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mardi 12 février 2013

SNCF, épinglée pour ses dépenses de communication

La Cour des comptes tacle la SNCF sur ses choix budgétaires

Tout est plus cher aussi,
allez savoir pourquoi !
Les dépenses de communication de la SNCF " sont en infraction avec les règles de la concurrence" au cours de la dernière décennie, selon le rapport annuel de la Cour des comptes concernant cette entreprise publique peu soucieuse des déficits publics, malgré le contrôle - ou grâce à la complicité - des élus des syndicats au CCE.
Bâtiment principal du CCE SNCF,
le Vert Bois à Saint Madrier,
sur la Côte d'Azur 
Le Comité d’entreprise de la SNCF est en outre propriétaire des châteaux de La Bachasse et aussi du magnifique château du Vernay, à Challuy, au sud de Nevers. Lien PaSiDupes - 15 immeubles sous-occupés que Duflot va réquisitionner : 15 châteaux trop beaux pour les pauvres de Duflot, ministre du Logement Ayrault.

Le document, qui doit être officiellement présenté mardi, qualifie ses dépenses de communication de "dispendieuses" lors de la dernière décennie. "La fonction de communication de la SNCF souffre d'une faiblesse de pilotage budgétaire et de lacunes dans le suivi des dépenses engagées."  

"Relier les hommes", mais à un juste prix

Le contrôle de "la régularité, l'efficience et l'efficacité" des dépenses de communication externe et interne de l'établissement public entre 2000 et 2011 (Louis Gallois et Anne-Marie Idrac) fait apparaître "que les opérations les plus importantes ont fait l'objet de procédures en infraction avec les règles de la concurrence", explique la Cour. Selon elle, "ces pratiques anormales atteignent des niveaux préoccupants car elles concernent 71% des 41 opérations de communication les plus importantes réalisées par la SNCF depuis 2007". 
Et ce, pour un montant de plus de 106 millions d'euros.
Lien PaSiDupes - Cette niche sociale que les syndicats ne veulent pas supprimer": les syndicats, des riches qu'aime Hollande

Des justifications non conformes

Centre du CCE SNCF aux alentours d'Amiens:
Les 3 Doms, à Montdidier
En outre, l'institution a constaté que "l'invocation des cas d'urgence impérieuse ou de la spécificité technique, prévus par la réglementation pour échapper à l'obligation de mise en concurrence" n'ont pas fait l'objet d'une justification conforme à la réglementation en vigueur ou aux règles internes à la SNCF.

Parmi les irrégularités relevées, la Cour souligne que deux avenants au marché signé par la SNCF en 1995, sous la présidence de Loïk Le Floch-Prigent,  avec la société de conseil TBWA auraient ainsi "dû faire l'objet d'une mise en concurrence car ils modifiaient substantiellement les termes du contrat". 
Un autre exemple concerne le séminaire annuel des managers organisé sous la présidence de Guillaume Pépy en septembre 2011 à Tanger, réunissant sur quatre jours 600 personnes pour un montant de 2,7 millions d'euros. Au final, le coût s'est ainsi élevé à 4.289 euros par personne, soit 1.430 euros par jour. Un montant bien éloigné de la référence proposée par l'audit de 2009, soit 300 euros par jour et par personne.

En 2011, " La Cour des comptes dénonce des fraudes au CE de la RATP ": La CGT, l'UNSA et SUD-Ratp dans le collimateur des juges financiers de l'Etat

La Cour des Comptes serait bien avisée de se pencher aussi sur les dépenses de communication des collectivités territoriales...

mardi 18 mars 2008

D’un mini remaniement, la presse a fait toute une affaire

Six nouveaux membres dans le 3° gouvernement Fillon
L'Elysée a annoncé par communiqué aujourd’hui mardi en fin de journée un remaniement du gouvernement dirigé par François Fillon avec la légère modification de douze portefeuilles et l'arrivée de six nouveaux membres. Annoncées avant le deuxième tour des élections municipales et cantonales, les modifications sont intervenues deux jours après le second.
Les nouveaux arrivants sont Christian Blanc, Hubert Falco, Yves Jégo, Anne-Marie Idrac, Nadine Morano et Alain Joyandet.

