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samedi 23 mai 2009

Désirdavenir Royal était favorable aux portiques de détection

La presse partisane devrait la passer au détecteur

Vous avez gagné !
Félicitations pour être arrivé jusqu'ici, car YAHOO! fait obstacle à l'accès à PaSiDupes, en général, et sur ce billet en particulier. Pour nous retrouver, il est conseillé d'utiliser tous les autres moteurs de recherche, dont Google.
Mais revenons aux archives de l'actualité qui indisposent certains...


Les professionnels de la presse n’ont sans doute pas oublié
"la tempête de réactions qu’avait suscitée en son temps l’intervention du 5 avril 1998" (lire ci-dessous) de Marie-sEGOlène Royal (alors ministre déléguée à l’Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin) sur France 2, où elle avait estimé que
« des fouilles ou des mises en place de portiques de détections d’armes pouvaient être envisagées dans certains cas, sur des opérations ponctuelles : on ne voit pas pourquoi on fouillerait à l’entrée de certains grands magasins et pas à l’entrée des établissements scolaires où il y a eu des signalements de détentions d’armes ».
"D’autant qu'en sa qualité de présidente de la région Poitou-Charentes l’amère de Melle, elle a désormais autorité sur les lycées de la région."
A-t-elle depuis sécurisé les sanctuaires scolaires, puisqu'elle connaît la méthode ?

Citons -pour changer- une source anarchiste, en date du jeudi 16 avril 1998 :

Chronique de l’école caserne
Portique de détention d’armes, caméras vidéo de surveillance... l’école va bien ! Demandez aux enseignants de Seine-Saint-Denis, aux élèves, aux collégiens, aux lycéens... Ils ne vous diront pas le contraire : c’est un plaisir d’être scolarisé !

Après Vigipirate aux portes des établissements scolaires, ça va être maintenant Vigipirate intra muros ! Ségolène Royal et Claude Allègre, les mammouths en chefs de l’Éducation nationale, viennent de réclamer à Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Intérieur, de « mettre en place un dispositif de contrôle approprié » dans les collèges et les lycées (Le Monde du 2 avril 1998). Ségolène Royal qui n’hésite pas à comparer l’école avec un supermarché propose même d’organiser des fouilles : «
je ne vois pas pourquoi on fouillerait à l’entrée de certains grands magasins et pas à l’entrée des établissements scolaires où il y a eu des signalements de détention d’armes.
» (France 2, le 5 avril 1998)


Dans les Hauts-de-Seine, à Bagneux, au Collège Henri Barbusse, S. Royal a été devancée. Le 24 mars dernier ![1998] , pour le vol d’une clé, une dizaine d’adolescents se sont retrouvés « totalement nus » pour une fouille
, « peut-être un peu virile » a concédé un témoin...

À ce rythme là, dans la hiérarchie carcérale, l’école aura toute sa place entre la caserne et la prison. Mais est-ce bien nouveau ? Quand on y regarde de près, l’école n’a rien à envier à la société dans laquelle elle tente de survivre. Elle n’en est que le triste miroir... Et depuis Jules Ferry... c’est toujours d’actualité !

Comment franchement « former des citoyens avec des pratiques de sécurité et des fouilles systématiques ? » Comment franchement envisager une école de la liberté, de l’égalité et de la fraternité dans un tel contexte ?
[la tendresse fraternelle du coup de couteau...]


Pis : n’y a-t-il pas tromperie sur la marchandise quand certains collaborateurs du ministre de l’Éducation nationale, Philippe Mérieu [Meirieu?] en tête (le « Monsieur plus » des lycées) en appellent à la pédagogie Freinet ou institutionnelle avec la mise en ordre sécuritaire de lieux déjà bien enrégimentés ?

Si l’école « doit faire sa révolution » (dixit Mérieu) elle ne pourra pas la faire seule ! Violences, drames, exclusions, échecs... l’école n’en a hélas, pas le monopole. Voir s’y installer, comme dans les supermarchés, les prisons, les usines l’intendance sécuritaire n’a rien d’étonnant.

L’État capitaliste a ce qu’il mérite : une école à son image. L’État a ce qu’il désire : une école à sa botte. »
Alain Dervin groupe Pierre-Besnard (Paris)

Mediapart n'a pas perdu la mémoire et Yahoo! ne l'entrave pas.


