la présidente, il avait admis à l'époque être négociateur dans le contrat Agosta avec le Pakistan et être partenaire d'Al Assir pour les contrats saoudiens. Surtout, il était le seul des prévenus à reconnaître avoir participé à un financement politique, pour avoir remis de fortes sommes d'argent en liquide à son ami Thierry Gaubert, engagé dans la campagne Balladur, à la demande de Nicolas Bazire, alors directeur de campagne - ce que les intéressés ont toujours réfuté.

Il est revenu jeudi à sa position antérieure, expliquant avoir fait profiter le gouvernement Balladur (1993-95) de ses lumières - car "la plupart des Français ne comprennent rien au monde arabe" - et avoir été payé pour ses conseils avisés par un prince saoudien, via l'entremise d'Al Assir.
Pour ce rôle de médiateur, faiseur de paix et de juteux contrats, il estime qu'il "mérite juste une légion d'honneur".

De guerre lasse, la présidente l'interroge sur l'arrêt des commissions. 
"Vous êtes formidable! Vous avez touché le point essentiel", s'exclame-t-il, avant de raconter comment il a convaincu l'ancien chef du gouvernement libanais Rafiq Hariri [mort assassiné en février 2005 à Beyrouth] de verser le reliquat des commissions saoudiennes pour éviter une grave crise diplomatique entre Paris et Ryad.
La présidente en a assez entendu. Elle suspend les débats, réservant la question du financement politique à l'audience de lundi.