Yves Jégo (1961), le porte-parole de l'UMP, devient secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer. Le député-maire de Montereau (Seine-et-Marne), réélu dès le premier tour, remplace Christian Estrosi, élu dimanche à la mairie de Nice et qui avait souhaité se consacrer maintenant à sa vlle. (lien)

Nadine Morano (1963), autre porte-parole de l'UMP, est nommée à la tête d'un nouveau secrétariat d'Etat à la Famille. La députée de Meurthe-et-Moselle avait été battue dimanche aux municipales à Toul, en Moselle. C’est l’indication qu’un scrutin local n’a pas d’incidence sur la mise en oeuvre du programme présidentiel.
Cette nomination mettra-t-elle un terme aux ragots répandus à la mi-février 2007 et à la veille de la présidentielle par l'Express et Libération, sur sa supposée mise à l'écart de l'équipe de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, pour ses méthodes et propos souvent très abrupts : le politiquement correct n’estdonc pas encouragé…
Membre de la mission parlementaire sur la fin de vie, créée à la suite de l’affaire Vincent Humbert, et depuis décembre 2004 de la mission d'information sur la famille, elle est favorable à l'euthanasie, au mariage homosexuel et à l’adoption par des couples homosexuels.(lien)


Anne-Marie Idrac (1951), ex-UDF et ex-Jupette, l'ancienne présidente de la RATP puis de la SNCF ("Aujourd'hui en France " signale que son départ a été salué par une standing ovation de 15 mn des dirigeants de l'entreprise.), avait démissionné et se savait donc destinée avant les élections à un poste au gouvernement. Elle avait cédé le mois dernier sa place de patronne des cheminots à Guillaume Pépy, son second. Elle est nommée secrétaire d'Etat chargée du commerce extérieur. (lien)

Alain Marleix (1946), ancien député européen et conseiller général du Cantal, le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et fidèle de Nicolas Sarkozy, change de fonction et devient secrétaire d'Etat à l'Intérieur et aux Collectivités territoriales. Il a la réputation d’un fin stratège. Depuis décembre2004, il était secrétaire national de l'UMP, chargé des élections. (lien)
Hubert Falco (1947), sénateur-maire UMP de Toulon réélu le 9 mars, prend la responsabilité d'un nouveau secrétariat d'Etat chargé de l'Aménagement du territoire.(lien)


Deux ministres ayant ravi des villes à la gauche au premier tour des municipales voient leurs maroquins étoffés.

Luc Chatel (1964), nouveau maire de Chaumont (Haute-Marne) élu au premier tour contre la gauche , se voit attribuer, en plus de sa fonction de secrétaire d'Etat à la Consommation, celle de porte-parole du gouvernement.
Le porte-parole sortant, Laurent Wauquiez, qui a ravi la mairie socialiste du Puy-en-Velay (Haute-Loire) à la mère de Bruno Julliard, devient secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi. (lien)
Eric Besson, socialiste de l’ouverture et secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques, voit sa position renforcée : il sera également responsable de l'économie numérique.

Christian Blanc (1942), le député des Yvelines devient secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, le « Grand Paris ». -Président du Nouveau Centre au sein de son organisation provisoire, il a ainsi dirigé la RATP, Air France ou Merrill Lynch France. (lien)

Alain Joyandet, député UMP de la Haute-Saône, devient secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie.(lien)

Bernard Laporte, ancien entraîneur du Quinze de France et actuel secrétaire d'Etat aux Sports, se voit également attribuer comme prévu le portefeuille de la Jeunesse et de la Vie associative.

