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lundi 8 juin 2015

Affaire Bettencourt: sous serment, la juge Prévost-Desprez nie toute fuite

Le parjure et le secret des sources consacrent le mensonge légal ?

Sous serment, la magistrate a nié en bloc la 
violation du secret professionnel

Isabelle Prévost-Desprez, juge poursuivie
dans l'affaire Bettencourt,
escortée du juge Christophe Régnard (USM) 
Le tribunal correctionnel de Bordeaux jugeait encore lundi un nouveau volet de la trouble affaire Bettencourt. A l'ouverture de son procès, la magistrate Isabelle Prévost-Desprez a formellement nié avoir violé le secret professionnel dans l'enquête sur l'affaire, dont elle fut un temps chargée, avant d'en être dessaisie.
5.000 euros d'amende ont été requis contre la magistrate. 

Le procureur Gérard Aldigé a requis une peine de 5.000 euros d'amende contre Isabelle Prévost-Desprez. "Les charges sont nombreuses et accablantes. Tout ramène à elle et les preuves reposent sur l'existence de faits matériellement établis", a lancé le procureur Aldigé dans un réquisitoire cinglant contre la juge.

Accusée de  faute professionnelle


Marie-Eve Malouines (présidente 
de 'La Chaîne parlementaire' depuis 
le 6 mai... 2015) entourée 
de Sylvain Courage 
(L'Obs, propriété de Niel, Bergé, Pigasse, 
déjà propriétaires du journal Le Monde
et Jacques Follorou (Le Monde), à droite
La présidente de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre est notamment soupçonnée d'avoir divulgué, dans des échanges téléphoniques, les détails d'une perquisition au domicile de Liliane Bettencourt, le 1er septembre 2010, relatée le jour même dans Le Monde - journal officieux du Parti socialiste - par le journaliste (d'investigation!) Jacques Follorou (ci-contre, CFJ), avec qui la magistrate avait cosigné un livre quelques mois plus tôt.

Isabelle Prévost-Desprez "conteste absolument" avoir commis un tel délit, passible d'un an de prison et 15.000 euros d'amende. Quand le procureur, goguenard, s'étonne de ses contacts téléphoniques répétés avec une vingtaine d'organes de presse
elle répond -avec insolence- qu'à sa connaissance, il n'est pas encore interdit de parler à un journaliste en France. Elle affirme par ailleurs n'avoir eu que des "discussions personnelles" avec Jacques Follorou (spécialiste de la justice pour i-télé, groupe Canal+), "un ami" journaliste de longue date. De combien d'autres fuites le journaliste "d'investigation" du Monde avait-il déjà été le bénéficiaire ?
Isabelle Prévost-Desprez était chargée d’un supplément d’information dans l’affaire Bettencourt, alors même que le procureur Courroye enquêtait sur les soupçons d’abus de faiblesse au détriment de la milliardaire. Or, le 1er septembre 2010, l'ancien ministre du président François Mitterrand, délégué auprès du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Georges Kiejman, alors avocat de Liliane Bettencourt, découvrit avec stupeur dans Le Monde que les policiers, sur ordre de la magistrate, étaient en train de perquisitionner chez sa cliente.

Certaines coïncidences accablent la juge. 
Comme ce SMS que la juge a envoyé à un journaliste du Monde, sept minutes seulement après le début de la perquisition chez Liliane Bettencourt. Un peu plus d'une heure plus tard, le quotidien mettait en ligne son premier article sur le sujet. Pour sa défense, Isabelle Prévost-Desprez met en cause toute la hiérarchie policière qui était aussi au courant, selon elle, et susceptible de fuiter, mais aussi le personnel de Liliane Bettencourt. Tous, sauf elle !