On peut donc sacrifier au devoir de mémoire avec Claude Lelièvre qui ne cite pas sa source:
"
Certains n’ont sans doute pas oublié la tempête de réactions qu’avait suscitée en son temps l’intervention du 5 avril 1998 de Ségolène Royal ( alors ministre déléguée aux enseignements scolaires ) sur France II où elle avait estimé que " des fouilles ou des mises en place de portiques de détections d’armes pouvaient être envisagées dans certains cas, sur des opérations ponctuelles : on ne voit pas pourquoi on fouillerait à l’entrée de certains grands magasins et pas à l’entrée des établissements scolaires où il y a eu des signalements de détentions d’armes ". D’autant que Ségolène Royal est désormais la présidente de la région Poitou-Charente.
Le travail de sape ‘’sécuritaire’’ est plus que jamais - en temps de crise sociale et politique - à l’ordre du jour. Toute occasion est bonne à prendre pour le pouvoir en place ( elle était pourtant mince, lorsque l’on connaît les circonstances… ). Et cela n’est pas prêt de finir, notamment dans le domaine scolaire, qui offre un terrain idéal pour focaliser l’attention et jeter le trouble
"
(Lien )
A noter pourtant que, dans sa volonté de généralisation, l'effet produit par le désir de pardon de Lelièvre pour Sa Cynique Majesté Royal n'est pas celui recherché:
Désirdavenir Royal n'est pas différente des autres; or, chacun sait qu'elle n'est pas meilleure; elle est donc pire !

Croyez-vous que, pour illustrer la politique « sécuritaire » de Sarkozy, Le Monde va nous ressortir son article du 2 avril 1998 et France 2 son reportage?
Et la Toquée Royal nous demander pardon pour ses propos "sécuritaires"?

Le PS lance des contre manifestants sur le Che-Besancenot

Lutte d’influence : une altercation de propagande devant les caméras

Ca déchire à gauche :
affrontement entre partis et syndicats

Mardi 19 mai après-midi devant l'Assemblée Nationale, le fauteur de troubles politiques du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) était venu apporter son soutien à une centaine de salariés de l'entreprise Célanèse, une usine chimique américaine située à Pardies (Pyrénées-Atlantiques), qui doit fermer. Les salariés manifestaient avec des élus locaux et des salariés du sous-traitant Yara. Le porte-parole du parti d'extrême-gauche a été vivement interpellé par « un employé de Célanèse ». Un échange musclé.

L’intox socialiste sur i>télé


  • VOIR et ENTENDRE sur i>télé (Canal+) vers 19h00
    C’est bien court et bien tendancieux à souhait : un salarié sincère ne peut contenir sa colère, tant la présence de l’extrémiste est choquante…
    Douloureux !







    www.Tu.tv
    Le compte-rendu de Canal+ (i>télé) est très incomplet, mais parfaitement militant...
    L'altercation est réduite à 0.41 mn.

  • Et une heure plus tard, à France 2 sur le service public est-il moins partisan que le secteur privé ? Ce sera moins bref, mais plus pathétique, puisque que la journaliste sort le violon et fait de l'audimat avec "la détresse d'un ouvrier"...
  • L"affrontement est édulcoré, parce que tronqué, et la petite leçon filmée de syndicalisme est tellement trompeuse.
    Au point que, le 20/05/09, Le Figaro titre : «Besancenot interpellé par un salarié en colère »…

    En quoi est-ce une manipulation ?

    En fait, nous n’avons pas affaire à un salarié Celanese comme il semblait au départ. Il s’avère en effet au fil du reportage que l’altercation n’est pas provoquée par un camarade syndiqué anonyme comme les adore la presse dans ses reportages sournois. Ce salarié irrité est avant tout un militant socialiste venu 'bloquer' le Che-Besancenot, « rapace » dénoncé par François Chérèque, patron de la CFDT.
    En bref, la gauche s’affronte sur fond d’élections Européennes : le pseudo-militant syndical était là pour engager un "débat-participatif" surprise et accusateur, devant des caméras-témoins, dont le clip serait duplicable à l'infini sur les sites clonés de Sa Cynique Majesté Royal.
    Une provocation du genre: "Touche-moi pas; tu'm' salis !"...