Dans l’après-midi de mardi, le Premier ministre François Fillon a été reçu pendant une heure à l'Elysée pour l'élaboration de ce mini-remaniement gouvernemental. Or, le président du groupe Nouveau centre à l'Assemblée nationale, François Sauvadet, est arrivé à l'Elysée peu avant 18h30.
Le président du groupe centriste au Sénat Michel Mercier, pressenti pour une mission gouvernementale, avait quitté l'Elysée à 18h. Début janvier, Michel Mercier, favorable à une alliance avec la liste UMP conduite par Dominique Perben aux élections municipales, a rompu avec François Bayrou en démissionnant de la présidence du Le 30 janvier 2008, Michel Mercier, favorable à une alliance avec la liste UMP conduite par Dominique Perben aux élections municipales, rompt avec François Bayrou en démissionnant de la présidence du MoDem du Rhône.
Les départs supputés par la presse ne sont pas intervenus ! ...
Elle aura une autre idée dès demain...

dimanche 11 novembre 2007

Régimes spéciaux : 53% d’électeurs, ça fait plus que 75% de cheminots

Syndicats SNCF : ils ne réussissent pas à imposer une table ronde
Les syndicats de la SNCF veulent le dialogue mais communiquent par courrier…
Ces syndicats (CGT, Sud Rail, Unsa, FO, CFTC, CFE-CGC), qui avec la CFDT (depuis mercredi) appellent à la grève dès le 13 novembre à 20 heures, ont renouvelé mardi leur demande de "table ronde" sur la dernière tranche –avant la nouvelle phase de 2008– de la réforme des régimes spéciaux de retraite, signée par six d'entre eux. La réponse est en faveur de négociations par entreprises.
Cette lettre au ministre du Travail Xavier Bertrand est aussi une réponse à un entretien de Mme Idrac aux Echos du 30 octobre. La présidente de la SNCF y avait indiqué que sa "responsabilité à la tête de la SNCF est d'accompagner la réforme, qui est inéluctable en étant très attentive à la prise en compte des spécificités".
Les syndicats font élégamment d’une pierre, deux coups et ne manquent pas d’associer dans leurs reproches le ministre et la présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac, dont "la stratégie de communication" ferait selon eux "peu cas de l'opinion des cheminots qui ont à plus de 75% signifié le 18 octobre leur refus de cette réforme".
Il faut dire que la volonté syndicale de sauvegarder des ‘avantages acquis’ en matière de régimes spéciaux de retraite de quelque 500.000 privilégiés va s’imposer à l’immense majorité des salariés qui seront empêchés de travailler. 75¨% de 500.000 intouchables suffiront à bloquer le pays, malgré le vote de 53% d’électeurs à la présidentielle.
N’est-ce pas ‘faire peu cas de l’opinion’ de 18 983 138 d’hommes et de femmes, électeurs et électrices, non pas à mains levées, mais à bulletins secrets…
Ainsi va la démocratie...

samedi 27 octobre 2007

Bonne nouvelle : "Le chantage à la rue, ça ne marchera pas !"