Bras de fer avec le procureur Courroye.
Lhomme et Arfi 
Pour expliquer les poursuites dont elle fait l'objet, Isabelle Prévost-Desprez a longuement insinué lundi que l'ambiance qui régnait en 2010 au tribunal de Nanterre était détestable. A son corps défendant. Une lutte d'influence que l'ancien procureur Philippe Courroye, aujourd’hui avocat général à Paris, et certains membres du parquet aurait mené à l'époque contre les magistrats du siège, sur fond d'amitiés politiques avec le pouvoir sarkozyste, assure Isabelle Prévost-Desprez, juge tranquille et sans haine, à lire l'AFP, mais alors présidente de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre et son ennemie intime...
Arfi et Plenel
"Glaçant", raconte Fabrice Arfi, journaliste d'investigation (!) du... site trotskiste, Mediapart, qui avec son confrère... Fabrice Lhomme, à l'origine de "révélations" fuitées sur l'affaire Woerth-Bettencourt
Le 29 mai 2015, à la suite de l'acquittement d'Eric Woerth, Benoît Hamon (ex porte-parole du Parti socialiste) exprimera ses "regrets" de l'avoir accusé (certains socialistes ne connaissent pas les "excuses". Claude Bartolone (président actuel de l'Assemblée) lui présentera ses excuses. Mais aucune excuse ni regret des journalistes dits d'investigation.

Ce dossier est parti d'une plainte de Me Georges Kiejman, alors avocat de Liliane Bettencourt, pour "violation du secret professionnel". Une plainte déposée le jour même de cette perquisition chez l'héritière de L'Oréal, dans une procédure dont la magistrate de Nanterre avait la charge. Dès le lendemain, le procureur Courroye diligentait une enquête pour trouver la source des fuites publiées par Le Monde dans l'article signé de Jacques Follorou et de... Gérard Davet (ci-contre), ennemi juré de l'UMP (Les Républicains): on retrouve ce journaliste dans les affaires des carnets Rondot de l'affaire Clearstream (avec Hervé Gattegno), Karachi, Bettencourt ou encore Bygmalion.
Dans l'affaire du "dîner de cons", quand François Fillon aurait demandé au bras droit de F. Hollande l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet de "taper vite" sur Sarkozy, on apprend que "tous les mois, Davet et Lhomme viennent voir François Hollande depuis le début du mandat, il y a une confiance qui s'est établie entre eux. Le président leur raconte tout, dit tout, ouvre les vannes parce que le deal qu'ils ont passé, c'est que rien ne sorte avant 2017" où les deux journalistes doivent publier un ouvrage sur le quinquennat, explique un haut membre de l'exécutif. Selon lui, le chef de l'Etat ne peut pas ne pas avoir été au courant (Lien)Le centriste François Bayrou n'a pas non plus mâché ses mots, estimant qu'en gardant ce secrétaire général de l'Elysée à ses côtés, François Hollande "couvrait", voire "inspirait", des manipulations.

L'avocat de la juge, Me François Saint-Pierre, qui compte demander sa relaxe mardi, défend l'idée que que la plainte de Me Kiejman "visait de manière explicite le dessaisissement" d'Isabelle Prevost-Desprez d'une procédure qui s'intéressait alors aux liens entre la milliardaire et le financement de l'UMP, parti du président de l'époque Nicolas Sarkozy. Autrement dit, le but de la plainte aurait été d'écarter la juge Prévost-Desprez du dossier, ce qui ne répond en rien à l'accusation d'organisation de fuites, sous couvert de la protection des sources de la presse. 

Aucune des allégations à répétition -qualifiées de 'révélations' par la presse à charge- sous la signature de Davet, Follorou ou Lhomme n'a été validée par un tribunal. Un temps mis en examen pour abus de faiblesse, Nicolas Sarkozy a obtenu en 2013 un non-lieu dans cette affaire.

jeudi 20 novembre 2014

La justice bloque l'accès de Fillon à l'enregistrement Jouyet

La protection des sources de la presse, rempart ou obstacle à la démocratie ?