    Besancenot, en tant que porte-parole politique, est en effet déclaré 'persona non grata' sur le terrain syndical. Ainsi, « le salarié » est-il venu marquer son territoire d’un jet d’urine socialiste sur les bottes de Besancenot…
    Le militant socialiste au Che-Besancenot "Tu viens faire le kéké devant les caméras, tu fais le jeu de Sarkozy!"… Ca sonne comme du J.-M. Le Guen, metteur en scène et dialoguiste de Désirdavenir Royal en campagne.

    L’altercation est hautement politique
    La manipulation est mise en scène par le PS, avec la participation du militant socialiste aux deux bérets et avec la complicité de journalistes militants de France 2.

    Au JT de 20 heures sur France 2, le présentateur rectifie le tir : on souligne que « la scène se joue devant les caméras », mais on parle au départ de « manifestation des ouvriers » ; puis on souligne « une révélation sur le militant socialiste » et enfin signale « une nouvelle offensive du militant ». La parole est libre !

    VOIR et ENTENDRE (France2) Une « colère saine » de plus au PS…







    Mais on s'embrouille et puis on se serre la main: "Je suis proche de toi..."

    Nous remarquons néanmoins que, d'une video à l'autre, les poignées de mains sont coupées au montage, ou non...
    Et d'ajouter: "Maintenant je te le dis, je suis un militant socialiste" !


    Rappelons maintenant un épisode précédent du feuilleton médiatique en cours.
    Le PS marche au projecteur
    Pour preuve que l'interdiction de récupération des conflits sociaux n'est pas interdite à tous les politiques, deux députés "rapaces" du PS des Pyrénées-Atlan
    tiques
    , David Habib et
    Martine Lignières-
    Cassou
    (ici à gauche, avec le président socialiste de région, au centre)
    , ont pris part lundi 13 avril 2009 à la grève de la faim "tournante" des salariés de l'usine Celanese. Avant d’enfiler les maillots de bain, les deux élus ont entamé un régime amaigrissant et, pour cela, passé la nuit de dimanche à lundi dans le local syndical de l'usine, où quelque 350 emplois sont menacés dans leur emploi. "Nous les avons rejoints en fin d'après-midi (dimanche, 12) mais avons commencé notre jeûne de 24 heures lundi matin", a expliqué David Habib
    , député-maire de Mourenx, commune où est implantée l'unité de Pardies. Les deux courageux se portent bien…

    Le NPA se pose en victime du PS

  • Voici un montage du NPA, aussi objectif dans l'excès que peuvent l'être ceux de France 2 (service public) et i>télé (Canal+, entreprise privée) dans l'omission. Mais tous prétendent nous informer, nous expliquer et nous respecter...




  • Et voilà un commentaire video engagé mais éloquent: il éclaire le public, mais un peu tard, sur la manipulation de l’opinion par le PS et la récupération de l’incident par le NPA.
    Souvent dénoncé par les politiques pour son énergie à récupérer les mouvements sociaux, Olivier Besancenot s'est fait accuser par ce " salarié" de venir "faire le guignol devant les caméras".
    ECOUTER




    L'ironie de la réalité dépasse la fiction socialiste...

    La video donne à entendre un “salarié”.
    Mais en fait, l'ouvrier ne travaille pas à Celanese et s'avoue finalement “militant du PS”. Le moralisateur "syndical" reproche au facteur intermittent de ne pas s’être rendu à Pardies appuyer le mouvement, mais de “venir ici faire le malin”, “devant les caméras” (à la façon de la Che-Sego à Heulliez !) , “alors que les mecs sont dans la merde”. Bouquet final de la tirade: “Tu fais le jeu de Sarkozy”, lance-t-il encore au porte parole du parti révolutionnaire (NPA), qui répond mollement, et un peu à côté, l’oreille basse et le regard fuyant.

    Mais, prenant fait et cause pour le meneur d’extrême gauche, le commentaire en voix-off de la video ci-dessous est significatif. Selon elle, le Che-Besansenot « est venu leur prêter une oreille attentive » mais « le leader anti-capitaliste s’est fait interpeller par un salarié sans ménagement ».
    VOIR et ENTENDRE
    Le montage ne vaut pas seulement pour le commentaire introductif; on appéciera l'amitié virile des deux hommes qui au final se serrent la main: "Tous ensemble" !