Nicolas Sarkozy prévient les syndicats SNCF
Voilà une nouvelle ! "Le chantage à la rue, ça ne marchera pas", a prévenu le président de la République qui rendait une visite de courtoisie à des cheminots de Saint-Denis, dans le 9.3, pour engager un dialogue direct et tenter de les convaincre du bien-fondé de la réforme des régimes spéciaux de retraite. Surprise générale !
A un jeune employé qui lui disait que les cheminots feraient "plier" ce gouvernement comme d'autres par le passé par des grèves et des manifestations, le président de la République a répondu: "La rue, elle fera pas plier parce que nous sommes dans une démocratie. Le droit de grève, c'est un droit qui est reconnu, mais je vais vous dire quelque chose: le chantage à la rue, ça ne marchera pas".
"Le choix de la rue dans une démocratie, ça n'est pas un bon choix. Ca montera une partie de la France contre les cheminots", a-t-il ajouté. "Je ne céderai pas sur le passage des 37,5 années à 40 ans de cotisation. En revanche, je m'engage à ce que personne ne perde de sa retraite en cotisant plus", a déclaré le chef de l'Etat à ses interlocuteurs. "Les bonifications, les décotes, moi je pense que tout ceci ne peut s'appliquer que pour ceux qui ne sont pas déjà rentrés à la SNCF", a-t-il dit en rappelant ce que prévoit le document d'orientation du gouvernement.
"C'est pas marrant à dire, mais il n'y a pas un pays au monde qui fait différemment, vous pouvez me chanter ce que vous voulez", a-t-il dit. "Vous devriez quand même être plutôt heureux que, pour une fois, il y ait un chef de l'Etat qui s'occupe de vous. Ca me semble quand même plus positif que de dire: c'est la rue qui va parler".
N. Sarkozy s'est en effet rendu tôt vendredi, en présence de la présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac, dans ce centre de maintenance de la SNCF de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour une visite destinée à témoigner aux cheminots opposés à la réforme de leur régime spécial de retraites son intérêt pour leur situation, comme à celle des autres. Sur place, il a longuement dialogué avec les employés. "Vous nous proposez de travailler plus pour gagner moins", lui a ainsi reproché Cyril Renaud, délégué CGT (qui se trouvait là), et qui, depuis l’effondrement du bloc soviétique, ne revendique plus un salaire de président, il faut l’espérer… De bon matin et à la fraîche, Sarkozy travaille plus pour gagner autant.
VOIR et ENTENDRE
On observera que la 'république du respect' promise par Sa Cynique Majesté Royal, alors candidate pleine de promesses, n’est pas la vertu cardinale de la gauche. Un militant refuse de serrer la main du président ! On ne salue pas tout le monde chez les cheminots ?
Le ministre du Travail Xavier Bertrand achevait hier vendredi une nouvelle série de consultations entamées mercredi avec les syndicats sur la réforme des régimes spéciaux de retraite. Parallèlement, les directions de la RATP et de la SNCF tentent d'éviter un nouveau conflit et une grève illimitée à la mi-novembre, en proposant de rencontrer des organisations syndicales des deux entreprises en début de semaine prochaine.
A la gauche qui lui interdisait l’accès au 9.3 pendant la campagne présidentielle et aux syndicalistes cheminots qui lui reprochaient la présence de médias, Nicolas Sarkozy a fait observer : "Cela fait 25 ans qu'un président n'est pas venu à la SNCF", ajoutant: "Je n'ai pas peur, je ne viens pas en cachette".
A l'attention de ceux et celles qui souhaitent observer les différences de traitement... et l'intention de Le Monde, dans sa sélection!
"Une visite surprise à la manière Sarkozy" envoyé par lemondefr
Parlant de "provocation", le courageux Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste et démagogue, a jugé que "c'est une curieuse conception du dialogue social que de dire aux salariés de la SNCF que l'on mène une négociation mais que rien ne changera dans le projet du gouvernement". Hamon pourrait essayer de se lever plus tôt et d’aller dans le froid rappeler à ses camarades que le président a été élu sur un programme et qu’en démocratie d’une part la minorité se plie à la volonté de la majorité et d’autre part l’élu à l’Elysée doit accomplir ce pour quoi il a été préféré à Sa Cynique susnommée. Au moment où il va sur le terrain, à la rencontre des grévistes, le parti communiste affirme que "les cheminots ne sont pas dupes d'une réforme qui, sous couvert d'un prétendu sauvetage de la retraite par répartition, vise à les faire 'travailler plus pour gagner moins'". Le PCF, qui représente moins de 3% des suffrages exprimés à la présidentielle, accuse M. Sarkozy de dénier aux Français le droit de manifester !
Il mouille la chemise à la Toussaint, Sarkozy… Que les cheminots qui ont aperçu, un jour à l’heure de l’embauche, leur voisine, la camarade Marie-George, se dressent et lèvent le poing…