Difficile de se défendre des attaques de la presse

La presse a des droits
que n'ont pas les forces de l'ordre...  
La justice a rejeté jeudi la demande de François Fillon de récupérer l'enregistrement Jouyet. François Fillon a en effet engagé lundi des poursuites en diffamation à l'encontre du secrétaire général de l'Élysée, Jean-Pierre Jouyet, numéro 2 dans l'entourage du président Hollande, ainsi que des journalistes du journal socialiste Le Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet. Une première audience de procédure doit se tenir le 13 janvier devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

François Fillon n'aura pas accès à l'enregistrement qui le met en cause. 
Le Tribunal de Grande instance de Paris a rejeté jeudi sa demande de prise de connaissance d'un enregistrement réalisé à son insu par des journalistes du Monde dans lequel Jean-Pierre Jouyet raconte que l'ancien Premier ministre lui aurait demandé d'accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy. Une partie de l'enregistrement sera toutefois produite lors du procès en diffamation à venir, a précisé jeudi l'avocat des journalistes.

François Fillon, défendu par Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, 
dément les allégation des deux journalistes militants et a lancé trois citations directes en diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris et demande à chaque fois un euro de dommages et intérêts et des mesures de publications judiciaires. 

Fillon ne peut vérifier l'authenticité de l'enregistrement
A quelles fins Jean-Pierre Jouyet a-t-il raconté dans ce document aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme que l'ancien Premier ministre lui a demandé, lors d'un déjeuner le 24 juin, d'accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy pour empêcher le retour de son rival et de "taper vite". L'ancien Premier ministre  accuse Jean-Pierre Jouyet de "mensonge" et implicitement d'intention maligne: Fillon dénonce "une machination".

Qui a quelque chose à dissimuler dans cet enregistrement ? 

Pourquoi la justice fait-elle obstacle ? Qui cherche-t-elle à protéger? A l'évidence, les bénéficiaires ne sont ni Fillon, ni Sarkozy... François Fillon demandait de pouvoir récupérer l'intégralité de l'enregistrement, mais le tribunal a opposé la protection des sources de la presse par la loi pour estimer que la requête n'est pas "légalement admissible". 

L'avocat de l'ancien Premier ministre, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, a dit prendre "acte" de cette décision. Il a aussi précisé qu'il ne conseillera pas à son client de faire appel, car cette action n'a "aucune incidence" sur le procès en diffamation à venir et parce que "l'objectif majeur de cette action est atteint : nous avons fait la démonstration qu'il y quelque chose à dissimuler dans cet enregistrement".

Une partie de l'enregistrement sera en effet produite lors du procès en diffamation à venir. "Oui, nous allons produire l'enregistrement afin qu'il soit diffusé à l'audience", a assuré Me François Saint-Pierre.
Ne sera produite que la partie qui concerne "le déjeuner" du 24 juin, lors duquel François Fillon aurait demandé à Jean-Pierre Jouyet que l'Élysée accélère les procédures judiciaires contre son rival Nicolas Sarkozy, a précisé Me Saint-Pierre.

Les professionnels de l'information exige le droit de faire de la rétention

Le candidat François Hollande leur avait promis un texte qui devait remplacer celui de 2010 qui s'est révélé, selon la chancellerie, "peu efficace pour prohiber les atteintes au secret des sources". Son but visait justement à bétonner les sources des journalistes, sans aucun droit de contrôle,  pour éviter des dérives à l'image de l'affaire des "fadettes" (les factures téléphoniques détaillées) du journal Le Monde, une fois encore. C'est pourquoi la nouvelle loi rend indispensable le feu vert d'un juge du siège, autre que le magistrat responsable des investigations suspectes, pour ordonner des écoutes, réquisitions de fadettes, perquisitions, etc. Elle aggrave aussi des sanctions pénales pour atteinte au secret des sources.

Mais media, associations et experts ont dénoncé le projet de loi sur le secret des sources des journalistes adopté en juin 2013 en Conseil des ministres, y voyant des "régressions", alors que le gouvernement le présentait comme une grande avancée pour la liberté de la presse. L'ONG de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) s'est déclarée "abasourdie", le quotidien Le Monde y a vu une "reculade" et la Fédération française des agences de presse (FFAP) a déploré des "régressions" : en quelques heures, le nouveau projet de loi a été unanimement condamné. 