    Titre du site Internet du
    NPA: « Les socialistes pètent un cable »

    Les “rapaces”, un fléau plus menaçant qu’on ne pense…
  • Non seulement le groupe de "salariés", selon le JT, n'est qu'un seul individu en mission, mais ce salarié en colère est donc un imposteur socialiste : selon un communiqué de la CGT, il n’est pas salarié dans l' entreprise: le “salarié” ne travaille en fait ni à Celanese ni chez Yara, autre usine chimique pyrénéenne également menacée de fermeture !
    Communiqué de presse des salariés CGT de Celanese : A « l’invitation de la CGT Celanese M. Olivier BESANCENOT est venu nous rendre visite pour parler avec nous de nos problèmes. Nous tenons à préciser que le mauvais accueil qui lui à été fait en début de sa visite n’était pas le fait des salariés de Celanese, mais d’un participant à la manifestation totalement indépendant de l’usine Celanese et membre du partie socialiste de la section d’Artix (Pyrénées Atlantique) » Sensiblement en désaccord avec le patron de la CGT, le communiqué ajoute : « Les salariés de Celanese ont quand même pu discuter de tous ces problèmes pendant près d’une heure avec M. Olivier BESANCENOT, et nous le remercions très fortement de sa contribution à la lutte des ouvriers de Celanese.» Sont-ils aussi obséquieux avec le chef d'entreprise?...

    Est-ce à dire en outre que c’est une habitude pour la gauche politique d’envoyer des militants de base à tout faire comme manifestants itinérants , pour grossir le nombre des salariés dans tous les conflits sociaux de toutes les entreprises sur toute la zone de la section ou de la cellule ?
  • Le blog de la rédaction du Monde dénonce le bidonnage de ces images. (Blog européennes sur le site du monde).
  • Les syndicalistes des entreprises concernées ont publié des communiqués pour dénoncer le même bidonnage.
  • Le service public est sévèrement politisé et les syndicats pèsent lourdement sur la liberté d’opinion.

    REVOIR et RE-ENTENDRE






    Dès qu’il détecte une odeur nauséabonde, Marianne y colle son nez !

    Extrait de l’article du ‘bayrouiste’
    Marianne :
    « 19h29, le 19 mai.
    Le site du Post publie le reportage d' Itélé en expliquant que « des ouvriers de Celanese » chahutent le leader [‘lider’, en espagnol ?] maximo du NPA. Forcément, un leader ouvrier contesté pas des prolétaires en train de se faire virer, c'est le comble du paradoxe social. On s'attendrait donc à voir une foule bousculant « l'Olivier de la 4ème Internationale ». Point du tout. C'est plutôt une foule de caméras qui saute aux yeux.

    En réalité, il ne s'agit pas « des ouvriers de Celanese », mais bien « d'un » ouvrier. De suite, c'est moins tranchant. Il ne s'agit pas non plus d'un ouvrier lambda, mais d'un militant socialiste.
    Tiens, nous on pensait que ça n'existait plus les socialistes ouvriers. Bref, il suffisait de dire, Besancenot se fait tacler par un ouvrier socialiste de Celanese. C'eut été vrai, mais moins tape-à-l'oeil !


    Bref, oublier de dire qu'il reste des socialistes, taper sur le « diablotin » Besancenot, faire du Post en somme... [!] Alors même que l'auteur précise qu'un reportage de France 2 diffusé une demi heure plus tard dans le journal de 20h finit par une poignée de main... Une poignée de main entre un ouvrier socialiste et un ex-trotkiste [ex ?] assumé, franchement, là, on y croyait vraiment
    plus."

    L’intervention de Marianne a-t-elle purifié l’air ?


    Merci de bien vouloir excuser les maladresses contenues dans ce billet dont l'élaboration a été rendue particulièrement chaotique pour des raisons techniques et par la disparition inopportune de certaines sources vidéos, suite à de probables pressions politiques et syndicales, voire à la censure l'auto-censure...
  • lundi 13 avril 2009

    Valls prend ses distances avec l’amère Royal pour incarner le PS

    'Le Parti socialiste doit être incarné par une nouvelle génération', selon lui

    Manuel Valls échappe au tentatives d'étiquettage ?