mardi 9 octobre 2007

3 syndicats radicaux pour une grève reconductible le 18 octobre

Surenchère à la SNCF pour les régimes spéciaux de retraite
Trois syndicats de privilégiés de la SNCF, Sud-Rail, la FGAAC (conducteurs) et FO, se sont prononcés pour le maintien des inégalités sociales.
Extrémistes de gauche, ils se sont révélés et ont lancé lundi un mot d'ordre de grève reconductible à compter du 18 octobre, alors que les cinq autres (majoritaires) appellent à une grève de seulement 24 heures ce jour-là.
L’unité théorique et verbale est une nouvelle fois contredite par la désunion de fait.
Les cinq organisations CGT, CFDT, Unsa (autonomes), CFTC et CFE-CGC -, prônant une grève "carrée" (d'une durée définie) n'ont pu trouver, lors d'une réunion de toutes les fédérations de cheminots lundi, un terrain d'entente sur la forme de la grève avec celles qui veulent une grève reconductible de jour en jour à partir du 18 octobre. Il apparaît clairement que les cinq partent à la lutte pour obtenir de nouveaux privilèges –moins criants– contre les anciens, tandis que les trois cherchent à entraîner les plus influençables dans un mouvement moins syndical que politique.
Au total, les huit auront désorganisé le pays et perturbé un maximum de Français, mais obtenu gain de cause au plan des retraites d’une petite minorité, sous forme de compensations. Les autres travailleurs de la fonction publique, déjà alignés sur le secteur privé, resteront les parents pauvres, le tiers-état, par comparaison avec les aristos du secteur public.
L'ensemble des syndicats s'accorde sur les motifs du mouvement, centré sur la défense du régime spécial de retraites de la SNCF et l'avenir du fret ferroviaire (transport de marchandises). Ces syndicats de gauche non tempérée s’accordent également –et sans complexes– sur le maintien de leurs privilèges sociaux catégoriels, soulignant le caractère conservateur de leur corporatiste étroit et égoïste.
La présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac a déclaré lundi que la grève du 18 octobre serait "très suivie" même s'il est encore "prématuré de faire des prévisions" et a annoncé "mettre le paquet sur l'information des voyageurs". "On a bien des raisons de penser que ce mouvement sera très suivi (car) le sujet (des régimes spéciaux de retraite est) très sensible pour l'ensemble des cheminots et toutes les organisations syndicales se sont déclarées engagées dans le mouvement", a indiqué Mme Idrac sur BFM.Les voyageurs sont invités –tous ensemble– à exprimer haut et fort leur désapprobation.

La CGT (43,24%) débordée sur son aile gauche, interrogée sur France Info, assure par avance et par la voix de son secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, que la mobilisation sera "de haut niveau, on peut le dire dès à présent", en particulier à la SNCF. […] Je remarque un fort degré de préparation de cette journée, dans beaucoup de secteurs." Info ou intox ?
Mais, pour Laurent Russeil (CGT), "la grève du 18 (octobre) ne concernera pas seulement les cheminots mais des salariés d'autres secteurs professionnels et le 19 les cheminots seraient isolés s'ils reconduisaient leur mouvement". Toutefois, a-t-il ajouté, "ce mouvement de 24 heures ne sera qu'un coup de semonce et si le gouvernement ne l'entend pas, nous serons alors prêts à aller plus loin".
L’UNSA :
LE COMPTE N’Y EST TOUJOURS PAS !
Points de désaccords :- Cristallisation des acquis non intégrée (2 % par an pour les années déjà effectuées).- Calcul de décote interdisant financièrement de partir à 50/55 ans.- Indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires.- Remise en cause des spécificités Roulants pour les nouveaux embauchés.

Pour Arnaud Morvan (CFDT) "cette grève carrée de 24 heures nous permet d'avoir un moyen de manoeuvre pour la négociation qui va s'ouvrir" dans l'entreprise sur la réforme des régimes spéciaux. Ce 'moyen de manœuvre' est en fait un moyen de pression doublement indigne de la part de syndicats de gauche, en ce qu’il est, d’une part, inégalitaire et inéquitable, et, d’autre part, un abus de position dominante qui justifie l’ouverture du secteur des transports ferroviaires au privé.