Et les justiciables continuent de s'affronter à la muraille de silence de la presse. Le secret bancaire est en revanche dénoncé comme un scandale...

dimanche 16 novembre 2014

Affaire Jouyet : Fillon met en cause Hollande

Fillon soupçonne clairement Hollande de "machination" 

Jouyet est-il un bon exécuteur des basses besognes?
Alors que Jouyet est convaincu de mensonge, François Hollande apporte son soutien public à Jean-Pierre Jouyet, pour la première fois depuis la révélation de ses déclarations sur François Fillon, estimant qu'il est "un bon secrétaire général de l'Elysée".
Un "bon" socialiste et serviteur de Hollande est-il nécessairement un menteur?
"Jean-Pierre Jouyet est secrétaire général de l'Elysée et est un bon secrétaire général de l'Elysée", a-t-il déclaré depuis l'Australie, lors d'une conférence de presse à l'issue du G20 de Brisbane.

Visiblement coincé par une question sur le "mensonge" du numéro deux de l'Elysée qui s'est contredit dans cette affaire, François Hollande a argumenté: "Le secrétaire général de l'Elysée n'était pas présent ici au G20 parce que ce n'était pas sa place et donc je pourrais ne pas répondre à votre question parce qu'elle n'a pas sa place non plus".

Dans un entretien le 20 septembre avec deux journalistes du Monde, Jouyet, dont les propos ont été enregistrés, affirmait que Fillon lui aurait demandé, lors d'un déjeuner le 24 juin, de "taper vite" contre Nicolas Sarkozy en accélérant les procédures judiciaires contre lui pour l'empêcher de "revenir" en lice pour la présidentielle de 2017. Jean-Pierre Jouyet avait d'abord démenti avoir tenu de tels propos avant d'avouer son travestissement de la vérité.
Il se dit, selon Le Journal du Dimanche, que Jean-Pierre Jouyet aurait confié à une source anonyme qu'il ne savait pas qu'il était enregistré par les deux journalistes du Monde. 
Dans leur livre, les journalistes du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, affirment que, le 24 juin dernier, au cours d'un déjeuner auquel le n°2 de l'Elysée l'aurait invité,  le rival de Nicolas Sarkozy à l'UMP pour la présidentielle de 2017 aurait demandé à l'éminence grise du président Hollande de "taper vite" sur l'ancien président pour ne pas "le laisser revenir". Après un démenti mensonger, le secrétaire général de l'Elysée est revenu sur ses dires, affirmant que François Fillon lui aurait effectivement parlé du dossier Bygmalion et du paiement des pénalités liées à l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

L'ancien Premier ministre juge que le secrétaire général de l'Elysée ne peut "avoir agi seul"

Fillon suggère que François Hollande est à la manœuvre. Invité de BFMTV dimanche 16 novembre, François Fillon a implicitement accusé François Hollande d'être à la manœuvre dans l'affaire qui oppose l'ancien Premier ministre au secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet. "C'est une affaire qui ressemble étrangement à une machination", a commenté François Fillon, qui dément catégoriquement avoir tenu de tels propos.

Fillon : "J'ai du mal à croire que Jean-Pierre Jouyet ait pu agir seul"
"Comme je ne pense pas que le secrétaire général de l'Elysée puisse agir sans au moins en informer le chef de l'Etat, il y a un vrai soupçon que nous soyons en face d'une véritable affaire d'Etat, a-t-il souligné. On a le sentiment que tous ceux qui ont l'audace de vouloir être candidat à l'élection présidentielle à un moment ou un autre de leur existence sont confrontés à des accusations mensongères, à des calomnies", a-t-il poursuivi.



Lundi, François Fillon doit porter plainte contre le secrétaire général de l'Élysée.

2017: la presse présidentielle est folle de Juppé, contre Fillon

Les Français ne veulent pas que Fillon soit candidat !

Leur fait-on dire ce qu'on veut ?


Seuls 8 % des Français souhaiteraient le voir représenter l'UMP à la présidentielle, mais c'est un sondage Odoxa qui le dit pour le journal Le Parisien-Aujourd'hui en France, après une forte opération pro-Juppé, jusqu'en Une des InRocks (ci-dessous).