    Député de l'Essonne, maire d'Evry, ce socialiste de 46 ans n'en finit pas d'intriguer ses amis et les media doivent le changer constamment de case, tant il est flexible et varie au gré du vent et de l'actualité. Il a soutenu Michel Rocard, travaillé avec Lionel Jospin, appuyé Marie-sEGOlène Royal, au temps de leur gloire.
    Aujourd'hui, il revendique sa pleine liberté de pensée. Faute de champion en maillot rose à qui sucer la roue, il mise actuellement sur son âge, pendant qu'il est temps. Au risque de choquer ses camarades : en début de semaine, il a reçu dans sa ville le ministre de l'immigration Eric Besson devenu secrétaire général adjoint de l'UMP après avoir été secrétaire national du PS. ?

    Le journal est allé lui prendre la fièvre
    Dans son édition du 12.04.09, Le Monde nous gratifie d’un entretien avec Manuel Valls qui répond à ses questions d’avenir…
    Dans cet entretien, Manuel Valls analyse les difficultés qu'éprouvent les socialistes à contrer
    Nicolas Sarkozy
    . Dans une France inquiète, il prône une "conception apaisée de l'exercice du pouvoir", met en garde contre le "lyrisme politique" d'une partie de la gauche et prévient : en 2012, le PS devra tenir aux Français un discours courageux.

    C'était de la provocation de recevoir dans votre ville Eric Besson, le ministre de l'immigration, honni des socialistes ?


    Non, car il s'agissait d'un débat contradictoire auquel participaient notamment le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo, et le sociologue Michel Wieviorka. Il ne doit pas y avoir de sujet tabou, surtout dans ce domaine.

    On vous reproche souvent au PS d'être complaisant à l'égard de Nicolas Sarkozy...

    L'anathème est une tradition chez certains à gauche. Lorsqu'en 1980, j'ai adhéré au PS dans le sillage de Michel Rocard, ses amis étaient au mieux taxés de "sociaux-démocrates" - ce qui était le début d'une dérive droitière - au pire de "gauche américaine" - ce qui était le début de l'excommunication !
    La plupart des socialistes sont aujourd'hui décomplexés à l'égard du marxisme. Mais le PS compte encore des responsables et des militants, sans doute sincères, qui restent hantés par les Spectres de Marx : conception binaire de la société, vision violente de l'Histoire... D'où ce goût commun pour les grandes fresques avec l'extrême gauche : la crise économique devrait dégénérer nécessairement en crise sociale avant d'aboutir à la crise politique...
    Pour ma part, je me suis toujours méfié du lyrisme politique et des visions totalisantes. L'Histoire nous apprend que la crise engendre plutôt le repli sur soi et le populisme. Je préfère porter le débat sur notre capacité à dégager des propositions crédibles et utiles pour les Français.

    Pourquoi la gauche ne parvient-elle pas à trouver le ton juste face au chef de l'Etat ?

    Elle a provisoirement perdu une partie de son hégémonie culturelle faute d'avoir bien appréhendé les grands bouleversements du monde depuis trente ans : effondrement du bloc soviétique, globalisation économique, crise de l'Etat-providence...

    L'antisarkozysme forcené voudrait masquer ce déficit idéologique, mais il provoque en réalité un double effet pervers. Il grandit le personnage en le mettant au centre de chaque débat : Sarkozy devient celui qui ose tout, conformément à ce qu'il recherche. Et, surtout, il affaiblit la crédibilité de la gauche en l'obligeant à l'outrance : elle devient celle qui craint tout.
    Le PS sera de nouveau écouté si ses critiques ne sont pas systématiques, si elles se concentrent sur les authentiques lignes de clivage - la politique économique et fiscale - et sur les véritables échecs de la majorité - en matière de sécurité, par exemple. Nicolas Sarkozy cherche à cliver en permanence, car sa conception du pouvoir est conflictuelle et il a besoin de ressouder sa base électorale.
    Alors que nous vivons une crise historique et que le chômage de masse nous guette, la gauche doit éviter d'aggraver ce climat anxiogène. Elle doit lui opposer une conception apaisée de l'exercice du pouvoir : c'est en rassemblant les Français qu'elle fera partager les efforts et les objectifs de réformes.

    Ségolène Royal a-t-elle raison de marquer son empathie avec les salariés en colère, qui perdent leur emploi ?