La Fédération générale autonome des agents de conduite (FGAAC, syndicat catégoriel autonome des conducteurs de train) a décidé jeudi 04 octobre d'appeler à une grève reconductible à partir du 18 octobre à la SNCF, a annoncé son secrétaire général adjoint Serge Bonnaud. "On a décidé d'appeler à une grève reconductible à partir du 18 octobre pour défendre nos droits par rapport à la réforme des retraites", a-t-il ajouté. Le syndicat voulait aller "au bout des discussions" que le ministre du Travail Xavier Bertrand avait prévues mais… Mais il note qu'il reste des "points de blocages importants" ! C’est l’objet des discussions, mais les syndicats n’ont manifestement pas la culture du dialogue...
Le suivant, non plus… Selon Eric Falempin (FO-cheminots), "nous sommes tous d'accord sur les objectifs du mouvement mais nous sommes en désaccord sur ses modalités". Pour lui, "dès le 19 (octobre) au matin, les cheminots doivent s'exprimer en assemblée générale et ils ne pourront le faire que dans le cadre de la reconduction de la grève". Ce sera un vote à main levée, dont on connaît d’ores et déjà le résultat ! A gauche, les syndicats sont d’accord pour voter, mais en désaccord sur les modalités d’un vote démocratique…
De son côté, Stéphane Leblanc (SUD Rail) a accusé : "Devant les attaques brutales et frontales du gouvernement contre leur régime de retraite, les cheminots ne font qu'exercer leur légitime défense en appelant à un mouvement reconductible". Les conservateurs Sud-Rail se posent en protecteurs des monuments historiques et ne justifient en rien leur choix de la reconductibilité d’une grève ‘brutale et frontale’.
SUD Rail est né à la suite de la grève de décembre 1995. En 2002 suite à la signature par la CFDT de l'accord sur les retraites avec le gouvernement, il été renforcé par des militants venus de la FGTE-CFDT en rupture avec leur confédération. Il faut toutefois noter que la majorité des départs de la CFDT, dont ceux des dirigeants, se sont effectués vers la CGT (Confédération générale du travail). En 2006, Sud-Rail soutint les étudiants et lycéens qui occupaient les voies de chemins de fer pour protester contre la Loi pour l’Egalité des Chances qui comportait l’amendement sur le contrat première embauche (CPE).
Sans nier leur capacité de nuisance, il faut bien sûr relativiser la portée de des déclarations des trois et des ‘manœuvres’ de ces va-t-en-guerre, car les syndicats 'reconducteurs' sont minoritaires -UNSA 14,64%-, Sud-Rail -14,51%- et la FGAAC a recueilli 2.9% des suffrages aux élections Professionnelles à la SNCF. Ce syndicat place son action sous la devise “ Ni politique, ni religion. Pour le droit. Pour la Justice”. La ‘justice’ laisse ici quelque peu rêveur… A eux trois, SUD Rail, FO et la FGAAC ont par ailleurs obtenu moins d'un quart des suffrages aux dernières élections professionnelles de mars 2006 tous collèges confondus mais plus de 50% chez les conducteurs. Ils ne sont pas représentatifs et ne sont pas reconnus par les pouvoirs publics. Leur intention sera de chercher à se faire respecter : pour cela, il faut être respectable.
En prenant les Français en otages à des fins personnelles, les syndicats du secteur public se déconsidèrent. Ils perdent leur crédibilité, en perdant ce sens du service public. S’ils tiennent à se singulariser, s’ils refusent d’être solidaires de leurs camarades, s’ils font si peu cas des Français qu’ils sont sensés servir, ils ne méritent plus les avantages acquis qu’ils entendent préserver. Ils ne se justifient plus.
Les dangereux syndicats jusqu’au-boutistes qui dressent leurs adhérents contre l’ensemble des travailleurs dans un combat d’un autre âge pour le maintien de privilèges injustes, ces syndicats rétrogrades ne sont pas des interlocuteurs valables. Ils jettent le discrédit sur l’ensemble du mouvement syndical.
Côté popularité de cette grève reconductible, les trois mauvais larrons ne craignent pas de perturber l’organisation de la Coupe du Monde de Rugby en menaçant de poursuivre leur perturbations le 19 octobre (finale de bronze) et le samedi 20 octobre, jour de la finale à Saint Denis, 21h00.