Une nette majorité de Français (58 %) aurait une mauvaise opinion de François Fillon, suite aux accusations des deux compères du journal Le Monde, par patrons de presse interposés. 
Et depuis ce Jouyetgate que l'Elysée lui jette dans les pattes avants par l'entremise de Jean-Pierre Jouyet, son éminence grise, seulement 8 % souhaiteraient le voir représenter l'UMP à la présidentielle de 2017, selon le sondage Odoxa paru ce dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Créé dans l'été par deux anciens de BVA, Gaël Sliman et Céline Bracq, Odoxa, qui signifie "la voie vers l'opinion", "assume une éditorialisation dans l’analyse de nos résultats, afin de proposer à nos clients non pas des chiffres, mais une réponse", expliquent les co-fondateurs.

D'après cette enquête, seules 42 % des personnes interrogées ont une bonne opinion de l'ancien Premier ministre, en lice pour la présidence de l'UMP. Hollande s'en contenterait...

Fillon en quatrième position

Chez les sympathisants de droite, les bonnes et mauvaises opinions sont strictement équilibrées, mais chez les seuls sympathisants UMP les bonnes opinions dominent (58 % contre 42 %). Les sympathisants de gauche sont en revanche 70 % à avoir une mauvaise opinion de l'ex-chef de gouvernement, contre 29 % de bonnes. Savoir s'ils voteraient plutôt Le Pen au second tour...

Avec seulement 8 % de Français qui souhaitent le voir représenter l'UMP en 2017, François Fillon arrive en 4e position derrière Alain Juppé (38 %), Nicolas Sarkozy (27 %) et Bruno Le Maire (11 %). Son score tombe à 6 % chez les sympathisants de droite, derrière Nicolas Sarkozy (48 %), Alain Juppé (28 %), Bruno Le Maire (9 %).

Les sympathisants UMP sont encore plus sévères, seulement 4 % souhaitant le voir représenter leur parti à la présidentielle, tandis que Nicolas Sarkozy arrive largement en tête (57 %) devant Alain Juppé (28 %) et Bruno Le Maire (8 %).

Dans un sondage du mois d'octobre, Odoxa estimait que 63 % des français pensent que Sarkozy ne devrait pas être le candidat UMP en 2017 et "80% des Français pensent que Hollande n'est pas "un bon président." Pour Odoxa, restent Juppé et Aubry ? 
On peut aussi concevoir un duel Valls-Sarkozy.

Une action croisée de patrons de presse "indépendante"

Tandis que le banquier Matthieu Pigasse colle Alain Juppé en Une de son magazine les InRocks, le fondateur de Free (opérateur de téléphonie et fournisseur d'accès à Internet), Xavier Niel, donne le feu vert à ses salariés du groupe de presse Le Monde de lâcher la boule puante des accusations de Jouyet, n°2 de l'Elysée, contre Fillon. Or, Le Monde est co-détenu par Niel avec les hommes d'affaires Pierre Bergé, parrain financier de Ségolène Royal, et le banquier Matthieu Pigasse, actionnaire majoritaire du magazine Le Nouvel Observateur (L'Obs) et des InRocks

Le cercle mafieux de la presse est bouclé. 
Inauguration du musée de la Fondation Louis Vuitton dédié à l'art contemporain, au Bois de Boulogne à Paris le 21 octobre 2014. 
Invités : P. Bergé (Le Monde) ou le patron du Monde, Xavier Niel...
Un dernier pour la route ? Niel X., l'homme d'affaires au centre de ce cercle vertueux de la désinformation visant Fillon, est le père de l'enfant de Delphine Arnault, fille de  Anne Dewavrin, riche héritière remariée depuis lors à Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt (L'Oréal) et de Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) qui proclama son intention de voter en faveur de François Hollande. 
Or, ce père de l'enfant de la femme d'affaires Delphine Arnault est un ancien mis en examen placé en détention provisoire pendant un mois à la prison de la Santé de Paris en mai 2004 pour proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux concernant un de ses "peep-shows".

mardi 11 novembre 2014

Jouyetgate : le réquisitoire de Philippe Bilger

L'ex-magistrat fait le point depuis que Jouyet est revenu sur son démenti

Alors que le secrétaire général de l'Élysée admet désormais que l'ex-premier ministre lui a parlé des affaires Sarkozy
Philippe Bilger, président de l'Institut de la parole, revient dans FigaroVox sur ce qu'il est désormais convenu d'appeler, le Jouyetgate.