    Elle cherche à capter une partie de la colère sociale pour que cette colère ne dérive pas vers les extrêmes. Mais, bien sûr, un parti de gouvernement qui a le sens des responsabilités ne peut légitimer les violences.

    Etes-vous d'accord avec Martine Aubry lorsqu'elle dit regretter Jacques Chirac?

    Non, car regretter Chirac, c'est nier le fort besoin de changement qui s'est exprimé durant la campagne présidentielle de 2007. Les Français ont réclamé une présidence active pour rompre avec le sentiment d'impuissance de la politique.

    Qu'est-ce qui est acceptable dans la politique de Nicolas Sarkozy ?

    Sur la réforme des collectivités locales, par exemple, la gauche n'est pas obligée de tomber dans tous les pièges qu'on lui tend. En rejetant par principe les propositions d'Edouard Balladur, le PS tourne le dos à sa vocation décentralisatrice et donne le sentiment de vouloir protéger une organisation territoriale devenue illisible. S'il veut avoir une chance de remporter l'élection présidentielle, il doit garder l'idée de mouvement que Nicolas Sarkozy a réussi à capter en 2007 avec la "rupture".

    Craignez-vous qu'avec la crise, M. Sarkozy récupère l'idée de la régulation ? Il dit vouloir "moraliser" le capitalisme.

    Il peut bien essayer, il restera marqué par les "péchés originels" du début de sa présidence : le Fouquet's, le yacht de Bolloré, l'augmentation du salaire présidentiel et, bien sûr, le bouclier fiscal... Par ailleurs, il a commis une erreur majeure en s'aliénant le monde des chercheurs, alors que l'avenir du pays repose sur l'innovation. La régulation et la refondation du système financier, c'est plus que jamais aux sociaux-démocrates de le porter !
    Mais attention. En 2012, la gauche ne pourra pas se contenter de dire : "On refait Jospin, moins les 35 heures." Il faudra tenir un discours courageux, annoncer les réformes, et dire clairement aux Français que pour réduire les inégalités on ne pourra pas faire autrement qu'augmenter certains prélèvements obligatoires. Prétendre le contraire, comme Nicolas Sarkozy, est un mensonge compte tenu du niveau des déficits publics.

    Au risque de vous aliéner les classes moyennes ?

    François Bayrou a eu raison de pointer leur désarroi : poids de la fiscalité, crainte de l'avenir, crise de l'école. Il faudra donc une "révolution" fiscale qui tienne compte de la pression qu'elles subissent.

    François Bayrou est il un concurrent sérieux ?

    Oui, si le PS ne parvient pas à se réformer. A cet égard, l'organisation de "primaires" ouvertes aux électeurs de gauche pour désigner notre candidat en 2012 est peut-être la dernière chance pour le sauver et l'aider à renouer le lien avec les Français.

    Où la gauche doit-elle agir en priorité ?
    Elle doit s'identifier à l'école pour lutter contre l'échec scolaire, s'attaquer aux inégalités et répondre à la crainte de déclassement des classes moyennes. Si cela suppose une diminution drastique du nombre d'élèves par classe en ZEP et une réelle majoration des salaires des professeurs, cela implique aussi d'assumer la confrontation avec les syndicats et de dire un certain nombre de vérités : admettre l'échec du collège unique, faire de l'apprentissage une nouvelle voie d'excellence...
    Les syndicats évoluent, j'observe avec intérêt ce qui se passe à la CGT et bien sûr à la CFDT. La gauche doit bâtir avec eux un pacte social sur les grands enjeux : assurance-maladie, dépendance, hôpital, retraite, école.

    Vous avez soutenu Ségolène Royal pendant le congrès de Reims. Et aujourd'hui ?
    Je l'ai soutenue parce qu'elle portait le mieux l'idée de la rénovation. Aujourd'hui, le PS doit être incarné par une nouvelle génération qui porte d'autres idées, d'autres pratiques. Je n'ai plus l'âge d'être l'élève d'un "sage actif", quel qu'il soit. En 2012, c'est cette génération qui doit incarner le changement et le renouvellement.

    C'est une déclaration de candidature pour 2012 ?
    La présidentielle, c'est une question de destin et de circonstances. Il ne faut jamais s'autoproclamer.

    (Propos recueillis par Françoise Fressoz et Jean-Michel Normand)