mercredi 26 septembre 2007

L’anachronisme du régime très spécial de retraite des cheminots

De la Bête Humaine de Zola à la CGT-Cheminots de Le Reste
Émile Zola publia en 1890 La Bête Humaine, un roman. La réforme des régîmes spéciaux de retraite en 2007 est un nouveau roman. La Lison n’est plus la locomotive à charbon dont s’est épris Lantier, son conducteur. Car la Lison s’appelle désormais Anne-Marie Idrac et Lantier s’appelle Didier Le Reste. L’œuvre a été revisitée : l’aspect documentaire social subsiste, mais La Bête Humaine est moins un roman noir qu’un roman rouge fortement marqué par le chantage de la CGT et non plus par l’alcoolisme des Rougon-Macquart.
La scène est transposée près d’un siècle et demi plus tard et le travail des cheminots n’est plus en rien celui décrit par Zola. Plus n’est besoin en effet de chauffeur pour charger la chaudière, alimenter ‘la bouche du four’, et le bruit du TGV n’a rien à voir avec le vacarme de la machine à vapeur! La spécificité actuelle des régîmes de retraites des cheminots ne se justifie plus aucunement.
Les passions restent vives, pourtant. Comme la scène finale du roman qui décrit la locomotive folle lancée dans la nuit après que les deux cheminots qui la dirigeaient se sont entretués et mène une foule de voyageurs ivres et joyeux vers l'accident ferroviaire, le massacre inéluctable, vers la faillite du régime des retraites, en quelque sorte. Que reste-t-il à la fin du livre de Zola de son chant à la gloire du progrès fondé sur l'organisation ? La technique tourne au désastre: la locomotive symbole du progrès est un bête affolée à la puissance incontrôlable; la vitesse est une course insensée vers la mort collective. La CGT s’applique à rester fidèle à l’œuvre du maître.
Epargnée en 2003, la SNCF se crispe : "Les cheminots sont désorientés ", analyse Didier Le Reste, 52 ans, le secrétaire général de la fédération CGT de cheminots. Il a succédé à Bernard Thibaut en 2000 et, sur ses 29500 adhérents pour 238000 salariés, 22000 sont des retraités ! C’est dire que le régimes très spécial des retraites des cheminots est vraiment très spécial car il est déficitaire et que ce sont les contribuables qui travaillent pour le renflouer.
Pour le climat dans cette entreprise publique, le moins que l’on puisse dire, c’est que ses rapports avec la présidente de la SNCF, depuis 2006, Anne-Marie Idrac (photo), 56 ans, sont plus difficiles qu’avec Louis Gallois, bien que cette ex-UDF ait réalisé le désendettement de la SNCF par la création de RFF, et l'expérimentation dans 5 régions de la décentralisation des trains régionaux (TER), généralisée en 2001 par Jean-Claude Gayssot (PCF).

Didier Le Reste déraille. Il aborde la concertation sous un angle très spécial. Il accuse en effet : « Ces régimes qui concernent moins de 5% des salariés français, ne sont pas l’urgence du moment. Mais le gouvernement donne un os à ronger à l’opinion pour détourner l’attention du pouvoir d’achat. »
Après ce biais douteux, Le Reste passe à la désinformation. Il rappelle que les cotisations de retraite des cheminots sont supérieures de 12% à celles du régimes général : « 62% des pensions versées sont inférieures à 1500 € brut » avance-t-il. Sachant que les 12% ne suffisent pas puisque les Français contribuent aux retraites des cheminots par l’impôt et qu’un conducteur de TGV gagne comme un professeur certifié à bac + 4, de qui Le Reste se moque-t-il ? Le gouvernement reverse 4,8 milliards d’euros de nos impôts pour le régime spécial de retraite des employés de la SNCF.
Le cheminot en chef refuse ce qu’il appelle « un alignement par le bas ». Amateur de phrases chocs, il ajoute à l’attention de l’opinion : « Je ne sais pas mener un dialogue social le pistolet sur la tempe. » Mais le blocage des communications ferroviaires, est-ce qu’il sait faire?
Pour illustrer sa volonté de dialogue, il passe à la menace : « On aura l’occasion d’en
appeler aux salariés » et au chantage : « En 2003, nous n’étions pas concernés par cette réforme, et il y a eu
62% de grévistes à la SNCF. »
Si la SNCF bloque l’économie du pays lorsqu’elle n’est pas concernée, on comprend bien que le pays lui paie volontiers une part de ses retraites…
Didier Le Reste (photo de gauche), représentatif du cheminot de 2007?...
La Bête Humaine se réveille. Pourtant, le cheminot n’est plus ce qu’il était. Et comment se reconnaît-il sur cette photo avec son secrétaire général CGT ?