Dans quelle nasse François Fillon s'est-il encore mis ?

Il a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation à l'encontre du Monde et des deux journalistes Davet et Lhomme mais il ne devrait pas oublier, si la procédure est en effet initiée et suit son cours, que le procès de presse est souvent dévastateur aussi pour la partie civile.
François Fillon affirme par ailleurs qu'il faut cesser "les boules puantes" et qu'il y a peut-être eu une volonté de déstabiliser un membre de l'opposition, "une forme de complot"(JDD).

Pour qui cherche à considérer objectivement ce qu'il est convenu d'appeler maintenant l'affaire Fillon-Jouyet, un certain nombre de données sont incontestables.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme qui [...] font beaucoup parler d'eux ces derniers jours, ont rencontré le 20 septembre Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Elysée, et leur entretien a été enregistré avec son assentiment. Nous en avons quasiment un verbatim dans Le Monde paru le 8 novembre.

Jean-Pierre Jouyet leur révèle à cette occasion que François Fillon, qu'il connaît bien et apprécie pour avoir été son Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes du mois de mai 2007 au mois de décembre 2008, a déjeuné avec lui et Antoine Gosset-Grainville dans un restaurant proche de l'Elysée le 24 juin 2014. Jouyet avait informé le président de la République de ce contact et François Hollande lui avait recommandé de faire ce repas ailleurs qu'à l'Elysée.

Au cours de ce déjeuner, François Fillon aurait vivement insisté auprès de Jouyet pour que soient poussés au maximum les feux judiciaires contre Nicolas Sarkozy [affirme Bilger], en particulier à la suite du paiement par l'UMP - un abus de confiance selon l'ancien Premier ministre - de l'amende personnelle infligée à Nicolas Sarkozy par le Conseil constitutionnel. François Fillon aurait [enfin un conditionnel de précaution...] pressé Jouyet pour que l'Elysée incite la justice à se mobiliser rapidement et efficacement.

Jean-Pierre Jouyet faisant le compte rendu de leurs échanges au président de la République s'entend répondre par ce dernier que l'Elysée n'a pas à intervenir parce que la justice est indépendante. [un commentaire édifiant qui donne un aperçu de ce qui a pu motiver la manoeuvre: démontrer que Hollande serait respectueux de la séparation de pouvoirs]

Coïncidence ou non, [huit jours plus tard] une enquête est ordonnée le 2 juillet 2014 - selon le parquet de Paris, sur le seul rapport des commissaires aux comptes de l'UMP - sur cet éventuel abus de confiance se rapportant à une somme de 516 615 euros et une information ouverte de ce chef le 6 octobre. On vient d'apprendre également que deux notes de Bercy, l'une par Bruno Bézard, l'autre par le Directeur des affaires juridiques, validaient, en 2013, juridiquement, la prise en charge, par l'UMP, des pénalités pour le dépassement des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy (lepoint.fr).

Jean-Pierre Jouyet, avant de connaître l'existence du verbatim, a démenti la relation de la conversation, telle qu'il l'aurait communiquée aux deux journalistes et qu'ils l'ont rapportée, puis s'est rétracté, confirmant leur version. Une variation qui commence par un mensonge.

Antoine Gosset-Grainville a confirmé l'existence du déjeuner à trois le 24 juin mais nié que François Fillon ait tenu les propos qui lui étaient prêtés par Jean-Pierre Jouyet dans la présentation faite à ses interlocuteurs.
En prenant d'infinies précautions, quelques plausibilités psychologiques et politiques sont susceptibles d'éclairer.

Comment Jean-Pierre Jouyet a-t-il pu cependant "se laisser aller" devant ces deux journalistes compétents et redoutables à de telles confidences dont il ne pouvait pas ignorer qu'un jour elles sortiraient et feraient des ravages ?

Phiphi Bilger était-il
sous la table ?
Le rapport de force, voire de violence, entre Nicolas Sarkozy et François Fillon depuis la défaite du premier et l'ambition présidentielle du second est à l'évidence d'une telle intensité que tout est possible, et en particulier le recours à des manoeuvres à la fois imprudentes mais qu'on espère décisives de la part de l'un des rivaux.

Il n'est pas non plus indifférent que Jean-Pierre Jouyet ait été sollicité, non seulement à cause de leur collaboration sous la présidence de Nicolas Sarkozy mais aussi en raison de la psychologie du secrétaire général, personnalité souple, très intelligente, tolérante, trop bavarde paraît-il, capable de tout comprendre et fidèle plus que jamais au président de la République après une parenthèse de plus d'un an qui avait suspendu leur amitié profonde et complice.

Comment Jean-Pierre Jouyet a-t-il pu cependant se laisser aller devant ces deux journalistes compétents et redoutables à de telles confidences [ou affabulations] dont il ne pouvait pas ignorer qu'un jour elles sortiraient et feraient des ravages? Sans lui, sans cette indiscrétion capitale, le déjeuner du 24 juin, en tout cas ce qui s'y est dit, serait demeuré inconnu. Henri Guaino qui raffole de la "castagne" [sic] lui demande évidemment de s'expliquer.

S'il y a eu machiavélisme de la part de Jouyet, on en percevrait mal la motivation à l'encontre de François Fillon évidemment à protéger par rapport à l'ennemi prioritaire Nicolas Sarkozy!

Pour l'ancien Premier ministre - je l'affirme sans ironie -, il n'a sans doute pas compris qu'il avait changé de quinquennat et que ce président de la République préférait, par une heureuse indifférence, la liberté et l'indépendance de la justice [ce qui est l'intention cachée de l'opération "déjeuner de cons", mais qui reste à démontrer dans les faits] ; alors que son prédécesseur, par un déplorable impérialisme [rien que ça?], prétendait entraver l'une et l'autre dans les affaires qui regardaient, selon lui, l'Etat, ses manipulations et ses coulisses discutables.

François Fillon est aussi malheureusement révélateur de l'attitude d'une classe politique [estime encore le juge honoraire et objectif autant qu'impartial] qui non seulement n'a pas intégré le rôle éminent de la Justice mais s'obstine à la vouloir soumise au pouvoir en place. Si elle vante pour la façade son importance, elle est toujours prête à demander au président ou à ses collaborateurs de faire le nécessaire pour que les magistrats n'aillent pas pratiquer comme s'ils étaient réellement libres! [allégation péremptoire] 

Le seul qui, dans cette histoire de flous, sauve sa mise est le président de la République. [s'il a initié la manipulation, puisque son image en serait redorée, avec la contribution de Bilger, il n'est pas, en effet, soupçonné; pas encore] Il confirme l'unique crédit dont il doit bénéficier, la seule anaphore réussie et concrétisée concernent l'indépendance de la justice [et le magistrat va ici un peu vite en besogne, sautant aux conclusions sans autres preuves que des hypothèses et sans convaincre, donc]. Ce n'est pas rien. L'écart n'en est que plus aveuglant [Bilger a conscience d'être aveuglé: on avance !], plus brutal entre la politique pénale calamiteuse du garde des Sceaux [il est temps de féminiser le titre, monsieur le juge] et cette indéniable avancée démocratique par rapport au quinquennat précédent. [M. Bilger assène sa vérité, mais de fournit aucun attendu de son jugement]

Mais dans quelle nasse Jean-Pierre Jouyet a-t-il donc mis François Fillon?
Mais l'objectif de la manoeuvre politicienne de Hollande n'est pas atteint : la preuve n'est pas faite que Hollande n'interviendrait pas auprès des juges du Parquet.

L'avenir dira si Monsieur Bilger est pertinent. Ou non.